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  • L’atelier des lumières


    Une ancienne fonderie du XIème arrondissement parisien a été reconvertie en galerie d’exposition techno. Ouverte dernièrement elle présente trois animations colorées et mouvantes où des projecteurs diffusent une féérie visuelle sur les murs gigantesques de cette friche industrielle reconvertie dans la culture 2.0.

    L’une d’entre elle est dédiée à Gustav Klimt et les artistes de l’art nouveau viennois. Le mixage de ces peintures avec la technologie moderne de projection autorise une vulgarisation aisée de cet art. Une deuxième animation « Hundertwasser » est le fruit de l’engagement écologique d’un artiste autrichien, architecte écologiste, c’est un festival de couleurs et de formes baroques magnifiquement mis scène par ces projections. La troisième est une création algorithmique : on se promène dans une espèce de galaxie en noir et blanc fruit de l’intelligence artificielle. Les plus âgés penseront que la main de l’Homme a encore la primauté sur l’art numérique.

  • Populisme et théorie économique

    La vague de dirigeants autoritaires qui peu à peu prend les rênes des démocraties occidentales a pour premier résultat la fermeture des pays qu’ils dirigent : fermeture à l’immigration, fermeture aux importations, fermeture au multilatéralisme, fermeture au multiculturalisme. C’est une sorte de reflux de la mondialisation qui a animé le développement socio-économique de la planète ces dernières décennies. A court terme il en résulte une guerre commerciale initiée par les Etats-Unis d’Amérique qui aboutit à relever les taxes à l’importation dans un pays A des produits venant d’un pays B qui est en excédent commercial avec A. C’est une course à l’échalote car bien sûr le pays B va réagir et appliquer la même méthode pour ses importations venant de B. Il s’en suit un renchérissement progressif des biens et des rentrées de fonds dans les caisses des Etats, au moins dans un premier temps.

    La théorie économique stipule que dans un deuxième temps une tactique de ce genre impliquera une baisse des échanges et donc un appauvrissement économique global. La même théorie explique par ailleurs que les déséquilibres commerciaux entre pays sont une mauvaise chose et que les parties déficitaires ne sont pas moins responsables que les parties excédentaires, mais que chacun doit tendre vers l’équilibre avec ses partenaires commerciaux : j’achète autant que je vends à chacun pris individuellement ! La mondialisation a considérablement accru ces déséquilibres avec des chaînes de valeur des produits saucissonnées dans une multitude de pays successifs, phénomène rendu possible avec l’ouverture des frontières économiques aux échanges et aux capitaux, les systèmes fiscaux diversifiés et l’abaissement des droits de douane. En principe le cours de la monnaie est censé rétablir l’équilibre des échanges mais l’expérience a prouvé que c’est assez peu souvent le cas, celle-ci étant soit administrée en dehors des forces du marché, soit commune à plusieurs pays rendant difficile un usage ciblé sur un pays, soit manipulée pour bien d’autres considérations politiques.

    La confrontation actuelle est intéressante. La théorie économique s’étant beaucoup trompé ces dernières décennies, nous allons voir si la réactivation de l’outil « taxes » peut donner de meilleurs résultats que les « forces du marché » chères aux économistes libéraux. On ne peut rien exclure même si la seule certitude est que nous rentrons dans… une zone d’incertitude. Voir les Etats reprendre en main leurs politiques de taxes à l’importation fait frémir les défenseurs de « Monsieur le Marché », mais celui-ci ayant montré les limites de son efficacité, l’avenir seul dira si, dans ce nouveau contexte, une gestion avisée des barrières à l’importation permettrait de rétablir un semblant d’équilibre des échanges, même au prix d’un renchérissement des termes de ces échanges !

  • Palais impérial de Compiègne


    Le Château de Compiègne a accueilli tout ce que le pays a compté de têtes couronnées depuis Charles V et son achèvement en 1380. D’abord médiéval, il fut transformé par Louis XV puis son successeur Louis XVI puis les empereurs français. La République a mis bon ordre à toute cette royale gabegie, un peu clinquante sur les bords, et transformé ce palais en musée afin que les citoyens puissent se recueillir devant les cendres de la mégalomanie impériale. On y croise de nombreux touristes britanniques, sans doute à la recherche de ce qu’il ne faut pas faire pour maintenir une monarchie en état de marche.

    Le visiteur déambule dans les appartements de Napoléon 1er et de Joséphine qui firent remettre en état le château après les dommages de la révolution de 1789. Napoléon III poursuivit la tradition et tout un petit monde lié au pouvoir impérial s’y réunit régulièrement, les diplomates mêlés aux scientifiques, les princes avec les artistes, pour chasser, deviser, écouter des concerts, assister à des pièces de théâtre, bref la vie de cette haute société qui fit progresser l’Histoire des hommes, souvent avec pertes et fracas.

    Partie intégrante de cet édifice est le musée nationale de la Voiture dans lequel s’entasse une collection de véhicules hippomobiles du XVIIIème siècle jusqu’à l’apparition des premières automobiles motorisées dont l’on voit la Citroën à chenilles qui participa à l’expédition Citroën en Centre-Afrique dans les années 20 (la « Croisière Noire »), de Colomb- Béchar à Tananarive.

  • Psychodrame religieux en Israël

    Depuis la création de cet Etat, les jeunes hommes étudiant la Torah dans les écoles religieuses israéliennes sont exemptés de faire leur service militaire, qui dure trois ans dans ce pays quasi-continuellement en guerre. Les partis religieux extrémistes qui font partie de la coalition au pouvoir estiment que les étudiants qui consacrent leur vie à Dieu et aux textes sacrés ne peuvent dévier de cette mission. En face certains parlent le langage du droit et de la rupture d’égalité des citoyens face au service de l’Etat.

    Comme partout Dieu et le code civil n’ont jamais fait bon ménage, c’est la parole divine contre la construction humaine du droit. La religion s’y est toujours également bien entendu pour défendre ses privilèges, en Israël comme ailleurs. Ces pratiques d’un autre âge sont toujours de mise, hélas ! Que la République laïque nous protège de ces absurdités.

  • Hérésie républicaine

    Un président de la République prend sur son temps de travail et dépense à cette occasion quelques deniers payés par les contribuables pour aller assister à des matchs de pousseurs de ballon à l’occasion d’un championnat du monde de cette spécialité qui se déroule en Russie. Il n’est pas sûr que ce soit la façon la plus efficace de faire son travail !

    Il serait plus avisé d’œuvrer à ce que la France, qu’il est payé pour diriger, puisse concourir pour la coupe du monde de l’équilibre budgétaire.

  • Déni de réalité de la classe politique

    Qu’est-ce qui rapproche le plus ces deux personnels politiques ? Sans doute un peu leur socialisme, leur positon de maire d’une grande ville, leur ambition aussi, mais surtout beaucoup leurs ridicules couleurs de cheveux. L’une et l’autre se teignent manifestement leurs cheveux qui devraient être blancs si elles n’y répandaient pas de produits chimiques pour masquer ce signe manifeste de leur âge.

    Quand on regarde ces photos ou que l’on voit ces personnages à la télévision, le regard est immédiatement attiré par cette superficialité qui domine tout le reste, au détriment d’ailleurs de leur discours, promesses ou engagements parlés.

    Comment faire confiance à des élus qui dépensent du temps et de l’argent pour masquer la réalité ? Comment ne pas penser qu’ils feront de même avec les comptes de la Nation ? Encore plus ridicule était le précédent président de la République qui, lui, n’avait déjà plus beaucoup de cheveux, mais en plus ratait sa couleur qui tendait vers le roux.

    Le personnel politique français s’honorerait à travailler sur ses vrais dossiers et non pas des questions d’apparat qui ne servent qu’à satisfaire leurs égos et non point les citoyens dont les impôts payent leurs salaires !

  • Seu Jorge – 2018/07/08 – Paris la Philharmonie

    Dans le cadre du festival parisien Days Off à la programmation boboïsante mais toujours intéressante, le musicien brésilien Seu Jorge se produit accompagné par l’orchestre de l’Ile de France dans la grande salle « Pierre Boulez » de la Philharmonie de Paris. C’est aussi un hommage à David Bowie décédé il y a maintenant plus de deux ans.

    Seu Jorge avait composé la bande originale du film de Wes Anderson The Life Aquatic with Steve Zissou sorti en 2004 et qui est une parodie de la vie du Commandant Cousteau. « Composé » est un bien grand mot puisqu’en fait il lui avait été demandé de réinterpréter les classiques de David Bowie qu’il avait donc réécrits en portugais et joués à la sauce samba. Seu et sa guitare jouent d’ailleurs leur rôle dans le film. Cette BO est restée célèbre, particulièrement dans le milieu des fans de l’artiste britannique et même pour ceux qui n’ont jamais vu le film. Il n’y avait pas eu véritablement de concerts consacrés à cette musique aussi, après la disparition de Bowie, Seu Jorge décida cette tournée hommage.

    Il raconte dans un français ensoleillé comment il reçut un jour à Rio un appel du réalisateur lui faisant cette étrange proposition de réécrire et interpréter Bowie pour un film loufoque. Bien sûr il connaissait et admirait l’artiste mais a priori sans plus, son genre à lui étant plutôt la samba que le rock. Mais après quelques semaines d’insistance du cinéaste il accepta l’offre et se trouva embarqué dans cette étrange aventure musicale et filmographique.

    Alors nous écoutons ce soir avec émotion quelques-uns des morceaux de légende de Bowie : Changes, Five Years, Rock ‘n’ Roll Suicide, Ziggy Stardust, Life on Mars (qu’il dédie à Bowie et à son père décédé quelques jours plus tard) et tant d’autres.

    Grimé comme dans son personnage du film, assis sur un tabouret, il nous enchante de sa voix grave et de son sens du rythme tellement brésilien. C’est aussi un merveilleux guitariste au piqué si caractéristique ; fermez les yeux et vous vous retrouvez au cœur d’une favela, mais vous êtes dans le monde fantastique de David Bowie. L’accompagnement par un orchestre classique ajoute à cette merveilleuse confusion musicale. Le concert est émouvant et original, Seu Jorge est un artiste brésilien d’exception qui mêle son talent à celui de Bowie, créateur de légende ; la musique est un langage presque universel, ces deux-là le démontrent brillamment.

    Alors que les musiciens se retirent, la sono diffuse un tonitruant Lets Dance en version originale !

  • Etienne Daho « Blitztour » – 2018/07/03 – Paris la Philharmonie


    Etienne Daho joue à la Philharmonie de Paris, dans le cadre de cet excellent festival Days Off, devant un parterre de quinqua-sexa à la recherche désespérée de leur jeunesse passée. Daho y joue son dernier album et nombre de morceaux de son catalogue de pop mélancolique, déclenchant l’enthousiasme du public devant ces réminiscences d’un temps désormais révolu. Jeune homme un peu attardé à la sincérité désarmante il continue à développer un rock français émouvant et un regard un peu tristoune sur le temps qui passe et les amours déçus.

    Ah, n’oublions pas, la première partie s’appelle Tristesse Contemporaine !

    Setlist : Les Filles du canyon/ Le grand sommeil/ Le Jardin/ Sortir ce soir/ Poppy Gene Tierney/ Comme un boomerang/ Réévolution/ L’invitation/ Week-end à Rome/ Les Flocons de l’été/ Des attractions désastre/ Tombé pour la France/ Le Premier Jour (du reste de ta vie)/ Epaule Tattoo/ Bleu comme toi/ Ouverture

    Encore : Après le blitz/ Summertime

  • BINET Laurent, ‘La septième fonction du langage’.

    Sortie : 2015, Chez : Grasset.

    L’itinéraire déjanté d’un commissaire de police dans le milieu intello-marxisant parisien des années 80. Roland Barthes est mort renversé par une camionnette et un crime est soupçonné. L’enquête mènera notre Sherlock Holmes des cours de Michel Foucault à Vincennes, aux réunions des Brigades Rouges à Bologne, des bars gays aux ors de l’Elysée, des fumeurs de crack aux espions de l’Est. Ce qui ressemble à un complot serait mené pour s’assurer l’exclusivité de la connaissance de la septième fonction du langage, permettant à son détenteur la domination du monde.

    L’auteur plonge avec ironie dans le microcosme de la sémiologie et de la philosophie, où Deleuze, Eco, Derrida, Althusser, Sarthe se croisent et s’affrontent, avec des mots que d’autres interprètent avec des bombes. Philippe Sollers et son épouse bulgare psychanalyste Julia Kristeva sont les héros malfaisants de cette histoire burlesque qui se termine en apothéose.

    La caricature de ce monde intellectuel est sans doute un peu excessive, elle est en tout cas franchement désopilante. L’auteur malin tient ses lecteurs en haleine avec ce polar où les malfrats sont des penseurs du Collège de France.

  • David Byrne « American Utopia » – 2018/07/03 – Paris la Philharmonie

    David Byrne « American Utopia » – 2018/07/03 – Paris la Philharmonie


    David Byrne et ses onze musiciens nous offre un remake du célèbre Stop Making Sense, le film de Jonathan Demme sur un concert des Talking Heads de 1983 à Hollywood. La mise en scène du concert de l’époque, fruit de l’inventivité de David Byrne et du groupe, avait suffi à faire de ce film, l’un des plus beaux sur un show de rock.

    Trente-cinq années plus tard, Byrne à la crinière blanchie mais à l’imagination toujours aussi flamboyante, remonte un spectacle tourné autour de sa musique, celle des Talking Heads mais aussi extraite de ses nombreux disques solos. C’est un concert 2.0 orienté sur la mobilité des musiciens. La scène de la Philharmonie est dépouillée, un immense carré bordé sur ses trois côtés de rideaux style stores à fanfreluches desquels émergent les acteurs-musiciens. Il n’y a rien d’autre, ni fil, ni ampli. Tous les musiciens portent leurs instruments en bandoulière, y compris percussions et clavier, ils sont habillés de costumes gris, style équipage d’un vaisseau Star-Trek, emmenés par le génial David Byrne.

    La musique est le centre de tout, toujours nerveuse, saccadée, intelligente. Les musiciens ont tous l’âge d’être les enfants de David qu’ils entourent avec enthousiasme et efficacité, mention spéciale pour une guitariste d’exception qui clos le show avec un incroyable solo sur The Great Curve. Ce serait une bonne idée de refaire un film sur cette chorégraphie musicale d’exception.

    Setlist : Here/ Lazy/ I Zimbra (Talking Heads song/ Slippery People (Talking Heads song)/ I Should Watch TV (David Byrne & St. Vincent cover)/ Dog’s Mind/ Everybody’s Coming to My House/ This Must Be the Place (Naive Melody) (Talking Heads song)/ Once in a Lifetime (Talking Heads song)/ Doing the Right Thing/ Toe Jam (Brighton Port Authority cover)/ Born Under Punches (The Heat Goes On) (Talking Heads song)/ I Dance Like This/ Bullet/ Every Day Is a Miracle/ Like Humans Do/ Blind (Talking Heads song)/ Burning Down the House (Talking Heads song)

    Encore : Dancing Together (David Byrne & Fatboy Slim cover)/ The Great Curve (Talking Heads song)

    Encore 2 : Hell You Talmbout (Janelle Monáe cover) (with Laura Mvula)

    Warmup : Laura Mvula

  • Berlin : l’Histoire à tous les coins de rue


    Berlin

    En déambulant dans Berlin il est difficile de ne pas se heurter à l’Histoire tragique du XXème siècle à tous les coins de rue. Des petits pavés de bronze ont été ajoutés devant les porches des maisons où résidaient des juifs assassinés, mentionnant leurs noms dates de naissance et de décès ; il y en a beaucoup… Le mémorial de la Shoah juste derrière Unter den Linden avec ses blocs de béton rappelle la tentative de destruction des juifs d’Europe. Le cadre enchanteur du lac de Wannsee ferait presque oublier que sur ses bords apaisés se tint en 1942 la réunion qui permit de finaliser les termes de la « solution finale de la question juive » voulue par Hitler. Un monument sur PostDamer Strasse rappelle la liste des camps d’extermination au bord d’une rafraichissante petite fontaine. Aux pieds du Reichtag, des pierres symbolisent les députés allemands qui ont tenté de résister à la barbarie. Une promenade dans Tiergarden ensoleillé nous fait nous rappeler que dans ces allées ombragées se sont déroulés de sinistres ballets d’espions durant la guerre froide à quelques pas des fusils de VoPos (Volkspolizei, la police du peuple est-allemand).

    Berlin est au cœur de notre vieille Europe qui a tant créé mais tant dérivé. Avec une relative honnêteté le peuple allemand s’est tourné vers ce passé pour en admettre l’indicible et accepter sa culpabilité. Peu avaient commis de tels crimes mais aucun n’a assumé avec la même collective clairvoyance.

  • Heroes (David Bowie)

    Heroes (David Bowie)

    L’hymne du XXe siècle de Maître Bowie.

    Fripp, Eno et Bowie à Berlin pour l’enregistrement de 1977

    Fripp, Eno et Bowie à Berlin pour l’enregistrement de 1977
  • Une visite au Pergamonmuseum de Berlin


    Le célèbre musée et ses collections de monuments antiques est en travaux de rénovation : le grand autel de Pergam n’est pas visible mais la porte de d’Ishtar l’est, heureusement. Et l’on replonge aux temps de Nabuchodonosor 6 siècles avant Jésus-Christ, un temps où cette région orientale, entre Irak et Syrie, n’étaient pas encore ravagée par la religion. On se souvient que le groupe Etat islamique a mis un soin tout particulier à détruire les monuments préislamiques dans les zones qu’ils ont occupés car pour eux l’art n’existait pas avant l’invention de l’islam et ces tas de pierres ne sont que les objets d’une adoration malsaine, donc à détruire.

    Les puissances colonisatrices de ces régions ont entrepris des recherches archéologiques importantes à partir du XVIIIème siècle et ramené dans leurs musées nombre de ces trésors de l’Humanité qu’il faudra bien un jour rendre à leurs pays d’origine. La monumentale porte d’Ishtar a été reconstituée à partir de fragments trouvés lors des fouilles. Au moins elle est restée à l’abri et s’offre aux yeux des visiteurs.

  • Massive Attack – 2018/06/29 – Berlin la Zitadelle de Spandau

    Massive Attack – 2018/06/29 – Berlin la Zitadelle de Spandau


    Un beau et classique concert de Massive Attack à la Zitadelle Spandau de Berlin, sans Martina Topley Bird mais avec le renfort des Youg Fathers désormais habitués à assurer le warm-up et quelques morceaux avec leurs hôtes. Le show est en plein air sur un terrain plutôt plat avec des allemands qui font une moyenne d’1m90, la vue n’est pas excellente mais heureusement les teutons partent se ravitailler en bière régulièrement laissant le champ un peu plus libre.

    Le visuel est un peu renouvelé sur le vaste écran led de fond de scène : un peu moins de messages politiques, un peu plus d’effets lumineux qui n’atténuent pas le côté sombre de cette musique obsessionnelle rythmée par le voix de ses trois chanteurs dont les deux fondateurs parlent plus qu’ils ne chantent avec un traitement sépulcrale de leur organe. Il fait froid sur Berlin à la nuit tombée, nous sommes à deux pas de l’emplacement de l’ex-prison de Spandau où furent enfermés les dignitaires nazis et où Rudolh Hess vécu seul les 20 dernières années de sa vie avant de se pendre à un câble électrique en 1987 (version officielle), les Massive Attack dévident leur musique glaçante sur une assistance tétanisée par la beauté noire de cette musique venue d’un autre monde.

    Setlist : Hymn of the Big Wheel (with Horace Andy)/ Risingson/ United Snakes/ Ritual Spirit (with Azekel)/ Girl I Love You (with Horace Andy)/ Eurochild/ Future Proof/ Voodoo in My Blood (with Young Fathers)/ Way up here (with Young Fathers)/ Angel (with Horace Andy)/ Inertia Creeps/ Safe From Harm (with Deborah Miller)

    Encore : Take It There/ Unfinished Sympathy (with Deborah Miller)/ Splitting the Atom (with Horace Andy)

  • La progéniture terroriste islamique sur le retour

    Un djihadiste français converti capturé en Syrie se met à table, balance ses anciens amis et dévoile certains des projets des fameux frères Clain, autres djihadistes français convertis qui, semble-t-il, étaient proches du sommet du groupe terroriste religieux Etat islamique. Le plan était de former les gamins, les « Lionceaux du Califat », nés sur place en Syrie ou en Irak ou amenés avec leurs parents lorsqu’ils choisirent l’exil vers ces lieux de combat djihadistes, pour les renvoyer en Europe comme kamikazes.

    La contraception étant plutôt contraire aux valeurs locales et le groupe voulant multiplier ses effectifs, la natalité est plutôt encouragée. Nombre de gamins sont et ont été élevés dans cette atmosphère de tuerie permanente au nom d’un Dieu. De nombreuses vidéos ont été publiées où l’on voit des enfants d’une dizaine d’années tuer des otages à coups de pistolet. Alors pourquoi ne pas les renvoyer dans les capitales mécréantes pour qu’ils continuent le job ? On imagine de plus que si un policier européen se trouve face à un enfant terroriste il ressentira sans doute un peu plus de préventions pour le « neutraliser ».

    Compte tenu des reculs militaires du groupe Etat islamique pour le moment sur le terrain de guerre, ce projet n’a pour l’instant pas encore été mis en œuvre, mais on peut compter sur la foi de ses membres pour l’exécuter dès qu’ils en auront la possibilité.

    Il faudrait un jour que les responsables adultes de telle stratégie aient à rendre des comptes devant la justice des hommes. Mais là encore l’Occident se trouve face à un dilemme car ces terroristes embrigadés par Dieu préfèrent la mort, gage de paradis, et n’ont pas peur de la justice humaine. Certains d’entre eux toutefois semblent avoir une foi un peu plus hésitante : c’est le cas par exemple de cette balance, Jonathan Geoffroy, qui aurait découvert avoir été « trompé » par l’Etat islamique et qui planifie naïvement de faire trois ans de prison en France avant de retrouver sa femme au Maroc pour y monter « une boutique de lingerie », alors qu’il risque jusqu’à trente années de prison. C’est le cas aussi de cette française, Mélina Boughedir, que l’on a vu à la télévision de faire condamner à la prison à perpétuité en Iraq avec son plus jeune enfant dans les bras, les trois premiers ayant été rapatriés en France chez leurs grands-parents, leur père étant probablement toujours en train de combattre quelque part sur le front, s’il n’a pas déjà été tué. Elle risquait la peine capitale.

    Les uns et les autres expliquent qu’ils ont été dupés, l’une par son mari ou l’autre par l’Etat islamique en affirmant qu’ils n’ont pas participé à des opérations militaires : difficile à croire, impossible à vérifier ! Les survivants dont l’engagement est le plus flageolant, ou le mieux masqué, voudraient rentrer en France, pour y subir une justice démocratique ou poursuivre leurs actions mortifères de l’intérieur, on ne peut pas savoir. C’est la raison pour laquelle la France semble choisir l’option les faisant juger localement en Syrie ou en Iraq en prenant ainsi quelques libertés avec les usages démocratiques. Pour les djihadistes français qui ne seraient pas condamnés à mort ni exécutés cela ne fait que repousser le problème au jour de leur sortie de prison. Les enfants nés de parents français sont quant à eux discrètement rapatriés avec l’accord des autorités qui les détiennent. Lorsqu’ils ont été capturés ils sont donc revenus, ou en train de revenir, sur le territoire de la République et personne ne sait bien comment ils évolueront.

    L’expérience des enfants-soldats n’est pas complètement inédite et les guerres africaines de ces dernières décennies ont permis de faire progresser la connaissance sur ce sujet. Mais la situation de gamins à qui l’on a fait commettre des actes cruels et barbares sur leurs prochains est relativement nouvelle. Nul ne sait s’ils seront « récupérables » ! L’avenir seul le dira.