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  • SMITH Patti, ‘Dévotion’.

    Sortie : 2018, Chez : Gallimard.

    Patti Smith continue ses incursions dans le roman avec cette nouvelle : « Dévotion » , consacrée à l’histoire d’une jeune patineuse passionnée, dans l’Europe du Nord où elle échoua après que ses parents la firent fuir de l’Estonie où ils habitaient, en proie aux misères soviétiques. Elevée par une tante belle et généreuse, elle est pure comme la glace qu’elle hante lorsque l’hiver gèle le lac à coté de sa maison, jusqu’à ce qu’un homme plus âgé la prenne sous son aile et l’emmène sur les traces de Rimbaud à la poursuite de ses phantasmes de poésie vers l’Est de l’Afrique. Elle en reviendra seule, toujours à la recherche de ses origines qu’elle pensait trouver sur la glace. La fin est ouverte à l’imagination du lecteur, probablement tragique.

    Patti Smith illustre ce livre de ses habituelles photos noir-et-blanc et une longue introduction-divagation sur le processus de l’écriture dans lequel elle convoque ses souvenirs et les écrivains, poètes et philosophes de sa vie.

    La nouvelle n’est que la dernière étape de cette longue et poétique pérégrination que suit Patti Smith depuis « Horses », qui l’a menée de la scène rock-underground de New-York des années 70′ à la maison Gallimard en ce XXIème siècle déjà bien entamée. C’est aussi l’histoire de nos vies et elle nous fait la grâce de nous accepter avec elle !

  • L’esprit et la lettre

    A l’occasion d’une cérémonie de galette des rois au palais de l’Elysée avec des artisans de la boulangerie de 11 janvier, le président de la République, insistant sur l’intérêt de la formation professionnelle, a notamment déclaré dans son discours :

    Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier, des gestes, des savoirs, le sens de l’effort et le sens de cet engagement qui fait qu’on n’a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort.
    Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas cet engagement et ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir.

    Emmanuel Macron – président de la République

    Et aussitôt s’est déclenché un déluge de commentaires et d’appréciations agressives sur ces quelques phrases qui marqueraient l’arrogance de son auteur et son éloignement des préoccupations « du peuple ». De l’extrême droite à la gauche, tout le monde tombe sur ce président en interprétant ce qu’il dit comme une « insulte contre son peuple (Florian Philippot) »… Qui pourrait ne pas être d’accord avec ces assertions qu’il faut effectivement rappeler aux jeunes? Le mieux pour les commentateurs serait de s’en tenir à la lettre des déclarations !

  • L’accord de Brexit refusé par le parlement britannique

    Charlie Hebdo – Riss

    Le parlement britannique a rejeté ce soir l’accord « raisonnable » qui avait été négocié entre Londres et l’Union européenne. Comme c’était à craindre, une majorité s’est retrouvée pour voter non au projet, ceux qui trouvaient l’accord trop mou se sont ligués avec ceux qui le pensaient trop dur. On se retrouve quasiment au point de départ d’il y a deux ans, personne ne sait bien ce qui va se passer désormais car, bien entendu les parlementaires qui ont voté contre l’accord n’ont pas de projet alternatif. Ils ont fait preuve de la même irresponsabilité que les dirigeants de rencontre qui en 2016 ont eu l’idée saugrenue d’organiser un référendum sur le maintien dans l’Union que tout le monde pensait gagné d’avance, mais il fut perdu et commença alors la débandade sans fin des dirigeants, des parlementaires, des partis politiques et des électeurs.

    Finalement les dés en sont presque jetés, peut-être qu’une sortie de l’Union sans accord précis mettra les britanniques au pied du mur pour reconstruire leur avenir. Ce sera sûrement violent sur le court terme mais à plus long terme peut-être profitable pour le Royaume comme pour l’Europe ? Dans 15 ou 20 ans il sera toujours temps d’en faire le bilan. Aujourd’hui on plonge dans l’inconnu. La situation était trop complexe et sensible pour donner lieu à un plan de bataille ordonné, espérons que le chaos sera à terme créateur de développement. L’incertitude effraye toujours l’environnement, spécialement économique, mais parfois le désordre pousse à la responsabilisation. On ne peut pas dire que la classe politique britannique ait fait preuve de beaucoup de rationnel dans la façon dont a été provoquée puis gérée cette affaire majeure pour l’avenir du continent mais il est sans doute temps aujourd’hui de changer d’équipe pour mener la suite. Le pire n’est jamais sûr !

  • A l’Est la guerre sans fin 1918-1923 au Musée de l’Armée

    Le musée de l’Armée rappelle à ceux qui l’avaient oublié qu’après l’armistice de 1918 qui mit fin aux combats sur le front de l’Ouest, principalement entre l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, les belligérants continuèrent à s’affronter à l’Est alors que le démantèlement des empires austro-hongrois et ottoman, les perdants, se déroulait. Cette passionnante exposition explique à grand renfort de cartes animées comment l’Europe a été remembrée dans la douleur après l’armistice de novembre 1918 et la grande violence de l’affrontement des alliés contre l’Allemagne. Les traités qui se succèdent, la création de nouveaux pays, les déplacements de populations, la lutte de l’Ouest contre les bolchéviks, les turcs contre les grecs, bref, la guerre qui continue à l’Est jusqu’à 1923 et sème les germes de la suivante qui sera encore plus dévastatrice.

    On y redécouvre l’essentiel que l’on n’aurait jamais dû oublier pour comprendre le présent : la Pologne comme toujours ballotée entre les empires et terre de passage des armées, la France qui occupe Odessa et Constantinople, la Turquie qui termine le massacre des arméniens et se bat avec la Grèce, les Freikorps en action (ancêtres des SS nazis) pour écraser le mouvement communiste allemand mais aussi pour se battre contre bolchéviks dans les pays baltes et en Pologne, etc. etc.

    L’Europe des empires laisse la place dans la douleur à l’Europe des nations placée sous le principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » défendu bravement par le président américain Woodrow Wilson. Ce noble objectif sera finalement assez peu suivi pour reconstruire le continent pendant que la guerre civile en Russie fait des millions de morts. La Société des Nations sera balayée par les nationalismes et la volonté de revanche des empires déchus, la sécurité collective censée résulter de cette Société multilatérale sera un leurre. Tout ce petit monde réarmera pour mener de nouveaux les peuples à se déchirer dans la deuxième guerre mondiale à partir en 1939, sommet de barbarie et fin durable de toute notion d’humanité. Notre vieille Europe, patrie de Descartes, Kant et Brahms commettra les atrocités les plus sordides jamais vues contre le genre humain.

  • Les avantages collatéraux des émeutes

    Devant les risques de perturbations par les émeutiers des cérémonies traditionnelles des vœux du président de la République à toute une palanquée de corps constitués : les ambassadeurs, la presse, les représentants des religions, les uns et les autres, ces cérémonies inutiles et couteuses ont été annulées, sauf pour ce qui concerne l’armée qui aura droit quand même à sa cérémonie de vœux, ce qui est aussi bien.

    C’est un avantage collatéral inattendu et bienvenu des émeutes en cours, ces cérémonies duraient des semaines, ne servaient sans doute pas à grand-chose et mobilisaient un nombre très important de fonctionnaires et de dirigeants. Tout ce petit monde pourra cette année travailler au lieu de perdre son temps à babiller devant des montagnes de petits-fours. C’est une grande avancée et une économique symbolique pour la République. A renouveler les prochaines années, si possible sans y avoir été contraint par la rue mais juste guidé par le bon sens.

  • La justice japonaise

    L’emprisonnement en garde à vue au Japon du pédégé du constructeur automobile Nissan, Carlos Gohsn, pour soupçons de malversations financières au détriment de l’entreprise qu’il dirigeait, permet de réaliser ce dont est capable une justice de choc qui ne plaisante pas. Les délinquants en col blanc peuvent rester en prison des mois pour attendre leur jugement et c’est ce qui est train de se produire pour ce pédégé. A chaque fois que la fin de sa garde à vue approche de son terme, une nouvelle inculpation tombe et le garçon reste derrière les barreaux, a priori sans l’ombre d’un traitement de faveur.

    Sans doute les (nombreux) responsables français qui accusent en permanence la justice nationale d’être « aux ordres du pouvoir », de « ne pas respecter la présomption d’innocence », et bla-bla-bla et bla-bla-bla, devraient regarder d’un peu plus près comment la chose judiciaire se déroule dans une démocratie comme le Japon, ils apprécieront peut-être un peu plus notre système national, sans doute perfectible mais aussi globalement respectueux des droits des droits des justiciables. La justice japonaise décidera de la culpabilité ou de l’innocence de M. Gohsn. Quoi qu’il ait fait, il devait savoir que travailler et vivre (au moins à épisodes) dans un pays étranger vous soumet aux lois et règlements dudit pays et qu’il convient de s’y plier si l’on ne pas encourir les foudres de la justice locale, surtout lorsqu’elle est sévère comme au Japon.

  • Le coût des émeutes

    Les commentateurs et les agitateurs se gaussent du « soutien populaire » aux émeutes qui perturbent la République tous les samedis depuis maintenant deux mois, sans parler bien sûr du « soutien moral » que nombre de politiciens apportent à ces manifestations violentes en refusant de les condamner. Evidemment, les citoyens lambdas qui n’est pas présent sur les barricades assiste à toute cette contestation devant sa télévision qui excite son tropisme révolutionnaire. Le dimanche ou le lundi matin quand il sort de chez lui, tout a disparu : les rues ont été nettoyées par les services municipaux, les carcasses de voitures brûlées enlevées par les pompiers, les vitrines de magasins dévastées réparées au frais de commerçants, les blessés tranquillement soignés dans les hôpitaux publics financés par les cotisants, l’ordre à peu près maintenu par les fonctionnaires de police payés grâce à l’impôt. Ledit citoyen lambda ne réalise pas encore que c’est lui qui paiera l’addition le moment venu, qui la règle déjà d’ailleurs !

    Une alternative, très théorique il est vrai, serait de laisser faire : laisser les émeutiers saccager les villes, laisser les carcasses de voitures brûlées au milieu des rues, laisser les poubelles brûler sur les trottoirs, laisser les rues dépavées, etc. Il n’est pas sûr dans ces conditions que le « soutien populaire » perdurerait très longtemps. Les politiciens pro-émeutes s’en prendraient alors au pouvoir pour son laxisme au lieu de l’accuser de provocation, il s’agirait juste d’un changement d’argumentaire, la cible restant la même.

    Depuis des décennies le citoyen oublie qu’il est aussi contribuable, ce qu’il casse aujourd’hui il le paira demain, s’il demande une baisse des impôts il est difficile d’exiger dans la même phrase une hausse des dépenses publiques, etc. Ainsi va la France, le sursaut des élections présidentielles de 2017 semble s’estomper doucement dans les fumées des gaz lacrymogènes dans les rues des villes en fusion, hélas.

  • Ribéry : le retour

    Le fouteballeur Ribéry refait parler de lui avec éclat. Le garçon était plutôt absent des conversations mais le revoici en tête de gondole ces derniers jours au sujet plus ou moins obscur d’un bifteck commandé dans un restaurant bling-bling de Dubaï et publié sur son compte Tweeter ! Quelques journalistes qui n’ont rien d’autre à faire que de consulter les tweets de Ribéry ont fait des commentaires qui ont déclenché l’ire du fouteu. Qu’on en juge : 

    Le tout sous un bandeau clinquant qui permet de constater que le garçon a 222 mille suiveurs :

    Le mieux serait que les journalistes qui bénéficient, rappelons-le, d’une niche fiscale équivalente à une subvention des contribuables pour exercer leur métier, fassent véritablement leur travail d’analyse et donc se déconnectent du compte Tweeter de Ribéry.

  • Les émeutes toujours

    On a vu encore ce samedi des combats au corp à corp dans Paris et quelques autres villes françaises, entre des émeutiers et les forces de l’ordre. C’est d’ailleurs un miracle qu’il n’y ait pas plus de blessures graves, voire de décès, dans ces combats. On relève quand même à ce jour 10 morts par accident aux barrages mis en place par les émeutiers sur différents ronds-points et des centaines de blessés dont nombre sur les mêmes ronds-points ainsi qu’au cœur des émeutes.

    Des commentateurs s’efforcent de séparer le bon grain de l’ivraie en cherchant à différencier les « manifestants pacifiques » des « méchants casseurs ». En fait il apparaît que la frontière est difficile à tracer dans ce melting-pot d’émeutiers qui manifestent le plus souvent sans déclaration préalable et en se rendant tout particulièrement sur les lieux où les forces de sécurité leur demandent de ne pas aller. On voit tout de même des milliers de personnes affronter des milliers de policiers et gendarmes, ce n’est pas à proprement parler des « manifestations pacifiques » ! Il y a aussi des casseurs professionnels et des pilleurs de rues qui s’en donnent à cœur joie, inspirés par des idéologies extrêmes ou juste le besoin de changer gratuitement leur aïePhone. Tous ce petit monde se mélange allégrement, se soutient sans trop de prévenance et conteste sur la même ligne toutes les institutions et, d’une façon générale, le pouvoir. C’est le vieil atavisme français pour la révolution et le « raccourcissement » du roi.

    On reste donc avec une minorité d’émeutiers qui continue à jeter le trouble dans le pays en voulant imposer leur loi à la majorité. Ils ont déjà obtenu un transfert d’une dizaine de milliards pour l’année 2019 à payer par les contribuables en faveur des citoyens moins favorisés mais ce n’est pas assez. Comme le reste de la population l’abandon de tout sens de l’intérêt général les pousse à la violence encore plus facilement. Evidemment, on aimerait que ceux qui détruisent soient attrapés et condamnés à travailler gratuitement pour la République jusqu’à complet remboursement des dommages qu’ils ont causés. C’est un rêve, les contribuables paieront et les citoyens devront assumer le ralentissement économique généré par cette agitation qui perturbe la France depuis plusieurs mois. Le pouvoir n’arrive pas vraiment jusqu’ici à se dépatouiller de cette situation d’un type nouveau, au moins dans l’Histoire récente. La distribution des sous du contribuable n’a pas suffit à calmer les ardeurs des émeutiers comme c’est d’habitude le cas. Il y aura d’autres étapes !

  • Les émeutes continuent…

    On ne dit plus : le huitième jour d’émeute d’une minorité de citoyens violents qui veulent imposer leurs vues à la majorité du pays en cassant sans compter les biens publics et privés dont les manifestations ont entraîné la mort par accident de déjà dix personnes ; on dit : « le huitième acte des gilets jaunes ».

  • Un nouveau président au pouvoir au Brésil

    Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a pris ses fonctions ce premier janvier. Dans la lignée des pouvoirs populistes qui font fureur actuellement en Europe et aux Etats-Unis il déploie déjà l’étendard du repli sur le pays et le crucifix du Dieu des chrétiens, du développement forcené du libéralisme économique, de l’annulation de toutes mesures écologiques nationales ou multilatérales et de la lutte contre la violence et la corruption endémiques qui ravagent le pays. Plus original il a (re)lancé une croisade contre « les idéologies socialistes et communistes ».

    Jusqu’à plus ample informé, le Brésil n’était pas à proprement parler un repaire bolchévique mais le nouveau président qui ne cache pas son attachement aux dictatures militaires passées en réactive le vocabulaire. On verra s’il en réhabilite également les méthodes. Sa tâche en tout cas sera rude pour réduire violence et corruption qui gangrènent cette immense nation et qui ont jeté à bas les progrès économiques des pouvoirs précédents. La devise du pays est « ordre et progrès » ; il est clair qu’à ce stade la première variable de l’équation est en déroute et qu’il sera difficile de maintenir la seconde sans résolution de la première !

    Petit à petit des dirigeants « populistes » se font élire en disant à leurs électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Leurs programmes économiques sont généralement hétérodoxes au regard de la théorie économique en vogue mais ils sont en train d’être déroulés. Voyons d’ici quelques mois ou années ce que cela donnera !

  • DJIAN Philippe, ‘Marlène’.

    Sortie : 2017, Chez : folio 6537

    35 ans après la sortie de ’37°2 le matin’, Philippe Djian publie toujours, en utilisant un peu les mêmes recettes qui ont fait son succès, et pourquoi pas ? Toujours fasciné par les Etats-Unis le voici avec deux militaires des forces spéciales de retour des guerres du XXIème siècle au Moyen-Orient (Afghanistan, Irak…) affrontant des familles un peu déglinguées. Marlène débarque dans cet environnement où les haines et les solidarités se percutent, elle y fait difficilement son chemin, parant presque tous les coups. Bien sûr, tout ceci se termine (très) mal.

    Djian tient toujours son lecteur en haleine avec un style court et tranchant consistant à dévoiler les intrigues et les personnages par bribes. On s’y perd un peu et il ne faut pas hésiter à revenir en arrière pour resituer exactement qui est qui, le temps de se familiariser avec les situations. C’est la marque de fabrique de l’auteur, ce court roman ne sera pas inoubliable dans sa bibliographie mais il se lit facilement et avec plaisir.

  • Le clan des siciliens d’Henri Verneuil (1969)

    Le Clan des siciliens tourné en 1969 par Henri Verneuil met en scène le trio gagnant des acteurs français de l’époque : Delon, Gabin et Ventura. C’était un temps où le grand banditisme était présenté avec romantisme et noblesse au cinéma, les mafieux étaient les nouveaux poètes d’une époque révolue, les trafics de drogue, d’humains et autres étaient des activités économiques, on cherchait alors à limiter les morts. Verneuil filme ce contexte avec talent, ses acteurs se régalent dans leurs rôles et le spectateur regarde avec plaisir ce bon film, 50 ans plus tard.

    Depuis, Gabin, Ventura et Verneuil sont morts, Delon vieillit salement, le grand banditisme a été remplacé par le terrorisme, beaucoup plus sanguinaire, et des gamins tirent sur leurs congénères à la Kalachnikov dans les cités de banlieue. L’actualité sur YouTube a remplacé les films, la roue tourne !

  • « Jeunes Génération.s » et utopies

    Cette affiche est placardée par le mouvement des jeunes du parti « Génération.s », fondé par Benoît Hamon en déshérence du PS après les élections présidentielles de 2017 où il a emporté 6,36% des suffrages sous la casquette socialiste. Au moins a-t-il la décence d’appeler à voter Macron contre Le Pen au deuxième tour (ce que n’ont pas fait nombre de partis de droite).

    Cette affiche réclame des points surréalistes pour « changer la vie des jeunes » : études et vacances payées par le contribuable, salaire garanti par le même contribuable et fumette à la clé pour se détendre (il n’est pas précisé si les fumeurs pourront se faire rembourser leurs dépenses). C’est un programme qui ne dénote pas un sens des réalités très développé. Il ne précise pas comment seront financées ces mesures de changement. Il va quand même falloir que quelqu’un explique à cette jeunesse que pour le moment notre économie occidentale ne fonctionne pas tout à fait selon ces principes, même si en France les études sont quand même déjà majoritairement payées par la République…  

    Durant sa campagne présidentielle Benoît Hamon avait déjà avancé l’idée du « revenu universel », défendue il est vrai par quelques économistes de qualité mais généralement abandonnée devant le mur du financement impossible à abattre. Chassée par la porte du premier tour, la voici revenue par la fenêtre.

    Dans sa revue interne, Jeunes Génération.s explique que :

    L’ambition du revenu universel doit être la disparition de la pauvreté en France et l’avènement d’un contre-modèle à une société qui exploite autant les individus que la planète. Il doit permettre de rebattre les cartes du monde du travail pour sortir des millions de travailleurs.es de la précarité.

    L’objectif est noble, pas sûr que ces jeunes arrivent à le mettre en place entre deux pétards…

    NB : La caractéristique la plus voyante de ce nouveau parti fut l’adoption de l’écriture dite « inclusive » (ou encore appelée « non sexiste ») consistant à utiliser une syntaxe destinée à assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes, notamment en n’appliquant plus la règle donnant préférence au masculin : on n’écrit plus « les étudiants » pour désigner les étudiants et les étudiantes, mais « les étudiant.e.s » ; plus quelques règles complémentaires comme de ne plus mettre de H majuscule à l’homme : on écrit « les droits de l’homme » et non plus « les droits de l’Homme ». Pour le moment cette nouvelle grammaire est fort peu utilisée, sauf par le parti « Générations.s » toujours à la recherche d’innovation.

  • Décorations et décadence

    Les joueurs français de fouteballe (ainsi que leur entraîneur et quelques notables de ce sport) qui ont gagné le dernier championnat du monde de foute sont faits chevaliers de la légion d’honneur pour « services exceptionnels nettement caractérisés ». En plus des fouteux susmentionnés, la promotion du 1er janvier comporte 402 noms dont nombre de gens qui n’ont rien à y faire : des présentateurs télé (Stéphane Bern), des acteurs (Nathalie Baye…), des écrivains, des banquiers… Heureusement, il y a aussi des citoyens, policiers et pompiers, qui ont servi la Patrie et qui viennent relever le niveau de cette promotion plus mondaine que méritante.

    Le site internet de la légion d’honneur précise que la Légion d’Honneur est censée être « …la plus haute distinction française et l’une des plus connues au monde. Depuis deux siècles, elle est remise au nom du Chef de l’Etat pour récompenser les citoyens les plus méritants dans tous les domaines d’activité. »

    PROMOTION SPÉCIALE DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL 2018 EN RUSSIE / ORDRE NATIONAL DE LA LÉGION D’HONNEUR : Décret du 31 décembre 2018 portant promotion et nomination NOR : PRER1835394D Par décret du Président de la République en date du 31 décembre 2018, pris sur le rapport du Premier ministre et de la ministre des sports et visé pour son exécution par le grand chancelier de la Légion d’honneur, vu la déclaration du conseil de l’ordre portant que les présentes promotions et nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, notamment de l’article R. 27 du code de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire et de l’ordre national du Mérite, le conseil des ministres entendu, sont promus ou nommés, pour prendre rang à compter de la date de réception dans leur grade… La suite sur : https://www.legiondhonneur.fr/sites/default/files/20190101_foot.pdf)

  • Le syndrome français

    On le sait, la France est perturbée depuis deux mois par des émeutes initiées à l’occasion de l’application d’une hausse de taxes sur les carburants afin de rendre plus chers les modes de déplacement moins « écologiques ». Au vu du niveau d’énervement des manifestants, du nombre de morts (par accident sur les barrages) et blessés et des destructions significatives, la République dans un premier temps a mis en place des « mesures d’accompagnement » consistant à compenser une partie de ces augmentations de taxes pour les plus défavorisés.

    Les émeutes continuant à enflammer la France et très sérieusement perturber son économie, l’Etat a finalement décidé d’annuler ces hausses de taxes et d’ajouter à ce recul d’autres mesures financières destinées à améliorer le sort des plus défavorisés. L’ensemble coutera une dizaine de milliards en 2019 aux contribuables.

    L’augmentation des taxes ayant généré les troubles étant annulée, ces « mesures d’accompagnement » auraient également dues être annulées. Mais nous sommes en France et face à la pression, le gouvernement a dû les maintenir après avoir tenté vainement de les reprendre. Les contribuables vont donc payer pour compenser une hausse des taxes qui n’existe plus.

    C’est Noël et c’est ainsi que le budget de la République est déficitaire depuis 45 ans.

  • Leto de Kirill Serebrennikov

    Un joli film russe en noir et blanc narrant l’histoire vraie du groupe de rock de Viktor Tsoï, célèbre à Leningrad à la fin des années 80’. On prépare la perestroïka, les posters de T-Rex et Bowie couvrent les murs des appartements communautaires des musiciens, Tatiana fait chavirer les cœurs, l’alcool est consommé à gogo et tout ce petit monde fait sa musique dans un monde qui prépare le grand saut de la fin du communisme. Le réalisateur se régale et parsème le film des références musicales que nous avons tant aimées : The Passenger d’Iggy repris par les voyageurs d’un train, Just a Perfect Day de Lou Reed chanté par les passagers d’un bus… Ce film est un petit bijou.

  • La fratrie de Jésus

    Au cours d’un repas de Noël la théorie des frères et sœurs de Jésus vient dans la conversation. La majorité des participants n’ont jamais entendu parler d’une telle hypothèse qui, si elle était vérifiée, briserait bien des certitudes. Après consultation des spécialistes en bondieuseries (on en trouve toujours un ou deux dans une famille) il s’avère que ce serait une fake news complètement contraire au dogme qui veut que les parents de Jésus, Marie et Joseph, soient consacrés, c’est-à-dire qu’ils ont fait vœux de chasteté pour leurs vies entières. L’Eglise n’envisage pas une seconde que ce vœu ait pu être brisé avant ou après la naissance de Jésus conçu par les voies miraculeuses que l’on sait. Ouf !