Auteur/autrice : Rehve

  • Il est toujours difficile d’annoncer aux électeurs qu’ils vont devoir payer

    Comment un Etat qui n’a pas pu imposer à ses citoyens le retrait des panneaux indicateurs de radars par peur de froisser leur susceptibilité de conducteurs mis à mal par l’augmentation de contraventions conséquentes, comment un Etat qui n’a pas pu réintégrer les œuvres d’art dans le calcul de son impôt de solidarité sur la fortune alors qu’il croule sous les dépenses et l’absence de recettes, comment cet Etat peut-il faire croire à sa capacité à ramener son déficit public à 3% en 2013. Qui va croire à une telle billevesée ?

    Des mesurettes qui relèvent du simple bon sens en ces temps de disette budgétaire ont du être rapportées sous la pression de lobbys franchouillards. Qu’est ce que cela va être lorsqu’il faudra vraiment sabrer dans les dépenses et vraiment augmenter les impôts…

    La discussion parlementaire du budget 2012 de la République française risque d’être édifiante à cet égard car là devront être pris les vrais engagements et gravés dans le marbre du journal officiel les vrais sacrifices qu’il faudrait consentir pour atteindre cet objectif.

    En attendant la dernière trouvaille de nos politicards est de savoir s’il faut modifier la Constitution pour y ajouter un article rendant inconstitutionnel le déficit budgétaire. C’est un peu surréaliste, le mieux serait d’abord de dépenser de l’énergie en ces temps difficiles pour rétablir l’équilibre budgétaire dans les faits, ensuite on pourra modifier la Constitution, mais il est sans doute plus facile (et moins dangereux pour les élus) de s’écharper sur un texte abscond que sur des mesures pragmatiques qui promettent d’être douloureuses pour les électeurs sur qui elles s’appliqueront.

  • L’aveuglement de dirigeants bancaires de circonstance

    Ce nouveau rebond de crise financière nous vaut le retour sur les plateaux télé des économistes mondains, ce soir Philippe Waechter, vague chef analyste chez Natixis qui explique à Madame Michu surBFM TV comment la banque centrale européenne a été peu efficace aujourd’hui… On croit rêver, Natixis l’une des grandes défaillances de la finance française où les sous des caisses d’épargne et des banques mutualistes populaires ont été dilapidés dans des opérations de marché pour satisfaire les égos d’un quarteron de dirigeants avides de briller dans les dîners en ville, Natixis donc, sauvé du désastre par les contribuables, nous édifie sur comment aurait du intervenir la banque centrale pour parer aux errements des marchés, Natixis toujours, qui a attendu que Monsieur Standard et Madame Poor’s dégradent la dette à long terme des Etats-Unis pour découvrir que ce pays est endetté… Mais dites-moi : que font ces analystes quand ils arrivent dans leurs bureaux le matin ? Lisent-ils L’Equipe ou jettent-ils de temps un temps un  œil sur les rapports de la Cour des Comptes qui avertit depuis des années que la France vit au-dessus de ses moyens ?

  • Les contribuables paieront

    Messieurs les Marchés seraient inquiets et nos gouvernants redoublent de déclarations lénifiantes sur la capacité de leurs contribuables à prendre en charge les déficits abyssaux de leurs finances publiques. Les banques centrales y ajoutent leurs grains de sel en expliquant qu’elles vont créer de la monnaie à tout va pour éviter de sinistrer Messieurs les Marchés. Oyez bonnes gens, circulez il n’y a rien à voir, continuez à prêter, vos pertes seront nationalisées, notre épargne préservée que nos Etats pourront continuer à prélever pour rembourser vos créances…

  • L’incapacité des Etats à maîtriser leurs dépenses

    L’agence Standard & Poor’s dégrade la note de la dette souveraine à long terme des Etats-Unis d’Amérique de AAA à AA+. Dans sa note du 5 août de cinq pages, relativement claire, S&P explique que ce bonnet d’âne a été délivré devant la faiblesse des décisions politiques pour stabiliser la dette du gouvernement : en gros cela manque de recettes et il y a trop de dépenses. On ne saurait mieux dire.

    Lire aussi la note de S&P : ici.

    Rien de bien neuf sous le soleil, que n’importe quel économiste du bas Connecticut ne sache déjà depuis des décennies. Mais cette-fois ci le cancre américain est mis au coin les mains dans le dos et il est rayé du tableau d’honneur. La planète financière qui sait également tout ceci depuis des lustres puisque c’est elle qui prête au gouvernement américain impécunieux, ladite planète financière s’inquiète, voire panique, devant la réaction à en attendre des Messieurs les Marchés financiers lundi à l’ouverture des bourses.

    Ces réactions d’orfraies relèvent une fois de plus de la faux-jettonerie la plus extrême, mais c’est ainsi. La France nous dit-on est à l’abri d’une telle infamie car comme chacun sait nous maîtrisons nos dépenses et notre dette publique.

  • Baroin le baby Chirac

    Il est gentil le petit Baroin, propret et jeunot, mais déjà délivrant une langue de bois en chêne massif. Les marchés d’actions dévissent, les taux d’intérêt des prêts aux pays Clubmed augmentent, alors très doctement il leur parle de la zone euro avec des mots savants et vides de sens qui impressionnent Madame Michu : gouvernance, souplesse, respectabilité, durabilité, soutenabilité, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

    Eh bien figurez-vous que Messieurs les marchés semblent avoir des doutes et ne pas croire aux engagements de Baby-Baroin ! Incroyable, insoutenable. Nous allons même vous faire une confidence, il semble que ramener le déficit de la République à 3% en 2013 soit un vœu pieux qui relève de l’escroquerie intellectuelle.

    Avez-vous remarqué ce nouveau terme de soutenabilité tout juste sorti du vocabulaire mondain de l’establishment européen pour qualifier le nouveau plan de soutien financier à la Grèce ? Il succède au désormais célèbre événement de crédit qui veut dire faillite en français populo. Avec Baby-Baroin c’est le nouveau concept de la pipeautabilité qui fait une apparition en fanfare.

  • Finalement l’économie c’est assez simple !

    Les médias s’excitent sur la situation de la zone euro. Le problème actuel est plus un problème de dette qu’un problème d’euro.

    L’instauration d’une monnaie commune a été une étape supplémentaire dans l’intégration de l’Europe et a favorisé les échanges intra-européens. L’Europe est le premier marché de l’Europe. Comme un touriste en goguette en Italie a la vie plus facile avec l’euro qu’autrefois avec le franc et la lire, les entreprises européennes peuvent échanger plus facilement et c’est donc bon pour le business et la base fiscale des Etats.

    La valeur d’une monnaie est déterminée par sa balance des paiements. Très très grossièrement si nous prenons l’exemple de la France du franc : quand la France importait plus qu’elle n’exportait, elle avait donc plus de devises non-franc à acheter pour régler ses dettes qu’elle n’encaissait de devises non-franc sur ses exportations ; dans ce cas la théorie économique veut que la valeur du franc baisse pour rééquilibrer cette balance des paiements en renchérissant les importations et rendant plus compétitives les exportations, et vice-versa pour un pays comme l’Allemagne qui exportait plus qu’elle n’importait. C’est la raison pour laquelle durant des années le franc a été régulièrement dévalué contre le mark.

    Quand nous parlons d’exportations et d’importations, nous parlons de biens, de services et de capitaux. S’endetter à l’étranger revient à importer des capitaux, rembourser sa dette et ses intérêts revient à exporter des capitaux, et pour exporter des capitaux en devises encore faut-il avoir ces devises dans ses caisses…

    La vraie vie est bien sûr beaucoup plus compliquée avec de nombreuses interférences additionnelles et notamment le fait que la valeur d’une monnaie est aussi relative par rapport à celle des autres monnaies. Aujourd’hui ce n’est pas tant l’euro qui est fort que le dollar US qui est faible…

    Un pays qui ne contrôle pas ses dépenses et ne maîtrise plus sa dette comme la France ou la Grèce, lorsqu’il a sa propre devise voit celle-ci dévaluer progressivement rendant ainsi l’endettement externe de plus en plus onéreux avec l’effet vertueux de le pousser à rétablir ses finances internes puisqu’il n’y a plus moyen de s’endetter à l’extérieur pour financer sa mauvaise gestion. C’est ce qui s’est passé en 1983 en France où après de multiples dévaluations la France a du quémander une aide exceptionnelle à l’Union européenne de plusieurs milliards de francs (exactement comme la Grèce aujourd’hui) et mettre en place un plan de rigueur.

    Aujourd’hui avec la zone euro, la valeur de la monnaie et les taux d’intérêt associés sont mutualisés sur un ensemble de pays, bien gérés au Nord de l’Europe, et mal gérés au Sud. Les pays club méditerranée, y compris la France, ont pu s’endetter sans compter et financer leur mauvaise gestion financière par de la dette à bas coût. Mais la dette, que ce soit pour un ménage ou pour un Etat se rappelle toujours aux débiteurs et il faut passer à la caisse à un moment ou un autre, ou alors négocier avec tes créanciers pour un rééchelonnement ou une annulation (ce qui revient à peu près au même en termes financiers). C’est ce que la Grèce essaye de faire avec ses créanciers en négociant soit un rééchelonnement/annulation partielle (option plutôt mal vue par la communauté financière internationale car reviendrait à prononcer un défaut de cet Etat) ou encore plus d’argent au reste des pays européens, ce qui revient à endetter encore plus ceux-là pour assurer la fiction que celle-ci est en mesure de payer ses dettes. Les allemands n’aiment pas trop cette option.

    Il n’est pas envisagé de faire tomber la Grèce car ce serait prononcer son défaut sur sa dette bancaire et privée et les conséquences financières seraient sans doute désastreuses, bien au-delà de ce pays. Mais il faut donc que quelqu’un paye, a priori ce sera la communauté des contribuables européens.

    En résumé, la zone euro est évidemment une bonne chose pour l’intégration et le développement économique des pays concernés. Son défaut est qu’elle ne permet pas d’éviter que les finances de ces pays soient bien gérées. Elle a simplement permis de repousser l’échéance pour les pays club méditerranée qui sans l’euro auraient été soumis plus tôt à la nécessité de redresser leur gestion. La France en est là (plus de budget en équilibre depuis Raymond Barre) et les quelques milliards de niches fiscales à supprimer annoncées hier par Baroin, n’y suffiront pas. Il y aura du sang et des larmes pour les mois et les années à venir.

  • Hélias Pierre Jakez, ‘Le cheval d’orgueil – Mémoires d’un breton du pays bigouden’.

    Sortie : 1975, Chez : Plon – Terre Humaine. Un livre délicieux narrant la vie paysanne au fin fond de la Bretagne dans le premier tiers du XXème siècle, écrit avec douceur et subtilité (et en breton à l’origine). C’est tout un monde de tendresse familiale, de solidarité villageoise, de dureté de la vie de tous les jours qui s’ouvre au lecteur. Traité d’anthropologie bretonne, l’ouvrage se lit comme un roman, on y découvre les querelles picrocholines entre marins et paysans, entre « blancs » et « rouges », entre langue bretonne et langue française, entre haut et bas du bourg de Pouldreuzic, on y apprend surtout la vie d’un gamin des landes dressé par la droiture et l’exemple de parents dures à la tâche misant tout sur l’avenir de leurs enfants. On y ressent une douce nostalgie d’un temps qui n’est plus, mais surtout une immense reconnaissance à sa culture, son pays et les êtres sui l’ont entouré.

  • L’Occident imprécateur

    Dans un dîner en ville le sujet de la bataille de Valmy est abordé. Un peu d’Histoire : 1792, Louis XVI et sa famille sont en prison, la révolution française bat son plein, la Prusse et l’Autriche lèvent des armées pour venir au secours de la monarchie française mais l’armée révolutionnaire et populaire remporte la bataille à Valmy (en fait juste une petite canonnade symbolique) face à l’invasion d’une coalition archéo-monarchique le 20 septembre 1792. Le lendemain la République est proclamée.

    Quelques mois plus tard le roi sera guillotiné dans une orgie de sang et la terreur pourra vivre sa vie bien à l’abri des frontières nationales et loin de la réaction austro-prussienne.

    Et soudain saute aux yeux la similitude historique : la retraite annoncée des troupes occidentales en Afghanistan c’est le Valmy des talibans, l’enlisement européen dans le désert du cinglé des Syrtes c’est le Valmy de la petite famille Kadhafi, et il n’est point besoin de remonter jusqu’à Alger ou Dien Bien Phu. La France autrefois pointilleuse sur son indépendance et exigeante sur sa liberté à pouvoir laisser sa terreur terroriser ses contre-révolutionnaires, cette même France donc se mêle sans vergogne des révolutions des autres et de dire le bon droit au nom de la mission civilisatrice d’un Occident toujours imprécateur dans des pays qui n’en ont pas la même perception.

  • Terrifiant…

    Un cinglé en Norvège assassine 80 gamins militants réunis en meeting politique après avoir déposé une puissante bombe qui fait exploser l’immeuble du gouvernement au centre d’Oslo. Le tout est accompagné d’une vague et nauséabonde revendication d’extrême droite chrétienne anti-diversité, un salmigondis beauf et criminel, un esprit étroit au service d’un dessein barbare, le résultat est terrifiant.

  • Architecture In Helsinki – 2011/07/21 – Paris le Nouveau Casino

    Architecture in Helsinki au Nouveau Casino, le nouveau monde descend à Oberkampf. Le groupe australien indie poursuit un parcours original. Une joyeuse bande au look d’étudiants attardés qui joue un rock un peu déjanté et sympathique. Et d’ailleurs ils entament leur show avec un reggae plutôt inattendu, mêlant des claviers entêtants aux guitares saccadées.

    L’ambiance monte rapidement au Nouveau Casino, la musique chauffe l’atmosphère et l’assistance se dandine agréablement sur des rythmes plutôt incompréhensibles. Les musiciens s’échangent les instruments avec une facilité déconcertante mais restent unis derrière Cameron Bird, chanteur-leader de ce groupe, les cheveux en pétard, de l’énergie à revendre, la voix haut perchée, assénant des riffs rageurs sur sa guitare quand il ne bidouille pas des samples étranges.

    Le bassiste ressemble toujours à un bushman hirsute à la tête d’un élevage de kangourous et assure les arrières. Kellie est blonde cette année et toujours active au chant, glockenspiel et autres claviers.

    La scène est un peu étroite pour ces cinq musiciens qui diffusent une musique dansante des grands espaces avec des chansons percutantes. Ils affichent une originalité délurée et nous font passer une excellente et ondulante soirée.

  • Rien n’arrête DSK

    De mieux en mieux : la mère de Tristane Banon qui attaque en justice Strauss-Kahn pour tentative de viol, sa mère donc, militante socialiste, explique qu’elle était la maîtresse de Strauss-Kahn et parle d’une relation sexuelle « de soudard » dans un bureau de l’OCDE ! Du coup l’une des ex-femmes (au sens civil) de Strauss-Kahn annonce son intention de porter plainte contre la mère de Tristane…

    Résumons : il couche avec la mère (dans son bureau de l’OCDE, il aurait quand même pu aller dans l’hôtel d’à coté), tente de violer la fille et est défendu par son ex-femme. Pendant ce temps, l’affaire de la tentative de viol à New-York continue. Mon Dieu, jusqu’où descendrons-nous.

  • Une presse de caniveau nauséabond

    La presse britannique montre ses dessous : des journaux de caniveau à fort tirage appartenant au magnat australo-américain Murdoch se font prendre la main dans le sac après avoir pratiqué des écoutes illégales pour inspirer leurs gros titres, dont notamment des messageries vocales de familles de soldats tués en Afghanistan, histoire de bien faire pleurer dans les chaumières.

    La police serait impliquée pour avoir facilité l’accès à ces données. La politique n’est pas en reste où l’actuel premier ministre avait recruté comme directeur de la communication un ancien rédacteur en chef de News Of The World, journal atteignant des sommets de cynisme, de vulgarité, de tape-à-l’œil et de bassesse. C’est un peu comme si Matignon recrutait le rédacteur en chef de Détective.

    Et l’on découvre que le pouvoir à Londres couchait avec cette presse qui porte si mal son nom. Tout ce petit monde s’auto-congratulait, se recevait, se soutenait, coté travailliste comme conservateur d’ailleurs.

    Le Royaume-Uni est en émoi, New Of The World a mis fin à sa parution, Murdoch qui détient 40% de la presse britannique présente ses excuses et licencie quelques lampistes. Il n’est pas bien sûr que ce scandale amène le monde journalistique à une autocritique. Il risque de continuer à se draper derrière son sacro-saint devoir d’informer pour justifier ses errements.

  • La dette et l’Afrique : une si vieille histoire

    Fillon est en Cote d’Ivoire. Comme tout dirigeant français qui se respecte il est dans une ancienne colonie pour annuler sa dette. La tradition est d’autant plus respectée cette fois-ci que le pays sort d’une guerre civile. Mais qu’importe, 3 milliards d’euros sont annulés cette fois-ci comme les milliards annulés dans le passé et les milliards qui ne manqueront pas d’être annulés dans le futur.

    Fillon a dans ses bagages toute une brochette de pédégés d’entreprises françaises qui dans un bel ensemble rendent hommage au nouveau chapitre qui s’ouvre, au partenariat décomplexé, et bla-bla-bla. Sarkozy ayant déjà annoncé que l’armée française reste sur le pied de guerre à Abidjan, tout est réuni pour continuer comme avant, hélas !

    L’annulation de dette est le fil rouge de la politique de la France avec ses anciennes colonies. Cette fois encore, elle fera croire à l’illusion d’une activité pour les entreprises françaises dans ce pays alors qu’en réalité, de coups d’Etat en destructions, de pillages en massacres, l’économie de ce pays ne tient que grâce à la générosité du contribuable international, et français en particulier. C’est l’éternelle histoire de la privatisation des profits et la nationalisation des pertes : l’Etat ivoirien ne survit que parce que les contribuables occidentaux acceptent de ne pas recouvrer les prêts publics consentis à ce pays et des entreprises privés gagnent de l’argent en faisant tourner certains secteurs de l’économie. Au niveau macro-économique c’est un jeu à somme nulle, voire négative. Au niveau social, il est vrai, cette activité économique, même fictive, crée de l’emploi en Côte d’Ivoire ce qui est tout de même un facteur de stabilisation.

    Il est urgent de laisser la Chine poursuivre tranquillement son installation en Afrique et y appliquer ses méthodes et dépenser ses yuans.

  • La finance française change de mains

    Baroin, nouveau ministre des Finances après le départ de Lagarde comme chef du fonds monétaire international annonce fièrement que les banques françaises ont passé avec succès les stress-tests qui consistent à simuler des situations financières tendues et examiner si les bilans desdites banques leur permettent de survivre. Tout ceci est bel et bien beau mais relève quelque peu de l’autosatisfaction niaise.

    On se souvient de l’affaire Kerviel, le trader-fraudeur de la Société Générale qui a fait perdre 5 milliards d’euros à son employeur. La banque était virtuellement en faillite et l’on peut rendre hommage à sa direction qui a assuré la recapitalisation l’espace du week-end, afin de pouvoir annoncer le lundi matin : le problème et sa solution.

    On a beaucoup glosé sur le pédégé Bouton qui n’avait pas prévenu le monde politique de la fraude gigantesque durant le week-end et dont l’arrogance déclenchait des amertumes dans les salons parisiens. Si son organisation n’a pu empêcher cette fraude d’un individu malfaisant, il a malgré tout sauvé sa banque et évité un cataclysme financier en France et probablement en Europe. Si la Société Générale était tombée ce week-end, c’est-à-dire si son état-major n’avait pas réussi à trouver des actionnaires généreux pour combler le trou, c’était la fin et le réveil le lundi matin aurait été douloureux, stress-test ou pas.

    Le plus grand danger pour le secteur financier ce sont sans doute les humains qui l’animent plus que le niveau de ses capitaux propres. Bonne nouvelle, les humains peuvent aussi être la solution. Je ne suis pas sûr que les stress-tests aient pris en compte ce critère.

  • L’Afghanistan une nouvelle fois repousse les envahisseurs

    Sarkosy est allé s’agiter en Afghanistan en début de semaine pour soutenir l’armée française et annoncer le début de la retraite. C’est bien, c’est son rôle. Le même jour le frère du président afghan se faisait flinguer dans le sud du pays, hier cinq soldats français étaient tués par un attentat et aujourd’hui un nouveau mort dans un accrochage, démontrant si besoin en était que tout n’est pas réglé.

    Les armées occidentales vont quitter l’Afghanistan dix ans après y être entrées, comme autrefois les soviétiques, et les talibans vont revenir au pouvoir dans ce pays. C’est probablement déjà écrit dans le marbre. L’intervention fut provoquée par les attentats du World Trade Center à New York et elle permit assez rapidement, en quelques semaines, de faire tomber le régime taliban mais sans en éliminer l’idéologie, les états-majors et les soutiens. Tout ce petit monde s’est égayé entre les montagnes de Tora Bora ou les vallées du Pakistan. Les bombardements massifs des avions américains n’ont pas plus réglé le problème que ceux de la piste Ho Chi Minh en leur temps au Vietnam et au Cambodge. Les racines du régime sont toujours bien présentes et prêtes à repousser dès que leur espace vital sera rétabli, et il le sera bientôt.

    Peut-être les pays victimes du terrorisme devraient envisager des opérations coup-de-poing lorsque le danger se fait sentir (ou s’est fait sentir) puis se retirer rapidement, mais ces occupations longue durée se sont toutes terminées de la même triste façon. On peut même prévoir qu’un jour la Chine quittera le Tibet !

  • Cabu/Charlie-Hebdo (13/07/2011)

    C’est vrai, il faut se méfier des rumeurs, il y en avait même une qui traînait dans le microcosme parisien depuis plusieurs années laissant dire que DSK était un obsédé sexuel !

  • TV On The Radio – 2011/07/13 – Paris l’Olympia

    Les TV On The Radio sont de retour à Paris, à l’Olympia cette fois-ci. Toujours bouillonnants et inventifs, mixés black-blanc-nouveau monde, une musique résolument moderne et innovante, le son de Brooklyn débarqué boulevard des Capucines pour les petits français !

    Ils nous servent un concert ébouriffant, peut-être un peu moins monté sur ressort qu’en 2008 au Bataclan mais un show passionnant. Le duo de choc guitariste barbu et chanteur binoclard tient les commandes, solidement soutenu par un second guitariste pompant des riffs de choc avec une main droite transformée en ventilateur, et un bassiste grande bringue baguenaudant parfois aussi sur des claviers.

    Son strident, rythmes décalés, harmonies étranges, ce petit monde rap-rock-alternatif diffuse une joie communicative en partageant sa musique étrange. Il y a du Zappa dans l’attitude et le jeu, du débonnaire dans la simplicité, du sérieux dans les compositions. Définitivement, du bonheur musical et intellectuel sur la scène !

    Setlist : 1.Halfway Home/ 2.The Wrong Way/ 3.Caffeinated Consciousness/ 4.Blues From Down Here/ 5.Will Do/ 6.New Cannonball Blues/ 7.Young Liars/ 8.Dreams/ 9.Keep Your Heart/ 10.Red Dress/ 11.Staring at the Sun/ 12.Repetition/ 13.Wolf Like Me
    Encore : 14.Love Dog/ 15.Dancing Choose/ 16.Satellite
    Encore 2 : 17.Dating Room

  • L’électeur écologiste réfléchit

    Une deuxième bonne nouvelle : les électeurs écologistes pour les primaires vertes aux présidentielles semblent être des humains dotés de capacité de réflexion. Ils avaient le choix entre un négociant en gel douche, accessoirement présentateur de télé (pire, présentateur de télé à TF1), et une ancienne juge d’instruction qui s’est colletée des années durant avec l’un des plus grands scandales politico-financier de la République, l’affaire Elf, et ils ont voté pour cette dernière. Pour une fois la communication pipeautante a été balayée par la réflexion. Vraiment une excellente nouvelle.

    Notre VRP en shampoing antipelliculaire va pouvoir retourner à ses écrans cathodiques et Eva Joly développer ses conceptions de l’éthique en politique. Chacun est à sa place, et les vaches seront bien gardées.

    Eva a démonté les arcanes de la perversité avec laquelle le monde politique et des patrons de grandes entreprises publiques ont joué avec l’argent des contribuables et déjoué les règles du droit. Certes elle n’a pu faire condamner que quelques lampistes mais elle a pu désigner les vrais responsables de ces détournements gigantesques où l’affairisme se mêlait à la manipulation, le plus souvent sur des territoires étrangers.

    C’est elle qui a eu ce mot mémorable : « DSK ? Je le connais bien, je l’ai mis en examen. » Eva va illuminer cette campagne électorale présidentielle déjà bien entamée.

  • Raisonnable

    Bonne nouvelle, la ville d’Annecy qui était candidate à l’organisation de jeux olympiques hivernaux n’a pas été retenue. Elle a récolté 7 voix contre 63 à la cité coréenne désignée et 25 à Munich. Les contribuables de la région n’auront donc pas à financer des milliards d’investissements inutiles ni voir augmenter leurs impôts locaux pour les 20 prochaines années. Si seulement la France avait pu être également éliminée de l’organisation de la compétition européenne de fouteballe de 2014, c’aurait été une première mesure symbolique de contrôle de la dépense publique.

  • La qualification de l’acte sexuel de DSK négociée devant la justice américaine

    DSK a vu ses mesures de contrôle judiciaire allégées par suite des contradictions affichées par la plaignante. Il reste inculpé et interdit de quitter le territoire américain. La presse sérieuse explique que le DSK aurait admis une relation sexuelle consentie avec la femme de chambre et que celle-ci parle d’une relation sexuelle forcée.

    Il semble donc qu’il y a eu relation sexuelle un samedi matin ordinaire à New-York entre le directeur général du Fonds monétaire international et une soubrette guinéenne, juste avant que le premier n’aille déjeuner avec sa fille. Les amis socialistes de DSK se réjouissent et clament déjà son innocence. Il apparaît que pour eux le viol d’une femme de chambre d’hôtel ce n’est pas bien, le troussage d’une domestique à l’heure de l’apéritif c’est bien.

    Dans un cas comme dans l’autre, l’acte est incompatible avec les ambitions de DSK de se présenter à la présidence française. Il serait capable de déclencher le feu nucléaire pour séduire une secrétaire. Il va être intéressant d’écouter l’impétrant lorsqu’il reviendra en France s’il daigne s’expliquer devant ses fans.