Catégorie : Musique

  • Mort de Tom Petty

    Mort de Tom Petty

    Tom Petty (1950-2017) est mort aujourd’hui d’un arrêt cardiaque. Guitariste-auteur-compositeur américain originaire de Floride il a produit nombre de succès avec son groupe The Heartbreakers à l’époque punk puis en solo à la fin des années 80’. Son dernier disque Hypnotic Eye date de 2014.

    Entre Bob Dylan et Bruce Springsteen, sa musique est influencée par le Sud. Voie aigue et nasillarde, guitares brutes et rythmées, c’est un vrai musicien qui s’est bien sûr fait entourlouper par ses différents managers et associés (il a passé par mal de temps dans les tribunaux pour essayer de récupérer les droits sur ses compositions). A 66 ans, il nous quitte bien trop tôt.

  • Sigur Ros – 2017/09/29 – Paris le Grand Rex

    Le groupe islandais Sigur Ros a donné un concert ce soir au Grand Rex, en formation réduite à trois. Groupe pour le moins original et définitivement inclassable, il rencontre un succès d’estime et de curiosité devant cette musique intergalactique composée et jouée par des citoyens d’une ile-Etat, l’Islande, qui elle aussi suscite la perplexité, perdue dans les mers du grand Nord entre Groenland et Norvège, tiraillée entre le feu de volcans en éruption et la glace de cette région polaire. Leur musique est à cette image.

    Rappelons les bases de ce groupe d’avant-garde : Jónsi joue de la guitare avec un archet et chante d’une voix extrêmement haute et fluide, son bassiste joue parfois avec des baguettes de batterie, seul le batteur semble suivre les voies à peu près classiques de sa fonction. Les mots sont en islandais, en anglais ou dans une langue propre créée par le groupe, le « hopelandic » (langage de l’espoir), on est ainsi sur de perdre les spectateurs…

    Les perdre, oui, mais dans un monde merveilleux duquel ils ne veulent pas s’échapper. Un univers où tout converge vers une magie des sens. La voix exceptionnelle et l’instrumentation ne font qu’un, le son de l’ensemble suit d’étranges sinusoïdes tout en hauteur, dans les sommets de la gamme sonique. Le light show est en symbiose avec la musique, sombre et mystérieux, fait d’un ensemble de barres lumineuses qui s’entrecroisent dans l’espace et leurs clignotements. On dirait des clignotements d’étoiles au cœur du grand néant noir de l’espace.

    C’est un kaléidoscope de sensations qui nous plonge dans cette musique si originale, si pure et éthérée. On n’est pas sûr de vraiment comprendre toute cette complexité, ce n’est pas grave, laissons-nous bercer par nos sens et recevons cette offrande musicale venue d’un autre monde. C’est le miracle des Sigur Ros : des mots et des notes finalement accessibles à tous.

    Setlist :

    Set 1 : Á/ Ekki múkk/ Glósóli/ E-Bow/ Dauðalagið/ Fljótavík/ Niður/ Varða

    Set 2 : Óveður/ Sæglópur/ Ný batterí/ Vaka/ Festival/ Kveikur/ Popplagið a

  • No Filter

    La tournée européenne des Rolling Stones « No Filter Tour » a débuté à Hambourg et sera à Paris fin octobre.

  • Five Years

    Une belle reprise de « Fives Years » par les Cowboys Junkies

  • Anita Pallenberg, repose en paix !

    La belle nécrologie d’Anita Pallenberg par le compère Patrick Eudeline dans Rock & Folk, ici Anita Pallenberg.

    Elle fut l’une des nombreuses égéries des Rolling Stones, sans doute l’une des plus tenaces (elle eut trois enfants de Keith Richard dont elle fut la compagne pendant plus de vingt ans). Elle est partie et les Stones roulent toujours.

  • Festival de musique de chambre de Perros-Guirec

    Festival de musique de chambre de Perros-Guirec

    David Bismuth (piano), Pierre Génisson (clarinette) et Camille Thomas (violoncelle) ont joué ce soir au festival de musique de chambre de Perros-Guirec dans le cadre enchanteur du Palais des congrès dont l’immense baie vitrée donne sur le soleil se couchant sur la mer dans la baie de Trestraou. Les musiciens eux-mêmes se diront touchés par cette situation. Ils jouèrent avec la fougue de leur belle jeunesse et tout l’amour qu’ils portent à la musique des œuvres de Glinka, Poulenc, Schumann et Brahms.

    Trio pathétique en ré mineur pour clarinette, violoncelle et piano de Mikhail Glinka, Sonate pour clarinette et piano de Francis Poulenc, Fantasiestücke pour violoncelle et piano op. 73, Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114.

  • Midnight Oil – 2017/07/25 – Paris l’Olympia

    Midnight Oil : le retour ! Le groupe australien s’est reformé et passe par l’Olympia pour la deuxième fois en ce mois de juillet. Leur nom leur aurait été inspiré par la chanson de Jimi Hendrix Burning of the Midnight Lamp. Auteur de quelques disques importants dans les années 80/90’ et notamment l’inoubliable Diesel & Dust, le groupe s’est aussi rendu célèbre par son engagement marqué en faveur de la défense de l’environnement et de la cause aborigène.

    Son leader et chanteur Peter Garrett se consacrera à la politique après une première dissolution du groupe en 2002. Il sera élu député, puis nommé ministre de l’environnement d’un gouvernement australien travailliste, le groupe se reformant occasionnellement pour servir ses causes : contre la guerre occidentale en Irak, pour soutenir les victimes du tsunami asiatique, des incendies ravageurs en Australie… avant de se reformer en 2016 pour une tournée mondiale The Great Circle 2017.

    Pas de nouveauté discographique, sinon un album solo de Garrett en 2016 ; mais ce soir le groupe est là pour jouer son Histoire et on adore. Peter, grand escogriffe à la taille de joueur de basket, le crâne glabre, vêtu d’une chemise aux dessins traditionnels aborigènes est entouré de sa bande de bucherons-musiciens que l’on dirait tout droit sortis d’une ferme du bush… Et la bande joue bon et fort. Dès l’ouverture sur Outside World le ton est donné et lorsque la batterie prend le pas sur les nappes de clavier à la fin de ce morceau crépusculaire, Garrett développe sa gestuelle si caractéristique, composée de mouvements de danse saccadés, ses bras fendant l’air comme une faux hystérique qui hache l’espace. Le groupe suit, accompagne et met en valeur sa voix un peu métallique.

    Le résultat : du bon rock, simpliste et lourd pourporter un message plus subtil ; c’est le rythme du bush et lorsque qu’ilssont lancés, rien ne peut les arrêter tel un road train dans la poussière de l’outback.Dans un bel ensemble ils envoient ce soir les tubes légendaires du groupe, chacunmarquant un de leurs combats : l’inanité de la course aux armements, lapréservation de l’environnement, la détérioration de la terre australienne parl’industrie minière, et bien sûr la condition des aborigènes avec le monument The Dead Heart écrit suite à une tournéeen pays aborigène avec un groupe de cette ethnie. Le clip officiel se déroulesur fond d’Ayers Rock, quoi d’autre pour représenter Midnight Oil et ses racines si profondément ancrées dans l’Histoireet la terre australiennes ?

    We carry in our hearts the truecountry
    And that cannot be stolen
    We follow in the steps of ourancestry
    And that cannot be broken

    We don’t need protection
    Don’t need your land
    Keep your promise on where we stand
    We will listen we’ll understand

    Mining companies, pastoral companies
    Uranium companies
    Collected companies
    Got more right than people

    Got more say than people
    Forty thousand years can make adifference to the state of things
    The deadheart lives here

    Les Midnight Oil déploient tout leur talent à l’aune d’une inspiration un peu naïve mais qui pourrait leur reprocher ? La personnalité de leur leader emporte l’enthousiasme des spectateurs qui réécoutent avec un plaisir non dissimulé la bande-son du rock australien des années 80’. Une soirée surchauffée !

    Setlist : Outside World/ Only the Strong/ Golden Age/ Brave Faces/ Put Down That Weapon/ Shakers and Movers/ Truganini/ Mountains of Burma/ Somebody’s Trying to Tell Me Something/ My Country/ US Forces/ Tin Legs and Tin Mines/ Kosciusko/ Feeding Frenzy/ In the Valley/ Power and the Passion/ The Dead Heart (Dedicated to Dr. Geoffrey Gurrumul Yunupingu, one of Australia’s most prominent musicians, who died)/ Beds Are Burning/ Blue Sky Mine/ Best of Both Worlds

    Encore : Nowor Never Land/ Concrete

    Encore 2 : Forgotten Years

  • Feist – 2017/07/19 – Paris l’Olympia

    Feist présente son nouvel album Pleasure à l’Olympia. L’artiste canadienne anglophone se produit avec trois musiciens. Ensemble ils nous délivrent un folk électrifié plein de subtilité et d’originalité.

    Leslie (de son prénom Leslie Feist) est vêtue d’une robe mauveà l’unisson de la couverture de Pleasure surlaquelle on voit un mur de bougainvilliers avec une porte fermée à son pied danslaquelle s’emplafonne une mystérieuse jeune femme trop pressée…

    Canadienne francophile, elle a enregistré plusieurs disques en France, elle est assurée de remplir les salles de l’hexagone, elle joue de la guitare et chante merveilleusement. Sensible et délurée, souriante et charmeuse, c’est une artiste assumée qui réjouit une assistance conquise d’autant qu’elle ponctue ses chansons de tentatives de commentaires en français.

    Son chant est fluide et doux, parfois renforcé par la guitare électrique, mais le plus souvent porté par la guitare acoustique. Ses mots nous bercent sur la vie telle qu’elle est avec ses bons et mauvais moments, les rêves comme les amours perdus, mais aussi la joie : It’s my pleasure/ And your pleasure/ That’s the same/ That’s what we’re here for!…

    Et comme tout se termine par son éclatant sourire on se sent solidaires de cette nostalgie rythmée.

    Setlist : Pleasure/ I Wish I Didn’t Miss You/ Get Not High, Get Not Low/ Lost Dreams/ Any Party/ A Man Is Not His Song/ The Wind/ Century/ Baby Be Simple/ I’m Not Running Away/ Young Up/ A Commotion/ My Moon My Man/ Sea Lion Woman ([traditional] cover)/ Caught a Long Wind/ The Bad in Each Other/ I Feel It All/ Let It Die/

    Encore : Mushaboom/ 1234

  • Lady Sir – 2017/06/30 – Paris Philharmonie II

    Gaëtan Roussel et Rachida Brakni ont créé Lady Sir qui ouvre ce soir l’édition 2017 du festival Days Off à la Philharmonie de Paris avec trois musiciens en renfort. Un concert plein de douceur et de poésie par cette alliance inattendue entre un musicien d’exception et une actrice de rencontre.

    On ne présente plus Gaëtan, fondateur et leader de Louise Attaque puis de Tarmac, compositeur prolifique il participe à nombre de projets dans le rock français dont le dernier disque de Bashung, écrit des musiques de film, sort des disques solo de qualité, reçoit des prix, etc. Il est un personnage important de la musique française.

    Rachida, d’origine algérienne, est une ancienne pensionnaire de la comédie française qui a joué dans de nombreux films et pièces, elle a mis en scène un film. Elle est aussi connue pour avoir épousé un ancien joueur de football (Eric Cantona). Tous les deux ils se sont mis à écrire des chansons qui ont été mises en musique en 2012 par Cali. En 2017 c’est la rencontre avec Roussel dont sort un excellent disque Accidentally Yours et une tournée.
    L’écriture des chansons est partagée entre Rachida, Gaëtan et Cantona, la musique est écrite par l’ex-Louise Attaque. De jolies vidéos circulent déjà largement pour faire la promotion de l’album ; on a envie !

    Sur scène l’évidente complicité musicale du duo est soutenue par un excellent guitariste solo, un claviériste et un batteur. Rachida est vêtue de noir et d’un blouson blanc sans manche que l’on dirait confectionné en plumes d’oiseau, Gaëtan est en costume et chemise noirs, le guitariste passera tout le show sous son petit chapeau. Ils démarrent sur Je rêve d’ailleurs après une intro sifflotée par un personnage apparaissant à cette occasion et s’avèrera être Cantona.

    Le résultat est probant et vraiment touchant. C’est un duo au sens propre du terme, jouant de ses deux voix qui se superposent et se complètent, celle, grave de Gaëtan avec celle, aérienne, de Rachida. Le chant est délicatement accompagné par la guitare acoustique dont Gaëtan joue avec toujours autant de brio, renforcé par l’électricité du guitariste solo.

    Rachida est très bavarde, on la sent émerveillée de cette expérience musicale, comme une enfant devant ses cadeaux de Noël. Elle nous raconte son émotion lorsqu’après avoir adressé le texte de la chanson Des petits bouts à Roussel, elle en reçut la mise en musique quelques jours plus tard. Elle nous explique le moment où il a été décidé d’arrêter de cacher l’écriture de textes par Cantona sous un pseudo. Mais surtout elle interprète avec une grande délicatesse ces chansons douces.

    Les harmonies sont mélancoliques mais les musiciens heureux. Les mots sont en français, en anglais ou en arabe, sur le temps qui passe, l’absence, l’amour, l’union entre les Hommes… C’est délicieusement nostalgique et doux comme du velours. Une jolie révélation pour un été qui commence.

    Lors d’un passage similaire du cinéma à la chanson, on avait vu Emmanuelle Seigner chanter en 2007 le temps d’un disque avec le groupe français Ultra Orange. L’attrait de la scène rock sur ces actrices a été plutôt productif.

    Warmup : Calypso Valois (fille d’Elie et Jacno)

  • The Pretenders – 2017/06/26 – Paris Salle Pleyel

    Chrissie Hynde, 65 ans, héroïne de la scène punk de la fin des 70’ avec son groupe The Pretenders repart sur la route après la sortie d’un nouveau disque : Alone. L’américaine, chanteuse et guitariste, exilée à Londres en provenance de l’Ohio y créa son groupe phare en 1978 après quelques années de galère et d’expériences musicales rapidement avortées. Elle s’imprègne alors de la rénovation punk qui fait flamber le rock, a une liaison en 1977 avec Paul Simonon, bassiste du Clash, puis avec son propre bassiste avant qu’il ne meure d’une overdose. Elle survit à l’hécatombe que fait subir la drogue sur ce petit monde et son groupe en particulier. Elle fait un enfant avec Ray Davies (des Kinks) en 1983, se marie avec Jim Kerr, chanteur et leader des Simple Minds, dont elle divorce en 1989. Ce soir, apaisée mais toujours en Santiags et guitare elle se plaint que la radio française FIP ne passe pas sa musique… Bref, elle est toujours l’icône de l’émeute musicale.

    Elle écrit et délivre quelques hymnes new-wave de l’époque : Brass in pocket, I go to sleep, Middle of the road, Thin Line Between Love and Hate… Avec sa frange et ses yeux bleus ravageurs, elle tient sa guitare comme un étendard, chante d’une voix forte au vibrato caractéristique et fait fantasmer une génération de jeunes gens en mal d’idéaux. Elle a continué à animer son groupe, remplaçant les perdants et les perdus, composant et produisant des disques et des tournées. Avec Alone le groupe passe par Paris ce soir. Moulée dans un jean taille-basse et un t-shirt siglé « Elvis », elle se présente à nous comme nous l’avions laissée au concert de la Mutualité il y a vingt ans : nerveuse, rockeuse, accrochée à sa guitare et son micro avec la foi en sa musique rivée au corps. Son groupe est sec et efficace avec Martin Chambers, l’historique de la bande, et un excellent guitariste, James Walbourne. De vrais rockers qui ont du cœur et nous délivrent une soirée musclée.

    Nos cœurs chavirent quand de sa voix puissante Chrissie entame Nigh in my Veins, I’ll Stand by you ou Brass in Pocket, références à la période post-punk durant laquelle cette artiste s’est épanouie en nous réjouissant. Les nouvelles compositions sont du même moule, ils joueront une grande partie d’Alone : des guitares et une voix irremplaçable, bref, du rock brut et bon.

    Allez, Chrissie n’est pas si seule, elle vient de publier ses mémoires en 2016 sous le titre Reckless (Téméraire) et gageons que ceux dont elle fut l’idole rock resteront avec elle pour toujours, chantant avec elle : I’ll stand by you, won’t let nobody hurt you,/ I’ll stand by you, baby even to your darkest hour,/ And I’ll never desert you/ I’ll stand by you…

    Setlist : Alone/ Gotta Wait/ Message of Love/ Don’t Get Me Wrong/ Kid/ Hymn to Her/ Down the Wrong Way (Chrissie Hynde song)/ Night in My Veins/ Stop Your Sobbing (The Kinks cover)/ I Go to Sleep (The Kinks cover)/ Boots of Chinese Plastic/ I Hate Myself/ Back on the Chain Gang/ Let’s Get Lost/ Brass in Pocket/ I’ll Stand by You/ Mystery Achievement
    Encore : Death Is Not Enough/ Thumbelina/ The Wait/ Middle of the Road

  • Bryan Ferry – 2017/06/23 – Paris l’Olympia


    Un concert de Bryan Ferry à l’Olympia, en passant ; pas de nouveau disque, pas d’évènement particulier à fêter, les pisses-froid le qualifieront d’alimentaire. Les admirateurs n’ont pas boudé leur plaisir d’une soirée avec l’ex-Roxy Music. Une setlist classique extraite de son volumineux catalogue. Un artiste un peu moins habité que lors de la tournée Avonmore de 2014, un chanteur à la voix plus hésitante, une audience qui a pris encore trois ans depuis la dernière tournée. Costume sombre et détendu sur chemise blanche, Ferry est entouré d’un groupe plus ou moins habituel avec le duo féminin sax et cordes d’un côté, deux choristes de l’autre, Chris Spedding à la guitare doublé d’un acolyte, bass-clavier-batterie pour finir. Tout ce petit monde est un peu usé sous le harnais des tournées et des studios mais leur professionnalisme met parfaitement en valeur les mots et la musique du Maître.

    Et c’est toujours un bonheur sans limite d’entendre à nouveau les titres flamboyants de Roxy Music même avec un peu moins de la folie glamour qui caractérisant ce groupe de légende et encore une émotion irrépressible à l’écoute des classiques de Ferry en solo lorsque son trémolo fait fondre les cœurs sur Windswept : Oh, baby, do it again and again/ I can hear nothing/ Windswept is the sand/ Oh, baby, oh show me more/ I can see nothing/ Windswept is the shore/ Heatwave to nightshade/ Oh I’m feeling swept away…

    Ferry réinterprète aussi ce soir le magnifique Where or When tiré de son disque de reprises bues et jazz de l’an 2000. L’homme rend hommage régulièrement à ses inspirateurs et a sorti quelques disques consacré à ceux qu’il a aimés. Ce morceau est sublime.

    Il nous offre pour terminer ce concert sans rappel cette toujours sublime interprétation du Jealous Guy de Lennon avec son final en sifflement qu’il fallait oser et qui marqua l’apogée du Ferry romantique. On se pince, on se souvient, on se retrouve…

    Une excellente soirée marquée par l’éternelle élégance de ce créateur de plus de 70 ans. Un sourire un peu forcé et un dernier salut la main enroulée au bout de son bras tendu bien au-dessus de la tête ; on se pince, on se souvient, on se retrouve… Un concert nostalgie !

    Warmup : Judith Owen

    Setlist : The Main Thing (Roxy Music song)/ Slave to Love / Ladytron (Roxy Music song)/ Out of the Blue (Roxy Music song)/ Where or When (Rodgers & Hart cover)/ Simple Twist of Fate (Bob Dylan cover)/ A Waste Land/ Windswept/ Bête Noire/ Zamba/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Like a Hurricane (Neil Young cover)/ Tara (Roxy Music song)/ Re-make / Re-model (Roxy Music song)/ In Every Dream Home a Heartache (Roxy Music song)/ If There Is Something (Roxy Music song)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Virginia Plain (Roxy Music song)/ Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Do the Strand (Roxy Music song)/ Jealous Guy (John Lennon cover)

    Lire aussi :

  • SMITH Patti, ‘M Train’.

    Sortie : 2016, Chez : Gallimard.

    Patti Smith poursuit et nous fait partager ses pérégrinations littéraires avec ce nouvel ouvrage dont les chapitres sont autant de pages de son journal tenu dans ses années sexagénaires (on fête ses 66 ans au milieu du livre). Tenue par un besoin d’écriture compulsif elle noircit un carnet moleskine au hasard des voyages intérieurs comme ceux à travers la planète. « Ce n’est pas si facile d’écrire sur rien » note-t-elle en nous faisant découvrir sa vie new-yorkaise avec ses chats à nourrir, sa petite bicoque à Rockaway Beach, sa bibliothèque chérie où cohabitent tous ses héros, ses doutes des petits matins au Café ‘Ino où elle eut ses habitudes avant sa fermeture.

    Evidemment plane tout au long de cette introspection le souvenir des êtres aimés : Fred « Sonic » Smith, le père de ses deux enfants, guitariste de MC5 décédé en 1994, ses parents à qui elle dédit tous les matins une prière de remerciement pour lui avoir donné la vie, Sylvia Path, poétesse britannique chantre du féminisme, décédée violement, et tous les poètes qu’elle vénère depuis son adolescence. Il y a beaucoup d’étapes dans les cimetières, ponctuées de photos polaroïd, Patti est à l’âge, hélas, où l’on fréquente trop ces lieux. L’âme de tous ces êtres chers imprègne les pages de ce livre touchant : « Avec le temps, il arrive souvent que nous ne fassions plus qu’un avec ceux que nous ne parvenions pas à comprendre. »

    Tout au long de son parcours artistique Patti a porté un regard poétique et littéraire sur le monde qui l’entoure, des vers du combat punk de « Horses » à cet ouvrage tout en délicatesse en passant par l’hommage bouleversant à Mapplethorpe dans « Just Kids » et quelques uns des disques marquants de l’histoire du Rock ‘n Roll. Ce livre est la poursuite de ce chemin, un peu crépusculaire mais plein d’espoir devant la force de l’art et de la culture pour sortir du chaos.

    Elle conclut son « M Train » par un souhait : « Tous les écrivains sont des clochards… Puissé-je un jour être comptée parmi vous. » On peut gager que l’Histoire répondra positivement à ce rêve.

  • SMITH Patti, ‘Glaneurs de rêves’.

    Sortie : 1992, Chez : Gallimard.

    Patti Smith a écrit ce petit livre dédié à son père, plein de poésie et de rêve comme un regard sur le temps qui passe et la vie qui coule. Parsemées de photos de famille et de souvenirs d’enfance, ces pages révèlent la simplicité de son auteur pour décrire ces moments fugaces qui restent en mémoire comme des évènements fondateurs de ce que l’on est devenu. Un dessin, un bijou, le vent dans les arbres, tout est sujet à une mélancolique introspection, parfois au mysticisme. Patti ponctue ses pensées de quelques poèmes de sa composition dénotant toute la sensibilité de cette artiste américaine qui sait autant déchaîner la fureur sur la scène rock que la douceur dans ces lignes émouvantes.

  • Patti Smith acquiert la maison de Rimbaud

    Patti Smith acquiert la maison de Rimbaud

    Patti poursuit son parcours rimbaldien en acquérant près de Charleville-Mézières une maison construite sur l’emplacement de la ferme où Arthur Rimbaud a écrit Le Bateau Ivre et Une Saison en Enfer. L’attachement de la rockeuse au plus lumineux des poètes maudits est touchant et une nouvelle fois confirmé.

  • John Wetton est mort le 31 janvier 2017

    C’est l’hécatombe chez nos héros du rock progressiste des années 70-80’ : John Wetton est décédé ce 31 janvier. Keith Emerson et Greg Lake l’an passé, c’est leur compère John Wetton aujourd’hui. Il remplaça Greg Lake comme bassiste-chanteur de King Crimson et commit parmi les plus belles pièces de ce groupe novateur. Red reste sans doute le disque le plus accompli du groupe et John y est pour beaucoup. Après la dissolution du groupe il s’éloigna quelque peu de la veine si originale des Crimson et poursuivit avec Uriah Heep, Asia, UK (avec Eddie Jobson et Terry Bozzio) et d’autres. Il joua également de loin en loin avec Roxy Music. Un très beau parcours pour un bassiste exceptionnel et une voix de légende. Réécoutez Starless, un monument du rock progressiste.

    Espérons que tous ces grands artistes font maintenant des jam au paradis des rockers !

  • Amy Macdonald – 2017/03/07 – Paris le Trianon

    Amy Macdonald – 2017/03/07 – Paris le Trianon

    Lorsqu’Amy MacDonald est annoncée en tournée à Paris, le chroniqueur prend mécaniquement un billet pour essayer de retrouver l’enchantement de sa découverte en 2007 avec la sortie de son flamboyant premier album folk-électrique This is the life qu’elle jouât avec tant de ferveur et d’innocence, à l’époque dans de petites salles (la Maroquinerie à Paris, notamment). C’était il y a dix ans ! L’eau a coulé depuis sous les ponts de Glasgow, et l’inspiration est un peu passée.

    Elle est au Trianon ce soir pour la sortie de son dernier disque, Under Stars ; toujours maquillée comme une voiture volée, en équilibre instable sur des platform-boots de 30 cm, vêtue d’un frou-frou noir ajouré, elle distille avec son groupe une musique plutôt calibrée midinette mais elle a une voix formidable et une énergie sans pareil sur sa guitare rythmique pour accompagner ses chansons.

    Les dernières compositions ne semblent pas inoubliables et il n’est pas sûr que l’on acquière Under Stars. Elle n’a plus reproduit d’aussi agréables morceaux que ceux de This is life, elle n’est d’ailleurs pas avare ce soir de retours vers cette période qui déclenchent le bonheur (et le réveil) du public.

    Allez, une soirée avec Amy MacDonald n’est jamais un moment perdu. Elle garde notre affection et l’on reste touché devant son énergie à faire de la musique. Elle n’a jamais reproduit l’élévation de son premier album, mais on reste confiant qu’elle est capable de le faire un jour.

    Setlist : Under Stars/ Don’t Tell Me That It’s Over/ Spark/ Youth of Today/ Mr. Rock and Roll/ Dream On/ Slow It Down/ 4th of July (Acoustic)/ Pride (Acoustic)/ Listen to the Music (The Doobie Brothers cover) (Acoustic)/ Poison Prince/ Automatic/ Love Love/ The Rise & Fall/ Run/ This Is the Life/ Never Too Late/ Life in a Beautiful Light

    Encore : Prepare to Fall (Amy solo Acoustic)/ Down by the Water/ Let’s Start a Band

    Warmup : Newton Faulkner

  • SPRINGSTEEN Bruce, ‘Born to run’.

    SPRINGSTEEN Bruce, ‘Born to run’.

    Sortie : 2016. Chez : Albin Michel.

    C’est l’autobiographie d’un rocker de légende, Bruce Springsteen, qui a développé l’un des groupes de rock les plus puissants de l’époque contemporaine : le E Street Band, avec lequel il a écumé les plus grands stades du monde pour y décliner une musique énergique chantant l’Amérique profonde. Tout l’art de Springsteen réside dans ce talent de songwriter tout en subtilité emmené par un rock furieux.

    Bruce raconte son enfance dans une famille d’origine italo-irlandaise du New-Jersey, qu’il qualifie lui-même de « prolo », en se glorifiant d’ailleurs de cette origine à laquelle il se raccrochera tout au long de sa carrière. Un père taiseux et psychologiquement malade, une mère énergique qui a toujours soutenu les projets musicaux de son fils, une sœur vaillante et travailleuse ; Bruce adolescent abandonne le lycée après avoir acheté sa première guitare. Sa vie désormais sera toute entière tournée vers la musique, il monte des groupes, joue dans les bars du Jersey shore, squatte de ci de là et déjà pose les premières pierres de ce qui sera le E Street Band, composé majoritairement de ses potes du New Jersey. 40 ans plus tard, les mêmes jouent toujours avec lui, moins deux tombés au front de la maladie.

    Il est The Boss au sein du groupe et reconnu comme tel même si quelques frictions créatrices se produisent régulièrement dans ce milieu d’artistes aux ambitions affirmées. Le Boss revendique le pouvoir du créateur, gère la situation et emmène sa bande au plus haut du succès avec les disques Born to Run, Darkness on the Edge of Town, The River, suivis de tournées retentissantes dans le monde entier. Mais Bruce commet aussi quelques disques intimistes : Nebraska, Evil & Dust… retour aux sources profondes du folk américain de ses héros Woody Guthrie, Pete Seeger ou Bob Dylan. Et ce sont là parmi ses œuvres les plus émouvantes où sa voix et ses textes grattent le cœur de chacun et surtout de l’Amérique si grande mais parfois si dure avec son peuple.

    Bruce dévoile aussi quelques aspects de sa vie personnelle et notamment une tendance à la dépression qui le fait fréquenter les cabinets de psychanalystes depuis des décennies. Quand on voit la force musicale et scénique du personnage on a du mal à l’imaginer sur le divan de Freud, mais ainsi va la vie. « There is a crack in everything, And that’s how the light gets in! » chantait Leonard Cohen.
    Il raconte aussi la force partagée avec le public lorsqu’il joue et chante ses notes et ses mots, emmenés par la fantastique machine du E Street Band.

    Il écrit comment la chanson « The River« , un énorme succès, est en fait l’histoire de sa sœur qui rencontre son amoureux. Ils sont jeunes, font un enfant, travaillent à l’usine, connaissent les affres du chômage et, chaque fois qu’il faut se ressourcer descendent « down to the river… » à la recherche des bons souvenirs. Après des années de vie besogneuse et de soucis affrontés, la rivière s’est asséchée mais la roue continue de tourner. La première fois que Virginia entendit ce morceau en live elle dit à Bruce en le serrant dans ses bras : « c’est ma vie », ce qu’il a reçu avoir été la plus belle critique jamais reçue.

    Cette autobiographie de tout de même 630 pages parcourt au galop l’histoire incroyable de ce gamin du New Jersey et de sa bande de potes qui ont su rester unis 40 ans durant pour dérouler à un public toujours ébahi et renouvelé le tapis rouge et flamboyant du ROCK ‘N’ ROLL.

  • Blonde Redhead – 2017/03/01 – Paris le Trianon


    Blonde Redhead est sur la route pour une tournée d’une quinzaine de dates en Europe qui passe ce soir par Le Trianon. Seul un EP 4 titres est sorti récemment « 3 O’Clock » dont deux morceaux seront joués ce soir. Outre ces nouveautés, la setlist est relativement classique pour un groupe qui l’est désormais devenu aussi. Il existe dans son envergure de trio depuis 1993, composé de deux jumeaux italiens (guitare/chant et batterie) et leur acolyte japonaise (chant/guitare) qui font le bonheur de leurs admirateurs. Leurs concerts sont toujours un moment de délicat enchantement. On y retrouve cet étrange attelage culturel européo-asiatique inspiré par l’atmosphère urbaine de New-York où ils vivent.

    Leur dernier disque « Barragán », remonte à 2014, comme leur dernier concert parisien, déjà au Trianon. Ils démarrent justement sur l’intro musicale de ce CD avant d’enchaîner sur Falling Man chanté par Amadéo de sa voix haut perchée, enroulée autour de ses arpèges de guitare : I know a ghost can walk through the wall/ Yet I am just a man still learning how to fall ; enchaîné sur Bipolar chanté en duo par Kazu et Amadéo chacun armé d’une guitare. Kazu danse sur place accrochée à ses cordes, elle susurre ses cheveux emmêlés sur son micro, Kazu monte dans les aigus, articulant à peine… Et les jumeaux l’encadrent, la guident, l’accompagnent avec un égal bonheur.

    La salle et son atmosphère des grands boulevards sont idéales pour ce groupe délivrant avec élégance un rock arty et mélancolique, délicieux cocktail acidulé dans lequel le charme élégant de Kazu n’est pas pour rien. Sa voix éthérée et brumeuse nous emmène si loin dans les limbes de notre rêverie.

    L’unique rappel se déroule dans la joie car Kazu nous explique que le matin même son chien a été empêché de l’accompagner dans le train Londres-Paris et qu’un des membres de son équipe vient d’arriver au Trianon avec le toutou libéré par la douane, et qui, du coup, déboule sur scène pour un final serein.

    Setlist : Falling Man/ Bipolar/ Elephant Woman/ Mind to Be Had/ No More Honey/ Where Your Mind Wants To Go/ Anticipation/ 3 O’Clock/ Doll Is Mine/ Dr. Strangeluv/ Dripping/ Spring and by Summer Fall

    Encore : Give Give/ 23/ Equus

  • « Gimme Danger » de Jim Jarmush

    Jim Jarmush revisite l’histoire des Stooges. Basé sur une interview d’Iggy Pop, le scénario alterne entre les souvenirs du vieux rocker et les images d’archive pour revenir sur ce groupe proto-punk qui a dynamité le Rock des années 70. Iggy est touchant dans sa façon de revenir sur son passé, bronzé et souriant, il narre de sa voix grave l’histoire incroyable des Stooges. Beaucoup de ses amis sont morts, on sent à la fois de l’émotion et un certain détachement lorsqu’il parle d’eux, peut-être aussi du soulagement d’être encore en vie…

    The Stooges furent le groupe de trois disques majeurs qui ont marqué la petite histoire du rock, les singeries nihilistes d’Iggy sur scène n’ont finalement que peu d’importance dans cette réussite musicale. La suite de sa carrière en solo a d’ailleurs confirmé qu’il est un vrai artiste. Jarmush porte un regard admiratif sur l’homme, les passages consacrés à la musique sont un peu frustrants car plutôt hachés.

  • Greg Lake est mort le 9 décembre 2016

     

    King Crimson : Greg Lake (à gauche) & Robert Fripp

    Greg Lake est mort il y a quelques jours. Il fut la première voix de King Crimson sur In the Court of… et In the Wake of Poseidon, une voix puissante et bouleversante qui fut remplacée ensuite par celle John Wetton, du même acabit. Guitariste et bassiste il poursuivit ensuite sa route avec Emerson, Lake & Palmer (ELP) avec plus ou moins de bonheur dans ce super-groupe. Il a marqué la rock progressiste des années 70-80.