Catégorie : Musique

  • The Rolling Stones « ’62 ’22 Sixty »

    La prochaine tournĂ©e des Rolling Stones, peut-ĂȘtre la derniĂšre, passera par Paris cet Ă©tĂ© le 23 juillet. Les tarifs des places sont prohibitifs.

    Ils abusent ; on renonce !

    Lire aussi : Charlie Watts est mort
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  • 90 Wardour Street – London

    Façade de l’ex-Marquee Club – 90 Wardour Str – London

    Il y a 45 ans Ă  l’étĂ© 1977, le chroniqueur enfiĂ©vrĂ© dĂ©couvrait Londres et la musique rock en pleine explosion punk. Un premier concert Ă  l’Hammersmith Odeon du groupe The Jam met dans l’ambiance. Les trois musiciens mod-revival, Ă  peine sortis de l’adolescence, pantalons et cravates noirs sur chemises blanches, jouent devant un rideau blanc sur lequel est apparaĂźt en lettres noires et coulantes : The Jam.

    The Jam (Paul Weller) / Photo Richard Young

    Ce trio Ă  l’allure proprette dĂ©clenche l’enfer sur scĂšne, sautant comme de beaux diables de leur boĂźte sur des riffs hallucinĂ©s. Leurs « vieilles Â» idoles sont The Who et The Small Faces. Puis, inspirĂ©s par le mouvement punk, dont ils restent un peu Ă  l’écart, ils en dĂ©livrent l’énergie brute. La jeunesse londonienne adore, des filles aux cheveux bleus et oranges sur leurs T-shirts dĂ©chirĂ©s se succĂšdent pour danser dans les allĂ©es de cette salle de concerts-rock mythique de la capitale britannique. Leur premier disque In the City vient de sortir au milieu de la tornade musicale punk qui saisit le Royaume-Uni. Il est jouĂ© intĂ©gralement ce soir-lĂ , In the City est mĂȘme repris en rappel, sans doute par manque de chansons pour ce groupe qui ne joue ses propres compositions que depuis quelques mois et dont ce premier disque comporte trois reprises.

    The Jam mĂšnera sa route jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1980 puis le guitariste-chanteur Paul Weller empruntera le chemin de traverse d’une carriĂšre solo plutĂŽt rĂ©ussie, crĂ©ant diffĂ©rents groupes, dont Style Council, ou chantant sous son propre nom. Le mouvement britpop (Oasis, Pulp, Blur) des annĂ©es 1990 l’éleva au rang de Modfather.

    EberluĂ© par cette nouvelle expĂ©rience le chroniqueur la poursuivra durant son sĂ©jour par de fiĂ©vreuses soirĂ©es au Marquee Club, une petite salle oĂč se produisent des groupes dont beaucoup vont devenir cĂ©lĂšbres. La scĂšne est Ă  peine surĂ©levĂ©e, entre piste de danse et bar louche, les spectateurs s’y pressent dans la chaleur de l’étĂ© et la fumĂ©e des cigarettes. Nous sommes en pleine pĂ©riode punk, la mode est de cracher sur le monde, musiciens et spectateurs ne s’en privent pas et il faut parfois jongler pour Ă©viter les glaviots
 Tout est plutĂŽt dĂ©glinguĂ© au Marquee mais quel bonheur d’y suivre en direct le monde en marche du Rock qui va bientĂŽt dĂ©boucher sur new wave, cold wave et la suite.

    On ne connait aucun des groupes qui se produisent sinon par la lecture rapide de la presse rock (New Musical Express et Melody Maker). En ce mois d’aoĂ»t 1977 on se souvient notamment des Boomtown Rats, groupe irlandais qui vient de sortir son premier single et dont le chanteur Bob Geldorf s’engagera par la suite dans l’organisation de concerts en soutien Ă  des causes humanitaires comme le Live Aid en 1985 (contre la famine en Ethiopie). Ce soir-lĂ  au Marquee, il termine en mini-slip, trempĂ© de sueur comme les spectateurs, aprĂšs une prestation scĂ©nique physique et dĂ©sordonnĂ©e. Il y eut aussi Kingfish, le groupe montĂ© par l’amĂ©ricain Bob Weir, l’un des guitaristes du Grateful Dead. Et tant d’autres soirĂ©es rock oĂč le bonheur Ă©tait de voir l’histoire musicale rock s’écrire sous nos yeux !

    Programme du Marquee Club d’aoĂ»t 1977

    45 ans plus tard plus rien ne subsiste du club au 90 Wardour Street, Ă  deux pas de Piccadilly Circus, sinon une plaque commĂ©morative informant que Keith Moon a jouĂ© ici avec les Who dans les annĂ©es 1960. Pourquoi Moon et pas tous les autres qui se sont produits au Marquee, Hendrix, Bowie, The Rolling Stones, Joy Division, Roxy Music, The Sex Pistols, Ultravox, Dire Straits, The Buzzcocks et tant d’autres ? Qu’importe, aprĂšs tout, Keith Moon tĂ©moigne aussi pour eux : fantasque, brillant et autodestructeur, il meurt en 1978 en pleine gloire Ă  32 ans d’une surdose de mĂ©dicaments destinĂ©s Ă  lutter contre son alcoolisme


  • Mort de Marc Lanegan

    Mort de Marc Lanegan

    Le musicien amĂ©ricain auteur-compositeur Marc Lanegan est mort hier Ă  57 ans en Irlande. Il Ă©tait rĂ©putĂ© pour sa voix sĂ©pulcrale qu’il mit au service de la cause grunge de Seattle. Ami de Kurt Cobain il fut aussi guitariste membre du groupe Queens of the Stone Age et de Screaming Trees avant de mener une carriĂšre solo et la production de disques folk-blues Ă  l’ambiance sombre dans laquelle sa voix dĂ©cavĂ©e a fait merveille. Il collabora Ă©galement avec Isobel Campbell du groupe Belle and Sebastian, un rĂ©sultat trĂšs rĂ©ussi en disques et en concerts.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2007/01/isobel-campbell-mark-lanegan-20070130-paris-le-trabendo/
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    https://rehve2.fr/2008/06/isobel-campbell-mark-lanegan-20080606-paris-la-cigale/
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  • Mort du musicien britannique Ian McDonald

    Mort du musicien britannique Ian McDonald

    Ian McDonald (1946-2022) est mort ce 11 fĂ©vrier d’un cancer. Il fut l’un de cocrĂ©ateurs du groupe King Crimson et participa Ă  son disque fondateur : In the Court of the Crimson King (1969) dont il cosigne toutes les compositions. Multi-instrumentiste il joue en particulier de la flĂ»te et du saxophone. Ce disque majeur a lancĂ© le rock progressiste et fut trĂšs marquant pour l’époque. McDonald n’est pas restĂ© longtemps dans le groupe qu’il a quittĂ© pour co-fonder en 1976 le groupe Foreigner, de bien moindre intĂ©rĂȘt, sorte de grosse machine amĂ©ricaine sans beaucoup d’inspiration. Il est revenu jouĂ© du sax sur l’album Red des Crimson en 1974, autre disque capital du groupe, ouvrant la voie de la musique rĂ©pĂ©titive des guitares mĂ©talliques, filon que King Crimson continue d’exploiter aujourd’hui.

    Lire ausi : King Crimson – 2000/06/24 – Paris le Grand Rex

    Le groupe est toujours dirigĂ© par l’exceptionnel guitariste-auteur-compositeur Robert Fripp (75 ans), qui, outre son immense talent de musicien a su Ă©galement s’entourer d’artistes d’exception comme Ian McDonald.

    Lire aussi : John Wetton est mort le 31 janvier 2017

    Lire aussi : Greg Lake est mort le 9 décembre 2016

  • Suzanne Vega – 2022/02/17 – Paris la Cigale

    Suzanne Vega – 2022/02/17 – Paris la Cigale

    AprĂšs quelques reports dus Ă  la situation sanitaire, Suzanne Vega nous revient Ă  Paris Ă  la Cigale (avant un autre concert Ă  l’Olympia le 22 juin) pour un show intimiste, accompagnĂ©e de son fidĂšle guitariste irlandais Gerry Leonard. Elle n’a pas produit beaucoup de nouvelle musique malgrĂ© la pause Covid mais a rassemblĂ© dans un disque live d’anciennes compositions plus ou moins liĂ©es Ă  New-York, sa ville d’adoption (elle est nĂ©e en Californie Ă  Santa-Monica). EnregistrĂ© au CafĂ© Carlyle le 11 septembre 2020, le disque s’appelle An Evening of New York Songs and Stories, et c’est d’ailleurs le nom de sa tournĂ©e actuelle.

    Pas vraiment de nouveautĂ© donc, ni dans les morceaux choisis ni dans leur interprĂ©tation ; si tout de mĂȘme, une reprise de Blondie, autre Ă©gĂ©rie new-yorkaise, en plus trash, des annĂ©es punk 1970-1980. Qu’importe, car on ne se lasse pas du charme tranquille de cette artiste intemporelle qui envoute son public de sa musique folk chantĂ©e avec une si jolie voix. Evidemment elle nous raconte toujours un peu les mĂȘmes histoires dont celle de son premier amoureux de Liverpool : In Liverpool/ On Sunday/ No reason to even remember you now


    Mais le charme opĂšre dĂšs qu’elle entre en scĂšne, et encore plus lorsqu’elle ouvre le show avec Marlene on the Wall :

    Even if I am in love with you
    All this to say, what’s it to you?
    Observe the blood, the rose tattoo
    Of the fingerprints on me from you

    Elle s’accompagne merveilleusement bien Ă  la guitare Ă©lectro-acoustique et Gerry apporte sa touche Ă©lectrique Ă©nergisante Ă  un show poĂ©tique et parfait. Nous sommes Ă  New-York, peut-on entrer dans l’univers musical de cette ville dans Ă©voquer son enfant terrible : Lou Reed ? Bien sĂ»r que non alors elle interprĂšte Walk on the Wild Side qu’elle a dĂ©jĂ  Ă  son catalogue depuis quelques annĂ©es.

    An Evening of New York Songs and Stories : un concert dispensable, mais pourquoi faudrait-il s’en passer ?

    Setlist : Marlene on the Wall/ Freeze Tag/ Caramel/ Gypsy/ In Liverpool/ The Queen and the Soldier/ Frank & Ava/New York Is My Destination/ New York Is a Woman/ Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)/ Left of Center/ I Never Wear White/ Some Journey/ Luka/ Tom’s Diner

    Encore : Dreaming (Blondie cover)/ Tombstone/ Rosemary

    Encore 2 : Blood Makes Noise

    Lire aussi

  • Madonna « The Confessions Tour » (2007)

    Madonna « The Confessions Tour » (2007)

    EnregistrĂ© au stade de Wembley Ă  Londres en 2006, la vidĂ©o du show de Madonna fait plaisir Ă  revoir. La tournĂ©e suit la sortie de l’excellent album Confessions on a Dance Floor en 2005. L’artiste amĂ©ricaine est dans une forme resplendissante, entourĂ©e d’une troupe de danseurs et danseuses, un quart ballet, trois-quarts hip-hop. Tout ce petit monde produit un show brillant et un peu tape-Ă -l’Ɠil. Les musiciens sont plutĂŽt en arriĂšre-scĂšne pour laisser le devant Ă  la mise en scĂšne orientĂ©e domination, sado-masochisme et provocations religieuses, sexuelles et politiques.

    Les tableaux scĂ©niques se succĂšdent dans un dĂ©luge d’écrans gigantesques, de cages barreaudĂ©es oĂč les danseurs-bellĂątres se jettent dans des performances physiques Ă©blouissantes et de rĂ©fĂ©rences sulfureuses comme sur Live to Tell oĂč la Madone chante crucifiĂ©e sur une gigantesque croix en diamants, la tĂȘte sertie d’une couronne d’épines, sur fond d’images d’enfants africains censĂ©es contester les positions de l’Eglise sur la lutte contre le SIDA en Afrique. Le Vatican apprĂ©ciera


    DerriĂšre tout ce fatras de technologie scĂ©nique, de costumes et de muscles, il y a surtout Madonna la musicienne et la chanteuse qu’il ne faut pas oublier. Que l’on apprĂ©cie ou pas ses performances physiques ou le cĂŽtĂ© un peu simpliste des messages dont elle se fait le chantre, elle reste tout simplement une artiste innovante et exceptionnelle.

  • « Meat Loaf » est mort

    « Meat Loaf » est mort

    « Meat Loaf Â», nĂ© Marvin Lee Aday en 1947 au Texas, est mort Ă  74 ans, a priori des suites de la Covid-19. Il fut le rocker d’un disque devenu lĂ©gendaire en 1977 : « Bat out of Hell Â», vendu Ă  plus de 40 millions d’exemplaires. Un album brillant, Ă©crit par Jim Steinman, sur lequel on retrouve des musiciens du E-street Band de Bruce Springsteen, Max Weinberg (batterie) et Roy Bittan (piano), Ellen Foley, choriste (ex-copine de Mick Jones, guitariste des Clash) ainsi que l’immense guitariste-producteur Todd Rundgren. Le rĂ©sultat est un disque Ă©clatant, baroque, symphonique, un dĂ©chaĂźnement instrumental sur lequel se pose la voix aigĂŒe et urgente de Meat Loaf. Bref, un jalon du rock des annĂ©es 1970.

    L’homme Ă©tait physiquement aussi imposant que ses prestations Ă©taient dĂ©mesurĂ©es et sa musique excessive. Meat Loaf a commis une dizaine d’autres albums et jouĂ© dans des films et des sĂ©ries.

  • Angela Merkel et Nina Hagen vous saluent bien

    Alors que la chanceliĂšre allemande Angela Merkel va laisser la place aprĂšs 16 annĂ©es de pouvoir, l’armĂ©e allemande lui prĂ©sente ses adieux en jouant un morceau choisi par elle de
 Nina Hagen. Pour les plus jeunes, rappelons que Nina est une chanteuse nĂ©e en Allemagne de l’est en 1955 au temps du mur. Elle sortit un premier hit Ă  Berlin-Est : Â« Du hast den Farbfilm vergessen Â» (« Tu as oubliĂ© la pellicule couleur ») devenu mythique et c’est justement ce morceau choisi par Mme. Merkel que la Bundeswehr lui a jouĂ© en version instrumentale

    En 1978, elle a suivi Ă  l’ouest son beau-pĂšre dĂ©chu de sa nationalitĂ© est-allemande, elle monte un groupe, le Nina Hagen Band, qui sort un disque Ă©ponyme rĂ©volutionnaire dans lequel elle fait dĂ©jĂ  preuve d’une incroyable agilitĂ© vocale et d’un talent pour grimacer de façon clownesque qu’elle exprime sur scĂšne (voir vidĂ©o). Ses musiciens ont des allures improbables, moitiĂ© bande Ă  Baader, moitiĂ© drag-queens, mais s’avĂšrent de redoutables instrumentistes. Elle a poursuivi ensuite sa carriĂšre avec la production d’une vingtaine de disques plus ou moins rĂ©ussis, agrĂ©mentĂ©s de quelques provocations dont elle a le secret.

    Une artiste originale Ă  laquelle il Ă©tait plutĂŽt inattendu que la chanceliĂšre Merkel se rĂ©fĂšre dans le cadre de sa cĂ©rĂ©monie d’adieux Ă  l’armĂ©e nationale. Un clin d’Ɠil de cette grande dirigeante qui confirme en plus qu’elle a trĂšs bon goĂ»t. On ne sait pas Ă  ce stade ce que Nina Hagen a pensĂ© de ce choix


  • Patti Smith en concert acoustique au PanthĂ©on pour les 50 ans de FIP

    Patti Smith en concert acoustique au Panthéon pour les 50 ans de FIP

    AprĂšs ses deux concerts au Grand Rex en octobre, Patti Smith (75 ans) est de retour Ă  Paris pour jouer au PanthĂ©on dans le cadre de l’anniversaire des 50 ans de la radio FIP. Elle succĂšde Ă  Sting dans ce lieu majestueux. Elle est accompagnĂ©e de son fils Jackson Ă  la guitare, sa fille Jesse aux claviers et de Tony Shanahan Ă  la basse sur les derniers morceaux.

    Le show est diffusĂ© sur FIP et rĂ©servĂ©, sur place, Ă  quelques happy few. Patti passe par quelques chansons de son rĂ©pertoire plutĂŽt peu jouĂ©es et une reprise de Bob Dylan. Elle chante avec sa voix grave et on l’imagine tout sourire sous ses cheveux gris, Ă©panouie aprĂšs toutes ces annĂ©es de combat et d’écriture, mais toujours sincĂšre et convaincue. Ce court concert se termine sur un People Have the Power plus apaisĂ© que son habituelle version jouĂ©e en Ă©lectrique le poing levĂ© !

    People have the power to dream
    People have the power to strike
    People have the power to vote
    People have the power to love

    Et notre poĂ©tesse-punk tire sa rĂ©vĂ©rence rappelant aux spectateurs « Don’t forget it: USE YOUR VOICE Â».

    On peut la réécouter sur le podcast FIP, une radio de bon goût !

    https://www.fip.fr/emissions/live-a-fip/patti-smith-en-concert-au-pantheon

  • « Le pansement Schubert » Ă  la salle Gaveau

    A la suite de la sortie de son rĂ©cit « Le pansement Schubert Â», la violoncelliste et art-thĂ©rapeute Claire Oppert. Se produit ce soir avec son trio (violoncelle, piano [Roustem Saitkoulov, le mari] et violon [Maxim Vengerov]), le Dr Gomas, spĂ©cialiste des soins palliatifs, Éric Fiat, professeur de philosophie et d’éthique mĂ©dicale et Elodie Navarre, comĂ©dienne.

    La soirĂ©e commence par l’andante du trio op. 100 de Schubert puis les piĂšces musicales sont ponctuĂ©es des interventions parlĂ©es. Claire Oppert parle avec beaucoup de sensibilitĂ© de son expĂ©rience musicale pour accompagner la douleur, le Dr Gomas de sa collaboration avec Claire dans le cadre d’un essai clinique pour suivre et mesurer les effets de la musique sur les patients, un effet gĂ©nĂ©ralement apaisant et le philosophe Fiat de la vie et de l’Ɠuvre de Schubert (un peu romancĂ©e tout de mĂȘme) avec une dĂ©licate admiration et des digressions vers La Fontaine. La derniĂšre partie de la soirĂ©e voit revenir le trio accompagnĂ© de la comĂ©dienne qui lit quelques chapitres du livre de Claire Oppert pendant que les musiciens jouent les piĂšces qui sont citĂ©es dans ces chapitres et utilisĂ©es comme « pansement Â».

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/04/oppert-claire-le-pansement-schubert/

    La salle Gaveau est pleine, sans doute en grande partie par des spectateurs qui ont croisĂ© la maladie ou la souffrance chez leurs proches ou pour eux-mĂȘmes. Tous sont admiratifs de voir ces esprits brillants et subtils consacrer leur art et leurs connaissances pour accompagner le cheminement des malades, le plus souvent vers leur fin. Tous se fĂ©licitent que notre vieille dĂ©mocratie française consacre encore des ressources humaines et financiĂšres Ă  cette noble tĂąche.

    Programme

    • Franz Schubert, Trio op. 100, II. Andante
    • Franz Schubert, Impromptu op. 90 n°3
    • Piotr TchaĂŻkovski, Trio op. 50, I. Pezzo elegiaco
  • Nick Cave & Warren Ellis – 2021/10/13 – Paris Salle Pleyel

    Nick Cave & Warren Ellis – 2021/10/13 – Paris Salle Pleyel

    Alors que le monde Ă©tait confinĂ©, Nick Cave et son compĂšre Warren Ellis ont composĂ© et enregistrĂ© Carnage. A Nick les textes et Ă  eux deux la musique. Le rĂ©sultat est jouĂ© pour deux soirĂ©es Salle Pleyel en formation rĂ©duite : Nick et son piano Ă  queue, Warren avec un mini-clavier, son violon et sa flute (une guitare est positionnĂ©e derriĂšre lui mais ne sera pas utilisĂ©e), un bassiste-batteur-DJ et trois choristes.

    Les trois hommes portent costume gris, chemises blanches pour Nick et Warren, boots en croco pour ce dernier, chemise noire Ă  poids blancs pour le troisiĂšme. Bel hidalgo longiligne, la voix de plus en plus grave, le cheveux noir-geais permanentĂ© vers l’arriĂšre, Nick Cave dĂ©livre son chantĂ©-parlĂ© comme une longue thĂ©rapie musicale face au tragique des thĂšmes qui l’assaillent : Dieu, le temps, le chaos du monde, et, bien sĂ»r, la perte de son fils qui plane au-dessus de certains morceaux.

    PlutÎt guilleret sur scÚne, Cave se tourne vers Ellis pour traduire ses propos, esquisse quelques acrobaties et retourne vers son piano et une musique si sombre pour des mots poétiques et éthérés. Un trÚs beau concert, deux rappels et un immense bonheur répandu sur cette sympathique Salle Pleyel.

    Seule faute de goĂ»t, le prix du billet Ă  93 euros !

    A reindeer frozen in the footlights steps back into the woods 
    My heart it is an open road where we ran away for good 
    Look over there, look over there 
    The sun, a barefoot child with fire in his hair 
    And then a sudden sun explodes 
    It was you, it was you and only you
    And it's only love driving through the rain
    Rolling down the mountains like a train
    (Carnage)

    Setlist

    Spinning Song (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Bright Horses (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Night Raid (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Carnage/ White Elephant/ Ghosteen (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Lavender Fields/ Waiting for You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ I Need You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Cosmic Dancer (T. Rex cover)/ God Is In The House (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Hand of God/ Shattered Ground/ Galleon Ship (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Leviathan (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Balcony Man

    Encore : Hollywood/ (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Henry Lee (Nick Cave & the Bad Seeds cover)

  • Rolling Stones pas morts

    rue de la Butte-aux-Cailles (Paris XIIIĂšme)

    Et d’ailleurs ils sont en tournĂ©e aux Etats-Unis d’AmĂ©rique.

  • Charlie Watts est mort

    Charlie

    1941-2021

    Charlie, le lĂ©gendaire batteur des Rolling Stones depuis 1963 est mort ce matin, Ă  80 ans. Il prĂ©cĂšde ainsi la tournĂ©e des adieux du « plus grand groupe de rock’n’roll du monde Â» que la rumeur annonçait pour l’annĂ©e prochaine. Le garçon a continuellement apportĂ© stabilitĂ© et Ă©lĂ©gance au cƓur de la tornade musicale et comportementale des Stones, sans jamais se mettre en avant. RĂ©guliĂšrement ovationnĂ© lors des concerts du groupe, il se levait modestement lorsque son nom Ă©tait citĂ© par Mick Jagger et adressait un petit sourire au public.

    Evidemment, la mort annoncĂ©e des musiciens des Rolling Stones nous rappelle que la nĂŽtre est aussi au bout du chemin. Vu leur mode de vie, il semblait pourtant improbable que Ron Wood, Mick Jagger, Keith Richards et mĂȘme Charlie meurent de vieillesse dans leur lit, c’est pourtant ce qui est en train de se passer. C’est tout de mĂȘme une bonne nouvelle qui nous permit de bĂ©nĂ©ficier de la crĂ©ation de ces enfants terribles, la bande son de plusieurs gĂ©nĂ©rations !

    Charlie Watts, une vie bien remplie, beaucoup de bonheur distribuĂ© lors de concerts et d’enregistrements de lĂ©gende : un artiste utile et bienveillant s’en est allé 

  • « Bowie OdyssĂ©e » au Palace

    Une vraie exposition pour fans de Bowie est proposĂ©e par le théùtre parisien Le Palace, autrefois haut lieu des nuits parisiennes et scĂšne de concerts de lĂ©gende dans les annĂ©es 1970/1980. Il y a les photos, cĂ©lĂšbres, de Mick Rock sur la pĂ©riode Ziggy Stardust, celles moins connues de Pierre Terrasson dans les annĂ©es 1980, et tout un bric-Ă -brac d’objets plus ou moins cultes que seuls les amoureux transis de la vedette ont pu accumuler au cours de leurs vies. ClassĂ©s chronologiquement dans des bacs vitrĂ©s, chacun consacrĂ© Ă  un disque, c’est un amoncellement de collectors : billets de concert, pins, photos de journaux et magazines, articles de presse, quelques partitions, parfois des lignes Ă©crites de « la main de Dieu Â» sur un papier Ă  lettres d’hĂŽtel, etc.

    Un Ă©cran de tĂ©lĂ©vision diffuse quelques courtes interviews de Bowie menĂ©es par Yves Mourousi et Michel Drucker, sans grand intĂ©rĂȘt. Radio-France a ouvert sa discothĂšque en exposant les pochettes des 33 tours de Bowie dans leurs multiples versions avec des indications sur les influences musicales reçues par l’artiste, ses disques live, ses collaborations avec d’autres musiciens (Mick Jagger, Steve Ray Vaughan, Bing Crosby
), ses bandes originales pour le cinĂ©ma, ses participations au théùtre, ses reprises
 Un juke-box joue les morceaux cĂ©lĂšbres, et moins.

    Une exposition indispensable pour tout fan de Bowie qui se respecte, dispensable pour le reste de la population, mais il ne sera pas dit qu’un Ă©vĂšnement Bowie se dĂ©roule Ă  Paris sans que votre serviteur y participe.

    Sans doute le vĂ©ritable instant d’émotion de cette visite est ressenti par les seniors lorsqu’ils remettent le pied dans ce théùtre oĂč ils assistĂšrent Ă  tant de concerts inoubliables : Iggy Pop, Magazine, Devo, UB40, Robert Fripp (leader de King Crimson qui joua ses frippertronics dans la petite salle du sous-sol), et bien d’autres. On ne se souvenait plus que cette salle Ă©tait de dimensions si modestes mais que de fantastiques souvenirs musicaux remontent Ă  la surface dĂšs que l’on foule le bitume de la rue du Faubourg Montmartre !

  • OPPERT Claire, ‘Le pansement Schubert’.

    OPPERT Claire, ‘Le pansement Schubert’.

    Sortie : 2021, Chez : Denoël.

    Claire Oppert, nĂ©e en 1966, est une violoncelliste diplĂŽmĂ©e du conservatoire TchaĂŻkovski de Moscou. En parallĂšle Ă  sa carriĂšre de concertiste elle consacre son talent et sa passion aux malades, particuliĂšrement ceux en fin de vie. DiplĂŽmĂ©e en philosophie et en art-thĂ©rapie elle confronte la musique qu’elle joue Ă  des autistes en institution, des seniors dans un Ă©tablissement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes et dans un hĂŽpital de soins palliatifs. Elle est mĂȘme salariĂ©e de ce dernier Ă©tablissement dans lequel elle participe un jour par semaine Ă  un essai clinique sur les effets de la musique sur la souffrance. L’essai est baptisĂ© le « pansement Schubert » car elle a maintes fois constatĂ© le caractĂšre apaisant sur les patients de l’andante du cĂ©lĂšbre trio opus 100 du compositeur.

    Dans ce livre-rĂ©cit Claire raconte ses extraordinaires expĂ©riences durant lesquelles elle cherche Ă  accompagner en douceur et en Ă©lĂ©vation les douleurs et l’approche de l’Ă©chĂ©ance finale de personnes maltraitĂ©es par la maladie. Ce sont une trentaine de courts chapitres, d’une page ou deux, pour chaque moment musical partagĂ© avec un patient. Chacun de ces chapitres est prĂ©cĂ©dĂ© d’une page ou deux consacrĂ©es Ă  la mise en contexte au dĂ©but du livre, puis Ă  des rĂ©flexions existentielles et poĂ©tiques sur la musique, la vie et la mort.

    « La musique est voix.
    La mort Ă  venir est une source d’effroi qui ne sait se dire.
    La voix du violoncelle tente de dĂ©lier l’Ă©tau du silence.
    Elle convie une communautĂ© d’Ă©motions et un partage,
    En dépit des peurs terrifiantes,
    Des dĂ©sordres du cƓur,
    Des éclats de rage.
    La voix du violoncelle lutte Ă  sa façon contre la dĂ©sertion suprĂȘme.
    Elle atteste la possibilitĂ© de l’abandon d’une maĂźtrise.
    Elle relie les ĂȘtres en prĂ©sence
    Au lit du mourant. »

    Claire Oppert exprime avec beaucoup de sensibilitĂ© les angoisses qui, on l’imagine, traversent ces patients s’acheminant vers une mort certaine Ă  court terme et, le plus souvent, douloureuse. Elle constate les effets « relaxant » des notes qu’elle joue mais, rĂ©aliste, mesure aussi combien il est dĂ©licat de valider ceux-ci de façon scientifique. Il semble, on dirait, peut-ĂȘtre
 que les malades souffrent moins en entendant Schubert, mĂȘme lorsqu’ils sont dĂ©jĂ  plongĂ©s dans le coma. Les Ă©quipes soignantes partagent aussi cette hypothĂšse, mais qui sait ce qu’il se passe vraiment lorsqu’il s’agit de quitter la vie ? On veut croire avec Claire Oppert que la musique adoucit le passage vers la mort.

    Elle exprime Ă©galement la joie qu’elle ressent en partageant sa musique dans ces conditions avec une audience diffĂ©rente de celle Ă  laquelle son art la destine. La frĂ©quentation continue de ce monde la mort donne Ă  ceux qui la partage une hauteur de vue souvent exceptionnelle. Claire Oppert est de ceux-lĂ . On croise aussi dans ce livre les Ă©quipes mĂ©dicales admirables qui entourent les patients, dont l’excellent docteur Gomas, patron du centre de soins palliatifs de Sainte Perine, qui a intĂ©grĂ© le violoncelle dans ses protocoles de soins et Claire dans ses Ă©quipes. Comme il est rassurant pour les vivants de savoir que de telles personnalitĂ©s se consacrent avec passion Ă  accompagner les mourants !

  • Bunny Wailer est mort

    Bunny Wailer est mort hier dans un hĂŽpital de Kingston en JamaĂŻque, son pays. En 1963, il a fondĂ© The Wailers, avec Bob Marley et Peter Tosh, qu’il a quittĂ© en 1974 pour mener une carriĂšre solo. Marley continuera avec le groupe renommĂ© Bob Marley and the Wailers, ils feront aimer la musique reggae-jamaĂŻcaine au monde entier.

    Bunny Ă©tait le dernier survivant de ces trois lĂ©gendes de la JamaĂŻque !

  • « Don’t stop the music » de Catherine Ulmer Lopez (2019)

    « Don’t stop the music » de Catherine Ulmer Lopez (2019)

    Un joli documentaire Arte sur Bryan Ferry qui retrace les grandes Ă©tapes d’une vie dĂ©diĂ©e Ă  la musique, et quelle musique. Issu d’une famille modeste du nord du Royaume-Uni (Washington dans la banlieue de Newcastle), nĂ© en 1945, Ă©tudiant en art, crĂ©ateur du groupe Roxy Music, initiateur du glamrock avec David Bowie puis crooner inĂ©galĂ©, auteur-compositeur-interprĂšte de quelques-uns des tubes les plus romantiques du rock britannique, il nous charme et nous enchante depuis si longtemps !

    Ferry commente les images en off, de sa voix un peu brumeuse et lassĂ©e, celle d’aujourd’hui, d’une voix un peu plus ferme, celle d’y a vingt ans, mais toujours avec le regard so british d’un homme Ă©levĂ© dans le froid glacial d’un rivage de la mer du nord.

  • SIMMONS Sylvie, ‘I’m your Man – La vie de Leonard Cohen’.

    Sortie : 2018, Chez : Editions L’EchappĂ©e.

    Une biographie de 500 pages, sensible et documentĂ©e, de Sylvie Simmons, une admiratrice de la premiĂšre heure, journaliste musicale, dont la vie et l’Ăąme ont Ă©tĂ© influencĂ©es par les mots du grand poĂšte canadien nĂ© en 1934.

    Jeune homme sĂ©duisant issu d’une famille juive d’ascendance polonaise Ă©migrĂ©e Ă  Toronto, d’un milieu plutĂŽt favorisĂ©, Leonard se rĂ©vĂšle rapidement un poĂšte un peu brumeux, grand sĂ©ducteur Ă  la personnalitĂ© mesurĂ©e et bienveillante, travailleur acharnĂ©, perfectionniste obsessionnel ; il gardera ce profil sa vie durant manifestant une empathie Ă  l’Ă©gard de tous et rĂ©coltant une admiration sans borne de ses fans tout au long de sa longue carriĂšre artistique. Ses Ɠuvres littĂ©raires ayant un faible succĂšs commercial, il s’oriente vers la musique oĂč il rencontrera beaucoup plus de reconnaissance.

    Alors on suit le parcours exceptionnel de Leonard Cohen Ă  travers le milieu artistique nord-amĂ©ricain pendant une pĂ©riode qui fut particuliĂšrement fĂ©conde et marquante. Habitant du monde il rĂ©side Ă  Hydra en GrĂšce, Ă  Toronto au Canada, Ă  New-York aux Etats-Unis puis Los Angeles, et dans les avions qui le mĂšnent constamment d’un lieu Ă  l’autre. Amoureux compulsif, ses plus belles chansons sont inspirĂ©es par cette Ă©trange objet qu’est l’amour. DĂ©pressif cyclothymique, il soigne ses Ă©tats d’Ăąme Ă  force d’addictions et de mĂ©ditations. PoĂšte convaincu, il travaille des annĂ©es sur ses textes et ses musiques pour en sortir de pures joyaux. Mystique impĂ©nitent, il suit les enseignements de sages zen, bouddhistes, sans jamais abandonner son attachement Ă  sa religion juive dont il Ă©tudie les textes sans relĂąche.

    RuinĂ© par une manageuse indĂ©licate Ă  la fin des annĂ©es 2000, il bouscule un peu ses projets et repart sur la route, pour se refaire, Ă  plus de 70 ans pour trois annĂ©es de tournĂ©es mondiales qui dĂ©clenchĂšrent une critique enthousiaste dans le monde entier et un succĂšs d’estime et commercial majeur. Dans le mĂȘme temps il continue Ă  produire des disques et des livres de poĂ©sie jusqu’Ă  son dernier souffle en 2016.

    Ces derniĂšres annĂ©es de crĂ©ation ont Ă©tĂ© particuliĂšrement fĂ©condes et ont Ă©levĂ© ce « juif errant » au statut de lĂ©gende. Sylvie Simmons a pu interviewer une grande partie de son entourage et mener de longues conversations avec Leonard pour aboutir Ă  ce portrait amoureux d’un homme au profil simple et au mental tellement complexe, pĂ©tri d’humour et de sens de l’autodĂ©rision, crĂ©ateur inlassable qui laisse une Ɠuvre monulentale du XXĂšme siĂšcle.

    Lire aussi : Leonard Cohen – 2012/09/29et30 – Paris l’Olympia, Leonard Cohen – 2009/07/07 – Paris Bercy, Leonard Cohen – 2008/11/26 – Paris l’Olympia

  • « Jimi Hendrix « Hear my train a comin » » de Bob Smeaton (2013)

    Un beau documentaire diffusĂ© par Arte sur Jimi Hendrix (1942-1970), guitariste et musicien-auteur-compositeur de gĂ©nie, fauchĂ© dans la fleur de l’ñge Ă  27 ans aprĂšs une carriĂšre fulgurante et quatre disques de lĂ©gende, il a marquĂ© le rock du XXĂšme siĂšcle. Le film de Bob Smeaton retrace la vie de cet artiste unique Ă  la personnalitĂ© douce et timide hors de la scĂšne, libĂ©rĂ©e et extravertie lorsqu’il joue devant son public.

    InspirĂ©e par le blues, Hendrix a jouĂ© et chantĂ© du rock. Sa voix lĂ©gĂšre se posait sur l’électricitĂ© de ses cordes, il chantait merveilleusement bien et maniait sa guitare comme un dĂ©mon. Les images d’archive nous rappellent son jeu volcanique ; nous avons tous dĂ©jĂ  vu des dizaines de fois ces fameux extraits oĂč il met le feu Ă  sa guitare Ă  Monterey, ou crĂ©e les hurlements des bombes sur l’hymne amĂ©ricain improvisĂ© Ă  Woodstock, etc.

    La musique aurait sans doute été différente si Jimi avait survécu.

  • BYRNE David, ‘Qu’est-ce que la musique ?’.

    Sortie : 2017, Chez : Philharmonie de Paris – Editions.

    David Byrne fut la tĂȘte pensante du groupe Talking Heads qui Ă  la fin des annĂ©es 70′ a intellectualisĂ© le mouvement post-punk new-yorkais en produisait une musique originale et plutĂŽt sophistiquĂ©e. Ils Ă©taient quatre potes qui se sont rencontrĂ©s dans une Ă©cole d’art et David prendra le leadership du groupe au point de fatiguer ses compĂšres, malgrĂ© une inventivitĂ© dont ne pouvaient se prĂ©valoir les autres musiciens du groupe. Une fois celui-ci dissous au dĂ©but des annĂ©es 1990, David Byrne a continuĂ© une carriĂšre solo en favorisant de multiples incursions dans des genres musicaux les plus variĂ©s et des collaborations avec de nombreux d’artistes dont certains dĂ©bordaient largement le domaine musical. Il a notamment rĂ©alisĂ© des films, jouĂ© dans certains comme acteur, composĂ© des bandes originales, participĂ© Ă  des aventures théùtrales
 Bref, avec Davide Byrne on n’est jamais déçu et la nouveautĂ© est toujours au coin du bloc. En 2018 encore il prĂ©senta sur la grande scĂšne de la Philharmonie de de Paris sa nouvelle Ɠuvre « American Utopia » : un concert de rock mis en scĂšne comme une piĂšce de théùtre, une rĂ©ussite.

    « Qu’est-ce que la musique ? » est une sommitĂ© dans laquelle Byrne explique le monde dans le quel il vit depuis sa naissance en 1952. S’en suivent 450 pages historiques, factuelles, rĂ©flexives, existentielles sur la musique et nous. En fait, surtout sur la musique et David Byrne !

    On passe en revue la place de la musique dans la culture de l’HumanitĂ©, les rĂ©volutions de l’apparition et du dĂ©veloppement des techniques d’enregistrement qui l’ont fait passer d’un moment Ă©phĂ©mĂšre et convivial Ă  un processus renouvelable et personnel, la place de la reprĂ©sentation en concerts dans la crĂ©ativitĂ© des musiciens (et leurs revenus
). On revient sur le cĂ©lĂšbre « CBGB », tripot new-yorkais oĂč jouĂšrent les groupes prĂ©curseurs de l’underground amĂ©ricain : Talking Heads, Blondie, The Ramones, Patti Smith, Television, Sonic Youth. Byrne avec un souci du dĂ©tail qui l’honore va mĂȘme jusqu’Ă  publier un plan de ce lieu mythique pour expliquer comment les musiciens de tenaient par rapport aux spectateurs. Les amateurs de rock de cette Ă©poque apprĂ©cient


    Plusieurs chapitres sont consacrĂ©s Ă  la technique qui façonne la musique, de l’analogique au numĂ©rique, des bricolages sur bandes magnĂ©tiques de cassettes aux boucles Ă©lectroniques auto-gĂ©nĂ©rĂ©es par des algorithmes devenus eux-mĂȘmes crĂ©atifs. La musique est aussi une industrie et David Byrne nous explique les liens commerciaux existant entre maisons de disques, producteurs, interprĂštes, compositeurs, auteurs. Tout ça n’est pas simple et les plus grands se sont parfois fait embobiner par le business. Mais Ă  la fin il reste toujours
 la musique, prĂ©sente d’ailleurs depuis le dĂ©but puisque d’aprĂšs l’auteur les NĂ©andertaliens jouaient dĂ©jĂ  de la flĂ»te (taillĂ©e dans un os) et que la Bible dĂ©marre sur « Au dĂ©but Ă©tait le verbe », c’est dire que tout Ă  commencĂ© avec un son !

    Le dernier chapitre « Harmonia Mundi » conclut sur la musique « gĂ©omĂ©trie de la beauté ». On y apprend au dĂ©tour d’un paragraphe que Byrne est atteint du syndrome d’Asperger qui rend les interactions sociales plus difficiles mais permet Ă  ceux qui en sont atteints de dĂ©velopper une hypersensibilitĂ© et un imaginaire abondant.

    Cet essai est un livre de fan des Talking Heads, de David Byrne, du rock en gĂ©nĂ©ral et tout particuliĂšrement de l’Ă©poque underground des trois derniĂšres dĂ©cennies du XxĂšme siĂšcle. ExtrĂȘmement analytique il permet Ă  Byrne de partager sa connaissance d’un monde dont il est acteur et Ă  ses fans de se rapprocher un peu de cette crĂ©ation musicale qui guide leurs vies.