
La prochaine tournée des Rolling Stones, peut-être la dernière, passera par Paris cet été le 23 juillet. Les tarifs des places sont prohibitifs.

Ils abusent ; on renonce !
Lire aussi : Charlie Watts est mort
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La prochaine tournée des Rolling Stones, peut-être la dernière, passera par Paris cet été le 23 juillet. Les tarifs des places sont prohibitifs.

Ils abusent ; on renonce !
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Il y a 45 ans à l’été 1977, le chroniqueur enfiévré découvrait Londres et la musique rock en pleine explosion punk. Un premier concert à l’Hammersmith Odeon du groupe The Jam met dans l’ambiance. Les trois musiciens mod-revival, à peine sortis de l’adolescence, pantalons et cravates noirs sur chemises blanches, jouent devant un rideau blanc sur lequel est apparaît en lettres noires et coulantes : The Jam.

Ce trio à l’allure proprette déclenche l’enfer sur scène, sautant comme de beaux diables de leur boîte sur des riffs hallucinés. Leurs « vieilles » idoles sont The Who et The Small Faces. Puis, inspirés par le mouvement punk, dont ils restent un peu à l’écart, ils en délivrent l’énergie brute. La jeunesse londonienne adore, des filles aux cheveux bleus et oranges sur leurs T-shirts déchirés se succèdent pour danser dans les allées de cette salle de concerts-rock mythique de la capitale britannique. Leur premier disque In the City vient de sortir au milieu de la tornade musicale punk qui saisit le Royaume-Uni. Il est joué intégralement ce soir-là, In the City est même repris en rappel, sans doute par manque de chansons pour ce groupe qui ne joue ses propres compositions que depuis quelques mois et dont ce premier disque comporte trois reprises.
The Jam mènera sa route jusqu’au début des années 1980 puis le guitariste-chanteur Paul Weller empruntera le chemin de traverse d’une carrière solo plutôt réussie, créant différents groupes, dont Style Council, ou chantant sous son propre nom. Le mouvement britpop (Oasis, Pulp, Blur) des années 1990 l’éleva au rang de Modfather.
Eberlué par cette nouvelle expérience le chroniqueur la poursuivra durant son séjour par de fiévreuses soirées au Marquee Club, une petite salle où se produisent des groupes dont beaucoup vont devenir célèbres. La scène est à peine surélevée, entre piste de danse et bar louche, les spectateurs s’y pressent dans la chaleur de l’été et la fumée des cigarettes. Nous sommes en pleine période punk, la mode est de cracher sur le monde, musiciens et spectateurs ne s’en privent pas et il faut parfois jongler pour éviter les glaviots… Tout est plutôt déglingué au Marquee mais quel bonheur d’y suivre en direct le monde en marche du Rock qui va bientôt déboucher sur new wave, cold wave et la suite.
On ne connait aucun des groupes qui se produisent sinon par la lecture rapide de la presse rock (New Musical Express et Melody Maker). En ce mois d’août 1977 on se souvient notamment des Boomtown Rats, groupe irlandais qui vient de sortir son premier single et dont le chanteur Bob Geldorf s’engagera par la suite dans l’organisation de concerts en soutien à des causes humanitaires comme le Live Aid en 1985 (contre la famine en Ethiopie). Ce soir-là au Marquee, il termine en mini-slip, trempé de sueur comme les spectateurs, après une prestation scénique physique et désordonnée. Il y eut aussi Kingfish, le groupe monté par l’américain Bob Weir, l’un des guitaristes du Grateful Dead. Et tant d’autres soirées rock où le bonheur était de voir l’histoire musicale rock s’écrire sous nos yeux !

45 ans plus tard plus rien ne subsiste du club au 90 Wardour Street, à deux pas de Piccadilly Circus, sinon une plaque commémorative informant que Keith Moon a joué ici avec les Who dans les années 1960. Pourquoi Moon et pas tous les autres qui se sont produits au Marquee, Hendrix, Bowie, The Rolling Stones, Joy Division, Roxy Music, The Sex Pistols, Ultravox, Dire Straits, The Buzzcocks et tant d’autres ? Qu’importe, après tout, Keith Moon témoigne aussi pour eux : fantasque, brillant et autodestructeur, il meurt en 1978 en pleine gloire à 32 ans d’une surdose de médicaments destinés à lutter contre son alcoolisme…

Le musicien américain auteur-compositeur Marc Lanegan est mort hier à 57 ans en Irlande. Il était réputé pour sa voix sépulcrale qu’il mit au service de la cause grunge de Seattle. Ami de Kurt Cobain il fut aussi guitariste membre du groupe Queens of the Stone Age et de Screaming Trees avant de mener une carrière solo et la production de disques folk-blues à l’ambiance sombre dans laquelle sa voix décavée a fait merveille. Il collabora également avec Isobel Campbell du groupe Belle and Sebastian, un résultat très réussi en disques et en concerts.
Lire aussi : https://rehve2.fr/2007/01/isobel-campbell-mark-lanegan-20070130-paris-le-trabendo/
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https://rehve2.fr/2008/06/isobel-campbell-mark-lanegan-20080606-paris-la-cigale/
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Ian McDonald (1946-2022) est mort ce 11 février d’un cancer. Il fut l’un de cocréateurs du groupe King Crimson et participa à son disque fondateur : In the Court of the Crimson King (1969) dont il cosigne toutes les compositions. Multi-instrumentiste il joue en particulier de la flûte et du saxophone. Ce disque majeur a lancé le rock progressiste et fut très marquant pour l’époque. McDonald n’est pas resté longtemps dans le groupe qu’il a quitté pour co-fonder en 1976 le groupe Foreigner, de bien moindre intérêt, sorte de grosse machine américaine sans beaucoup d’inspiration. Il est revenu joué du sax sur l’album Red des Crimson en 1974, autre disque capital du groupe, ouvrant la voie de la musique répétitive des guitares métalliques, filon que King Crimson continue d’exploiter aujourd’hui.
Lire ausi : King Crimson – 2000/06/24 – Paris le Grand Rex
Le groupe est toujours dirigé par l’exceptionnel guitariste-auteur-compositeur Robert Fripp (75 ans), qui, outre son immense talent de musicien a su également s’entourer d’artistes d’exception comme Ian McDonald.
Lire aussi : John Wetton est mort le 31 janvier 2017
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Après quelques reports dus à la situation sanitaire, Suzanne Vega nous revient à Paris à la Cigale (avant un autre concert à l’Olympia le 22 juin) pour un show intimiste, accompagnée de son fidèle guitariste irlandais Gerry Leonard. Elle n’a pas produit beaucoup de nouvelle musique malgré la pause Covid mais a rassemblé dans un disque live d’anciennes compositions plus ou moins liées à New-York, sa ville d’adoption (elle est née en Californie à Santa-Monica). Enregistré au Café Carlyle le 11 septembre 2020, le disque s’appelle An Evening of New York Songs and Stories, et c’est d’ailleurs le nom de sa tournée actuelle.
Pas vraiment de nouveauté donc, ni dans les morceaux choisis ni dans leur interprétation ; si tout de même, une reprise de Blondie, autre égérie new-yorkaise, en plus trash, des années punk 1970-1980. Qu’importe, car on ne se lasse pas du charme tranquille de cette artiste intemporelle qui envoute son public de sa musique folk chantée avec une si jolie voix. Evidemment elle nous raconte toujours un peu les mêmes histoires dont celle de son premier amoureux de Liverpool : In Liverpool/ On Sunday/ No reason to even remember you now…
Mais le charme opère dès qu’elle entre en scène, et encore plus lorsqu’elle ouvre le show avec Marlene on the Wall :
Even if I am in love with you
All this to say, what’s it to you?
Observe the blood, the rose tattoo
Of the fingerprints on me from you
Elle s’accompagne merveilleusement bien à la guitare électro-acoustique et Gerry apporte sa touche électrique énergisante à un show poétique et parfait. Nous sommes à New-York, peut-on entrer dans l’univers musical de cette ville dans évoquer son enfant terrible : Lou Reed ? Bien sûr que non alors elle interprète Walk on the Wild Side qu’elle a déjà à son catalogue depuis quelques années.
An Evening of New York Songs and Stories : un concert dispensable, mais pourquoi faudrait-il s’en passer ?
Setlist : Marlene on the Wall/ Freeze Tag/ Caramel/ Gypsy/ In Liverpool/ The Queen and the Soldier/ Frank & Ava/New York Is My Destination/ New York Is a Woman/ Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)/ Left of Center/ I Never Wear White/ Some Journey/ Luka/ Tom’s Diner
Encore : Dreaming (Blondie cover)/ Tombstone/ Rosemary
Encore 2 : Blood Makes Noise

Enregistré au stade de Wembley à Londres en 2006, la vidéo du show de Madonna fait plaisir à revoir. La tournée suit la sortie de l’excellent album Confessions on a Dance Floor en 2005. L’artiste américaine est dans une forme resplendissante, entourée d’une troupe de danseurs et danseuses, un quart ballet, trois-quarts hip-hop. Tout ce petit monde produit un show brillant et un peu tape-à-l’œil. Les musiciens sont plutôt en arrière-scène pour laisser le devant à la mise en scène orientée domination, sado-masochisme et provocations religieuses, sexuelles et politiques.
Les tableaux scéniques se succèdent dans un déluge d’écrans gigantesques, de cages barreaudées où les danseurs-bellâtres se jettent dans des performances physiques éblouissantes et de références sulfureuses comme sur Live to Tell où la Madone chante crucifiée sur une gigantesque croix en diamants, la tête sertie d’une couronne d’épines, sur fond d’images d’enfants africains censées contester les positions de l’Eglise sur la lutte contre le SIDA en Afrique. Le Vatican appréciera…
Derrière tout ce fatras de technologie scénique, de costumes et de muscles, il y a surtout Madonna la musicienne et la chanteuse qu’il ne faut pas oublier. Que l’on apprécie ou pas ses performances physiques ou le côté un peu simpliste des messages dont elle se fait le chantre, elle reste tout simplement une artiste innovante et exceptionnelle.

« Meat Loaf », né Marvin Lee Aday en 1947 au Texas, est mort à 74 ans, a priori des suites de la Covid-19. Il fut le rocker d’un disque devenu légendaire en 1977 : « Bat out of Hell », vendu à plus de 40 millions d’exemplaires. Un album brillant, écrit par Jim Steinman, sur lequel on retrouve des musiciens du E-street Band de Bruce Springsteen, Max Weinberg (batterie) et Roy Bittan (piano), Ellen Foley, choriste (ex-copine de Mick Jones, guitariste des Clash) ainsi que l’immense guitariste-producteur Todd Rundgren. Le résultat est un disque éclatant, baroque, symphonique, un déchaînement instrumental sur lequel se pose la voix aigüe et urgente de Meat Loaf. Bref, un jalon du rock des années 1970.

L’homme était physiquement aussi imposant que ses prestations étaient démesurées et sa musique excessive. Meat Loaf a commis une dizaine d’autres albums et joué dans des films et des séries.
Alors que la chancelière allemande Angela Merkel va laisser la place après 16 années de pouvoir, l’armée allemande lui présente ses adieux en jouant un morceau choisi par elle de… Nina Hagen. Pour les plus jeunes, rappelons que Nina est une chanteuse née en Allemagne de l’est en 1955 au temps du mur. Elle sortit un premier hit à Berlin-Est : « Du hast den Farbfilm vergessen » (« Tu as oublié la pellicule couleur ») devenu mythique et c’est justement ce morceau choisi par Mme. Merkel que la Bundeswehr lui a joué en version instrumentale
En 1978, elle a suivi à l’ouest son beau-père déchu de sa nationalité est-allemande, elle monte un groupe, le Nina Hagen Band, qui sort un disque éponyme révolutionnaire dans lequel elle fait déjà preuve d’une incroyable agilité vocale et d’un talent pour grimacer de façon clownesque qu’elle exprime sur scène (voir vidéo). Ses musiciens ont des allures improbables, moitié bande à Baader, moitié drag-queens, mais s’avèrent de redoutables instrumentistes. Elle a poursuivi ensuite sa carrière avec la production d’une vingtaine de disques plus ou moins réussis, agrémentés de quelques provocations dont elle a le secret.
Une artiste originale à laquelle il était plutôt inattendu que la chancelière Merkel se réfère dans le cadre de sa cérémonie d’adieux à l’armée nationale. Un clin d’œil de cette grande dirigeante qui confirme en plus qu’elle a très bon goût. On ne sait pas à ce stade ce que Nina Hagen a pensé de ce choix…

Après ses deux concerts au Grand Rex en octobre, Patti Smith (75 ans) est de retour à Paris pour jouer au Panthéon dans le cadre de l’anniversaire des 50 ans de la radio FIP. Elle succède à Sting dans ce lieu majestueux. Elle est accompagnée de son fils Jackson à la guitare, sa fille Jesse aux claviers et de Tony Shanahan à la basse sur les derniers morceaux.
Le show est diffusé sur FIP et réservé, sur place, à quelques happy few. Patti passe par quelques chansons de son répertoire plutôt peu jouées et une reprise de Bob Dylan. Elle chante avec sa voix grave et on l’imagine tout sourire sous ses cheveux gris, épanouie après toutes ces années de combat et d’écriture, mais toujours sincère et convaincue. Ce court concert se termine sur un People Have the Power plus apaisé que son habituelle version jouée en électrique le poing levé !
People have the power to dream
People have the power to strike
People have the power to vote
People have the power to love
Et notre poétesse-punk tire sa révérence rappelant aux spectateurs « Don’t forget it: USE YOUR VOICE ».
On peut la réécouter sur le podcast FIP, une radio de bon goût !
https://www.fip.fr/emissions/live-a-fip/patti-smith-en-concert-au-pantheon
A la suite de la sortie de son récit « Le pansement Schubert », la violoncelliste et art-thérapeute Claire Oppert. Se produit ce soir avec son trio (violoncelle, piano [Roustem Saitkoulov, le mari] et violon [Maxim Vengerov]), le Dr Gomas, spécialiste des soins palliatifs, Éric Fiat, professeur de philosophie et d’éthique médicale et Elodie Navarre, comédienne.

La soirée commence par l’andante du trio op. 100 de Schubert puis les pièces musicales sont ponctuées des interventions parlées. Claire Oppert parle avec beaucoup de sensibilité de son expérience musicale pour accompagner la douleur, le Dr Gomas de sa collaboration avec Claire dans le cadre d’un essai clinique pour suivre et mesurer les effets de la musique sur les patients, un effet généralement apaisant et le philosophe Fiat de la vie et de l’œuvre de Schubert (un peu romancée tout de même) avec une délicate admiration et des digressions vers La Fontaine. La dernière partie de la soirée voit revenir le trio accompagné de la comédienne qui lit quelques chapitres du livre de Claire Oppert pendant que les musiciens jouent les pièces qui sont citées dans ces chapitres et utilisées comme « pansement ».
Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/04/oppert-claire-le-pansement-schubert/
La salle Gaveau est pleine, sans doute en grande partie par des spectateurs qui ont croisé la maladie ou la souffrance chez leurs proches ou pour eux-mêmes. Tous sont admiratifs de voir ces esprits brillants et subtils consacrer leur art et leurs connaissances pour accompagner le cheminement des malades, le plus souvent vers leur fin. Tous se félicitent que notre vieille démocratie française consacre encore des ressources humaines et financières à cette noble tâche.

Alors que le monde était confiné, Nick Cave et son compère Warren Ellis ont composé et enregistré Carnage. A Nick les textes et à eux deux la musique. Le résultat est joué pour deux soirées Salle Pleyel en formation réduite : Nick et son piano à queue, Warren avec un mini-clavier, son violon et sa flute (une guitare est positionnée derrière lui mais ne sera pas utilisée), un bassiste-batteur-DJ et trois choristes.
Les trois hommes portent costume gris, chemises blanches pour Nick et Warren, boots en croco pour ce dernier, chemise noire à poids blancs pour le troisième. Bel hidalgo longiligne, la voix de plus en plus grave, le cheveux noir-geais permanenté vers l’arrière, Nick Cave délivre son chanté-parlé comme une longue thérapie musicale face au tragique des thèmes qui l’assaillent : Dieu, le temps, le chaos du monde, et, bien sûr, la perte de son fils qui plane au-dessus de certains morceaux.
Plutôt guilleret sur scène, Cave se tourne vers Ellis pour traduire ses propos, esquisse quelques acrobaties et retourne vers son piano et une musique si sombre pour des mots poétiques et éthérés. Un très beau concert, deux rappels et un immense bonheur répandu sur cette sympathique Salle Pleyel.
Seule faute de goût, le prix du billet à 93 euros !
A reindeer frozen in the footlights steps back into the woods My heart it is an open road where we ran away for good Look over there, look over there The sun, a barefoot child with fire in his hair And then a sudden sun explodes It was you, it was you and only you
And it's only love driving through the rain Rolling down the mountains like a train
(Carnage)
Spinning Song (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Bright Horses (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Night Raid (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Carnage/ White Elephant/ Ghosteen (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Lavender Fields/ Waiting for You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ I Need You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Cosmic Dancer (T. Rex cover)/ God Is In The House (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Hand of God/ Shattered Ground/ Galleon Ship (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Leviathan (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Balcony Man
Encore : Hollywood/ (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Henry Lee (Nick Cave & the Bad Seeds cover)

Et d’ailleurs ils sont en tournée aux Etats-Unis d’Amérique.

1941-2021
Charlie, le légendaire batteur des Rolling Stones depuis 1963 est mort ce matin, à 80 ans. Il précède ainsi la tournée des adieux du « plus grand groupe de rock’n’roll du monde » que la rumeur annonçait pour l’année prochaine. Le garçon a continuellement apporté stabilité et élégance au cœur de la tornade musicale et comportementale des Stones, sans jamais se mettre en avant. Régulièrement ovationné lors des concerts du groupe, il se levait modestement lorsque son nom était cité par Mick Jagger et adressait un petit sourire au public.
Evidemment, la mort annoncée des musiciens des Rolling Stones nous rappelle que la nôtre est aussi au bout du chemin. Vu leur mode de vie, il semblait pourtant improbable que Ron Wood, Mick Jagger, Keith Richards et même Charlie meurent de vieillesse dans leur lit, c’est pourtant ce qui est en train de se passer. C’est tout de même une bonne nouvelle qui nous permit de bénéficier de la création de ces enfants terribles, la bande son de plusieurs générations !
Charlie Watts, une vie bien remplie, beaucoup de bonheur distribué lors de concerts et d’enregistrements de légende : un artiste utile et bienveillant s’en est allé…

Une vraie exposition pour fans de Bowie est proposée par le théâtre parisien Le Palace, autrefois haut lieu des nuits parisiennes et scène de concerts de légende dans les années 1970/1980. Il y a les photos, célèbres, de Mick Rock sur la période Ziggy Stardust, celles moins connues de Pierre Terrasson dans les années 1980, et tout un bric-à-brac d’objets plus ou moins cultes que seuls les amoureux transis de la vedette ont pu accumuler au cours de leurs vies. Classés chronologiquement dans des bacs vitrés, chacun consacré à un disque, c’est un amoncellement de collectors : billets de concert, pins, photos de journaux et magazines, articles de presse, quelques partitions, parfois des lignes écrites de « la main de Dieu » sur un papier à lettres d’hôtel, etc.
Un écran de télévision diffuse quelques courtes interviews de Bowie menées par Yves Mourousi et Michel Drucker, sans grand intérêt. Radio-France a ouvert sa discothèque en exposant les pochettes des 33 tours de Bowie dans leurs multiples versions avec des indications sur les influences musicales reçues par l’artiste, ses disques live, ses collaborations avec d’autres musiciens (Mick Jagger, Steve Ray Vaughan, Bing Crosby…), ses bandes originales pour le cinéma, ses participations au théâtre, ses reprises… Un juke-box joue les morceaux célèbres, et moins.
Une exposition indispensable pour tout fan de Bowie qui se respecte, dispensable pour le reste de la population, mais il ne sera pas dit qu’un évènement Bowie se déroule à Paris sans que votre serviteur y participe.
Sans doute le véritable instant d’émotion de cette visite est ressenti par les seniors lorsqu’ils remettent le pied dans ce théâtre où ils assistèrent à tant de concerts inoubliables : Iggy Pop, Magazine, Devo, UB40, Robert Fripp (leader de King Crimson qui joua ses frippertronics dans la petite salle du sous-sol), et bien d’autres. On ne se souvenait plus que cette salle était de dimensions si modestes mais que de fantastiques souvenirs musicaux remontent à la surface dès que l’on foule le bitume de la rue du Faubourg Montmartre !

Sortie : 2021, Chez : Denoël.
Claire Oppert, née en 1966, est une violoncelliste diplômée du conservatoire Tchaïkovski de Moscou. En parallèle à sa carrière de concertiste elle consacre son talent et sa passion aux malades, particulièrement ceux en fin de vie. Diplômée en philosophie et en art-thérapie elle confronte la musique qu’elle joue à des autistes en institution, des seniors dans un établissement pour personnes âgées dépendantes et dans un hôpital de soins palliatifs. Elle est même salariée de ce dernier établissement dans lequel elle participe un jour par semaine à un essai clinique sur les effets de la musique sur la souffrance. L’essai est baptisé le « pansement Schubert » car elle a maintes fois constaté le caractère apaisant sur les patients de l’andante du célèbre trio opus 100 du compositeur.
Dans ce livre-récit Claire raconte ses extraordinaires expériences durant lesquelles elle cherche à accompagner en douceur et en élévation les douleurs et l’approche de l’échéance finale de personnes maltraitées par la maladie. Ce sont une trentaine de courts chapitres, d’une page ou deux, pour chaque moment musical partagé avec un patient. Chacun de ces chapitres est précédé d’une page ou deux consacrées à la mise en contexte au début du livre, puis à des réflexions existentielles et poétiques sur la musique, la vie et la mort.
« La musique est voix.
La mort à venir est une source d’effroi qui ne sait se dire.
La voix du violoncelle tente de délier l’étau du silence.
Elle convie une communauté d’émotions et un partage,
En dépit des peurs terrifiantes,
Des désordres du cœur,
Des éclats de rage.
La voix du violoncelle lutte à sa façon contre la désertion suprême.
Elle atteste la possibilité de l’abandon d’une maîtrise.
Elle relie les êtres en présence
Au lit du mourant. »
Claire Oppert exprime avec beaucoup de sensibilité les angoisses qui, on l’imagine, traversent ces patients s’acheminant vers une mort certaine à court terme et, le plus souvent, douloureuse. Elle constate les effets « relaxant » des notes qu’elle joue mais, réaliste, mesure aussi combien il est délicat de valider ceux-ci de façon scientifique. Il semble, on dirait, peut-être… que les malades souffrent moins en entendant Schubert, même lorsqu’ils sont déjà plongés dans le coma. Les équipes soignantes partagent aussi cette hypothèse, mais qui sait ce qu’il se passe vraiment lorsqu’il s’agit de quitter la vie ? On veut croire avec Claire Oppert que la musique adoucit le passage vers la mort.
Elle exprime également la joie qu’elle ressent en partageant sa musique dans ces conditions avec une audience différente de celle à laquelle son art la destine. La fréquentation continue de ce monde la mort donne à ceux qui la partage une hauteur de vue souvent exceptionnelle. Claire Oppert est de ceux-là. On croise aussi dans ce livre les équipes médicales admirables qui entourent les patients, dont l’excellent docteur Gomas, patron du centre de soins palliatifs de Sainte Perine, qui a intégré le violoncelle dans ses protocoles de soins et Claire dans ses équipes. Comme il est rassurant pour les vivants de savoir que de telles personnalités se consacrent avec passion à accompagner les mourants !

Bunny Wailer est mort hier dans un hôpital de Kingston en Jamaïque, son pays. En 1963, il a fondé The Wailers, avec Bob Marley et Peter Tosh, qu’il a quitté en 1974 pour mener une carrière solo. Marley continuera avec le groupe renommé Bob Marley and the Wailers, ils feront aimer la musique reggae-jamaïcaine au monde entier.
Bunny était le dernier survivant de ces trois légendes de la Jamaïque !

Un joli documentaire Arte sur Bryan Ferry qui retrace les grandes étapes d’une vie dédiée à la musique, et quelle musique. Issu d’une famille modeste du nord du Royaume-Uni (Washington dans la banlieue de Newcastle), né en 1945, étudiant en art, créateur du groupe Roxy Music, initiateur du glamrock avec David Bowie puis crooner inégalé, auteur-compositeur-interprète de quelques-uns des tubes les plus romantiques du rock britannique, il nous charme et nous enchante depuis si longtemps !
Ferry commente les images en off, de sa voix un peu brumeuse et lassée, celle d’aujourd’hui, d’une voix un peu plus ferme, celle d’y a vingt ans, mais toujours avec le regard so british d’un homme élevé dans le froid glacial d’un rivage de la mer du nord.
Sortie : 2018, Chez : Editions L’Echappée.
Une biographie de 500 pages, sensible et documentée, de Sylvie Simmons, une admiratrice de la première heure, journaliste musicale, dont la vie et l’âme ont été influencées par les mots du grand poète canadien né en 1934.
Jeune homme séduisant issu d’une famille juive d’ascendance polonaise émigrée à Toronto, d’un milieu plutôt favorisé, Leonard se révèle rapidement un poète un peu brumeux, grand séducteur à la personnalité mesurée et bienveillante, travailleur acharné, perfectionniste obsessionnel ; il gardera ce profil sa vie durant manifestant une empathie à l’égard de tous et récoltant une admiration sans borne de ses fans tout au long de sa longue carrière artistique. Ses œuvres littéraires ayant un faible succès commercial, il s’oriente vers la musique où il rencontrera beaucoup plus de reconnaissance.
Alors on suit le parcours exceptionnel de Leonard Cohen à travers le milieu artistique nord-américain pendant une période qui fut particulièrement féconde et marquante. Habitant du monde il réside à Hydra en Grèce, à Toronto au Canada, à New-York aux Etats-Unis puis Los Angeles, et dans les avions qui le mènent constamment d’un lieu à l’autre. Amoureux compulsif, ses plus belles chansons sont inspirées par cette étrange objet qu’est l’amour. Dépressif cyclothymique, il soigne ses états d’âme à force d’addictions et de méditations. Poète convaincu, il travaille des années sur ses textes et ses musiques pour en sortir de pures joyaux. Mystique impénitent, il suit les enseignements de sages zen, bouddhistes, sans jamais abandonner son attachement à sa religion juive dont il étudie les textes sans relâche.
Ruiné par une manageuse indélicate à la fin des années 2000, il bouscule un peu ses projets et repart sur la route, pour se refaire, à plus de 70 ans pour trois années de tournées mondiales qui déclenchèrent une critique enthousiaste dans le monde entier et un succès d’estime et commercial majeur. Dans le même temps il continue à produire des disques et des livres de poésie jusqu’à son dernier souffle en 2016.
Ces dernières années de création ont été particulièrement fécondes et ont élevé ce « juif errant » au statut de légende. Sylvie Simmons a pu interviewer une grande partie de son entourage et mener de longues conversations avec Leonard pour aboutir à ce portrait amoureux d’un homme au profil simple et au mental tellement complexe, pétri d’humour et de sens de l’autodérision, créateur inlassable qui laisse une œuvre monulentale du XXème siècle.
Lire aussi : Leonard Cohen – 2012/09/29et30 – Paris l’Olympia, Leonard Cohen – 2009/07/07 – Paris Bercy, Leonard Cohen – 2008/11/26 – Paris l’Olympia

Un beau documentaire diffusé par Arte sur Jimi Hendrix (1942-1970), guitariste et musicien-auteur-compositeur de génie, fauché dans la fleur de l’âge à 27 ans après une carrière fulgurante et quatre disques de légende, il a marqué le rock du XXème siècle. Le film de Bob Smeaton retrace la vie de cet artiste unique à la personnalité douce et timide hors de la scène, libérée et extravertie lorsqu’il joue devant son public.
Inspirée par le blues, Hendrix a joué et chanté du rock. Sa voix légère se posait sur l’électricité de ses cordes, il chantait merveilleusement bien et maniait sa guitare comme un démon. Les images d’archive nous rappellent son jeu volcanique ; nous avons tous déjà vu des dizaines de fois ces fameux extraits où il met le feu à sa guitare à Monterey, ou crée les hurlements des bombes sur l’hymne américain improvisé à Woodstock, etc.
La musique aurait sans doute été différente si Jimi avait survécu.
Sortie : 2017, Chez : Philharmonie de Paris – Editions.
David Byrne fut la tête pensante du groupe Talking Heads qui à la fin des années 70′ a intellectualisé le mouvement post-punk new-yorkais en produisait une musique originale et plutôt sophistiquée. Ils étaient quatre potes qui se sont rencontrés dans une école d’art et David prendra le leadership du groupe au point de fatiguer ses compères, malgré une inventivité dont ne pouvaient se prévaloir les autres musiciens du groupe. Une fois celui-ci dissous au début des années 1990, David Byrne a continué une carrière solo en favorisant de multiples incursions dans des genres musicaux les plus variés et des collaborations avec de nombreux d’artistes dont certains débordaient largement le domaine musical. Il a notamment réalisé des films, joué dans certains comme acteur, composé des bandes originales, participé à des aventures théâtrales… Bref, avec Davide Byrne on n’est jamais déçu et la nouveauté est toujours au coin du bloc. En 2018 encore il présenta sur la grande scène de la Philharmonie de de Paris sa nouvelle œuvre « American Utopia » : un concert de rock mis en scène comme une pièce de théâtre, une réussite.
« Qu’est-ce que la musique ? » est une sommité dans laquelle Byrne explique le monde dans le quel il vit depuis sa naissance en 1952. S’en suivent 450 pages historiques, factuelles, réflexives, existentielles sur la musique et nous. En fait, surtout sur la musique et David Byrne !
On passe en revue la place de la musique dans la culture de l’Humanité, les révolutions de l’apparition et du développement des techniques d’enregistrement qui l’ont fait passer d’un moment éphémère et convivial à un processus renouvelable et personnel, la place de la représentation en concerts dans la créativité des musiciens (et leurs revenus…). On revient sur le célèbre « CBGB », tripot new-yorkais où jouèrent les groupes précurseurs de l’underground américain : Talking Heads, Blondie, The Ramones, Patti Smith, Television, Sonic Youth. Byrne avec un souci du détail qui l’honore va même jusqu’à publier un plan de ce lieu mythique pour expliquer comment les musiciens de tenaient par rapport aux spectateurs. Les amateurs de rock de cette époque apprécient…
Plusieurs chapitres sont consacrés à la technique qui façonne la musique, de l’analogique au numérique, des bricolages sur bandes magnétiques de cassettes aux boucles électroniques auto-générées par des algorithmes devenus eux-mêmes créatifs. La musique est aussi une industrie et David Byrne nous explique les liens commerciaux existant entre maisons de disques, producteurs, interprètes, compositeurs, auteurs. Tout ça n’est pas simple et les plus grands se sont parfois fait embobiner par le business. Mais à la fin il reste toujours… la musique, présente d’ailleurs depuis le début puisque d’après l’auteur les Néandertaliens jouaient déjà de la flûte (taillée dans un os) et que la Bible démarre sur « Au début était le verbe », c’est dire que tout à commencé avec un son !
Le dernier chapitre « Harmonia Mundi » conclut sur la musique « géométrie de la beauté ». On y apprend au détour d’un paragraphe que Byrne est atteint du syndrome d’Asperger qui rend les interactions sociales plus difficiles mais permet à ceux qui en sont atteints de développer une hypersensibilité et un imaginaire abondant.
Cet essai est un livre de fan des Talking Heads, de David Byrne, du rock en général et tout particulièrement de l’époque underground des trois dernières décennies du Xxème siècle. Extrêmement analytique il permet à Byrne de partager sa connaissance d’un monde dont il est acteur et à ses fans de se rapprocher un peu de cette création musicale qui guide leurs vies.