Catégorie : Musique

  • Tommy the Who

    Le film « Tommy », tiré de l’opéra rock des Who repasse sur Arte dont le programme estival est très marqué rock, pour notre plus grand plaisir. La musique est évidemment celle d’origine mais les chants sont différents, on n’a d’ailleurs pas vraiment l’impression que ce sont le Who qui chantent même si c’est Roger Daltrey qui joue le héros… malheureux de ce film. Encore une histoire de fils traumatisé par un méchant papa !

  • Lenni Jabour au Café Barge

    Lenni Jabour de retour à Paris m’invite pour un petit concert privé et solo, elle joue (au piano) et chante des morceaux des Dangereuses et une reprise des Cure, Friday I’m In Love extraite de son prochain disque Greatest Hits à sortir sous peu. Comme toujours, cette musique est fraîche et malicieuse. Lenni aura toute une série de dates aux Blancs Manteaux, dans le Marais, à la rentrée, avec musiciens cette fois-ci.

  • « Joe Strummer, the future is unwritten » de Julian Temple

    Cinéma ce soir, un hommage au prince punk qui a mené les Clash au combat. Mélanges d’images d’époque et de souvenirs des vieux amis réunis autour de feux de camp urbains

    Souvenirs, souvenirs, lorsque l’on voit Joe animer les squats londoniens et monter son premier groupe The 101’ers (référence à son squat d’alors, 101 Walterton Road), ou les 4 Clash débarquer guitares en bandoulière, pour enflammer la scène rock des 70s sur London Calling et autres White Riot. Nostalgie alors que l’on découvre tout le mal qu’il a eu à dépasser la fin du Clash pour reprendre la route de la musique et fonder les The Mescaleros avant de mourir en 2003 d’une malformation cardiaque jamais diagnostiquée. Un beau film sur la bande-son d’une époque et son message d’énergie : rien n’est écrit, battez-vous !

  • Summer of Love

    Arte rend hommage au flower power de la fin des 1960 avec Gimme Shelter, un film de 1970 sur le concert des Rolling Stones de décembre 1969, avec Jefferson Airplane en première partie. Nous sommes sur le circuit automobile d’Altamont où le concert a été transféré après son annulation dans le Golden Gate Park pour craintes de troubles à l’ordre public… Des Hells Angels font le service d’ordre musclé dans un joyeux désordre, acide, rock, bière et bagarre. Grace Slick arrête son show quand Marty Balin prend un pain. Les Stones ont du mal à finir une chanson sans que quarante hippies montent sur scène. Cette agitation se termine avec un mort, soi-disant poignardé pendant Sympathy for the Devil, en fait bien après.

    Suit le fameux film Jimi plays Monterey de la même année. Jimi, célèbre au Royaume-Uni, débarque revient aux Etats-Unis où il est quasiment inconnu. Il est présenté à Monterey par Brian Jones avant d’interpréter Like a Rolling Stones, Hey Joe et de metttre le feu à sa guitare dans un autodafé purificateur sur fond de rébellion contre la guerre du Vietnam. Quelle époque, quel artiste jamais égalé ! Deux après ce concert, Jimi était mort.

  • Viva Madonna

    Une incroyable version de La Isla Bonita pour le final du Live Earth de Londres ce soir. Madonna est apparue avec un duo guitare/violon de vieux gitans complètement azimutés, les Gogol Bordello, récupérés on ne sait où mais qui ont fait spectacle redoutable sur ce vieux classique.

  • Rock’n’Roll 39-59

    Rock’n’Roll 39-59

    Très belle exposition à la Fondation Cartier : Rock ‘n’ Roll 39-59 sur les origines de cette musique dans l’Amérique des années 40-50.

    L’après-guerre outre-Atlantique voit foisonner les innovations musicales en même temps que se libèrent les mentalités. Les rythmes du blues des noirs du Sud profond élaboré dans les champs de coton vont influencer pour toujours le Rock ‘n’Roll en gestation dans les villes blanches. Le blues qui leur a fait endurer les souffrances de l’apartheid sera l’un des véhicules de leur reconnaissance et une incroyable revanche sur le monde blanc de par sa paternité incontestable sur le Rock. L’exposition montre photos, juke-box étincelants, un studio d’enregistrement, une Cadillac arrondie, des coupures de presse de l’époque crachant leur venin sur cette musique dépravée, et un superbe film Rock‘n’ Roll The Early Days où se croisent Fats Domino et Little Richard, Elvis bien sûr et Buddy Holly. A ne manquer sous aucun prétexte.

    Décidément cette Fondation Cartier pour l’Art Contemporain présente une programmation de plus en plus riche. Un musée dans la librairie duquel trônent en bonne place des poésies de Patti Smith ne peut pas être un mauvais endroit ! Et le visiteur repart avec Auguries of Innocence de William Blake dans sa besace.

  • Lou Reed – 2007/06/26 – Paris le Palais des Congrès

    Lou Reed – 2007/06/26 – Paris le Palais des Congrès

    – Hey Lou Reed/ Do you hear me?/ I don’t want to be no one…/ Does it get cold and alone/ When you’re all on your own in NYC?/ Lisa says, Caroline says, Candy says she wants to be with me…

    chante The Servant  sur son dernier disque sorti en 2006, How To Destroy a Relationship. L’influence morbide du poète new-yorkais est toujours prégnante sur la musique d’aujourd’hui…

    Ce soir Lou Reed plante son décor au Palais des Congrès à Paris pour y jouer l’intégrale de Berlin, plus de trente années après sa sortie. Berlin, une ville où Lou n’avait jamais mis les pieds avant d’écrire son chef d’œuvre, Berlin le disque le plus déprimant de l’histoire du Rock ‘n’ Roll, mais Berlin la pièce maudite de l’un des artistes le plus influent de son temps.

    Ce soir Lou Reed nous rejoue le disque de nos nuits d’encre. Il a rameuté Steve Hunter, le guitar-hero de Rock and Roll Animal, le virtuose démoniaque de l’intro légendaire de Sweet Jane ! Bob Ezrin le producteur de l’époque est de la partie, Julian Schnabel a tourné un documentaire sur les shows de New York qui sera présenté aux festivals du film de Venise et de San Sebastian, Emmanuelle Seigner la nouvelle égérie rock underground (chanteuse du groupe Ultra Orange, sévèrement inspiré par le Velvet, et femme de Roman Polanski) joue Caroline dans les films projetés durant le concert, et nous, les purs, sommes là à nous presser dans les escaliers de cette salle généralement consacrée aux assemblées d’actionnaires… Mais après tout, nous détenons des titres sur la Lou Inc. depuis le temps que cet artiste diabolique capte nos investissements émotionnels et nous en reverse les dividendes de sang et de larmes.

    Un chœur d’adolescentes, des cuivres et des cordes viennent adoucir l’électricité et enrober la voix chevrotante de celui qui va nous narrer une fois encore l’histoire sordide et blafarde de Jim et Caroline.

    Le concert démarre sur les accords de Steve, à la guitare acoustique, coiffé d’un bonnet de marin breton et d’une blouse d’hôpital psy bleu pâle, accompagnant les vestales sur le refrain de Sad Song. Le ton est donné : triste ! Puis vient le piano bastringue émergeant d’un cabaret berlinois interlope où se pressent espions, putes et Gi’s :

    In Berlin/ By the wall/ We were five foots ten inches tall/ It was very nice/ Candelight and Dubonnet on ice

    Et Jim et Caroline nous entraînent à la suite de leur histoire d’amour underground et son cortège de jalousie, de violence, de drogue, de déchirure et de mort. Une atmosphère glaçante et parfaitement rendue par un son épuré et simpliste au milieu d’une mise en scène statique et quasiment sans éclairage. Les jeunes chanteuses en aubes falotes ondulent au long des mesures marquées par la voix profonde de Lou. L’ambiance cathédrale de la salle donne à l’ensemble un air de messe maudite. On dirait que la musique s’échappe de catacombes où seraient entassés les ossements blanchis d’une époque révolue, pour atteindre nos cœurs corrompus par le temps. Une époque où violence et poésie savaient encore se marier, où des artistes pouvaient écrire la vraie vie et en tirer de purs sanglots.

    Les rumeurs les plus folles ont couru sur les conditions d’enregistrement de ce disque : Lou perdu dans les drogues, Ezrin en dépression à l’issue des sessions, les cris déchirants de ses propres enfants appelant leur mère, enregistrés sur The Kids. Et l’album est devenu une icone majeure de l’œuvre de Reed qui a marqué et marque encore des générations de musiciens et d’amateurs éclairés.

    Et alors que Jim et Caroline entament leur descente vers les abysses, le Maître nous fait défiler les 10 titres ce cet album d’exception. Men of Good Fortune est un must. L’enchaînement Caroline Say II / The Kids / The Bed / Sad Song est une douleur infinie qui nous vrille l’âme, alors que nous accompagnons Caroline au bout de sa route ; ses enfants enlevés, ses poignets ouverts, sa vie s’en va dans un flot de sang et notre stupeur est à la hauteur de ce désastre : And I said oh oh oh oh oh oh what a feeling.

    Comment des mélodies aussi simples, une voix aussi monocorde, des mots aussi triviaux peuvent-ils déclencher un tel torrent émotionnel sinon du fait du noir génie de leur auteur ? Et notre artiste ne semble guère se soucier de ce qu’il provoque. Il joue, tranquillement accroché à sa guitare, plutôt absent, revenu de tout, carrément ailleurs dans son monde de mots et de notes.

    Après les derniers accords de Sad Song il laisse un peu attendre la salle avant de lui offrir en rappel Sweet Jane / Satellite of Love / Walk On the Wild Side / Rock Minuet, toujours avec autant de nonchalance. Et Steve nous refait note pour note le Sweet Jane solo. Nous sommes touchés au cœur.

    Lou salue, Lou offre des fleurs aux vestales qui nous ont tiré des larmes sur Sad Song, Lou embrasse Ezrin et puis Lou s’en va de son pas indifférent.

    Ce soir il a créé Berlin ! Nous étions la pour partager ce moment d’anthologie.

  • The Rolling Stones – 2007/06/16 – Paris le Stade de France

    The Rolling Stones – 2007/06/16 – Paris le Stade de France

    Hummm… les Rolling Stones sont en ville, une ambiance de merguez flotte au-dessus du Stade de France, 80 000 fans sont en train de migrer vers Saint-Denis pour s’abreuver autour de leur point d’eau, pas encore trop asséché par le temps ! Enfin, pas tout à fait 80 000 car les tribunes tout en haut du stade sont vides, couvertes par des bâches au logo lingual pour cacher la misère !

    Le deuxième show de la tournée A Bigger Bang, annulé en 2006 pour cause de chute de cocotier de Keith dans une ile du Pacifique, a lieu ce 16 juin 2007. La famille est de retour ! Nous ne manquons cette cérémonie désormais classique et venons rendre hommage à la persévérance de nos papys qui nous accompagnent dans nos rêves musicaux depuis si longtemps. Bien sûr on se raconte toujours un peu les mêmes histoires lors de ces réunions mais l’atmosphère est chaleureuse, la technique impressionnante et le blues est toujours le blues… alors pourquoi s’en priver même s’il faut pour cela reporter à la semaine prochaine ses courses d’été aux Galeries Farfouillette. Même Fillon est venu faire un peu de présence, félicité par Mick, et légèrement sifflé par l’assistance.

    Pas de surprise pour ceux qui ont déjà vu les premiers shows de cette tournée mondiale qui dure maintenant depuis deux ans, mais toujours beaucoup de plaisir à partager les performances de ce groupe fidèle et inusable. Et puis toujours cette montée d’adrénaline lorsque retentissent les premiers riffs du concert, ceux de Start Me Up en l’occurrence.

    Quelques perles avec Waiting On A Friend joué par Mick à la guitare électroacoustique, un hommage à James Brown I’ll Go Crazy et une belle version de Can’t You Hear Me Knocking, bluesy à souhait, à grand renfort de solos de sax, de guitare (Ron) et d’harmonica.

    Keith s’emmêle un peu dans ses paroles et ses accords sur Happy et I Wanna Hold You, accroché à sa vieille guitare éraflée, mais le public lui accorde toujours un succès d’estime et une définitive indulgence.

    La B-stage avance puis recule sans un couinement, tout est bien réglé. Le feu d’artifice final illumine le ciel sur les derniers accords de Jumping Jack Flash. Nos quatre tontons reviennent pour un dernier salut et chacun rentre chez soi, satisfait d’avoir constaté que la famille est toujours en forme.

    La set-list : Start Me Up/ Let’s Spend The Night Together/ Rough Justice/ All Down The Line/ She Was Hot/ Waiting On The Friend/ Can’t You Hear Me Knocking/ I’ll Go Crazy/ Tumbling Dice/ — Introductions/ Happy (Keith)/ I Wanna Hold You (Keith)/ It’s Only Rock’n Roll (to B-stage)/ It’s All Over Now (B-stage)/ You Got Me Rocking (B-stage)/ Honky Tonk Women (to main stage)/ Sympathy For The Devil/ Satisfaction/ Brown Sugar/ Jumping Jack Flash (encore)

  • The White Stripes – 2007/06/11 – Paris le Zénith

    The White Stripes – 2007/06/11 – Paris le Zénith

    Icky Thump le dernier disque des White Stripes ne sera en vente que la semaine prochaine dans les bacs parisiens mais déjà l’on sait que sa couverture est en noir et blanc, une première pour ce groupe qui a fait du rouge et blanc sa marque de fabrique. Faut-il s’attendre à une révolution ? Cette soirée au Zénith prouvera qu’il n’en est rien. Et pourquoi d’ailleurs faudrait-il changer quoi que ce soit à ce duo incroyable qui nous délivre un rock pur forgé aux sources du blues ?

    Le fond de la scène est tendu d’une immense toile rouge unie sur laquelle les musiciens joueront aux ombres chinoises comme unique light show. Mais nous ne sommes pas la pour la débauche technologique simplement pour écouter et voir la réincarnation de Jimmy Hendrix en extra-terrestre blanc venu de l’Ouest : Detroit, USA. Et le blanc débarque tout en rouge accompagné de Meg qui s’installe derrière ses futs. A peine les lumières éteintes, la guitare rouge et blanche siffle déjà des feulements de saturation sous les arcanes gonflées des toiles (rouges…) du Zénith parisien.

    Le son brut du groupe envahit l’atmosphère comme une épaisse fumée de sous-bois enflammés, humide et grasse qui pénètre les tympans pour s’y déposer en strates indélébiles. Après notamment un redoutable Dead Leaves, il faut attendre le quatrième morceau du show pour découvrir le titre éponyme du disque Icky Thump qui est enchaîné avec Effect and Cause, autre nouveauté pour laquelle Jack a ressorti une vieille électroacoustique au bois constellé de zébrures, une de ces guitares qui a traîné dans les bars du Tennessee (les White’s habitent Nashville) et arbitré des bagarres d’ivrognes.

    Après cette première envolée, le public est déjà à genoux alors que Jack poursuit son combat de gladiateur pour maîtriser les hurlements de sa guitare qui vit son propre destin sous les doigts de fée qui terminent les biscoteaux d’athlètes émergeant du T-shirt rouge moulé.

    De la chevelure noire en bataille de Jack qui lui cache le visage, monte une voix aigüe et maîtrisée aux accents hard-rockeux mais à l’inspiration tellement blues dans ses vibratos et ses menaces qu’elle en fait le fils spirituel de Muddy Waters et B.B. King. Si ça n’était pas encore évident pour certains, il est désormais clair que ce garçon a replanté l’étendard de la musique américaine si haut que peu de musiciens de sa génération pourront aller le chercher.

    I Think I Smell A Rat déclenche un ouragan avec ses riffs qui claquent sous le dôme comme des éclairs, c’était sur White Blood Cells en 2001 comme The Same Boy… Sans répit Jack accroché à sa guitare parcourt la scène rouge où il alterne les micros face au public, ou sur un orgue d’anthologie peint en rouge vif dont il joue pendant que les accords de ses cordes vivent leur vie dans un délire de larsen sur-saturé, ou encore à coté de Meg White, aussi souriante sous sa frange de cheveux noirs qu’elle est violente sur ses peaux. Complice de toujours elle assure la rythmique de façon désarmante mais oh combien efficace. Et il n’y a pas besoin de plus, elle fait ce qu’il faut.

    Retour au calme provisoire avec Cold Cold Night chanté sur le devant de la scène par Meg à qui le public fait un triomphe en se demandant encore comment ce petit ange qui susurre avec tant de délicatesse :

    Come to me again/ In the cold cold night/ You will know that it’s warm inside/ And you’ll come run to me/ In the cold cold night

    est capable de batte le beat de Icky Thump ? Les démons du Mississippi certainement !

    Ball And Biscuit pour terminer le premier set et puis les rappels qui annoncent l’apothéose de Seven Nation Army joué devant un Zénith qui sent venir sa fin : And I’m bleeding, and I’m bleeding, and I’m bleeding/ Right before the lord/ All the words are gonna bleed from me and I will think/ No more/ And the stains coming from my blodd/ Tell me go back home.

    Tout n’est plus que sueur et déchaînement, stupeur et tremblement, lorsque Jack et Meg debout sur les enceintes tentent d’apaiser le brasier qu’est devenu le Zénith en se prenant en photo devant les spectateurs, au Polaroïd dont ils jettent les épreuves dans la foule. Jack offre des roses à Meg et ils repartent sereinement après nous avoir délivré le message de la grande Amérique, celui de racines violentes et ambigües, créatives et dissolues, multiples et exceptionnelles, irriguées par le sang du Rock ‘n’ Roll qui a engendré les plus belles pages de la musique de notre temps ! C’est bon, c’est bon, c’est bon.

  • Dolorès O’Riordan – 2007/06/06 – Paris le Bataclan

    Dolorès O’Riordan – 2007/06/06 – Paris le Bataclan

    L’égérie anorexique des années 90, ex-leader des Cranberries est de retour à Paris avec un agréable album solo Are You Listening? Toute de noir vêtue, comme il se doit, des cheveux de jais, les yeux bordés d’eyeliner sombre, elle est accompagnée d’un combo de guitaristes gitans, costauds bardés de tatoos et plutôt habiles, à coté desquels elle paraît toute pitchounette. Mais la gracieuse irlandaise est aujourd’hui pleine d’énergie positive. Elle déboule à la guitare électrique sur les riffs lourds de Zombie qui nous ramènent au bon vieux tempsle Bataclan est déjà en transe ! La voix est forte mais toujours rêveuse. Dolorès est souriante et bavarde

    Les nouvelles compositions coulent comme l’eau de source Angel Fire, Apple Of My Eye, Ordinary Day, Black Widow… et se mêlent harmonieusement aux anciens morceaux datés sinistrose, l’époque où l’on se demandait toujours avec angoisse si Dolorès allait vaincre ses démons et survivre un nouvel hiver. Alors aujourd’hui elle s’empare d’une guitare acoustique d’un blanc immaculé pour dédier Ordinary Day à sa fille : Beautiful girl/ Won’t you be my inspiration/ Beautiful Girl/ I’ll never let you down, juste les sentiments ordinaires d’une maman revenue de la bulle névrotique Cranberries pour se consacrer à la vie de tous les jours ; elle chante Apple Of My Eyes, une jolie love song sur un mari qui tarde à rentrer, Black Widow et la dévastation du cancer sur un être proche.

    Tout ceci est un peu calibré FM, doux et parfois sombre, mais on aime cette artiste inspirée. Elle ne voit pas toujours le temps qui passe sous son jour le plus gai mais elle nous en restitue l’essence avec beaucoup de délicatesse. Le public en adoration la couvre de fleurs et de billets tout le concert durant, pavoise un drapeau irlandais et ne la laisse plus partir sur le final de Dreams : Oh my life is changing everyday/ Every possible way/ Though my dreams, it’s never quite as it seems/ ’cause you’re a dream to me.

    La set list : Zombie/ Angel Fire/ Animal Instinct/ Apple Of My Eye/ Ordinary Day/ Ode To My Family/ Human Spirit/ Stay With Me/ Black Widow/ Pretty/ When You’re Gone/ I Can’t Be With You/ Loser/ Salvation/ When We Were Young// Encore : Just My Imagination/ October/ Linger/ Dreams

  • Les Stones en répétition à Bruxelles

    Les Stones en répétition à Bruxelles

    Les setlists

    Lundi 29 mai

    Happy, Tumbling Dice, Miss You, She’s So Cold, Rocks Off, Can’t You Hear Me Knocking, Some Girls, I’m Free, Shine A Light, Rip This Joint, Sway, Thief In The Night, It’s All Over Now 2x, Memory Motel 2x, Dead Flowers, Get Off Of My Cloud, Beast Of Burden, Before They Make Me Run, Can’t Be Seen

    Mardi 30 mai

    Jumping Jack Flash, It’s Only Rock’n Roll, Live With Me, Oh No Not You Again, She’s So Cold, Bitch, Memory Motel, Sway, Rocks Off, Tumbling Dice, « James Brown style » soul/funk song, Wild Horses 2x, Worried About You 2x, Can’t Be Seen 2x, You Don’t Have To Mean It 2x, Infamy 2x

  • Patti Smith – 2007/05/28 – Paris l’Olympia

    Patti Smith – 2007/05/28 – Paris l’Olympia

    Patti est de retour à Paris pour un de ces shows « chair de poule » comme seuls les artistes d’un autre monde savent en délivrer. Et toujours lorsque cette poétesse incomparable entre en scène elle exhume toute notre vie musicale cachée dans le lobe émotion de nos cerveaux. Comme dans un dernier soupir elle nous accompagne sur la frontière ténue entre le plaisir musical et l’introspection intime. Une grande dame qui superpose avec tellement de subtilité les mots et les notes sous l’étendard du Rock ‘n’ Roll le plus pur.

    Les fidèles Lenny Kaye, guitariste, affublé comme toujours de ses gilets démodés, et Jay Dee Daugherty à la batterie, emmènent une set list idéale où se mêlent quelque unes des reprises objet de son dernier disque Twelve et les jalons musicaux d’un parcours exceptionnel entamé il y a 30 ans avec Horses. La tignasse grisonnante (elle vient d’avoir 60 ans) et toujours fringuée comme l’As de Pique, cette musicienne de légende nous fait partager ses révoltes comme ses nostalgies avec la foi d’une survivante. Sa voix n’a pas pris une ride. Elle en use et en abuse avec adresse et parfois violence.

    Malgré le formatage intellectuel marketé par l’industrie du disque et en dépit de l’abrutissement des masses généré par les médias, elle reste sereine et convaincue de son message, de sa mission. Lorsque Patti joue de la clarinette sur Are You Experienced  de Hendrix, se fait accompagner par un luth sur Smells Like Spirit de Nirvana, ou déclame des poésies après avoir chaussé ses lunettes rondes, ce sont les Dieux qui parlent aux Dieux. Et quand elle soulève petits et grands sur Rock ‘n’ Roll Nigger et Because The Night elle ne voit pas de réel motif de dévier de sa route, celle de la sincérité brute d’une rockeuse qui a voulu changer le monde avec des chansons et des poèmes. Et elle y a réussi puisqu’elle donne du rêve, elle diffuse de l’énergie, elle montre la nécessité de savoir s’indigner, elle oriente la vie de chacun vers le cœur et l’intelligence quand tout dans notre monde moderne tend à faire dériver les individus vers l’illusoire et l’égoïsme.

    Patti reste avec Lou Reed la grande prêtresse de la poésie underground. Ils ont traversé cette période à part, parfois excessive, mais tellement américaine, qui a si fortement influencé le Rock d’aujourd’hui. Et d’ailleurs Lou sera à Paris dans quelques jours… L’un et l’autre nous convient régulièrement à ces messes dites bien sûr sur un mode différent mais ils ne manquent jamais de communiants pour partager cette musique des anges qui parfois se transforment en démons, mais parfois seulement !

    La set list : Privilege/ Redondo Beach/ Birdland/ Are You Experienced/ Free Money/ Within You Without You/ Southern Cross/ Pastime Paradise/ White Rabbit/ Because The Night/ Pissing In A River/ Soul Kitchen/ Peaceable Kingdom/ Gloria/ Smells Like Teen Spirit/ Rock n Roll Nigger/ Helpless

  • Orchestral Manoeuvres in the Dark – 2007/05/25 – Paris l’Olympia

    Orchestral Manoeuvres in the Dark – 2007/05/25 – Paris l’Olympia

    Les adolescents synthétiques et fringants d’Orhestral Manoeuvres In The Dark (OMD) sont de retour pour un best of de leur carrière à l’Olympia. Pour la circonstance le parterre de la salle est en configuration quinquas avec sièges numérotés. Andy McCluskey and Paul Humphreys ont créé OMD à la fin des 70’s à Liverpool sur les traces de Kraftwerk et Gary Numan. Pop sucrée et claviers sophistiqués, on a aimé leurs ritournelles dont la justesse n’avait d’égal que leur caractère obsessionnel. Enola Gay… et bien d’autres ont fait la joie des DJ’s de l’époque. Les remix de Tesla Girls résonnent encore dans nos oreilles comme les glaçons dans les verres de GinTo. Alors on pouvait se faire remballer par des filles farouches, pas d’importance, on oubliait ces déconvenues sur les pistes de danse sous les stroboscopes fous d’Electricity.

    Deux claviers surélevés entourent la batterie, un immense écran sur le fond et Paul qui chante devant, avec parfois une guitare ou une basse. L’électronique a remplacé les Mellotrons. Le tout relève d’une esthétique très épurée. Le light show et les projections sont modernes et superbes. Andy et Paul ont vieilli, ils affichent un look à la  Gilbert & Georges et d’ailleurs certaines des scènes visuelles sur l’écran feraient bonne figure dans une exposition du vieux couple anglais.

    Il reste la musique, toujours entraînante et bien roulée. La voix d’Andy n’a pas pris une ride, les compositions tiennent encore la route et l’on ne va pas brûler ce qu’on a aimé. Les rythmes envoûtants poussent presque les spectateurs les plus vigoureux à esquisser quelques pas de danse, embourbés dans leurs fauteuils inconfortables. OMD est revenu et la setlist nous repasse la décennie 80 en 1h30 d’un concert plaisant.

    Set list : Architecture And Moralit/ Sealand/ The New Stone Age/ Georgia/ She’s Leaving/ Souvenir/ Joan Of Arc/ Maid Of Orleans/ The Beginning And The End/ Messages/ Tesla Girls/ (Forever) Live and Die/ If You Leave/ Pandora’s Box/ Talking Loud And Clear/ So In Love/ Locomotion/ Sailing On The Seven Seas/ Enola Gay/

    Encore : Walking On The Milky Way/ Electricity/ Romance Of The Telescope

  • Björk dans les Inrocks

    Un numéro spécial des Inrocks sur Björk ce mois-ci, vraiment une artiste surprenante et séduisante comme on en fait peu. On attend son concert pour le final de Rock en Seine qu’elle doit assurer en août à Paris.

  • Locus & Porco Rossa – 2007/05/19 – Paris le Café Montmartre

    Concert au Café de Montmartre avec Porco Rosso et Locus, une soirée de musique dans une cave parisienne. Des amateurs éclairés, connus sur MySpace, qui s’amusent et nous réjouissent. De la musique française mâtinée de pop/folk. Un samedi soir plein de bonheur.

    Les Porco sont en formation de quatre, le guitariste solo alternant sur un clavier. Yann développe une voix agile sous sa casquette. Des paroles parfois sentimentales sur une instrumentation maîtrisée qui n’hésite pas à se lâcher sur des solos rock appuyés. La musique coule naturellement sur une audience conquise.

    Locus est un groupe sophistiqué avec un duo rythmique percutant, Xavier un guitariste solo au touché Dire Straits et autre un duo au chant, simple et subtil : Hocine, chant et guitare électro-acoustique, avec Rosa. Ils sont tellement naturels ces deux là qu’on dirait de vieux professionnels. Leurs voix aériennes se superposent avec élégance sur des paroles douces, le live ajoute de l’énergie. L’ensemble est rythmé, harmonieux, simplement émouvant.

  • Björk dans les bacs

    Volta le nouveau disque de Björk est dans les bacs. Comme chaque production de cette originale artiste islandaise, c’est un évènement culturel qui fait la une, même des médias pas particulièrement spécialisés. Bien qu’annoncé comme abordables, les compositions restent complexes, on n’y rentre pas à la première écoute.

    Le show aux Arènes de Nîmes en août est compet, vendu en 24 h… Tant pis, on la verra au Festival Rock en Seine cet été.

  • Décès de Rostropovitch

    Mstislav Rostropovitch (1927-2007) est mort à Moscou. Encore un géant qui nous quitte ! Ecoutons pour s’en persuader les suites de Bach pour violoncelle qu’il a joué de façon si déchirante, incarnant au-delà du sublime l’âme musicale russe, slave. Et puis ce violoncelle quel instrument remarquable pour exprimer toute la gamme des émotions, de la joie à la douleur. Et Rostro ! quel interprète génial pour véhiculer de l’humanité, de la tendresse. De la musique tout simplement ! Heureusement il est mort dans sa Russie natale et sera enterré au côté de Galina. Avec son Maître et ami Chostakovitch il a fait partie de ces artistes martyrisés par le faux nez soviétique d’une Russie musicale qui n’a jamais abdiqué. Que pouvait d’ailleurs le dogme face à la beauté ? Rien, Dieu merci !

  • Lisa Gerrard – 2007/04/15 – Paris la Cigale

    Lisa Gerrard – 2007/04/15 – Paris la Cigale

    Lisa Gerrard au Grand Rex ce soir : ex-Dead Can Dance, elle nous a envoutés avec son compère Brendan Perry dans les années 1980/90. Ensemble ils ont créé une atmosphère musicale unique faite de noirceur et d’étranges sonorités en mode mineur.

    Lisa poursuit depuis une carrière solo ponctuées de disques et de BO. Le concert parisien est complet depuis longtemps. Les fans d’hier sont venus nombreux pour goûter à nouveau cette ambiance insondable, frémir encore à l’écoute d’une musique venue d’ailleurs, peut-être un peu de son Australie natale où elle se ressource  « J’habite dans le bush, ce qui me permet de m’éloigner du monde, de me connecter à ce que je désire vraiment, l’absolu. Je me considère d’ailleurs comme une Aborigène, parce que je suis née là-bas et que, comme eux, je suis complètement reliée aux vibrations de la terre et à un langage abstrait, façonné par des millions d’années d’humanité. »

    La scène majestueuse du Grand Rex est tendue de deux grandes tentures blanches qui dégoulinent sur un fond noir. Elle est accompagnée d’un pianiste et d’un clavier qui posent l’instrument majeur : sa voix, profonde, parfaite et bouleversante, froide comme un vent terrifiant qui dévale les pentes verglacées d’un Himalaya émotionnel. Les paroles n’ont pas d’importance, il y en a peu d’ailleurs, anéanties par le son.

    En robes longues, bleue puis blanc crème après l’entracte, elle est grande, blonde aux yeux bleus, statique devant son micro auquel elle s’accroche bizarrement, elle chante les yeux mi-clos, semblant ne pas savoir que faire de son enveloppe corporelle. Elle est comme une espèce de fantôme au-dessus duquel flotte son âme. On est hypnotisés par sa présence intergalactique, envahis par l’émotion sonore qu’elle diffuse. On est habités par cette voix lisse et d’outre-tombe, discrètement accompagnée de nappes de claviers électroniques. Elle nous emmène à travers l’odyssée d’un espace musical, intime et immense. Et entre les chansons, l’artiste envolée redescend sur terre où elle nous retrouve, éclatant de rire devant les applaudissements sans fin de la salle en adoration.

    Une soirée pleine de magie qui nous a donné la chair de poule. Lisa  nous a délivré une Voix immense sur des notes glaçantes.

  • The Stranglers – 2007/04/06 – Paris la Cigale

    The Stranglers – 2007/04/06 – Paris la Cigale

    Du bon, du très bon, de l’excellent Stranglers ce soir à la Cigale ! Et il ne reste que deux survivants de la formation d’origine !

    Après la prestation de BP ZOOM, le groupe rentre (à quatre musiciens seulement) sur scène. On fait le compte des absents : Paul Roberts qui a déserté pour un chemin en solo, Jet Black, remplacé par son roady de 25 ans, qui est à l’hôpital pour problèmes cardiaques et dont Burnel précisera malicieusement qu’il était baptisé The Hoover (l’aspirateur il y a quelques années…). Il reste donc Jean-Jacques Burnel et Dave Grenfield, à la basse et aux claviers, Baz Warne à la guitare qui a rejoint le groupe en 2000 et partage le chant avec Jean-Jacques.

    C’est du concentré de Stranglers, bien rugueux et tellement vigoureux. On y retrouve ce qu’on aime depuis les origines en 1975, une énergie sans faille, les tourments de la vie éructés dans des paroles coupantes et glaçantes, une basse folle et dominante qui marque le beat d’une vie comme le marteau-pilon frappe l’acier en fusion au cœur de la forge de nos âmes, une guitare cinglante et répétitive sur des nappes de claviers qui veulent adoucir la furie mais qui la rendent encore plus obsessionnelle. Baz chante, moins bien que Paul, mais avec la foi d’un vrai Stranglers, le roady frappe sa batterie avec l’application qu’il a mis à servir son Maître Jet tout au long des années de route. Et Burnel chante toujours avec cette voix embrumée et solitaire, comme revenue de tout, où la nostalgie pointe son nez à tout instant dans la violence contenue qu’elle exprime. Il parle, parfois, en français, notamment pour commenter le succès de leur dernier disque Suite XVI, des ventes jamais atteintes depuis 30 ans !

    Et pourtant les quelques morceaux récents joués ce soir paraissent dans la continuité parfaite du passé. Ils s’intègrent sans l’ombre d’un doute à cette œuvre envoûtante composée par les hommes en noir. Spectre Of Love ou l’amour sur le fil du rasoir : Salvation can be found in times like this/ I just need you and I’ve found mine. Relentless et son triste déroulé du temps qui passe en s’acharnant à nous détruire : The King sat on his throne wawed his hand at the sea/ Time made a fool of him and eveything he tried to be…/ Relentless time/ Relentless time.

    Ces nouveautés se sont coulées dans le moule des Stranglers et mariées avec bonheur aux classiques des Peaches, Nice ‘N’ Sleazy, Burning Up Time et autres Duchess ou Nuclear Device.

    Les Stranglers ont choisi ce soir de nous délivrer leur setlist idéale, l’incarnation de leur foi et de la permanence dans leur combat pour que la musique donne à chacun le moyen d’interpréter la vie telle qu’elle est, pas toujours parfaite, mais où l’émotion et les idées sont les clés de la survie.

    Et au final, une assemblée de jeunes seniors, reconnaissants et admiratifs, a scandé No More Heroes à la Cigale pour clôturer le show parfait des Stranglers, pilier de notre imaginaire musical.

    La set list : 5 Minutes/ Grip/ Spectre Of Love/ Nice ‘N’ Sleazy/ Death & Night & Blood/ Unbroken/ Peaches/ Always The Sun/ Golden Brown/ I Hate You/ Lost Control/ Summat Outnowt/ Walk On By / Relentless/ Burning Up Time/ All Day And All Of The Night/ Duchess/ London Lady/ Rappel 1 : Nuclear Device/ Dagenham Dave/ Rappel 2 : Hanging Around/ No More Heroes

    Lire aussi : The Film – 2005/12/01 – Paris la Maroquinerie
  • Keith dément la rumeur

    La rumeur court : Keith Richards aurait sniffé les cendres de son père ! Keith dément :

    The complete story is lost in the usual slanting! The truth of the matter is that I planted a sturdy English Oak. I took the lid off the box of ashes, and he is now growing oak trees and would love me for it!!! I was trying to say how tight Bert and I were. That tight!!! I wouldn’t take cocaine at this point in my life unless I wished to commit suicide.