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  • Tic verbal compulsif : la dynamique

    CrĂ©er la dynamique devient un tic verbal compulsif autant dans le monde des business plans en entreprise que dans les cĂ©nacles politico-mĂ©diatiques. Les publicitaires qui ont envahi les entourages de nos dirigeants ne placent pas deux phrases fumeuses sans y intercaler la dynamique, et les journalistes qui n’ont pas le temps de lire les programmes politiques compensent leurs faibles connaissances en plaçant de la dynamique Ă  tous les Ă©tages.

    Le dictionnaire Larousse définit le mot ainsi :

    Ensemble de forces qui entraĂźnent, provoquent un mouvement, une Ă©volution Ă  l’intĂ©rieur d’une structure en dĂ©veloppement : La dynamique rĂ©volutionnaire.

    Les pubards employant ce terme veulent laisser entendre que le candidat qui les rĂ©munĂšre a suffisamment d’idĂ©es ou de charisme pour auto-dĂ©clencher un cercle vertueux vers plus de bonheur et d’efficacitĂ©. Les mĂȘmes nous expliquait il y a trente ans qu’un baril d’Omo valait mieux que deux barils d’une lessive lambda
 Bref, crĂ©er une dynamique pour un politicard revient Ă  mieux se placer en tĂȘte de gondole, Ă  grand frais payĂ©s aux agences de publicitĂ©.

  • ImpĂ©ritie complĂšte des vendeurs de sondage

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    Au soir d’une Ă©lection primaire pour dĂ©signer un candidat conservateur Ă  l’élection prĂ©sidentielle française de 2017, les vendeurs de sondages d’opinion font une nouvelle fois preuve de leur impĂ©ritie totale en ayant ressassĂ© depuis des mois le succĂšs d’un duo de tĂȘte alors que c’est finalement un troisiĂšme homme qui Ă©crase les deux autres de par son score.

    Lire aussi : Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

    Et Ă  peine connue l’ampleur de leur erreur, les voici de nouveau au premier plan pour prĂ©voir le rĂ©sultat du deuxiĂšme tour de dimanche prochain. La presse repart aussitĂŽt dans ses habituelles circonvolutions autour d’anticipations oiseuse e tout repart comme si de rien n’était. Une presse incompĂ©tente s’appuie sur des sondeurs prĂ©tentieux. Le mieux est sans doute de nĂ©gliger les uns comme les autres.

    Lire aussi : L’incompĂ©tence infinie des sondeurs

  • MALAPARTE Curzio, ‘Kaputt’.

    Sortie : 1946, Chez : Le Livre de Poche 19/20.

    Livre en partie autobiographique, « Kaputt » est la chronique dĂ©sabusĂ©e d’un officier italien pĂ©rĂ©grinant au cƓur de l’Europe centrale conquise par les allemands Ă  partir de 1941, pĂ©riode oĂč l’auteur fut lui-mĂȘme correspondant de guerre dans cette rĂ©gion. Des conversations surrĂ©alistes avec Hans Franck, gouverneur gĂ©nĂ©ral allemand en Pologne, des rencontres avec des soldats oustachis, soutiens croates des nazis, des soirĂ©es avec la princesse Louise de Prusse, petite fille du Kaiser Guillaume II, la pĂȘche au saumon en Laponie avec un gĂ©nĂ©ral allemand fou, la visite du ghetto de Varsovie avec Himmler, puis le retour dans une Italie dĂ©vastĂ©e, ce rĂ©cit romancĂ©e paru en 1943 peu aprĂšs le dĂ©barquement alliĂ© en Italie narre la guerre telle qu’elle est, terrifiante et pourtant si humaine.

    Malaparte, citoyen italien nĂ© de pĂšre allemand, s’engagea dans l’armĂ©e française durant la premiĂšre guerre mondiale, fit partie du cĂ©nacle intellectuel qui soutint un temps la rĂ©volution sociale proposĂ©e par la fascisme italien des annĂ©es 20, puis s’opposa Ă  Mussolini qui le fit emprisonner.

    Dans « Kaputt » le hĂ©ros-voyageur provoque avec finesse ses interlocuteurs nazis pour les faire raisonner au bout de leur bĂȘtise criminelle, dans la vraie vie Malaparte participa au combat contre le fascisme, avec ses articles, ses livres et par les armes pour libĂ©rer son pays.

    « Kaputt » c’est la chronique d’une Europe qui s’effondre dans le chaos, mais Ă©crite avec une Ă©lĂ©gance qui en accentue encore l’aspect dĂ©cadent.

  • Pete Doherty – 2016/11/17 – Paris le Bataclan

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    La salle parisienne du Bataclan reprend vie aprĂšs avoir Ă©tĂ© le lieu de l’attaque terroriste islamiste que l’on sait il y a un an, laissant 90 cadavres sur le carreau, et encore une quarantaine de plus dans des bars des environs. Les propriĂ©taires voulaient dĂ©passer ce triste souvenir de la dĂ©raison humaine avec la musique pour laquelle cette salle fut conçue. Sting a officiellement assurĂ© le concert de la rĂ©ouverture il y a quatre jours, Doherty prend sa suite pour deux soirĂ©es. Hier Carl BĂąrat est venu le rejoindre pour quelques morceaux.

    La premiĂšre partie est tenue par Jack Jones, musicien poĂšte qui assurera les guitares plus tard dans le groupe de Pete Doherty. Il dĂ©clame ses poĂšmes entre deux riffs introduisant au mieux le chaos romantique qui s’annonce.

    Une apparitrice introduit le show en demandant une minute de silence qui ne durera que
 dix secondes comme le remarque Doherty arrivĂ© pendant ce temps costumĂ©-chapeautĂ© comme Ă  son habitude. Un drapeau français taguĂ© « Fuck Forever terrorism » pendouille sous un ampli. Le groupe est plutĂŽt jeune, un peu hĂ©sitant, comprend deux femmes dont une violoniste qui Ă©bauche une Marseillaise pour dĂ©buter, reprise par la salle pour compenser cette minute de silence avortĂ©e.

    Le show dĂ©marre dans une joyeuse agitation et se dĂ©roulera de façon dĂ©sordonnĂ©e, Ă  la Doherty
 Les reprises des Libertines et de Babyshambles dĂ©clenchent l’enthousiasme de la foule qui chante et pogotte avec Ă©nergie. Pete sort de scĂšne, y revient, se dĂ©sape, balance dans la foule ce qui lui tombe sous la main, y compris sa guitare. Deux danseuses font une apparition au milieu du show et rĂ©alisent quelques entrechats sur une musique qui s’y prĂȘte peu. C’est un bordel musical si charmant !

    Dans cette atmosphĂšre survoltĂ©e et tellement britannique, Pete Doherty et son groupe jouent un rock dĂ©bridĂ© et revigorant, dĂ©finitivement Ă©lectrique. On y retrouve la fraĂźcheur des origines du rock, la poĂ©sie destructrice du mouvement punk tempĂ©rĂ©e d’un peu de sereine douceur diffusĂ©e par les musiciennes et les danseuses.

    Le show se termine sur Fuck Forever : How d’you choose between death and glory?/ Happy endings don’t bore me/
 / Fuck forever/ I’m out of your mind
 puis Pete dĂ©croche le drapeau français et la passe dĂ©licatement Ă  l’horizontal sur les mains tendues des spectateurs pour qu’il serpente doucement vers le fond de la fosse. Mais au milieu du chemin, un furieux s’en empare et le roule en boule pour l’envoyer balader. Faute de goĂ»t, qu’importe, la bonne Ă©ducation n’est pas forcĂ©ment synonyme de rock mais ce soir le Bataclan revit et Doherty poursuit son parcours musical titubant et incandescent.

    Setlist : La Marseillaise/ I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone)/ Last of the English Roses/ Kolly Kibber/ You’re My Waterloo (The Libertines song)/ The Steam/ The Whole World Is Our Playground/ Oily Boker/ Down for the Outing/ Hell to Pay at the Gates of Heaven/ Killamangiro (Babyshambles song)/ Up the Bracket (The Libertines song)/ Albion (Babyshambles song)/ Flags of the Old Regime/ Fuck Forever (Babyshambles song)

  • Nadine Morano s’esclaffe

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    De nombreux candidats français de tous bords surfent sur la vague populiste et s’auto-persuadent de plus en plus que pour ĂȘtre Ă©lu il faut raconter aux Ă©lecteurs ce qu’ils veulent entendre. Ils pensent pouvoir cacher leur absence de conviction, voire compĂ©tence, par une recrudescence de leurs propos de CafĂ© du commerce. Rares sont ceux qui rĂ©sistent encore Ă  la tentation. On aura les dirigeants que nous mĂ©ritons.

     

  • Un nouveau candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle

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    Emmanuel Macron, 38 ans, diplĂŽmĂ© des meilleurs Ă©coles, au cƓur de la politique Ă©conomique du quinquennat Hollande comme conseiller Ă©conomique Ă  la prĂ©sidence puis ministre de l’économie, annoncĂ© qu’il se prĂ©sente Ă  l’élection prĂ©sidentielle de 2017. L’homme est sympathique, bien habillĂ© et dĂ©veloppe un discours socio-libĂ©ral de salon qu’il va lui falloir affiner et prĂ©ciser. Il se dit « ni de droite ni de gauche » et ne se prĂ©sente pas Ă  des primaires mais directement Ă  l’élection principale.

    Il n’a pas de parti derriĂšre lui, seulement un mouvement « En Marche ! ». On ne sait pas comment il pourra financer sa campagne mais il s’avance. C’est ambitieux. Les partis institutionnels ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  le dĂ©zinguer consciencieusement. A dĂ©faut de programme ou de projet, il dĂ©livre pour le moment sa jeunesse et sa nouveautĂ©. Ce sont dĂ©jĂ  deux arguments Ă©lectoraux porteurs.

    Son annonce ajoute encore un peu plus Ă  la confusion de cette Ă©lection prĂ©sidentielle oĂč se bousculent les candidats, tous persuadĂ©s d’ĂȘtre l’Homme providentiel pour sauver la France. A suivre.

  • The Cure – 2016/11/15 – Paris Bercy

    The Cure – 2016/11/15 – Paris Bercy

    The Cure ont donnĂ© ce soir Ă  Bercy un beau concert, le show d’un groupe de lĂ©gende qui a marquĂ© son Ă©poque plus que tout autre. Un concert sans trop de surprises sinon celle de nous ramener avec bonheur et sĂ©rĂ©nitĂ© aux annĂ©es musicales de notre passĂ©, mais un concert Ă©mouvant tant Robert Smith est le hĂ©ros d’une gĂ©nĂ©ration, de plusieurs d’ailleurs si l’on en juge par la pyramide des Ăąges de l’audience prĂ©sente aujourd’hui.

    Et notre hĂ©ros est concentrĂ© sur sa musique, sa guitare et son chant, un peu ailleurs. Il n’a jamais Ă©tĂ© vraiment loquace mais il donne l’impression maintenant de s’ĂȘtre retirĂ© dans son monde, celui de sa musique et de ses mots, qu’heureusement il entrouvre lĂ©gĂšrement à
 20 000 fans ce soir.

    Mal fagotĂ© dans un sweat-shirt noir informe Ă  zip et capuche, une rangĂ©e de colliers improbables au cou, ses cheveux filasses Ă  la cĂ©lĂšbre mise en plis en pĂ©tard qui commencent Ă  grisonner voire Ă  se rarĂ©fier, et le rouge Ă  lĂšvres bien sĂ»r ; c’est la panoplie classique curienne mais qui n’a plus grande importance au regard de l’Ɠuvre. Elle est juste un rappel Ă  la tradition, une fidĂ©litĂ© de l’apparence qui fait partie de l’éthique du bonhomme. Sur sa guitare noire, une ligne de chiffres mystĂ©rieux


    Le groupe a changĂ© sa composition depuis son dernier passage en 2008. Porl Thomson a Ă©tĂ© remplacĂ© par Reeves Gabrels, guitar-heroe qui a connu son heure de gloire avec David Bowie qu’il accompagna brillamment (instrument et compositions) une bonne dizaine d’annĂ©es avec Tin Machine et l’époque Hearthing. Tatouages, cheveux courts et barbichette peroxydĂ©s, il est plus en retrait que lorsqu’il accompagnait Bowie mais il est vrai que Smith est lui-mĂȘme un redoutable guitariste et le crĂ©ateur. Avec David il faisait plus qu’accompagner, il partageait. L’amitiĂ© entre Gabrels et Smith daterait de leur rencontre lors du concert pour les 50 ans de David oĂč dĂ©filĂšrent nombre des rockers amis et inspirateurs du maĂźtre ! En prĂ©sentant Smith lors de cet Ă©vĂšnement, Bowie parla de « one of the best exentric British band Â», ensemble ils jouĂšrent magistralement The Last Thing You Should Do et  Quicksand, Gabrels Ă  leur cĂŽtĂ© !

    Simon Gallup est Ă  la basse quasiment depuis le dĂ©but du groupe, Roger O’Donnell aux claviers pour cette tournĂ©e et Jason Cooper Ă  la batterie. Le light show est modeste, tout est pour la musique. Et quelle musique : presque trois heures d’une set-list historique ; 40 annĂ©es d’hymnes qui ont ponctuĂ© nos vies.

    Evidemment le show est un peu plus tournĂ© vers les tubes que les compositions plus fortes mais aussi plus torturĂ©es. Alors se succĂšdent Push, In Between Days, Just Like Heaven
 Love Song, cette si jolie comptine offerte Ă  Mary le jour de leur mariage : However far away/ I will always love you/ However long I stay/ I will always love you/ Whatever words I say/ I will always love you
 Et, a priori, ils s’aiment encore.

    L’audience, toutes gĂ©nĂ©rations confondues, crie sa joie et danse sans compter mais lorsque retentit la guitare dĂ©chirante de Smith sur One Hundred Years on revient sur la pĂ©riode gothique la plus brillante du groupe : It does’nt matter if we all die
 pas forcĂ©ment la plus optimiste ! Puis le show se termine ensuite sur End.

    Le premier rappel se clĂŽt sur le mystĂ©rieux et envoĂ»tant A Forest: 
I’m lost in a forest/ All alone/ The girl was never there/ It’s always the same/ I’m running towards nothing/ Again and again and again and again
 Un cri qui se perd dans les Ă©toiles de la nuit, scandĂ© par une voix mĂ©tallique Ă©tirĂ©e Ă  l’infini sur une basse obsĂ©dante.

    Deux autres rappels viennent encore prolonger notre plaisir avant que notre Robert Smith s’en retourne en coulisses, guitare en bandouliĂšre, d’un pas lent aprĂšs avoir Ă©voquĂ© avec nous ce soir quelques Ă©tapes de 40 ans d’une inspiration incandescente qui le place au niveau des plus grands.

    Setlist : Open/ All I Want/ Push/ In Between Days/ Primary/ Pictures of You/ High/ Lovesong/ Before Three/A Night Like This/ The Walk/ Just Like Heaven/ Trust/ From the Edge of the Deep Green Sea/ The Hungry Ghost/ One Hundred Years/ End

    Encore I : It Can Never Be the Same/ Burn/ Play for Today (Not planned in the setlist)/ A Forest

    Encore II : Lullaby/ Fascination Street/ Never Enough/ Wrong Number

    Encore III : The Lovecats/ Hot Hot Hot/ Friday I’m in Love/ Boys Don’t Cry/ Close to Me/ Why Can’t I Be You?

    Warmup : The Twilight Sad

    Lire aussi : The Cure – 2008/03/12 – Paris Bercy
  • Un petit village breton accueille des migrants

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    Dans le cadre de la fraternitĂ© française inscrite aux frontons de toutes nos mairies, un petit village breton a acceptĂ© d’accueillir sa part de misĂšre en hĂ©bergeant 30 immigrants venus du camp de Calais dĂ©mantelĂ© il y a peu. Les frais sont pris en charge par le contribuable national. Le conseil municipal a approuvĂ© le principe. Sur 27 conseillers, 24 ont votĂ© pour et trois se sont abstenus. La durĂ©e de cet accord est limitĂ©e dans le temps et, comme l’état d’urgence, sera sans doute renouvelĂ©e aprĂšs les vacances de fin d’annĂ©e pĂ©riode durant laquelle le lieu d’accueil est pris par ses occupants habituels.

    On voit depuis les immigrants se promener dans le froid venteux du bord de mer. Y-a-t-il des dealers de shit dans le groupe ? Peut-ĂȘtre. Des apprentis terroristes ? On ne peut pas l’exclure. Est-ce que ce petit village se serait mieux portĂ© sans devoir accueillir ces personnes ? Sans doute. Mais loin des messages vengeurs et des slogans abrutissants Ă©mis par le microcosme sur Tweeter, on voit que lorsque de vraies dĂ©cisions sont Ă  prendre localement, elles sont prises dans la responsabilitĂ© et la quasi-unanimitĂ©. Jusqu’ici personne n’a cherchĂ© Ă  incendier le centre d’accueil comme ce fut le cas Ă  plusieurs reprises Ă  Paris XVIĂšme.

    Le camp sauvage de migrants Ă  Calais a pu ĂȘtre dĂ©mantelĂ© grĂące Ă  ce sens des responsabilitĂ©s de communes comme ce petit village breton. Il ne va pas ĂȘtre facile d’éviter sa reconstitution Ă  Calais, mais un sort un peu plus humain est rĂ©servĂ© Ă  30 personnes. Cela ne rĂšgle rien sur le long terme, cela crĂ©era peut-ĂȘtre quelques difficultĂ©s localement mais le pire n’est jamais sĂ»r. Si des problĂšmes apparaissent, eh bien des gens intelligents et de bonne compagnie tenteront de les rĂ©soudre dans le calme et la raison.

    C’est en tout cas l’honneur de ces municipalitĂ©s de participer Ă  cet effort national :

    PV du conseil municipal du 9 septembre 2016 – Les migrants de Calais : Monsieur le Maire informe l’AssemblĂ©e de l’information reçue des services de la PrĂ©fecture, relative Ă  l’accord donnĂ© par la Caisse Centrale des ActivitĂ©s Sociales (CCAS) pour accueillir 30 personnes du 10 octobre au 22 dĂ©cembre 2016 sur son site situĂ© Ă  T. Monsieur le PrĂ©fet de dĂ©partement a validĂ© cette offre et l’a faite remonter au PrĂ©fet de RĂ©gion, coordonnateur de la dĂ©marche auprĂšs du ministre de l’intĂ©rieur. Celle-ci intervient dans le contexte du dĂ©mantĂšlement Ă  venir du camp de Calais et l’accueil dans les diffĂ©rents dĂ©partements au sein de centres d’accueil et d’orientation (CAO) créés Ă  cet effet en Bretagne notamment. Les publics concernĂ©s sont des migrants d’origines diverses : afghans, pakistanais, Ă©rythrĂ©ens, irakiens… actuellement Ă  Calais qui se verront proposer des hĂ©bergements provisoires d’une durĂ©e limitĂ©e (entre deux et trois mois) leur permettant de se ressourcer et de repenser leur projet migratoire avec Ă©ventuellement le dĂ©pĂŽt d’une demande d’asile en France. L’hĂ©bergement et alimentation sont pris en charge intĂ©grale par l’Etat selon l’accord passĂ© avec la CCAS, un accompagnement social sur place, financĂ© par l’Etat, est effectuĂ© par l’association COALLIA qui gĂšre dĂ©jĂ  pour l’Etat des CAO sur Saint-Brieuc ainsi que des places d’hĂ©bergement pour demandeur d’asile (CADA) et qui a l’expĂ©rience de gestion de ce type de dispositif et la connaissance de ces publics. La sĂ©curisation du site est assurĂ©e par la prĂ©sence la nuit et le week-end d’un veilleur, et est financĂ©e Ă©galement par l’Etat via COALLIA. Monsieur le Maire ajoute avoir demandĂ© une vigilance particuliĂšre durant le week-end, Monsieur le PrĂ©fet en avisera la gendarmerie.

    LE CONSEIL MUNICIPAL, aprĂšs en avoir dĂ©libĂ©rĂ©, Ă  vingt-quatre voix pour et trois abstentions (Madame XXX, Messieurs YYY et ZZZ)  – EMET un avis favorable au projet d’accueil de 30 personnes au centre de vacances de la CCAS d’EDF dans le cadre du dĂ©mantĂšlement du camp de Calais.

  • Wauqiez fĂ©licite Trump

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    Il fallait bien que Laurent Wauqiez se sente solidaire du nouveau prĂ©sident Ă©lu amĂ©ricain. VoilĂ  qui est fait, sur Tweeter bien entendu, car on ne sait pas bien Ă  ce stade ce que M. Wauquiez retient ou rejette dans le programme de gouvernement de Donald Trump. Les 150 signes de Tweeter permettent d’éviter de trop s’engager sur le fond et offre un rĂ©tropĂ©dalage plus facile le cas Ă©chĂ©ant.

  • La presse continue Ă  tirer le dĂ©bat vers le bas

    Question idiote d’un journaliste crĂ©tin posĂ©e Ă  Christiane Taubira sur France-Inter en ce jour premier anniversaire des attentats terroristes religieux islamistes du 13 novembre Ă  Paris :

    Les 130 victimes sont-elles « mortes pour la France » ou pas ?

    Question du chroniqueur effaré :

    Mais qu’est-ce que l’on vous apprend dans les Ă©coles de journalisme ?

  • Sus Ă  l’assurance santĂ© obligatoire

    Drapeau_Etats-UnisL’arrivĂ©e prochaine au pouvoir Ă  Washington d’un prĂ©sident rĂ©publicain va sans doute marquer les derniers jours de la loi sur l’assurance santĂ© obligatoire mis en place avec difficultĂ© par l’administration Obama. Sur son site web de campagne, l’équipe du prĂ©sident Ă©lu affirme :

    On day one of the Trump Administration, we will ask Congress to immediately deliver a full repeal of Obamacare.

    However, it is not enough to simply repeal this terrible legislation. We will work with Congress to make sure we have a series of reforms ready for implementation that follow free market principles and that will restore economic freedom and certainty to everyone in this country. By following free market principles and working together to create sound public policy that will broaden healthcare access, make healthcare more affordable and improve the quality of the care available to all Americans.

    Ben Carson, un mĂ©decin Ă  la retraite, (trĂšs) conservateur, candidat aux primaires avant de se retirer pour soutenir M. Trump, il pourrait ĂȘtre un possible futur ministre de la santĂ© du nouveau gouvernement, a qualifiĂ© cette loi de « pire flĂ©au depuis l’esclavage ». L’impĂ©trant Ă©tant lui-mĂȘme afro-amĂ©ricain, on mesure l’ampleur du fossĂ© qui sĂ©pare les partisans du dogme libĂ©ral (free market principles) de ceux en faveur de l’intervention de l’Etat dans certains domaines. Ce sera le premier test en grandeur nature des partisans de Dieu et du MarchĂ© contre ces gauchistes bolchĂ©viques que sont ces rĂ©publicains ayant soutenu Hillary Clinton !

  • Leonard Cohen est dĂ©cĂ©dĂ©

    1934-2016
    1934-2016

    Leonard Cohen est décédé cette nuit à 82 ans, quelques semaines seulement aprÚs la sortie de son dernier disque : You Want It Darker. Dans le refrain de la chanson éponyme il répétait :

    Hineni, hineni/ I’m ready, my lord.

    Que la terre lui soit lĂ©gĂšre et son Dieu reconnaissant de la beautĂ© et de puretĂ© qu’il a dĂ©versĂ© sur le chaos de la terre sa vie durant.

    Lire le magnifique article du New York Times sur l’artiste : Leonard Cohen Makes It Darker

    Et les chroniques de quelques concerts parisiens :

  • Les affres du libĂ©ralisme et les Ă©lections dĂ©mocratiques

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    Un nouveau prĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump, remplacera en janvier Barak Obama pour un mandat de quatre ans, voire un second s’il Ă©tait réélu. Trump s’est rendu cĂ©lĂšbre durant la campagne Ă©lectorale plus pour ses vulgaritĂ©s sexistes et ses slogans racistes que pour avoir dĂ©veloppĂ© un programme de gouvernement cohĂ©rent. Evidemment, aprĂšs la hauteur de vue d’Obama, on peut sans doute prĂ©voir que le garçon ne va pas Ă©lever l’esprit et l’intelligence, mais il n’a pas Ă©tĂ© Ă©lu pour ça.

    A priori il a rassemblĂ© les votes de l’AmĂ©rique moyenne dĂ©couragĂ©e d’ĂȘtre l’oubliĂ©e de l’économie libĂ©rale. Le plein emploi affichĂ© aux Etats-Unis est en fait une prĂ©carisation des emplois, sauf ceux de quelques secteurs numĂ©risĂ©s ou financiers. La mondialisation a laminĂ© une bonne partie de l’industrie traditionnelle du pays. La croissance Ă©conomique cache Ă  peine un fantastique accroissement des inĂ©galitĂ©s. Ce sont lĂ  les dommages collatĂ©raux du capitalisme libĂ©ral dont l’AmĂ©rique est l’initiatrice et le premier bon Ă©lĂšve. Les citoyens amĂ©ricains Ă  une nette majoritĂ© ont marquĂ© mardi dernier leur opposition Ă  ce systĂšme crĂ©ateur de richesses et d’inĂ©galitĂ©s.

    C’est lĂ  l’ironie de la situation : un Ă©lu rĂ©publicain veut se mettre en marche pour casser le libĂ©ralisme. Il va lui falloir ĂȘtre persuasif face Ă  la puissance de ceux qui sont les gagnants de ce systĂšme pour le changer ! Accessoirement les sujets de sociĂ©tĂ© devraient Ă©galement ĂȘtre rĂ©formĂ©s : le vice-prĂ©sident affiche ses idĂ©es crĂ©ationnistes, croyant que l’homme a Ă©tĂ© créé par Dieu et non le fruit de l’évolution chĂšre Ă  Darwin, ce qui promet une durĂ©e de vie assez limitĂ©e aux lois rĂ©gissant l’avortement ou l’abolition de la peine de mort.

  • HERR Michael, ‘Putain de mort’.

    Sortie : 1977, Chez : Albin Michel.

    A l’occasion du rĂ©cent dĂ©cĂšs de Michael Herr et des diffĂ©rents conflits « exotiques » qui embrasent actuellement la planĂšte, on relit son chef d’Ɠuvre, « Putain de mort [Dispaches en anglais] ». Il y raconte ses dix-huit mois de pĂ©rĂ©grination comme correspondant de guerre au Vietnam. Il a ensuite collaborĂ© aux scenarii des films « Apocalypse Now » et « Full Metal Jacket ». On y retrouve Ă  chaque fois l’atmosphĂšre hallucinĂ©e de cette guerre effrayante et inutile qui se terminera avec 2 Ă  3 millions de morts. Herr y dĂ©crit la vie des troupes amĂ©ricaines Ă  une Ă©poque oĂč les journalistes pouvaient circuler librement sur les diffĂ©rents fronts en utilisant les hĂ©licoptĂšres de l’armĂ©e comme des bus. On partage la vie de ces gamins appelĂ©s depuis le fin fond de l’AmĂ©rique Ă  se battre contre le « communisme », c’est dire s’ils Ă©taient motivĂ©s
 On assiste au siĂšge de Khe Sanh oĂč combattent ces appelĂ©s et des militaires professionnels, aux bombardements des forces aĂ©riennes amĂ©ricaines Ă  coup de napalm, de dĂ©foliant ou de munitions Ă  fragmentation qui continuent encore d’exploser aujourd’hui. On partage les veillĂ©es de ces soldats au cƓur de la terreur dans la jungle, qui fument des joints en Ă©coutant Hendrix et les Doors avant de mettre leur mortiers en batterie pour tenter de repousser les offensives des troupes vietnamiennes du nord.

    Herr dĂ©crit aussi de façon glaçante certaines personnalitĂ©s Ă©mergeant au cƓur de cette guerre : les Lurps (Longe Range Reconnaissance Patrols) qui partaient Ă  3 ou 4 pour des patrouilles au cƓur de la jungle oĂč les rencontres avec l’ennemi se passaient toujours de façon terrible, les forces spĂ©ciales qui descendaient au cƓur des tunnels creusĂ©s par les nord-vietnamiens pour se protĂ©ger des bombardements et s’y affrontaient sous terre au couteau et dans le noir, les soldats amĂ©ricains qui rempilaient car ne pouvant plus se passer de l’adrĂ©naline gĂ©nĂ©rĂ©e par cette guerre


    Il aborde aussi mais de plus loin la situation des soldats « ennemis » qui vivaient dans des conditions bien pires, animĂ©es par l’esprit de rĂ©sistance mais aussi encadrĂ©s par la police politique du rĂ©gime qui n’Ă©tait pas peuplĂ©e que de poĂštes.

    D’un front Ă  l’autre, les journalistes repassent par l’HĂŽtel Continental de Saigon pour le « repos du guerrier » Ă  grandes rasades d’alcool et d’hallucinogĂšnes.

    Ce rĂ©cit de Michael Herr se dĂ©roule comme un solo de Jimi Hendrix : tragique, heurtĂ©, sombre et beau. La guerre y est dĂ©crite comme elle est : une tragĂ©die ! Et qui s’est terminĂ©e dans le cas du Vietnam comme il Ă©tait probable qu’elle le devait. Le nord communiste a Ă©tendu son aile sur l’ensemble du pays dĂšs que les amĂ©ricains l’ont Ă©vacuĂ© et, 40 ans plus tard, l’Ă©conomie capitaliste est de mise et son gouvernement « communiste » se tourne vers Washington pour sa protection contre l’ogre chinois !

  • L’incompĂ©tence infinie des sondeurs

    Drapeau_Etats-UnisNouvelle dĂ©faite cinglante des sondeurs qui se trompent dans les grandes largeurs aux Etats-Unis oĂč leurs prĂ©visions de rĂ©sultat sont balayĂ©es par la rĂ©alitĂ© Ă  l’élection prĂ©sidentielle : la candidate dĂ©mocrate est nettement battue par le rĂ©publicain qui va donc s’installer Ă  la Maison-Blanche pour un premier mandat de quatre ans.

    La corporation des sondeurs est tellement incompĂ©tente que cela en frise l’escroquerie caractĂ©risĂ©e. Elle se trompe quasiment systĂ©matiquement sur les grands enjeux mais on continue Ă  lui confier des missions et donc du chiffre d’affaires. C’est un contre-exemple de plus comme quoi Monsieur le MarchĂ© peut aussi promouvoir de l’inefficacitĂ© et du vent !

    Accessoirement le futur prĂ©sident des Etats-Unis d’AmĂ©rique est un affairiste qui n’élĂšve pas vraiment la pensĂ©e de par un discours d’une beaufitude assez inattendue mais il n’a pas vraiment pris le temps pour le moment de dĂ©velopper un programme de gouvernement alors jugeons sur ce qu’il fera. Il a Ă©tĂ© Ă©lu dĂ©mocratiquement et on a les dirigeants que l’on mĂ©rite, aux Etats-Unis comme ailleurs.

    Lire aussi : Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

  • La Turquie cherche Ă  rĂ©tablir la peine de mort

    Drapeau_TurquieSuite Ă  la tentative avortĂ©e de coup d’Etat en Turquie qui a fait prĂšs de 300 morts et de nombreux blessĂ©s, le pouvoir cherche Ă  rĂ©tablir la peine de mort « sous la pression du peuple ». Comme il s’agirait principalement de chĂątier les prĂ©sumĂ©s coupables de ce coup, ce rĂ©tablissement devrait ĂȘtre avec effet rĂ©troactif. Comme l’affirme le prĂ©sident de la RĂ©publique avec une dĂ©magogie Ă  faire pĂąlir d’envie Laurent Wauquiez:

    « Ce qui compte n’est pas ce que dit l’Occident mais ce que dit mon peuple »,

    Cette peine capitale avait Ă©tĂ© abolie en 2004 pour pouvoir lancer les nĂ©gociations d’adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne. Son rĂ©tablissement entraĂźnera leur arrĂȘt complet, sans doute pour longtemps. Comme plus grand monde ne croĂźt cette adhĂ©sion possible ni souhaitable des deux cĂŽtĂ©s du Bosphore, la consĂ©quence de cette dĂ©cision, si elle Ă©tait prise, ne ferait qu’entĂ©riner une situation de faits.

    En attendant, la RĂ©publique turque continue aussi son chemin vers un abandon de sa laĂŻcitĂ© et de son orientation vers l’Occident. Le pays est par ailleurs en cours de rĂ©islamisation (tendance sunnite). La question suivante qui va se poser sous peu est le maintien ou non de ce pays dans l’alliance atlantique (OTAN). Le Canard EnchaĂźnĂ© a cru pouvoir affirmer que les Etats-Unis avaient discrĂštement dĂ©placĂ© en dehors du pays les missiles nuclĂ©aires qui y Ă©taient entreposĂ©s ; mesure sans doute prudente en attendant d’y voir plus clair sur le cĂŽtĂ© vers lequel penchera la balance dans les mois Ă  venir !

  • Garbage – 2016/11/05 – Paris Salle Pleyel

    Garbage – 2016/11/05 – Paris Salle Pleyel

    Garbage à la salle Pleyel, le groupe garage-grunge alternatif rue du Faubourg Saint-Honoré, un instant improbable ! Désormais dédiée à la variété et au rock pour concentrer le classique à la Philharmonie de Paris, la salle Pleyel a été reformatée avec une petite fosse au pied de la scÚne et des siÚges et boiseries sombres pour le reste. Alors maintenant les classicos se tapent de monter Porte de Pantin quand les rockers se la coulent douce au centre de Paris en plein XVIIÚme arrondissement. Ou quand la musique joue de la mixité sociale !

    Le show retrace la carriĂšre du groupe avec une setlist dĂ©diĂ©e Ă  tous ses hits et quelques intrusions dans leur dernier disque Strange Little Birds, le tout derriĂšre une vaste tenture rose-mauve oĂč des panthĂšres vues de haut (le symbole du dernier disque) tournent autour du nom GARGAGE. Le groupe a un peu vieilli, plutĂŽt moins que nous d’ailleurs. Mais leur rock est toujours tendu comme un arc alors ne boudons pas notre plaisir d’écouter Shirley en cheveux roses rapper Shut your Mouth Ă  deux pas de la Place de l’Etoile.

    Elle est habillĂ©e d’un poncho-robe noir Ă  fanfreluches portĂ© sur un pantalon blanc Ă  rayures noires verticales (ou l’inverse), coiffĂ©e d’un chignon-dĂ©sordre avant de libĂ©rer sa chevelure lorsque la musique s’échauffera. Une large partie du devant de la scĂšne reste libre pour laisser Shirley la parcourir nerveusement en larges cercles concentriques comme une lionne en cage.
    Les deux guitares lourdes et grasses font vibrer la salle lors des reprises quand Shirley leur laisse le devant de la scĂšne. A grands moulinets de bras et d’effets de manches, les deux guitaristes, aussi bon instrumentaux qu’ingĂ©nieurs-son, font parler la poudre avec un faux air de vrais durs.

    Tout ce show est un peu moins souple et sexy que dans les annĂ©es 90’ mais il s’agit toujours de vrai-bon rock amĂ©ricain de studio agrĂ©mentĂ© du romantisme Ă©cossais live de leur chanteuse qui joue de sa voix et de son minois pour achever de sĂ©duire un public de fidĂšles qui n’en demande pas tant. Ce groupe uni depuis vingt-cinq ans, continue Ă  sortir des disques et Ă  faire des tournĂ©es. Il a la sincĂ©ritĂ© des vrais rockers rivĂ©e au cƓur et avance comme un commando des SEALS soudĂ© face Ă  l’adversitĂ©. Le rĂ©sultat musical est un vrai bonheur : une voix brillante, une personnalitĂ© iconique, une musique tellement Ă©nergique et un groupe diablement efficace, bref, du Rock pur et beau .

    Entendre Shirley dĂ©ployer sa voix vocodĂ©e sur Paranoid et fond de guitares grinçantes reste un grand moment : I think I’m paranoid and complicated/ I think I’m paranoid, manipulated/ Bend me break me/ Anyway you need me/ All I want is you/ Bend me break me/ Breaking down is easy/ All I want is you.

    Setlist

    Subhuman/ I Think I’m Paranoid/ Stupid Girl/ Automatic Systematic Habit/ Blood for Poppies/ The Trick Is to Keep/ Breathing/ Sex Is Not the Enemy/ Blackout/ Magnetized/ Special/ Shut Your Mouth/ Even Though Our Love Is Doomed/ Why Do You Love Me/ Night Drive Loneliness/ Bleed Like Me/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Vow/ Only Happy When It Rains/ Push It

    Encore : Sometimes/ Empty/ #1 Crush

    Warmup : Mensh (duo féminin guitaristes-chanteuses)

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  • La mĂ©moire courte

    Charlie Hebdo - Juin
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    A la machine Ă  cafĂ©, trois trentenaires ignorent tout du passĂ© judiciaire d’Alain JuppĂ© dont le chroniqueur les informe. Le peuple a la mĂ©moire courte et parfois sĂ©lective, surtout quand il s’agit de sujets politiques. C’est sans doute l’une des explications de la difficultĂ© au renouvellement de la classe dirigeante en France. Tout est oubliĂ© !

    Lire aussi Indulgence dans les salons

  • Streetart

     

    Street-Art - Paris - Rue de la Poterne des Peupliers
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    Street-Art - Paris - La Butte-aux-Cailles
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  • ALEXIEVITCH Svetlana, ‘Les cercueils de Zinc’.

    Sortie : 1990, Chez : Titre 16

    Un nouveau rĂ©cit documentaire de cette Ă©crivaine biĂ©lorusse, cette fois-ci consacrĂ© Ă  la guerre soviĂ©tique en Afghanistan, un conflit sordide oĂč des gamins ont Ă©tĂ© envoyĂ©s comme « une avant-garde internationaliste » soutenir un pays « frĂšre » pour lui assurer un « avenir radieux » durant toute la dĂ©cennie des annĂ©es 80′. L’Union soviĂ©tique Ă©tait dĂ©jĂ  moribonde, dirigĂ©e par un quarteron de vieillards idĂ©ologues et cyniques, qui s’imaginaient encore faire surnager leurs vielles lunes marxisantes.

    Il en est rĂ©sultĂ© une guerre qui a ravagĂ© l’Afghanistan soit disant communiste et laminĂ© une gĂ©nĂ©ration de jeunes soviĂ©tiques qui y perdra ses illusions pour ceux qui en revinrent. Il y au 20 mille morts soviĂ©tiques plus de nombreux blessĂ©s, plus d’un million de morts cotĂ© afghan, majoritairement civils. L’Union soviĂ©tique Ă©vacua ce bourbier fin 1989.

    Comme Ă  son habitude Svetlana interroge et Ă©coute, d’anciens combattants soviĂ©tiques et des mĂšres de combattants revenus ou morts au front. Le rĂ©sultat est terrible, les soldats dĂ©crivent cette planĂšte Afghanistan sur laquelle ils dĂ©barquent, non prĂ©parĂ©s et intoxiquĂ©s Ă  la propagande du parti. Sur place ils vivent des heures sinistres et des combats sauvages : ils sautent sur des mines, sont mitraillĂ©s par des snipers aussi mobiles que la puissante armĂ©e soviĂ©tique est inerte, les prisonniers sont massacrĂ©s par les rĂ©sistants islamiques et en retour les commandos soviĂ©tiques se livrent Ă  des atrocitĂ©s. Chacun se bat pour une cause mais il y a un envahisseur et des combattants qui dĂ©fendent leur terre.

    Les soviĂ©tiques perdent rapidement le moral, ils sont de plus mal Ă©quipĂ©s alors ils revendent leurs propres armements Ă  leurs ennemis pour trafiquer, voire s’enrichir avant la quille. On retrouve dans ces rĂ©cits les souvenirs des soldats amĂ©ricains au Vietnam, ou français en AlgĂ©rie. Les contextes et les Ă©poques sont diffĂ©rents, mais la fin est toujours la mĂȘme, que ce soit les guerres d’indĂ©pendance ou les conflits idĂ©ologiques, les envahisseurs repartent panser leurs plaies au bout d’un moment aprĂšs la signature d’un vague traitĂ© de paix ou d’indĂ©pendance, bafouĂ© dĂšs qu’ils ont le dos tournĂ©.  Le traumatisme national pour le pays envahisseur/colonisateur met plusieurs siĂšcles Ă  s’attĂ©nuer, celui du pays envahi/colonisĂ© est tout aussi durable. Les haines ne s’effacent jamais plus.

    Svetlana fait aussi parler nombre de mĂšres orphelines de leurs enfants morts en Afghanistan. Ce sont chaque fois les mĂȘmes cris de douleurs et d’incomprĂ©hension face Ă  la mort de leurs petits, souvent dans des conditions effroyables, et tout ça pour quoi ? Pour une dĂ©route.
    Les derniers chapitres est consacrĂ© aux attaques violentes dont a Ă©tĂ© victime Mme. Alexievitch de la part d’associations d’anciens combattants qui l’ont accusĂ©e, y compris en justice, de les avoir fait passer dans ce livre pour des tueurs-violeurs alors qu’ils dĂ©fendent n’avoir fait que leur devoir, appelĂ©s par la patrie. Ils dĂ©fendent leur statut de hĂ©ros mais au fond elle les dĂ©crit comme des victimes.

    Ces guerres coloniales ont toujours Ă©tĂ© des dĂ©sastres, celle d’Afghanistan lancĂ©e dans les annĂ©es 80′ continue aujourd’hui Ă  gĂ©nĂ©rer ses effets mortifĂšres sur la planĂšte.