Catégorie : Musique

  • « Madame Butterfly » de Puccini à l’Opéra Bastille

    « Madame Butterfly » de Puccini à l’Opéra Bastille

    Madame Butterfly à l’Opéra Bastille ce soir. Toujours une grande pureté de la mise en scène de Robert Wilson et une immense émotion de la musique de Puccini.

  • Leila – 2009/02/13 – Paris le Café de la Danse

    Premier concert techno pour le chroniqueur et une soirée troublante en compagnie de Leila (Arab de son nom de famille, mais irano-anglaise de nationalité). Une boule de nerfs derrière un monceau de machines disposé un peu en arrière-gauche de la scène. Trois caméras filment les doits de la créatrice (on ne sait s’il faut l’appeler musicienne) qui courent sur les boutons, les contacts, les leviers, retransmis sur le mur du fond en alternance avec des animations féériques.

    Leila s’est fait un nom au-delà du milieu technoïsant en ayant assisté Bjork dans la gestion de ses machines, sur disques et sur scène. Ecrasant sa cigarette elle démarre sur le titre le plus enfiévré de son dernier disque Blood, Looms and Blooms intitulé Mettle et qui semble déclencher l’enthousiasme des connaisseurs. Les rythmes montent rapidement en puissance par empilement de sons inqualifiables mais démoniaques et on se laisse emporter sans regret par la marée sonique qui n’est pas même flux et reflux mais une poussée à sens unique vers un paroxysme vibrionnant auquel la diablesse met soudainement fin en ramenant son bouton central sur le Off. Technicus interrompus, çà commence très brutal.

    Et le reste du show est à l’avenant. On ne sait pas trop ce qui se passe au milieu des fils et des machines mais on se laisse prendre par ce qui en sort : un son étrange et diffus, qui pourrait paraître déconstruit si on ne le savait guidé par l’implacable mathématique des ordinateurs qui le diffuse. Des boucles sans fin teintées du romantisme de l’artiste ; parfois tout déraille, se tend, se distord, pour revenir à la mélodie obsessionnelle qui structure chaque morceau.

    Trois chanteurs tentent de façon intermittente d’accompagner cette musique martienne. La tâche parait impossible et pourtant ils y réussissent avec délicatesse, dont Roya, sa sœur, aérienne. Un homme qui arrive lui aussi à poser sa voix douce au cœur de cet enfer électronique avec une grâce désarmante. Et une diva argentée que l’on croirait directement sortie du Cinquième Elément.

    Parfois la musique se fait langoureuse et plus humaine, Leila change d’humeur. Au final, un spectacle pas toujours facile à comprendre mais un indicible envoutement pour cet incroyable et complexe univers dans lequel une perse londonienne nous a plongés avec furie et doigté.

    Filastine en warm-up, même modèle en plus jeune et débridé. Un platineur épisodiquement accompagné d’une violoncelliste qui mêle les sanglots de son instrument aux déraillements de l’électronique. Le duo est audacieux. Lorsqu’il quitte ses platines, l’espagnol encapuchonné frappe sur un caddy de supermarché avec frénésie et originalité.

  • Travis – 2009/02/10 – Paris le Grand Rex

    Ils sont 4 écossais, ils sont mignons, ils sont proprets, ils ont écrit un tube FM qui s’appelle Sing, ils sont un peu ennuyeux et ils sont ce soir au Grand Rex. Nous aussi ! Leur musique est tristounette comme un jour de brume sur les Highlands avec comme seule perspective de rayon de soleil métaphorique, un verre de Guinness au pub enfumé du coin de la rue sombre et luisante de pluie.

    Des guitares acoustiques & électriques foisonnantes, une rythmique enjouée sur une voie un peu plaintive, plutôt lancinante. Ils jouent avec leur cœur une musique honnête et sincère, genre pop plutôt démodée, mais étonnamment appréciée par le public bien habillé qui remplit cette grande salle, étape de la tournée internationale de Travis. Et après avoir entendu le banjo de Sing, tout le monde peut rentrer à la maison avec le sentiment du devoir accompli :

    Youve been waiting in the sun too long/ But if you sing, sing, sing, sing, sing/ For the love you bring wont mean a thing/ Unless you sing, sing, sing.

  • The Stranglers – 2009/02/05 – Paris l’Olympia

    The Stranglers – 2009/02/05 – Paris l’Olympia

    The Stranglers sont de retour, et à l’Olympia qui plus est, excusez du peu ! Fidèle au public parisien depuis les premières heures punk, et les revoilà chez nous pour un best of de leur carrière, juste pour le plaisir et sans les obligations de la promotion d’un nouveau disque.

    La même équipe qu’en 2007 à la Cigale : Jet Black semble être définitivement rangé des voitures même si JJ se croit de nouveau obligé de l’excuser en présentant son « fils bâtard » et ex-roady qui le remplace toujours aux baguettes, Dave derrière ses étages de claviers rouges et ses verres de bière, Baz et Jean-Jacques aux guitares ; tout ce petit monde est habillé de noir comme il se doit et se produit derrière l’immense logo rouge du groupe plaqué sur tenture noire.

    Les Stranglers nous déroulent la bande-son de nos années rebelles, un pêle-mêle des chansons de ce temps où nous avions… leur âge, déjà ! Pressé de démarrer ils interrompent la petite ritournelle de Waltzinblack pour entonner Get a Grip et un enchaînement 70’s extrait de Rattus Norvegicus, sorti il y a trente ans, qui déclenche un pogo endiablé du fan-club britanno-écossais massé aux premiers rangs, et un sourire plus mélancolique des quinqua : Walking on the beaches looking at the peaches ânonnent nos quatre salopards qui enchaînent sur Nice ‘N’ Sleazy où Baz plaque cet accord obsédant sur sa guitare noire en gambadant sur le devant de la scène alors que Dave laisse parler l’électronique.

    Il faut compromettre pour les plus jeunes alors la set-list s’oriente vers les années tubes, enfin façon de parler pour les étrangleurs chez qui la notion de hit est toute relative, avec notamment Spectre Of Love, Skin Deep, Always The Sun, toujours mélodiques et agréables à entendre. Et un retour en force vers du Stranglers pur jus qui termine le show sur Tank.

    La température est élevée dans la fosse de l’Olympia, l’humidité maximum et l’assistance prête à être achevée par une dernière rafale 70’s ! Le coup de grâce dans la nuque est donné avec No More Heroes, avant que les héros presque pas fatigués rentrent retrouver la noirceur des coulisses sans manquer d’avoir remercié la direction de l’Olympia qui a « osé » les inviter dans ce music-hall si parisien et le public qui les a privilégiés au détriment du Sarko-show sur la télé ce soir à la même heure ; succès garanti dans l’assistance.

    Les Stranglers furent réjouissants ce soir, épanouis et ironiques, la violence a laissé place à une sourde autodérision, JJ hilare descendant ses lignes de basse ou jouant au chat et à la souris avec Baz, qui l’eut cru ? 35 années de punk-rock mâtiné new-wave et toujours à votre service. Le monde a changé, eux aussi, nous presqu’un peu si ce n’est que nous aimons toujours aussi férocement ces flashback vers notre passé révolu. Alors les gars, même si Something Better Change a déclenché un hourvari de vieux fans, ne changez rien et à l’année prochaine.

    En première partie Kim Novak, groupe français. Dehors les affiches du concert de Hugh Cornwell à La Java les 31 mars et 1er avril.

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    Set list : Get A Grip (On Yourself) (Rattus Norvegicus – 1977)/ Five Minutes (No More Heroes – 1977)/ Peaches (Rattus Norvegicus – 1977)/ Nice ‘N’ Sleazy (Black And White – 1978)/ Spectre Of Love (Suite XVI – 2006)/ Skin Deep (Aural Sculpture – 1984)/ No Mercy (Aural Sculpture – 1984)/ Always The Sun (Dreamtime – 1986)/ Strange Little Girl (The Collection 1977-1982)/ Golden Brown (Feline – 1983)/ The Raven ( The Raven – 1979)/ Thrown Away (The Gospel According To The Meninblack – 1979)/ Walk On By (Bonus track – Black And White – 1978)/ Hanging Around (Rattus Norvegicus – 1977)/ Straighten Out (All Live And All Of The Night – 1988)/ Big Thing Coming (Norfolk Coast – 2005)/ All Day And Of The Night (Cover’s The Kinks)(Greatest Hits 1977*1990 – 1992)/ Duchess (The Raven – 1979)/ Tank (Black And White – 1978) Encore 1 : Nuclear Device (The Raven – 1979)/ Something Better Change (Greatest Hits 1977-1990) Encore 2 : No More Heroes (No More Heroes – 1977)

    Lire aussi : The Stranglers – 2007/04/06 – Paris la Cigale
  • La Grande Sophie – 2009/01/29 – Paris l’Alhambra

    La Grande Sophie à l’Alhambra ce soir pour jouer les mélodies sucrées qui peuplent son dernier album Des Vagues et des Ruisseaux, comme les précédents d’ailleurs. Grande bringue en jupette rouge, guitariste de talent et rieuse de charme, elle débarque à la République pour tester sa prochaine tournée.

    Edith Fabuenna (Les Valentins) qui traîne jeans usés et guitares éraillées depuis des années sur la scène rock française a produit son disque et nous gratifie de deux apparitions au cours de la soirée.

    Drôle d’idée de l’organisation, les sièges ont été laissés en place pour un public qui ne tient pas… en place justement. Les rythmes de la Belle déclenchent des houles de spectateurs toujours entre position assise et debout.

    Des paroles douce-amères sur la vie qui passe et les rêves qui volent, mais une voix chaude qui transcende les petits bobos ainsi narrés. Une voix élastique, un naturel désarmant, un humour déridant et des jambes si longues… Elle passe avec bonheur de l’acoustique à l’électricité, bricole une boîte à répétition « le Perroquet » qui lui permet d’évacuer ses musiciens et d’empiler seule des nappes de voix sur lesquelles elle chante à l’infini et s’amuse beaucoup, comme lorsqu’elle faisait la manche dans le métro à Marseille, en plus techno.

    Quelle que soit la formation, sa force est dans les mélodies, légères et divagantes, sur lesquelles se placent des mots simples. Une envolée romantique avec une très très belle reprise de « Dis quand reviendras tu ? » seule à la guitare acoustique, propice à l’introspection mélancolique. Et d’ailleurs, Barbara, comment ne pas penser à elle en écoutant Sophie ? La voix de Barbara sur une musique comme un grand éclat de rire.

    Et Maxence en première parte, jeune guitariste chanteuse accompagnée d’une contrebasse. C’est LGS il y a 20 ans !

  • Investiture du président américain

    Investiture du président américain

    Concert sous la statue de Lincoln au Capitol de Washington pour l’investiture de Barak Obama. Pete Seeger, son fils et Bruce Springsteen chantent « This Land is Your Land » de Woody Guthrie, ça a tout de même plus de gueule que Sarkozy au Fouquet’s avec le CAC 40!

    THIS LAND IS YOUR LAND
    words and music by Woody Guthrie (1956)

    This land is your land, this land is my land
    From California, to the New York Island
    From the redwood forest, to the gulf stream waters
    This land was made for you and me
    As I was walking a ribbon of highway
    I saw above me an endless skyway
    I saw below me a golden valley
    This land was made for you and me
    I've roamed and rambled and I've followed my footsteps
    To the sparkling sands of her diamond deserts
    And all around me a voice was sounding
    This land was made for you and me
    The sun comes shining as I was strolling
    The wheat fields waving and the dust clouds rolling
    The fog was lifting a voice come chanting
    This land was made for you and me
    As I was walkin'  -  I saw a sign there
    And that sign said - no tress passin'
    But on the other side  .... it didn't say nothin!
    Now that side was made for you and me!
    In the squares of the city - In the shadow of the steeple
    Near the relief office - I see my people
    And some are grumblin' and some are wonderin'
    If this land's still made for you and me.
  • Torture au rock industriel

    La musique de Nine Inch Nails utilisée à Guantanamo pour torturer moralement les prisonniers des Etats-Unis ; le rock industriel pour faire plier la volonté. Trent Reznor déclare :

    Il m’est difficile d’imaginer quoi que ce soit de plus profondément insultant, dégradant et rageant que d’apprendre que la musique que l’on a créée avec toute son âme est utilisée à des fins de torture.

  • The Dandy Warhols – 2008/12/07 – Paris le Bataclan


    The Dandy Warhols reviennent traîner leur rock obsédant de Portland sur les Planches du Bataclan. Les quatre musiciens sont en ligne : Zia aux claviers avec ses deux couettes blondes (un anneau dans la lèvre), Courtney chant-guitare, beau-gosse avec un air de Noureev sous son béret gavroche et avec un T-shirt hommage à Tom Petty & The Heartbreakers (un anneau dans l’oreille), Peter à la guitare, costume noir-cravate à poix, chevelure blonde embroussaillée sous un melon (un anneau dans le nez) et Brent à la batterie (une pilosité désordonnée empêche de localiser l’anneau).

    Ces quatre là sont définitivement américains, leur musique est ample comme la houle du Pacifique sur les plages de l’Oregon, ils ont l’espace pour eux et nous donnent 2 heures non stop d’énergie pure et déliée. La musique rebondit sur nos âmes comme la sueur coule dans la fosse. 4 panneaux lumineux en fond de scène éblouissent les pupilles en synchro avec le rythme du Club des 4 qui explose nos artères. C’est simple et travaillé, enlevé et diablement rock. Zia court de ses machines à son tambourin, et assure la basse électronique en sus, Courtney frappe ses cordes et repousse ses mèches toujours perché derrière son double-micro dont l’un lui assure une voix métallique et trafiquée, comme sortie d’une vieille radio à ondes courtes venue de l’autre bout du monde. Les tubes s’enchaînent sans respiration, la musique nous submerge, la vague grossit sans répit. Il n’y a pas d’issue que de se laisser emporter et malmener par la tempête sonique.

    C’est le son de l’Amérique que nous aimons, sombre et divaguant, pop et underground, haletant et brut. Les compositions d’une jeunesse (quadragénaire) sans retenue, la synthèse des pionniers d’un nouveau monde, loin des simagrées clinquantes de Wall Street.

    Le final est plutôt chaud, trois corps inanimés sont évacués par la scène, les roadies envoient des bouteilles d’eau sur les premiers rangs, Zia a défait ses nattes et dansent derrière ses claviers, le public survivant est aux anges ! Nous avons même droit en cadeau de Noël à une reprise massacrée garage-grunge de la chanson enfantine Le Petit tambour, oui, vous vous souvenez ? Sur la route/ Paroumpoumpoum poum/ Petit tambour s’en va/ Paroumpoumpoum poum, il fallait le faire.

    En première : The Sheep, sympathiques, accrocheurs et honorables ; ils remercient les Dandy’s pour leur accueil tout en déplorant devoir coucher dans les camions de la tournée, mais concluant avec un tonitruant « But that’s Rock ’n’ Roll. » And we like it, pense la foule !

  • Un aveu

    Un aveu

    Le chroniquer fait un aveu : il a regardé ce soir la Star Academy car, et uniquement car, Amy MacDonald s’y produisait en duo avec une miss Star Academy de service. Elles ont fait This Is The Life, la miss se défendait pas mal en plus. Elle était grimée en clone d’Amy.Bon, OK, ce n’est pas particulièrement brillant mais c’est ainsi, this is the life. Le plus intéressant dans l’histoire c’est cette espèce d’ectoplasme d’animateur qui remue la fange de la crétinerie avec volupté et mauvaise foi. Au moins aura-t-il diffusé Amy à une heure de grande écoute, ce que l’on porte à son crédit. Accessoirement on aura appris qu’elle repasse en concert à l’Olympia le 30 mars prochain.

  • TV On The Radio – 2008/12/01 – Paris le Bataclan

    TV On The Radio, le groupe dont on parle, labellisé par les plus grands (Bowie), est à Paris pour un concert au Bataclan. Musiciens de Brooklyn, résolument modernes, définitivement urbains, merveilleusement blacks, on craint un peu l’effet de mode mais on découvre un vrai groupe inventif, aux compositions complexes et au comportement abordable.

    Un guitariste-chanteur à la barbe foisonnante et un chanteur-platineur en chemise écossaise, tous deux sur le devant, des têtes d’étudiants intello à grosses lunettes sortant de l’université Patrice Lumumba. Un batteur rasta hirsute, un bassiste-platineur sous son bonnet et un deuxième guitariste (blanc) tatoué et mal rasé jouant d’une 6 cordes à rayures roses comme un gamin avec son camion de pompiers. Le ton est donné et le show est lancé.
    Rythmes tressautants, guitares stridentes, overdubs gargouillants, notre chanteur binoclard donne un incroyable spectacle, passant de ses platines à des percussions, jouant avec sa voix du grave au plus aigu, se déplaçant à reculons en une espèce de moon-walk pogo-post punk.

    Le style de la musique est inclassable : rock, soul, jazz, une intéressante fusion réalisée par ces musiciens gloutons d’influences multiples qui nous resservent une mixture étrange, à l’apparence déstructurée, à l’harmonie parfois dissonante, mais dont ils détiennent la clé et qu’ils déroulent avec rigueur pour le plus grand plaisir d’un Bataclan (complet depuis longtemps) qui se réjouit de cette originalité déconcertante.

  • « patti Smith – dream of life » par Steven Sebring

    « patti Smith – dream of life » par Steven Sebring

    Après son exposition cette année à la Fondation Cartier, voilà revenue Patti Smith avec un dvd sur sa vie tourné onze années durant par Steven Sebring et dont on avait d’ailleurs vu des extraits à la Fondation. C’est un excellent film sur cette très grande poétesse qui est capable d’un déchainement punk lorsqu’elle est sur scène et d’une douceur épanouie lorsqu’elle traverse la vie de tous les jours. Sebring a bien rendu cette double face de sa personnalité. Les passages purement musicaux sont plutôt rares au profit d’images en noir et blanc sur la vie de cette immense artiste qui traverse notre temps.

  • REED Lou, ‘Traverser le feu’

    REED Lou, ‘Traverser le feu’

    Sortie : 2008, Chez : Seuil.

    Lou Reed dans Le Monde des Livres pour la sortie de « Traverser le Feu » qui reprend l’intégrale de ses textes en anglais, avec une traduction française. Un livre bien entendu indispensable pour tout fan de Lou. La vendeuse chez Virgin qui emballe l’œuvre précise que l’artiste était là il y a quelques jours pour une séance de dédicace. Sacré Lou qui ne recule plus désormais devant quelques compromissions qu’il a dû assurer avec sa moue boudeuse…

  • Guy Peellaert est mort

    Guy Peellaert est mort

    Décès de Guy Peellaert dessinateur branché rock auteur notamment des couvertures de Diamond Dogs et de It’s Only Rock’n’Roll.

    Au-delà des musiciens, il a été inspiré par les grands personnages du XXème siècle qu’il a croqués dans des postures improbables, mêlant les uns aux autres dans un mix fantasmagorique et une étrange ambiance.

  • Bashung – 2008/11/16 – Paris l’Elysée Montmartre

    Bashung – 2008/11/16 – Paris l’Elysée Montmartre

    Comme pour conjurer le destin, Bashung organise une série de concerts le dimanche soir à l’Elysée-Montmartre. Il n’est point besoin d’en rajouter face à cette force et cette tendresse, juste des chansons, des chansons et encore des chansons comme il introduira son concert ce soir. Mais bien plus que des chansons, nous le savons tous, une émotion et un héritage. Alors relisons l’une de celle-ci :

    À perte de vue
     Des lacs gelés
     Qu'un jour j'ai juré d'enjamber
     À perte de vue
     Des défilés
     Des filles à lever
     Des défis à relever
     Des prix décernés à tes yeux
     À perte de vue
     Dodelinent des grues
     Les pieds dans la boue
     Qui eût cru
     Qu'un jour nos amours
     Déborderaient
     Fassent oublier aux ajusteurs
     La clé
     Plus de boulons
     Pour réparer la brute épaisse
     Ma pute à coeur ouvert
     Trop de cuirassés
     Pas assez d'écrevisses
     Pour une fricassée
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     À perte de vue
     Du déjà vu
     Du déjà vécu
     Se précipitent
     À mes trousses
     Qu'en dit le héron
     Il en sait long
     Qu'en dit l'éolienne
     Elle me fait hello
     Voies d'eau dans la coque du Poséidon
     Hamacs éperonnés
     Est-ce un espadon
     L'oeuf d'un esturgeon
     Ou un concours de circonstances
     Qu'aurait engendré ce paysage désolé
     De n'être pas resté
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     À perte de vue
     Des lacs gelés
     Qu'un jour j'ai juré d'enjamber
     À perte de vue
     Des défilés
     Des filles à lever
     Des défis à relever
     Des prix décernés à tes yeux
     Des prix décernés à tes yeux

    Alain Bashung est mort le 14 mars 2009.

  • Leonard Cohen – 2008/11/26 – Paris l’Olympia

    Leonard Cohen – 2008/11/26 – Paris l’Olympia

    Dans un monde en plein désarroi il est des instants d’harmonie et de pureté qui réconcilient avec la spiritualité et la profondeur, des moments simples animés par des êtres d’exception, de la race des poètes. Leonard Cohen est de ceux là qui pour son retour à Paris après 15 années d’absence a illuminé l’Olympia trois soirées durant. Véhiculant avec lui 74 années de tourments et de beauté, d’expériences et de musique, de mots et de mélancolie, de livres, de poèmes, de dessins et de disques, c’est une véritable légende qui apparaît au milieu de ses musiciens. Le public ne s’y trompe pas qui lui fait une standing ovation avant même la première note d’un concert qui nous entraînera pour trois heures d’introspection au cœur des étapes magiques d’un parcours musical et cérébral qui fut également le nôtre.

    Costume noir et chapeau feutre, d’une élégance surannée, il entre en sautillant comme un gamin sur les tapis persans jetés sur la scène. Son groupe est déployé autour de lui, des musiciens affectueux et respectueux : un guitariste flamenco de Barcelone au premier plan assis sur une chaise, trois choristes dont Sharon Robinson co-auteur de ses deux derniers disques et les deux Webb sisters, un souffleur de différents instruments à vent, un deuxième guitariste, le bassiste historique Roscoe Beckes, directeur musical de la tournée, un batteur et un claviériste sur orgue Hammond.

    Et dès qu’il entame Dance me to the end of love sa voix grave et vivante envahit le théâtre de nos âmes. Une voix bouleversante qui a traversé cigarettes, alcool et rébellion pour marquer à jamais nos histoires de ses mots qui nous accompagnent depuis toujours. Il promène son corps fluet sur la scène, comme en apesanteur, s’agenouille sur le tapis persan qui a déjà pris son envol pour le royaume des milles et une émotions. Entre deux chansons il porte son chapeau à son cœur pour remercier le public et ses musiciens de « l’incroyable honneur qui lui est fait de chanter pour nous ce soir ». Revenu de tout il porte un regard émerveillé sur « l’immense privilège qui est le nôtre de pouvoir nous consacrer à une soirée musicale quand le monde n’est que chaos. »

    Discret, il s’efface pour laisser chacun se mettre en avant à un moment ou à un autre du show. Modeste il s’agenouille pour déclamer ses chansons comme une supplique de sa voix caverneuse, exhumée des profondeurs pour hanter nos âmes. Il récite A Thousand Kisses Deep, il s’empare d’une guitare noire pour reprendre Suzanne, il se recueille dans l’obscurité pour laisser les Webb sisters chanter If It Be Your Will, l’une à la harpe l’autre à la guitare, un pur sanglot ! La musique se déroule lentement, chaudement, tristement, loin de la furie de l’humanité, seulement empreinte de la sérénité et de la réflexion qui exsudent de cet immense poète : If it be your will/ That a voice be true/ From this broken hill/ I will sing to you/ From this broken hill/ All your praises the shall ring/ If it be your will/ To let me sing.

    De Montréal à Hydra, de Los Angeles au monastère bouddhiste de Mount Baldy Zen Center (où il a été ordonné moine Zen sous le nom Jikan Dharma « le silencieux »), Leonard Cohen, est un passager du temps, sans remord ni regret, qui termine son dernier show parisien avec Closing Time, I Try to Leave You et Whither Thou Goest. Le public voit arriver le moment de se quitter avec tristesse voulant espérer qu’il y aura encore une étape et que le bout du chemin n’est pas encore pour tout de suite. Un troublant parfum d’adieux émane de ce final. Réunissant une dernière fois l’ensemble de ses musiciens et son équipe technique il termine avec une adresse au public parisien, debout, ému aux larmes, « il y a longtemps que je t’aime. » Les plus jeunes ne connaissent pas la fin de cette comptine enfantine qu’il ne dira pas. Je la leur dédie : « jamais je ne t’oublierai ! »

    Set list

    First Set

    Dance Me To The End Of Love/ The Future/ Ain’t No Cure For Love/ Bird On The Wire/ Everybody Knows/ In My Secret Life/ Who By Fire/ Chelsea Hotel #2 Anthem

    Second Set

    Tower Of Song/ Suzanne/ Gypsy Wife/ The Partisan/ Boogie Street/ Hallelujah/ Democracy/ I’m Your Man/ A Thousand Kisses Deep (recitation)/ Take This Waltz/ Encore So Long, Marianne/ First We Take Manhattan/ Famous Blue Raincoat/ If It Be Your Will/ Closing Time/ I Tried to Leave You/ Whither Thou Goest

  • Amy Macdonald – 2008/11/13 – Paris le Bataclan

    Amy Macdonald – 2008/11/13 – Paris le Bataclan

    Je l’avoue, j’ai craqué et me suis rendu coupable du péché de gourmandise, voir de concupiscence ! Je n’ai pas pu m’empêcher de retourner voir Amy Macdonald au Bataclan ce soir après l’avoir vue à la Maroquinerie il y a 15 jours. Et quel bonheur ce fut de nouveau. Quelle voix, quelle sincérité, quelle jeunesse, quelle pugnacité. Un groupe uni et flamboyant. Ils ont terminé le show sur un Let’s Start a Band enflammé, ils étaient heureux et nous comblés. Ouahhhhouh. Si elle repassait demain je ne pourrais pas plus résister.

  • Amy Macdonald – 2008/11/13 – Paris le Bataclan

    Amy Macdonald – 2008/11/13 – Paris le Bataclan

    Je l’avoue, j’ai craqué et me suis rendu coupable du péché de gourmandise, voir de concupiscence ! Je n’ai pas pu m’empêcher de retourner voir Amy Macdonald au Bataclan ce soir après l’avoir vue à la Maroquinerie il y a 15 jours. Et quel bonheur ce fut de nouveau. Quelle voix, quelle sincérité, quelle jeunesse, quelle pugnacité. Un groupe uni et flamboyant.

    Ils ont fait exactement le même show, démarrant tambour battant sur Poison Prince et terminant sur un Let’s Start a Band enflammé, ils étaient heureux et nous comblés. Elle a 22 ans et déjà un insondable talent. Habillée ce soir avec une robe noire et un grand nœud-nœud blanc en collerette, elle nous expliquer sur l’intro de Mr. Rock&’ Roll que c’est sur cette chanson que tout a démarré car nous avons bien voulu en faire un hit. Ouahhhhouh. Elle repasse à l’Olympia en mars et j’ai déjà mon billet.

  • La pop de Boulez

    Pierre Boulez ce matin sur France Culture :

    J’aime beaucoup la vitalité de la musique pop mais beaucoup moins la façon dont elle s’exprime. Ces jeunes qui se démènent devraient savoir qu’un peu plus de culture les rapprocherait de Stravinsky et leur ferait dire leur rébellion avec bien plus d’éloquence.

  • Aimee Mann – 2008/10/31 – Paris la Cigale

    Aimee Mann repasse à Paris, toujours aussi blonde et délicate, toujours américaine jusqu’au bout des ongles, de ce que les Etats-Unis ont produit de plus abouti dans le folk. Son dernier disque @#%&* ! SMILERS vient de sortir, d’une facture nettement moins tragique que le précédent Forgotten Arm. D’ailleurs sur scène deux claviéristes remplacent les guitares électriques donnant au son une atmosphère plus chaude. Les solos de guitare sont joués au mini-Moog et tout ceci passe excellemment bien.

    Habillée de Jeans, d’un gilet velours grenat au dos duquel figure une tête de femme aux cheveux de la même couleur que sa cravate : bleu des mers du sud. Ses musiciens sont également cravatés et élégants. Aimee est belle et détendue, grande et inspirée, professionnelle et intuitive. Elle ne lâche pas une guitare acoustique décorée couleur brune assortie à sa chemise. Une voix chaude, cajolante, enveloppante, un vibrato naturel à la Joan Baez ; une voix suave qui plonge la Cigale dans une félicitée béate, comme une journée de bonheur simple dans une grande prairie aux senteurs entêtantes où la seule question à se poser est de profiter encore de cette douceur avant que le soleil ne sombre.

    Dans son dernier disque les paroles de chaque chanson sont illustrées d’un dessin à la Popeye, alors le show, comme le CD, se déroule tel une bande dessinée colorée, avec ses histoires de tous les jours et ses bulles animées : 31 today/ What a thing to say/ Drinking Guiness in the afternoon/ Takng shelter in the black cocoon/ I thought my life would be different somehow/ I thought my life would be better by now/ But it’s not and I don’t know where to turn. Elle s’interrompt au milieu du concert pour interpréter quelques titres à la demande du public et ce n’était sans doute qu’à moitié préparé vu l’état de tension des musiciens durant ces morceaux de hasard.

    Merveilleuse Aimee Mann, la Cigale déguste ce folk/country comme un élixir d’éternité, tellement évident même sur un trottoir du boulevard Rochechouart.

    01: Stranger Into Starman/Looking For Nothing, 02: Freeway, 03: Dear John, 04: Save Me, 05: Wise Up, 06: Mr. Harris?, 07: Great Beyond, 08: Calling It Quits, 09: Red Vines (solo), 10: It’s not, 11: Long Shot, 12: Super Ball, 13: 31 Today, 14: Borrowing Time, 15: One, 16: Today’s The Day, 17: How Am I Different
    Encore : 18: 4th Of July, 19: Deathly

    1ère partie : The Submarines, une blonde à couettes, un guitariste nerveux et un batteur jouent un dynamique et opportun warm up.

  • Marie Modiano – 2008/10/28 – Paris le Café de la Dance

    Marie Modiano m’a fait louper une sortie d’autoroute alors que je repassais en boucle Last Early Spring découvert par hasard sur un disque promo des Inrocks de la semaine. Voix mélancolique sur douces mélodies, guitare piquée-enjouée, clarinette amusée, bref, assez pour avoir été distrait alors que je roulais sous la pancarte « Guingamp ».

    Lorsque Marie s’est annoncée au Café de la Danse il me fallait retrouver ce signe du destin. Elle apparaît dans le noir, silhouette diaphane aux longs cheveux, en jeans et veste, hésitante et fragile, mais déjà sur scène pour présenter des compositions poétiques, dont la musique est cosignée de son Peter Von Poel, musicien suédois, angelot blond, compagnon de musique de Michel Houellebecq lorsque celui-ci s’essaya au rock, et présent sur scène ce soir à guitare et au chant. Ces deux-là ont l’air complices et nous déroule le disque de la Miss : Outland. Le reste de la bande entoure notre petite fée avec affection et professionnalisme, la laissant exprimer une ambiance adolescente joliment mise en mots et en musique. Elle nous offrira en prime une reprise des Bee Gees.

    Debout derrière son micro ou assise sur un tabouret, s’essayant à la guitare acoustique, elle rejoint son père au catalogue des artistes qui expriment leur âme pour le plaisir des autres.