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  • C’est parti pour le Brésil

    Le Brésil vient d’élire un président nouveau : ancien militaire, nostalgique de la dictature militaire dans son pays, présentant un programme économique libéral tout en étant à ce stade relativement flou, promettant de rétablir la sécurité dans un pays rongé par la violence, mais surtout, à l’unisson de nombre de ses pairs en Occident, affichant une vulgarité assumée, mélange de racisme, d’homophobie et de simplisme, bref, un plouc de plus à la tête d’un grand pays.

    Elu très largement, il est légitime et soutenu par la majorité des brésiliens. Voyons ce que donnera l’application de ce nouveau programme de société que les démocrates n’ont pas su empêcher d’advenir, condamnés qu’ils furent par les électeurs pour la corruption endémique qui ravage ce pays avec son flot de violences diverses. Comme on le sait, la corruption est un mal qui diffuse dans une société : les gros sont très corrompus, les moyens le sont moyennement et les petits le sont un peu. Régler cette histoire va nécessiter un changement drastique des mentalités auquel tout le monde n’est peut-être pas complètement prêt, y compris dans les électeurs de ce nouveau président.

    Rendez-vous dans 5 ou 6 ans pour un premier bilan !

  • Masturbation oratoire

    On ne dit plus « déplacement du président de la République sur les champs de bataille de la Grande Guerre », on dit « itinérance mémorielle ». 

  • Elysian Fields – 2018/11/01 – Paris la Maroquinerie

    Elysian Fields en concert ce soir à la Maroquinerie, le duo new-yorkais Jennifer Charles (chant) et Oren Bloedow (guitare) est accompagné d’une rythmique bass/batterie tenue par deux jeunes musiciens joyeux et efficaces. Le groupe est emmené par la voix sensuelle et ondulante de sa chanteuse déclamant des textes troublants sacrément appuyée par son guitariste sous sa casquette de titi parisien. C’est l’archétype du groupe underground, puissant et sincère, qui joue  dans des salles modestes mais devant des spectateurs passionnés. Elysian Fields a aussi amélioré sa notoriété en France en participant à des albums de Jean-Louis Murat, autre parangon d’un underground cette fois-ci français.

    La soirée est magnifique d’autant plus qu’elle fut introduite par Joe Bel, jeune chanteuse française folk qui s’accompagne merveilleusement à la guitare et est renforcée par un percussionniste, une jolie surprise.

  • TRUONG Nicolas, ‘Résister à la terreur’.

    Sortie : 2016, Chez : Le Monde – l’aube.

    Nicolas Truong est responsable des pages « Idées-Débats » du journal Le Monde. Dans les jours qui ont suivi les attentats religieux de 2015 à Paris, nombre de contributeurs ont écrit pour cette rubrique pour faire part de leurs analyses et sentiments suite à cette terreur. Cet ouvrage reprend les principaux textes de l’époque pour former un patchwork de pensées sur des évènements indicibles que l’on arrive toujours pas bien à expliquer ni à comprendre. Alors ces auteurs constatent cette barbarie qui est factuelle et avancent des théories inspirées de leurs propres parcours idéologiques :

    • les universitaires Kepel et Filiu démontent la chronologie des massacres et des évènements qui les ont précédés, en avançant quelques causes possibles dans le comportement occidental et prédisant de nouvelles vagues de terrorisme encore plus sauvages.
    • le philosophe Marcel Gauchet théorise le fondamentalisme comme une dérive propre à toutes les religions qui n’a pas, dans le cas de l’islam, la puissance de la modernité malgré le nombre de morts qu’il peut générer.
    • d’autres glosent sur le terme « guerre » employée alors par le président de la République.
    • certains (comme Edgar Morin) pensent que faire la paix au Moyen-Orient est la seule solution pour gagner la guerre contre l’Etat islamique.
    • Guy Sorman (essayiste défenseur de l’éco mie libérale) pensent que les inégalité économiques dans nos pays occidentaux forment les réservoirs de djihadistes ; il cite les effets pervers du « logement social » qui a abouti à des ghettos de « demi-citoyens », explique que la politique de l’emploi ne fait que favoriser ceux qui ont déjà un emploi. Bref, on dirait qu’il pense que si on avait laissé le « Dieu Marché » libre d’agir nous n’en serions pas arrivé là.
    • Etc.

    En fait, tout ce gratin intellectuel a la critique facile contre les gouvernants mais ne propose pas véritablement de solutions pragmatiques et réalistes. En réalité, pas plus le citoyen lambda que le chercheur de Sciences-Po n’a encore bien compris comment des gamins français, certains issus de l’immigration et d’autres convertis à l’islam, peuvent se laisser embobiner par cette idéologie mortifère, d’autant plus qu’ils ne sont pas tous issus de classes matériellement défavorisées. A la différences des mouvements violents d’extrême gauche des années 60/70′ qui se sont éteints d’eux-mêmes par manque de combattants, le djihadisme ne manque pas de nouvelles recrues. C’est sans doute la différence entre une idéologie politique qui n’échappe pas complètement à la raison et une idéologies religieuse qui elle n’est basée que sur le dogme.

    Ces intellectuels sont dans leur rôle, probablement les pouvoirs en charge de la sécurité des Etats attaqués font leur marché dans cette liste pour le moins diverse d’analyses et de conseils.

  • La Nouvelle Calédonie fait de la résistance

    La Nouvelle Calédonie fait de la résistance

    Le referendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, ancienne colonie devenue « territoire d’outre-mer », se déroulera ce dimanche 4 novembre. La question posée :

    « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

    Les derniers sondages penchent en faveur du Non mais les sondages se sont beaucoup trompés ces dernières années. Avec les « Kanaks », espérons néanmoins que le Oui l’emporte et que ce magnifique archipel existe désormais de façon indépendante d’une France éloignée de plus de 15 000 km ! Indépendance ne veut pas dire rompre les liens mais signifie plus prosaïquement « être responsable » de ses actes et la responsabilité a beaucoup manqué dans ce territoire ces dernières décennies.

    Lire aussi : Nouvelle-Calédonie, le référendum est en marche.

  • On ne dit plus…

    On ne dit plus « les deux roues » mais « les mobilités douces » !

  • Fillon lâché par ses potes

    Après avoir été dénoncé par son « ami » Robert Bourgi, un affairiste de la FrancAfrique qui lui offrait des costumes à 6 000 EUR pièce, ce qui marqua le début de son échec aux élections présidentielles de 2017, voici maintenant François Fillon, ou plus exactement sa femme, Pénélope, dénoncée par un autre « bon ami » du couple, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière qui a choisi de « plaider coupable » dans l’affaire non encore jugée de l’emploi fictif de Mme. Fillon à la Revue des deux mondes qu’il dirige. En gros il reconnait que l’emploi était bien fictif. Gardons-nous de nos « amis » et que la justice passe !

  • COLETTE, ‘Claudine 3/5 – Claudine en ménage’.

    Sortie : 1902

    Et voici Claudine mariée à 17 ans à un homme de 30 ans plus âgée qu’elle : Renaud le séducteur. Amoureuse de son mari qui lui offre une vie de château et de séduction à travers l’Europe du début du XXème siècle, elle laisse son père, qui a failli oublier se rendre à son mariage, à ses chères études et la garde de sa chatte Fanchette, de retour à Montigny. Elle redéfinit sa relation avec Marcel, le garçon féminin et grognon de Renaud, de séductrice en belle-mère.

    Lorsque dans une soirée mondaine elle croise Rézi avec qui elle va partager un amour passionné sous le regard tolérant et un peu inquiet de Renaud avant qu’elle ne découvre une liaison parallèle entre Rézi et Renaud. C’est alors l’explosion du rêve et le retour à Montigny chez les siens, loin de la dévastation parisienne.

    Avec ce troisième volume Colette continue à nous ravir par l’élégance de son style pour décrire les humains et leurs sentiments, tout en nuances et ironie. Elle prête à Claudine un regard cynique et humoristique sur son environnement et aborde par son intermédiaire le sujet de la bisexualité ce qui n’était sans doute pas courant à cette époque. Elle le fait avec délicatesse jusqu’à narrer des scènes d’amour physique sans l’ombre d’une vulgarité et en n’employant que des mots innocents. C’est du grand art !

  • Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

    Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

    Dans un bel ensemble les démocraties votent les unes après les autres pour des pouvoirs qui reviennent sur les grandes directions économiques et sociétales suivies depuis l’après-guerre. La mondialisation est condamnée et le retour sur les frontières nationales est prôné, la liberté de circulation des individus est progressivement entravée, la fermeté et l’autorité sont annoncées comme remède à la délinquance. Ces évolutions politiques significatives fleurent, un peu, les relents d’extrême droite des années 30’ mais sans arriver à trop effrayer. On a quand même du mal à y déceler une idéologie, il s’agit tout au plus de recettes de cuisine basées sur le principe : « c’est pas ma faute, c’est celle de l’étranger » !

    Aux Etats-Unis d’Amérique Donald Trump est devenu président, au Royaume-Uni les britanniques s’activent pour quitter l’Union européenne, les pouvoirs dans les pays d’Europe de l’est encaissent les subventions communautaires et contestent tout ce qui vient de Bruxelles, en Allemagne et en Autriche l’extrême droite (la vraie) se rapproche des commandes, la France risque de les rattraper dès qu’elle aura remplacé la dirigeante incompétente de son Rassemblement national, en Italie c’est un improbable attelage entre l’extrême droite et un parti « populiste » qui a pris les commandes. Si l’on regarde un plus loin, les Philippines sont présidées par un excité qui pousse les citoyens à se faire justice eux-mêmes, le Brésil vient d’élire un nostalgique de la dictature militaire d’antan, l’Inde est gouvernée par un parti nationaliste, la Chine, la Thaïlande, c’est un peu la même histoire, le Moyen-Orient c’est la guerre sans fin…

    Le développement explosif des inégalités dans les pays libéraux et démocratiques, l’émergence du terrorisme religieux à travers la planète, l’abrutissement général des masses par le fouteballe, la téléréalité, la publicité, les réseaux et les aïe-phones…, tous ces phénomènes ont convergé pour rendre les électeurs des démocraties de plus en plus hermétiques aux discours des élites qui les dirigent depuis des décennies, bien éduquées, formées dans les grandes écoles ou universités, rodées à la bienséance des petits fours de conférences internationales ; de Michel Rocard à Barack Obama, de Pierre Mendè-France à Angela Merkel, une génération de dirigeants policés est mise sur le côté et remplacée par une bande de forbans, grandes gueules aux teints rougeauds, élus sur des programmes de café du commerce.

    La théorie économique prévoit leur échec, mais la théorie s’est beaucoup trompée dans l’Histoire récente. Le rétablissement ou le renforcement de la peine de mort n’a jamais enrayé la violence dans les pays concernés, mais qui sait ce dont sera fait l’avenir ? Le retour vers la religiosité d’Etat n’a fait qu’asservir les peuples dans le passé, peut-être va-t-elle maintenant les libérer ?

    C’est le retour des ploucs au pouvoir et la défaite des bobos. Les premiers voulaient les clés de la maison, les seconds leur ont données, voilà au moins un mérite de la démocratie, la volonté des peuples est écoutée. Maintenant voyons les à l’œuvre et faisons le bilan des opérations dans dix ans. Les plus optimistes pensent que les forbans ne mettront pas en cause les institutions démocratiques même s’ils prennent quelques libertés avec leurs principes. Le mouvement devrait être réversible mais les bobos ont échoués à se faire réélire, alors souhaitons bonne chance aux ploucs.

  • PREVOT Sandrine, ‘Inde, comprendre la culture des castes’.

    Sortie : 2014, Chez : l’aube poche.

    Un livre malin et bien écrit sur l’organisation de la société indienne, qui se lit comme un guide de voyage « Lonely Planet ». Son auteur, Sandrine Prévot, anthropologue, connaît son sujet, le pays et ses habitants. Elle nous fait partager sa connaissance et son intérêt avec clarté.

    Mais quel étonnement que de plonger dans la complexité de cette société fondée sur l’inégalité des castes, sur laquelle se superpose celle des classes plus classique et mieux partagée sur le reste de la planète. Quelle frayeur également de découvrir à quel point le concept de « pureté » guide les comportements, un concept qui en d’autres temps a mené à des désastres humains considérables. L’Inde n’est d’ailleurs pas restée à l’abri de cette violence ces dernières décennies.

    Religiosité et inégalité semblent des valeurs régressives pour l’Occident mais n’empêchent pourtant pas l’Inde de progresser vers la modernité, tout au moins pour une partie de sa population. Gageons que, comme le reste de la planète, au fur et à mesure de son développement économique les habitants de ce grand pays rangeront ces références d’un autre âge au rayon du folklore traditionnel plutôt qu’au cœur de leurs faits et gestes. 

    Dans sa conclusion l’auteur anticipe d’ailleurs des évolutions probables tout en affirmant que « se moderniser n’est pas s’occidentaliser ni adopter les valeurs occidentales » ! Certes, mais le développement et l’épanouissement d’une population génèrent très souvent des revendications d’égalité. L’éducation et l’ouverture à la science entraînent en principe un éloignement de la religion, le Dogme n’étant que très peu compatible avec la Raison. Comme d’autres, l’Inde est « en marche ».

  • Basquiat-Shiele à la Fondation Louis Vuitton

    Basquiat-Shiele à la Fondation Louis Vuitton

    Merveilleuse exposition groupée Jean-Michel Basquiat / Egon Shiele à la Fondation Louis Vuitton, deux artistes sublimes, emportés en pleine jeunesse, le premier en 1988 d’une overdose à 28 ans, le second en 1918, au même âge, emporté par la grippe espagnole, deux êtres torturés et créatifs qui sont magnifiquement racontés ici !

    Shiele, autrichien, fils spirituel de Klimt, est l’auteur d’une profusion de dessins, souvent des nus plutôt provoquants, mais aussi de troublants autoportraits ; ses personnages sont long et osseux, déglingués, à mi-chemin entre Giacometti et Corto Maltese, ils rapportent une vision du monde toute en angles et en érotisme.

    Puis l’on monte dans les étages rejoindre les toiles de Basquiat, parfois gigantesques, qui nécessitent les grands espaces de ce bâtiment baroque. Le choc est total dans une explosion de couleurs, de personnages robotisés, de collages inattendus, de références multiples, de mots et d’images, de graffitis et de copies ; c’est une profusion d’idées et de visions d’une folle modernité. Basquiat est l’homme d’un lieu et d’une époque, new-yorkais des années 70 et 80’  il a vécu et animé cette folle période où le Velvet Undergound jouait à la Factory, où les poètes de la beat génération croisaient Bob Dylan au bar du Chelsea Hotel, il est devenu l’ami de Keith Haring, et au milieu de cette fabuleuse énergie créatrice, il a créé sans réserve, dessiné, peint, imaginé, il a bu son époque comme un buvard aspire l’air du temps, il a aussi et surtout restitué la souffrance de l’homme noir dans une société violente et raciste. Toute son œuvre est tournée vers cette mission rédemptrice : faire comprendre le sort du Noir sous la férule du pouvoir blanc, celui d’une complète domination, politique, sociétale, artistique ; un pouvoir absolu qui continue à asservir les descendants de l’esclavagisme, fléau de la civilisation américaine.

    Les toiles se succèdent comme dans un tourbillon et le visiteur erre dans les salles, fasciné par l’incroyable et spectaculaire productivité de cet artiste dont quelques photos montrent l’aspect juvénile. Le tragique des thèmes abordés cohabite avec la naïveté des formes et des couleurs. Mais au cœur de ce temps l’étoile Basquiat va exploser, victime de l’héroïne, autre marqueur de cette époque avec le Sida. Création-destruction, on se croirait dans une chanson de Lou Reed. Il subsiste face à cette perte brutale un énorme regret mais surtout une fabuleuse actualité.

  • L’église fait dans le clanisme

    On apprend avec stupeur qu’un schisme se déroule au sein de l’Eglise orthodoxe dont la section russe a décidé de rompre « totalement » avec le patriarcat de Constantinople car ce dernier aurait reconnu l’indépendance de l’Eglise ukrainienne qui était placée sous la tutelle russe depuis 332 ans. Du coup tout ce petit monde ne pourra plus partager ni liturgie ni communion entre ses fidèle mais chacun mènera ses petites affaires politico-religieuses de son coté, en attendant des jours meilleurs.

    Constantinople on s’en souvient est le nom de la ville qui est devenue Istanbul après la chute de l’empire ottoman au début du XXème siècle. Le patriarcat en est resté à Constantinople et règne plus ou moins sur l’Eglise orthodoxe turque, c’est-à-dire un marché extrêmement réduit au sein d’un pays très majoritairement musulman, mais il étend aussi son autorité sur les territoires grecs autrefois conquis par les ottomans, dont la Crète, Patmos, Rhodos, Simi et quelques îles du Dodécanèse et même des micro-archevêché orthodoxes en Europe et en Amérique. Tout ceci additionné, cela fait plus de monde (et de ressources financières).

    De schismes en excommunication puis en tentatives de réconciliation, les églises comme les partis politiques se déchirent, se divisent, agitées par l’ambition des hommes que la sagesse de Dieu ne parvient que rarement à apaiser. L’Eglise orthodoxe aujourd’hui c’est un peu comme la gauche en France, à force de se fâcher les uns avec les autres, ses représentants ont scindé le marché en une multitude de petites niches qui ne représentent plus grand-chose mais où chacun a monté sa propre boutique pour essayer d’en capter la clientèle. Dans l’Eglise orthodoxe le militant donne beaucoup et le parti est exonéré d’impôt, les intérêts commerciaux ne sont donc jamais très loin. Dans un cas comme dans l’autre, cela n’a finalement guère d’importance. D’ailleurs, les adhérents comme les fidèles ne semblent pas s’en émouvoir particulièrement.

  • COLETTE, ‘Claudine 2/5 – Claudine à Paris’.

    Sortie : 1901

    Après des aventures hautes en couleurs dans son école de campagne, Claudine émigre à Paris pour suivre son père qui va s’y installer pour y poursuivre ses études nébuleuses.

    La jeune provinciale découvre la ville et regrette la campagne mais sa curiosité lui fera poursuivre son éducation sentimentale aux contacts de Marcel, lointain neveu de son âge au caractère féminin, dont finalement elle épousera le père.

    Colette décrit toujours avec l’élégante subtilité d’une langue française utilisée dans toute sa richesse la vie des salons de l’époque, des sorties au théâtre, des thés mondains où se percutent et se mêlent les sentiments et les vices dont son héroïne joue avec délices et souvent aussi avec succès.

  • Tics verbaux à la mode

    On ne dit plus défendre une idée ou diriger un parti, on dit incarner cette idée ou ce parti.

  • Des frontières

    Les négociations sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne battent leur plein. Les difficultés auxquelles les britanniques ne s’étaient pas préparés, sans doute convaincus que le résultat de leur référendum de 2016 ne serait pas ce qu’il fut, ces difficultés sont grandes. Il est vrai qu’il faut démonter une fantastique bureaucratie multilatérale et en remonter une seconde qui fondera les nouvelles relations entre l’ile et le continent après la séparation.

    Il apparaît que le point dur auquel se heurtent les parties concerne la frontière à rétablir entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, territoire britannique postcolonial. Et ce n’est pas la moindre des contradictions dans cette affaire : alors que l’une des causes majeures de cette volonté britannique de quitter l’Union est justement de vouloir rétablir les frontières et mettre fin à la libre circulation des personnes, le Royaume ne veut surtout pas en voir une réapparaître en Irlande. Tout d’abord la majorité conservatrice actuelle à Londres tient aussi à quelques députés d’Irlande du nord unioniste qui ne le veulent pas, mais surtout il existe des craintes probables que l’hypothèse ne relance la guerre civile et religieuse qui a ravagé ce territoire des décennies durant.

    Le risque existe et Londres en fait un point de blocage à la conclusion de tout l’accord. Elle veut des frontières partout, sauf avec Irlande. L’Union ne sait pas trop comment faire avec cette exigence qui reviendrait à maintenir du libre-échange avec l’Irlande du nord qui est elle-même territoire britannique, ce qui fait réagir Londres qui refuse qu’une partie du Royaume reste régie par les règlements européens et à exercer des contrôles douaniers entre l’Irlande du nord et l’Ile principale britannique. C’est assez inextricable. En fait, au-delà des questions de souverainetés respectives, ce qu’il y a au bout du chemin c’est la question de la réunification de l’Irlande et c’est évidemment encore bien plus explosif…