Catégorie : Musique

  • King Crimson – 2015/09/20et22 – Paris l’Olympia

    King_Crimson_20150920

    Retour réussi pour King Crimson reformé sous la houlette de son créateur-compositeur-guitariste de génie, Robert Fripp, 40 ans après la sortie de Red, le dernier album studio de la première période de ce groupe de légende qui, toujours sous l’inspiration de Fripp, emprunta nombre chemins de traverse, connut de multiple formations, créa d’incroyables hymnes au modernisme et influença fortement le rock contemporain.

    Rien de bien créatif aujourd’hui, sinon le personnel en partie renouvelé, mais l’objectif est plus revival que conceptuel. Soit, et pour ceux qui n’avaient jamais assisté aux concerts des années 70’, trois Olympia leur permettent de combler (en partie) ce manque.

    L’Olympia (aménagé en places assises) accueille le groupe qui se répartit en trois batteries sur la scène et quatre musiciens sur une estrade. Tout ce petit monde est en costume-cravate. En bas le trio inattendu de batteurs : Pat Mastelotto (déjà vu ces dernières années sur les tournées des différentes formations de King Crimson), Gavin Harrisson (qui joue aussi du méllotron) et Bill Rieflin ; au-dessus Mel Collins aux instruments à vent (historique du groupe qui joua avec lui dans ses années fondatrices et sur les disques de cette époque), Tony Levin, bassiste (qui accompagna la période King Crimson des années 80’ puis 2000), Jakko Jakszyk, chanteur-guitariste (à la sonorité de voix proche des chanteurs clés du groupe que furent Greg Lake et John Wetton) et l’irremplaçable Robert Fripp, 70 ans, toujours un casque audio sur les oreilles, assis sur un tabouret et branché au bout de ses fils raccordés à un mur de machines électroniques qui transforment le son de ses guitares au gré des morceaux.

    C’est de cette position qu’il entame le murmure de cordes allant crescendo jusqu’au déchaînement des accords qui lancent Larks’ Tongues In Aspic Part One pièce musicale emblématique du groupe déclinée au cours de ces décennies de sa partie I à la partie IV avec toujours plus de brio et d’énergie ! On ne pouvait mieux faire comme intro surtout quand, pour la première soirée, elle fut enchaînée sur Red. C’est un empilement de guitares métalliques en fusion mené avec brio par le maître qui marque le tempo. L’audience revient avec gourmandise quatre décennies en arrière…

    S’en suit un pêle-mêle de pièces extraites de toute l’épopée musicale que Fripp a menée avec tellement d’iventivité. On pensait le show tourné uniquement vers les premières œuvres du groupe mais la soirée a également abordé certaines morceaux des années 2000 co-écrites par Adrian Belew (Vroom, The ConstrucKction of Light) qui accompagna le groupe à la guitare et au chant avec brio de longues années dans la deuxième phase de sa vie et qui continue à tourner sur les Crimson ProjeKCt, sortes de déclinaisons à géométries variables du concept initial où la virtuosité l’emporte parfois sur l’inspiration. Fripp laisse aussi la place à des compositions de son trio de batteurs, des morceaux qui s’intègrent bien dans le show.

    Mais les spectateurs chavirent lorsque retentissent les hymnes Crimsoniens et que les couches de mellotron envahissent la cathédrale Olympia : Epitaph et cette confusion qui qualifie nos vies où la voix de Jakko Jakszyk porte bien cette si belle chanson ; Easy Money et ses riffs de guitares saturées ; In The Court of the Crimson Kings, l’hommage magnifique à une époque révolue ; et le final flamboyant sur 21st Century Schizoid Man, l’ode d’une génération : Death seed blind man’s greed/ Poets’ starving children bleed/ Nothing he’s got he really needs/ Twenty first century schizoid man.

    Et nous reviennent les mots de Pete Singfield, co-fondateur de King Crimson, producteur et paroliers des premiers albums : une poésie épique et douloureuse qui participa aussi à l’aspect fantasmagorique et révolutionnaire de la musique de King Crimson lorsqu’elle apparût, faisant des premiers albums du groupe de véritables OVNI dans le monde musical de cette époque.

    Picture in the City joué lors des deux concerts auxquels nous assistons marque ce décalage toujours ressenti d’une musique si extraordinairement contemporaine, le mélange des guitares et des saxophones, les voix étirées qui se superposent à l’infini, la montée du mugissement de guitare dans les aigus qui lance l’emballement général de tous les instruments vers une cacophonie si bien organisée :

    Concrete cold face cased in steel/ Stark sharp glass-eyed crack and peel/ Bright light scream beam brake and squeal/ Red white green white neon wheel.

     Dream flesh love chase perfumed skin/ Greased hand teeth hide tinseled sin/ Spice ice dance chance sickly grin/ Pasteboard time slot sweat and spin.

     Blind stick blind drunk cannot see/ Mouth dry tongue tied cannot speak/ Concrete dream flesh broken shell/ Lost soul lost trace lost in hell.

    On trouve dans l’œuvre de King Crimson à la fois les pièces émouvantes d’un répertoire romantique (Cadence and Cascade, Starless, I talk to the wind…) porté par des voix bouleversantes, mais aussi les créations annonciatrices du rock industriel où le déchaînement de l’électricité et le métal des guitares jouent dans la dissonance et le caractère obsessionnel de la musique répétitive. C’est l’illustration parfaite de ce rock qualifié de progressiste en ce qu’il a fait converger le rock et la musique contemporaine.

    Starless qui clôt les deux shows en est un parfait résumé. Un morceau de 20mn comme on en fait plus, véritable joyau que les deux guitaristes interprètent de façon magistrale, Fripp en développant cette petite ritournelle triste sur fond de méllotron qui entrecoupe le chant déchirant de Jakszyk, le même Jakszyk reprenant ensuite les commandes du morceau pour une longue injection de tension, note après note remontées sur le manche de sa guitare (décorée avec le dessin de In the Court…) avant un final démesuré et explosif où réapparaît la petite ritournelle reprise au méllotron dans le délire d’électricité, de boucles et d’aigus métalliques.

    La créativité exceptionnelle de Fripp explique la permanence de son influence à travers le temps. Cette reformation inattendue du groupe pour un retour sur son œuvre ressemble un peu à un adieu, comme le désir de ranimer celle-ci avant son dernier souffle. C’est du moins l’impression ressentie lorsque l’on voit le guitariste saluer la foule, les yeux plissés sous la lumière et avec toujours ce petit sourire énigmatique avant de disparaître en coulisses. Renaissance ou prestation finale, ces concerts furent bons à prendre, un nouveau moment partagé avec un musicien d’exception.

    20 septembre 2015 22 septembre 2015
    Larks’ Tongues In Aspic Part One (« La Marseillaise » snippet by Mel Collins)

    Red

    Suitable Grounds For The Blues

    Radical Action (To Unseat The Hold Of Monkey Mind)

    Meltdown

    Pictures Of A City

    The ConstruKction Of Light

    Hell Hounds Of Krim

    Level Five

    Epitaph

    Banshee Legs Bell Hassle

    Easy Money

    The Letters

    Sailor’s Tale

    One More Red Nightmare

    Starless

    Encore : Devil Dogs Of Tessellation Row

    The Court Of The Crimson King

    21st Century Schizoid Man

    Larks’ Tongues in Aspic, Part One (« La Marseillaise » snippet by Mel Collins)

    VROOOM

    Radical Action (To Unseat the Hold of Monkey Mind)

    Meltdown

    Hell Hounds of Krim

    Suitable Grounds for the Blues

    The ConstruKction of Light (instrumental part only)

    Interlude (Jakszyk plays 2nd flute)

    Pictures of a City

    Epitaph

    Banshee Legs Bell Hassle

    Easy Money

    The Letters

    Sailor’s Tale

    The Light of Day (Jakszyk, Fripp and Collins cover) (first time live in Europe)

    One More Red Nightmare

    Starless

    Encore : Devil Dogs Of Tessellation Row

    The Court of the Crimson King

    21st Century Schizoid Man

  • The Rose

    The-Rose_bThe Rose, film de 1979 ressort cette semaine ou l’histoire tragique à peine romancée de Janis Joplin jouée par Bette Midler. Un film émouvant sur une star du blues happée par la célébrité, un environnement affairiste, la drogue ; mais habitée par la musique qui malheureusement ne la sauvera pas.

    Et lorsqu’on reste pour le générique de fin l’on découvre que le guitariste blond-baba-moustachu du groupe était Steve Hunter, légendaire guitariste, par la suite, d’Alice Cooper et de Lou Reed. Eh oui, le guitare-héros hardeu des années 80-90’ est passé lui aussi par sa période flower power.

  • Amy

    Amy

    Amy, le film documentaire d’Asif Kapadia sur le destin foudroyé de la chanteuse-compositrice soul Amy Winehouse décédée en 2011 à 27 ans. Composé de vidéos familiales de son enfance, d’extraits filmés privés et publics d’une star qui a vécu la moitié de sa vie sous les sunlights, le documentaire retrace l’extraordinaire ascension de cette artiste à la voix exceptionnelle. Petit oiseau tombé du nid, folle amoureuse d’un mari-démon, dépassée par une gloire insupportable, elle s’est perdue dans l’alcool et les drogues.

    Au-delà de ces excès il reste une artiste à la sensibilité remarquable qui a développé un chant unique digne des plus grandes. On pense bien sûr à Billie Holiday et l’on découvre qu’Amy était une vraie chanteuse de jazz ce que son disque le plus connu (le second et dernier de sa carrière) Back to Black n’indique pas forcément. Pour ceux qui en douterait il suffit d’écouter la version live de Love is a losing game dans le film pour s’en persuader. Amy fut aussi une auteure percutante, ses propres tourments l’ont fortement inspirée et elle a délivré des textes forts et émouvants. Les festivaliers de Rock-en-Seine n’ont pu s’en rendre compte puisque deux années de suite la diva annoncée à Paris a fait défaut au dernier moment. Mais tout est pardonné !

    Amy est morte à un âge où en principe tout est encore permis. C’est un film triste sur une femme qui s’est consumée en quelques années et a privé le monde de l’art d’un talent comme on en voit peu.

  • Décès de Chris Squire

    Chris Squire - concert de Yes "Going for the one tour" - 1977
    Chris Squire – concert de Yes « Going for the one tour » – 1977

    Chris Squire, bassiste et cofondateur du groupe de rock progressiste Yes est décédé ce 28 juin 2015 d’une leucémie à l’âge de 67 ans. Il a cosigné nombre des compositions de ce groupe de légende, il en assurait également certains vocaux en duo avec Jon Anderson. Salut l’artiste !

  • Dvorak à la Philharmonie

    Philharmonie_20150606bL’orchestre de chambre de Paris dirigée par Laurence Equilbey joue le Stabat Mater de Dvorak, une musique sombre et tragique écrite par le compositeur tchèque à la fin des années 1870 après le décès rapproché de trois de ses enfants. Déjà basé sur un thème pas particulièrement gai, la souffrance de Marie au pied de la croix où son fils est crucifié, le contexte de la création de cette œuvre en accentue la beauté dramatique.

    Interprétée avec beaucoup de tendresse par des musiciens de qualité dans une Philharmonie pleine à craquer, la magie de la musique agit dans un cadre magnifique.

  • Leroy Aymeric, ‘King Crimson’.

    Sortie : 2012, Chez : Le Mot et le Reste. L’histoire d’un groupe de légende mené par l’un des guitariste compositeur les plus prolifiques et original du monde du Rock : Robert Fripp. Depuis sa première apparition en 1969 jusqu’à sa nouvelle tournée annoncée pour septembre 2015, King Crimson a connu de multiples réincarnations en réunissant d’immenses musiciens (Greg Lake, Ian McDonalds, Adrian Belew, Tony Levin, Mel Collins, Pete Singfield,…). Il a considérablement influencé le courant du rock progressif même si Fripp a toujours rejeté cette appellation pour son groupe.
    Une musique complexe et sophistiquée qui est passée en 40 ans des nappes de mellotrons aux déluges répétitifs de guitares électroniques, le groupe a constamment innové sans concession avec les modes des époques traversées. Il en reste un œuvre contemporaine de première ordre qui n’est pas forcément d’un abord très aisé.
    Fripp organise par ailleurs la documentation de cette histoire musicale sur un site (www.dgmlive.com) sur lequel sont publiés tous les matériaux disponibles du groupe : son, images, vidéos, soit gratuitement soir à des prix très abordables. On y trouve également divers blogs d’une richesse infinie, de Fripp lui-même et d’autres membres des diverses formations et projets musicaux auxquels il a participé.
    Aymeric Leroy est manifestement un fan de la première heure de King Crimson qui est de nouveau sur la route en cette année 2015, il va falloir prévoir une ré-édition augmentée !

  • Ride – 2015/05/27 – Paris l’Olympia

    Ride_Brixton

    Le chroniqueur retrouve un vieux fan des Ride au concert revival de ce groupe dont il n’avait jamais entendu parler… Ces cavaliers du shoegaze sur le retour se produisent à l’Olympia ce soir : ils avaient disparu depuis le milieu des années 90’ après avoir animé ce mouvement particulier où à force de forcer sur les effets pour créer des murs de guitares distordues, les musiciens passent leur temps à regarder leurs pieds pour savoir sur quelle pédale d’effet appuyer…

    Cela fait longtemps qu’ils ne sortent plus de disque mais ce soir ils font salle comble pour jouer ce que les spécialistes nous explique être un patchwork de leur carrière, mêlant des mélodies poppy avec de longs instrumentaux bruitistes. Un peu nonchalants, bons instrumentistes, ils tiennent la scène. La colonie britannique de Paris, les fans de toujours et les nouveaux venus leur réservent un franc succès.

  • Sophie Hunger – 2015/05/19 – Paris la Cigale

    Sophie_Hunger_The-Rules

    Sophie Hunger présente son nouveau disque Supermoon ce soir à la Cigale : toujours désarmante et surprenante, et toujours autant de tendresse. Jupette et bas noirs, talons hauts, cheveux en couette, après avoir joué deux titres récents elle nous fait part dans son français hésitant de son émotion de savoir que nous ne « l’avons pas oubliée » et que nous restons curieux de la musique qui lui passe par la tête.

    Le groupe est étagé sur des estrades de différentes hauteurs entourant le piano à queue sur lequel elle joue plus souvent que par le passé : un claviériste-trompettiste, un bassiste, un batteur et un guitariste l’accompagnent, tous vêtus de noir. Un light-show dépouillé composé uniquement de faisceaux blancs, tout est concentré sur la musique et la voix de Sophie.

    Ambiance détendue et chaleureuse, les musiciens passent allègrement d’instruments aux autres, des cordes au vent, Sophie échange guitares électrique et acoustique, piano et harmonica, les morceaux s’enchaînent avec élégance, commentés de ci de là par leur auteur interprète plutôt bavarde ce soir dans son français hésitant de suisse allemande.

    Jazzy, bluesy, frenchy, la musique de Sophie Hunger a pris un peu de poigne cette année, moins tragique mais toujours tendre. Même la reprise de Noir Désir Le Vent nous portera jouée auparavant presqu’a capella avec une légère guitare acoustique est aujourd’hui électrisé.

    Sophie auteure-compositrice-chanteuse-multi-instrumentiste et chef de bande délivre une musique plus sereine mais toujours à fleur de peau. C’est un vrai plaisir de passer ces moments musicaux avec une artiste de cette trempe qui déborde d’énergie et de bonheur de jouer. Elle ne remplit pas des stades mais nous laisse entrer dans un monde tout en subtilité, humour, romantisme et tendresse : tout ce dont nous avons besoin, bien loin de la furie abrutissante d’une pensée formatée en 140 signes sur Tweeter. Sophie Hunger : une Superman Women comme elle le scande dans la chanson qui clôt le second rappel.

    Petite faute de goût, sur son dernier disque elle reprend La Chanson d’Hélène écrite par Jean-Loup Dabadie pour le film Les Choses de la Vie dans les années 70’, et elle est accompagnée par… Eric Cantonna, un fouteballeur sur le retour. Heureusement le pousseur de baballe n’était pas sur scène ce soir.

    Setlist : Supermoon/ Fathr/ Love Is Not the Answer/ Heharun/ Queen Drifter/ Shape/ Spaghetti mit Spinat/ Das Neue/ Le vent nous portera (Noir Désir cover)/ Mad Miles/ We Are the Living/ Take A Turn/ The Capitalist/

    Encore : Walzer Für Niemand/ The Age of Lavender/ Superman Woman

    Encore 2 : Craze/ 1983

    Encore 3 : Train People

  • Blum Bruno, ‘Lou Reed – Electric dandy’.

    Sortie : 2014, Chez : Le Castor Astral.

    L’histoire passionnée de Lou Reed par Bruno Blum, célèbre journaliste-écrivain du rock. Lou Reed co-fondateur du groupe de légende The Velvet Underground, Lou Reed colérique et exigeant, déprimé et créateur, drogué et inspiré, décédé fin 2013 à 72 ans alors que peu d’admirateurs auraient parié sur une mort paisible dans son lit.
    Lou Reed a éclos dans l’entourage d’Andy Warhol en 1966 et initié un mouvement musical et poétique qui inspira nombre de groupes par la suite. Sombre et urbain, il raconte dans ses textes la dévastation des quartiers de New-York à cette époque où se croisent dealers et intellectuels de la beat generation.
    Il crée un son brutal et sophistiqué, techno et contemporain, sans arrêt en recherche d’innovation n’hésitant pas provoquer la critique et ses fans pour l’emmener sur les chemins d’avant-garde qui sont ceux qu’il fréquente.
    Une fois séparé du Velvet, fâché avec tous ses amis, il traversera des périodes désertiques avant de renaître dans les années 90 et d’être enfin reconnu comme l’artiste majeur de son temps. Il surfe alors de disques en opéra, de poèmes en créations littéraires, de concerts sublimes en comportements exécrables. Il terminera son œuvre avec Lulu, une histoire sordide mise en musique avec Metallica, un groupe de hard-rock, dernier clin d’œil à son public un an avant sa mort en octobre 2013.
    Pas tout à fait une dernière œuvre car des kilomètres de bandes magnétiques inédites sont amenées à ressortir des tiroirs dans les années à venir.
    Outre l’histoire musicale de Lou, Bruno Blum chronique par le menu détail un grand nombre d’enregistrements sous de multiples versions de l’œuvre de géant que fut Lou Reed, finalisant ainsi la troisième (et sans doute dernière) version de sa biographie reedienne. Une référence !

  • Angus & Julia Stone – 2015/04/23 – Paris le Zénith

    Angus & Julia Stone – 2015/04/23 – Paris le Zénith

    Après leur merveilleux concert du Casino de Paris en décembre dernier Angus & Julia Stone sont de retour au Zénith ce soir avec toujours la même douceur pleine de romantisme dans la musique de cette fratrie australienne. Des mots simples sur des ballades folks, des voix un peu lassées, la musique post-hippie du XXIème siècle.

    Enfants d’un père musicien ils ont poursuivi sa passion, séparément puis réunis. Natifs de l’Australie le pays des grands espaces où la vie semble libre, ils incarnent le coté apaisé de leur ile-continent. Chevelus-barbus, les cinq musiciens masculins entourent Julia-pleine-de-grâce qui partage le micro avec son frère Angus. Trois guitares aériennes pour accompagner deux voix éthérées, une rythmique en fond et des nappes de clavier. Parfois Julia danse seule dans un coin de la scène, portée par cette musique charmante. Souvent elle sourit devant son micro sans que l’on ne sache bien si elle s’adresse au public ou si elle ne fait qu’exprimer sa félicité intérieure de créer et partager cette musique de cœur. Angus ferme les yeux en chantant et susurre ses textes dans sa barbe.

    Angus et Julia, un couple musical furieusement romantique et tellement bienvenu !

  • Pulp – le dernier concert

    Pulp_Documentaire2001, le groupe britannique Pulp cesse de tourner après un dernier disque We Love Life créé sous tension. 2013, Jarvis Cocker leader-fondateur du groupe décide le reformer pour organiser une tournée d’adieu et mettre fin de façon élégante à cette aventure musicale. Le dernier concert sera pour Sheffield, ville dont est originaire Pulp. Ce documentaire retrace l’histoire du concert à travers des interviews de vieux fans du groupe, de jeunes groupies venues des Etats-Unis ou d’Australie pour ce show unique, du marchand de journaux du coin de la rue, des musiciens eux-mêmes qui ont connu des fortunes diverses depuis leur séparation. La claviériste raconte son arthrite déclarée lorsqu’elle était adolescente et qui ne l’a pas empêchée de jouer tout au long de ces années, et pour cette ultime tournée, malgré des doigts déformés. Nous sommes à Sheffield, alors bien sûr un autre régional de l’étape s’invite dans le film et sur scène : Richard Hawley. Et puis Jarvis bien sûr, le héros sympathique du groupe et auteur des principaux textes, ironiques et cinglants sur les choses de tous les jours, sur le sexe et l’amour, la politique, la lutte des classes…

    Un groupe marquant de cette période qualifiée de britpop, une espèce de nouvelle vague de la fin du XXème siècle, mélodique, plus maligne et moins violente que la new-vawe qui a succédé au punk vingt ans plus tôt. Ce film nous redonne à vivre un peu de la nostalgie de cette époque.

  • La Musique et Dieu

    Aldo Ciccolini, immense pianiste classique récemment décédé disait :

    Je ne sais si Dieu existe mais en tout cas il n’est pas supérieur à la musique.

  • David Bowie is…(2)

    Bowie-is_01Et voici enfin cette fameuse exposition David Bowie is… dont le tout-Paris bruisse depuis quelques semaines. Elle est évidemment bondée, mais vaut le déplacement. Une exposition techno alliant documents écrits, vidéo, image et son, dans laquelle le visiteur se promène un casque hi-fi sur les oreilles qui se connecte automatiquement sur l’animation devant laquelle il déambule.

    Chaque pièce apporte une réponse différente à la question David Bowie is? en illustrant la réponse avec force médias ou objets. On y voit les costumes créés pour les différents personnages endossés par Bowie, des manuscrits originaux sur lesquels il écrivit certaines de ses chansons de légende, des guitares, le verbalizer un ordinateur dont il initia la création pour moderniser l’écriture automatique chère aux surréalistes, des photos, des affiches. Le tout est interactif, bouge avec les spectateurs, se rembobine quand on tourne le dos, est projeté sur tous les murs, le plafond… La voix du Maître est omniprésente : de Starman enregistré lors d’un cultissime émission de Top of the Pops en 1972, à Heroes en 2001 dans un concert hommage aux policiers new-yorkais de l’après 11 septembre, sur Golden Years par le Thin White Duke, avec Rock ‘n’ Roll Suicide lors de la destruction de Ziggy Stardust en 1973 (…not only it’s the last show of the tour, but… it’s the last show I will ever do), dans les écouteurs où il devise sur le chaos du Monde et le processus créatif.

    Bowie est partout dans cet environnement féérique et sombre qu’il a créé de toute pièce, fruit de son incroyable imagination qui, alliée à un talent musical et littéraire hors pair, a engendré l’un des artistes qui a marqué le XXème siècle.

    On craignait un simple étalement des oripeaux de la star, style fan-club de Claude François. On a beaucoup mieux avec un voyage au gré des étapes d’un parcours artistique éblouissant. Le public reconnaissant se presse démontrant si besoin en était l’influence que Bowie a eu sur bien des vies. L’aventure n’est d’ailleurs pas finie en ce nouveau siècle. Vu le nombre de visiteurs au m², le mieux est sans doute de repartir avec le catalogue de l’exposition pour être sûr que l’on a perdu aucun détail.

    Voir aussi David Bowie is…(1)

  • The Dandy Warhols – 2015/03/14 – Paris le Trianon

    Les Dandy Warhols à Paris ce soir pour une gig de nos cow-boys and girl de l’Oregon ; pas de nouveau disque à l’horizon, juste le plaisir de jouer une set-list classique devant un public de fervents habitués qui ne manqueraient pour rien au monde l’un des (fréquents) passage des Warhols à Paris.

    Une musique qui pulse, jouée par des pro de la scène garage depuis des années. Ils ont le cuir tanné par les petites salles du monde entier qu’ils chauffent de leurs rythmiques entraînantes et si magnifiquement efficace. Pas de fioriture ni de chichi, du Rock, juste du Rock : deux guitares (Courtney et Pete), une key- bass (Zia) et une batterie (Brent). Une unité scellée par des années de route et une dizaine de disques depuis leur création en 1993.

    Ces quatre-là sont les doigts d’une même main et il n’y a pas besoin de se poser longtemps la question pour savoir si l’on prend une place pour leur concert lorsqu’ils s’annoncent du côté de chez vous ! Ne boudons pas notre plaisir et lorsque retentissent les accords tressautants de Bohemian… ou le long déchirement de guitare de Godless le Trianon d’un seul homme se lance dans une danse effrénée et ondulatoire pour accompagner le chant goguenard de Courtney, sorte de Lucky-Luke dégingandé qui a remplacé Jolly-Jumper par une guitare.

    Et lorsqu’il faut changer les cordes de Pete, Zia nous annonce « I’m gonna pi’ » pendant que Courntey improvise sur Every day should be a holiday. Les Warhols font partie de la famille alors on partage tout avec eux. Ils dégainent un rock un peu désabusé teinté de ce blues qui lui donne son âme. Ils nous servent leur rock rugueux comme notre grand-mère faisait revenir la potée dans son faitout : succulent et qui tient au corps.

    Les vingt dernières minutes du show sont éblouissantes avec l’enchaînement de tous les morceaux que l’on vénère et le final sur Boys better avec les moulinets de circonstance de Brent sur sa guitare : Boys had better beware./ You could seem to color your hair./ Or on a wig, you already spent./ All the dough to cover your rent… Pas de surprise donc, mais que du plaisir.

    Setlist : Be-in / Crack cocaine rager / Get off / Something you got to get over / The last high / I love you / Everyone is totally insane / Down like disco / Rev Jim / Well they’re gone / Good morning / And then I dreamt of yes / Plan A / Every day should be a holiday / Holding me up / All the girls in London / We used to be friends / Horse pills / Bohemian like you / Godless / Pete international airport / Boys better

  • Fauve Paris – 2015/03/12 – Bataclan

    Fauve_Logo

    Fauve au Bataclan ce soir au milieu d’une série de concerts parisiens dans toutes les salles disponibles. Ca ressemble à un marathon urbain, ce n’est que Fauve délivrant ses mots à des adolescents en adoration. Ce groupe jeune fondé en 2010 rencontre un incroyable succès auprès d’un public qui a son âge : vingt ans et moins. Ils s’affichent comme un collectif d’une vingtaine de membres dont les cinq musiciens de scène (chant, guitare, basse, batterie et clavier) mais aussi des vidéastes, des comédiens et les techniciens. Ils ne souhaitent pas mettre en avant les personnalités et se réfugient derrière le relatif anonymat du groupe.

    Ils jouent dans des lumières à contre-jour, donnent des interviews dans donner leurs noms, tournent des vidéos floutées où l’on ne distingue pas leurs visages…

    Le chant, plutôt la récitation, est assuré par un gamin binoclard qui saute dans tous les sens comme une sauterelle dévidant ses textes dans une logorrhée vitale sur fond de rythmes de guitares et de claviers, répétitifs et mélancoliques.

    Ils sont mignons les Fauve : casquettes-baskets-capuches délivrant un rap poétique d’adolescents tourmentés par la découverte de la vie et des filles. En fond de scène un grand écran découpé en cinq bandes verticales passe des vidéos à base de mobylettes, de paysages urbains, de flous colorés et de leur logo sur fond rouge flamboyant, sorte de F réduit en hashtag en référence à Fauve, lui-même rappelant le film Les Nuits Fauves qui avait tant marqué la jeune génération Sida dans les années 90 et dont le groupe ressert cette vie traquée.

    Ils ont joué ce soir avec l’énergie du désespoir et toujours une lumière au bout du tunnel. Ils sont une sorte de Rimbaud bionique devant un parterre de gamins déchaînés.

    Ils sont touchants les Fauve :

    Pour essayer d’aider les miens de la bonne façon / d’agir selon des nobles fins / et un jour enfin donner tort à cette voix qui me répète :

    « Tu seras dominant ou noyé / écrasant ou écrasé / carnassier ou dispensable / gagnant ou donnée négligeable

    Tu seras semblable à tes semblables / comme tout le monde ou dégradable / plus malin ou trou du cul / tortionnaire ou corrompu

    Tu seras battu et silencieux / ou bien cruel mais victorieux / rigoureux ou inutile / féroce ou détail futile

    Tu seras ce qu’on te dit / tu discutes pas / ici-bas c’est comme ça

    T’as compris le jeu petit merdeux ? C’est la roulette / tu choisis pas »

    Ah ouais ? Tu crois ça ?

    Et bah écoute / je sais pas pour toi / mais pour moi / ce sera

    La tête haute / un poing sur la table / et l’autre en l’air / fais-moi confiance avant de finir six pieds sous terre

    J’aurai vécu tout ce qu’il y a à vivre et j’aurai fait tout ce que je peux faire

    Tenté tout ce qu’il y à tenter / et surtout j’aurais aimé.

    Ils sont sympas les Fauve.

     

  • David Bowie is… (1)

    Bowie à l'affiche dans tout Paris et les dîners en ville. La consécration d'un vrai artiste !David Bowie est à l’affiche dans tout Paris avec l’exposition David Bowie is de passage pour quelques mois à la Philharmonie de Paris et, autour, nombre d’évènements célébrant l’artiste et son influence : concerts, conférences, installations…, sans parler de nombre d’émissions médiatiques et de suppléments de journaux spécialisés à grand renfort de couvertures facilement composées à partir des multiples facettes jouées par le personnage tout au long de sa carrière.

    Il se dit que Bowie était venu anonymement visiter l’exposition lorsqu’elle est passée à Londres. On le verra peut-être à Paris d’ici le 31 mai fin de l’étape parisienne de la caravane David Bowie is.

    Ce soir, la Philharmonie présente l’orchestre national d’Ile de France interprétant deux symphonies écrites par Philip Glass, compositeur américain de musique contemporaine, sur des variations des albums mythiques Low et Heroes. Durant Low un film noir et blanc est projeté sur un grand écran placé au-dessus de l’orchestre, on y voit un Berlin en friche, comme dévasté au milieu de ruines urbaines dans lesquelles erre un homme. A l’issue de cette symphonie l’orchestre se retire et l’homme errant entre (en vrai) sur scène où il récite le livret du disque Outside narrant les aventures du détective Nathan Adler spécialiste en crime mis en scène comme œuvre artistique, et enquêtant sur le meurtre de Baby Grace Blue. Deux musiciens l’accompagnent aux claviers et à la guitare. Les textes sont complètement surréalistes et délirants, fruit de l’imagination débordante de Bowie, et la beauté de la mise en scène est que le film précédent est repassé et le spectateur découvre que le journal de Nathan Adler en est en fait le scénario. La récitation se termine par l’interprétation très pure de Where are we now? morceau présent dans le dernier disque surprise de Bowie sorti en 2013 et se déroulant à… Berlin : Had to get the train/ From Potsdamer Platz/ You never knew that/ That I could do that/ Just walking the dead/ …/ Where are we now?/ The moment you know…

    Après l’entracte, l’orchestre revient pour interpréter la Symphonie 4 « Heroes » avec en fond un film sur un couple de danseurs (dont la femme offre une frappante ressemblance avec Bowie) évoluant toujours dans des environnements en ruine et prestant une danse contemporaine un peu saccadée et répétitive, sans doute dans l’air de la modernité.

    Tout ceci est bel et bien beau, inspiré par l’œuvre musicale majeure de Bowie, mais sans doute un peu trop intellectuel et contemporain, bobo-arty pour faire plus court… On perd un peu de la fulgurance bowienne. C’est bien que cela existe mais ne représente sans doute pas le format idéal pour les compositions de David Bowie, sans doute plus adaptées au concert rock ou au CD.

    La représentation a lieu dans la nouvelle grande et polémique salle de concert de cet ensemble dédié à la musique inauguré en janvier 2015. Un peu tarabiscotée et kitsch, sans doute de bonne qualité acoustique pour les puristes, le spectateur-contribuable ne peut s’empêcher de se demander s’il était bien raisonnable de dépenser des fonds publics pour une nouvelle salle de concert à Paris qui en compte déjà bon nombre. Bien entendu cette Philharmonie n’est pas programmée pour être rentable et les contribuables vont bien entendu devoir en subventionner le fonctionnement que le prix des places à payer par les spectateurs ne suffira pas à équilibrer. C’est l’exception culturelle à la française.

    Voir aussi David Bowie is…(2)

  • Young Neil, ‘Une autobiographie’.

    Sortie : 2012, Chez : Points P3111.

    L’itinéraire d’un hippie canadien de génie : à presque 70 ans, Neil Young se décide à raconter sa vie. Musicien hors pair de sa génération, poète subtil de notre monde, il a bercé tant d’autres existences de ses mélodies et de ses mots ! Sa vie a été celle de la génération Woodstock avec un talent inégalé. Il a participé à de multiples projets musicaux depuis ses débuts, est resté fidèle à son groupe de base le Crazy Horse, a bricolé le son sa vie durant, traversé l’arrivée du numérique, composé des chefs d’œuvres, compromis ce qu’il fallait avec l’industrie, vécu l’utopie hippie sur la cote californienne et… rendu heureux des millions de fans.

    On apprend aussi sa passion pour les vieilles voitures américaines qu’il veut transformer en véhicules électriques, son projet de révolutionner la qualité sonore des baladeurs, les épreuves de sa vie avec deux enfants handicapés.

    Bien sûr il est question de beucoup de morts et de regrets dans ce livre. Des musiciens fauchés par la drogue à une époque elle était considérée comme favorisant la création, et puis des artistes atteints par la limite d’âge qui n’a pas encore frappé Neil, compositeur et guitariste de légende, déplaçant encore les foules comme à Paris en 2013 avec Crazy Horse.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2013/06/neil-young-crazy-horses-20130606-paris-bercy/
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    Le journal d’un homme attachant.

  • PJ Harvey innove

    PJ_Harvey_Dessin-Pierre-MornetPJ Harvey réalise l’enregistrement de son prochain disque en public dans les sous-sols de la Somerset House à Londres. Plus exactement, quelques happy-few sont autorisés à assister pendant trente minutes au travail de l’artiste et son groupe en les regardant à travers une glace sans tain. Original, mais voyons le résultat musical et poétique lorsqu’il sortira.

  • alt-J – 2015/02/04 – Paris le Zénith

    Alt-J_This_Is_All_Yoursalt-J au Zénith ce soir : on les avait découvert à Rock-en-Seine 2013 après la sortie de leur premier album An awesome wave, les revoici en France pour la sortie de This is all yours.

    Une musique ciselée et subtile caractérise ce groupe si jeune et intello. Quatre musiciens de Leeds qui se sont rencontrés à l’université où ils étudiaient la littérature et les beaux-arts. Macinstoch (d’où leur nom et le symbole du triangle), guitare et inspiration leur permirent rapidement de réussir dans le petit monde du rock indé. Des prestations scéniques dépouillées firent le reste pour les mettre en haut de l’affiche. A peine reconnu l’un des membres du groupe les quitte pour être remplacé. Si le chanteur guitariste Joe Newman et claviériste Gus Unger-Hamilton semblent les inspirateurs de la musique, le groupe se présente en tant que collectif sur scène où ils jouent en ligne face au public.

    Les couleurs impressionnistes de la couverture du dernier disque animent le light-show très dépouillé du concert. Nos quatre musiciens déploient leur œuvre avec délicatesse et fluidité. C’est un instant hors du temps porté par la voix haut perchée de Joe, parfois mal articulée mais qui s’ajoute comme le cinquième instrument de ce quatuor. Joe et Gus chantent souvent en duo délivrant des harmonies presque grégoriennes. Les notes des deux guitares très pures et très hautes sont accompagnées de couches de clavier discrètes et bien placées, le tout rythmé par une batterie sophistiquée.

    Les mots sont originaux : des chansons sur la mort de Capa en Indochine (Taro), sur la violence en référence au Leon (Matilda) de Luc Besson, sur l’amour… des phrases parfois étranges comme cette musique qui les porte haut, très haut, dans les limbes de nos rêves musicaux.

    alt-J un groupe inattendu et original, chantre d’une élégance dépouillée au cœur d’un monde d’excès et de vulgarité. alt-J une musique très pure et innovante créée par un quatuor de charme.

    Setlist : 1. Hunger of the Pine/ 2. Fitzpleasure/ 3. Something Good/ 4. Left Hand Free/ 5. Dissolve Me/ 6. Matilda/ 7. Bloodflood/ 8. Bloodflood Pt. 2/ 9. Leon/ 10. ❦ (Ripe & Ruin)/ 11. Tessellate/ 12. Every Other Freckle/ 13. Taro/ 14. Warm Foothills/ 15. The Gospel of John Hurt
    Encore : 16. Lovely Day (Bill Withers cover)/ 17. Nara/ 18. Leaving Nara/ 19. Breezeblocks

  • Lydon John, ‘La rage est mon énergie’.

    Sortie : 2014, Chez : Seuil. L’autobiographie de « Johnny Rotten » leader-fondateur-chanteur du groupe punk Sex Pistols qui a dynamité la scène rock dans la deuxième moitié des années 70s. Il a survécu au mouvement punk, aussi fulgurant que nihiliste, et c’est déjà un signe qu’il fut plus malin que bien d’autres, notamment son pote « Sid Vicious », bassiste éphémère du groupe, mort à 21 ans emporté par l’héroïne et la folie.
    Johnny raconte son enfance dans les quartiers populaires de Londres où dans les années 60 les gamins jouaient encore dans les ruines de la seconde mondiale non encore reconstruites…, son adolescence dans les squats, sa passion pour la musique (X-Ray Spex, Status Quo, New York Dolls, Ramones, David Bowie…), la baston dans les concerts et l’incroyable révolte punk qui a engendré un fantastique renouveau du rock post hippie-flower-power, puis la création des Sex Pistols, groupe d’un disque unique et d’exploits sociétaux d’un genre plutôt particulier.
    Après l’explosion en vol des Pistols, le garçon continue une route musicale (un peu) plus calme avec son nouveau groupe PiL (Public Image Limited), s’installe aux Etats-Unis (New-York puis Los-Angeles) où il vit encore et a même obtenu la nationalité américaine.
    Marié avec Nora dont la fille était la chanteuse du groupe punk féminin The Slits, il perd un peu de notre temps à narrer ses participation à des émissions de télé-réalité dont il aurait sans doute pu se passer, mais même la révolte a une fin !
    Ce récit nous replonge dans le Royaume Uni thatchérien où une bande de gamins hirsutes aux cheveux verts et rouges ont secoué le cocotier culturel de la Couronne et diffusé sur le reste de la planète une formidable vague d’énergie rock… dont les effets se font encore ressentir.