Catégorie : Musique

  • The Velvet Underground – New York Extravaganza

    Velvet-Underground_2016

    Superbe exposition à la Philharmonie de Paris sur le Velvet Underground et son époque. Fin des années 60’ – début des 70’, entre guerre du Vietnam, assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King, lutte pour les droits civiques… une contre-culture underground se développe dans la ville de New York ravagée par la violence et la crasse. Avec une créativité fantastique Andy Warhol, Alan Ginsberg, Lou Reed et bien d’autres vont laisser libre court à leur inventivité et leurs sentiments qui s’exprimeront par diverses voies, dont celle de la musique pour le Velvet Underground. Il en résulte un mouvement puissant qui marquera à tout jamais l’histoire du rock et de la poésie contemporaine.

    L’exposition retrace magnifiquement l’atmosphère de ce temps. Sur des murs tapissés de noir se succèdent des photos, des paperboards à feuilleter, des projections tressautantes de la ville, des vidéos du groupe ou de l’Exploding Plastic Inevitable de Warhol, un salon de musique où des matelas sont disposés sur le sol pour l’écoute d’un live et cette musique inclassable du Velvet, sombre, déchirante et métallique sur laquelle se place la voix chevrotante chantée-parlée de Lou. Des écrans un peu partout permettent de brancher son casque et d’écouter de la musique ou des délires politiques, artistiques et poétiques des acteurs de ce temps. On accède notamment à une vidéo du fameux concert de l’Olympia, fruit d’une éphémère reformation du groupe en 1993 où ses membres apparaissent plein d’énergie et en grande forme.

    Lou Reed fut un musicien de légende, disparu en 2013, capable d’écrire Pale Blue Eyes, parmi les plus belles chansons d’amour jamais produites, comme Metal Music Machine, un délire répétitif de 90 minutes de guitares sans foi ni loi ni parole. Il fut l’âme du groupe et poursuivit une brillante carrière solo après la dissolution du Velvet. Aujourd’hui seuls survivent John Cale (qui donna un concert à la Philharmonie dans le cadre de l’exposition) et Moe Tucker, la batteuse « debout ».

    Une exposition à voir absolument, et à revoir.

  • The Dandy Warhols – 2016/05/10 – Paris le Trianon

    The Dandy Warhols @ le Trianon, Paris, 10/05/2016

    The Dandy Warhols à Paris : rien de nouveau sous le soleil du Trianon ce soir pour les cow-boys de l’Oregon, sinon un nouveau disque ‘Distorland’ ! Le quatuor états-unien adepte du rock garage fait maintenant figure d’institution. Ils traînent leurs bottes sur les scènes spécialisées du monde où ils réjouissent les initiés. Ce soir n’a pas dérogé aux bonnes habitudes l’assistance avec un mix bien choisis de leurs nouvelles compositions et des anciennes.

    Zia est habillée d’un délicieux chemisier à pois qui masque ses tatouages et, avec ses cheveux longs, lui ferait donner le bon Dieu sans confession, ce qui n’est pas vraiment le genre de la maison… Ses trois acolytes sont à leur habitude chevelus et peu prolixes, déroulant leur musique un peu mystérieuse et si entraînante. Des guitares, des effets, des contre-jours et la voix de Courtney, une inspiration rock psychédélique de cordes et de sueur, il n’en faut pas plus pour enflammer le public parisien.

    On se rappelle l’excellent film documentaire Dig (2004, à revoir) narrant les aventures croisées des Warhols et du Brian Jonestown Massacre dans les années 90’. Il y avait à l’époque beaucoup de violence et d’excès de toutes sortes dans ce rock expérimental-psycho, attisés par la concurrence artistique entre Courtey Taylor-Taylor et le toujours leader du Brian Jonestown : Anton Newcombe. Celui-ci continue sur sa lancée quand les Dandy Warhols ont sans doute un peu compromis avec leurs exigences premières, produisant une musique plus abordable et moins déstructurée, pour notre plus grand plaisir.

    Setlist : Be-In/ Crack Cocaine Rager/ Get Off (listed as Shakin on setlist)/ Pope Reverend Jim/ STYGGO/ I Love You/ The Last High (Zia played bass)/ Plan A/ Search Party/ Every Day Should Be a Holiday (Courtney acoustic solo)/ The Grow Up Song (Courtney acoustic solo)/ Well They’re Gone/ Good Morning/ Baby, Come Back (The Equals cover)/ You Are Killing Me/ We Used to Be Friends/Solid/ Bohemian Like You/ Godless/ Pete International Airport / Boys Better / Zia Outroset
    Warmup : Happyness

    Dandy_Warhols_Logo-2

  • Décès de Prince


    Le compositeur-guitariste-chanteur américain Prince est mort ce 21 avril, a priori d’une overdose médicamenteuse. Il avait 57 ans. Multi-instrumentiste de génie, l’un des plus doués de sa génération, il a produit une discographie phénoménale, touché à tous les genres : jazz, pop, rock, funk, RnB…, s’est investi corps et âme dans la musique, y compris dans son aspect business, et a modelé son personnage avec des looks successifs détonants, sans parler de son sex-appeal explosif se manifestant notamment sur scène par un talent de danseur hors pair.

    C’est une grande perte pour la musique.

    Lire aussi : Prince – 2014/06/01 – Paris le Zénith

  • Le Stabat Mater de Dvorak à la Philharmonie de Paris

    Dvorak

    L’orchestre de Paris dirigé par Tomas NETOPIL joue le Stabat Mater écrit par Antonin Dvorak entre 1876 et 1877, accompagné d’un nombre impressionnant de choristes composant le chœur de l’orchestre de Paris renforcé par le chœur de jeunes du même orchestre.

    L’œuvre est connue pour avoir été inspirée au compositeur par une succession de deuils, dont trois de ses enfants. Sa couleur est donc sombre, comme son premier mouvement, Stabat Mater Dolorosa, l’illustre si bien :

    Stabat mater dolorosa,
    Juxta crucem lacrimosa,
    Dum pendebat Filius.Cujus animam gementem,
    Contristatam et dolentem,
    Pertransivit gladius.

    O quam tristis et afflicta
    Fuit illa benedicta
    Mater Unigeniti !

    Quae maerebat et dolebat,
    Pis Mater, dum videbat
    Nati poenas incliti

    Debout, la mère de douleur,
    Se tenait en larmes près de la croix,
    Où pendait son Fils.Son âme était gémissante,
    Affligée et toute désolée,
    Un glaive la transperça.

    Oh ! Combien triste et affligée
    Fut cette mère bénie
    D’un Fils unique.

    Elle gémissait et soupirait,
    pieuse Mère,
    en voyant les peines de son divin Fils.

    L’œuvre est belle et tragique, parfaitement interprétée par ces musiciens professionnels qui la font vivre et la partagent  de magnifique façon. Le chœur sait murmurer la douleur d’une mère et faire éclater l’espérance du jugement dernier. Un concert qui serre le cœur.

  • Mickey [3D] – 2016/04/15 – Paris le Trianon

    Mickey3D_2016

    La kronic sur Mickey [3D] 2016

    Mickey [3D] nous revient avec un nouveau disque, Sebolavy, qu’il présente au Trianon à un public parisien toujours fervent. Il s’agit de chanson française, douce et ironique, recyclée au rock de Montbrison, simple et élégant. 20 ans d’existence du groupe Mickey3D puis en solo sous le nom de Mickey [3D], des compositions sorties pour d’autres artistes, 6 ans depuis le dernier disque, bref il était temps de renouer avec ce musicien.

    Mickey est toujours habillé de son éternel polo bleu et ne quitte pas sa guitare rythmique. Il est accompagné d’un guitariste, d’une claviériste-accordéoniste et d’une rythmique basse / batterie. L’atmosphère est rock, la voix profonde et posée, les riffs des guitares entraînants. La superposition des guitares électro-acoustique et électrique donne un caractère bluesy à cette musique fine et agréable. Le concert mène son rythme et passe au gré de chansons coupantes et délicieuses. Des mots tendres et parfois désabusés, une chanson intitulée François sous la Pluie marque gentiment ses déceptions politiques du moment et ses inquiétudes sur l’avenir.

    La couverture de Sebolavy est composée d’une photo noir-et-blanc de Sophie Scholl à qui il rend hommage par la chanson La Rose Blanche, résistante allemande contre les nazis, exécutée à 21 ans pour trahison. Une chanson triste qui se termine tout de même sur une note peut-être un peu optimiste : Les idiots ne l’emportent jamais/ Et le ciel a tout filmé…
    Le show d’un grand enfant (la quarantaine ?), un peu amer sur le temps qui passe et la jeunesse qui l’inquiète. Mais après tout le titre de son dernier album Sebolavy n’est qu’un clin d’œil au langage de cette jeunesse : C’est beau la vie, malgré tout !

  • Television – 2016/04/02 – Paris la Philharmonie

    Television – 2016/04/02 – Paris la Philharmonie

    C’est l’histoire du disque culte d’un groupe de légende : Television a écrit Marquee Moon en 1977 à l’orée de la période du protopunk américain, qui fut si productive, lorsque les poètes du rock underground new-yorkais se bousculaient au bar du Chelsea Hotel, entre Jimi Hendrix, Bob Dylan et les écrivains de la beat generation. Patti Smith et Lou Reed ont assisté aux premiers concerts de Television au CBGB’s, ils en ont assuré la promotion.

    Sortis du bouillonnement culturel américain inouï d’une époque révolue, épris de poésie et de musique, auteurs-compositeurs-chanteurs-guitaristes, Thomas MiIller et Richard Meyer se rebaptisent Verlaine pour l’un, en hommage au poète Paul, et Hell pour le second, en référence à la Saison en enfer de Rimbaud, et ils créent ensemble Television en 1973 qui ne survivra que le temps de deux disques, mais aura une influence considérable sur les décennies rock qui suivirent. Chacun a continué ensuite une carrière solo avec plus ou moins de succès mais ils restent pour toujours au Panthéon des musiciens du XXème siècle.

    Marquee Moon fut une étrange création venue de nulle part sinon des cerveaux suroxygénés de leurs auteurs. L’œuvre s’imbrique avec celle de Patti Smith, Horses, sorti l’année précédente. C’est d’ailleurs Mapplethorpe (compagnon de Patti) qui pris la photo de couverture des deux albums. On retrouvera ces deux-là tout au long d’un parcours poétique et musical. Efflanqués et fiévreux, « les poings dans leurs poches crevées », ils ont créé la musique de l’avenir.

    Television a innové avec un jeu de deux guitares entremêlées déroulant des arpèges complexes avec une rythmique basique sur laquelle se pose la voix tendue et aigue de Verlaine. Pas d’électronique, aucun traitement, juste le naturel de l’électricité et la tension du chant. Les textes sont poignants et toujours récités/déclamés avec la voix plaintive si caractéristique de Verlaine :

    Do I, Do I?
    belong to the night?
    Only only
    Only tonight.
    All the ladies
    Stay inside.
    Time may freeze.
    A world could cry.
    All this night running loud
    I hear the whispers I hear the shouts.
    And tho they never cry for help…

    Guiding light

    Alors ce soir, dans le cadre de l’exposition « The Velvet Underground – NewYork extraganza », Television vient rejouer Marquee Moon, intégralement, dans la petite salle de la Philharmonie de Paris devant un parterre de quinqua/sexa nostalgiques d’une époque et toujours admiratifs du foisonnement d’idées, de musiques, de rythmes, de poésies, bref de l’inspiration infinie qui a caractérisé les musiciens new-yorkais des 70’s. Il y a peu de survivants, le temps est passé, la drogue et sa destruction aussi.

    Television_2016

    Patti Smith rejouait Horses à l’Olympia l’an passé pour les 40 ans de ce disque clé. Television est là ce soir, il précède John Cale, dernier fondateur du Velvet Underground, qui sera demain sur la grande scène pour un hommage à son compère Lou Reed et à tout ce que ces pionniers ont su déclencher.

    Ce concert est plaisant, cette musique est toujours passionnante, à peine datée, souvent copiée, mais nous sommes 40 ans après sa création, alors à défaut de surprise, elle provoque encore de l’émotion. Au terme de ces années underground volcaniques et mortifères, après les décès récents de Lou Reed et David Bowie, Patti Smith et Tom Verlaine sont en train de refermer doucement la page d’une époque musicale révolutionnaire.

    Setlist : Intro/ See No Evil/ Elevation/ Prove It/ Torn Curtain/ Venus/ Friction/ Guiding Light/ Marquee Moon
    Encore: Sapphire

  • Décès de Keith Emerson

    Keith Emerson, claviériste flamboyant du groupe Emerson-Lake-and-Palmer (ELP) s’est suicidé à 71 ans aux Etats-Unis. Le groupe ELP réunissait trois géants, dont Grek Lake, la voix de la première formation King Crimson. Plus ébouriffant que vraiment inspiré il a quand même marqué le prog-rock.

    Acteur de premier plan du rock progressiste des années 80-90, de formation classique Emerson fut avec Rick Wakeman (Yes) un claviériste de génie et un show-man un peu excessif comme cette époque en produit quelques-uns.

    Que la terre lui soit légère !

  • Massive Attack – 2016/02/26et27 – Paris le Zénith

    Massive Attack – 2016/02/26et27 – Paris le Zénith

    Massive Attack publie un disque 4 titres : Ritual Spirit, dans un minimalisme d’une beauté froide, et consacre deux dates à Paris pour terminer sa tournée européenne. De nouveau ils viennent diffuser leur trip-hop aux relents si sombres à l’image de la confusion de notre monde. C’est le retour du son de Bristol avec ses hérauts du chaos sur fond de basses massives, d’électronique troublante et de voix susurrant une poésie de l’absurde. La puissance de ce groupe reste dévastatrice et fascinante. Elle est mise au service de l’engagement politique de ses membres et d’une vision musicale qui glace le sang.

    En formation classique : double batteries, un bassiste (Winston Blissett), un guitariste (Angelo Brushini), 3D et Daddy G aux voix et claviers-machines, ainsi que Martina Topley Bird, Horace Andy et Shara Nelson en intermittents chanteurs de luxe pour des prestations époustouflantes.

    Suivant le rituel désormais récurrent les messages-slogans défilent sur les immenses écrans électroniques du fond de scène tels les horaires d’avions dans un hall d’aéroport. Et les mots diffusés jusqu’à l’écœurement parlent de la barbarie en Syrie, de la désespérance des gigantesques mouvements de population qui enflamment le Moyen-Orient et autres contrées. Sur l’un des longs et lugubres instrumentaux du show, un dialogue entre un pilote de drone en train d’ajuster une cible humaine, et sa base, s’affiche sur les écrans alors que les guitares se déchaînent pour accompagner l’embrasement final. Les mots sont simples et soulignés par les images terribles de tous les conflits qui tuent sur cette planète dans le désert d’indifférence et d’égoïsme où vit le reste du monde plus préoccupé par les cours de la bourse que par la guerre.

    Trois des quatre nouveaux morceaux sont joués avec la participation d’Azekel sur Ritual Spirit, un londonien dont la voix haut perchée réverbère et résonne à l’infini sous les arches métalliques du Zénith. Take It There déploie ses arpèges mineurs et son brouillard de mots. Sur le disque Tricky a repris du service mais c’est Daddy G qui entonne ce soir son refrain crépusculaire : She’s with me, we share the pain/ Treat the girl like licorice/ She’s so soft and ticklish/ Take you there, and take your time/ Take your time/ Take you there, you’ll lose you mind/ Take you there, and take your time…

    Voodoo in My Blood a donné lieu à la sortie d’une formidable vidéo dans laquelle l’actrice britannique Rosamund Pike joue une danse ensorcelante avec un OVNI qui a pris possession d’elle qui n’est pas sans rappeler l’incroyable performance d’Isabelle Adjani en pleine crise d’hystérie dans un couloir de métro dans… « Possession ». Sur scène les Young Fathers qui assuraient la première partie viennent épauler leurs maîtres, y compris dans leur message politique.

    Le reste de la set-list (identique pour les deux concerts) est plus classique avec quelques envolées éblouissantes sur Angel, Inertia Creeps et Future Proof, notamment, qui restent les marqueurs du groupe. Hélas celles-ci furent interrompues par les problèmes techniques le premier soir poussant le groupe à quitter la scène sur Future Proof, 3D plutôt énervé. En réalité les spectateurs n’ont pas vraiment identifié de changement dans les conditions soniques du show mais les musiciens ont sans doute l’oreille plus fine. Durant quinze minutes des ingénieurs trifouillent les câbles et les machines avant que le show ne reprenne. Le lendemain nous fûmes réconciliés avec des Massive Attack de meilleure humeur qui produisirent un show d’un excellent cru.

    Martina Topley Bird a envouté le Zénith avec sa grâce intergalactique, ses tenues de guerrière du désert, son maquillage de squaw apache et surtout cette voix profonde et douce qui donne instantanément la chair de poule. Sur Paradise Circus, seule sur une ritournelle de clavier et la rythmique elle danse entre les couplets d’une manière mystérieuse et enfantine, rien que le cheminement de ses mains et ses doigts dans l’espace est un concentré d’élégance pendant que s’égrènent la mélopée lancinante sur laquelle elle pose sa voix : Love is like a sin, my love,/ For the one that feels it the most/ Look at her with a smile like a flame/ She will love you like a fly will never love you again.

    Encore à l’affut de collaborations productives, cette année les Young Fathers et Azekel ont apporté un peu de jeunesse aux bases du groupe sans en dévier l’inspiration pour le son urbain et troublant qui remporte toujours le même succès en France.

    Set list 27/02 : United Snakes/ Clock Forward/ Risingson/ Paradise Circus/ Ritual Spirit/ Girl I Love You/ Psyche (Flash Treatment)/ Future Proof/ Jupiter (with lyrics from Martina Topley Bird’s Poison)/ Teardrop/ Angel/ Inertia Creeps/ Safe From Harm/ Take It There/ Voodoo in My Blood/ He Needs Me/
    Encore : Unfinished Sympathy/ Splitting the Atom
    Warm up: Young Fathers

    Set list 26/02 : United Snakes/ Clock Forward/ Risingson/ Paradise Circus/ Ritual Spirit/ Girl I Love You/ Psyche (Flash Treatment)/ Future Proof (band leaves stage due to technical issues)/ Jupiter (with lyrics from Martina Topley Bird’s Poison)/ Teardrop/ Angel/ Inertia Creeps (aborted, restarted then… more )/ Safe From Harm/ Take It There/ Voodoo in My Blood/ He Needs Me/
    Encore : Unfinished Sympathy/ Splitting the Atom
    Warm up: Young Fathers

    Massive_Attack_2016-03

  • Heather Nova – 2016/02/16 – Paris l’Alhambra

    Heather_Nova_2014

    Heather Nova passe à l’Alahmbra avec un groupe ramassé et plutôt acoustique, un garçon multi instrumentiste contrebasse/violoncelle/guitare/clavier et une batterie jazzy. Toujours simple et belle, des fleurs tropicales enroulées autour de son pied de micro elle chante et joue de la guitare avec grâce, une voix à la Joan Baez, très pure et un peu brumeuse, un folk poppy teinté de mélancolie. Cela fait un peu chapelle, un peu boyscout et fleure bon une ambiance hippie qui aurait pris un coup au moral. Heather a beau être née sous le soleil des Bahamas elle décline des balades plutôt tristounes que son vibrato rend parfois tragiques.

    Qu’importe, tout ceci est beau et doux, cette voix nous porte comme une brise d’automne, légère mais déjà un peu fraiche : Hey don’t cry, the night is almost through/ And I’ll be here to hold and comfort you/ Sometimes you’ll look out on dark and stormy skies/ But darling remember the sun will always rise/ And bring the light, and bring the light (The Sun will always rise – 2005).

    Setlist : 1. Treehouse/ 2. I Wanna Be Your Light/ 3. Girl On The Mountain/ 4. Island/ 5. Sea Glass/ 6. Paper Cup/ 7. The Archaeologist/ 8. Winter Blue/ 9. Walking Higher/ 10. Moon River Days/ 11. London Rain/ 12. Lie Down In The Bed You’ve Made/ 13. Fool For You/ 14. Sea Change/ 15. I’m Air/ 16. Like Lovers Do/ 17. This Humanness/ 18. The Sun Will Always Rise/ 19. Sugar
    Warmup : Mishka

  • GREENFIELD Robert, ‘Exile on Main St. – A season in hell with The Rolling Stones’.

    Sorti : 2004, Chez : Da Capo Press (version anglaise).

    L’histoire mondaine de l’enregistrement de « Exile on Main St. » le disque légende des Rolling Stones qui fut enregistré dans une villa du sud de la France en 1971, plus exactement au sous-sol de la luxueuse villa Nellcote louée par Keith Richards et Anita Pallenberg.

    Le livre raconte l’atmosphère de la villa où se côtoyaient musiciens mythiques et dealers corses, où allaient et venaient les cinq Rolling Stones, leurs enfants et un entourage pas toujours très recommandable. De ce marigot fécond est sorti un disque remarquable, dans la souffrance et dans l’ivresse. C’est l’histoire d’une époque fertile et dangereuse dont les Stones ont réussi l’exploit de sortir à peu près indemnes et surtout sont restés créatifs depuis des décennies grâce à ce duo de choc Mick Jagger et Keith Richards.

    Le journaliste-auteur insiste bien sûr sur l’héroïne qui semblait couler à flot à Nellcote et est sans doute pour quelque chose dans la création de ce disque. Il tient la chronique des jours qui passaient et des phantasmes qui sont restés sur l’extraordinaire aventure de ce disque. On y parle pas beaucoup de musique mais plutôt de comportements, c’est intéressant aussi.

  • Tame Impala – 2016/01/31 – Paris le Zénith

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    Tame Impala est au Zénith ce soir pour y dérouler sa musique psychédélique, un genre que l’on croyait un peu périmé amis que le groupe australien remet à l’ordre du jour avec brio. Originaire de Perth, sur la côte ouest sur l’océan indien, apparu en 2008, le groupe est celui d’un homme : Kevin Parker, sorcier de l’électronique et du home-studio, auteur-compositeur, guitariste et chanteur. Jeune, grand et mince, les cheveux longs sur les épaules, grand foulard autour du cou il joue pieds nus sur la scène du Zénith pendant que des images de synthèse sont projetées sur le fond. On croirait les fonds d’écran de Windows 95.

    Le reste du groupe porte à peu près le même âge et d’identiques vêtements. Ils ressemblent à une bande d’étudiants poètes mais lorsque parle la musique c’est une toute autre histoire ! Ils sont de vrais pros et jouent un son très sophistiqué, traité à l’électronique à un niveau assez élevé. Les guitares se mêlent aux boucles de claviers pour enrober la voix haut placée de Kevin, qui paraît presque surnaturelle. Le son est fort et le rythme enlevé, le concert coule dans nos veines comme un fleuve de modernité. Cela ressemble à une sorte de mélange entre Pink Floyd et Supertramp, revu et corrigé à l’aune de l’électronique de notre siècle numérique.

    Une fois passé le vent vigoureux de cette musique, il n’en reste plus grand-chose dans nos esprits, seulement le souvenir d’un show exécuté à la perfection et de cette voix planant très haut dans les octaves sur des boucles obsessionnelles en un résultat étrange et coloré.

    Setlist :  Intro/ Let It Happen/ Mind Mischief/ Why Won’t They Talk to Me?/ It Is Not Meant to Be/ The Moment/ Elephant/ Yes I’m Changing/ The Less I Know the Better/ Eventually/ Why Won’t You Make Up Your Mind?/ Oscilly/ ‘Cause I’m a Man/ Apocalypse Dreams

    Encore : Feels Like We Only Go Backwards/ New Person, Same Old Mistakes

  • Décès de Paul Kantner

    Jeferson_Airplane-Paul_Kantenr-aPaul Kantner est mort cette semaine. Il fut l’un des cofondateurs du groupe légendaire Jefferson Airplane qui déclina un rock psychédélique durant le summer of love, des scènes de Woodstock à celles Monterey. Compagnon de Grace Slick, chanteuse du groupe où jouaient également Martin Balin, ainsi que Jack Cassady à la basse et Jorma Kaukonen à la guitare qui fondèrent ensuite tous deux un fameux groupe de blues : Hot Tuna. Ils furent le rock de San Francisco à cette époque lointaine de la deuxième moitié de la décennie 60’. RIP Paul !

  • The Maccabees – 2016/29/01 – Paris la Cigale

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    The Maccabees, une bande de rockers-beaux-gosses-créatifs britanniques, à faire tomber raide-dingue toute jeune fille passant dans un rayon de 100 mètres autour de l’un d’eux ! Mais ils sont bien plu que ça : un groupe de trois guitaristes, un bassiste, un batteur, assistés pour les tournées d’une claviériste-sampleuse, tous plein de fraîcheur et d’originalité. Le résultat est détonnant, jeune et électrique. C’est du rock indépendant enflammé et positif comme seul le Royaume-Uni sait en générer année après année. Alors on se régale à suivre les jeux de guitares nerveuses et saccadées de ces jeunes gens pressés qui accompagnent la voix chaude du chanteur, lui-même guitariste.

    Ca pulse généreusement et sans complexe, ça riff à tout va, ça saute sur scène comme des gamins joyeux. Déjà bien connu outre-Manche les Maccabees ne font pas salle comble ce soir, c’est dommage, un problème de promotion bien plus que de talent. On aimerait découvrir de pareils groupes plus souvent, énergie punk et sourires ravageurs. Du rock excellent et sophistiqué, tout simplement !

    Warm-up : Johnny Lloyd

  • Blackstar

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    On découvre progressivement comment Bowie a mis en scène sa propre disparition avec la confection de son dernier disque lors des mois ultimes de sa vie, Blackstar, sorti 48 heures avant sa mort. Un engagement à ce point dans la création force le respect. Bowie, un artiste total.

  • David Bowie (1947 – 2016)

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    David Bowie 1947 – 2016

    Bowie est mort cette nuit, à 69 ans, d’un cancer, 48h après la sortie de son dernier disque Blackstar. C’est un géant qui nous quitte, un artiste de génie qui nous accompagne depuis les années 60’. Il laisse une œuvre gigantesque et passionnante dont il nous reste encore beaucoup de subtilités à découvrir. La vie va être plus terne sans lui.

  • Richard Hawley – 2015/11/25 – Paris l’Alhambra

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    Dix jours après les attentats religieux islamistes du Bataclan, Richard Hawley est à l’Alhambra, et nous aussi. Chemise à carreaux, blouson et pantalon de jeans, revers sur boots, mèche rebelle, l’homme à la guitare Gretsch déploie toujours la même élégance sous ses allures de cow-boy. Il est accompagné de quatre musiciens dont un deuxième guitariste et un claviériste. Ils viennent d’enregistrer Hollow Meadows, un disque doux et subtil dont ils vont picorer les morceaux au cours du concert, entrecoupé de retours à des standards plus anciens.

    Richard joue comme d’habitude devant un pupitre qu’il n’a pas l’air de vraiment consulter. La musique coule et s’écoule délicieusement. Les morceaux sont rallongés par de brillants solos de guitare marquant le contraste avec la voix de velours du crooner britannique. Le son est comme calfeutré, même la guitare prend parfois des sonorités de six-cordes hawaïenne s’envolant vers les cocotiers et le ciel bleu.

    Richard chante la mélancolie des amours perdus et la nostalgie du temps qui passe dans un monde qui n’est pas fait pour les romantiques comme dans Wich Way qui ouvre le show :

    I’m learning to trust this time/ In the jungles of this life/ I’m asking which way do I go?/ Give me some directions please,/ Solid ground is all I need/ Won’t you tell me, which way do I go?/ Which way do I go?

    Quelques solos bien sentis marquent un peu de révolte et rappellent que le garçon fut guitariste co-fondateur de l’un des groupes phares de la BritPop : Pulp. Issu de Sheffield ce groupe a donné un concert d’adieu en 2013 (après dix ans d’inactivité), Richard Hawley est toujours sur la route. Avant le final There’s a Storm Comin’ il s’exprime sur la terreur du Bataclan quelques jours plus tôt et salue Paris et les spectateurs de son concert.

    Setist: Which Way/ Tonight the Streets Are Ours/ Standing at the Sky’s Edge/ I Still Want You/ Leave Your Body Behind You/ Sometimes I Feel/ Open Up Your Door/ Tuesday pm/ Time Will Bring You Winter/ Down in the Woods/ Don’t Stare at the Sun/ Heart of Oak/ There’s a Storm Comin’
    Encore: Coles Corner/ The Ocean

  • Garbage – 2015/11/07 – Paris le Zénith

    Garbage – 2015/11/07 – Paris le Zénith

    Garbage est revenu sur scène et dans les bacs en 2012 avec Not Your Kind of People et a priori ils ont aimé puisque les revoici avec le 20 years Queer Celebration tour histoire de fêter en musique la sortie de leur premier album et le début de ce groupe flamboyant de rock alternatif, plutôt rock qu’alternatif d’ailleurs.

    Réunion improbable d’une chanteuse écossaise (Shirley Manson) et de quatre soudards américains musiciens-producteurs (dont le batteur Butch Vig qui a produit Nevermind de Nirvana), le groupe s’est monté un peu par hasard et n’était pas vraiment destiné à durer au-delà de quelques séances d’enregistrement à Madison dans le Wisconsin, mais le succès est venu et après quatre disques sortis entre 1995 et 2005 ils sont revenus en 2012 après une longue pause.

    Le show démarre avec une vidéo de la famille Garbage au cours de ces 20 années passées, puis le premier morceau joué derrière un voile translucide où s’agite notre petite bande en ombres chinoises avant le plat de résistance et la reprise de l’album Garbage. Shirley est toute de rose vêtue et bas-résille noirs. Rose comme la couleur des plumes d’autruche qui ornent la couverture de l’album, et de ses cheveux ce soir. Un boa en plumes roses dégouline du pied de micro… comme il y a vingt ans !

    Les recettes sont les mêmes : un mur de sons de guitares traitées à l’électronique sur lequel se pose la voix forte et belliqueuse de Shirley appuyée par le beat mécanique de la batterie. La puissance américaine teintée de subtilité britannique, le résultat est toujours redoutable et le show passe sans que l’on ne s’en aperçoive.

    Les musiciens sont un peu moins démonstratifs, Shirley est un peu plus bavarde et souriante, peut-être pour se reposer des kilomètres qu’elle parcourt toujours sur scène derrière son micro. Sur My Lovers’s Box elle s’empare d’une guitare rose dont elle joue en chantant, sur la pointe de pieds, tendue vers le public, et sur Stupid Girl elle sautille comme au bon vieux temps : Stupid girl/ Can’t believe you fake it/ Stupid girl/ Stupid girl/ All you had you wasred it…

    Un peu moins d’urgence et de déchaînement chez les Garbage mais toujours de l’énergie à revendre : une puissance sophistiquée, un son soigné, des mélodies plus que bien ficelées, la fidélité contre vents et marées de ce club des cinq toujours soudé et la personnalité hors du commun de Shirley (et ses cheveux rose fluo) qui tient le devant de la scène avec autorité devant ses boys, il n’en faut pas plus pour réjouir un public aux anges !

    Setlist

    Alien Sex Fiend (20 Years Queer video intro)/ Subhuman/ Supervixen/ Queer/ Girl Don’t Come/ As Heaven Is Wide/ The Butterfly Collector (The Jam cover)/ Not My Idea/ Trip My Wire/ Milk/ Fix Me Now/ My Lover’s Box/ Sleep/ A Stroke of Luck/ #1 Crush/ Stupid Girl/ Dog New/ Only Happy When It Rains/ Vow/

    Encore : Kick My Ass (Vic Chesnutt cover)/ Driving Lesson/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Push It

    Warm-up : Dutch Uncles

    Lire aussi

  • Archive – 2015/10/30-31 – Paris Le Zénith

     

    Archive_2015

    Et revoici les Archive avec nouveau disque, Restriction (suivi d’un album de remix : Unrestricted) et tournée de promotion, ils sont pour deux soirées au Zénith de Paris. Un nouveau et excellent guitariste, Mickey Hurcombe, remplace Steve Harris en tournée avec Gary Numan (oui, vous avez bien lu : Gary Numan, toujours actif !), Maria Q n’est pas là et Holly Martin assure la partie féminine des chants.

    Le reste du groupe est stable ne serait-ce la nouvelle coiffure de Pollard Berrier, les chevaux raides dans le dos et chapeau d’indien, une vague allure de squaw. En fond de scène trois écrans rectangulaires diffuseront une atmosphère vidéo plutôt sobre.

    Le show démarre sur le nouveau hit du moment : Feel It, un morceau rythmé avec son refrain en riffs de guitare accrocheurs, enchaîné sur Fuck You et Danger Visit puis quelques morceaux toujours bien enlevés histoire de maintenir ce démarrage rock au cours duquel apparaît Holly en mini-jupette à paillettes sur Violently. Un ralentissement émouvant sous un ciel étoilé et elle interprète les deux morceaux romantiques du dernier album : Black And Blue et End Of Our Days, c’est beau comme une larme, l’écho utilisé à profusion étire sa voix et les nappes de claviers dans l’espace obscur du Zénith, Dave et Pollard y ajoutent quelques arpèges de guitares discrets, le tout est bien empaqueté, lisse comme la voix de la chanteuse : Time is the key/ Give me your heart/ And you will see what I see/ Turning in circles to find what you seek/ This is the feeling I want to release// Take all my pain/ I am just a soul to be lost in your hate/ Take me wherever your spirit will fade/ I will be with you till the end of our days…

    Les choses sérieuses reprennent ensuite avec quelques références archivennes de choix : You Make Me Feel, Bullets (et un très beau duo vocal Dave & Pollard : bullets are the beauty of the blistering sky/ bullets are the beauty and I don’t know why/ personal responsibility/ personal responsibility…). Le concert prend de l’épaisseur et de l’énergie avec ces morceaux emblématiques de l’histoire du groupe, dont le final sur Numb de 2004, puis le rappel avec Lights et sa montée de tension hallucinée.

    La set-list des deux shows successifs sera à l’identique, à la virgule près, leur interprétation également. Comme avec ce dernier disque Restriction le groupe voit son originalité un peu ralentie, mais on s’en contente rien que pour le plaisir de ces finals interminables où s’entassent riffs de guitare, boîtes électroniques et claviers, jusqu’à l’explosion. C’est la marque de fabrique des Archive dont la production discographique de ces dernières années est impressionnante. Et on annonce déjà nouveau CD et tournée pour fin 2016 ! Leur musique reste une sorte de progressive rock remixée à la sauce du Trip-Hop, ceux qui ont aimé les Genesis et autres King Crimson et Yes des années 80 adorent aujourd’hui Archive, et même bien d’autres si l’on en juge par la jeunesse de l’assistance, comme quoi il y a une vie en dehors du Hip-Hop, bonne nouvelle.

    Setlist des 2 concerts : Feel It/ Fuck U/ Dangervisit/ Finding It So Hard/ Crushed/ Conflict/ Violently/ Black And Blue/ End Of Our Days/ Kid Corner/ You Make Me Feel/ Bullets/ Distorted Angels/ Baptism/ Ladders/ Numb
    Rappel : Lights
    Première partie : BRNS

  • Zappa plays Zappa – 2015/10/20 – Paris le Trianon

    Zappa

    Dweezil Zappa, fils de l’immense Franck Zappa, entretient la mémoire de son père en jouant sa musique partout à travers le monde avec une affectueuse fidélité et la virtuosité paternelle. La famille s’écharpe un peu par réseaux sociaux interposés sur des histoires sordides de droits et d’utilisation du nom « Zappa », mais qu’importe, Dweezil est sur la route avec un groupe un peu déjanté à… la Zappa qui nous fait replonger avec délice dans l’ambiance moderno-jazzy-inventive créée par son père

    Contrairement à celui-ci, il ne chante pas et n’apparaît pas comme un show man d’exception, il se contente de jouer de la guitare avec attention et brio, laissant l’animation du concert à ses cinq complices, tous jeunes et multi-instrumentistes, dont Sheila Gonzales aux instruments à vent, claviers et chant et Ben Thomas qui joue de la guitare et affiche la voix et la folie de Franck. Le groupe rejoue l’album « One Size Fits all » qui fête ses quarante ans. Même sans connaître sur le bout des doigts la discographie de Zappa père, on retrouve sans l’ombre d’un doute l’aimable folie musicale que le Maître impulsait dans ses compositions et dans ses concerts.

    Le résultat est un mélange inclassable de délire musical : des dissonances, des constructions, des improvisations, le tout sous un déluge de notes, d’instruments qui s’interpellent et se répondent, de parties chantées-parlées, de cris, de trios chantés à la perfection par le claviériste, le bassiste et Sheila, et des guitares bien sûr, des guitares éruptives qui nous emportent.

    C’est riche et c’est brillant, créatif et improbable, jubilatoire et unique, cette musique n’a pas pris une ride. Lorsque Dweezil attaque les solos, on se laisse porter avec jubilation par les mélodies acrobatiques qu’il interprète à la perfection.

    Ils sont tous les enfants du grand Franck Zappa, ensemble ils font vivre et perdurer cette musique venue d’une autre galaxie. Bravo et merci à eux.

  • Morrissey – 2015/09/26 – Paris l’Olympia

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    Morrissey toujours vaillant (malgré des rumeurs ayant courues sur son état de santé) passe à l’Olympia ce soir pour sa visite annuelle à Paris. Son dernier disque Word peace is not of your business est sorti il n‘y a pas si longtemps en 2014. L’artiste vient également de publier un premier roman : List of the Lost, après ses superbes mémoires Autobiography en 2013, publiées chez la célèbre maison d’édition de littérature classique Penguin Classics, excusez du peu !

    Vêtu de noir et accompagné de son groupe habituel de merveilleux musiciens, il pioche dans son infini répertoire, avec quelques retours bienvenus sur l’époque magique des Smiths. Et toujours cette voix de velours enjôleuse et troublante qui sait se déchaîner sur les riffs électriques de ses guitaristes ou se faire romantique sur les rythmes plus mélancoliques. Outre ses incomparables talents d’écriture et sa présence sur scène, Morissey développe surtout un chant très caractéristique, une voix à la fois chaude mais sans vibrato, claire et limpide, un peu désincarnée. C’est sa marque de fabrique qui reste inchangée avec le temps qui passe.

    Il trébuche sur une reprise d’Elvis Presley qu’il faudra redémarrer à plusieurs reprises, il nous informe qu’il sera le lendemain au concert de Charles Aznavour, il laisse le devant de la scène à Gustavo Manzur pour des solos de guitare flamenco, le tout, comme d’habitude avec de grands effets de fils de micro en parcourant la scène.

    Pendant Meat is Murder sont projetés de films d’abattage d’animaux peu ragoutants : l’artiste est constant dans sa promotion du végétarisme. Le reste de la set-list est un vrai bonheur qui touche au cœur, un parcours dans la création de cet artiste hors norme qui est si large qu’il faudrait des heures de concert pour la cerner. Ce soir nous avons picoré l’un des répertoires les plus flamboyants du rock et terminé comme il se doit sur une chanson des Smiths : The Queen is dead, boys/ And it’s so lonely on a limb/ Life is very long, when you’re lonely.

    Setlist : 1.Suedehead/ 2. Alma Matters/ 3. Speedway/ 4. Ganglord/5. Staircase at the University/ 6. Kiss Me a Lot/ 7. You’ll Be Gone (Elvis Presley cover) (the song was restarded twice… more)/ 8. World Peace Is None of Your Business/ 9. Yes, I Am Blind/ 10. I’m Throwing My Arms Around Paris/ 11. Boxers/ 12. The Bullfighter Dies/ 13. Oboe Concerto/ 14. My Dearest Love/ 15. The World Is Full of Crashing Bores/ 16. Meat Is Murder (The Smiths song)/ 17. Mama Lay Softly on the Riverbed/ 18. Everyday Is Like Sunday/19. I Will See You in Far-Off Places/ 20. What She Said (The Smiths song)

    Encore : 21. The Queen Is Dead (The Smiths song)

    Lire aussi : Morrissey, ‘Autobiography’.
    Morrissey – 2008/02/04 – Paris l’Olympia
    Morrissey – 2006/04/11 – Paris l’Olympia