Catégorie : Musique

  • The Two – 2012/06/01 – Paris le Café de la Danse

    The Two au Café de la Danse, un grand escogriffe à la guitare (David, fils de Jean-Michel Jarre), une petite délicieuse au chant (Ara, peintre, fille de Philippe Stark) qui susurre suavement :

    I’m 22 and I’m feeling blue/ I’m 22 don’t know what to do.

    Accompagnés d’un bassiste et d’un batteur, ces deux là se lancent dans le grand bain de la scène pop-rock. Cela sent les débuts, cela fleure la naïveté, mais il faut bien commencer ! Et il y a derrière cette timidité musicale des années de répétition et de compositions sur cahiers à spirale. Les mélodies sont malignes, les textes un peu amers, les deux voix se complètent harmonieusement, le résultat est agréable d’autant plus que David s’y entend aux guitares, ils nous offriront même une reprise de Michael Jackson (They don’t really care about us), sympathique diversion, et une prestation avec le chanteur de No One is Innocent. L’ambiance est pop-légère, la soirée bobo-bastille. On peut certainement acheter leur premier disque.

    Bonne surprise en première partie avec FM Laeti, chanteuse black à la voix soul, accompagnée d’un guitariste : de la joie, de la gaucherie mais du talent, et une voix incontestable.

  • Elvis Costello & the Imposters – 2012/05/29 – Paris l’Olympia

    Elvis Costello à l’Olympia ce soir : Elvis et ses Imposters c’est un peu une cure de jouvence pour les quinquas+, dont quelques VIP, qui s’installent sur les fauteuils rouges du théâtre parisien. Les Imposters ont en partie remplacé les Attractions, en partie seulement car Steve Nieve (claviers) et Pete Thomas (batterie) sont du groupe actuel comme ils furent de l’ancien (Davey Faragher est le novice de la soirée à la bass). Et avant les Attractions il y eu le gang de The Rumour, parti ensuite sur la route de Graham Parker, puis celle de Garland Geffreys plus apte que Graham à leur assurer un salaire en fin de mois… Toute cette bande du petit monde intello-krypto-punk de la fin des années 70’s est toujours là : Garland vient de sortir un disque, Graham est exilé aux Etats-Unis où il donne des concerts solo, et Elvis est face à nous ce soir.

    Après une introduction de quatre chansons Elvis coiffe un chapeau-claque, s’empare d’une baguette de magicien et nous explique la suite du déroulement du show, c’est-à-dire principalement la désignation par une hôtesse de spectateurs volontaires pour monter sur scène et faire tourner la grande roue à chansons qui permettra de choisir les morceaux à interpréter. Il y a là un large échantillon de 35 années de carrière et lorsque par hasard la roue semble s’arrêter sur un titre déjà joué, Elvis la pousse un peu vers la suivante.

    A gauche de la scène se trouve une cabine a go-go-dancing, une table de bar et deux chaises où s’assoient les volontaires après leur choix, avec un cocktail multicolore, le temps de l’exécution des morceaux désignés par la chance et pendant qu’une beauté black se déhanche dans la cabine. Antoine de Caunes sera l’un de ces volontaires et ira même rejoindre la danseuse dans sa cabine pour se déhancher à l’unisson, et tout ceci pendant qu’Elvis et ses imposteurs travaillent !

    Au-delà de cette mise en scène un peu tape-à-l’œil mais finalement sympathique, le plus formidable est surtout de retrouver Elvis dans une forme olympique avec une voix qui n’a pas changé d’un iota depuis tout ce temps, avec ce même timbre un peu brumeux-métallique et capable d’acrobaties rythmiques et harmoniques assez incroyables. Et il y a la guitare rythmique dont il joue toujours avec brio et détachement. Et il y a surtout les claviers de Steve qui enrobent cette musique originale de leurs nappes énergiques et joyeuses.

    La recette Costello ce sont des morceaux concis et percutants, marqués par de fréquentes ruptures de rythmes et de tons, le tout sur des textes narquois. Cette recette fait encore fureur à l’Olympia ce soir, des tubes légendaires passent en trombe au milieu d’items du répertoire moins connus : Accident Will Happen, Watching the Detectives, Veronica

    C’est ce qui avait permis à ce desperado de transcender l’énergie primale des groupes punks de son époque pour accoucher d’une musique tout de même sacrément plus évoluée et jouissive. Une débauche de disques est furieusement déversée sur le marché depuis les années 70’s par ce créateur hors pair et infatigable, avalant toutes les inspirations, du rythme & blues au reggae, en passant par la country et même des incursions dans la musique classique et le jazz, pour synthétiser le tout dans une musique à part, difficile à ranger dans une case, faite de notes et de mots pétillants, riches et joyeux, servis par un groupe de vieux requins de la scène rock qui jouent de leurs instruments avec un brio et un naturel exceptionnels.
    Elvis Costello : un grand musicien, un créateur ambitieux !

    Et lorsqu’il rechausse le chapeau claque, la fin approche. Le meneur de jeux a beaucoup donné, avec un enthousiasme de jeune homme, alors avec ses trois potes ils vont jouer Pump it Up en finale : …Out in the fashion show,/ Down in the bargain bin,/ You put your passion out/ Under the pressure pin./ Fall into submission,/ Hit-and-run transmission./ No use wishing now for any other sin./ Pump it up until you can feel it./ Pump it up when you don’t really need it.

    Et I Want You pour terminer, un monument !

    Set list :
    Overture – featuring the former Mother Superior of Our Lady of Perpetual Torment, Dixie De La Fontaine
    I Hope You’re Happy Now/ Heart Of The City/ Mystery Dance/ Radio Radio
    The Spectacular Spinning Songbook
    Motel Matches – Spin 1/ Accidents Will Happen – Spin 2
    « Joanna » Jackpot – Spin 3
    I Still Have/ That Other Girl/ She/ Talking In The Dark
    « Numbers » Jackpot – Spin 4
    Less Than Zero/ 45/ One Bell Ringing/ Watching The Detectives/Help Me – Spin 5/ Oliver’s Army – Spin 6/ Bedlam – Spin 7 – M. Antoine de Caunes’ Spin
    Chelsea – Featuring The Crazy Go-Go Stylings Of M. Antoine de Caunes – IMPROMPTU
    Interlude
    A Slow Drag With Josephine – Napoleon Solo/ Jimmie Standing In The Rain – Napoleon Solo/ Who’s The Meanest Girl In Town, Josephine – Napoleon « Ukulele » Solo/ Veronica – with the Imposters/ Shipbuilding/ National Ransom No.9
    The Hammer Of Songs
    So Like Candy/Don’t Let Me Be Misunderstood/ Everyday I Write The Book – IMPROMPTU/ Alison/The Wind Cries Mary
    Finale
    « Happy » Jackpot – Napoleon’s Choice
    I Can’t Stand Up For Falling Down/ High Fidelity/ Pump It Up/ Peace, Love And Understanding/
    Poor Napoleon – Pour Sofia et Thomas/ I Want You

  • Exposition « Bob Dylan – l’explosion rock 61-66 »

    Très belle et intéressante exposition Bob Dylan à la Cité de la musique : des photos, des films d’archive, de la musique ; on y croise Woodie Guthrie, Pete Seeger, Joan Baez, Françoise Hardy, Hugues Aufray et toute la génération de la contre-culture américaine qui a tant marqué les années 60 occidentales. A visiter !

  • « The Last Waltz » de Martin Scorsese

    The Last Waltz acheté à l’issue de la visite de l’exposition Bob Dylan à la Cité de la Musique : un très grand film de Martin Scorsese sur le dernier concert du Band, le groupe qui a longtemps accompagné Dylan. Le show date de 1976, c’est le deuxième grand film rock que j’ai vu après Woodstock, découvert alors que j’étais encore au lycée.

    Dans cette dernière valse, on découvre un groupe qui met fin avec nostalgie à une carrière de 16 années sur la route où tant d’artistes se sont brûlé les ailes. Un groupe de country-blues, enthousiaste et à la fois épuisé par cette expérience hors norme. Sur scène les plus grands viennent les saluer et danser cette valse d’adieu : Neil Young, Eric Clapton, Muddy Waters, Ron Wood, et Bob Dylan bien sûr.

    Un film en noir et blanc, émouvant et subtil, à revoir !

  • Portishead annoncé à Vienne

    Portishead annoncé pour le 25 juin au Théâtre antique de Vienne.

  • Jeanne Added / Laetitia Shériff / Lisa Portelli – 2012/05/14 – Paris le Café de la Danse

    Jolies (presque) découvertes au Café de la Danse où se produisent en trois shows, courts et enlevés : Jeanne Added, Latetia Shériff et Lisa Portelli.

    Jeanne, bassiste-chanteuse, une réincarnation de Marlène Dietrich électronique, le cheveu hirsute, chemisier frou-frou, une voix trouble portée par la bass sacadée, une atmosphère froide et contemporaine.

    Laetitia, abonnée aux premières parties avec sa guitare baryton et ses samples. Elle mériterait les feux de la rampe, elle devrait les retrouver avec la reconstitution annoncée de son groupe. En attendant, elle continue à nous charmer de sa voix sombre posées sur ses arpèges répétitifs et obsédants.

    Lisa, un petit brin de femme blonde en chaussure blanche, montée sur ressorts, accrochée à sa guitare, virevoltante et agile, accompagnée d’un guitariste-grande-bringue et d’un batteur-sympathique, chantant en français d’une voix sucrée des textes charmants, elle est tout simplement exquise.

    Plaquant des riffs automatiques sur sa guitare en dialogue avec les six cordes de l’escogriffe, ils font monter la tension et terminent les morceaux dans des paroxysmes de rythmes électriques sens dessus dessous, et des vagues de cheveux blonds fouettant les airs. Un petit air de Vanessa Paradis mais ne nous y trompons pas, c’est une rockeuse… au cœur tendre.

  • The Dandy Warhols – 2012/04/29 – Paris l’Olympia


    The Dandy Warhols à l’Olympia, on ne se refuse rien, les quatre de Portland restent fidèles à leur musique et leurs habitudes : un disque tous les 2 ou 3 ans et une tournée dans la foulée ; évidemment ils sortent peu à peu du ghetto underground dans lequel ils se complaisaient et jouent maintenant dans le music hall chic de Paris. Tant mieux, ils le méritent très largement !

    Un nouveau disque : This Machine vient de sortir, on ne l’a pas encore écouté mais qu’importe, d’ailleurs le show commence par un triptyque fameux et classique : Mohammed, Used to be Friends & Last Junkie. Nos quatre cow-boys & girl sont alignés sur le devant de la grande scène, des étendards à tête de mort recouvrent les amplis, sur le fond de la salle une immense bannière à leurs couleurs, Courtney arrive en marinière, Zia coiffée d’un sombrero un chinchilla autour du cou, Brent bien droit derrière ses futs, Pete se cache dans les brumes bleutées diffusées par le light-show et étire à l’infini les longues plaintes aigues de sa guitare sur Mohammed annonçant les riffs cinglants de Courtney sur ce morceau emblématique : Again and again/ I get up and say/ I only want to get it right/ I only want to do the right thing/ But all these demons, harass my soul.

    Zia tambourine derrière ses claviers, chinchilla au vent et marque le beat sur lequel se placent les cordes glaçantes de Courtney, le show est lancé et s’en suivra un melting-pot de vieux tubes et de nouveautés menés tambour battant. Ces quatre-là tracent leur sillon rock depuis des décennies à travers le labour de nos âmes, ils jouent avec nonchalance de longues ballades, électriques, dures et tristes. C’est l’Amérique qui s’exprime à travers leurs notes, celle des grands espaces ; la réverbération des guitares évoque les plaines du Middle-West, les routes rectilignes de la Death-Valley, mais la rythmique nous ramène aux bars interlopes où on imagine les Warhols se sont tannés le cuir et qui d’ailleurs fixent souvent l’environnement des clips officiels du groupe.

    Sur Sad Vacation, une chanson de This Machine, Zia joue d’une vraie bass, à cordes, et Pete utilise un archet sur sa guitare, on n’y voit pas une grande différence, mais qu’importe, les tubes s’enchaînent Bohemian, Get Off, Godless, Horse Pills… l’Olympia pogotte, explose, transpire, exulte et finalement dépose les armes devant ces troubadours de l’enfer !

    On croyait devoir quitter la salle sans rappel lorsque Zia, hilare sous son sombrero, revient sur scène pour scander un appel au retour de ses hommes qui… reviennent pour une exceptionnelle montée d’adrénaline sur un Boys Better d’anthologie à la rythmique basique et obsédante assaisonnée d’une petite ritournelle aux claviers. La machine folle s’emballe, semble ne jamais pouvoir s’arrêter mais finalement expire dans le sifflement des larsens, laissant public et musiciens épuisés et rassasiés.

    The Dandy Warhols ! Que les Dieux du rock nous gardent encore longtemps sur la route ces desperados de la 6 cordes. On va tout de même aller acheter This Machine histoire d’y découvrir une perle ou deux qui n’apparaissaient pas évidentes sur scène, mais c’est ainsi, les disques des Warhols ont leur place dans toute discothèque qui se respecte.

    Setlist: Mohammed/ We Used To Be Friends/ Not If You Were The Last Junkie On Earth/ I Love You/ Rest Your Head/ Good Morning/ You Were The Last High/ I Am Free/ Holding me up/ Enjoy Yourself/ Sad Vacation/ Well They’re Gone/ Every Day Should Be A Holiday/ The Autumn Carnival/ Bohemian Like You/ Get Off/ Horse Pills/ Wasp In The Lotus/ Godless/ Country Leaver
    Encore: Pete International Airport/ Boys Better

  • The Stranglers – 2012/04/13 – Paris l’Olympia

    The Stranglers – 2012/04/13 – Paris l’Olympia

    The Stranglers sortent leur dix-septième album studio : Giants à la pochette très romantique on l’on voit une petite fille en jupette face à un portique duquel pendent quatre cordes de pendu à la place des balançoires. Sur leur site web www.thestranglers.net c’est encore plus subtil, les quatre étrangleurs pendent au bout des cordes et une animation voit la gamine pousser les corps pour les faire se balancer… très Stranglers !

    Et notre joyeuse bande d’hommes en noir continue à tourner inlassablement, comme ils le font depuis le milieu des années 70’s. Jet Black est à nouveau empêché pour « raisons de santé » et remplacé comme d’habitude pour son fils (bâtard) spirituel, Ian Barnard. Sur l’affiche de la tournée, Jet se cache derrière un masque à oxygène, tout un programme.

    La scène de l’Olympia semble un peu trop grande pour eux. Ils jouent devant une immense tenture siglée de leur logo blanc sur fond noir et démarrent le show avec l’enchainement Burning up Time, Sometimes et The Raven qui met la salle en joie. Quelques nouveautés extraites de Giant sont saupoudrées sur un parfait best-of de leurs seize premiers disques.

    C’est du Stranglers, du brut, du rugueux, juste assoupli par les ritournelles synthétiques qui dégoulinent de l’estrade où est perché Dave caché derrière ses étagères de claviers. Baz la joue hargneux, grimaces aux lèvres, qu’il plaque des riffs rageurs sur ses noires guitares ou qu’il monte des arpèges sur ses cordes, JJ est plus fluide et félin sur ses lignes de bass, ensemble ils se répartissent le chant avec bonheur et juste comme il faut.
    Les Stranglers sont des proto-punks et il s’agirait de ne pas l’oublier, plus exceptionnel ils sont des punks survivants et oh combien vivants !

    Hanging Around, Peaches, No More Heroes viennent nous le rappeler. Il s’agit de rythmes primaux et d’énergie vitale, ils parlent de violence avec sarcasme, ils nous racontent l’existence avec dérision et les nappes de claviers viennent marquer l’ironie du message.

    Mais ils savent aussi faire dans punk-romantique avec quelques belles pièces comme Golden Brown, le plus récent Relentless et l’inoubliable Always the Sun qui seront joués ce soir pour calmer la furie, si l’on peut dire, car Always… déclenche hourvari et pogos endiablés.

    La dernière chanson du show est lancée par JJ en référence aux élections présidentielles françaises qui se profilent : « si vous aviez une Reine vous n’auriez pas à vous embêter à élire un président mais… » et de jouer un Something Better Change déchaîné et de toute beauté. Deux rappels dont le deuxième rappel se termine par une belle reprise des Kinks : All Day And All Of The Night.

    Warmup : Horses on Fire + Mike Marlin & Band

    Lire aussi : The Stranglers – 2010/03/25 – Paris le Bataclan
  • The Dø – 2012/04/06 – Paris la Maroquinerie

    The Dø en formation resserrée ce soir à La Maroquinerie pour tester de nouveaux arrangements et entamer une tournée européenne : 2 filles et 2 garçons ; O et D, une percussionniste-machiniste et le guitariste habituel, petit génie des cordes en catogan.

    L’ambiance est détendue dans cette salle intimiste, il n’y a pas de batterie ce qui donne une petite touche techno, atténuée tout de même par la quincaillerie-percussion (y compris un assortiment de clés anglaises…) utilisée par la Miss aux machines.

    Le quatuor est dynamique, à la recherche de nouveauté, jongle entre les instruments sur la petite scène de la Maroquinerie. Olivia aimante les regards, bardée d’une blouse que l’on dirait découpée dans un drapeau américain. Elle virevolte, se loupe sur l’intro de Was It A Dream ?, rigole, papote, dansouille sous ses cheveux blonds et chante, comme d’habitude, plutôt bien, d’une voix enfantine ou tonitruante. Elle partage le devant de la scène avec Dan qui joue de la bass comme un combattant, nous délivre un superbe solo de saxophone et tapote sur un clavier à l’occasion.

    Le reste de la petite bande fait plus que la présence en encadrant sympathiquement ce duo de charme.

    The Do murit en produisant une atmosphère plus dépouillée mettant mieux en valeur leurs personnalités remuantes et une musique pop-jazzy-contemporaine enthousiasmante qui pétille de joie.

  • Lambchop – 2012/03/29 – Paris la Maroquinerie

    Lambchop à la Maroquinerie, un grand moment de pureté hors du temps ; Kurt Wagner et sa bande de Nashville sont venus présenter leur musique folk alternative et surtout leur dernier disque : Mr. M, dédié à la mémoire de Vic Chesnutt, décédé en 2009, dont Kurt était très proche et à qui déjà les Cowboys Junkies ont dédicacé un merveilleux disque de reprises l’an passé.


    En blazer bleu-marine, une casquette de base-ball vissée sur le crâne, Kurt cultive un air de beauf de campagne patenté ; un groupe talentueux, Cortney Tidwell qui accompagne aux chœurs après avoir assuré la première partie, tout ce petit monde joue assis, sauf le bassiste, arrangé en demi-cercle face au public. Le volume sonore est modeste, la technique et la musique sont tout en douceur et retenue. La steel-guitar ajoute sa touche traînante et ancestrale. L’inspiration est jazzy-folk, la voix torturée, étirée, comme en pointillé, les musiciens sont appliqués et naturels participant à l’œuvre amicale et intense dirigée par Kurt.

    Avec une dizaine de disques désormais, les Lambchop poursuivent un chemin de traverse guidés par la révérence envers la musique, élevée au rang de source de vie. Les textes sont émouvants et ironiques, une sorte de chronique de petits évènements narrés avec poésie et incertitude. Les mots sont expirés, comme en souffrance : Sustain me with your voice, clean the coffee maker/ And I adore you/ I represent you crying and/ We were born to, we were born to rule.

    Et pour le rappel, Wagner debout sous sa casquette se lance dans un slam effréné ; son label se dénomme City Slang !

    Kurt peint à ses heures perdues et le livret du disque est illustré de sa série Beautilion Militaire 2000 où celui qu’on imagine comme Mr. M déroule son air débonnaire de bourgeois du XIXème siècle :

    Lambshop, une atmosphère déchirante, un talent sans égal et une créativité bien à l’abri des attentes.
    Label City Slang

    Warmup : Cortney Tidwell

  • Que trament les Rolling Stones ?

    Les affiches des Rolling Stones dans tout Paris. Quelque chose se trame pour le 50ème anniversaire de la création du groupe. On a parlé d’un concert inaugural pour le lancement des jeux olympiques de Londres cet été. Maintenant on apprend que la santé chancelante de Keith suite à sa légendaire chute de cocotier dans le pacifique empêcherait une nouvelle tournée… Bref, on ne sait pas bien.

  • La Grande Sophie – 2012/03/13 – Paris le Café de la Danse

    La Grande Sophie au Café de la Danse ce soir pour un concert intimiste et amical. Habillée joliment dans une robe noire étincelante et échancrée, son guitariste dans un élégant costume marron, chapeau mou et guitare brillante, son bassiste alterne entre cordes et machines, un pianiste et un batteur complètent ce quintet d’humeur plutôt rock. La scène est décorée sobrement, au fonds des tentures façon papier japonais et sur le devant de simples ampoules électriques sous le micro.

    Sophie vient de sortir un disque La Place du Fantôme qu’elle nous présente, sans oublier quelques retours sur sa discographie plus ancienne dont une belle version de son hit Du courage, réarrangée de façon très simple et dépouillée, voix et basse, tout simplement.Les nouvelles chansons sont charmantes et introspectives, sur la vie qui passe et les amours qui trépassent. Sophie est à la guitare, aux percussions, au micro, esquisse des pas de danse sous les stroboscopes, la chevelure en bataille, l’œil rieur. Sophie remercie la terre entière pour son bonheur d’être sur scène, nous raconte sa vie, notamment lorsqu’elle était serveuse… au Café de la Danse, il y a des années. Mais Sophie nous rock and folk avec tendresse et énergie, et en français. Sa voix est belle et douce, mais sait aussi être rebelle lorsque priment les rythmes du rock emmenés par son groupe complice.

    En dernier rappel elle vient reprendre Petite princesse, quasiment a capella, chanté au milieu des spectateurs qui la laisse partir, avec regret, pour une nouvelle tournée française.

    La Grande Sophie a beau avoir une tête de mort gravée sur la bandoulière de sa guitare elle nous fait sombrer dans un océan de tendresse ; une artiste lumineuse.

    Setlist : Ma radio | Tu fais ton âge | Nulle part | Quand le mois d’avril | Ma romance | Un jour heureuse | En fait | Suzanne | L’amour ça pardonne pas | Du courage | Sucrer les fraises | Ne m’oublie pas | Écris-moi – Bye bye, etc. | Dans ton royaume | Mon docteur | Quelqu’un d’autre || Disparu | Peut-être jamais | On savait || Petite princesse
    Warmup : Lisa Portelli

  • Les BRMC au boulot

    Les BRMC au boulot

    Les Black Rebel Motorcycle Club ont commencé l’enregistrement de leur nouveau disque au début de ce mois.

  • The Ting Tings – 2012/03/09 – Paris la Cigale

    The Ting Tings, fringant duo de Manchester est de retour sur scène avec un deuxième disque : Songs from Nowheresville. Ils ont changé leurs coupes de cheveux ce qui semble, tel Samson perdant ses forces avec la tonsure, avoir atteint leur inspiration.

    Leur premier disque We Started Nothing a rencontré un franc succès de même que la tournée qui a suivi en 2009. Le deuxième CD est tièdement accueilli par la critique, le show de ce soir va confirmer ce petit trou d’air des Tings. Mais un second disque est souvent délicat à réussir.

    Katie est toujours habillée en mini-jupette et casquette, Jules en lunette noire, les deux sont généreusement peroxydés. La mini-jupette a tendance à remonter et à s’accrocher à l’émetteur radio que la belle porte dans le dos. Il fait très chaud ce soir à la Cigale !

    Il y a des machines, des guitares, la batterie de Jules -qui joue parfois de la guitare en continuant à battre avec ses pieds- et la voix stridente de Katie cachée derrière ses mèches. Ce petit monde se dépense avec la dernière énergie mais ne peut définitivement pas à deux musiciens recréer le son des disques. Alors il y a des bandes qui sont jouées en arrière plan, mais l’ensemble est fluide.

    Le show se déroule sans accroc mais sans surprise, l’effet nouveauté de We Started Nothing s’est estompé, et ce sont d’ailleurs les retours sur ce disque qui rencontrent le plus franc succès : That’s not my Name, Shut Up and Let me Go…

  • Sophie Hunger – 2012/03/07 – Paris la Cité de la Musique

    La cité de la Musique consacre une exposition à Bob Dylan : L’explosion Rock 61-66 et ouvre son amphithéâtre à une brochette de musicien venus revisiter le Grand Maître : Syd Matters, Moriarty, Herman Dune et d’autres. Ce soir c’est Sophie Hunger qui inaugure trois récitals, seule avec guitares acoustiques et harmonica. Il s’agit du Dylan pré-électricité, celui des clubs new-yorkais des 60’s si bien décrit dans le premier tome (orphelin des suivants qui ne sont jamais parus…) Chronicles – 1, celui des chansons protestataires d’une Amérique qui découvrait le racisme de ses Etats du Sud, la guerre du Vietnam qui montait en puissance, la guerre froide qui asservissait les peuples et les revendications d’une jeunesse qui explosera en 1968.

    En préparation de ces prestations, Sophie a déclaré :

    « Quand, dans les siècles prochains, on repensera au XXème siècle, c’est à lui que sera associé toute une tradition musicales, même si je ne sais pas aujourd’hui la forme rétrospective que cet hommage prendra. Tout ce qu’il y a eu d’autre pendant et après, moi y compris, sera oublié. Il restera la seule référence significative et pertinente. »

    Sophie Hunger, notre petite princesse helvétique se présente en Bob Dylan, habillée avec boots, jean et gilet noirs sur T-shirt blanc. Elle incarne le héros (son héros), elle parle avec sa voix, ses mots et lance le concert avec Song to Woody. Elle chante et joue avec son talent, ponctuant les morceaux d’éclats de rire contagieux.

    Pour ces trois shows elle a acheté une guitare Gibson J-50 de 1954 comme celle utilisée longtemps par Dylan. Sur cet instrument d’époque et de légende elle confirme son talent de guitariste et interprète le grand Bob à sa façon. Sa voix est tout de même plus séduisante que les nasillements dylanesques. Comme toujours elle est habitée et lumineuse, un sourire désarmant et la musique rivée à son âme. Dylan peut être fier et reconnaissant de cette fille spirituelle :

    She’s got everything she needs She’s an artist, she don’t look back She can take the dark out of nighttime And paint the daytime black (She belongs to me)

    Elle termine avec une de ses propres chansons : Sophie Hunger Blues, elle-même se référant à Dylan :

    « “I’ll let you part of my dream, if I can be part of yours » Bob Dylan said that/ « I’ll let you part of my dream, if I can be part of your reality » I said that ».

    Et le rideau tombe sur ce délicieux retour sur le siècle dernier où les utopies combattaient encore la barbarie.

    Setlist : Song to Woody, Talkin’ New York, Baby, Let me follow you down, Don’t think twice, it’s all right, Honey, just allow me once more chance, The times they are a-changin’, North country blues, Boots of spanish leather, It ain’t me babe, She belongs to me, I want you, Love Minus zero, It’s alright, Ma (I’m only bleeding), One too many mornings,

    Encore : Sophie Hunger’ blues (Sophie Hunger)

  • Nada Surf – 2012/02/12 – Paris le Bataclan

    Nada Surf au Bataclan ce soir : 3 garçons américains proprets, qui sont passés à 5 sur scène, un groupe des années 90 aux débuts alternatifs, plus célébré en Europe qu’outre Atlantique, et qui depuis ronronne tranquillement de disques en tournées.

    Les aspects novateurs de leur lancement se sont un peu érodés et les Nada Surf sont devenus un groupe de rock élégant et sympatoche. Appréciés en France car ils parlent un français parfait, la légende veut que Matthew Caws (chant et guitare) et Daniel Lorca (dreadlocks, cigarettes et bass) se soient connus sur les bancs du lycée français de New York.

    Ce soir ils jouent gaiment un rock de copains, un soir de Saint Valentin devant un parterre énamouré. Il y a du professionnalisme, de la virtuosité, des riffs vigoureux, des voix élastiques, mais une inspiration limitée. Une bonne soirée quand même.

    Warmup : Water

  • Un disque de Leonard Cohen

    Leonard Cohen sort Old Ideas, un pur joyau, terriblement sombre et serein, qui sonne comme un adieu du poète au monde.

  • Les vœux des Rolling Stones

    Ah, n’oublions pas les reçus les vœux de Mick et Keith ! Merci aux Rolling Stones d’être encore là.

  • Baxter Dury – 2011/12/10 – Paris la Maroquinerie

    Baxter Dury – 2011/12/10 – Paris la Maroquinerie

    Baxter Dury ou la merveilleuse surprise de Noël ce soir à la Maroquinerie pour la sortie de son disque Happy Soup. Une tête d’angelot en costume-cravate-noir-chemise blanche façon mod, accompagné d’un groupe fusionnel dont Madelaine Hart en robe de Pierrot lunaire au minois aussi charmant que sa voix se place merveilleusement bien sur celle de Baxter, et l’excellent Mike Moore aux guitares qui réussit l’exploit d’allumer ses cigarettes au milieu de solos redoutables et nerveux.

    Bref, une bande de sales gosses a pris le pouvoir sur une soirée parisienne et enthousiasmé l’audience avec une musique ironique et une gouaille sans égard. Faut-il rappeler que Baxter est le fils de son père Ian (et ses Blockheads), aux performances duquel le chroniqueur a applaudi en son temps dans les années new wave : Wake-up an Make Love with Me, Sex & Drug & Rock’n’Roll… La génétique fait des miracles et Baxter poursuit la lignée post-punk lancée par son paternel.

    Le groupe démontre une affectueuse complicité pour délivrer une prestation jouissive. La musique est ingénue et les textes ébouriffants, il y est question de Claire, Isabel, de câlins l’après-midi, de garçons qui pleurent dans les hôtels de Brixton, le ton est désabusé mais l’atmosphère est enlevée. Baxter carbure au cognac, chante et slam avec naturel, raconte son ressenti des odeurs parisiennes alors que les techniciens rebranchent des fils. Madelaine tape à deux doigts sur ses claviers et virevolte aux facéties de son leader, les harmonies qu’elle réalise sur ses chœurs sont un régal de douceur et d’élégance, en fait, la marque des chants de ce groupe dont Madelaine est co-chanteuse ! Mike triture ses guitares et tressaute sur ses riffs. Baxter s’abandonne à ses claviers hystériques. Le show courre à perdre haleine emmené avec habilité par la morgue de son créateur et l’unité des siens.

    Baxter Dury vous salue bien : She’s early for no reason ans she’s dancing at angles/ Yet another slim man’s taking chances with another girl/ She could be in her marigolds, dancing on her patio but/ She’s living it up in an other dreary disco town/ Isabel’s sleeping, Isabel’s sleeping/ I think my mate slept with you when you were in Portugal…

    Warm up : Theodore, Paul & Gabriel (un trio de folkeuses françaises à suivre)

  • U2 au cinéma à la Géode

    U2-3D à La Géode : le concert de Buenos-Aires filmé en 3 dimensions. C’est propre, bien fait et sans surprise. La seule incertitude à l’issue du show est de savoir si Bono dort avec ses lunettes de kéké ?