Auteur/autrice : Rehve

  • DOA, ‘Pukhtu : Primo (tome 1) & Secundo (tome 2)’.

    Deux tomes de 800 pages chacun pour narrer l’histoire haletante de mercenaires engagés dans les guerres du passage du XX au XXIème siècles : Yougoslavie, Afghanistan, Irak…, au service d’armées occidentales en cours de privatisation. Pour couronner le tout, ces chiens de guerre se lancent dans le trafic de drogue, comme leurs ennemis, pour arrondir leurs fins de mois et préparer leurs retraites.

    L’auteur, plus ou moins anonyme, se fait appeler DOA comme Death On Arrival (« mort à l’arrivée », symbolisant les blessés qui arrivent en ambulance à l’hôpital mais sont déjà décédés au débarquement) et semble avoir plus ou moins fricoté dans les milieux militaires, du renseignement et du journalisme de guerre. On dirait qu’il sait de quoi il parle.

    Alors on plonge dans ces guerres orientales post 11 septembre, sombres et sordides, où s’affrontent la modernité technique du plus haut niveau avec l’arriération religieuse la plus renversante, le besoin raisonnable de mettre à l’abri des nations attaquées avec l’inspiration divine de combattants qui parlent en direct avec Dieu.

    On suit dans « Primo » le parcours de paramilitaires sous contrat avec les autorités américaines, qui exécutent certaines des basses œuvres de cette guerre, et leurs ennemis d’en face, talibans convaincus, trafiquants de métier, spécialistes du rapt de personnes ou simples prévaricateurs impénitents. Tout ce petit monde s’affronte, se capture, se torture, se tue, sans oublier de trafiquer la drogue ou les otages. L’intrigue est complexe, emberlificotée dans les histoires locales de clans, de traditions, de familles. Tout est sanglant, dangereux, parfois insoutenable. L’action est menée par des guerriers sans peur et avec beaucoup de reproches… mais c’est la guerre, une guerre en partie secrète où tout est permis, de tous les cotés ! Ce qu’on peut lire du conflit afghan dans la presse et la littérature de combat laisse craindre, hélas, que ce roman ne soit très proche de la réalité. On y comprend aussi comment cette guerre est et sera perdue par l’Occident.

    Le second tome « Secundo » transporte les personnages en Europe et en Afrique, territoires où ils continuent à exercer leurs influences malfaisantes mais dans un cadre plus policé où les barbouzes en costume remplacent des pachtounes en mobylette, mais le cynisme et la sauvagerie sont les mêmes. On frémit à l’évocation de ces missions spéciales confiées à des services plus ou moins officiels et réalisées par des hommes nécessaires et dangereux, parfois intéressés.

    Les choses se terminent mal, bien sûr, pour nombre des personnages, certains s’en sortent, avec leurs traumatismes, et le lecteur referme la dernière page plongé dans un abyme de doutes et de réflexions sur notre pauvre monde.

  • Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

    L’hystérie qui s’est emparé du débat public depuis l’annonce du choix de l’Etat d’agrandir l’aéroport actuel de Nantes plutôt que d’en construire un nouveau illustre jusqu’à la nausée la vacuité et l’inanité de ce petit microcosme politico-médiatique qui croit représenter le peuple français. Cette décision d’investissement public est une parmi bien d’autres qui génère des couts et, sans doute, des avantages ; du genre de celles que doivent prendre tous dirigeants responsables en arrivant le matin au bureau. Evidement pour les individus qui consacrent leurs journées à pondre des tweets ballots plutôt que d’agir, la prise de décision fait partie d’un monde surnaturel et hors de portée. Parmi bien d’autres on relève le tweet de l’inénarrable Eric Woerth :

    Ou de Jean-Marc Ayrault :

    L’un, de droite, comme l’autre, de gauche, voulaient construire ce nouvel aéroport à Nantes ; mais que ne l’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux commandes ? Leurs successeurs en ont décidé autrement pour le moment. Si Woerth, Ayrault ou consorts sont un jour réélus et que la situation économique régionale l’exige, et bien il sera toujours temps de le construire cet aéroport, ce qui doit bien pouvoir être fait en deux ou trois ans de travaux. C’est ce qui s’appelle décider et agir, et non pas procrastiner comme ils l’ont fait durant des décennies sur ce projet.

    Sur les coûts, on aimerait qu’ils fassent preuve de la même exigence pour les dépenses engagée par la République pour financer des jeux olympiques de sports à Paris que sur les coûts du choix d’investissement public qui a été fait à Nantes !

    Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport

  • Les séditieux espagnols remettent le couvert

    Après avoir organisé un référendum en Catalogne que le pouvoir espagnol a jugé inconstitutionnel mais que les partis indépendantistes ont emporté, leurs principaux dirigeants se sont soit retrouvés en prison pour sédition, soit exilés à l’étranger pour fuir la justice. Pour essayer de sortir de cet imbroglio politico-juridique, de nouvelles élections parlementaires ont été officiellement tenues en Catalogne qui ont de nouveau donné la majorité aux partis indépendantistes. Les séditieux emprisonnés ou exilés ont généralement été également réélus et on ne sait pas très bien à ce stade comment ils pourront siéger au parlement !

    Si les électeurs unionistes de la Catalogne autonome continuent à être mis en minorité dans toutes les élections il va commencer à devenir difficile de continuer pour le pouvoir central à s’opposer au démantèlement du pays, sinon par la force ce qui ne serait bon pour personne.

    On ne sait pas bien comment ni quand tout ceci va se terminer, mais que de temps et d’argent perdus pour des illusions, des combats de coqs sur le fumier, des querelles d’égoïsmes régionaux… La tentation de nos démocraties repues à s’autodétruire est parfois inquiétante.

  • Dépression au-dessus d’un aéroport

    La décision d’agrandissement de l’aéroport de Nantes a été prise par l’Etat au détriment de la construction d’un nouvel aéroport sis sur la commune de Notre Dame des Landes. Ce sujet ne serait pas d’une importance notable s’il n’avait été consciencieusement monté en épingle depuis 50 ans par une classe politique et médiatique très éloignée de ce que les citoyens contribuables en attendent.

    Annoncé aujourd’hui, ce choix d’investissement déclenche depuis un déferlement de platitudes et de bagarres médiatiques dont le niveau relève d’une beuverie de fin de mariage de province. Les arguments volent en escadrilles et les mêmes sont utilisés et retournés par les partisans de la décision comme par leurs adversaires et vice-versa. Les avions vont s’écraser sur la ville de Nantes, le lac de Triffouillis-les-trompettes va être pollué, l’aéroport va saturer, le développement économique de tout le Grand Ouest va péricliter, c’est un déni de démocratie, une trahison du Grand Ouest, et patati, et patata…

    En face les partisans de cette décision pavanent : grande victoire pour les opposants, pour l’environnement et pour l’intérêt général, la raison a prévalu, décision responsable qui récompense des années de résistance locale, d’expertise citoyenne et de mobilisation nationale, le bon sens l’a emporté et l’intérêt général a fini par prévaloir, etc. etc.

    A la vérité personne ne peut vraiment savoir à ce stade si le choix fait est le bon ou pas et seul l’avenir le dira. Prévoir ce que serait le trafic aérien d’un aéroport de province dans les vingt ans à venir est juste impossible ! Alors félicitons-nous, une décision a été prise, respectons là et passons à autre chose. Que la politicaille délaisse ses tweets sur le sujet et se mette au boulot sur nombre des autres pour lesquelles elle est attendue, et rémunérée.

    Il y a une quinzaine d’années, le projet similaire du transfert de l’aéroport de Toulouse avait été stoppé. Les mêmes cassandres prévoyaient la saturation du site actuel qui finalement n’a pas encore eu lieu. Et puis s’il faut ressortir le dossier d’un transfert de l’aéroport de Nantes dans 15 ou 20 ans, et bien on le fera et on agira en fonction du bien public et non au gré des égos de petits marquis locaux.

  • Nabilla et le bitcoin


    Nabilla, starlette de la télévision, poitrine démesurée et neurones raréfiés, fait la promotion d’une plate-forme de commercialisation de « bitcoin », nouvelle furie spéculative qui occupe les traders-fraudeurs à la recherche d’émotions financières et de gogos à gruger.

    … Je connais l’une des filles qui travaille (SIC) avec un trader qui sont à fond dans le bitcoin, c’est un peu la nouvelle monnaie genre la monnaie du futur et donc en fait j’trouve que c’est assez bien, et comme en ce moment c’est grave en train de se développer ils ont créé un site… Même si vous z’y connaissez rien ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup… etc. etc.

    Tout un symbole de notre époque : gros seins et argent clinquant, quelle tristesse ! Plus pernicieux en utilisant les services publicitaires de ce personnage, les spéculateurs cherchent à ferrer des jobards à escroquer et il n’y a pas de doute que la clientèle de Nabilla va se faire dévaliser par les trader-fraudeurs, experts en la matière.

    L’Autorité des marchés financiers (AMF) a estimé qu’il y avait danger et a publié un avertissement sur Twitter. Pas sûr que les followers de l’AMF soient les mêmes que ceux de Nabilla.

  • CAMUS Albert, ‘Le premier homme’.

    Sortie : 1994, Chez : Gallimard.

    Voici, 35 ans plus tard, la publication du roman trouvé à l’état de projet (déjà bien avancé avec les notes de l’auteur qui devaient lui permettre de finaliser l’ouvrage) dans la voiture le jour où Camus s’est tué dans un accident de la route le 4 janvier 1960. Remis en forme par sa femme Francine, puis leur fille Catherine, le roman à peu près autobiographique est sorti tel qu’il a été trouvé, avec des blancs laissés pour signifier les mots illisibles dans le manuscrit, des erreurs, de noms par exemple, qui auraient évidement été corrigées dans une version définitive. Ce parti pris éditorial un peu frustrant est vite oublié dès que le lecteur se trouve emporté par la magie de l’écriture.

    Ce livre explique la vie ordinaire des colons pieds noirs arrivés au début du Xxème siècle sur cette terre aride, en grande partie encore à défricher. Certains avaient été sur les barricades de la Commune de 1870, d’autres devaient refaire leur vie, tous se sont retrouvés seuls dans un monde difficile où tout fut à construire à partir de rien au milieu de la sécheresse, des fièvres, pas encore vraiment de l’hostilité des habitants mais celle-ci ne tardera pas à se manifester. Nombreux sont ceux qui moururent dans ce far-west maghrébin de maladie, d’épuisement, de l’absence de soins minima, bref c’était un défi, celui de toute conquête finalement !

    Et dans ce contexte un petit garçon né dans le bled verra son père partir pour la guerre de 1914-18 et n’en pas revenir, mort à Verdun. Elevé ensuite à l’école de la République à Alger, affectueusement couvé par une mère analphabète (d’origine espagnole) et silencieuse, dans le deuil permanent de son mari mort pour la France, d’une grand-mère autoritaire et d’oncles fantaisistes, il devra à l’amour de sa famille et à la persévérance de son maître d’école de passer au collège alors qu’il était plutôt prévu de le mettre au travail pour qu’il contribue aussi aux besoins d’une famille modeste où tout était compté. C’est évidemment de Camus dont il est question et la lettre qu’il adressa à son maître après la remise de son prix Nobel en 1957 est ajoutée dans les annexes, comme une réponse que celui-ci lui fit quelques années plus tard. Le personnage de Jacques Cornery revient en Algérie, adulte, pour visiter sa mère qui y est restée. Il est à la poursuite de son père qu’il n’a jamais connu, il n’en retrouvera pas grand-chose sinon l’amour infini que sa femme lui portait et qui s’exprime par le silence dans lequel elle s’est recluse depuis toutes ces années.

    Mais finalement il n’y avait que le mystère de la pauvreté qui fait les êtres sans nom et sans passé, qui les fait rentrer dans l’immense cohue des morts sans nom qui ont fait le monde en se défaisant pour toujours.

    Ce livre est émouvant, d’abord car il fut le dernier de cet immense auteur décédé si stupidement, mais surtout par la tendresse qui de dégage des récits de la vie « ordinaire » de cette famille de pieds noirs, loin des polémiques sur la colonisation généralement attachées à tout ce qui se rapporte à l’Algérie. Les liens avec cette mère si mystérieuse sont détaillés de façon bouleversante et illustre oh combien ce rapport surnaturelle entre une mère et ses enfants. La vie de ces gamins de familles pieds noirs dans les écoles d’Alger ressemble à celle de n’importe quels enfants dans un village de France mais elle est enchantée par l’écriture, si douce, précise et tendre.

    Nous sommes avec Camus et donc au-delà de cette introspection familiale, il nous parle de nous, de l’existence et des humains qui la composent, de la condition des gens de rien qui font le monde et lorsque qu’il évoque la recherche du père qu’il n’a pas connu, il aboutit aux cimetières français d’Algérie mais c’est encore pour nous raconter notre histoire :

    …les hommes nés dans ce pays qui, un par un, essayaient d’apprendre à vivre sans racines et sans foi et qui tous ensemble aujourd’hui où ils risquaient l’anonymat définitif et la perte des seules traces sacrées de leur passage sur cette terre, les dalles illisibles que la nuit avait maintenant recouvertes dans le cimetière, devaient apprendre à naître aux autres, à l’immense cohue des conquérants maintenant évincés qui les avaient précédés sur cette terre et dont ils devaient reconnaître maintenant la fraternité de race et de destin.

    C’est la vie menée par des milliers de français sur une terre qu’on leur a laissé croire comme la leur. Destinée tragique qui s’est si mal terminé sur une terre sans aïeux et sans mémoire, …la terre de l’oubli où chacun était le premier homme ! C’est un véritable bonheur de la lecture. Cet ouvrage devait avoir une suite que nous ne lirons jamais, hélas !

  • BADIOU Alain, ‘Notre mal vient de plus loin – Penser les tueries du 13 novembre’.

    Sortie : 2016, Chez : Ouvertures Fayard.

    Ce court texte est la transcription d’un séminaire prononcé le 23/11/2015 par le philosophe aux idées sérieusement ancrées dans le marxisme. Tentant de surmonter l’hébétement qui s’est emparé du pays après la tuerie de masse islamiste il cherche à rendre intelligibles ces actes qui dépassent l’entendement pour nombre d’entre nous.

    Evidemment c’est du Badiou, donc le capitalisme et ses pratiques impériales sont au centre de tout, c’est lui qui définit les notions de « barbarie » ou de « civilisation », c’est lui qui qualifie de « coloration religieuse » les massacres perpétrés par « les bandes fascistes » des groupes terroristes Etat islamiste et assimilés. Badiou considère que ces bandes armées ne font qu’occuper le terrain dévasté par le système capitaliste, leur engagement religieux de façade étant similaire aux bondieuseries de la mafia, ou au soutien de l’Eglise catholique aux massacres des troupes de Franco en leurs temps.

    Les inégalités mondiales générées par le libéralisme occidental auraient enfanté ce nihilisme qui n’est pour le penseur qu’un nouveau fascisme contemporain dont les tueurs développent ce coté « Viva la Muerte » qui anima aussi les jeunes français collabos des nazis qui profitait de leurs positions pour faire n’importe quoi et tuer tout le monde. Leur imam alors était Pétain !

    Comme Phèdre à qui Racine fait avouer son amour qu’elle estime criminel, Alain Badiou conclut :

    Nous pouvons dire aussi que notre mal vient de plus loin que l’immigration, plus loin que l’islam, que le Moyen-Orient dévasté, que l’Afrique soumise au pillage… Notre mal vient de l’échec historique du communisme. Donc il vient de loin, en effet.

    S’il n’est pas sûr qu’un communisme victorieux eut permis d’éviter ces tueries à « coloration religieuse » ont peut au moins convenir avec Badiou que le capitalisme occidental n’a pas su les empêcher d’arriver.

  • COSTELLO Elvis, ‘Musique Infidèle & Encre Sympathique’.

    COSTELLO Elvis, ‘Musique Infidèle & Encre Sympathique’.

    Sortie : 2015, Chez : Fayard.

    L’autobiographie de l’un des rockers britanniques les plus prolixes des quarante dernières années. Fils et petit-fils de musiciens, Elvis Costello (Declan Patrick MacManus de son vrai nom) est d’origine irlandaise, bien sûr, et a surfé sur la vague post-punk pour mettre sa vie en musique et en folie. Il a su digérer un incroyable micmac d’influences musicales qui lui ont été insufflées presque génétiquement par les générations de musiciens qui l’ont précédé : jazz, blues, rock, country, classique, et bien d’autres.

    Eveillé au rock par la rébellion punk il a tout de suite canalisé cette énergie en l’intellectualisant grâce à une facilité d’écriture de textes percutants et ciselés, et de composition d’une musique du même acabit. Accompagnés de groupes successifs (The Attractions, The Imposters…) il a sorti un nombre incalculable de disques, une productivité digne de Zappa, et il reste probablement des centaines de morceaux en réserve…

    Ayant finalement connu un succès assez rapide avec The Attractions, il raconte dans ce livre cette vie trépidante de la fin des années 70′ à courir les scènes rock du monde et les studios d’enregistrement pour y graver ses idées musicales aussi prolifiques que désordonnées. Une époque pressée, excessive, peuplées de découvertes sans fin. Un temps finalement à l’unisson de sa musique faite de chansons courtes et sèches, au son rugueux juste adouci par le clavier du fidèle Steve Nieve (un jeu de mot avec Naive).

    Et puis Elvis s’est progressivement assagi et il a duré. Multipliant les collaborations avec de nombreux artistes, dont certains qu’il n’aurait jamais espéré rencontrer un jour et encore moins pour composer avec eux ou pour eux (Hank Williams, Van Morisson, Roy Orbinson, Paul McCartney, Jerry Lee Lewis, Chet Baker…), il s’est ouvert à toute la musique, y compris classique. Reconnu comme un auteur-compositeur hors norme et une Péronne qui compte dans la culture musicale contemporaine.

    Sa vie sentimentale fut aussi « diversifiée » que ses influences, il épousa notamment la bassiste des Pogues (dans le genre punk-trash) et file maintenant le parfait amour depuis dix ans avec Diana Krall, subtile et délicate pianiste-chanteuse de jazz…

    Ses textes parlent des choses de la musique et de la vie dans un style dynamique à l’humour tout britannique. 800 pages dédiées au destin musical de la famille MacManus, pleines de tendresse à l’égard de ses ancêtres dont le souvenir parcourt ses chansons. Veronica, composée avec McCartney, sur la maladie d’Alzheimer de sa grand-mère :

    « Will you wake from your dream, with a wolf at the door
    Reaching out for Veronica? »

    Et lorsque son père et complice en musique décède il note qu’il va lui falloir du temps « pour accepter l’idée d’écrire des chansons que je ne pourrais jamais jouer pour mon père. L’observer tandis qu’il écoutait un disque était pour moi quelque chose d’irremplaçable. Il est des chagrins que la musique ne peut soigner. »

    Après Keith Richard, Bruce Springsteen, Joe Jackson, Neil Young… Elvis Costello a sorti son autobiographie. Même si nombre d’entre eux sont toujours actifs, les rockers de cette génération commencent à tirer leur révérence. C’est un bienfait qu’ils écrivent ce que fut leurs vies et dévoilent ce processus créatif si mystérieux.

    « Il n’existe pas de musique supérieure. Pas de haut ni de bas. Ce qui est merveilleux, c’est qu’on n’est même pas tenu de choisir : on peut tout aimer. Ces chansons sont là pour nous aider quand on en a la plus besoin. On peut tomber sur l’une d’elles à tout moment, bienfait émergeant du bruit dans n’importe quel bouge en sous-sol ».

  • Concours de zizis : Trump vs. Kim

    Les présidents des Etats-Unis et de Corée de Nord continuent à jouer au jeu de celui qui fait pipi le plus loin dans la cour de maternelle 2ème année. L’américain écrit en substance :

    « Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que le “bouton nucléaire est sur son bureau en permanence”. Est-ce que quelqu’un de son régime appauvri et affamé pourrait-il l’informer que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne ! »

    Tout ceci est symptomatique du niveau de responsabilité de ces gouvernants et tout de même un peu effrayant.

  • Le pape des catholiques discourt

    Comme le veut la tradition, le pape François 1er discours à tout va en ces périodes de fête de la nativité : bénédiction dite urbi et orbi (à la ville [de Rome] et à l’univers) dans laquelle on prie pour tous les malheurs du monde et on appelle à l’humilité et l’amour du prochain, messe de minuit, homélies diverses mais surtout les vœux à la Curie, sorte de gouvernement de l’Eglise catholique, une Curie que le bon François cherche à réformer avec difficultés et assez peu de résultats. Il a donc asséné à une assemblée de prélats pourpres et campés sur leurs conservatismes quelques vérités censées remuer ceux qui ne s’étaient pas endormis :

    Et parlant de la réforme me vient à l’esprit l’expression sympathique et significative de Mgr Frédéric-François-Xavier De Mérode : «faire les réformes à Rome c’est comme nettoyer le Sphinx d’Égypte avec une brosse à dents». Ceci met en évidence combien il faut de patience, de dévouement et de délicatesse pour atteindre cet objectif, dans la mesure où la Curie est une institution ancienne, complexe, vénérable, composée d’hommes provenant de diverses cultures, langues et constructions mentales, et que, structurellement et depuis toujours, elle est liée à la fonction de primauté de l’Evêque de Rome dans l’Eglise, c’est-à-dire à l’office “sacré” voulu par le Christ Seigneur lui-même pour le bien de tout le corps de l’Eglise (ad bonum totius corporis).

    Ceci est très important pour dépasser cette logique déséquilibrée et dégénérée des complots et des petits cercles qui, en réalité, représentent – malgré toutes leurs justifications et leurs bonnes intentions – un cancer qui conduit à l’autoréférentialité, qui s’infiltre aussi dans les organismes ecclésiastiques en tant que tels, et en particulier chez les personnes qui y travaillent. Mais quand cela se produit, la joie de l’Evangile, la joie de communiquer le Christ et d’être en communion avec lui, se perd ; la générosité de notre consécration se perd (cf. Ac 20, 35 et 2Co 9, 7).

    En d’autres termes : « remuez-vous bande de fainéants improductifs et incapables sinon vous allez disparaître ! » Pas sûr que ce discours fasse vraiment bouger une Eglise figée sur ses principes et ses corporatismes. L’avenir le dira !

    La suite sur : Vœux à la Curie : le texte intégral du discours du Pape François

  • TOLHURST Lol, ‘Cured – Two Imaginary Boys’.

    L’autobiographie de Lol Tolhurst, batteur historique du groupe de légende The Cure : c’est l’histoire d’une bande de potes, adolescents à Crawley, une banlieue populaire au sud de Londres dans l’Angleterre dépressive de la fin des années 70′. En pleine explosion punk et pour lutter contre la morosité ambiante et la grisaille britannique, ils se réunissent sous l’égide de Robert Smith pour créer le son d’une génération.

    Tolhurst démarra comme batteur et poursuivit aux claviers. Sérieusement alcoolique il sera finalement viré du groupe (en 1989) qui poursuivit sa route avant des retrouvailles pour une tournée revival en 2011 après qu’il eut réglé son addiction (d’où le titre « Cured »).

    Ces mémoires reviennent sur la créativité de Robert Smith qui prit rapidement l’ascendant artistique sur ce groupe de copains musiciens. On est fasciné de se remémorer le parcours de ces gamins qui ont écrit « Boys don’t cry » ou « 10:15 Saturday night » à 18 ans, les ont répétés dans la cave de leurs parents puis déployés sur les plus grandes scènes de la planète. Au hasard des dérives des uns et des autres ils ont su garder cohésion et amitié depuis 40 années, fidèles à leur musique et à leur destin.

    Après la violence révolutionnaire du mouvement punk, ils ont mené avec constance et brio ce qui a été alors appelé la cold wave, marquée par un penchant un peu tristoune accentué encore par la voix torturée et les textes de Robert Smith. Mais ce fut une mélancolie salvatrice pour nombre d’adolescents de l’époque et, aujourd’hui encore, The Cure continue à sortir des disque et tourner pour ces anciens teenagers qui continuent à vénérer ce groupe.

    Lol Tolhurst n’est plus que rarement de la partie mais son livre se termine par sa victoire dans son combat contre l’alcoolisme et sa réconciliation avec le reste de la bande. Installé à Los Angeles avec sa femme et son fils il a retrouvé une vie apaisée qui lui a permis de revenir à la musique avec un groupe fondé avec son épouse. Une belle histoire de musique et de rédemption.

  • Gauguin l’alchimiste


    Exposition Gauguin au Grand Palais : intitulées « L’Alchimiste » elle montre ses peintures mais aussi les nombreuses autres cordes qu’il avait à son arc artistique, céramique, sculpture sur bois, gravures, zincographie… Artisan expérimentateur, observateur voyageur, attiré par le primitif Gauguin (1848-1903) retranscrit ce qu’il découvre avec toujours un aspect brut qui le caractérise. Même ses autoportraits présentent ce côté rude.

    Après avoir abandonné son métier d’agent de change il se consacre à l’art et inspire son œuvre de nombreux voyages dont il a peut-être attrapé le virus pour avoir passé les six premières années de sa vie au Pérou. La Bretagne, le sud de la France, les Antilles et, bien sûr la Polynésie où il s’installera longuement et finira sa vie. Cette région du Pacifique a fait tourner la tête à nombre d’artistes, et bien d’autres. Gauguin y a terminé son œuvre et s’est engagé contre l’évangélisation coloniale de l’époque. Il s’est intéressé de près à l’Histoire et la culture polynésiennes, en a parlé la langue et peint les habitants et les traditions. Il a bien sûr cédé aux charmes des (jeunes) femmes locales, modèles et amantes, dont il a su décrire la naïveté et le naturel tout au long de magnifiques tableaux figurant au cœur de cette exposition.

    Les portraits de femmes lascives qu’il y fait sont remarquables. Des corps ambrés et gracieux plongés dans des fonds jaune-brun-ocres où se mêlent soit une nature accueillante soit des symboles mystérieux de la culture polynésienne. C’est troublant et chaud, primitif et respectueux. Ses tableaux sont souvent titrés d’une phrase tahitienne : Manao Tapapau (l’Esprit veille), Mahana No Atua (Le Jour de Dieu), Te Rerioa (Le Rêve), etc. Il a écrit un journal/recueil Noa Noa, voyage à Tahiti, ponctué de planches, dans lequel il narre ses liens avec cette terre polynésienne à qui il doit tant. Le livre est projeté page à page au terme de cette très belle exposition.

    Un film de fiction récemment sorti sur Gauguin a relancé la polémique sur une supposée tendance pédophile de celui-ci. En ces temps de lutte contre machisme et sexisme il est sûr que l’attitude de Gauguin avec ces vahinés à peine nubiles n’était pas très honorable d’autant plus que sa femme et ses enfants l’attendaient en Europe. Cela s’est passé et il aurait mieux valu qu’il n’en fût rien. Restons maintenant concentrés sur l’œuvre.

  • Affaire Fillon – Le Canard Enchaîné : classée sans suite


    François Fillon, candidat conservateur malheureux à la dernière élection présidentielle française avait porté plainte contre le journal satirique Le Canard Enchaîné qu’il accusait de diffusion de fausses nouvelles ayant eu pour effet de détourner des suffrages, qui ne se sont pas portés sur lui.

    Le journal avait informé ses lecteurs, et les électeurs en général, que Mme. Fillon avait touché des rémunérations significatives pour des emplois dont la réalité était douteuse. Les sommes avancées par Le Canard ont été contestées par le candidat et qualifiées de « fausses nouvelles ».

    Le parquet a classé cette affaire « sans suite », la « diffusion de fausse nouvelle » n’étant pas constituée à ses yeux. François Fillon et son épouse restent mis en examen notamment pour détournement de fonds publics. Ces affaires ont certainement précipité l’échec du candidat qui s’est depuis retiré de la vie politique.

  • La famille Merah

    La première manche du procès d’Abdelkader Merah s’est terminée à Toulouse début novembre par la condamnation de celui-ci à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste (et son acquittement pour complicité d’assassinat). On se souvient que son jeune frère Mohamed avait, en mars 2012, tué trois militaires, blessé grièvement un quatrième, puis avait abattu à bout portant quatre personnes dans une école juive dont trois enfants de 4, 5 et 7ans, et blessé un autre enfant de 15 ans. Il filma l’ensemble de ses actes avec une caméra portable. Ces crimes furent inspirés par la religion de Mohamed qui s’était radicalisé dans différentes zones de combat du Moyen-Orient. Après une courte cavale, il fut tué par la police.

    Son frère Abdelkader a été assez rapidement arrêté, soupçonné d’avoir participé matériellement et intellectuellement à cette campagne macabre et d’une violence inédite. Son procès a permis de découvrir de l’intérieur les tenants et aboutissants de cette famille française d’origine algérienne qui aboutirent à ce massacre.

    Parents mariés et divorcés à plusieurs reprises, père condamné et incarcéré pour trafic de stupéfiants (il portera plainte contre l’Etat français après la mort de son fils), leurs cinq enfants nés en France ont tous eu plus ou moins maille à partir avec la justice, la mère leur infuse un antisémitisme féroce et leur fait rejeter tout ce qui n‘est pas musulman. Trois d’entre eux vont adhérer aux thèses islamistes extrémistes. Ils fréquentent les propagandistes Clain, fratrie de deux frères convertis, voyagent dans les pays où sévissent le terrorisme religieux et ses inspirateurs. Ils sont violents, selon les circonstances battent leur mère, se poignardent entre eux, vénèrent les armes et les pitbulls.

    Abdelkader sera le prosélyte du lot. Ne reconnaissant que l’autorité de Dieu il veut détruire la démocratie et les mécréants qui sont pour lui un régime et un statut juste inconcevables. Au cours du procès il donne l’image d’un homme réfléchi qui sait où il va et où il ne faut pas montrer qu’il est allé. Invoquant Dieu à toutes occasions, il admet ses « dérapages » par rapport aux préceptes religieux (escroquerie aux crédits notamment), il revendique la possibilité d’être un salafiste radical sans être un assassin. Il finira par condamner les actes de son jeune frère mais s’en remet à Allah pour juger celui-ci.

    On redécouvre avec effarement comment une famille française d’origine immigrée dont les enfants, nés dans l’hexagone, ont été élevés à l’école de la République, a pu devenir la proie consentante d’une idéologie religieuse délirante au point d’y plonger et d’en devenir le prosélyte pour Abdelkader, l’exécutant des basses œuvres pour Mohamed. Le mélange détonnant du rejet de la démocratie, de la haine des autres, du message mal digéré de textes religieux abscons, d’une mémoire de la colonisation occidentale, d’un engagement politique de café du commerce en faveur d’opprimés du Moyen-Orient, sur des esprits étroits a donné cette famille destructrice et en dehors de tout.

    L’apparition d’une telle dérive marque l’échec de notre société, française en l’occurrence, à intégrer ses enfants. Elle est aussi le symbole de ce à quoi aboutit la haine érigée en philosophie de vie. D’autres exemples ont existé dans l’histoire récente qui ont pu être réduits par la raison. Lorsque l’on détaille le comportement d’Abdelkader Merah lors de son procès, et avant dans sa vie, on se demande bien comment cette fois-ci l’intelligence arrivera à vaincre une telle régression et une pareille déraison, d’autant plus que le cas de cette famille Merah n’est bien sûr pas unique en France comme dans d’autres pays occidentaux. Le futur procès du seul terroriste religieux survivant des attentats de Paris de 2015 « du Bataclan et des Terrasses » marquera une nouvelle étape dans la connaissance de ce phénomène idéologique criminelle qui marque le début du XXIème siècle.

    Le parquet a par ailleurs fait appel du jugement Merah puisque le condamné a été acquitté du chef de complicité d’assassinat. Un nouveau procès aura donc lieu.

  • Ryan Air et Monsieur le Marché

    Ryan Air, compagnie aérienne irlandaise a bâti son succès commercial et financier sur le low-cost. Tous les coûts sont réduits au minimum : personnel significativement moins payé que dans les compagnies classiques, pilotes avec statut d’autoentrepreneur qui payent leurs uniformes, avions mieux exploités (moins de temps d’immobilisation, les pilotes font eux-mêmes le plein de carburant, etc.), réduction des services gratuits aux passagers au strict minimum, tout supplément au simple voyage d’un point à un autre est facturé : bagages en soute, repas, boissons, etc. Ceci associé à une gestion apparemment saine a porté ses fruits : explosion des ventes de billets à petits prix et grosse réussite financière. Le partage de la valeur créée par cette activité s’est fait entre les passagers-consommateurs et les actionnaires-propriétaires pour la plus grande joie de chacun de ces acteurs semble-t-il. Il ne restait plus grand-chose pour les employés-salariés.

    Cela a fonctionné tant que le marché des personnels navigants était déprimé et que les salaires de ceux-ci pouvaient être tirés vers le bas. Les choses sont en train de changer et les compagnies aériennes classiques offrent de meilleures conditions. Les personnels de Ryan Air s’en vont planter leurs choux ailleurs et la compagnie low cost est obligée d’annuler des vols qu’elle n’a plus assez de pilotes pour assurer ; pire, devant des préavis de grève, une première, elle vient d’accepter le principe de syndicats dans l’entreprise. Monsieur le Marché a parlé et progressivement va amener une nouvelle répartition de la valeur ajoutée de cette entreprise entre salaires, prix et profits. Les conditions de travail vont probablement s’améliorer un peu, les prix des billets devraient augmenter, voir les profits baisser, il y aura un nouveau mix de ces trois variable, et si tout se passe entre gens intelligents et de bonne compagnie le business model s’adaptera à ce changement de paradigme. Ainsi va la vie en économie libérale !

  • FAYE Gaël, ‘Petit pays’.

    Jeune auteur-compositeur franco-rwandais, né au Burundi en 1982, plutôt porté sur le rap que sur la littérature, Gabriel Faye s’est essayé à écrire un premier roman en 2016. Il est de ces écrivains postcoloniaux qui ont vécu une tranche de vie plus ou moins expatriée dans une Afrique plus ou moins rêvée. Contrairement à celle de William Boyd, l’Afrique de Faye est plus tragique, ô combien plus sanguinaire, elle est celle du génocide des tutsis par les hutus.

    Enfant dans les rues de Bujumbura il raconte de façon désopilante la vie d’un gamin ultra-favorisé dans l’atmosphère de « Tintin au Congo » avec ces petits riens que seuls ceux qui ont vécu ce quotidien peuvent partager, les gags du boy, l’explication des races tutsi-hutu-twa, la compréhension des coups d’Etat, la rencontre avec la soldatesque avinée et la police corrompue, les coupures d’électricité, la pagaille généralisée et permanente… Bref l’Afrique de Gaye ne paraît guère avoir changé par rapport à celle de Boyd mais toutefois rôdent les conflits ethniques qui semblent avoir passé la vitesse supérieure en matière de sauvagerie. C’est sans doute les effets de la mondialisation sur un continent perdu par des décennies de pouvoirs à la dérive. Le résultat fut épouvantable au Burundi et au Rwanda dont est issue la mère de l’auteur-narrateur.

    Alors l’enfant est confronté à la mort et à la barbarie, en direct dans son environnement personnel et à travers sa mère qui, de retour au pays, survivra aux décombres fumant mais y perdra son âme et la raison. Ce livre raconte avec drôlerie et sincérité le traumatisme profond d’un observateur du génocide, vu avec le regard innocent d’un enfant qui n’en sortira sans doute pas indemne.

  • PROUST Marcel, ‘A la Recherche du Temps Perdu II – A l’ombre des jeunes filles en fleurs’

    Ecrit entre 1907 et 1920, « A la Recherche du Temps Perdu » fut le grand-œuvre de la vie de Proust, un roman qui a fait de lui l’un des grands écrivains du XXème siècle. Dans ce deuxième tome l’écrivain consacre toute la minutie de son style unique à la plongée au cœur du sentiment amoureux, pour Gilberte et puis, bien sûr, pour Albertine. Les deux aventures se déroulent, la première, dans le cadre des mondanités parisiennes, la seconde, à Balbec, cité imaginaire en Normandie où la bonne société va aux bains de mer en été.

    Dans chacune de ces circonstances Proust narre l’environnement suranné d’un siècle passé, les familles bourgeoises aux principes aussi empesés que leur cols sont amidonnés, aux critères catholiques bien-pensants aussi rigides qu’un système social qui les mena à la Révolution quelques années auparavant, de principes politiques tellement aveugles qu’ils conduisirent la vieille Europe à son autodestruction quelques années plus tard… mais au-dessus de toutes ces avanies plane l’amour qui à toutes époques transcenda l’Homme tout en l’enfermant dans un égoïsme féroce, dans lequel il n’est plus question que d’elle et lui, et de rien d’autre.

    A travers ses relations avec Gilberte et Albertine le narrateur parle de ses sentiments, de ses approches pour atteindre l’être qu’il croit aimer, de ses contacts avec les familles, les amis, toutes voies qui pourraient le mener à accomplir son but de séduction, son objectif d’amour. Il n’en délaisse pas pour autant sa fantastique capacité d’observation et ce don à retranscrire sa réalité. C’est unique et exceptionnel, et il reste deux tomes dans la série !