Catégorie : Musique

  • « Tosca » de Puccini mis en scène par Pierre Audi

    « Tosca » de Puccini mis en scène par Pierre Audi

    « Tosca », le polar de Puccini, est présenté à l’Opéra Bastille dans une mise en scène simple et bien pensée. Un peintre amoureux d’une diva (Tosca) est en lutte pour l’indépendance de l’Italie mais il se heurte à l’oppression représentée par un policier malfaisant et des religieux bornés. Finalement tout le monde meurt, l’amour n’a pas réussi à vaincre la répression ! « Amour, gloire et beauté », c’est une histoire éternelle tirée ici d’une pièce de Victorien Sardou transformée en opéra par Puccini en 1900.

    La musique est majestueuse, les chanteurs talentueux, y compris le chœur des enfants de l’Opéra Bastille sur le final du premier acte. Un opéra classique et sans surprise, d’ailleurs cette session en matinée (14h30) est fréquentée par de nombreux enfants qui viennent s’initier en famille à l’art de l’opéra.

  • « Hallelujah, les mots de Leonard Cohen » de Dayna Goldfine et Dan Geller

    « Hallelujah, les mots de Leonard Cohen » de Dayna Goldfine et Dan Geller

    Un merveilleux documentaire sur Leonard Cohen (1934-2016), immense poète-musicien canadien qui a illuminé la vie et l’âme de plusieurs générations. Le film est construit autour du parcours chaotique de son immense tube « Hallelujah », dont l’écriture lui prit sept années. Outre l’histoire de cette œuvre et de ses multiples reprises, c’est surtout l’occasion de revoir et réécouter cet artiste exceptionnel. Sa simple voix parlée, grave et rocailleuse, est émouvante, ses interrogations mystiques sont vertigineuses, son humour à froid et souriant est désarmant, sa modestie (parfois un peu forcée, mais toujours dans l’ironie) est touchante. Mais surtout, son parcours de la poésie au bouddhisme, de la musique à ses réflexions sur le sens de notre passage sur terre, en passant par sa relation à la Torah et, bien sûr, les femmes de sa vie dont la fréquentation l’a tant aidé dans son écriture et sa créativité, le documentaire survole cet homme simple auteur d’une œuvre de légende consignée dans une multitude de carnets noircis de ses poèmes et de ses réflexions sur lesquels il revient toujours, fruit de l’intense travail d’une vie de 82 années, si riche et prolifique.

    A « L’Escurial » dans le XIIIème arrondissement qui présente ce documentaire en avant-première, Barbara Carlotti interprète « Hallelujah » avec un guitariste en introduction du film. C’est respectueux et bien mené.

    Lire aussi : Leonard Cohen est décédé

  • « Moonage daydream » de Brett Morgan

    « Moonage daydream » de Brett Morgan

    Présenté au festival de Cannes 2022, le documentaire de Brett Morgan retrace les grandes étapes de la carrière de l’artiste britannique David Bowie avec force archives dont la vision fait frémir de bonheur les amateurs de cet immense musicien. Le parti-pris cinématographique est celui d’une bande son composée exclusivement de la voix de Bowie, parlée, lorsqu’il narre ses pensées et ses transformations, ou chantée sur les images de concert.

    Evidemment nous sommes dans un film grand public qui se prête assez peu à la philosophie alors certains concepts bowiens sont assénés de façon un peu fumeuse et absconse, ils sont d’ailleurs souvent illustrés à l’écran par des images crypto-psychédéliques style kaléidoscope. Bowie explique que les différents personnages qu’il a incarné au long de sa carrière étaient là pour cacher sa vraie personnalité qu’il n’osait pas dévoiler. Il ajoute que c’est probablement lors de la tournée Outside au mitan des années 1990 qu’il s’est senti le plus vrai mais que ce qu’il lui a toujours importé est de vivre le moment présent, délaissant les névroses du passé et les utopies du futur ; « keep walking!. Dont acte, mais peut-être était-ce aussi un personnage qui devisait sur tout cela…

    La vraie valeur de ce documentaire réside évidemment dans les extraits des tournées qu’il a menées à travers la planète au fur et à mesure de l’élaboration de son œuvre, de Ziggy Stardust and the Spiders from Mars à Heroes, de Let’s Dance à Outside…  Il s’agit souvent de films inédits mis à disposition du réalisateur directement par les gestionnaires des archives personnelles de Bowie. La dernière tournée Reality est ignorée. Ce n’était pas la plus percutante.

    La première partie du film est largement centrée sur les deux personnages fondateurs de sa carrière : Ziggy Stardust et Aladdin Sane. Ils en valent la peine tant cette époque fut flamboyante et iconoclaste dans le monde du rock post-hippie et pré-punk du début des années 1970. Sur un long extrait de cette époque (Jean Genie – 1972) on voit même Jeff Beck épauler Mick Ronson le guitariste historique des Spiders from Mars. Avec son glam-rock original Bowie a secoué le milieu musical britannique et mondial avec une incroyable créativité qui l’a révolutionné pour toujours, d’autant plus que ce n’était qu’un début pour lui.

    Interrogée sur l’artiste, une jeune fan déclare :

    J‘étais dans l’espace,
    Il était aux commandes.

    Ceux qui ont assisté à la tournée Heroes de 1978 retrouvent avec émotion le glaçant morceau d’ouverture Warzawa dans lequel Bowie joue de l’orgue debout, sous la direction de son guitariste Carlos Alomar qui tient la baguette, dos au public ; la version de la chanson Heroes est également extraite de cette tournée avec le virtuose Adrien Belew qui fait hurler sa guitare sur le légendaire solo de cette composition. Ces deux archives méritent à elles-seules d’aller visionner ce documentaire. Pour ceux qui en douteraient, une terrifiante version de Hallo Spaceboy reprise de la tournée Outside (qui passa par Paris en 1996) avec Reeves Gabrels à la guitare solo, achèvera de les convaincre qu’ils n’ont pas perdu leur temps. Outside est présenté comme le retour aux choses sérieuses après les légèretés de la période Let’s Dance sur laquelle Bowie questionne : pourquoi ne pas donner aux gens ce qu’ils aiment ?

    Le film se termine sur Blackstar, son dernier disque paru deux jours avant sa mort :

    In the villa of Ormen[1], in the villa of Ormen
    Stands a solitary candle, ah-ah, ah-ah
    In the centre of it all, in the centre of it all
    Your eyes
    Blakstar

    Puis les images s’effacent sur une version live de la chanson The Sun Machine is Coming Down (1970) reprise en chœur et sur laquelle sont greffés les hurlements de guitare d’Adrian Belew sur la légendaire intro de Station to Station lors de la tournée Stage (1977-78).

    Tony Visconti, le producteur historique des plus beaux disques, a également produit la remarquable partie musicale du film. C’est un régal pour le vieux fan qui revit ainsi les grands moments musicaux de sa vie. Il ne faut surtout pas se priver de voir et revoir ce film.


    [1] La « villa of Ormen » fait sans doute référence au village norvégien éponyme, Ormen signifiant « serpent », peut-être la métaphore d’un monde maléfique qui était en train de lui prendre la vie ?

  • Arcade Fire – 2022/09/15 – Bercy

    Arcade Fire – 2022/09/15 – Bercy

    Arcade Fire se produit à Bercy pour un nouveau et gigantesque concert à l’occasion de la sortie de son excellent disque « WE ». C’est sur la moderne et dynamique Rhapsody de Gershwin que les lumières s’éteignent laissant les musiciens entrer sur scène. La ritournelle de piano de Age of Anxiety I envahit alors l’arène de Bercy qui s’illumine sur Win, pantalon bicolore, une jambe noire et la deuxième blanche, veste dégradée rouge et mauve et les cheveux arrangés comme l’as de pique parsemés de mèches blondes sur nuque rasée de près, Régine derrière ses claviers, et les autres musiciens autour, au sein desquels on note quelques changements par rapport à la dernière formation : il n’y a plus qu’une seule violoniste et un multiinstrumentiste à dreadlocks fait son apparition.

    Soul Kitchen

    Sous la grande arche qui domine la scène, debout sur son retour marqué « WE » en grandes lettres blanches, Win lance le show sur cette magnifique chanson au milieu de laquelle Régine le rejoint sur le devant de la scène, sous ses boucles rousses en robe noire sur collants à paillettes avec mitaines fluos, et on lui tend un clavier portable aux touches multicolores pour reprendre en duo :

    It’s a maze of mirrors
    It’s a hologram of a ghost
    And you can’t quite touch it
    Which is how it hurts us the most

    In the age of, living in the age of, living in the age of anxiety

    Il s’en suit deux heures de musique jouée par ce groupe exceptionnel qui diffuse sa joie de vivre si communicative sur des rythmes d’une folle énergie.

    Une B-stage est installée au milieu de la fosse sous une boule à facettes qui illumine la salle de ses rayons obliques et que Régine rejoint sur It’s Never Over, puis, installée devant un piano en plexiglas transparent pour My Body in the Cage et sur lequel grimpe Win pour interpréter cette triste comptine. La machine repart ensuite comme une troupe de purs-sangs au grand galop sur la broussaille de nos émotions, fringants, enthousiastes, inarrêtables même au bord de l’épuisement.

    Sur Reflektor, Régine apparaît drapée dans un imperméable transparent vert pomme pour exercer ses mimiques saccadées de poupée mécanique tout en chantant. The Lighting I et II sont enchaînés dans un déluge de riffs annonçant Rebellion (Lies), Régine au piano, Win debout sur son retour « WE », tenant sa guitare à bout de bras comme Zeus brandit son foudre, Mr. Dreadloks monté sur ressorts sautant partout en frappant son tambour. Un sommet !

    Le rappel est joué sur la B-stage avec End off the Empire, nostalgique déclinaison de la fin de l’Amérique délivré par le chanteur-créateur texan accroché à sa guitare, puis une reprise du groupe rennais Niagara, chanté par Régine en français et le final Wake Up qui se terminera dehors a cappella sur les marches de la rue de Bercy.

    Ces concerts du groupe canadien laissent toujours leurs spectateurs, un peu éberlués, totalement épuisés et des étoiles plein les mirettes. Celui-ci n’a pas dérogé à la règle, dédié à la couleur, celles de l’affiche promotionnelle, des touches des claviers, des costumes des musiciens, des lasers et du light-show et surtout les couleurs de leur musique tellement inspirée et dynamique, jouée sans relâche ni l’ombre d’un doute. Un groupe flamboyant qui pourrait risque de tomber un peu dans la grandiloquence s’il n’y prenait garde. Mais quelle jouissance de voir ces huit musiciens déchaînés et créatifs enchanter leur audience au cours de concerts d’anthologie.

    Setlist : Rhapsody in Blue (George Gershwin song)/ Age of Anxiety I/ Ready to Start/ Black Wave/Bad Vibrations (First time since 2008)/ It’s Never Over (Hey Orpheus) (Régine on B-stage)/ My Body Is a Cage (Win and Régine on B-stage)/ Afterlife/ Reflektor/ Age of Anxiety II (Rabbit Hole)/ The Lightning I/ The Lightning II/ Rebellion (Lies)/ Month of May (Tour debut)/ The Suburbs / The Suburbs (Continued)/ Unconditional I (Lookout Kid)/ Haïti (with Boukman Eksperyans)/ Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)/ Everything Now

    Encore : End of the Empire I-III (Encore performed on B-stage)/ End of the Empire IV (Sagittarius A*)/ Pendant que les champs brûlent (Niagara cover)/ Wake Up (with a 15mn-outro a cappella outside the arena)

    Lire aussi :
    Arcade Fire – 2018/04/28 – Paris Bercy
    Arcade Fire – 2014/06/03 – Paris le Zénith
    Arcade Fire – 2010/07/05 – Paris le Casino de Paris
    Arcade Fire – 2007/03/19 – Paris l’Olympia

  • Shine au Planétarium de Bretagne

    Shine au Planétarium de Bretagne

    « Shine » est un tribute-band consacré au Pink Floyd : six papys de Lannion épaulés par deux choristes plus jeunes, dont l’une joue du saxophone. Manifestement les anciens, musiciens amateurs, ont été de grands fans de ce groupe mythique et ont décidé en 2020 de se faire plaisir en rejouant la musique des Britanniques. Ils se composent de deux claviers, un guitariste, un bassiste, un batteur et un chanteur. Les instrumentistes sont d’un bon niveau et quand le concert commence sur les nappes de clavier de Shine on your crazy diamond le public replonge dans au cœur des mystères de cette musique de légende. Le petit problème apparaît lorsque le chanteur entre en scène… sa voix n’est pas vraiment à hauteur de celles de ses glorieux anciens.

    Qu’importe on se régale de la set-list qui intègre tous les classiques du Pink Floyd : Confortably numb, Money, Saucerful of Secrets, Another Brick in the Wall, Mother, On the Turning Away… Nous sommes sous le dôme d’un planétarium sur lequel sont projetées les images de galaxies et d’étoiles en mouvement, si bien adaptées à cette musique planante qui a marqué nos jeunes années.

    Evidemment, on est loin de la sophistication de l’original et de l’immense talent des musiciens britanniques, mais les papys se font plaisir et nous font passer un bon moment. Mention spéciale pour l’une des choristes qui joue aussi (bien) du saxophone et pour le guitariste très bon instrumentiste.

  • Joe Jackson – 2022/07/12 – Salle Pleyel

    Joe Jackson – 2022/07/12 – Salle Pleyel

    Le Joe Jackson Band est de retour à Paris pour un agréable show. L’artiste britannique de 68 ans se présente derrière son piano, costume bleu électrique sur chemise jaune col pelle-à-tarte posé sur le col de la veste, cheveux blanc peroxydés sur front dégarni, un rire éclatant affiché en permanence et une virtuosité toujours flamboyante. Il démarre le concert avec trois morceaux extraits de Look Sharp, son premier disque en 1978 et trois morceaux de Fool, son dernier disque sorti en 2019. La boucle est lancée, c’est pétillant, joyeux, emmené, électrisant, c’est Joe Jackson ! Son groupe, Graham Maybe (bass), Teddy Kumple (guitare) et Doug Yowell (batterie) a été renouvelé mais sait rendre cette énergie post-punk dans laquelle le public de sexagénaires se replonge avec délices. Seul Graham Maybe fait partie du groupe d’origine et remporte d’ailleurs un franc succès d’estime avec son jeu de bass toujours aussi énergique et tranchant.

    Après ces six premiers morceaux, ses compères du Joe Jackson Band quittent alors la scène décorée de lourdes tentures rouges et laissent leur leader seul derrière ses claviers pour des interprétations plus délicates dont une inattendue reprise du groupe suédois ABBA. Retranscrite par Jackson on en oublierait presque le côté poppy horripilant des Suédois bien passés de mode.

    Le concert reprend ensuite en formation à quatre avec des classiques jusqu’au dernier morceau du rappel, Steppin’ Out, joué dans sa version lente, celle éditée sur le Live in Sidney, avec une longue introduction au piano, puis le départ progressif des musiciens avant que Joe n’abandonne ses touches pour venir saluer la salle avec une affection qui lui est bien rendue.

    Joe Jackson a une bonne bouille, une bouche immense affectée d’un petit rictus qui crispe sa lèvre supérieure ce qui ne l’empêche pas de déployer sans retenue cette voix unique qui le caractérise. Il a surtout un talent de musicien hors pair qui a forgé parmi les très belles mélodies des années 1980. Et il inspire cette sympathie qui le rend irrésistible. Ses concerts sont un bain de jouvence et un grand bonheur musical.

    Lorsque les lumières se rallument une musique de Joe Jackson est diffusée sur la sono de la salle et le batteur une fois extrait de derrière ses fûts affiche une magnifique paire de pompes blanches comme sur la couverture de Look Sharp.

    Setlist : One More Time/ Big Black Cloud/ Sunday Papers/ Dave/ Look Sharp!/ Fabulously Absolute/ Solo (So Low) (Joe piano solo)/Real Men (Joe piano solo)/ Knowing Me, Knowing You (ABBA cover) (Joe piano solo)/ Love at First Light (Joe piano solo)/ The Blue Time/ Blaze of Glory/ Fool/ Sing You Sinners (Tony Bennett cover)/ Is She Really Going Out With Him?/ It’s Different for Girls/ I’m the Man

    Encore : You Can’t Get What You Want (Till You Know What You Want)/ Steppin’ Out

    Lire aussi : Joe Jackson – 2019/07/02 – Paris la Cigale

    Lire aussi : Joe Jackson & Todd Rungren – 2005/06/15 – Paris le Bataclan

  • Flammarion, « David Bowie »

    Flammarion, « David Bowie »

    Sortie : 2022, Chez : Flammarion.

    Les éditions Flammarion ont demandé à une vingtaine de photographes qui ont eu, à un moment ou à un autre, à photographier l’artiste David Bowie de rassembler quelques un de leurs meilleurs clichés et de les introduire en quelques lignes.

    Cela donne un ouvrage de qualité sur la rockstar et les différents personnages qu’il incarna. Les amateurs ont déjà vu la plupart des images mais ce livre de photos a sa place dans toute bibliothèque d’admirateur du musicien. On se replonge avec bonheur dans les photos du Thin White Duke, celles de la tournée « Heroes », celle publiée en couverture de Libération le jour de sa mort où l’artiste est allongé avec sa fille encore nourrisson posée sur son ventre, devant une fenêtre donnant sur la ville de New York, celles de l’époque London Boy, bref un retour passionné sur la carrière à l’incroyable créativité du musicien britannique.

  • St. Vincent – 2022/07/05 – Philharmonie de Paris

    St. Vincent – 2022/07/05 – Philharmonie de Paris

    St. Vincent (Anne Clark de son vrai nom, née au Texas en 1982) se produit à la Philharmonie dans le cadre du festival estival Days Off. Le show est plus classique que celui, en solo, donné en 2017. Un groupe : guitariste, bassiste, batteur et trois choristes entourent la diva vêtue de rose, short-veste-bottes, cheveux blonds-peroxydés. Lorsqu’elle minaude sur la scène il y a un peu de Madonna dans la performance scénique mais la musique est bien plus originale.

    Le plus souvent débarrassée de sa guitare et bien épaulée par son guitariste, St. Vincent arpente la vaste scène en déboutonnant progressivement son chemisier. Elle commande à ses musiciens qui semblent parfois avoir du mal à suivre ses facéties. Mais elle s’empare parfois de ses guitares aux couleurs acidulées et on voit lors de ces instants qui est le boss. Elle joue alors en virtuose une espèce de funk-brouillon et déluré que l’on dit inspiré par son compatriote feu Prince. Ses textes sont débridés, surréalistes et, comme elle, débordent de toutes parts :

    So I went to the park just to watch the little children
    The mothers saw my heels and they said I wasn’t welcome
    So I, I went back home, I was feelin’ kinda queasy
    But all the locks were changed, my baby wouldn’t see me
    Oh no, you’ve put your finger on it
    The stove is only gettin’ hotter
    The sun, it’s gotta, gotta melt it
    Stand up, sit down, hands up, break down

    Pay Your Way in Pain

    Multi-instrumentiste, guitariste virtuose, esthète du show, créatrice d’atmosphères fascinantes, St. Vincent aime surprendre et elle y réussit. Il ne faudrait pas toutefois que cette obsession de la nouveauté tourne à l’exercice de style quand sa voix et sa guitare suffisent à nous enchanter.

    Warmup : Cate Le Bon

    Setlist : Digital Witness/ Down/ Birth in Reverse/ Daddy’s Home/ New York/ …At the Holiday Party (not on setlist)/ Prince Johnny (solo version, not on setlist)/ Los Ageless/ Sugarboy/ Fast Slow Disco/ Pay Your Way in Pain/ Cheerleader/ Year of the Tiger/ Fear the Future

    Encore : Your Lips Are Red/ The Melting of the Sun

    Lire aussi

  • The Dandy Warhols – 2022/06/15 – Paris l’Olympia

    The Dandy Warhols – 2022/06/15 – Paris l’Olympia

    Fidèles à la scène parisienne, les Dandy Warhols sont de retour après la pause liée au Covid pour un concert bien envoyé à l’Olympia. Pas de nouveauté depuis leur passage en 2016, toujours installés en ligne, les quatre musiciens jouent imperturbablement leur catalogue : Courtney (chant et guitare), Pete (guitare), Zia (key- bass) et Brent (batterie).

    Zia en chemisier-jupette est resplendissante derrière ses claviers et ses tatouages. Peut-être un peu plus délicieusement dodue que la dernière fois elle jongle entre ses instruments au milieu de généreux éclats de rire. Ses trois compères sont plus sombres et détachés. Pete porte un pantalon argenté et sous son éternel chapeau, économe de ses gestes déchaîne les cordes de ses guitares. Courtney, grande bringue en cheveux longs nattés arrive sur la scène et en repart avec sa sacoche en cuir qu’il porte en bandoulière et dont on ne sait toujours pas ce qu’elle contient. Avec son habituelle économie de parole il commence par essayer de se rappeler la dernière fois que le groupe est passé par Paris… c’était en 2016 au Trianon.

    Leur rock reste détonnant et réjouissant. Les sonorités garage et saturées qu’ils affectionnent font fureur chez un public convaincu. Les morceaux s’enchaînent sous la rhythmique inusable de Courtney jouée sur sa guitare tenue avec le manche presque vertical. Ce rythme régulier, plein, inébranlable ressemble à celui du train à vapeur des conquérants de l’Ouest. Au milieu des grands espaces, rien ne l’arrête. Et justement les Dandy sont de l’Ouest, Portland, Oregon sur les rives de la côte pacifique, elle aussi lieu des grandes houles de l’océan dont la force évoque leur musique. Sa voix rocailleuse et entrainante est diffusée alternativement via deux micros dont l’un la traite de façon métallique.

    Sous son chapeau, regardant plutôt ses cordes que le public, Pete assure sa partie avec brio et larsen. Il triture ses guitares et ses pédales et renforce le côté rock psychédélique de l’ensemble. Ses doigts effleurent à peine son instrument qu’un son étourdissant en jaillit aussitôt. On le dirait sur un nuage déchainant l’éclair zébrant la mélodie.

    Zia est toujours aussi sympathique, s’activant sur ses key-bass à grands renforts de moulinets lorsqu’elle bat le rythme avec son tambourin à main qu’elle frappe sur sa hanche. Sur Well They’re Gone elle souffle une petite ritournelle triste dans un clavier à vent. Comme à son habitude elle va se promener cinq minutes en coulisses au milieu du show pendant que Courtney improvise pour faire patienter le public en attendant son retour.

    Tous les hits du groupe sont délivrés sans pause ni coup férir. Une machine bien huilée, chacun y trouve son bonheur.

    La fin du concert s’annonce quand une nouvelle guitare est passée à Pete sur laquelle il joue les longs glissandos réverbérés introduisant Godless :

    Hey, I said you were Godless then
    It seems like you're a soulless friend.
    As thoughtless as you were back then,
    I swear that you are Godless.

    Et alors que résonne les derniers accords sur You’re Godless/ You’re Godless/ You’re Godless… Courtney remballe sa sacoche en cuir marron qu’il n’a toujours pas ouverte. Les hommes quittent la scène sur les derniers larsens laissant Zia manipuler ses machines. Elle nous gratifie de son habituelle chansonnette a cappella avant de rejoindre ses camarades et poursuivre route ordinaire d’un groupe de rock, hier à Bruxelles, demain à Zurich.

    Il n’y a pas de rappel. C’était juste un concert en or des Dandy Warhols à Paris !

    Set-list :  Be-In/ Ride/ Crack Cocaine Rager/ Not If You Were the Last Junkie on Earth/ We Used to Be Friends/ STYGGO/ Arpeggio Adaggio/ I Love You/ Hard On for Jesus/ Well They’re Gone/ Nobody’s Diary (Yazoo cover)/ You Were the Last High/ Holding Me Up/ Catcher in the Rye/ Be Alright/ Bohemian Like You/ Horse Pills/ Get Off/ Godless/ Zia Outro/ Highlife (A cappella version)

    Visiter aussi : https://www.danstafaceb.com/portfolio-the-dandy-warhols-olympia-paris-15-juin-2022/

  • The Smile – 2022/06/06 – Paris la Philharmonie

    The Smile – 2022/06/06 – Paris la Philharmonie

    La créativité sans borne de Thom Yorke leader-fondateur du groupe britannique Radiohead fondé en 1985, l’amène à décliner son imagination musicale via un nouveau groupe, The Smile, monté avec son compère Jonny Greenwood par ailleurs guitariste de Radiohead, non dépourvu d’inspiration créative lui non plus, c’est le moins que l’on puisse dire, et Tom Skinner,batteur du groupe de jazz Sons of Kemet. Ce nouveau groupe est produit par Nigel Godrich, l’indéboulonnable producteur, et membre caché, de Radiohead. Le trio et ses machines passe pour deux soirées à la Philharmonie de Paris dans le cadre du festival Days Off.

    Avec de pareils calibres réunis dans une nouvelle formation, autant dire que les deux soirées sont complètes et la Philharmonie est pleine des admirateurs de ces musiciens qui déclinent leur inventivité sous la forme d’un groupe restreint monté à l’occasion de la crise sanitaire qui a réduit leurs interactions sociales et musicales. Le quatrième membre de ce supergroupe est évidemment le fatras de machines électroniques qui parsèment la scène de la grande salle Pierre Boulez sur lesquelles Thom et Jonny vont s’escrimer lorsqu’ils lâchent les cordes des bass et des guitares dont ils se saisissent selon les morceaux joués. Quelques problèmes techniques sur le lancement de Waving a White Flag obligent Yorke à faire quelques aller-retours entre les machines capricieuses afin de faire rentrer les récalcitrantes dans le rang.

    On aurait pu craindre un Radiohead au rabais, que nenni ! ces trois-là s’expriment d’une manière originale sous l’aile protectrice de leur producteur historique Nigel Goodrich. Jonny et Thom alternent les instruments (guitares, bass, claviers, machines) et la voix de ce dernier plane loin au-dessus de l’âme des spectateurs, éthérée dans les morceaux mystiques, saccadée lors des parties plus électro, elle est l’instrument principal de ce combo impromptu. Les morceaux se déroulent avec harmonie, du romantique au mécanique, dans un dépouillement sophistiqué qui tend à la pureté.

    Les instruments forment le cadre harmonieux où se pose la voix de Yorke qui vrille les âmes et touche vraiment au sublime. Qu’elle soit plaintive ou vigoureuse, décrochée et solitaire dans les aigus ou rythmée par le beat des machines, de Radiohead à The Smile, en passant par les performances solos de cet artiste britannique si inspiré, cette évolution vers plus electro était déjà sensible dans l’évolution de la production discographique du groupe Radiohead, dans celle aussi de Thom Yorke qui a sorti plusieurs disques sous sa seule signature, plus « DJ », que rock, d’ailleurs également joués à la Philharmonie en 2019, où les boucles synthétiques remplacent les guitares. The Smile assure une harmonieuse synthèse entre les deux.

    Au sortir de ce show intriguant et fascinant, les fans historiques de Radiohead attendent toujours la prochaine production du groupe qui seul, jusqu’ici, les enthousiasme complètement, leur âge moyen les rendant tout de même moins réceptifs à l’électronique…

    Setlist : The Smile (William Blake song) (Read by Cillian Murphy)/ The Same/ The Opposite/ You Will Never Work in Television Again (with Robert Stillman)/ Pana-Vision/ The Smoke/ Speech Bubbles/ Thin Thing/ Bodies Laughing/ Open the Floodgates/ Free in the Knowledge/ A Hairdryer/ Waving a White Flag (Started again due to sequencer difficulties)/ We Don’t Know What Tomorrow Brings/ Skrting on the le publicSurface

    Encore : Just Eyes and Mouth/ Feeling Pulled Apart by Horses (Thom Yorke song)

    1ère partie : Robert Stillman

    [Portfolio] – The Smile Festival Days Off 2022

  • Mort d’Alan White, batteur du groupe de rock progressiste Yes

    Mort d’Alan White, batteur du groupe de rock progressiste Yes

    Alan White (1948-2022) a été le batteur du groupe de rock progressiste Yes de 1972 à ces dernières années. Il est mort aujourd’hui aux Etats-Unis. Il avait remplacé Bill Bruford, batteur depuis la création du groupe en 1968, parti rejoindre King Crimson, autre groupe légendaire du rock progressiste britannique avec Genesis. White a participé à cette aventure du rock apparut après l’époque hippie et balayée par la vague punk à la fin des années 1970.

    Ces trois groupes phares d’une période révolue continuent à jouer et à tourner aujourd’hui, mais ils se font vieux, la pendule tourne et certains disparaissent… la fin d’une époque !

    Lire aussi : Décès de Chris Squire
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  • Mort d’Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode

    Mort d’Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode

    Andrew Fletcher (1961-2022), claviériste britannique et cofondateur du groupe électrorock Depeche Mode est mort aujourd’hui à 60 ans. Ils étaient autre à l’origine : Martin Gore, Dave Gahan, Vincent Clark et Andy. Clark a quitté le groupe en 1981, Andy le déserte aujourd’hui, il reste les deux premiers. Ensemble ils ont écrit et joué parmi les tubes les plus emblématiques des années 1980-1990. Le groupe continuait à composer et à tourner pour le plus grand plaisir des vieux fans.

  • BOILE Anthony, ‘The Stranglers – Black and White’.

    BOILE Anthony, ‘The Stranglers – Black and White’.

    Sortie : 2020, Chez : Discogonie.

    Une analyse pertinente du troisième disque des Stranglers, « Black and White » (1978), dans cette jolie collection, « Discogonie », dont chaque volume est consacré à un disque de rock. Anthony Boile est un historien de l’art qui est manifestement un amateur de ce groupe marquant du post-punk et qui dure toujours depuis le mitan des années 1970.

    Chaque chanson du disque est détaillée dans un chapitre dédié ce qui donne l’occasion de revenir sur la personnalité des musiciens et leurs références artistiques dans le contexte de l’époque. C’était la guerre froide, la crise économique, l’américanisation abêtissante de la jeunesse occidentale, le jubilé de la reine Elisabeth insultée par les Sex Pistols… le mouvement punk a balayé les hippies et les babas, choqué les bourgeois et fait exploser le monde du rock. Les Stranglers font partie de cette vague avec une spécificité musicale liée aux claviers de Dave Greenfield (1948-2020) que l’on a souvent comparé à Ray Manzarek des Doors.

    A l’époque de « Black and White » la musique des Stranglers était rugueuse et ses membres ne dédaignaient pas de faire le coup de poing contre les journalistes ou les hooligans qui perturbaient leurs concerts. Ils se sont depuis un peu embourgeoisés mais continuent à produire des disques et à faire des tournées.

    Au fur et à mesure du déroulement des chansons de l’album, Boile se penche sur les références politiques et littéraires de ce groupe engagé, l’intérêt du bassiste Jean-Jacques Burnel pour Mishima, celui du guitariste Hugues Cornwell pour Asimov, le nihilisme de tous qui a donné ces albums de légende dont « Black and White est l’un des symboles. L’auteur détaille aussi de façon intéressante les techniques musicales spécifiques qui marquent l’originalité du groupe.

    « Black and White » : le livre est évidemment à lire en écoutant cet album charnière d’un groupe détonnant et attachant.

  • « THIS MUCH I KNOW TO BE TRUE – Nick Cave & Warren Ellis” de Andrew Dominik

    « THIS MUCH I KNOW TO BE TRUE – Nick Cave & Warren Ellis” de Andrew Dominik

    Nick Cave continue à mettre sa vie artistique en scène avec ce nouveau film « This is much I know to be true » tourné au printemps 2021. Il s’agit d’une prestation live avec son compère Warren Ellis, tournée dans une ancienne église transformée en studio, les peintures religieuses parent toujours les murs, l’intérieur du bâtiment a été dépouillé de tout élément architectural ou mobilier offrant ainsi un immense espace dédié à la prestation musicale. Au centre trône un piano à queue autour duquel se répartissent les deux musiciens. La scène est cernée par un grand cercle en rail sur lequel roulent des caméras. Des choristes et des cordes interviennent sur certains morceaux qui sont tous joués par nos deux compères : Nick au chant et au piano, Warren au violon ou au clavier. Ils interprètent des morceaux de « Ghosteen » (dont la tournée programmée en 2020 a été annulée pour cause de pandémie) et de « Carnage » .

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    Le résultat est subtil, tout en inspiration, loin du monde matériel, tourné vers la magie qui inspire les grands artistes, et le tragique de la vie de Nick Cave. Voila qui compense quelque peu l’annulation de la tournée « Ghosteen » pour cause de pandémie et nous replonge dans la magie de la tournée « Carnage » l’an dernier.

    Nick Cave et son compère Warren Ellis continuent à mettre leur vie artistique en disques et en films, pour notre plus grand bonheur.

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  • Clap Your Hands Say Yeah – 2022/05/09 – Paris La Maroquinerie

    Clap Your Hands Say Yeah – 2022/05/09 – Paris La Maroquinerie

    Le groupe américain Clap Your Hands Say Yeah (CYHSY), emmené par son fondateur-guitariste-chanteur Alec Ounsworth, se produit à la Maroquinerie. En première partie, une jeune femme solitaire à la voix douce s’accompagne aux claviers ou à la guitare. Sa dernière chanson voit les CYHSY monter sur scène pour l’occasion. Un prêté pour un rendu, elle assure ensuite les claviers pour le show du groupe phare de la soirée.

    Coiffé de son inévitable casquette-bonnet, Alec Ounsworth emmène son groupe indépendant new-yorkais avec énergie et bonhommie pour un agréable concert dans cette petite salle parisienne. Fondé en 2004, CYHSY rassemble une bande de musiciens de Brooklyn qui se sont connus dans les collèges arty de New York et ont monté ce groupe « indépendant » sous la houlette de son créateur, Alec, guitariste virtuose et compositeur élégant.

    Les musiciens enthousiastes déroulent leur musique joyeusement électrique pour le plus grand bonheur d’un public initié. La voix haut perchée d’Ounworth posée sur son jeu de guitare débridé réchauffe l’atmosphère d’une fin de printemps parisien déjà caniculaire. Mais c’est de la bonne chaleur, celle de musiciens heureux et créatifs.

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  • Décès du musicien allemand Klaus Schulze

    Décès du musicien allemand Klaus Schulze

    Klaus Schulze (1947-2022) est mort ce 28 avril. Il a été l’un des fondateurs de la musique électronique et l’un des premiers utilisateurs inventifs du synthétiseur. Membre éphémère du groupe allemand avant-gardiste Tangerine Dream, l’un des pionniers de la « musique planante » à la fin des années 1960. Il a sorti de très nombreux disques et créé ce style « space rock » fait de nappes de synthétiseur s’empilant les unes sur les autres pour donner ces harmonies électroniques propices aux médiations enfumées et intergalactiques.

  • Mort du rocker belge Arno

    Mort du rocker belge Arno

    Triste nouvelle : le cancer dont souffrait Arno Hintjens depuis deux ans a eu raison du rocker flamand (1949-2022) qui s’est éteint ce 23 avril. Nous n’entendrons plus sa voix rocailleuse rocker nos âmes avec tendresse, humour et énergie, en français, en anglais ou en flamand. Musicien de textes et de scène, il a dédié sa vie au rock et aux tournées. Rocker du bonheur, il a chanté la vie et le bonheur de vivre, des petites choses aux grandes idées.

    Adieu l’artiste !

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  • Le Bataclan « woke »

    Au Bataclan, célèbre salle de concert rock parisienne, en plus des « hommes » et des « femmes », les toilettes accueillent les « non binaires » et les handicapés. On vit vraiment une époque formidable !

  • Lloyd Cole – 2022/03/29 – Paris le Bataclan

    Lloyd Cole – 2022/03/29 – Paris le Bataclan

    Lloyd Cole, né en 1961 au Royaume-Uni, toujours fidèle, pose ses guitares au Bataclan pour une soirée musicale délicieuse au milieu d’une courte tournée de petites salles de grandes villes européennes. Une carrière qui paraît sans fin et une discographie qui continue à s’enrichir, des formations à géométrie variable, majoritairement solo ces dernières années après un démarrage rock tonitruant avec les Commotions au début les années 1980 post-punk, près de 25 disques caractérisant ces époques dont une incursion dans l’électronique (Plastic Wood en 2001, Electronics en 2013), la richesse de cet artiste évidemment est sa voix de velours, posée sur des compositions subtiles et des textes tellement british, empreint de références littéraires et d’humour, alors il la promène depuis des années sur la scène pop-folk avec ses guitares électroacoustiques et son élégance naturelle tous les deux ou trois ans. Le passage par Paris est de rigueur !

    Ce soir son ancien compère des Commotions, le guitariste Neil Clarck, est présent pour la deuxième partie de la soirée après un cours break que Llyod introduit en suggérant que les gens de « son âge », comme lui, feront ce qu’ils ont à faire durant cette pause… Neil joue une guitare électroacoustique et retrouve son rôle de guitariste-solo des Commotions. Il est également apparu sur certains des disques solos de Cole, dont le dernier, Guesswork (2109).

    Ces deux musiciens complices, blanchis sous le harnais, se connaissent sur le bout des doigts, et les voir ensemble sur la même scène offre un régal des sens. Les jeunes spectateurs qui pensaient retrouver la période rock des Commotions à laquelle ils n’étaient pas nés, restent un peu dubitatifs face au romantisme qui émane de ce concert et dont les reprises de Rattlesnakes, Jennifer, Perfect Skin confirment tout l’intérêt. Les plus anciens continueront à suivre avec bonheur et sans nostalgie le parcours de cet artiste original qui a opté pour la douceur après avoir délaissé l’électricité de ses premières années.

    C’est ainsi, le punk est mort, vive le crooner !

    Setlist : Past Imperfect (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Kids Today/ Rattlesnakes (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Music in a Foreign Language/ My Bag (Lloyd Cole and the Commotions song)/ The Afterlife/ Moments and Whatnot/ Patience (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Vin Ordinaire (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Late Night, Early Town/ Are You Ready to Be Heartbroken? (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Women’s Studies/ The Over Under/ Sentimental Fool/ Why I Love Country Music (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Like a Broken Record/ Weeping Wine/ Jennifer She Said (Lloyd Cole and the Commotions song)/ 2cv (Lloyd Cole and the Commotions song)/Period Piece/ Woman in a Bar/ Ice Cream Girl/ Myrtle and Rose/ Night Sweats/ Violins/ Hey Rusty (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Perfect Skin (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Lost Weekend (Lloyd Cole and the Commotions song)

    Encore : No Blue Skies/ Forest Fire (Lloyd Cole and the Commotions song)

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