Catégorie : Musique

  • La « poésie » rapp, tout un poème…

    Emotion intello-mondaine, le charmant et très romantique rappeur Orelsan est interdit de séjour au festival Les Franco-folies. Il semble que certaines de ses paroles, toutes en subtilité et délicatesse, choquent. Qu’on en juge :

    Sale Pute

    Attends bouges pas j’ai un mail d’Orel j’te rappelle
    Ce soir j’suis rentré du taff plus tôt que d’habitude
    Je suis passé chez toi pour te faire une surprise
    Quand j’suis arrivé t’étais dans ton hall avec l’autre type qui est en cours
    avec toi
    Et je vous ai vu…
    Je vous ai vu vous jeter sur l’autre, il passait les mains sous ton pull
    pendant que tu l’embrassais
    Putain j’avais envie de vous tuer j’étais choqué j’croyais que tu étais
    différente des autres pétasses
    J’te déteste j’te hais

    J’déteste les petites putes genre Paris Hilton les meufs qui sucent des queues
    de la taille de celle de  »Lexington »
    T’es juste bonne à te faire péter le rectum même si tu disais des trucs
    intelligents t’aurais l’air conne
    J’te déteste j’veux que tu crèves lentement j’veux que tu tombes enceinte et
    que tu perdes l’enfant
    Les histoires d’amour ça commence bien ça fini mal
    Avant je t’aimais maintenant j’rêve de voir imprimer de mes empreintes
    digitales
    Tu es juste une putain d’avaleuse de sabre, une sale catin
    Un sale tapin tous ces mots doux c’était que du baratin
    On s’tenait par la main on s’enlaçait on s’embrassait
    On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée
    On verra comment tu suces quand j’te déboiterai la mâchoire
    T’es juste une truie tu mérites ta place à l’abattoir
    T’es juste un démon déguisé en femme j’veux te voir briser en larme
    J’veux te voir rendre l’âme j’veux te voir retourner brûler dans les flammes

    Refrain x2

    Poupée je t’aimais mais tu m’as trompé
    Tu m’as trompé tu l’as pompé, tu es juste une sale pute
    Une sale pute une sale pute une sale pute une sale pute

    J’déteste les sales trainées comme Marjolaine
    Les petites chiennes les chichiteuses les filles à problèmes
    J’rêve de la pénétrer pour lui déchirer l’abdomen
    Je t’emmènerai à l’hôtel je te ferai tourner dans ma villa romaine
    Tu suces pour du liquide tu te casses à marée basse
    Pétasse tu mériterais seulement d’attraper le DAS

    Le seul liquide que je t’ai donné c’est mon sperme
    Si j’te casse un bras, considères qu’on s’est quitté en bons termes
    J’t’aime j’ai la haine j’te souhaite tous les malheurs du monde
    J’veux que tu sentes la chaleur d’une bombe j’veux plus jamais que tu me
    trompes
    J’étais trop fidèle (sale pute)
    J’ai les nerfs en pelote (sale pute)
    J’vais te mettre en cloque (sale pute)
    Et t’avorter à l’Opinel

    « Oh mais c est de ta faute t’étais jamais là pour moi »

    Oh je m’en bas les couilles c’était de la faute à qui
    J’te collerai contre un radiateur en te chantant ‘Tostaky’
    J’veux que tu pleures tous les soirs quand tu tu t’ endors
    Parce que t’es du même acabit que la pute qu’à ouvert la boite de pandore

    Refrain x2

    J ai la haine j’rêve de te voir souffrir
    J ai la haine j’rêve de te voir souffrir baby
    J ai la haine j’rêve de te voir souffrir
    J ai la haine j’rêve de te voir souffrir baby

    Et en voici une autre :

    Saint Valentin

    Yeah

    J’laisse la lumière allumée et j’garde mes chaussettes
    J’vais la limer jusqu’à c’qu’elle soit couchée et qu’elle voit des clochettes
    J’adore les p’tites coquines avec des couettes et des faussettes
    J’te rends misérable … tes copines vont t’appeler Cosette
    J’ai des positions inconnues pour que tu goûtes au vrai bonheur
    Parce que j’me branle sur Canal+ et j’ai jamais eu l’décodeur
    Et le lendemain matin, elles en redemandent, ‘se mettent à trépigner
    (Mais ferme ta gueule) ou tu vas t’faire marie-trintigner
    J’te l’dis gentiment, j’suis pas là pour faire de sentiments
    J’suis là pour te mettre 21 centimètres
    Tu seras ma petite chienne et je serai ton gentil maître
    J’ai une main sur la chatte, une main sur un sein et j’deviens ambidextre
    En vitesse, en finesse, j’t’offre une pilule anti-stress
    Excuse-moi miss, laisse-moi dégrader tes p’tites fesses
    On fait notre business en toute discrétion, j’en parlerais pas
    J’te jure qu’on t’verra pas à la caméra…
    J’te ferai le coup de la panne et j’t’emmènerai dans les bois
    Avant l’amour j’serai romantique et j’te mettrai des doigts
    J’bois, baise, jusqu’à c’que t’en sois mal en point
    Je t’aime, suce ma bite pour la Saint-Valentin

    J’aime pas trop les 14 février
    Tout l’temps seul à force de m’faire griller
    J’te tèje la veille et j’te r’baise le lendemain
    Suce ma bite pour la Saint-Valentin

    Appelle-moi Démonte-Pneus, Monsieur Le Déménageur
    J’crache dans ta femme enceinte et j’te fais un bébé nageur
    Mets-toi sur Messenger, j’t’envoie ma bite en émoticône
    J’aime ta beauté intérieure quand tu remues tes seins en silicone
    Jeune homme en chien recherche le boule d’une meuf mortelle
    Si j’oublie ton prénom, j’oublierai pas ton numéro de phone-tél
    Toujours du crédit sur mon forfait tass-pé, ma belle
    Mets-toi à genoux et t’auras mon portrait craché
    Si t’es gourmande, j’te fais la rondelle à la margarine
    J’aime pas celles qui avalent, j’aime celles qui font des gargarismes
    Celles qui ont su rester enfants, j’les soutiens dans leur combat d’femme
    Vis le sexe comme un conte de fées, depuis qu’j’ai mon BAFA
    J’respecte les shneks avec un QI en déficit
    Celles qui encaissent jusqu’à finir handicapées physiques
    Le courant passe avec un doigt dans ta prise électrique
    Moi d’abord je lèche et j’te tèje, et puis tu pars au tri sélectif

    J’aime pas trop les 14 février
    Tout l’temps seul à force de m’faire griller
    J’te tèje la veille et j’te r’baise le lendemain
    Suce ma bite pour la Saint-Valentin

    J’aime les chattes de gouttière, et les aristochattes
    Quand j’ai bu beaucoup d’bières, j’vais direct au contact
    J’aime les chattes qui ne datent pas d’hier et celles qui ont pas le bac
    Après rapport, tes lèvres seront nettement moins compactes
    J’aime les peaux mates, car leur couleur fait ressortir le sperme
    J’aime les moches parce que j’ai pas besoin de leur dire « je t’aime »
    J’aime les blondes quand elles sont baillonées
    J’conclue toujours une pénétration comme Rooney avec la balle au pied
    On va s’ambiancer sur du Beyoncé ou sur fond d’musique électro
    J’aime pas les chattes percées, j’aime les chattes rasées en ticket d’métro
    Quand tu s’ras loin de moi, je te prendrai dans tes rêves
    Quelques fois dans le mois, j’te ferai l’amour pendant tes règles
    Parce que l’amour rend aveugle, tu vois trouble après l’éjac faciale
    Branlette espagnole jusqu’à c’que tu gueules « muchas gracias »
    J’te mets l’estocade et j’te porte le coup fatal
    Sens-moi dans ton estomac, t’es belle comme une double-anale
    On f’ra ça dans un parc, dans un apart ou dans ton lit
    Jusqu’à en perdre haleine, jusqu’à c’que tu prennes de la ventoline
    J’suis romantique, suce ma bite pendant qu’j’regarde le foot
    Et tape un rail de sperme avec mon foutre
    Viens bébé on va tester mes nouvelles MST !

    J’aime pas trop les 14 février
    Tout l’temps seul à force de m’faire griller
    J’te tèje la veille et j’te r’baise le lendemain
    Suce ma bite pour la Saint-Valentin

    A priori on peut penser que les Francofolies survivront à l’absence du rappeur.

  • Antony & the Johnsons – 2009/07/09 – Paris Salle Pleyel

    Antony & the Johnsons – 2009/07/09 – Paris Salle Pleyel

    Après sa prestation au Grand Rex en avril, Antony nous revient avec ses Johnsons Salle Pleyel pour présenter The Crying Light et la nouvelle mesure de ses tourments. On ne saurait trouver lieu plus opportun pour accueillir l’ange nouveau de l’undergound. La blancheur dépouillée du décor et la chaleur douce de l’acoustique en bois clair sont le cadre parfait pour la pureté de la voix d’Antony Hegarty et la beauté de ses compositions.

    Il est désormais habillé en femme, vêtu d’une robe de soie Givenchy somptueuse avec collerette matelassée (« [qui lui] …rappelle son chat quand il se couchait sur ses épaules ») et traîne royale. Assis au piano dans ses froufrous de soie, sur le coté, il laisse le centre de la scène à ses musiciens, cordes et cuivres. L’éclairage est tamisé pour préserver l’intimité du show.

    Antony a beaucoup grossi depuis ses concerts parisiens de 2005, ce qui semble avoir libéré sa parole. Il est devenu très bavard entre les chansons au milieu de grands éclats de rire. Il se lance même dans un défilé de mode devant une audience éberluée pour faire admirer sa nouvelle parure.
    Grimé en une espèce de Castafiore gonflée à l’hélium, revenant ainsi sur le thème du travestissement si cher à son cœur et permanent dans son imaginaire.

    One day I’ll grow up,
    I’ll be a beautiful girl
    But for today I am a child,
    for today I am a boy

    Il a encore épuré sa voix et son art pour nous mener toujours plus haut sur les sommets de l’émotion musicale. Le public cette année n’est plus distrait par la mise en scène rocambolesque de 2005 mais juste concentré sur un grand piano noir où se réfléchit cet artiste inqualifiable, éclairage à contre-jour, entouré d’un groupe de musiciens délicats qui ne sont pas les derniers à poser leur part de pureté sur ce concert.

    Plus d’une fois on est saisi par la beauté qui exhale de ses cordes vocales, amplitude, vibrato, pose, c’est un torrent de douceur et d’amertume qui se perd dans un océan de tristesse. Une voix aux accents blues et jazzy, une voix aux références imperceptibles, une voix qui réalise l’alchimie parfaite de ses influences et de son âme. Heureusement il parle à n’en plus finir entre ses chansons comme pour laisser aux spectateurs le temps de se reprendre. Chacun est au bord de la défaillance lorsqu’il joue de cette voix au-delà du sublime (certainement étayée par une solide technique).
    La poésie de ses textes n’est pas moins bouleversante que les notes sur lesquelles ils reposent. Il est question de monde perdu, d’univers rêvé, de colombe fuyante, il est question d’une âme complexe et tiraillée par l’angoisse, de pureté dévoyée, de personnalité introuvable, d’aspiration impossible.

    I’m only a child
    Born upon a grave
    Dancing through the stations
    Calling out my name.

    On l’a vu et écouté l’an passé assurer les chœurs de Lou Reed sur Berlin et reprendre en rappel un Candy Says qui en a secoué plus d’un. Aussi à l’aise dans les reprises des artistes qui l’entourent que dans ses propres compositions, il transcende la fragilité qu’il inspire, sûr de son art et de son pouvoir. Chaque écoute d’une de ses chansons, chaque show auquel on assiste, donne une étrange impression d’éphémère mais ce troisième disque The Crying Light confirme la marche sans faille de cet artiste puissant vers une œuvre essentielle.

  • Leonard Cohen – 2009/07/07 – Paris Bercy

    Retour à Paris pour Leonard Cohen et son groupe d’exception. Après trois Olympia en novembre dernier il s’est produit ce soir à Bercy et a submergé ses spectateurs de la même vague de tendresse et de sérénité. Le show fut à l’identique mais pourra-t-on jamais se lasser de partager avec cet immense artiste sa musique crépusculaire et ses mots subtils ? Un point d’orgue parmi bien d’autres fut le Chant des Partisans qui a serré le cœur des parisiens éperdus d’admiration et de reconnaissance. Mais aussi Boogie Street entonnée par une Sharon Robinson épanouie et bouleversante dont la voix pénétrante a irradié la cathédrale de Bercy d’un immense frisson : O Crown of Light/ O Darkened One/ I never thought we’d meet/ You kiss my lips, and then it’s done/ I’m back on Boogie Street/ A sip of wine, a cigarette/ And then it’s time to go… Quand à If It Be Your Will de nouveau repris par les Webb sisters après les premiers vers récités par Leonard, eh bien j’ai trouvé la musique (et la version) que je veux faire jouer sur ma tombe au jour du grand départ !

    Les récitals de Leonard Cohen à Paris auront marqué cette saison musicale 2008/09 de la trace des plus grands et imprégné l’âme des spectateurs d’un fulgurant éblouissement.

  • Marianne Faithfull – 2009/06/18 – Paris la Cité de la Musique

    Paris rend hommage à Marianne Faithfull en ce mois de juin et lui offre l’occasion de dévoiler son Domaine privé à l’occasion d’une série de manifestations dans le cadre de la généreuse et inventive Cité de la Musique : elle chante Kurt Weil (Salle Pleyel) le 6, invite Rufus Wainwright le 16, introduit les Shakespeare Songs le 17, chante Easy Come Easy Go le 18, présente les poètes de la beat generation le 19 et passe à l’écran le 20 avec quatre des films dans lesquels elle a joué.

    Pour le show Easy come Easy go ce 18 juin Marianne est entourée d’un remarquable ensemble cordes, cuivres, claviers et électricité, dont l’excellent Marc Ribot à la guitare. Elle est habillée avec élégance d’une veste à galons digne de Nelson et de talons hauts, d’un bustier et de longs gants. Ce soir elle nous délivre son message underground d’une incroyable voix rauque et grave, d’une touchante présence dans cette salle policée peuplée de quinqua amoureux et conquis. Son dernier album Easy Time Easy Go est un double CD de reprises de notes et de mots qui l’ont touchée (Dolly Parton, Duke Ellington mais aussi Brian Eno, Morrissey, Black Rebel Motorcycle Club). Elle en jouera une grande partie sans oublier le retour sur les classiques Broken English, la troublante Ballad of Lucy Jordan

    At the age of thirty-seven she realised shed never
    Ride through Paris in a sports car with the warm wind in her hair

    et les incontournables références stoniennes As Tears Go by et Sister Morphine.

    Au milieu du show elle fait valser des talons aiguilles, ajuste son micro pour redevenir la chanteuse aux pieds nus que nous connaissons, la troublante égérie d’un univers rock presqu’aujourd’hui disparu. Elle continue à nous en restituer le parfum amer avec une sereine nostalgie. Pas une artiste, mais la passagère du temps à la barre d’un esquif musical qui a affronté bien des tempêtes, l’interprète subtile d’un monde à la dérive qui se rattrape aux branches de la création artistique. Avec beaucoup de gentillesse elle salue ses musiciens et avec autant de simplicité, seule sur le bord de la scène, elle serre les mains d’un public attendri qui ne se résout pas à la laisser partir.

    All I hear is the sound
    Of rain falling on the ground
    I sit and watch
    As tears go by.

  • Exposition Guy Peelleart « Bye bye, bye baby, bye bye » au Musée Maillol

    Expo Guy Peelleart au Musée Maillol : six mois après la mort de l’artiste belge, le musée présente un choix de planches extraites de son célèbre album Rock Dreams sur l’univers de la musique. Une vision vraiment personnelle du rock mais tendant à l’universel pour ceux d’entre nous qui ont été biberonnés avec Diamond Dogs ou It’s Only Rock’n’roll.

    Lire aussi : Guy Peellaert est mort

  • AC/DC – 2009/06/12 – Paris Stade de France


    AC/DC au Stade de France. Ambiance chaleureuse et bon enfant au Stadium : 80% de mecs et le reste de nanas. On est quand même à un show d’AC/DC et pas dans un salon de thé. 70% de la population porte les cornes rouges clignotantes de circonstance, effet arbre de Noël garanti lorsque la nuit sera tombée.

    Le concert démarre à 21 h pile sur un dessin animé montrant une locomotive emballée, Angus chargeant la chaudière à grandes pelletées de charbon malgré les distractions salaces délivrées par deux créatures de rêve en mini-jupettes qui jouent avec sa fourche de diablotin.

    Une loco factice de taille réelle crève alors l’écran et restera de guingois au-dessus de la scène durant tout le concert, servant même de cheval d’acier à une énorme poupée gonflable à la gargantuesque poitrine, vêtue d’un panty rose, sur Whole Lotta Rosie.

    La bande déboule sur scène sur Rock ‘n’ Roll Train, grimée des costumes de circonstance, sans surprise mais avec, 30 années plus tard, l’énergie des premiers jours. Des casquettes variées masquent les calvities plus que naissantes d’Angus et de Brian qui font le spectacle. Ce dernier à l’élégance majestueuse d’un pachyderme, une sorte de clone croisé de Coluche et Bernard Lavilliers, déambule en veste débardeur, une flamme imprimée dans le dos, roule ses gros biscoteaux rapidement recouvert de sueur et chante la tête rentrée dans les épaules d’une si voix stridente qu’on lui croirait deux doigts branchées dans la prise de courant alternatif. Angus arbore son éternel costume d’écolier en velours noir et s’accroche à sa guitare dont il joue avec une virtuosité qui égale son classicisme hard-rockeux. Assez vite il nous gratifie de son striptease ordinaire sur The Jack jusqu’à finir en bermuda après avoir montré son postérieur serti du caleçon AC/DC retransmis sur grand écran de 10 mètres de haut. Le Stade de France exulte et reprend en chœur She’s got the jack, jack, jack et on imagine sans peine la nature turgescente du jack.

    Le reste de la bande australienne assure la rythmique en fond de scène caché sous de longues chevelures non atteintes par l’usure du temps.

    Les classiques du groupe sont passées en revue plus une incursion dans le dernier CD Black Ice sortie (avec succès) fin 2008 : Hell’s Bells en intro de laquelle Brian déplace son double-quintal dans une course folle pour finir suspendu au carillon de la cloche AC/DC descendu au-dessus de la scène, War Game avec un nouveau dessin animé et Angus aux commandes d’une forteresse volante déversant des flots de guitares rouges tels les B52 bombardant les plaines du Mékong d’agent orange, et bien d’autres.
    La fin du show est annoncée lorsque qu’Angus apparaît seul sur une Bstage posée au milieu du stade pour nous vriller les tympans une dernière fois en nous gratifiant d’un interminable solo.

    La horde revient pour un rappel avec Highway to Hell et For those about to rock (we salute you) et ses traditionnels 21 coups de canons. Trois générations de fans repartent sagement vers le RER avec leurs casques à cornes clignotantes, sans oublier un stop merchandising pour ramener un T-shirt Black Ice.

    Le rideau tombe sur l’un des plus gros groupes de rock de la planète. AC/DC vous salue et vous souhaite de retrouver rapidement votre capacité auditive légèrement embrumée après deux heures de martellement sonique.

  • The Asteroids Galaxy Tour – 2009/05/30 – Paris le Point Ephémère

    Découvert sur Arte (One Shot Not) le groupe nordique The Asteroids Galaxy Tour se produit ce soir au Point Ephémère. Le duo danois Mette et Lars forment le chœur du groupe, elle, sorte de Blondie slave à la voix aigue et joyeuse, lui, à la basse et aux claviers, coiffé d’un improbable keffieh. Mette danse et tournoie les bras largement déployés, le guitariste est rapidement torse nu, la section cuivre souffle tant qu’elle peut et marque le rythme de couinements délicieux. Tout ce petit monde plein d’innocence délivre une pop/reggae/funk sans ostentation ni technologie, juste de la joie de vivre et de jouer. Une ambiance légèrement anarco-psychédélique règne sur scène, accentuée par l’ambiance confinée du Point, mais notre équipe détendue n’en est pas moins professionnelle et entoure Mette qui incarne si bien cette musique légère et endiablée :

    Flying away from reality/ Whatever-ever happened to gravity?/ I see it clear, a shooting star/ And I’m really gonna sing it like da-da-da,

    et qui parfois se laisse aller à vocaliser des Whoooooo, whooooooooo dignes de La Callas, assorti d’un regard narquois derrière ses lunettes fluo perdues sous une cascade de blondeur. Rafraichissant comme un glaçon dans un verre d’Aquavit !

  • Les Bretons dans le XIVème

    Tranche de vie du XIVème arrondissement n°3 : festnoz devant la mairie.

  • Bistrot musique dans le XIVème tous les samedis après-midi

    Tranche de vie du XIVème arrondissement n°2 : 4 musicos, plutôt talentueux, s’amusent et nous régalent. Ils font scène ouverte et convient les amateurs du coin à venir s’associer aux gigs. Très, très sympa de se taper une petite bière en écoutant leur blues-rock de quartier.

  • The Ting Tings – 2009/05/07 – Paris le Bataclan

    The Ting Tings au Bataclan pour une soirée de mai plutôt chaude, un couple de musiciens de Manchester montés sur ressort, un concentré d’énergie et de simplicité, The Ting Tings ont enflammé Paris.

    Après l’extinction des feus, Jules de Martino arrive éclairé par derrière, grosses lunettes à montures vertes, monte l’estrade et marque une pose devant son clavier tel un empereur romain se demandant le sort qu’il va réserver aux gladiateurs. Le temps de lancer une petite ritournelle en boucle, il s’assied sur sa batterie, aligne quelques riffs de guitare, délaisse les cordes et s’empare des baguettes pour marquer un beat redoutable qui sera la marque de la soirée. Katie White déboule ensuite sur sa propre estrade, jupette à carreaux et casquette ouvrière sur chevaux blonds, elle chante en tripotant un peu d’électronique, puis passe avec talent à la guitare, le tout sans arrêter de danser et de grimper d’une estrade à l’autre, sous l’œil attentif de Jules. Une voix parfaitement maîtrisée, aigue comme le sentiment d’urgence qui anime ce show.

    Episodiquement apparaissent en fond de scène trois grâces qui soufflent dans des cuivres, grandes lianes accrochées à leurs instruments, l’une en perruque jaune, l’autre en perruque bleue et la troisième en rouge.

    Les Ting Tings nous déclinent leur unique disque We Started Nothing devant des spectateurs qui s’agitent et une température qui monte en flèche. Au fond il n’y a rien d’exceptionnel dans ces compositions, elles sont bien pensées et plus que correctement balancées. Les deux musiciens tiennent leur rôle, techniquement sans plus. Mais il y surtout la magie de ce duo diabolique qui marie si parfaitement musique et attitude, qui porte le rythme comme une religion, qui sait trouver l’alchimie entre la brutalité du rock et la répétitivité de l’électronique, l’humanité de la voix humaine marié à la modernité des compositions. Il y a du brio et du culot dans cette prestation, de l’insouciance dans la création mais déjà assortie de conscience. Bien sûr on pense aux Talking Heads / Tom Tom Club auxquels ils se réfèrent eux-mêmes. C’est du plus concentré mais tout aussi réjouissant.

    1h20 de concert, les tubes s’alignent, l’audience trépigne, Mon Dieu qu’il fait chaud ! Le chroniqueur ressort ébahi et plutôt humide d’une soirée parisienne de mai !

  • Lily Allen – 2009/05/06 – Paris la Cigale

    Lily Allen, petite brune londonienne de 23 ans vient chanter ses grivoiseries sur la scène de la Cigale. L’audience est jeune et conquise, on vient même avec ses petites sœurs encore l’école primaire. Pour nous faire patienter deux DJ’s encapuchonnés bricolent du Daft Punk sur leurs platines en ayant l’air de considérablement s’ennuyer. La salle s’ébroue et les siffle copieusement.

    Lorsque les lumières s’éteignent, un grand drap blanc masque la scène et les musiciens commencent à jouer en ombres chinoises. Lily danse déjà sur ses hauts talons avant que ne tombe le rideau. Elle apparaît en short sur bas résille et body noir. Une chevelure sombre qu’elle passe son temps à lisser, elle va de long en large sur la scène, mutine et cabote, délicieuse et tête à claques. Lolita aux longues jambes elle grimace de son petit minois mutin tout en chantant, plutôt bien, des chansons entraînantes et formatées tubes-ados. Les textes sont plutôt inattendus et devraient en principe faire rougir les jeunes filles en fleur qui reprennent en cœur Not Fair : When we go up to bed you’re just not good/ Its such a shame/ …Its not fair/ …But you never make me scream/ …All you do is take/ Oh I lie here in the wet patch/ In the middle of the bed/ I’m feeling pretty damn hard done by/ I spent ages giving head…

    Nouvelle héroïne des adolescents, alternant clope et verre de blanc, Lily nous déroule un show sucré devant un parterre de gamin(e)s en adoration. Lorsque l’on dépasse un peu les 25 ans il faut tout de même quelques minutes avant de rentrer dans le spectacle, mais on y arrive finalement. On peut lui reconnaître un vrai talent de show-woman et surtout une très jolie voix au service d’un véritable talent de chanteuse. Le reste est sans trop d’importance et sera vite oublié.

    Libération ne peut s’empêcher de titrer : « Lily a tenu son public en Allen » et l’accuse d’utiliser un prompteur.

  • « Joy Division » de Grant Gee

    Joy Division à l’Espace Saint-Michel hier soir, un documentaire de Grant Gee sur l’histoire fulgurante de ce groupe et son leader charismatique, disparut précocement après seulement deux disques qui ont marqué l’Histoire du Rock : Unknowm Pleasures et Closer. Les musiciens survivants et les acteurs de cette période punk racontent l’étrange alchimie qui a unit ces quatre puristes de Manchester. Ils disent le côté sombre de Ian Curtis, sa maladie, ils parlent de leur soif de réussir dans la musique. Après le suicide d’Ian, les trois autres ont rencontré un franc succès au sein de New Order, avec un peu moins d’inspiration mais tout de même plus de lumière.

    Le nom Joy Division fait référence aux quartiers de femmes dans les camps de concentration qui étaient consacrés aux plaisirs des nazis. Il fait suite à un premier nom, Warsaw, rapidement abandonné en référence au Warzawa de Bowie.

  • « Controlling Crowds »


    Le dernier disque d’Archive est disponible : Controlling Crowds. Un joyau !
  • Hugh Cornwell – 2009/04/01 – Paris la Java

    Belleville une soirée de printemps ; des odeurs de shit et de kebab dans la rue, au fond d’une arrière-cour un escalier qui descend vers une cave basse de plafond, un bar à l’entrée et une mini-scène au fond. Bienvenue à La Java !

    Ce soir l’immense Hugh Cornwell, ex fondateur-leader des Stranglers, oui, LE Cornwell des Stranglers, chanteur-guitariste-compositeur anglais des plus belles épopées du post-punk joue pour nous à Paris, et pour nous seuls. Il y a pas plus de 50 fans présents dont beaucoup d’anglais. Certains ont vu l’affiche du concert à la sortie de celui des Stranglers à l’Olympia il y a peu car alors que ses anciens partenaires font l’affiche des grandes salles, Hugh reste fidèle à l’underground, aux sens propre et figuré du terme.

    Cornwell apparaît, un peu décharné, accompagné de Caroline Campbell, bassiste et choriste de 25 ans aussi pulpeuse qu’agile à son instrument où elle tient largement la comparaison avec JJ, mini-jupette léopard, rouge à lèvres curien sur un rictus enfantin, une bass rouge grenat, elle danse, fait les chœurs et déroule ses mélodies de bass comme si sa vie en dépendait. Chris Bell est à la batterie.

    Hugh, habillé de noir, joue, très fort, de sa guitare noire des chansons énergiques. Ces trois là nous développent un rock garage empreint de subtilité britannique. Parfois ironique, souvent désabusé, nous gratifiant de quelques plaisanteries et sourires, Cornwell reste un grand musicien au-delà des années de succès et de galère, des bagarres et des révoltes, animé par le feu sacré, le même qui brûle encore un peu dans le cœur des 50 spectateurs.

    Ces trois là nous donnent deux heures de rock pur et dur. C’est la foi qui les guide, Caroline a reçu le message des Stranglers 5 sur 5 et debout sur le pont, accrochée à sa bass elle sera toujours présente pour assurer la succession lorsqu’elle s’ouvrira. Le dernier disque Hooverdam (en téléchargement gratuit et envente à 10 EUR au bar) est joué intégralement, complété par de redoutables reprises des Stranglers : Golden Brown, Always the Sun, No More Heroes, Hanging Around, Black Hair Black Eyes Black Suit et d’autres jouées en formation à 3, sans clavier bien sûr. Le résultat est exaltant.

    Après ce show décoiffant, 50 fans sonnés migrent vers le bar pour méditer sur la constance et la fidélité, des qualités étranges pour des crypto-punks, mais tellement rassurantes pour les fans quinqua qui les admirent !

  • Amy Macdonald – 2009/03/30-31 – Paris l’Olympia

    Amy Macdonald – 2009/03/30-31 – Paris l’Olympia

    Et revoici notre quintet écossais pour terminer à Paris une tournée triomphale assise sur un premier disque de toute beauté This is the Life. Après la Maroquinerie en octobre, le Bataclan en novembre, les voici pour deux Olympia en mars. Mais jusqu’où iront-il ?

    Amy explique qu’ils vont maintenant s’arrêter quelques mois après une période intense, retourner à Glasgow pour se remettre immédiatement à l’écriture de nouvelles chansons et nous revenir bien vite. Oui, Amy revient !

    Les deux shows de l’Olympia sont conformes à ceux de l’an passé : toujours autant de sincérité, de bonheur de jouer et de romantisme dans les compositions. La voix d’Amy est à la fois tonitruante sur Run, émouvante sur Footballer’s Wife, enthousiasmante sur Poison Prince. Le groupe est uni comme le pack de rugby du 15 d’Ecosse, l’émotion nous fait frissonner d’aise.

    Let’s start a Band clôture l’unique rappel de ce groupe particulièrement bien parti… Oui, Amy revient, Amy revient !

  • Sophie Hunger – 2009/03/28 – Paris la Boule Noire

    Sophie Hunger passe une semaine à la Boule Noire, alors tout nous pousse ce samedi à partager avec elle et son groupe un pur moment de bonheur musical, naturel et délicat, une soirée intime offerte par une artiste au ton juste, âgée d’à peine 25 ans…

    Suisse alémanique, folkeuse aux accents jazz, compositrice élégante qui ne néglige pas les reprises de ses aînés, rockeuse-guitariste jouant assise sur une chaise ou devant son piano, voix cajoleuse capable de redoutables éclats, brumeuse sur les ballades, soul sur les rythmes appuyés, émouvante sur les reprise, jazzy sur l’ensemble. Sophie est tout ceci à la fois, un mélange explosif de talent et de simplicité. Elle est entourée d’un groupe remarquable, concis et solidaire, dont un tromboniste à la créativité débordante, jouant de ses sourdines comme de véritables cordes vocales et insufflant une partie de l’âme de cette musique multiple.

    Sophie est au centre de la scène, détendue et leader, prévenante et assurée de la tranquillité parfois sereine des créateurs. Elle joue son dernier disque Monday’s Ghost qui se déroule avec naturel. Shape en est le titre emblématique, démarrant dans la douceur de notes pincées à la guitare sur des mots mystérieux et débouchant sur un final enlevé où voix et guitares se déchaînent : And we sculpture a statue to worship and bear/ The chaos that’s behind the glass of who and what and who and what we are.

    Des reprises opportunes avec Like a Rolling Stone de Dylan à la guitare électrique, gai et dynamique, Le Vent l’Emportera de Noir Désir debout devant son micro et son aide-mémoire, d’un français hésitant, et enfin un sublime et bouleversant Avec le Temps de Ferré chanté au piano. Le quatrième rappel est joué sans les amplis, les musiciens assis sur le rebord de la scène.

    On pense à An Pierlé et son White Velvet, à Fiona Apple. On découvre surtout une artiste déjà avérée, originale, débordant de talent, communicative et partageant son plaisir musical.

    Ed Laurie en warm-up.

  • Bashung : regrets et tendresse

    Bashung : regrets et tendresse

    On est allé écouter Bleu Pétrole cette après-midi sur la tombe de Bashung. Il est bien maintenant, au Père Lachaise, sous un monceau de fleurs, de regrets et de tendresse. A réécouter aussi, sa lecture des lettres de Calamity Jane à sa fille sur France Culture, c’est émouvant.

    Paris Match titre sur Bashung le dandy du Rock avec une photo de couverture où l’on voit une main de femme devant son portrait, poser un ongle rouge sur sa bouche. Titre et photos sont tout sauf Bashung, a priori le rédacteur n’a jamais dû écouter un disque de l’artiste ou lire un de ses textes !

  • Hommage à Bashung

    La France qui compte rend hommage à Bashung : France 2 repasse hier soir La Tournée des Grands Espaces et diverses interviews, Libé ce matin titre : Vertige de la Vie et France Inter rejoue ce soir le concert des Francofolies l’été dernier. Il serait enterré au Père Lachaise vendredi prochain.

  • Adieu Bashung

    Bashung est parti cette après-midi à 61 ans. C’était attendu mais c’est un jour terriblement triste. Il était apparu mal en point aux dernières victoires de la musique au début du mois. Il y avait trouvé l’énergie de chanter Résident de la République et de souffler dans son harmonica. C’est un artiste immense qui nous a quitté aujourd’hui, poète espiègle, troubadour solitaire, rocker jusqu’au fond de l’âme, ses compositions parfois étranges nous accompagnent depuis 30 ans. Instillant son inspiration dans notre vie de tous les jours, déclinant ses notes sur la bande-son d’une génération, il a montré que l’exigence, la hauteur, l’originalité, la pureté, sont encore des valeurs dans notre civilisation-zapping. Merci pour ça, ce ne fut pas vain.

    Il reste une œuvre d’une immense grandeur, le souvenir de tournées exceptionnelles : celle des Grands Espaces, pleine de rêves nomades ; celle de Bleu Pétrole, imprégnée d’une beauté poignante ; et toutes les autres ; il reste le souvenir d’un Homme qui a su parler aux siens !

    Lire aussi :

  • La fin des CD et la politique

    Luc Ferry explique à la radio que désormais plus personne n’achète des CD, « sauf les vieux ». Bonne nouvelle… Et quelques minutes plus tard Mélanchon cite Radiohead en exemple pour le mode de vente sur internet de son dernier disque.