Catégorie : France

  • Le fouteballe encore Ă  la une

    Fouteballe-201509_Valbuena

    Un match de fouteballe Ă  sensations la semaine derniĂšre entre Lyon (l’OL) et Marseille (l’OM) oĂč le public marseillais s’en est pris Ă  Valbuena coupable d’avoir quittĂ© le club de Marseille pour rejoindre celui de Lyon. Pour les supporters de l’OM cette traĂźtrise est insupportable et ils le font savoir en balançant des bouteilles de biĂšre sur les joueurs, en pavoisant des banderoles dĂ©nonçant le collabo et mĂȘme en montant dans les tribunes un gibet sur lequel est pendu un mannequin reprĂ©sentant le traĂźtre. Le match est interrompu, puis repris et terminĂ© sur on ne sait quel score.

    Valbuena est un petit teigneux surpayĂ© qui n’a guĂšre d’importance dans cette affaire. On se souvient de l’un de ses exploits lorsqu’il insulta un gamin Ă©namourĂ© qui voulait un autographe en frappant Ă  la vitre de son automobile bling-bling au risque d’en salir la carrosserie immaculĂ©e :

    Non, le plus Ă©difiant dans cette affaire n’est pas ce personnage assez insignifiant finalement (Ă  la diffĂ©rence de son salaire) mais le niveau d’abĂȘtissement d’une bande de supporters exprimant bruyamment toutes les pathologies attisĂ©es par ce sport oĂč se cĂŽtoient des pousseurs de balle dopĂ©s aux anabolisants et aux salaires dĂ©mesurĂ©s, avec des supporters frustrĂ©s et ivrognes, les deux parties partageant gĂ©nĂ©ralement le mĂȘme niveau de mauvaise Ă©ducation. Les autoritĂ©s en charge de ce sport s’émeuvent de ces dĂ©rapages et ils ont raison. Une premiĂšre sĂ©rie de condamnations Ă  de la prison ferme a Ă©tĂ© prononcĂ©e contre ceux de ces trublions qui ont pu ĂȘtre arrĂȘtĂ©s par la police. La ligue de fouteballe a par ailleurs fermĂ© « les virages Nord et Sud » du stade marseillais :

    Au vu de la gravitĂ© des faits, la Commission a dĂ©cidĂ© de placer le dossier en instruction. AprĂšs ouverture du dossier et dĂ©signation de l’instructeur, la Commission convoque les dirigeants de l’Olympique de Marseille pour la sĂ©ance du jeudi 15 octobre dans le respect des dispositions des rĂšglements disciplinaires et du Code du Sport imposant 15 jours de dĂ©lai minimum. A l’issue de cette rĂ©union au cours de laquelle l’instructeur rendra ses conclusions, la Commission rendra sa dĂ©cision. En attendant, au regard de la gravitĂ© des faits, la Commission dĂ©cide de fermer Ă  titre conservatoire les virages Nord et Sud du Stade VĂ©lodrome.

    On se demande bien si une telle mesure est capable de reconnecter les neurones de supporters qui pourront toujours aller dans les lignes droites puisque les virages sont fermĂ©s. La question de fond est plutĂŽt comment faire remonter le niveau d’intelligence dans et sur les stades de fouteballe ? Ce sera le combat de plusieurs gĂ©nĂ©rations en admettant qu’elles y arrivent


    Dans le mĂȘme temps les combats sont engagĂ©s par les dirigeants du fouteballe mondial et national :

    • En France pour une sombre histoire d’investisseurs, de droits tĂ©lĂ©visĂ©s et de montĂ©e ou descente d’une division vers l’autre, Ă  laquelle personne ne comprend rien, des clubs crĂ©ent une Ă©niĂšme organisation fouteballistique qui va venir encore un peu plus agiter le marigot nausĂ©abond de ces consommateurs d’argent public,
    • A l’international la succession Ă  la tĂȘte de la fĂ©dĂ©ration internationale de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption, bat son plein et les coups bas pleuvent. Platini qui est candidat doit affronter une affaire de paiement dĂ©loyal de 1,8 MEUR qu’il aurait encaissĂ© de ladite fĂ©dĂ©ration pour un travail effectuĂ©… Il va falloir qu’il se justifie s’il espĂšre vaincre, ou alors sortir un dossier encore plus puant sur ses adversaires, ce qu’il doit ĂȘtre en train d’essayer de rechercher.

    Un certain Ali ben Al Hussein (40 ans), prince jordanien, demi-frĂšre de l’actuel roi Abdallah II est candidat au remplacement de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption. Le mieux serait Ă  n’en pas douter de laisser le Moyen-Orient prendre en main l’organisation du fouteballe mondial pour en sortir nos tacticiens occidentaux qui ont montrĂ© si souvent leur dĂ©faillance, voire pire. Les pays pĂ©troliers de ce Moyen-Orient sont plutĂŽt riches, ont acquis une bonne expĂ©rience dans la construction de stades climatisĂ©s au milieu du dĂ©sert et Ă  l’organisation d’évĂšnements sportifs mondiaux.

    Platini (60 ans) a mangĂ© toutes les Ă©cuelles du fouteballe mondial depuis les annĂ©es 70’, gagnĂ© beaucoup de compĂ©titions, montrĂ© qu’un fils de migrant italien pouvait rĂ©ussir, casĂ© son propre fiston Laurent dans le business fouteballistique en lien avec le Moyen-Orient riche, bref, il a bien mĂ©ritĂ© sa retraite.

    Laissons l’organisation du fouteballe mondial au Qatar et Ă  la Jordanie, au passage dĂ©localisons le PSG audit Qatar et que la France se consacre Ă  tenter de relever le niveau d’éducation de ses enfants, particuliĂšrement ceux frĂ©quentant les stades. La tĂąche sera longue et couteuse. Elle mĂ©rite toutes nos Ă©nergies et nos ressources.

    La simple image des stades transformĂ©s en arĂšnes oĂč doit intervenir la force publique pour contenir la bĂȘtise est une vision d’horreur et d’argent public dilapidĂ©. Notons au passage qu’il y a rĂ©guliĂšrement des blessĂ©s, parfois des morts


    Fouteballe-201509_Valbuena-b

  • La France vend des armes

    AprĂšs avoir annulĂ© la vente de deux navires porte-hĂ©licoptĂšres Ă  la Russie pour cause du comportement impĂ©rial de Moscou en Ukraine, la France les vend Ă  l’Egypte avec qui elle a dĂ©jĂ  nĂ©gociĂ© des avions de combat Rafale. Evidemment ces transactions font un peu frĂ©mir et l’on craint que ces armes sophistiquĂ©es se retrouvant dans un Moyen-Orient trĂšs agitĂ© se retournent un jour contre nous


    IdĂ©alement il serait plus rassurant de vendre les armes françaises Ă  de vrais amis, hĂ©las les alĂ©as du commerce de ce genre de produits font que la RĂ©publique vend aux clients qu’elle trouve pour assurer la survie de cette industrie sophistiquĂ©e. Accessoirement ces pays Ă©mergeants acheteurs s’acquittent rarement de 100% de leurs factures dont une partie est en rĂ©alitĂ© financĂ©e par les contribuables via des annulations de dettes aux pays acheteurs ou des subventions Ă  l’industrie.

  • Inattendu !

    Il s’avĂšre que les migrants qui affluent en Europe pour fuir le Moyen-Orient en guerre, ceux qui ont le plus de chance d’obtenir un statut de rĂ©fugiĂ©, sont assez peu intĂ©ressĂ©s par la destination France. Ils prĂ©fĂšreraient a priori les pays mieux gĂ©rĂ©s
 Certains dĂ©jĂ  accueillis en France seraient dĂ©jĂ  repartis vers l’Allemagne ou la Scandinavie. Paris aura peut-ĂȘtre du mal Ă  remplir son quota, un comble.

    De toute façon une fois obtenu son statut de rĂ©fugiĂ© dans un pays ou un autre, l’impĂ©trant pourra voyager librement partout oĂč il le voudra Ă  l’intĂ©rieur de la zone Schengen. A court terme ce rejet de la France fera plutĂŽt les affaires de ses dirigeants et de nombre de ses citoyens. A plus long terme ce n’est pas forcĂ©ment un bienfait. Au-delĂ  de l’éventuelle blessure d’ego qui sera vite digĂ©rĂ©e, cela veut dire que les meilleurs iront de prĂ©fĂ©rence chez nos voisins. La-aussi la loi de l’offre et la demande est maĂźtre du jeu.

  • I have a dream


    On aurait espĂ©rĂ© que sur un sujet comme celui de la crise actuelle des migrants le monde politique français rĂ©publicain fasse preuve d’un peu de rĂ©flexion avec une parcelle de responsabilitĂ© et de sens de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Las, il n’en est rien. Ce sujet qui touche d’abord Ă  l’humain dĂ©clenche des batailles politicardes navrantes. Lorsqu’un chroniqueur ou un Ă©lu est interrogĂ© sur le sujet dans une presse avide de sensations il rĂ©pond en critiquant ce que fait ou pense la partie adverse avec une argumentation de cafĂ© du commerce. Et l’on ne parle mĂȘme pas des Ă©ructations de l’extrĂȘme droite qui veut repousser les immigrants Ă  la mer sans trop expliquer par quels moyens il procĂ©dera s’il en avait un jour le pouvoir.

    En rĂ©alitĂ© l’immigration est un phĂ©nomĂšne ancien en Europe comme en France et la partie illĂ©gale de celle-ci ne date pas des accords de libre circulation de Schengen et encore moins de l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir en 2012. Elle est consubstantielle de l’immigration lĂ©gale et existait dĂ©jĂ  bien entendu du temps oĂč les frontiĂšres entre les Etats n’avaient pas encore Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©es dans le cadre des accords dits de Schengen.

    Aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais rĂ©ussi Ă  enrayer significativement cette immigration illĂ©gale, ni mĂȘme Ă  renvoyer les immigrĂ©s illĂ©gaux en dehors de France. Des charters Pasqua dans les annĂ©es 80’ aux confĂ©rences sur l’identitĂ© nationale dans les annĂ©es 2000, en passant par les rĂ©gularisations d’illĂ©gaux, toutes ces politiques ont Ă©chouĂ© Ă  remplir leurs objectifs. Il fallait sans doute les tenter ne serait-ce que pour en mesurer les limites. Mais surtout, aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais rĂ©ussi Ă  faire en sorte que ces candidats Ă  l’immigration prĂ©fĂšrent rester chez eux plutĂŽt que de venir en France. Les actions de co-dĂ©veloppement et autres lubies tiers-mondistes ont des effets tellement microscopiques et de long terme que la richesse et la dĂ©mocratie de notre vieille Europe continue pour le moment Ă  attirer les citoyens du monde en dĂ©veloppement. Les Etats-Unis d’AmĂ©rique connaissent une immigration comparable en provenance du Mexique, sous prĂ©sidence dĂ©mocrate comme rĂ©publicaine, avec ou sans le mur en construction Ă  la frontiĂšre entre ces deux pays.

    L’immigration des pays pauvres et en guerre ou sous dictature vers les pays riches en dĂ©mocratie est donc un mouvement ancien, puissant, profond, irrĂ©versible qu’il faut gĂ©rer avec intelligence et autoritĂ©, si possible avec unitĂ©, au moins au niveau national, en Ă©vitant les coups de menton dĂ©magogiques.

    La seule mesure qui n’a jamais Ă©tĂ© vĂ©ritablement tentĂ©e serait de repousser ces flux d’immigration par la force, c’est-Ă -dire en dĂ©ployant l’armĂ©e aux frontiĂšres et la marine de guerre sur mer. La force cela veut dire l’utilisation des armes et des militaires tirant sur des populations civiles, autant dire un massacre. Cette option n’est pas sur la table dans notre dĂ©mocratie. Certains de ceux qui prĂŽnent la rĂ©pression contre l’immigration y pensent sans doute sans pour autant oser la formuler.

    Entre les armes et l’ouverture complĂšte des frontiĂšres il faudrait compromettre et dĂ©finir une politique saine et Ă©volutive en fonction des Ă©vĂšnements. C’est difficile. A ce jour tout le monde y a Ă©chouĂ©, c’est la raison pour laquelle une union nationale entre gens intelligents et de bonne compagnie est souhaitable, au-delĂ  des slogans de circonstances agitant des sentiments nausĂ©abonds racoleurs de votes. Tout doit pouvoir ĂȘtre discutĂ©, y compris les accords de Schengen qui ne sont pas tabous et peuvent ĂȘtre remis en cause si une analyse fondĂ©e et documentĂ©e montre qu’il y a avantage Ă  le faire pour l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de la RĂ©publique. La convention de 1951 relative au statut des rĂ©fugiĂ©s, Ă  laquelle adhĂšre la majoritĂ© de nos Etats, doit pouvoir Ă©galement ĂȘtre discutĂ©e, ajustĂ©e, adaptĂ©e, confirmĂ©e, conditionnĂ©e, toujours en fonction de l’évolution de la situation gĂ©opolitique mondiale, qui n’est plus la mĂȘme qu’en 1951, et du sens de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, de la France comme de l’HumanitĂ©.

    Bien sĂ»r l’Europe avec ses valeurs et son PIB reprĂ©sente un appel d’air pour des migrants issus de de pays pauvres ou en guerre, comme la Suisse reprĂ©sente un appel d’air pour les français vivant le long de sa frontiĂšre et qui ne se gĂȘnent pas pour aller y travailler et y bĂ©nĂ©ficier de salaires plus Ă©levĂ©s. Bien sĂ»r ces personnes cherchant Ă  fuir leurs pays en guerre ou dĂ©vastĂ©s par un sous-dĂ©veloppement endĂ©mique viennent d’abord en Europe de l’Ouest oĂč l’herbe est plus verte et l’accueil plus gĂ©nĂ©reux, plutĂŽt qu’en Russie ou en Arabie Saoudite. Bien sĂ»r l’accueil de ces populations va gĂ©nĂ©rer des dĂ©penses publiques imprĂ©vues. Bien sĂ»r au sein de ces flux peuvent se cacher des gens aux idĂ©es malveillantes et des extrĂ©mistes de tous poils.

    Est-ce que monde (et la France) seraient plus tranquilles si ces migrants ne fuyaient pas leur pays pour venir chez nous ? Certainement. Est-ce que l’arrivĂ©e de ces migrants va crĂ©er des perturbations et des rĂ©actions de rejet au sein des populations accueillantes ? Certainement aussi. Est-ce qu’il serait plus moral de financer les besoins de ces arrivants plutĂŽt que dilapider des centaines de millions d’euros pour organiser des compĂ©titions de pousseurs de ballons (notamment des stades de fouteballe climatisĂ©s au Qatar
) ? Certainement encore.

    Mais les migrants sont lĂ , avec leur lot de rĂ©fugiĂ©s et de misĂšre, qui forcent tous les barrages. Et ils sont lĂ  pour longtemps alors Il faut bien en faire quelque chose ne serait-ce que pour s’occuper de ceux qui sont dĂ©jĂ  rendus chez nous et essayer de tarir le flux des dĂ©parts. C’est ce Ă  quoi s’essayent les dirigeants europĂ©ens dans la plus grande division. Ils tentent de parer au plus pressĂ© et de reprendre le contrĂŽle d’une situation qui leur Ă©chappe. Alors il est facile de critiquer sur Tweeter et de faire dans la polĂ©mique sur les plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s, il est plus difficile d’agir dans la vraie vie pour ceux qui sont aux commandes, comme toujours.

    A dĂ©faut de stratĂ©gie Ă©vidente qui mĂ©nage les valeurs humaines et le refus majoritaire des citoyens français d’accueillir ces migrants, qu’ils soient rĂ©fugiĂ©s ou immigrants, le pouvoir devrait au minimum expliquer et rĂ©expliquer ce qu’on l’on tente de faire et pourquoi on le fait. Si une seule photo d’un gamin mort sur une plage a pu Ă©mouvoir Ă  ce point la planĂšte entiĂšre eh bien pour une fois utilisons les ficelles de la communication pour une bonne cause et communiquons sur une position française rĂ©publicaine, arrĂȘtĂ©e de façon unanime par les partis. L’image de ces mĂȘmes partis remonterait d’un coup dans l’opinion si au moins, pour une fois, des dirigeants responsables arrivaient Ă  un consensus sur un sujet si brĂ»lant et si humain. On peut rĂȘver…

    Ensuite il resterait Ă  arrĂȘter une position commune avec les 27 autres membres de l’Union europĂ©enne ce qui relĂšverait sans doute du miracle, mais au moins la France aurait eu la dĂ©cence de surmonter ses petits Ă©goĂŻsmes nationaux et son court-termisme politicard pour s’élever, un peu, au-dessus de la mĂȘlĂ©e.

  • Les indemnitĂ©s de dĂ©part du dĂ©gĂ© d’Alcatel-Lucent

    Michel Combes est un garçon qui a une bonne cinquantaine d’annĂ©es, polytechnicien et titulaire de quelques autres diplĂŽmes universitaires. Il a travaillĂ© dans l‘administration, des entreprises publiques puis des sociĂ©tĂ©s privĂ©es du secteur des tĂ©lĂ©communications pour finalement prendre la direction du groupe Alcatel-Lucent en 2013 pour deux ans et demi. Il y dirigera les sĂ©vĂšres restructurations nĂ©cessaires à cette entreprise Ă  la dĂ©rive depuis plusieurs annĂ©es pour abouti Ă  la vente de la compagnie Ă  Nokia. Depuis le 1er septembre il a pris des fonctions de direction au sein du groupe Altice. Il semble avoir plutĂŽt bien rĂ©ussi dans les positions qu’il a occupĂ©es.

    Le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a votĂ© un bonus pour son dĂ©part comportant diffĂ©rents Ă©lĂ©ments qui valorisĂ©s aux cours d’aujourd’hui avoisinent les 14 millions d’euros Ă  verser sur plusieurs annĂ©es, sachant qu’en fonction de l’évolution des cours sur la pĂ©riode de paiement la somme finale Ă  la fin de l’histoire peut ĂȘtre supĂ©rieure ou infĂ©rieure.

    Celle-ci une fois publiĂ©e dans la presse a créé un peu d’émotion : 14 millions d’euros en bonus de dĂ©part, pour deux annĂ©es et demie de direction, qui s’additionnent Ă  une retraite chapeau de 50 000 EUR/an lorsqu’il prendra sa retraite. Le patronat français s’est demandĂ© ouvertement si cette rĂ©munĂ©ration Ă©tait conforme Ă  la lettre et Ă  l’esprit de ses Recommandations sur la rĂ©munĂ©ration des dirigeants, mandataires sociaux de sociĂ©tĂ©s dont les titres sont admis aux nĂ©gociations sur un marchĂ© rĂ©glementĂ© sorti en octobre 2008 prĂ©cisant notamment en son chapitre 2 Mettre dĂ©finitivement un terme aux indemnitĂ©s de dĂ©part abusives (« parachutes dorĂ©s ») :

    Le versement d’indemnitĂ©s de dĂ©part Ă  un dirigeant mandataire social doit ĂȘtre exclu s’il quitte Ă  son initiative la sociĂ©tĂ© pour exercer de nouvelles fonctions, ou change de fonctions Ă  l’intĂ©rieur d’un groupe, ou encore s’il a la possibilitĂ© de faire valoir Ă  brĂšve Ă©chĂ©ance ses droits Ă  la retraite.

    L’indemnitĂ© de dĂ©part ne doit pas pouvoir excĂ©der, le cas Ă©chĂ©ant, deux ans de rĂ©munĂ©ration (fixe et variable). Ces rĂšgles et ce plafond s’appliquent Ă  l’ensemble des indemnitĂ©s et incluent notamment les Ă©ventuelles indemnitĂ©s versĂ©es en application d’une clause de non concurrence.

    Tout gonflement artificiel de la rémunération dans la période préalable au départ est à proscrire.

    A priori le conseil d’administration a considĂ©rĂ© qu’il avait outrepassĂ© cette chartre patronale, qui n’a pas valeur lĂ©gale mais uniquement morale, puisque le 11 septembre il a publiĂ© le communiquĂ© suivant qui, grosso-modo divise par deux le bonus de dĂ©part de son ex-dirigeant qui passe ainsi de 14 Ă  7 millions d’euros pour 2 annĂ©es et demie de service.

    L’application de cette chartre est opportune. Le seul problĂšme est sans doute qu’Alcatel-Lucent ait cherchĂ© Ă  s’en exonĂ©rer en espĂ©rant que cela ne se verrait pas. Ce ne fut pas le cas, l’entreprise est rentrĂ©e dans le rang et Michel Combes devra se contenter de 7 millions d’euros au cours d’aujourd’hui ce qui intuitivement apparaĂźt comme une rĂ©compense substantielle pour les efforts qu’il a dĂ©ployĂ©s durant 29 mois.

    Paris, France, 11 septembre 2015

    Communiqué de presse Alcatel-Lucent

    Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent s’est rĂ©uni jeudi 10 septembre 2015. Il a pris en compte les recommandations Ă©mises par le Haut ComitĂ© de Gouvernement d’Entreprise concernant la conformitĂ© avec le code Afep-Medef, et les observations de l’AutoritĂ© des MarchĂ©s Financiers relatives Ă  la rĂ©munĂ©ration Ă  long terme de M. Combes.

    Le Conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a revu, avec le plein accord et Ă  la demande de M. Combes, les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de rĂ©munĂ©ration et la clause de non concurrence.

    Concernant la rĂ©munĂ©ration pluriannuelle de M. Combes : le Conseil d’administration se conforme Ă  l’interprĂ©tation retenue par le Haut ComitĂ© qui dĂ©taille et consacre un principe d’acquisition prorata temporis. Il note que ce principe est plus exigeant que la pratique internationale en vigueur. Prenant en compte les observations du Haut ComitĂ© de Gouvernement d’Entreprise, le Conseil a dĂ©cidĂ© un versement en numĂ©raire, et non en actions, de la rĂ©munĂ©ration pluriannuelle de M. Combes sur la base de la moyenne des 20 cours d’ouverture de l’action d’Alcatel-Lucent prĂ©cĂ©dent son dernier jour d’activitĂ©. Ces Ă©lĂ©ments soumis Ă  rĂ©alisation des critĂšres de performance associĂ©s seront, pour la tranche 2015, Ă©valuĂ©s en 2016 Ă  l’issue de l’exercice annuel.

    Les Ă©lĂ©ments des plans de rĂ©munĂ©ration pluriannuelle constituent des droits acquis de rĂ©munĂ©ration passĂ©e, prĂ©sentĂ©s aux derniĂšres AssemblĂ©es gĂ©nĂ©rales de l’entreprise et dont la conformitĂ© est confirmĂ©e par le Haut ComitĂ©.

    DĂšs lors, le montant correspondant Ă  la rĂ©munĂ©ration variable pluriannuelle sera au maximum de 4 845 109 euros, ajustĂ© Ă  la baisse pour la tranche 2015 en fonction de l’atteinte des critĂšres de performance fixĂ©s pour 2015. Le montant effectivement payĂ© Ă  M. Combes sera bien sur rĂ©duit des prĂ©lĂšvements sociaux associĂ©s. Il sera versĂ© uniquement en cas de rĂ©ussite de l’opĂ©ration de rapprochement avec Nokia.

    Concernant l’application de la clause de non concurrence, M. Combes a sollicitĂ© sa reconsidĂ©ration de la part du Conseil d’administration. Le Conseil confirme l’importance de cette clause pour la protection des intĂ©rĂȘts stratĂ©giques du Groupe et la prĂ©vention de prĂ©judices majeurs : elle interdit Ă  M. Combes d’exercer toute responsabilitĂ© chez un concurrent, ni comme dirigeant, ni comme administrateur ou consultant. Lorsque le Conseil a nĂ©gociĂ© avec M. Combes cette clause de non concurrence stricte, il n’avait aucune certitude quant au futur professionnel de M. Combes. Son existence a sans doute orientĂ© sa dĂ©cision de rejoindre un opĂ©rateur.

  • Guillaume Roquette dĂ©verse sa haine

    Et hop, encore un Ă©ditorial de Guillaume Roquette dans le Fig-Mag, rĂ©cupĂ©rĂ© dans la salle d’attente d’un mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste. Il est datĂ© de mars 2015, aprĂšs les Ă©lections communales qui a vu un score significatif du Front National. Cette fois-ci tout le monde en prend pour son grade : la gauche donneuse de leçons qui abandonne le peuple (Manuel Valls est qualifiĂ© de tĂ©lĂ©vangĂ©liste de Matignon), la droite qui n’a pas su empĂȘcher l’arrivĂ©e au pouvoir de François Mitterrand (c’était il y a 35 ans mais reprĂ©sente manifestement un traumatisme jamais digĂ©rĂ© par M. Roquette)


    Il reproche aux politiques de ne pas savoir expliquer qu’il serait suicidaire « d’instaurer le protectionnisme ou de sortir en solo de l’euro » (noter le en solo) et de refuser de parler de son triptyque favori immigration-islam-insĂ©curitĂ© qui devrait reprĂ©senter la mĂšre de toutes les batailles.

    On sera d’accord avec Guillaume Roquette sur le dĂ©ficit criant de pĂ©dagogie dont font preuve les Ă©lus et dirigeants de tous bords qui confondent dĂ©mocratie participative avec explication de la politique menĂ©e ou proposĂ©e, ou qui s’imaginent pouvoir dĂ©cliner le budget de la RĂ©publique dans un tweet de 140 signes. On rappellera simplement Ă  ce reprĂ©sentant teigneux de la presse française que l’un des rĂŽles de celle-ci est aussi de pallier Ă  cette dĂ©faillance politique et d’expliquer, d’analyser sans relĂąche Ă  ses lecteurs les ressorts de l’économie, de la politique, bref, de la vie, donnant accĂšs aux citoyens Ă  l’information qu’ils ne peuvent ou ne savent pas trouver.

    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le contribuable français subventionne la presse : le Figaro a perçu 15,3 millions en euros, financĂ©s par l’impĂŽt, car la RĂ©publique, bonne et gĂ©nĂ©reuse mĂšre considĂšre en quelque sorte cette tĂąche pĂ©dagogique comme une mission de service publique qu’elle dĂ©lĂšgue en partie Ă  la presse Ă©crite. Il n’est pas sĂ»r qu’elle s’en acquitte parfaitement, prĂ©fĂ©rant souvent la polĂ©mique simpliste Ă  la pĂ©dagogie apaisĂ©e et intelligente.

    Lire aussi -> Les aides du contribuable à la presse

  • Les aides du contribuable Ă  la presse

    La presse papier oublie souvent de rappeler qu’elle touche des subventions versĂ©es par le contribuable pour aider Ă  sa survie, sans parler des niches fiscales qui permettent aux journalistes de payer un peu moins d’impĂŽt sur le revenu que le commun des mortels.

    Pour réparer cet oubli il suffit de surfer sur le site web du gouvernement et y découvrir que les aides directes ou indirectes pour les 200 titres les plus aidés furent :

    • En 2014 > 227 millions d’euros
    • En 2013 > 289 millions d’euros
    • En 2012 > 306 millions d’euros

    Le Figaro et Le Monde trustent les deux premiĂšres places depuis quelques annĂ©es. En 2014 le premier a perçu 15,3 millions du contribuable et le second 14 millions, ce qui ne manque pas de sel pour Le Figaro quand on lit ses articles sur la dĂ©pense publique qu’il voue aux gĂ©monies et l’assistanat qu’il qualifie de plaie française


    Evidemment tous les journaux Ă©margent Ă  ce guichet et on y rencontre en 2014 Ă©galement, par exemple, Paris-Match (14Ăšme rang avec 3,6 millions), L’Equipe (22Ăšme rang avec 3 millions), Valeurs Actuelles (53Ăšme rang avec 1 million), etc. Et encore ne s’agit-il seulement que des 200 titres les plus aidĂ©s !

    Subventionner la presse peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une dĂ©pense nĂ©cessaire afin de maintenir un niveau minimum d’information des consommateurs qui ne sont pas prĂȘts Ă  payer le vrai prix de leur journal. Nous sommes en France, alors Ă©videmment on se tourne vers le contribuable pour Ă©quilibrer le compte d’exploitation d’entreprises privĂ©es. Et l’on critique Ă  longueur de colonnes les impĂŽts de la RĂ©publique. Au Figaro on n’attaque pas son actionnaire industriel (de l’armement) mais on tape sur l’Etat, c’est moins risquĂ©.

  • La Morano se jette Ă  l’eau

    LCE_Morano_20150826

    Arghhhhhhh ! La Morano annonce sa candidature aux Ă©lections primaires de Les RĂ©publicains pour Ă©lire un candidat/candidate Ă  l’élection prĂ©sidentielle de 2017. VoilĂ  qui promet des dĂ©bats tout en finesse comme Ă  son habitude et lors de ce tweet d’hier :

    Tweet_Nadine_Morano_20150903_Immigration

    L’incroyable foi qu’elle a en elle mĂ©rite le respect. Sa combativitĂ© est Ă©galement un modĂšle du genre. Ces deux qualitĂ©s sont malgrĂ© tout insuffisantes pour gouverner la France.

  • Tics verbaux dans l’armĂ©e

    Depuis la gĂ©nĂ©ralisation des interventions armĂ©es aĂ©riennes occidentales ou onusiennes au Moyen-Orient on parle moins de bombardements que de « frappes ». Cette subtilitĂ© sĂ©mantique est destinĂ©e Ă  ĂȘtre moins effrayante sur l’acte lui-mĂȘme qui consiste, quelle que soit son appellation, Ă  balancer une ou des bombes depuis un avion sur des cibles humaines et matĂ©rielles comme le rappelle Wikipedia :

    Le bombardement (mot dĂ©rivĂ© de bombarde) est une opĂ©ration consistant Ă  attaquer un objectif Ă  l’aide d’Ă©lĂ©ments d’artillerie, qu’il s’agisse de boulets ou de toute variĂ©tĂ© de bombe.

    Les bombardements ont gĂ©nĂ©ralement pour objectif la destruction des dĂ©fenses ou des ressources de l’adversaire, ayant un intĂ©rĂȘt stratĂ©gique, tactique ou psychologique. Ils peuvent ĂȘtre terrestres (bombardement d’artillerie), maritimes (bombardement cĂŽtier) ou aĂ©riens (lĂącher de bombes par des avions).

    Appelons les choses par leur nom : un bombardement est un bombardement ! La frappe devrait ĂȘtre rĂ©servĂ©e Ă  la monnaie, Ă  la machine Ă  Ă©crire ou aux joues des enfants mal Ă©levĂ©s.

  • DĂ©sastre Ă  l’OL

    OL_cours-bouse_201509

    Cette courbe ne reprĂ©sente pas l’évolution de la popularitĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique mais le cours de bourse du club de fouteballe Olympique Lyonnais : un franc succĂšs financier !

    Au cours de son exercice 2013/14 cette sociĂ©tĂ© cotĂ©e en bourse a rĂ©alisĂ© un chiffre d’affaires consolidĂ© de 121 MEUR et une perte de -26 MEUR soient 22 centimes perdus sur chaque euro facturĂ©. La dette est de 105 MEUR et les capitaux propres restent positifs pour un montant Ă©quivalent Ă  la dette. Ils sont consommĂ©s au fur et Ă  mesure des pertes annuelles.

    On voit ainsi qu’un club de fouteballe est non seulement une dĂ©faite de l’esprit mais aussi un dĂ©sastre financier.

  • En lutte contre les tics verbaux compulsifs

    En parallĂšle Ă  l’envahissant « on va dire » on dĂ©plore l’utilisation compulsive des termes « voilà » et « instrumentaliser ».

    Le premier ponctue les phrases de ceux qui ne savent pas comment les poursuivre ou les terminer, alors lorsque l’on cherche un mot que l’on ne trouve pas on le remplace par « voilà ».

    Le verbe « instrumentaliser » est utilisĂ© Ă  tort et Ă  travers et donne un aspect un peu techno au vocabulaire. C’est mieux de dire instrumentaliser qu’utiliser, alors on s’en donne Ă  cƓur joie.

  • Une bonne nouvelle

    Tweet_Wauquiez_20150829_Ministre

    Wauquiez le cornecul affiche son souhait de ne pas devenir ministre si les conservateurs reviennent au pouvoir en 2017. VoilĂ  au moins une bonne nouvelle mais gageons que l’impĂ©trant se laissera convaincre par le sens du devoir si jamais il Ă©tait appelĂ©.

  • Attaque dans le Thalys

    Un citoyen marocain de 26 ans sort des toilettes d’un train Amsterdam-Paris ce 21 aoĂ»t, torse nu, armĂ© d’une kalachnikov, d’un pistolet, de nombreuses munitions et d’un cutter. Des passagers s’interposent et le neutralisent. Il blesse deux des hommes qui tentaient de l’arrĂȘter dont l’un en lui tirant une balle qui lui traverse le poumon. On peut imaginer que s’il n’avait pas Ă©tĂ© interrompu dans sa besogne il aurait fait usage de son arsenal avec des rĂ©sultats potentiellement terrifiants.

    Les premiĂšres informations laisse apparaĂźtre un profil d’islamiste radical mais l’intĂ©ressĂ© plaide pour le moment qu’il a « trouvĂ© les armes dans un parc Ă  Bruxelles » et qu’il s’apprĂȘtait Ă  rançonner les passagers. Des informations judiciaires sont ouvertes en France et en Belgique, le suspect est en garde Ă  vue Ă  Paris.

    Depuis les attaques contre Charlie-Hebdo et l’Hypercasher en janvier dernier, la France a Ă©tĂ© soumise Ă  un attentat (ou une tentative de) religieux Ă  peu prĂšs tous les mois, commis par des citoyens français pour la majoritĂ©. Il faut dĂ©sormais vivre avec cette menace dont la rĂ©solution va prendre des dĂ©cennies, si on y arrive. La lutte de la raison contre la religion, dont l’issue n’est plus si sĂ»re !

  • La Morano veut le pouvoir !

    LCE_Morano_20150826Impayable : Nadine Morano, la poissonniĂšre de Les RĂ©publicains, affiche son projet de se prĂ©senter Ă  l’élection primaire de son parti pour dĂ©signer le candidat pour les prĂ©sidentielles de 2017 dans Le Parisien du 23/08/2015. Evidemment cela dĂ©clenche l’hilaritĂ© gĂ©nĂ©rale mais ses concurrents connaissent l’incroyable pugnacitĂ© de la Morano dont l’énergie sans faille et la haute idĂ©e qu’elle se fait d’elle-mĂȘme la rendent capable de tout, y compris de dĂ©vorer son idole Sarkozy.

    Faisons confiance Ă  ses concurrents de droite pour la pousser dans l’escalier afin de l’empĂȘcher de se prĂ©senter mais le culot hors norme de la donzelle force le respect.

    Tweet_Nadine_Morano_20150824

  • Les ayatollahs de la dĂ©pense sont de retour

    Montebourg_ParisMath_201508Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste recyclĂ© dans le privĂ©, ne dĂ©laisse pas pour autant le plaisir Ă©gocentrique de voir sa binette affichĂ©e en premiĂšre page de Paris-Match. Et comme il aime vraiment les mĂ©dias, il a organisĂ© ce week-end son annuelle « fĂȘte de la rose » oĂč il a reçu Varoufakis, ex-ministre grec des finances marxiste-libertaire, qui lui aussi avait les honneurs de Paris-Match, mais pas en couverture.

    Ensemble ils ont ĂąnonnĂ©, devant micros, camĂ©ras et quelques militants, leur dĂ©saccord sur « les-politiques-d’austĂ©ritĂ©-inspirĂ©es-par-Angela-Merkel-qui-poussent-les-Etats-Ă -la-faillite ». Ils ont au moins le mĂ©rite de la permanence dans leurs idĂ©es. En fait le problĂšme de fond de leur critique est qu’ils n’énoncent pas de solution alternative sinon de reprendre la dĂ©pense publique. Oui, trĂšs bien, mais avec quels sous ? Dans le cas de la GrĂšce, si AthĂšnes avait refusĂ© de signer le programme international d’aide proposĂ©, oĂč aurait-elle trouvĂ© les financements nĂ©cessaires pour financer son propre programme ? La rĂ©ponse est hĂ©las claire et c’est la raison pour laquelle son premier ministre a signĂ© un plan auquel il ne croyait pas mais qui a Ă©vitĂ© la catastrophe financiĂšre immĂ©diate qu’aurait reprĂ©sentĂ© l’effondrement de la GrĂšce comme un chĂąteau de cartes.

    Le cas de la France est assez similaire bien que moins aigu. Il serait Ă©videmment sympathique de pouvoir augmenter le nombre et la rĂ©munĂ©ration des fonctionnaires, de baisser les impĂŽts, d’augmenter les prestations sociales etc. Mais qui finance ces dĂ©penses ?

    Varoufakis comme Montebourg Ă©taient partisans d’un passage en force espĂ©rant que les crĂ©anciers suivraient leur programme de reprise de la dĂ©pense publique. Pour l’un comme pour l’autre ce ne furent qu’effets de manche et ventilation mĂ©diatique. Leur solution n’a pas Ă©tĂ© mise en Ɠuvre. Leurs chefs respectifs ont fait prĂ©valoir le principe de rĂ©alitĂ© et les impĂ©trants ont quittĂ© le pouvoir politique.

    Montebourg travaille dĂ©sormais dans le secteur privĂ© chez le distributeur de meubles Habitat, dont il est membre du conseil de surveillance, et la sociĂ©tĂ© de services informatiques Talan oĂč il participe au comitĂ© d’orientation stratĂ©gique. On est curieux d’imaginer les positions qu’il affiche dans ces organisations oĂč il assure des responsabilitĂ©s de gestion ?

  • Et l’on continue dans la dĂ©sinformation


    Le prĂ©sident de la RĂ©publique annonce « une baisse des impĂŽts » pour 2016. HĂ©las, il oublie de prĂ©ciser quelles dĂ©penses seront diminuĂ©es en parallĂšle ! C’est toujours le mĂȘme syndrome français de la dĂ©-corrĂ©lation entre recettes et dĂ©penses, syndrome qui a menĂ© les finances publiques françaises dans la dĂ©plorable situation oĂč elles se trouvent. On peut comprendre que Mme. Michu soit saisie de cette incomprĂ©hension que grosso-modo les dĂ©penses doivent Ă©galer les recettes, c’est plus difficilement admissible de la part d’un chef d’Etat.

    La mission des dirigeants et des Ă©lus est aussi (et surtout) pĂ©dagogique, notamment expliquer comment on ne peut pas diminuer des impĂŽts en pĂ©riode de croissance quasi-nulle sans baisser des dĂ©penses pour un montant au moins Ă©quivalent, comme Ă  la maison. A dĂ©faut l’ajustement doit ĂȘtre fait par une augmentation de la dette que devront payer nos enfants. C’est un principe dont la simplicitĂ© effraie mĂȘme nos dirigeants surdiplĂŽmĂ©s.

  • L’abominable Guillaume Roquette tout en finesse

    On ne se lasse pas des chroniques de l’abominable Guillaume Roquette et de son infinie capacitĂ© Ă  utiliser tout et n’importe quoi pour dĂ©verser sa bile sur tout ce qui ressemble Ă  un socialiste. Dernier sujet en date dans le Fig-Mag du 12 juillet 2015 : Au revoir la GrĂšce. Cette chronique, Ă©crite aprĂšs que le rĂ©fĂ©rendum grec se fut prononcĂ© pour un non au programme d’aide europĂ©en, prend clairement le parti d’en tirer les consĂ©quences en montrant la porte de sortie de la zone euro Ă  ce pays en dĂ©confiture financiĂšre. C’est une opinion tout Ă  fait lĂ©gitime d’autant plus qu’elle n’est pas loin d’ĂȘtre partagĂ©e par votre serviteur, non point par souci de vengeance comme l’exprime Guillaume Roquette, mais parce qu’elle permettrait de revenir Ă  une monnaie grecque autorisant ainsi une dĂ©valuation par rapport Ă  l’euro et Ă  un ajustement structurel de l’économie locale moins violent. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la France durant les trois derniĂšres dĂ©cennies du Franc français en dĂ©valuant celui-ci rĂ©guliĂšrement face au Deutsche Mark.

    Bref, Ă  peine aprĂšs avoir rappelĂ© les errements grecs en matiĂšre de finances publiques et dĂ©clamĂ© son choix pour une sortie de ce pays de la zone euro, Guillaume Roquette en profite immĂ©diatement pour crier haro sur François Hollande et la France « de gauche », qui sont bien entendu responsables de tous les pĂ©chĂ©s d’AthĂšnes et qui auraient optĂ© pour le maintien de la zone monĂ©taire commune en l’état est : « une martingale qui permet Ă  François Hollande d’Ă©chapper Ă  toute politique d’austĂ©ritĂ© (surtout Ă  moins de deux ans de l’Ă©chĂ©ance prĂ©sidentielle) en continuant Ă  nous endetter Ă  des taux incroyablement bas. »

    Le lien est osĂ© et il fallait le faire. On ne peut pas complĂštement l’exclure mĂȘme s’il est plus probable que le saut dans l’inconnu qu’aurait reprĂ©sentĂ© l’exclusion de fait d’un pays-membre de la zone euro a sans doute largement autant comptĂ© dans la dĂ©cision communautaire de faire payer les contribuables europĂ©ens plutĂŽt que de risquer un nouveau cataclysme financier. Le problĂšme est repoussĂ© Ă  un peu plus tard et reviendra sur le tapis.

    Le plus caractĂ©ristique dans cette chronique du Fig-Mag est la rĂ©action pavlovienne de ce journal et de ses employĂ©s Ă  rejeter sur la « France de gauche » la responsabilitĂ© de tous les malheurs de notre pays. Rien ne trouve grĂące Ă  leurs yeux, tout le passĂ© conservateur de la France est oubliĂ©, des dĂ©cisions et stratĂ©gies de la majoritĂ© prĂ©cĂ©dente sont portĂ©es au dĂ©bit de la gauche quand elles Ă©chouent, bref, on en reste au niveau zĂ©ro de la pensĂ©e, Ă  la bataille de cour de rĂ©crĂ©ation. Les slogans de Guillaume Roquette sont ensuite ressassĂ©s par Mme. Michu et ses congĂ©nĂšres. Plus grave, ils sont tweetĂ©s par les dirigeants de l’opposition en mal d’idĂ©es pour leurs programmes et en constituent l’ossature dans le cadre de la dĂ©mocratie mĂ©diatique.

    Le cas de la GrĂšce est emblĂ©matique de la responsabilitĂ© collective politique française : le traitĂ© d’adhĂ©sion a Ă©tĂ© signĂ© en mai 1979 (prĂ©sidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhĂ©sion en janvier 1981 (prĂ©sidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhĂ©sion Ă  la zone euro en janvier 2001 (prĂ©sidence Mitterrand, gouvernement Jospin), premier plan d’aide international en mai 2010 (prĂ©sidence Sarkozy, gouvernement Fillon), second plan d’aide international en fĂ©vrier 2012 (prĂ©sidence Sarkozy, gouvernement Fillon), troisiĂšme plan d’aide international en aoĂ»t 2015 (prĂ©sidence Hollande, gouvernement Valls).

    On voit que la France dans sa diversitĂ© politique, comme les autres membres de l’Union europĂ©enne, n’a jamais su dire « non » Ă  la GrĂšce au sein des institutions de Bruxelles. Cette succession d’accords signĂ©s par les dirigeants de notre pays (et de financements assurĂ©s par les contribuables communautaires) a Ă©chappĂ© Ă  Guillaume Roquette. Il aurait pu essayer de comprendre ce qui explique et motive cette faiblesse europĂ©enne qui tend au dysfonctionnement. En rĂ©alitĂ© chaque pays a ses intĂ©rĂȘts et objectifs et il faut bien trouver des positions acceptĂ©es par l’ensemble : grandeur et dĂ©cadence de la nĂ©gociation europĂ©enne. Le troisiĂšme plan de sauvetage europĂ©en de la GrĂšce a d’ailleurs Ă©tĂ© votĂ© Ă  l’unanimitĂ©. M. Roquette aurait certainement votĂ© « non » s’il s’était trouvĂ© au pouvoir. C’était une solution. Ce n’est pas celle qui a Ă©tĂ© retenue par les dirigeants de l’Union europĂ©enne Ă©lus dĂ©mocratiquement.

    Ce rĂ©flexe pavlovien du Fig-Mag d’imputer Ă  la France de gauche de tous les maux de la planĂšte relĂšve sans doute de la psychanalyse et certainement pas des compĂ©tences que l’on s’attend Ă  trouver chez des titulaires de cartes de presse.

    Accessoirement on rappellera Ă  Monsieur Roquette que l’endettement public français Ă  des taux incroyablement bas permet notamment Ă  la RĂ©publique de verser des subventions au journal qui l’emploie (16,3 millions d’euros en 2014).

  • Egocentrisme des stars de la politique

    Avez-vous remarquĂ© cette dĂ©testable habitude des hommes politiques d’aujourd’hui de se faire tirer le portrait dans Paris-Match et autre presse de midinettes, pour ne pas dire de caniveau ? Le dernier en date bien sĂ»r : l’inĂ©narrable Sarkozy, chef de Les RĂ©publicains avec sa nunuche sur une plage corse :

    Sarkozy_ParisMath_201508-c

    Bien entendu, dans la minute qui a suivi la publication de cette passionnante couverture les internautes ont fait assaut de malice en remarquant que le mari avait rĂ©ussi Ă  se faire aussi grand que sa femme qui doit bien mesurer 20 cm de plus que lui
 Sans doute les hasards du dĂ©nivellement des dunes de sable corses :

    Sarkozy_ParisMath_201508-d

    Pour faire bonne mesure rappelons que la couverture de Paris-Match est dĂ©sormais une vraie stratĂ©gie politique comme l’ont illustrĂ© Manuel Valls :

    Manuel_Valls_2013-08

    Varoufakis :

    GR_Vafourakis_201502

    Et bien d’autres.

    Tout ce petit monde trouve sans doute plus simple d’afficher sa binette en quadrichromie plutĂŽt que d’expliquer la gestion budgĂ©taire aux citoyens
 C’est une dĂ©rive regrettable !

    Luttons contre le populisme photographique : refusons nos voix aux candidats qui paradent dans la presse de midinettes. J

  • L’ineffable Guillaume Roquette

    On connaĂźt dĂ©jĂ  les exploits journalistiques de Guillaume Roquette, patron du Fig-Mag, mais il faut bien avouer qu’il nous surprend toujours plus au grĂ© de ses chroniques polĂ©miques Ă  courte vue. Celle du 12 juin dernier, sobrement intitulĂ©e : InconsĂ©quence d’Etat, traite du sujet dĂ©licat de l’immigration. Face au phĂ©nomĂšne de l’immigration Guillaume Roquette saute comme un cabri sur son fauteuil Louis XV en criant : « rĂ©pression, rĂ©pression, rĂ©pression » sans autre forme de procĂšs. Laissons-le s’égosiller mais regrettons que Le Figaro, un des plus anciens journaux français qui a connu tant de grandes plumes, laisse publier un pareil nĂ©ant de la rĂ©flexion dans ses colonnes.

    L’immigration qu’elle soit lĂ©gale ou illĂ©gale est un sujet qui hante le dĂ©bat politique français et mĂȘme mondial d’ailleurs, tout en crĂ©ant son lot de nuisances et de bienfaits. Que ce soient des mexicains qui rentrent aux Etats-Unis, des syriens en Italie, des roumains en France, des maliens au Gabon ou des français en Suisse, quand il s’agit de pauvres qui Ă©migrent vers un pays plus riche que celui d’origine (tout est dans la diffĂ©rence de richesse, pas dans son niveau) cela crĂ©e un phĂ©nomĂšne de rejet sur le thĂšme « on n’est plus chez soi, renvoyons donc ces va-nu-pieds d’oĂč ils viennent ». Par contre, quand un magnat russe milliardaire migre vers Londres, ou un joueur de tennis surpayĂ© vers Lausanne, son intĂ©gration se dĂ©roule en principe sur un mode relativement apaisĂ©, surtout quand il achĂšte au passage un club de fouteballe local. Il y a parfois des exceptions et quelques monarques du Golfe persique ne sont plus forcĂ©ment accueillis avec le sourire dans la vieille Europe, mais leur rejet reste rare.

    Aujourd’hui notre monde globalisĂ© a considĂ©rablement facilitĂ© le transport et les flux de population. C’est ainsi. Tous les continents ont suivi le mouvement, qu’ils soient riches ou pauvres, gouvernĂ©s par des conservateurs, des centristes ou des socialistes ; voire mĂȘme des communistes, on peut maintenant faire facilement du tourisme en Chine ou au Vietnam, oĂč trĂšs certainement se vend le Fig-Mag. D’ailleurs les enfants de Guillaume Roquette profitent sans doute de ces facilitĂ©s d’émigration/immigration pour aller faire des stages Erasmus dans des pays europĂ©ens, voire mĂȘme travailler et vivre dans des contrĂ©es plus lointaines oĂč certainement leur papa ira les visiter.

    A cela se greffent les situations politiques de pays d’émigration oĂč rĂšgnent guerre, impĂ©ritie ou dictature, ou les trois Ă  la fois, poussant encore plus de monde vers la sortie en direction des dĂ©mocraties qui, en plus d’ĂȘtre riches, prĂ©sentent l’avantage attractif d’à peu prĂšs respecter les droits de l’Homme.

    Une fois rĂ©pĂ©tĂ©es ces Ă©vidences il reste Ă  constater que l’on arrivera sans doute pas Ă  endiguer le flux d’une partie des citoyens des pays pauvres et en guerre vers les pays plus riches et dĂ©mocratiques. Comme disait Snoopy dans les annĂ©es 30’ : « il vaut mieux ĂȘtre riche et en bonne santĂ© que pauvre et malade ». Mais que Guillaume Roquette se rassure, seule une partie infinitĂ©simale de ces va-nu-pieds cherche Ă  rentrer dans l’Europe forteresse. Il propose d’endiguer le flux « avec des mesures rĂ©pressives fortes » sans vraiment donner plus de dĂ©tails mais faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la politique australienne en la matiĂšre.

    Guillaume Roquette n’ayant pas eu le temps de s’informer sur le rĂ©gime australien de l’immigration, ni sur les conditions de son Ă©ventuelle rĂ©plication en France, nous allons donc le faire ici. Il est vrai que Monsieur Roquette n’a pas pour habitude de documenter ses saillies il se contente seulement de les utiliser pour dĂ©molir tout ce qui ressemble Ă  un dirigeant un peu plus Ă  gauche que le courant de la droite forte de Les RĂ©publicains. Et que Mme. Michu s’y retrouve dans son galimatias immature.

    L’Australie fait face (comme bien d’autres dĂ©mocraties) Ă  des afflux de rĂ©fugiĂ©s venant des zones de guerre du Moyen-Orient : Irak, Afghanistan, Syrie, etc. le plus souvent de confession musulmane. Elle a passĂ© des accords diplomatiques avec la Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e qui, contre financements des contribuables australiens, rĂ©serve une de ses iles (Manus Island) Ă  l’accueil des boat-people que la marine australienne intercepte en mer et reconduit donc sur cette ile sous souverainetĂ© papoue. De cette façon les immigrants ne mettent pas le pied sur le territoire australien et ils ne peuvent pas se targuer de la protection de la loi australienne. On imagine aisĂ©ment que la loi papoue est moins protectrice et avantageuse
 C’est de lĂ  que les candidats font leur demande d’immigration. S’il est acceptĂ©e ils peuvent se rendre en Australie, dans le cas contraire c’est l’affaire des papous de les garder ou de les expulser dans un autre pays. Le processus d’immigration est sous-traitĂ©, externalisĂ© Ă  une autre nation. Manus Island c’est une espĂšce de Sangate dĂ©localisĂ© en dehors des frontiĂšres.

    Le gouvernement australien est relativement discret vis-Ă -vis de sa population sur les mĂ©thodes employĂ©es pour refouler les bateaux car il y a sans doute de la violence au moins de temps en temps pour empĂȘcher les rafiots de passer les barrages de sa marine de guerre. Il y a en tout cas rĂ©guliĂšrement des Ă©meutes dans les centres de tri de Manus Island. On jette un voile pudique sur le sujet Ă  Cambera et on espĂšre que personne ne posera trop de questions.

    L’Australie dispose d’un territoire Ă  Christmas Island, une ile dans l’ocĂ©an indien au sud de l’IndonĂ©sie, trĂšs Ă©loignĂ©e du pays continent, une sorte de DOM-TOM australien. Evidemment, Ă©tant proche de l’IndonĂ©sie, l’une des plus grands pays musulmans de la planĂšte, et trĂšs loin de l’Australie, Christmas Island est l’un des points d’entrĂ©e prĂ©fĂ©rĂ©s des migrants illĂ©gaux. Afin la aussi de les dĂ©courager, le parlement australien a exclu Christmas Island de la zone d’immigration australienne ce qui veut dire que les immigrants touchant l’Australie Ă  Christmas Island ne peuvent pas faire de demande d’immigration. C’est un peu comme si le parlement français accordait un statut d’extraterritorialitĂ© Ă  Nice pour que les immigrants en provenance de Vintimille ne puissent arguer de leur prĂ©sence Ă  Nice pour y dĂ©poser une demande officielle d’immigration.

    L’Australie diffuse par ailleurs des campagnes de publicitĂ© dans les pays d’émigration sur le thĂšme : « ce n’est pas la peine de tenter le voyage vers l’Australie car vous serez systĂ©matiquement refoulĂ©s sur Manus Island ».

    MalgrĂ© tout quelques bateaux d’immigrants passent quand mĂȘme les barrages et Ă©chouent sur le sol australien, certains obtiennent un statut leur permettant de rester, les autres sont a priori destinĂ©s Ă  ĂȘtre renvoyĂ©s d’oĂč ils viennent mais dans le cadre de la loi qui n’autorise pas Ă  faire n’importe quoi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la stratĂ©gie numĂ©ro 1 est d’abord de les empĂȘcher de mettre le pied en Australie.

    VoilĂ  comment se passent les choses en Australie monsieur Guillaume Roquette. Il eut Ă©tĂ© intĂ©ressant que vous les exposassiez dans votre chronique afin de donner Ă  vos lecteurs une prĂ©sentation complĂšte du sujet. Il aurait mĂȘme Ă©tĂ© encore plus productif que vous expliquassiez comment les rĂ©pliquer en France ! Car le plus affligeant dans cette histoire c’est que les pays du Sud de l’Europe s’inspiraient d’assez prĂšs de cette tactique il y a encore quelques annĂ©es quand des accords Ă©taient passĂ©s (contre espĂšces sonnantes et trĂ©buchantes) avec les dictatures en Lybie et en Tunisie notamment pour qu’elles bloquent les rĂ©fugiĂ©s africains Ă  leurs frontiĂšres. Mais les printemps arabes sont passĂ©s par lĂ , et parfois avec l’aide des armĂ©es occidentales dans le cas de la Lybie, pour bouter les dictateurs hors du pouvoir. Il semble mĂȘme nous souvenir qu’à l’époque de la guerre contre la Lybie la gauche française honnie par le Fig-Mag n’était pas au pouvoir… Depuis le chaos rĂšgne dans ces territoires qui ne sont plus capables de maintenir les accords passĂ©s. Ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment la volontĂ© compte tenu du moyen de pression que cela reprĂ©sente sur les dĂ©mocraties europĂ©ennes. Entre temps le nombre des rĂ©fugiĂ©s a cru de façon considĂ©rable avec les conflits en Syrie, en Irak et depuis peu en Turquie.

    Bref, la situation est complexe et ne se rĂ©soudra pas facilement. Elle reste quand mĂȘme assez marginale quand on la compare aux flux de millions de migrants apparus aprĂšs la deuxiĂšme guerre mondiale alors que le dĂ©coupage de l’Europe se mettait en place (le partage dit de Yalta), ou, plus rĂ©cemment lors de la crise des boat-people vietnamiens et cambodgiens fuyant le communisme en Asie du Sud-est. A long terme, seuls l’apaisement et l’enrichissement des pays d’émigration permettra de rĂ©duire le flux de candidats au dĂ©part. Cela va prendre du temps
 En attendant il va sans doute falloir se rĂ©soudre Ă  ce que le monde occidental accueille et finance chaque annĂ©e quelques dizaines de milliers de ces migrants.

    On peut ĂȘtre pour, on peut ĂȘtre contre, le principe de rĂ©alitĂ© va devoir primer. Aucun pouvoir en France, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a rĂ©ussi Ă  bloquer cette immigration. On se souvient des charters Pasqua que le corse gouailleur alors ministre de l’intĂ©rieur sous la prĂ©sidence Chirac avait tentĂ© de mettre en place (une mesure rĂ©pressive forte comme les aime Guillaume Roquette) : les immigrĂ©s clandestins que, dĂ©jĂ , mĂȘme Pasqua le matamore, n’arrivait pas Ă  empĂȘcher de rentrer en France, Ă©taient censĂ©s ĂȘtre reconduits dans leurs pays. Dans un premier temps par vols rĂ©guliers avant que les compagnies aĂ©riennes ne s’y opposent compte tenu du grabuge provoquĂ© par ces opĂ©rations (auxquelles votre serviteur a assistĂ© Ă  de nombreuses reprises). Puis la RĂ©publique a affrĂ©tĂ© des vols charters qui ont connus le mĂȘme sort. Et enfin des avions officiels ont Ă©tĂ© utilisĂ©s jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit mis Ă  sac sur l’aĂ©roport de Bamako par la population locale sans doute largement inspirĂ©e par ses dirigeants
 Et on a plus parlĂ© des charters Pasqua
 c’était il y a 35 ans !

    Guillaume Roquette, la solution forte est sans doute possible, probablement moins facilement qu’en Australie qui est
 une ile, mais si un pouvoir dĂ©mocratiquement Ă©lu la dĂ©cide, eh bien allons-y. Mais que diable Guillaume Roquette : investiguez, informez, fouillez, analysez, faites votre mĂ©tier de journaliste avant de lancer des slogans comme de la bouillie pour chat. Vous avez des neurones en Ă©tat de fonctionnement, vous avez fait des Ă©tudes supĂ©rieures, vous travaillez dans un journal qui a des moyens : faites le pari de l’intelligence Monsieur Roquette, c’est aussi votre devoir d’informer.

    Rappelons que l’Etat inconsĂ©quent vilipendĂ© par Guillaume Roquette Ă  longueur de colonnes verse au nom de ses contribuables, lecteurs ou pas du Fig-Mag, des subventions annuelles pour aider la presse. Le Figaro a perçu 16 millions d’euros en 2014.

  • Les privilĂšges

    PDG_20150804C’est l’anniversaire de la nuit du 4 aoĂ»t 1789 au cours de laquelle les rĂ©volutionnaires français et leur assemblĂ©e constituante ont aboli les droits et privilĂšges fĂ©odaux. La Butte-aux-Cailles fĂȘte l’évĂšnement avec le parti de gauche et des « chansons rĂ©volutionnaires en yiddish », un hommage Ă  Serge Torrano, cheminot militant communiste-libertaire dĂ©cĂ©dĂ© en dĂ©but de cette annĂ©e, etc. Le tout sur la place de la commune, beau programme ! Il reste encore des militants dans ce pays.