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  • SPIANTI Christine, ‘Patti Smith – la poétique du Rock – New York 1967-1975’.

    Sortie : 2016, Chez : Maurice Nadeau.

    Retour sur le coté poétesse de Patti Smith qui avant de se produire sur les scènes rock, fréquentait les inspirateurs de la beat-génération dans les rues de New York et le bar du Chelsea Hôtel des années 70′. Christine Spianti marche sur les pas de son héroïne en adoptant le style du tutoiement, elle retrace les étapes franchies par Patti jusqu’à la sortie de « Horses » : son obsession pour l’art et la création, sa cohabitation avec Robert Mapplethorpe, ses rencontres avec Sam Shepard, Allen Ginzgerg, Jimi Hendrix…, ses lectures poétiques dans les cafés littéraires underground, ses soirées au Max’s Kansas City, au CBGB, ses collages et ses poèmes… Bref, un dictionnaire amoureux des années bohème de la jeunesse de Patti Smith, émouvant et admiratif.

  • Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2016/07/16 – Paris Bercy

    Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2016/07/16 – Paris Bercy

    Bruce Springsteen et son E-street band sont de retour à Paris-Bercy dans le cadre d’une tournée anniversaire de l’album The River sorti en 1980. Du coup ils rejouent intégralement ce disque de légende, l’hymne d’une génération, plus quelques « bricoles » légendaires de leur immense répertoire, soit trois heures et demie d’un show endiablé devant une assistance déchainée et aux anges.

    Un concert de Springsteen est un puissant antidépresseur tant l’énergie dépensée, la magie de ce rock puissant et la justesse des textes portent à vouloir profiter de chaque instant pour aller jusqu’au suivant, mais c’est aussi un moment d’émotion car quarante ans de vie sont passés bercés par cette musique. Alors si Bruce et les siens ne produisent plus vraiment de nouveautés de cette envergure, on les remercie sans fin de continuer à être pour jouer et rejouer ces morceaux marqueurs de nos existences !

    C’est le deuxième show parisien, celui du 11 juillet a été interrompu de longues minutes par une panne d’électricité totale. Rien de tel ce soir malgré des pics de consommation quand les 15 musiciens sont sur le front de scène face à 15 000 spectateurs qui reprennent en chœur Hungry Heart… Sur I Wanna Mary You il fait monter deux amoureux sur scène qui se demandent ne mariage l’un l’autre, sur The River, bouleversant hommage à la vie de working class hero de sa sœur il sort son harmonica déchirant et nous brise le cœur une nouvelle fois, puis Roy déploie des arpèges un peu clinquantes sur son piano à queue pour introduire le poignant Point Blank, et le double vinyle est ainsi déroulé de bout en bout devant une foule assoiffée de rock.

    Comme ils n’allaient pas s’arrêter là, les musiciens enchaînent ensuite un medley de hits interplanétaires, de Badlands à Born to Run en passant par Dancing in the Dark, avant, épuisés et sereins, de rendre les armes après 32 chansons, 3h40 de concert. Le Boss revient pour un seul rappel acoustique sur Thunder Road :

    Climb in back
    Heaven’s waiting on down the tracks
    Oh-oh come take my hand
    Riding out tonight to case the promised land
    Oh-oh Thunder Road, oh Thunder Road oh Thunder Road
    Lying out there like a killer in the sun
    Hey I know it’s late we can make it if we run
    Oh Thunder Road, sit tight take hold
    Thunder Road.

    De la sueur, de la poésie, de l’électricité et de l’amour, Bruce Springsteen continue à transcender les foules et les générations. Quel bonheur, quelle puissance, quelle beauté !

    Setlist

    Iceman (tour debut)/ Lucky Town/ The Ties That Bind/

    The River

    Sherry Darling/ Jackson Cage/ Two Hearts/ Independence Day/ Hungry Heart/ Out in the Street/ Crush on You/ You Can Look (But You Better Not Touch)/ I Wanna Marry You/ The River/ Point Blank/ Cadillac Ranch/ I’m a Rocker/ Fade Away/ Stolen Car/ Ramrod/ The Price You Pay/ Drive All Night/ Wreck on the Highway

    Le reste

    Badlands/ The Promised Land/ Growin’ Up/ Because the Night (Patti Smith Group cover)/ The Rising/ Born in the U.S.A./ Born to Run/ Dancing in the Dark/ Tenth Avenue Freeze-Out/ Shout (The Isley Brothers cover)
    Encore:
    Thunder Road

  • Les commerçants à l’assaut des médias publics

    CH_20151014_Matmut

    Insidieusement, l’air de rien et dans la discrétion, les commerçants sont en train de ré-envahir les médias publics. Les radios étaient autorisées à diffuser des « messages institutionnels », campagne de sécurité routière, anti-tabac, etc. mais avaient d’ailleurs une vue très élargie du concept « institutionnel » puisque l’on y entendait des sociétés cotées en bourse mais qui sous prétexte qu’elles avaient aussi une nature mutualiste étaient autorisées à diffuser leurs réclames purement commerciales sur les ondes pour fourguer leurs produits aux auditeurs-consommateurs.

    Les vannes ont été de nouveau ouvertes et mis à part pour France-Culture, France-Musique et FIP, les commerçants sont de nouveau dans la place en agaçant l’oreille des auditeurs avec leurs messages abêtissants et horripilants. Les deux principes guidant ces publicités sont la répétition et le côté débilitant (voix geignardes, historiettes infantilisantes), la meilleure illustration sont les messages actuels de Vinci et de la Matmut.

    Il n’y a plus de publicité commerciale sur la télévision publique après 20h suite à la courageuse décision du pouvoir précédent. Il est à craindre que ce média ne soit autorisé un jour prochain à suivre le chemin des radios… Face aux restrictions budgétaires et à défaut de savoir ajuster les dépenses aux recettes (redevance audiovisuelle), on transfère la charge du contribuable vers le consommateur. Triste époque !

  • Produits à la dérive

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    Le maillot de l’équipe de France de fouteballe modèle « Match France Domicile 2016/17 » est vendu 140,00 EUR sur le site web de la fédération française de ce ballon assorti du message suivant :

    Fans des Bleus, supportez l’Equipe de France lors de l’UEFA Euro 2016 avec le nouveau maillot domicile Match en coloris bleu !

    Identique à celui porté par les joueurs lors des matchs officiels, ce maillot est idéal aussi bien pour jouer au foot que pour soutenir les Bleus pendant leurs matchs !

    Avec ce nouveau maillot, Nike innove avec la technologie AeroSwift : une nouvelle fibre haute performance qui rend ce maillot ultra-léger et apporte une ventilation idéale lors de l’effort.

    Soutenez Pogba, Griezmann, Matuidi et tous les joueurs de l’Equipe de France avec ce maillot de foot incontournable en 2016 !

    Notons que le modèle blanc « Match FFF Extérieur Euro 2016 badge UEFA » est à 149,90 EUR quand celui indiqué comme « Stadium FFF Domicile Euro 2016 badge UEFA » n’est qu’à 94,90 EUR.

    Le prix des places du match d’ouverture étaient vendues entre 75,00 et 595,00 EUR, ceux de la finale entre 85,00 et 895,00 EUR.

    Rappelons enfin que cette compétition est subventionnée par le contribuable français puisque des ministres inconséquents ont octroyé des exonérations fiscales très larges aux entités organisatrices de ces jeux du stade.

    Lire aussi L’escroquerie fouteballistique se poursuit !

  • Street-art

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    Paris – boulevard Auguste Blanqui

  • d’ORMESSON Jean, ‘C’est une chose étrange à la fin que ce monde’.

    Sortie : 2010, Chez : Robert Laffont.

    Au crépuscule de son existence joyeuse, Jean d’Ormesson met sur le papier les questions qu’il s’est posées sa vie durant : le début du monde, la cosmologie, le temps, Dieu, la vie, la mort et l’après. C’est du d’Ormesson pur jus : élégant et futile, l’homme comme toujours s’écoute un peu parler en faisant le chien savant, mais on partage bien sur ses interrogations dîtes avec tant d’élégance et de légèreté : « Passagère et précaire, affreusement temporaire, coincée entre un avenir qui l’envahit et un passé qui la ronge, notre vie ne cesse jamais de se dérouler dans un présent éternel -ou quasi éternel- toujours en train de s’évanouir et toujours en train de renaître. »

    Quelques évidences au passage, dans un océan de doutes : « Pour un croyant, la vie consiste à se préparer à la mort. A la limite, croire en Dieu, c’est préférer la mort à la vie. » Voici au moins une sentence qui percute l’actualité !

  • Cris et hurlements

    CH_20160210_Hanouna

    Un match de fouteballe se déroule ce soir opposant la France à l’Allemagne pour une demi-finale de compétition de pousseurs de ballon mal-coiffés et surpayés. Tout le quartier du chroniqueur est envahi par des supporters avinés qui hurlent et chantent (faux) la Marseillaise à tout bout de champ jusqu’à 4 heures du matin.

    Comment et pourquoi une nation incapable de se mettre d’accord sur la simple réforme de son code du travail peut-elle faire preuve d’un tel unanimisme sur le superficiel ? C’est le résultat d’une génération de citoyens abrutis par les journaux de TF1, la télé-réalité, les chroniques de Guillaume Roquette, les slogans sur Tweeter de Laurent Wauquiez et de Jean-Luc Mélanchon, bref par trente années durant lesquelles on a privilégié la polémique sur le débat, le simplisme sur les idées, la beaufitude sur l’intelligence. C’est une génération perdue qui gère sa vie avec un aïephone plutôt qu’avec des neurones. Nous (les générations au-dessus) avons notre part de responsabilité dans cette dérive : nous n’avons pas su canaliser les années fric ni le spectacle affligeant de dirigeants (publics ou privés) irresponsables quand ils ne sont pas corrompus, nous avons oublié de donner l’exemple et négligé les générations futures.

    Alors que faire : eh bien il faut reprendre le combat pour la raison et contre la connerie : avec nos enfants et notre entourage, au bureau et dans les dîners en ville, préférer la littérature à la téloche, Michel Rocard à Laurent Wauquiez, la culture à la polémique, Le Monde à L’Equipe, la bienveillance au cynisme, le raisonnement à la dérision. Et puis il faut donner l’exemple, arrêter de se plaindre pour tout et n’importe quoi, mettre fin au nombrilisme érigé en mode de fonctionnement, savoir reconnaître ce qui va et ce qui est beau. L’intelligence et la poésie reprendront le dessus.

  • Démissions en série à Londres

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    Dans la foulée du référendum britannique ayant décidé la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, deux des principaux élus qui ont mené la bataille pour ce départ démissionnent de leur poste. Après avoir agité les chiffons rouges sous les yeux de Mme. Smith et l’avoir persuadée que tous ses malheurs sont dus « aux immigrés, aux accords de Schengen,… » ils la laissent se débrouiller avec les conséquences de son vote.

    Boris Johnson a renoncé à briguer le poste du premier ministre qui devra négocier les nouvelles conditions de coopération entre le Royaume et l’Union. Nigel Farage, patron du parti UKIP explique que son objectif de faire sortir son pays de l’Union étant maintenant atteint, il ne lui reste plus qu’à contrôler que le futur gouvernement conservateur qui devra négocier le divorce le fasse sans trop de faiblesse.

    Quand à David Cameron, dirigeant conservateur aux convictions insulaires, il a joué avec le feu : après avoir critiqué des années durant l’Union européenne responsable désigné de tous les malheurs britanniques il propose d’organiser un référendum pour demander à ses électeurs s’ils veulent ou non rester dans cette union hétéroclite. Quelques jours avant l’échéance et après avoir arraché quelques ultimes passe-droits pour son pays, il change d’avis et se met soudain dans le camp du maintien… Bref, une politique à la petite semaine, des idées qui évoluent avec les retournements de veste au hasard des intérêts partisans, il ne faut pas s’étonner que les électeurs aient déjoué les attentes.

    Selon le résultat auquel aboutira ce changement, Cameron devra sans doute rendre des comptes pour son inconséquence, ou au contraire empocher les dividendes d’un coup de poker qui équivaut à un saut dans l’inconnu mais peut se révéler positif.

    En attendant, aucun des candidats favorables au départ ne semble avoir prévu un programme sur le jour d’après, sinon de se débiner de leurs responsabilités !

  • Terrorisme religieux islamiste en Irak

    Environ 140 morts dans un attentat suicide revendiqué par le groupe Etat Islamique à Bagdad. C’est la communauté religieuse chiite qui est visée par ce groupe défendant l’idéologie sunnite. Un terroriste se fait exploser dans un camion chargé d’explosif dans un quartier commercial de la ville où se pressaient des habitats faisant des courses pour le repas du soir du Ramadan.

  • Mogwai – 2016/07/03 – Paris la Philharmonie

    Ciné-concert dans le cadre du festival Days Off à la Philharmonie de Paris, le groupe écossais Mogwai joue en direct sur la présentation du film « Atomic : Living in Dread and Promise » réalisé par Mark Cousins. Film étrange et terrifiant sur l’énergie nucléaire dans ses bons et pires aspects. Habitué des bandes-son, le groupe avait déjà mis en musique un documentaire sur le footballeur Zidane. Aujourd’hui, le sujet est plus grave.

    La musique est à l’unisson avec la puissance malfaisante et inquiétante de l’atome. Habitués des longues plages instrumentales, les musiciens de Mogwai trouvent ici l’occasion rêvée d’exprimer leur inspiration électronique, parfois planante, parfois vigoureuse. Et alors que défilent à l’écran les images de la propagande nucléaire, ils jouent cachés dans l’obscurité sous l’écran, un peu à la façon du cinéma muet d’antan lorsqu’un orchestre mettait en musique des films alors que la pellicule ne savait pas ajouter le son à l’image.

    Atomic_2016Le groupe s’est produit à Hiroshima il y a quelques années et en est revenu concerné par l’atome. Sa réalisation de la bande-son de ce film en est aussi la conséquence. Leur musique pure et éthérée sait dire l’espoir et la dévastation qui sont la marque du documentaire qu’ils font parler, ajoutant leur propre interprétation et guidant celle de l’audience.

    Les musiciens s’éclipsent à la fin du film et laissent les spectateurs face à leurs pensées. On ne sait plus trop sur quel pied danser après ce spectacle bionique.

  • God save the Queen

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    Alors que son peuple a voté pour la sortie de l’Union européenne, la Reine du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord répond aux politesses du vice premier ministre nord-irlandais :

    Well, I am still alive!

    L’humour à froid sauvera les britanniques.

  • Terrorisme religieux islamiste au Bangladesh

    20 morts dans un restaurant de Dacca fréquenté par des expatriés suite à une attaque d’une dizaine de terroristes religieux. Les étrangers auraient été assassinés à l’arme blanche par les assaillants. Le groupe Etat Islamique a cette fois-ci revendiqué assez rapidement cette attaque « contre les citoyens d’Etats croisés ».

  • LEMAITRE Pierre, ‘Au revoir là-haut’.

    Sortie : 2013, Chez : Le Livre de Poche n°33655.

    Inspiré de faits partiellement réels, ce roman, prix Goncourt 2013, raconte l’incroyable histoire de deux poilus rescapés de la Grande Guerre, dont l’un avec une « gueule (très) cassée », qui vont monter une escroquerie pour survivre dans le monde de l’après-guerre.

    On suit l’intrigue haletante de ces deux camarades de tranchées qui vécurent ensemble la terreur sous les bombes « boches » pour revenir à la vie civile dans un total dénuement, marqués à jamais par ces batailles. Ils vont y poursuivre leur solidarité de combattants, mêlant désespoir et illusions, fréquentant des milieux oh combien différents mais se retrouvant finalement dans le cynisme et une aventure qui se terminera de façon mitigée.

    Ce n’est pas de la grande littérature mais c’est un roman bien mené et documenté, plaisant à lire.

  • Le Royaume-Uni veut sortir de l’Union européenne

    Drapeau_UK

    Un référendum organisé au Royaume-Uni jeudi dernier par des gouvernants calculateurs abouti à un vote majoritaire en faveur de la sortie du pays de l’Union européenne. Le continent est en émoi. Mme. Michu et le monde médiatique français rivalisent en commentaires et prévisions de Café du commerce.

    Disons le tout de suite et tout net : depuis un siècle les britanniques sont les vrais amis de la France dans l’Europe géographique. Le royaume a mis le coup d’arrêt souhaitable à la folie conquérante et sanguinaire de Napoléon. Depuis ils furent à nos côtés chaque fois que la situation l’exigeât : de la bataille de la Somme en 1916 à l’invasion allemande de 1940, en passant par la reconquête de l’Afrique du Nord en 1942, ils sont venus combattre sur notre sol et au-delà pour défendre notre liberté. Depuis nos dirigeants et nos peuples ont toujours su s’entendre sur les sujets majeurs. Ils ont pardonné Vichy, nous avons estompé les tristes souvenirs de Fachoda et de Mers-el-Kebir, nos politiciens ont manœuvré les uns contre les autres dans les empires vieillissants et concurrents, puis à Bruxelles où s’affrontèrent des idées libérales britanniques contre celles plus étatiques de la France jacobine, mais malgré tout Paris et Londres sont de vrais amis et le resteront.

    Accessoirement le Royaume-Uni a engendré parmi les plus grands créateurs de la musique Rock et diffuse la bande son de la jeunesse européenne depuis les années 60’.

    Alors le pays va sortir de l’Union européenne puisque la majorité de ses électeurs en a décidé ainsi suite à l’organisation d’un référendum décidé par un pouvoir conservateur en mal de convictions. Est-ce une bonne nouvelle ? Certainement non. Un drame ? Pas plus. La séparation va s’organiser entre gens intelligents et de bonne compagnie, un mode de fonctionnement sera arrêté entre les parties et personne n’est capable de prédire à ce jour si les conséquences en seront favorables, défavorables ou neutres. Ceux qui s’y risquent aujourd’hui sont des inconséquents.

    De façon plus fondamentale on peut s’interroger sur les vraies raisons qui ont poussé les britanniques à préférer continuer seuls leur destin plutôt qu’en groupe et le risque de voir cette position déteindre sur d’autres pays membres ? On peut affirmer sans trop de risques de se tromper que c’est l’une des conséquences de l’avachissement général de nos sociétés occidentales où l’on privilégie les slogans sur les idées, les affrontements personnels sur les débats politiques, bref, où l’on donne la parole au Café du commerce plutôt qu’à l’intelligence ! A force de faire des programmes en 140 signes sur Tweeter, de crier haro sur Bruxelles rendue responsable de tous les maux nationaux, de scander « c’est la faute aux immigrés », « c’est la faute à Schengen », « fermons les frontières », « y-a trop de libéralisme », « y-a trop de réglementations » etc. etc., Mme. Smith s’est faite balloter entre les mensonges factuels, les tricheries idéologiques, les rivalités de plateaux télévisés et elle a finalement voté pour mettre fin à la participation britannique au projet européen. Les pourfendeurs de l’Europe étaient en première ligne alors que les défenseurs restaient aux abonnés absents. En France, Mme. Michu pourrait aisément suivre la même voie si on lui posait la même question vu la pauvreté consternante du débat hexagonal.

    C’est ainsi et il faut maintenant gérer la sortie britannique au mieux des intérêts des uns et des autres. Le Royaume-Uni garde sa diplomatie d’une redoutable efficacité ainsi qu’une capacité de nuisance certaine pour les négociations au long cours qui s’annoncent. Un point de faiblesse pour Londres réside peut-être dans la volonté de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord de faire cavaliers seuls, au besoin en demandant leurs indépendances. Le cas est improbable mais s’il advenait le processus de sortie de l’Union européenne enclenché le 23 juin dernier aboutirait également au démantèlement du Royaume. Les responsables politiques conservateurs qui l’ont initié devront alors en assumer les conséquences dont on a du mal à imaginer qu’elles puissent être positives pour la Couronne, mais qui sait ?

    Pour le moment les marchés financiers dont on connait les piètres compétences en matière d’anticipation s’agitent un peu. Les spéculateurs spéculent à la hausse comme à la baisse, c’est leur métier et ils sont généralement programmés pour vendre en cas d’incertitude, comme un caniche lève la patte quand il croise un platane. Rien de grave, ils s’en remettront. Ceux qui avaient spéculé à la baisse ont empoché leurs gains et ceux qui avaient spéculé à la hausse sont en train de se refaire puisque le marché financier de Londres a déjà récupéré en une semaine la perte enregistrée depuis le résultat du référendum.

    La politique ne se fait pas à la corbeille disait MonGénéral. L’avenir va se jouer maintenant à 1 contre 27 et le plus faible ne sera pas forcément celui que l’on croit. Il conviendrait que les 27 restent fermes sur le nouveau statut à accorder au Royaume-Uni et que les actes politiques des élus et des citoyens britanniques soient suivis de conséquences tangibles. Ce serait au moins une innovation à empocher : la responsabilisation des Etats et des citoyens !

    Nous parlions de MonGénéral ! Rappelons-nous ce qu’il disait en 1963 :

  • Terrorisme, sans doute religieux, à Istanbul

    Drapeau_TurquiePrès de 45 morts et 250 blessés à l’aéroport d’Istanbul suite à une attaque suicide de trois terroristes ce 28 juin 2016 qui tirent sur la foule puis se font exploser avec leurs ceintures d’explosifs dans le hall des départs. L’attentat n’a pas encore été revendiqué mais il est probable qu’il soit la suite de ceux de Paris et de Bruxelles commis dans des conditions similaires. La Turquie étant confrontée également à des vagues terroristes de mouvements extrémistes kurdes il peut y avoir encore quelques doutes sur l’origine de celui d’aujourd’hui.

  • « Chopin au Jardin – 2016 » au jardin du Luxembourg (Jean-Marc Luisada, piano)

    « Chopin au Jardin – 2016 » au jardin du Luxembourg (Jean-Marc Luisada, piano)

    Au jour et à l’heure d’un match de ballon entre une équipe de France et on ne sait plus trop qui, il restait encore quelques citoyens pour préférer assister au festival Chopin au jardin du Luxemburg plutôt que de déguster des pizzas molles devant leur télévision. Ils purent ainsi écouter le délicat récital de Jean-Marc Luisada installé sous le kiosque à musique.

  • Bonne nouvelle, la CGT sait lire

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    Le conflit encours sur le projet de loi « Travail » montre au moins une chose : les syndicats ouvriers savent lire et comprendre ce qu’il y a entre les lignes ! L’objectif général répété en boucle depuis des années par les syndicats patronaux et les responsables politiques est de rétablir la compétitivité des entreprises en baissant le coût du travail. Baisser le coût du travail cela veut dire (i) que l’on va travailler plus pour le même salaire ou autant pour un salaire inférieur et (ii) que l’on va diminuer massivement les prestations sociales financées sur le travail (assurances maladie, chômage et vieillesse), car si l’on veut baisser les prélèvements sociaux il va bien falloir que l’on diminue aussi les prestations sociales financées par ces prélèvements, y compris les retraites.

    Baisser le coût du travail cela veut dire une diminution du niveau de vie moyen mais avec l’espoir de voir le chômage reculer et plus de travailleurs revenir à l’emploi. Une fois rétabli le plein emploi les salaires pourraient recommencer à grimper si l’offre de travail est inférieure à la demande. C’est une autre façon de partager le marché du travail : alors que la loi sur les 35 heures limitait la quantité (les heures travaillées) pour mieux répartir les travailleurs sur marché (avec des résultats mitigés) le projet actuel est d’augmenter la demande de travail en en limitant le prix unitaire (celui de l’heure de travail) ce qui devrait ouvrir le marché du travail à plus de chômeurs. C’est une opposition théorique classique entre les tenants de l’Etat qui administre l’offre et la demande (dont le Gosplan soviétique est le pire exemple) et les libéraux qui laissent Monsieur le Marché trouver le point d’équilibre entre l’offre et la demande par le prix (dont les salaires et bonus démesurés versés certains pédégés et fouteballeurs illustre les excès).

    Nombre de pays européens ont cherché à baisser ce coût du travail en précarisant l’emploi : en baissant le prix on a accru la demande, c’est un principe assez simple de l’économie libérale, généralement compris de la majorité. Ce qui est beaucoup moins bien entendu, et en tout cas très peu expliqué par les dirigeants et les médias, c’est que baisser le coût du travail veut dire que celui-ci va être moins rémunéré.

    Cette fameuse inversion de la hiérarchie des normes introduite dans le projet de loi permettra aux accords d’entreprises de s’imposer à la loi dans certaines conditions et dans des domaines très limités, notamment celui du paiement des heures supplémentaires. Imagine-t-on un seul instant que lorsque de tels accords émergeront ils puissent être plus favorables que la loi ? Evidemment non, ils seront dans leur immense majorité moins favorables et c’est ainsi que l’on baissera le coût du travail.

    La CGT et les syndicats contestataires l’ont bien compris et ils se battent avec outrance contre ce projet de loi avec leurs moyens de lutte habituels. Le syndicat patronal est aux abonnés absents, laisse le gouvernement actuel batailler et faire comprendre aux français que leur niveau de vie moyen va devoir baisser pour rétablir la compétitivité des entreprises !

    Chacun est dans son rôle en faisant assaut de faux-jetonnerie, de slogans grandiloquents et refusant d’expliquer la vraie vie car la baisse de la rémunération du travail n’est jamais un argument électoral très porteur pour des syndicats ou des gouvernements.

  • GARY Romain, ‘Le sens de ma vie’.

    GARY Romain, ‘Le sens de ma vie’.

    Sortie : 2014, Chez : folio 6011.

    Script d’une interview radio donnée par Romain Gary en 1980 quelques mois avant qu’il se donne la mort, le 2 décembre 1980, ce texte permet de revenir sur le parcours flamboyant de cet homme exceptionnel. Emigré russe « blanc » à Nice avec sa mère après avoir traversé l’Europe agitée par la révolution bolchévique d’entre les deux guerres, aviateur durant la seconde, il rallie Londres et le Général de Gaulle en 1940, intègre la Royal Air Force, commence à écrire entre deux missions de bombardement, devient diplomate après la libération tout en continuant à publier, épouse une actrice de la Nouvelle Vague, touche au cinéma et, surtout, porte un regard lucide sur le monde de sa génération à travers des romans visionnaires (« Les racines du ciel » prix Goncourt, « Adieu Gary Cooper »,…) et des récits autobiographiques dans lesquels il revient souvent sur la relation avec sa mère (« La promesse de l’aube ») qui l’a porté dans son ambition et fait partager son amour respectueux pour la France.

    Romain Gary fut un véritable héros et un grand écrivain, il publia même sous le pseudonyme d’Emile Ajar et obtint un second prix Goncourt avec « La vie devant soi », la manipulation n’étant révélée qu’après sa mort.

    Ce texte de fin de vie est celui d’un homme revenu de bien de ses illusions, conscient du déclin de l’Occident. Ce désespoir lucide est poignant surtout que l’on sait maintenant que cet auteur majeur mis fin à ses jours peu de temps après.