Auteur/autrice : Rehve

  • Les doigts dans le pot de confiture…


    Laurent Wauquiez, haut fonctionnaire surdiplômé reclassé dans la politique depuis des années, est pris les doigts dégoulinant de confiture après les avoir trempé dans le pot avec délectation et profit. Détaché de l’administration du conseil d’Etat depuis 2004, il a continué à cotiser au régime de retraite et accumulé les droits conséquents de ces années. Le même avait raillé « l’assistanat, cancer français » sur les plateaux télévisés où il passe pas mal de temps…

    Il eut un peu de mal à justifier de maintenir plusieurs fers au feu de la fonction publique tout en prônant le libéralisme et la responsabilité. Il vient d’admettre « son erreur » en ajoutant qu’il comprend que cet avantage « puisse choquer » et bla-bla-bla. Il déclare :

    « Je mets fin à mon détachement et je me mets en disponibilité de la fonction publique et du juge administratif que je suis. »

    On note qu’il se « met en disponibilité » et qu’il ne « démissionne » de la fonction publique !

    Au-delà de ce cas particulier, plutôt comique concernant ce personnage, mais de guère d’importance, le problème de fond est que perdure ce communautarisme des grands corps d’Etat. Cette situation permet à cette élite de passer du public au privé et de revenir dans la fonction à leur demande. Que les membres de ces grands corps d’Etat soient des gens brillants ne fait guère de doutes et il est sain qu’ils puissent accéder aux fonctions dirigeantes de la République, il est fort peu justifié qu’ils puissent y garder une place au chaud pour le restant de leurs jours après être allé planter leurs choux dans le secteur privé. Après avoir travaillé pour l’Etat les années nécessaires au remboursement des études d’élite que le contribuable leur a financées, il est très sain qu’ils puissent partir dans le secteur privé ou humanitaire ou dans les ordres, mais cela doit être sans retour automatique garanti, et encore moins en gardant ses avantages de retraite comme l’a fait Laurent Wauquiez.

    Cette sécurité spécifique aux fonctionnaires est de moins en moins compréhensible dans le monde libéral qu’une partie de cette corporation nous vante à longueur de journées. Une fois partis dans le privé, s’ils veulent revenir au service de l’Etat il serait opportun qu’ils en repassent les concours d’accès ou y retournent sous un statut contractuel. La République a toujours besoin de ces grands corps formés aux meilleures écoles sur fonds publics mais ceux qui en sortent doivent pouvoir largement se passer d’avantages d’un autre âge qui participent à leur rejet.

  • No Filter

    La tournée européenne des Rolling Stones « No Filter Tour » a débuté à Hambourg et sera à Paris fin octobre.

  • Il vaut mieux tenir ses engagements, surtout les plus faciles

    A plusieurs reprises le président français a expliqué aux journalistes qu’il choisirait les sujets qu’il veut aborder au lieu de se les faire imposer par la presse. Il a pris pour habitude également de préciser qu’il ne s’exprimerait pas sur la France à l’occasion de ses déplacements à l’étranger, ce qui était plutôt de bonne augure.

    Hélas, hélas, cet engagement pourtant relativement facile à tenir, même face à la meute des cartes de presse, a été violé plusieurs fois récemment. En août à Bucarest il accuse la France de ne pas aimer les réformes. En Grèce en septembre, il revient sur ce blocage devant toute transformation en ajoutant :

    « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

    Ces vérités sont bonnes à dire mais il vaut mieux laver son linge sale en famille et proférer ce genre de jugements à l’intérieur de l’hexagone plutôt qu’en dehors des frontières devant des étrangers qui doivent s’en tordre de rire. Encore mieux : on peut aussi concentrer son énergie à combattre cette inertie dans la discrétion plutôt que dans la presse.

  • MALRAUX Clara, ‘Nos vingt ans’.

    Sortie : 1966, Chez : Le Livre de Poche 5125

    Clara Goldschmidt, jeune femme issue d’une famille franco-allemande, née à Paris en 1897 dans un milieu socialement privilégié, deviendra la première femme d’André Malraux dans l’entre-deux guerres. Ces mémoires racontent son enfance entre Paris et Magdebourg, la première guerre mondiale avec une famille séparée par le front, la justice française qui a cherché les déchoir de leur nationalité durant le conflit, la rencontre avec André, leur fascination réciproque pour l’intellectualisme, le brio d’André et ses fréquentations artistiques et, enfin, l’aventure cambodgienne narrée par Malraux dans « La Voie Royale » (très romancée) où le couple à court d’argent part en Indochine pour dérober et revendre des bas-reliefs khmers.

    Par la suite Clara deviendra écrivaine, mènera avec son mari d’autres périples asiatiques et divorcera du volage André après qu’ils aient eu une fille. Sa vie durant elle gardera son admiration pour son grand homme à la personnalité écrasante.

    Le style de cette biographie est doux et élégant. Bien sûr il est celui d’une plume née à la fin du XIXème siècle, une époque où le maniement de la langue française était un art. On ne se lasse pas de la succession des mots et des phrases qui coulent comme une fontaine de jouvence pour décrire une époque, un milieu et un immense amour !

  • Savoureux : comment avaler on chapeau !

    La partie « non constructive » du parti Les Républicains ne sait plus vraiment comment avaler son chapeau. Les premières semaines du gouvernement actuel sont en train d’accoucher de décisions et de réformes qu’ils n’avaient pas même osé faire. Comme il leur est bien difficile de s’opposer frontalement et qu’ils ont quand même un égo et une historiette à défendre, ils approuvent du bout des lèvres tout en marquant un mécontentement de façade. Le meilleur à cet égard est sans conteste Eric Woerth qui après avoir critiqué la transformation du code du travail s’attaque maintenant à la baisse des emplois subventionnés par les contribuables, en acceptant le principe mais condamnant la méthode.

    Cache ta joie Eric, cache ta joie. Avec son air d’épagneul triste, cet ancien ministre voit probablement venir la fin de son parcours politique, perspective qui semble peu le réjouir lui qui a déjà la bonne humeur pas vraiment expansive. A 61 ans, il est peu probable qu’il puisse un jour rebondir politiquement. Diplômé d’HEC et de Sciences-Po, il fut un ministre une peu terne, trésorier de l’UMP et de campagnes sarkozyenne, maire de Chantilly. Il n’a pas fondamentalement démérité mais, sans doute, son heure est passée, sans gloire ni trop de remous. Un grognard de la République, à peu près fidèle à ses idées. Il risque d’être oublié assez rapidement.

    Lire aussi : Woerth  tweete

  • Five Years

    Une belle reprise de « Fives Years » par les Cowboys Junkies

  • Et une première transformation, une !

    La réforme du code du travail a été dévoilée aujourd’hui dans sa version quasiment définitive. Elle offre plus de « flexibilité » aux employeurs, en français cela veut dire qu’elle retire du pouvoir aux syndicats, facilite les licenciements et autorisent des CDI « temporaires ». Il s’agit en réalité d’une kyrielle de mesures assez abscondes mais qui sont à ce stade plutôt bien accueillies par les syndicats patronaux.

    Cette « flexibilité » est censée booster les recrutements sur le thème : « je vais embaucher plus librement puisque je pourrai débaucher plus facilement ».

    En réalité personne ne sait bien si les résultats attendus seront au rendez-vous. Seul l’avenir le dira. Personne n’avait réussi à inclure tant de « flexibilité » dans les règles françaises. Cela vaut probablement le coup de tenter l’expérience. Seul le dernier gouvernement de la présidence Hollande avait commencé le travail avec la loi El-Kohmry qui avait déclenché une opposition aussi féroce que la réaction à la loi actuelle est molle et divisée. Quelques caciques-grognons de la droite « non-constructive » s’opposent doucement en cherchant quelque chose à critiquer, comme Eric Woerth qui déclare : « La réforme du code du travail est facile parce que le terrain a été préparé depuis longtemps »…

    Il faut vraiment le lire pour le croire. Venant d’un ancien ministre de précédents gouvernements conservateurs, il donne un peu l’impression de vouloir tirer la couverture à lui, comme s’il avait participé à cet ouvrage. Il cache sa joie le bougre ! A tout le moins il cherche à dévaloriser ce qui été fait. M. Woerth a été réélu député de la République cet été, il aura tout loisir de s’opposer et pourra utiliser la tribune du Parlement pour faire état de propositions des réformes qu’il n’a pas su mener lorsqu’il était au gouvernement.

  • Rhabillons les journalistes

    Avez-vous remarqué que sur les plateaux télévisés d’information où se réunissent très (trop) régulièrement des journalistes pour donner leurs avis et prévisions sur tous les sujets, ceux-ci portent généralement une veste, ou un haut pour les femmes, de moins en moins de cravate et lorsque parfois les caméras filment sous la ta table, nombre d’entre eux sont en jeans.

    Ils considèrent qu’étant cadrés généralement au niveau de leurs bustes, il n’est pas nécessaire de soigner son apparence en dessous de la ceinture… S’ils achètent des costumes ils peuvent ainsi en revendre les pantalons sur Le Bon Coin pour financer leurs jeans. Bonne affaire !

  • La popularité, intérêt majeur des médias

    Les médias français présentent comme une nouvelle importante la baisse de popularité du président de la République. Ils l’annoncent ces derniers jours dans leurs grands titres juste après le cyclone du Texas et glosent depuis sur ce non-sujet en organisant force débats « d’experts et communicants » qui parlent pour dire pas grand-chose sur ce fait qui ne justifie guère l’analyse.

    Evidemment les médias qui fonctionnent quasi-uniquement les yeux rivés sur leurs taux d’audience qui génèrent les bonus de leurs vedettes imaginent donc que la politique doit suivre la même loi. Ce n’est pas le cas puisque l’intérêt général peut justifier le mécontentement temporaire des citoyens qui pourront toujours voter autrement aux prochaines échéances si le temporaire lui paraît trop long. Le pouvoir actuel semble a priori prêt à prendre le risque de l’impopularité pour mener à bien les réformes qu’il a annoncées dans son programme de campagne et qu’il croit utiles à la République. Evidemment, un tel raisonnement dépasse largement la capacité de compréhension d’un communicant ou le mode de fonctionnement de la majorité des journalistes.

    Les cinq prochaines années diront si la République peut contourner le court terme pour baser une réflexion et une stratégie de moyen terme !

  • Le chanteur de variété et la banque voyou

    Un chanteur de variété française (Enrico Macias) s’était vu proposer un produit spéculatif par une banque voyou islandaise basée au Luxembourg (Landsbanki) avant la crise financière dite des « subprimes » en 2008. La banque a fait faillite à l’occasion de cette crise. L’opération consistait à emprunter 35 millions d’euros (oui, il s’agit bien de trente-cinq millions d’euros) contre une hypothèque de biens immobiliers. Une partie de cette somme fut versée en liquide (oui, en liquide pour une dizaine de millions d’euros, en liquide !) et l’autre investie dans des actifs financiers liés à la banque voyou dont la valeur s’est bien entendu effondrée après la mise en liquidation de la banque. D’autres clients ont connu à peu près les mêmes déboires et tous ont voulu empêcher le liquidateur de la banque voyou de saisir leurs biens hypothéqués pour rembourser leurs dettes.

    Ces clients déçus ont cherché à défendre l’idée qu’ils n’avaient pas à rembourser leurs emprunts du fait des agissements de cette banque. Le justice luxembourgeoise en a décidé autrement en estimant que les emprunteurs étaient des clients avisés qui devaient donc rembourser l’argent qu’ils ont reçu.

    L’histoire ne dit pas à quoi M. Macias a consacré les 9 millions d’euros reçus en liquide mais même ceux-ci il essaya de pas les rembourser. Le financement du secteur financier est sans doute un mécanisme un peu complexe à comprendre pour un chanteur de variété mais il devrait savoir que ces 35 millions qu’il a encaissés sous différentes formes de la banque voyou ont été également empruntés par ledit voyou qui doit donc les rembourser à ses propres créanciers. C’est la mission du liquidateur de liquider les actifs de la banque pour rembourser les créanciers. Les hypothèques constituées par les emprunteurs font partie des actifs…

    On ne peut que recommander à des citoyens français (et d’autres nationalité d’ailleurs) de se méfier lorsqu’une banque exotique leur propose des millions d’euros en liquide pour souscrire des placements financiers maisons. C’est ce que l’on appelle de la spéculation qui recouvre des transactions toujours risquées. C’est d’ailleurs l’un des principes clés du capitalisme : plus le rendement est élevé, plus le risque est important. Parfois ça marche, parfois pas…

  • Les journalistes qui se croient indispensables

    On se souvient que la présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne de télévisions publique avait été informé à l’orée de cet été, un peu abruptement semble-t-il, qu’après 19 ans de ce job à lire des dépêche à la télévision à 20h pour la France âgée, la chaîne allait changer de présentateur. On ne parle pas d’1 an, pas de 9 ans, mais de 19 ans passé à faire la même chose. Un changement de titulaire de ce poste ne semblait pas complètement incongru.

    M. Pujadas n’était d’ailleurs pas licencié mais on lui proposait de poursuivre sa carrière sur la chaîne dans d’autres émissions, sans doute moins satisfaisantes pour les égos surdimensionnés qui aiment tellement montrer leur joli minois dans le petit écran qu’ils en deviennent gravement dépendants.

    Dans une interview au Monde du 21/08/2017 le garçon nous explique avoir un nouvel emploi sur la chaîne d’information en continu du groupe Bouygues. Il reste relativement discret quand on lui demande son sentiment sur les conditions de son remplacement à la présentation du journal du soir du groupe publique :

    « Je n’ai pas à porter de jugement sur cette décision. L’explication ne m’a pas été donnée, je pense qu’il y a peut-être une raison non formulée, mais ce n’est pas à moi qu’il faut la demander. »

    Il pourrait attaquer plus frontalement son ancien employeur mais on imagine qu’en tant que présentateur vedette à forte ancienneté, les conditions financières de son départ ont du être satisfaisantes, d’où sa modération. Il laisse quand même planer le doute sur « une raison non formulée » qui ne pourrait être que politique.

    La blessure d’égo est telle que ce genre de personnage n’imagine pas une seconde qu’ils puissent lasser après 19 ans au même poste et que leur remplacement soit généré par le besoin de renouvellement. Dans un genre similaire, Patrick Poivre d’Arvor, présentateur du journal télévisé du groupe Bouygues durant 21 ans avait été poussé dehors par ses employeurs et l’impétrant s’était répandu en interview amères au point qu’il avait été condamné par la justice pour non respect de « l’obligation de non-critique » contenue dans son contrat indemnitaire de départ.

  • Fluidifions

    Le nouveau tic verbal compulsif dans le monde politico-médiatique est le verbe fluidifier. La définition du Larousse en est :

    « Faire passer un corps à l’état fluide ou en augmenter la fluidité. »

    On se souvient de la désormais légendaire sortie d’un des patrons du syndicat patronal MEDEF, Denis Gautier-Sauvagnac, pour justifier un détournement de fonds de quelques dizaines de millions d’euros de la caisse du syndicat : il s’agissait de « fluidifier le dialogue social » ! En clair, de distribuer des enveloppes en liquide à des syndicats ouvriers pour emporter leurs accords dans des négociations diverses. C’est ce que l’on appelle de la corruption.

    Aujourd’hui le terme est repris à tout va : on « fluidifie » le marché du travail, le travail parlementaire, l’administration… et tutti quanti. Même au sein de l’entreprise il faut « fluidifier » les processus, les procédures etc.

    En fait c’est le nouveau terme pour désigner le démantèlement raisonné des règles qui nuisent à la créativité. Le bloc solide des lois et procédures doit être ramolli et amené tranquillement à l’état fluide.

  • PLISNIER Charles, ‘Faux Passeports’.

    Sortie : 1937, chez Le Livre de Poche 1309/1310.

    Prix Goncourt en 1937, ce récit romancé est celui de la déception et du renoncement, celui d’un militant communiste belge qui a participé à l’élaboration de l’Internationale communiste avant de s’en séparer (et d’être exclu du parti) pour suivre les trotskistes contre les staliniens. Le livre s’organise autour de 7 chapitres consacrés à 7 personnages croisés au cours de cette vie de militant.

    En lutte d’abord contre les mouvements fascistes très forts dans les années 1910/20, le combat est violent et la mort est souvent au rendez-vous. L’idéologie communiste et la révolution d’octobre guident ces hommes et ces femmes qui croient à l’élaboration d’un nouveau monde, heureux et commun à la planète. Pour cet idéal ils mèneront une lutte sans merci qui aboutira aux grandes dictatures européennes du XXème siècle, à des millions de morts, à l’échec économique et aux épurations sauvages. Pour cette illusion ils ont sacrifié leurs existences, délaissé leurs familles, trahit leurs pays d’origine, affronté la Justice et les milices… Bref, un engagement révolutionnaire aveugle qui n’est pas sans points communs avec celui, un siècle plus tard, des djihadistes islamiques. Dieu a remplacé Lénine ou Staline, la communauté salafiste a pris la place de l’Internationale communiste ; dans les deux cas, le même aveuglement, la même absence de raison, le même sens du sacrifice, la même croyance en un pouvoir surnaturel qui doit dominer l’Homme pour le mener à son bonheur forcé.

    On retrouve dans ce récit un peu de l’ambiance de la « Condition humaine », celle de ces militants fiévreux au service de leur idéologie qui parcourent la planète pour combattre et ériger un « monde radieux ». Ces évènements ont eu lieu et on ne peut pas refaire l’Histoire. De par leurs combats et leurs échecs, ces hommes ont aussi participé à ce que notre XXème est devenu. L’effondrement du communiste au crépuscule de ce siècle a marqué la fin de cette idéologie qui avait été déjà sérieusement écornée par sa variante stalinienne…

    Iégor, l’un des personnages du livre (probablement un personnage réel), qui finira exécuté d’une balle dans la nuque lors des grandes purges de Moscou, disait, du temps de sa gloire :

    « Sacrifier sa vie est peu de chose. Accepter de rester vivant et sacrifier sa pensée, là commence le dévouement ».

    On ne peut mieux décrire la foi inébranlable qui animait ces hommes pour leur parti. Pour lui ils acceptèrent le mensonge, la trahison, la dictature, les massacres… pour finalement échouer. La similitude avec le djihadisme salafiste est édifiante, seule la fin n’est pour l’instant pas encore actée.

  • Les journalistes ne sont pas contents

    Les journalistes français ne sont pas contents, ils seraient insuffisamment considérés par le nouveau pouvoir, voire même méprisés. Il est sûr qu’ils sont passés d’un président Hollande qui racontait sa vie à la presse et dont la compagne publiait des livres intimes ou des ministres révoqués réglaient leurs compte via l’édition de livres vengeurs, à un président Macron qui n’entend pas se faire dicter son ordre du jour par des journalistes avides de scoops insignifiants.

    Alors ceux-ci parlent « d’absence de récit national » ou de « déficit d’incarnation » sans que l’on ne sache très bien ce que veulent dire ces concepts fumeux. Outrés de cette nouvelle vision des relations entre la presse et le pouvoir, la vivant comme une véritable mise à l’écart, les représentants du pouvoir des médias s’offusquent en se déclarant les représentants du peuple négligés par le président.

    Le mieux qu’ils aient à faire serait sans doute d’étudier véritablement les dossiers, d’analyser les textes de loi, de tenter de comprendre les orientations actuelles et les positions des uns et des autres puis l’expliquer l’ensemble aux citoyens. Voilà une vraie mission pour le contre-pouvoir que la presse est censée être dans une démocratie. Si cela se traduit par un peu moins de photos dans la presse pipole, eh bien, l’intelligence collective a tout à y gagner.

  • Curieuse géographie

    Le journal Le Monde classe ses articles sur la Russie et la Turquie dans sa rubrique « Europe » et non « Asie-Pacifique ». On se demande si les écoles de journalisme en France apprennent bien la géographie à leurs élèves ?

  • Une nouvelle salve d’attentats religieux islamistes

    L’idéologie islamiste continue de frapper les « mécréants et apostats » en Europe. Deux attentats ont eu lieu en Espagne (Catalogne) ce 17 août : quinze morts à ce jour et une centaine de blessés, écrasés par des voitures béliers conduites par des gamins marocains, très jeunes, immigrés dans un village tranquille où ils avaient organisé une cellule djihadiste. Le groupe Etat islamique a rapidement revendiqué ces deux attaques. Certains membres de la cellule ont été arrêtés après les attentats, marocains également sauf un de nationalité espagnole, issu de l’enclave de Melilla eu Maroc.

    L’Espagne enterre les victimes (qui relèvent d’une trentaine de nationalités différentes), les chaines d’information en continu mobilisent leurs habituels « experts » en terrorisme qui servent leur logorrhée ordinaire sur ce phénomène sanguinaire et incompréhensible pour le commun des mortels. Les journalistes ponctuent leurs commentaires vides de « il faut rester prudent » toutes les deux phrases illustrant si besoin en était qu’ils n’ont rien à dire de notable sinon les ragots autoentretenus dans les salles de rédaction sous couvert de « devoir d’informer », le tout dans des émissions live à n’en plus finir diffusées sous un logo ridicule créé à toute vitesse pour faire journalisme réactif près du terrain. Les discours des spécialistes sont ponctués d’interviews devenues maintenant tellement communes des victimes survivantes, touristes en goguette à Barcelone à qui le frôlement d’une camionnette conduite par un cinglé-barbu a fait redescendre en vitesse leur taux d’alcoolémie, ou des familles des terroristes supposés qui vantent les mérites de leurs petits si angéliques… On oublie pas les tweets de Nadine Morano et d’Eric Ciotti qui attisent la haine du populo et attaquent le pouvoir français. Bref, on s’installe dans la routine du terrorisme.

    Et personne n’a vraiment d’idée nouvelle pour mettre fin à ce processus mortifère, celui d’une idéologie religieuse basée sur le totalitarisme et le crime de masse. Comment faire pour extirper de la tête de jeunes gens entre 20 et 30 ans (le plus jeune du gang de Catalogne a 17 ans…), immigrés, d’origine immigrée ou nationaux convertis, l’idée qu’une religion peut être vécue pleinement sans forcément massacrer son prochain ou égorger son voisin ? A ce stade on ne sait pas bien faire pour lutter contre cette tendance jusque-là inédite, en tout cas relevant d’un autre âge. Il semble que le remplissage des prisons soit une solution de court terme qui n’endigue pas le flot des candidats aux attentats suicides, d’autant plus que les dernières attaques ont été commises par des citoyens qui n’avaient pas encore attiré l’attention des services de sécurité et encore moins enfreint aucune loi. Comment faire entendre raison à ces djihadistes pour qu’au moins durant leur passage sur terre ils coopèrent avec les Hommes au lieu de les tuer ? Personne n’a aujourd’hui la recette miracle. On pressent que l’éducation devrait permettre d’accélérer la résilience comme elle permit de passer de l’inquisition à un culte chrétien aujourd’hui plus ou moins apaisé. On n’est même pas sûr que ce qui a fonctionné pour l’un des religions monothéistes puisse marcher pour une autre, on essaye…

    Au même moment, des attentats religieux islamistes se déroulaient en Finlande (deux morts et huit blessés à Turku sous le couteau d’un jeune marocain demandeur d’asile, blessé et arrêté par la police) et en Russie (un terroriste tué par la police à Sourgout, peu d’informations communiquées par les autorités sur le nombre des victimes).

  • GENEVOIX Maurice, ‘Ceux de 14 (4/4) – Les Eparges’.

    Sortie : 1950 (édition définitive), Chez Flammarion.

    Quatrième et dernier volume du récit « Ceux de 14 » c’est le récit de la bataille frontale contre les « boches ». La compagnie de Genevoix monte en première ligne et intégrée dans une attaque pour récupérer une crête de la Meuse, celle des Eparges. L’auteur raconte la terreur provoquée par les bombardements sur les soldats blottis au fond de tranchées pleine de boue, l’héroïsme de gamins de 20 ans qui doivent sortir de la protection illusoire de ces tranchées pour monter à l’assaut et récupérer un bout de la tranchée d’en face après en avoir tué les occupants. Il dit le fatalisme des hommes face à la mort qui tombe en pluie sur leurs copains, blessés, tués, déchiquetés, ensevelis, parfois noyés dans la boue… il s’agit juste de ne pas en être !

    « Sois calme… » je me répète : « Sois calme. Regarde sans horreur ; écoute sans épouvante ; il n’y a rien à faire que ce que tu as fait : coller ton corps au parapet, juste ici, et te lever de loin en loin, lorsqu’un obus frappe dans la tranchée… Sois calme.

    Cernés par la mort, ces hommes doivent aussi la donner par devoir :

    « J’ai tiré ; eh bien ! Oui, j’ai tiré. Lorsque je m’élançais là-haut, était-ce donc vers la joie de tuer, vers l’Allemand qui allait apparaître ? J’ai obéi. Malgré ma vie, contre ma vie, j’ai fait ce geste monstrueux de pousser ma vie sous les balles, et de l’y maintenir, pendant que mon revolver me cognait le poignet. Il n’y a que nous, que nous : ceux qui sont morts ; ceux qui étaient parmi les morts et qui ont eu, comme eux, le courage de mourir. »

    Et au milieu de cette terreur inutile pour se disputer quelques arpents de terre boueuse, Genevoix sera blessé en mars 1915, quelques balles reçues au fond de sa tranchée. Il survit, la guerre se termine trois ans plus tard et il écrira cette somme vertigineuse sur une guerre sordide qui n’a fait que flatter les égos de politiciens de rencontre et de militaires d’un autre siècle. Et, préparer la guerre suivante, celle de 39/45…

    Un récit hommage à ceux qui ont vécu cette horreur, le livre est dédié :

    « A mes camarades du 106
    En fidélité
    a la mémoire des morts et au passé des survivants »

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  • La Turquie… encore et toujours

    Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

    C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

    Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

    Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

  • Anita Pallenberg, repose en paix !

    La belle nécrologie d’Anita Pallenberg par le compère Patrick Eudeline dans Rock & Folk, ici Anita Pallenberg.

    Elle fut l’une des nombreuses égéries des Rolling Stones, sans doute l’une des plus tenaces (elle eut trois enfants de Keith Richard dont elle fut la compagne pendant plus de vingt ans). Elle est partie et les Stones roulent toujours.