Le conseil des ministres malien a dĂ©cidĂ© dâune sĂ©rie de promotions de cinq galonnĂ©s, Ă commencer par le colonel GoĂŻta, chef de lâEtat malien arrivĂ© au pouvoir en 2021 via deux coups dâĂ©tat militaires en 2021, nommĂ© gĂ©nĂ©ral dâarmĂ©e sans passer par les grades intermĂ©diaires.
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« Chefs-dâĆuvre de la Galerie BorghĂšse » au musĂ©e Jacquemard-AndrĂ©
Le musĂ©e Jaquemart-AndrĂ© rouvre aprĂšs un an de travaux. Le visiteur ne voit dâailleurs pas vraiment de changement par suite de cette rĂ©novation qui devaient sans doute concerner plus la structure du bĂątiment que son apparence comme intĂ©rieure. Lâexposition de rĂ©ouverture est le fruit dâun partenariat avec la Galerie BorghĂšse de Rome qui a prĂȘtĂ© une quarantaine dâĆuvres Ă Paris.
Câest lâoccasion de retracer le parcours de Scipion Caffarelli-Borghese (1577-1633), cardial romain qui fit construire la fameuse Villa BorghĂšse devenue dĂ©sormais un musĂ©e dans lequel est exposĂ© la richissime collection accumulĂ©e par le cardinal grĂące Ă sa fortune accumulĂ©e via les taxes papales. On plonge ici au cĆur de lâart de la Renaissance sous toutes ses formes. Les visiteurs peuvent admirer une formidable galerie de portraits de RaphaĂ«l, Titien, Le Caravage, et mĂȘme de Rubens et quelques peintres europĂ©ens du Nord Ă©tant passĂ©s par Rome. Ce sont des hommes et femmes de pouvoir qui sont portraiturĂ©s : nobles, bourgeois ou artistes. Les visages de ces personnages sont le plus souvent reprĂ©sentĂ©s sur un fond sombre mettant en valeur la finesse de leur reprĂ©sentation et le choix subtil des couleurs. Dâailleurs les murs sur lesquels sont accrochĂ©s les tableaux rĂ©partis dans huit piĂšces sont aussi peint en couleurs foncĂ©es, on se croirait dans lâobscuritĂ© de Saint-Agostino devant un CaravageâŠ
Evidemment les grandes sculptures prĂ©sentes dans la Villa BorghĂšse ne peuvent pas ĂȘtre transportĂ©es en dehors de la Rome alors seuls quelques exemplaires des plus petites sont Ă Paris pour cette exposition dont une de Bernini.
Câest un peu de la magie de Rome qui a Ă©tĂ© transportĂ©e boulevard Haussmann !
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« Lee Miller » dâEllen Kuras
Une production amĂ©ricaine avec ses biais habituels, notamment un peu de grandiloquence, mais un film qui a le grand mĂ©rite de faire porter le projecteur sur la photographe Lee Miller (1907-1977), une personnalitĂ© intĂ©ressante et Ă©mouvante qui a parcouru le XXe siĂšcle et ses tragĂ©dies, dont elle ne sâest jamais vraiment remise, aggravĂ©es par ses propres drames qui ne sont Ă peine abordĂ©s dans le film dont son viol alors quâelle Ă©tait encore enfant.
EmigrĂ©e des Etats-Unis vers lâEurope en tant que mannequin, elle devient photographe, rencontre les surrĂ©alistes Picasso, Cocteau, Eluard et Nush (qui apparaissent dans le film), devient la collaboratrice et amante de Man Ray, puis le quitte, rĂ©alise des photos de mode, se substitue Ă Man Ray dans nombre pour de ses commandes, repart aux Etats-Unis, revient au Royaume-Uni lorsque la IIe guerre mondiale Ă©clate. Elle fait lâimpossible pour ĂȘtre reconnue comme reporter de guerre pour Vogue et avoir accĂšs au front, accĂšs qui Ă©tait alors refusĂ© aux femmes. Finalement elle est envoyĂ©e Ă lâĂ©tĂ© 1944 Ă Saint-Malo oĂč les combat entre les alliĂ©s et les Allemands font encore rage. Elle va suivre lâarmĂ©e amĂ©ricaine dans sa marche vers lâEst, photographier lâouverture des camps de concentration de Dachau et Buchenwald en avril 1945 oĂč elle dĂ©couvre lâindicible. Ses photos des dĂ©portĂ©s, survivants et morts, sont tellement effrayantes que Vogue refusera de les publier au Royaume-Uni. Elles ne seront dĂ©voilĂ©es que dans lâĂ©dition amĂ©ricaine de Vogue. Le jour oĂč Hitler se suicide Ă Berlin, elle accĂšde Ă la demeure privĂ©e du FĂŒhrer Ă Munich et fait prendre par son collĂšgue-amant de guerre une photo dâelle en train de se baigner dans la baignoire dâHitler !
La suite est tout aussi tragique. Lee sombre dans lâalcool et ses dĂ©pressions se succĂšdent. En 1947 elle a un fils, Anthony, avec Roland Penrose dont elle partageait la vie Ă Londres en 1940. Elle continue son activitĂ© de photographe de façon intermittente. AprĂšs son dĂ©cĂšs en 1973 Anthony veille sur lâĆuvre de sa mĂšre (60 000 clichĂ©s). Selon le scĂ©nario il dĂ©couvre ces photos aprĂšs son dĂ©cĂšs et rĂ©alise le parcours suivi par sa mĂšre au cĆur de la barbarie europĂ©enne. Ces photos seraient restĂ©es relativement anonymes durant lâaprĂšs-guerre jusque dans les annĂ©es 1970, une Ă©poque durant laquelle il est vrai les horreurs de la guerre nâont guĂšre Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es ni Ă©tudiĂ©es.
Un film dispensable sur une femme exceptionnelle qui a dĂ©veloppĂ© une Ă©nergie hors du commun pour rendre compte du choc de la guerre. Elle y laissĂ© son Ăąme. En quittant la salle de projection, les spectateurs sâinterrogent sur les hasards du destin qui transforme une femme issue du milieu Ă©phĂ©mĂšre de la mode en une reporter de guerre restĂ©e un modĂšle pour toute une profession.
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« Musée Le Vergeur » à Reims
Hugues Krafft (1953-1935) est un bourgeois dâorigine allemande, nĂ© Ă Reims, de familles (paternelle comme maternelle) richement dotĂ©es, qui consacra sa vie Ă parcourir le monde avec son appareil photo en bandouliĂšre. Il en revint avec force Ă©crits et matĂ©riels photographiques quâil publie et prĂ©sente Ă lâoccasion de confĂ©rences gĂ©ographiques. Homme du monde il acquiert lâhĂŽtel Le Vergeur en 1910 qui sera trĂšs endommagĂ© au cours de la guerre de 1914-1918 et quâil sâattachera Ă reconstruire et que lâon visite aujourdâhui, au milieu des souvenirs de voyages menĂ©s sur la planĂšte entiĂšre, avec un attrait particulier pour les origines extrĂȘme-orientales.
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« Musée de la reddition » à Reims
FĂ©vrier 1944 le Gal Eisenhower est nommĂ© commandant de toutes les forces alliĂ©es destinĂ©es Ă lâinvasion de lâEurope occupĂ©e par lâAllemagne. Le dĂ©barquement en Normandie a dĂ©butĂ© le 6 juin 1944, aprĂšs de sĂ©rieuses batailles en Normandie les troupes alliĂ©s ont progressĂ© vers lâEst.
FĂ©vrier 1945, lâĂ©tat-major alliĂ© « Supreme Headquarters Allied Expeditionnary Force â SHAEF » dĂ©place son siĂšge dâun chĂąteau Ă lâouest de Reims dans un lycĂ©e de la ville pour y diriger lâassaut final contre lâAllemagne. Les lycĂ©ens continuent Ă se rendre Ă leurs cours et croisent les militaires qui sont installĂ©s dans lâune des ailes du bĂątiment. La prĂ©sence du gĂ©nĂ©ral Ă Reims Eisenhower est gardĂ©e secrĂšte.
30 avril 1945, Hitler se suicide avec Eva Braun dans son bunker berlinois Ă©crasĂ© sous les bombes soviĂ©tiques. ConformĂ©ment au testament du dictateur nazi, câest lâamiral Dönitz qui lui succĂšde Ă la tĂȘte dâun Reich moribond. Il se consacre immĂ©diatement Ă la nĂ©gociation de la reddition allemande. Compte tenu des circonstances, la reddition fut prononcĂ©e, et acceptĂ©e, « sans conditions ». Le 7 mai Dönitz signe un accord/instruction pour la reddition de toutes les forces allemandes adressĂ© au Gal Eisenhower.
En 1977, il est dĂ©cĂ©dĂ© en 1980 en Allemagne aprĂšs avoir Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 10 ans de prison par le tribunal international de Nuremberg, il attestera de la validitĂ© de cette archive. Dans les premiers jours de mai Le Gal Jodl de lâĂ©tat-major suprĂȘme allemand tente de nĂ©gocier une reddition sĂ©parĂ©e avec les alliĂ©s et leur propose de poursuivre la guerre avec eux contre les soviĂ©tiques, il essuie un refus et, le 7 mai Ă 3h du matin il signe la reddition sans condition de lâAllemagne avec un gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain (Gal Walter Bedel-Smith) et un officier soviĂ©tique (Gal Ivan Sousloparov). Autour de la table siĂšgent Ă©galement un officier britannique (Major-General Strong) qui tient lieu dâinterprĂšte et un major-gĂ©nĂ©ral français (Gal François Sevez) comme tĂ©moin puisque cet acte Ă©tait finalisĂ© sur le sol français. Jodl est entourĂ© de deux militaires allemands. Eisenhower, dâun grade supĂ©rieur Ă Jodl est restĂ© dans son bureau oĂč il reçoit rapidement les trois allemands aprĂšs la signature avant de prononcer son cĂ©lĂšbre discours dans la salle oĂč fut actĂ© la reddition.

Signature de la reddition allemande par le Gal Jodl – 07/05/1945 
Signature de la reddition allemande, arrivĂ©e du Gal Jodl – 07/05/1945 
Salle des cates oĂč fut signĂ©e de la reddition allemande Ă Reims – 07/05/1945 Selon la presse anglosaxonne prĂ©sent sur place, les signataires alliĂ©s demandĂšrent Ă Jodl sâil avait bien compris les termes de ka reddition. Il rĂ©pondit « Yes » et ajouta en allemand :
With this signature the German people and armed forces are for better or worse delivered into the victorsâ hands. In this war which lasted more than five years both have achieved and suffered more than perhaps any other people in the world.
Gal Alfred JodlSeule concession accordĂ©e aux Allemands, un dĂ©lai de presque 48h avant de rendre public la reddition afin de permettre au plus grand nombre de soldats et civils allemands de quitter les zones occupĂ©es par les SoviĂ©tiques pour rejoindre lâOuest. Une dĂ©lĂ©gation de journalistes avait Ă©tĂ© amenĂ©e sur place par les forces pour assister Ă la cĂ©rĂ©monie avec engagement de respecter cet embargo de 48h. Evidement lâinformation fuita et dĂšs le lendemain lâannonce de cette reddition sâaffichait en premiĂšre page des journaux mondiaux.
Jodl sera condamnĂ© Ă mort Ă lâissue du procĂšs de Nuremberg et pendu en 1946. AprĂšs son retour aux Etats-Unis Eisenhover effectua deux mandats de prĂ©sident de son pays de 1953 Ă 1961.
La salle des cartes oĂč fut signĂ© lâaccord est ouverte au public qui peut examiner, derriĂšre une vitre, la table et les chaises de cantine oĂč se sont rassemblĂ©s les officiers. Au mur sâĂ©talent les cartes immenses du champ de bataille Ă la date du 7 mai. LâUnion soviĂ©tique sâĂ©tant plainte que la cĂ©rĂ©monie nâait pas assez rendu hommage aux 25 millions de morts, civils et militaires, exigea quâune nouvelle cĂ©rĂ©monie se dĂ©roule Ă Berlin. Elle eut lieu le 8 mai (9 mai pour lâUnion soviĂ©tique compte tenu du dĂ©calage horaire) et fut signĂ©e par trois gĂ©nĂ©raux allemands dont Keitel, en prĂ©sence de Joukov, chef dâĂ©tat-major de lâArĂ©e rouge et grand vainqueur de la bataille de Berlin, Tedder, officier gĂ©nĂ©ral britannique de la Royal Air Force reprĂ©sentant les forces alliĂ©es, ainsi que deux tĂ©moins, de Lattre pour la France et Spaatz pour les Etats-Unis.
Le musĂ©e rĂ©mois explique en dĂ©tail les Ă©tapes de ces quelques semaines ayant menĂ© Ă la reddition et le profil des personnages clĂ© qui y participĂšrent, avec nombre documents dâĂ©poque et matĂ©riel photo et vidĂ©o. Dans le musĂ©e se succĂšdent des groupes de jeunes encadrĂ©s par leurs professeurs dâhistoire. La porte Ă cĂŽtĂ©, les lycĂ©ens vaquent Ă leurs occupations journaliĂšres. Sans doute ont-ils pris connaissance de ce qui sâest passĂ© dans cet immeuble. Passionnant !
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« Les graines du figuier sauvage » de Mohammad Rasoulof
Nous sommes en Iran aprĂšs la mort de Mahsa Amini, Ă©tudiante iranienne dâorigine kurde et de religion sunnite, arrĂȘtĂ©e pour port de son voile non conforme. La ville de TĂ©hĂ©ran est parcourue de manifestations de protestation contre ce qui ressemble fortement Ă un assassinat dans les locaux des services de sĂ©curitĂ©. Le scĂ©nario du film de Mohammad Rasoulof nous emmĂšne au cĆur dâune famille bourgeoise iranienne tiraillĂ©e entre les tensions qui dĂ©chirent le pays depuis lâinstauration de la dictature religieuse aprĂšs la destitution du Shah dâIran en 1979. Le pĂšre est enquĂȘteur au ministĂšre de la justice et, Ă ce titre, est impliquĂ© dans la rĂ©pression fĂ©roce que la police islamique mĂšne contre les manifestants avec nombre dâexĂ©cutions dĂ©cidĂ©es contre ceux-ci. Il est lui-mĂȘme embrigadĂ© par la propagande du rĂ©gime quâil sert tout en Ă©tant troublĂ© par les dĂ©cisions quâil prend dans le cadre de ses fonctions. Son Ă©pouse est partagĂ©e entre son mari quâelle aime et leurs deux filles, lâune Ă©tudiante, lâautre lycĂ©enne, toutes deux en rĂ©volte contre le conservatisme de leur pays et⊠de leur pĂšre.
Cette atmosphĂšre familiale est Ă lâimage de celle de lâIran, Ă©crasĂ© sous la botte dâun pouvoir religieux moyenĂągeux mais qui reste soutenu par une partie significative de la population. Comment concilier Dieu et le pouvoir temporel qui permet de dĂ©velopper un pays et sa population ? LâIran nâa pas trouvĂ© la solution et sa jeunesse aspire Ă une gouvernance Ă©clairĂ©e sur un modĂšle plus ou moins occidental qui, notamment, permette lâĂ©mancipation des femmes maintenues, au nom de Dieu, dans un statut infĂ©rieur.
Le film est parsemĂ© dâimages rĂ©elles des manifestations prises Ă lâaide des tĂ©lĂ©phones des manifestants illustrant la violence de la rĂ©pression policiĂšre. La classique opposition entre les jeunes gĂ©nĂ©rations et leurs parents est ici exacerbĂ©e par lâaspect religieux qui rend non nĂ©gociable la parole de Dieu pour gouverner le pays. Câest en son nom que plus de 500 manifestants ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans les rues, des milliers dâautres arrĂȘtĂ©s et certains pendus aprĂšs des simulacres de procĂšs. Dans le film la foi du pĂšre dans ses certitudes religieuses le mĂšne Ă appliquer les mĂȘmes mĂ©thodes rĂ©pressives contre sa propre famille qui se dĂ©fend. Les choses ne vont pas se terminer trĂšs bien.
Cette Ćuvre qui a reçu un prix spĂ©cial du jury au festival de Cannes 2024. Il laisse le spectateur fort peu optimiste sur lâavenir Ă court terme de lâIran. La parole de Dieu apparaĂźt irrĂ©conciliable avec les ambitions dâune jeunesse Ă©prise de libertĂ© et de LumiĂšres. Les pays occidentaux ont eux aussi Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă lâimmobilisme et lâarbitraire religieux Ă un moment ou un autre de leur histoire. Ils en sont sortis en suivant des chemins diffĂ©rents. En France, les LumiĂšres ont abouti Ă la laĂŻcitĂ©, aujourdâhui remise en cause par une partie de sa population. Dans dâautres pays occidentaux le retour du fanatisme religieux veut rĂ©tablir la prééminence de la parole de Dieu sur la gouvernance des hommes. Personne nâest Ă lâabri dâun retour de lâobscurantisme et lâIran ne semble pas prĂȘt dâen sortir tant les religieux ont verrouillĂ© le pouvoir dans leurs mains.
Dâailleurs, le rĂ©alisateur Rasoulof qui a fait lâobjet dâune nouvelle condamnation Ă 8 ans de prison en mai dernier pour « collusion contre la sĂ©curitĂ© nationale », a fui clandestinement son pays pour pouvoir participer au festival cannois cette annĂ©e. Auteur de diffĂ©rents films et documentaires critiquant le rĂ©gime il avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© emprisonnĂ© Ă plusieurs reprises.
AprĂšs sa fuite dâIran il a dĂ©clarĂ© :
J’ai toujours pensĂ© que si je restais en prison pendant des annĂ©es, je n’aurais ni la force ni la capacitĂ© de faire ces films⊠donc je dois d’abord les faire, et puis aprĂšs, il sera toujours temps de rentrer et d’aller en prison.
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En passant par Reims
Le graphiste-pochoiriste parisien Singular vintage est passé par Reims pour y diffuser son humour punk embourgeoisé.
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Les gangs marseillais affichent leurs appartenances
A Marseille la guerre des gangs qui prospĂšrent sur le trafic de drogue fait rage. Les assassinats en pleine rue sont lĂ©gion, parfois dans des conditions barbares oĂč des gamins sont brulĂ©s vifs dans des voitures. On a appris rĂ©cemment quâun enfant de 14 ans avait Ă©tĂ© commanditĂ© par un dealer, depuis sa prison, pour tuer un concurrent. A dĂ©faut de lâavoir trouvĂ©, il aurait assassinĂ© dâune balle dans la tĂȘte le chauffeur de taxi qui lâavait conduit et refusait de lâattendre pour le retour.
On dĂ©couvre Ă cette occasion que lâun des groupes mafieux qui domine ce narcobanditisme sanglant dans la citĂ©  phocĂ©enne se surnomme « DZ Mafia ». Sans doute peu de citoyens savent que « DZ » est le code standardisĂ© attribuĂ© Ă lâAlgĂ©rie par lâOrganisation internationale de normalisation ISO. Ce sont gĂ©nĂ©ralement les deux premiĂšres lettres du nom du pays dans sa langue qui sont retenues, FR pour la France, US pour les Etats-Unis, DE pour lâAllemagne. Dans le cas de lâAlgĂ©rie D et Z sont les deux premiĂšres lettres du nom AlgĂ©rie exprimĂ© en langue arabe « ۧÙÙŰŹÙŰČÙۧۊÙ۱ », ce qui donne « El DjazaĂŻr » en lettres latines. Sans quâon le lui demande ce groupe de narcotrafiquants affiche lui-mĂȘme son appartenance. Peut-ĂȘtre sâagit-il dâune provocation pour tromper sur ses origines, peut-ĂȘtre pas ? Il sâattribue aussi lui-mĂȘme le statut de « mafia » dans sa dĂ©nomination.
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Au musĂ©e dâEnnery – Paris
Adolphe dâEnnery (1811-1899, nĂ© Adolphe Philippe) est un auteur et dramaturge Ă succĂšs dont la rĂ©ussite financiĂšre doit beaucoup aux plus de 200 piĂšces de théùtre quâil a Ă©crites ou coĂ©crites. AprĂšs une longue vie commune il Ă©pouse ClĂ©mence qui fut successivement sa maĂźtresse, puis sa compagne, puis, enfin, sa femme. Profitant de lâexpansion « bourgeoise » de Paris sur son flanc ouest, le couple acquiert un terrain sur ce qui deviendra lâavenue Foch et va y construire un hĂŽtel particulier plutĂŽt cossu. ClĂ©mence va sây consacrer Ă son goĂ»t pour les objets dâart dâorigine extrĂȘme-orientale en constituant une collection de plus de 6 000 objets qui sera lĂ©guĂ©e par le couple Ă lâEtat avec lâhĂŽtel particulier en imposant que celui-ci soit transformĂ© en musĂ©e et que la collection y soit exposĂ©e sans ĂȘtre dispersĂ©e. Ami du couple, ClĂ©menceau fut leur exĂ©cuteur testamentaire et veilla Ă la bonne exĂ©cution de leur volontĂ©. Emile Guimet qui crĂ©a et dirigea le musĂ©e qui porte son nom, dĂ©diĂ© Ă lâart oriental, crĂ©a ce musĂ©e dâEnnery comme une succursale du musĂ©e Guimet. Le musĂ©e nâa pas toujours Ă©tĂ© ouvert au public, de rĂ©novations en complications administratives, câest finalement cet Ă©tablissement que lâon peut visiter aujourdâhui sur rĂ©servation, par petits groupes.
ClĂ©mence qui Ă©tait actrice nâavait pas de formation ni de connaissances particuliĂšres concernant lâart asiatique. Elle nâa jamais voyagĂ© ni au Japon, ni en Chine, ni ailleurs en Asie mais sâest rĂ©vĂ©lĂ©e une acheteuse instinctive qui a dĂ©veloppĂ© sa collection avec beaucoup de goĂ»t. Le statut de la femme Ă©tant ce quâil Ă©tait Ă lâĂ©poque sa passion Ă©tait considĂ©rĂ©e comme superficielle et les objets acquis comme sans beaucoup de valeur. En rĂ©alitĂ©, tous les experts qui ont eu Ă se pencher sur ceux-ci ont unanimement conclu Ă leur grand intĂ©rĂȘt artistique et patrimonial.
Alors la douzaine de visiteurs admis pour chaque visite guidĂ©e dĂ©filent devant de vastes vitrines encadrĂ©es dans des meubles conçus par ClĂ©mence et construits sur ses instructions par assemblage de boiseries aux motifs asiatiques. La collectionneuse Ă©tait fascinĂ©e par les animaux fantastiques et autres chimĂšres que lâart chinois produisait en quantitĂ©. Elle avait aussi un fort intĂ©rĂȘt pour les Netsuke japonais, minuscules figurines servant Ă bloquer la cordelette fermant une pochette attachĂ©e Ă la ceinture du kimono. Ils sont confectionnĂ©s en bois, en ivoire, en porcelaine, en laque ou autres matĂ©riaux. ClĂ©mence Ă©tait sans doute aussi quelque peu compulsive dans son goĂ»t de la collection et chimĂšres ou netsuke sont un peu entassĂ©s mais quâimporte, la visite vaut aussi par cette plongĂ©e dans lâart oriental et lâhistoire de ce couple mĂ©cĂšne singulier. A leur succession, ils sont dĂ©cĂ©dĂ©s Ă quelques mois dâintervalle, une femme se disant la « fille naturelle » dâAdolphe a tentĂ© de rĂ©cupĂ©rer une partie de lâhĂ©ritage. La justice considĂ©ra quâelle nâavait pas de droit sur lâhĂ©ritage dâEnnery qui nâavait aucune descendance connue par ailleurs.
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Bondieuseries Ă la Closerie des Lilas
Depuis plusieurs annĂ©es la petite place situĂ©e devant la Closerie des Lilas Ă cĂŽtĂ© du Jardin du Luxembourg dans le Vie arrondissement de Paris sert de rendez-vous rĂ©guliers Ă des catholiques traditionalistes en lutte contre lâavortement. Cet aprĂšs-midi encore, une petite dizaine de manifestants prient, agenouillĂ©s au pied de la statue de MarĂ©chal Ney, sous une banderole et un hautparleur qui diffuse un rosaire « de rĂ©paration en raison des avortements volontaires ». Au feu rouge une militante distribue un tract rappelant que « Ste MĂšre Teresa de Calcutta » Ă©tait opposĂ©e au « crime commis contre lâinnocent enfant Ă naĂźtre ».
Le tract est signĂ© « SOS TOUT-PETITS ». Le site Internet de lâassociation https://sos-tout-petits.org/ est gĂ©nĂ©ralement bloquĂ© par les anti-virus et qualifiĂ© de « page suspecte ». Si lâon force le barrage numĂ©rique on aboutit sur un site religieux militant parsemĂ© de priĂšres diverses, dâun guide pour les femmes enceintes, dâarchives variĂ©es et de lâagenda des prochaines manifestations anti-avortement sur la voie publique. On se souvient que lors des discussions parlementaires sur la lĂ©galisation du mariage homosexuel en 2013 des militants religieux se retrouvaient tous les soirs devant lâentrĂ©e de lâassemblĂ©e nationale, place du Palais-Bourbon, pour prier Ă genoux contre ce projet de loi fĂ©lon.
Mais aujourdâhui Dieu nâintervient plus beaucoup dans les affaires des dĂ©mocraties. La France a mĂȘme intĂ©grĂ© le droit Ă lâavortement dans sa constitution contre lâavis de son clergĂ©. La persĂ©vĂ©rance de ces militants opposĂ©s Ă lâavortement comme au mariage homosexuel en est presque touchante. Contre vents et marĂ©es ils nâabandonnent pas leur combat mĂȘme si plus grand monde ne les soutient comme cet aprĂšs-midi sous la statue de Ney. Câest sans doute ce quâon appelle la foi ! Mais qui peut savoir si la France, soi-disant « fille aĂźnĂ©e de lâEglise », ne se replacera pas un jour sous les fourches caudines de la religion toute puissante ? Les militants de SOS Tout-petits y croient certainement et attendent ce moment avec patience.
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Jack Art â 2024/10/11 â Paris Théùtre Truffaut
Câest lâhistoire dâune copine qui nous prĂ©sente son nouvel amoureux et celui-ci est musicien. Alors quoi de mieux quâun concert pour rencontrer lâartiste. Dâailleurs son nom de scĂšne est « Jack Art », ça tombe bien. En avant pour une soirĂ©e artistique et amicale.
Avec une vingtaine de spectateurs ce petit théùtre de poche du XVIIe arrondissement est plein. Un piano, une guitare acoustique et une guitare Ă©lectrique sont placĂ©s sur la scĂšne que va rejoindre Jack. Auteur-compositeur-interprĂšte, multiinstrumentiste, musicien passionnĂ©, il nâa pas toujours vĂ©cu de son art mais il y est revenu depuis quelques temps et a sorti un disque solo en 2020.
Sur scĂšne on voit dĂ©bouler un grand gaillard en veste et jeans, transcendĂ© dĂšs quâil passe sa guitare en bandouliĂšre. Il est Ă lâaise et souriant Jack quand il chante ses chansons (en anglais). Et puis il met tout le monde dans sa poche en plongeant immĂ©diatement lâaudience dans son inspiration, celles de tous ces grands songwriters amĂ©ricains qui ont fait la lĂ©gende du folk-rock sur les horizons infinis des Etats-Unis : Dylan, Bob Seger, Carole King et, au-dessus de tous, Bruce Springsteen.
Dâailleurs Jack nous raconte quâil a passĂ© quelques annĂ©es Ă New York oĂč il a Ă©crit son disque The Outsider. Un jour, en panne dâinspiration dans sa cuisine un dimanche matin, il dĂ©cide de se rendre dans lâEtat dâĂ cĂŽtĂ©, le New Jersey, Ă Freehold, la ville oĂč grandit Bruce. Et lĂ , attablĂ© dans un dinner, devant un cafĂ© oĂč flotte lâĂąme du Boss, au milieu des habituĂ©s il termine sa chanson Sunday Morning, NJ :
Sunday morning at Sweet Lewâs Cafe
Unraveling the mysteries of deep Jersey
Real people talking about real things
Far from the cityâs fake lighting
Thereâs a living spirit out there
Ringing echoes of a glorious past
Iâm thousands miles from my own place
But I could feel home here, away from homeVraiment touchante cette histoire de communion de Jack avec Bruce. Alors pour marquer cette fusion il interprĂšte magnifiquement Racing in E Street, une mĂ©lancolique ballade extraite de Darkness on the Edge of Town, la grande-Ćuvre de Springsteen, une histoire de bagnole, une histoire de vie banale et dâespoirs fous tournĂ©s vers le grand Ouest, une histoire dâAmĂ©rique. Il reprendra ensuite The River, encore une histoire ordinaire, Ă©mouvante et profonde, celle de sa sĆur et de leurs souvenirs au bord de la riviĂšre.
Suivent dâautres compositions de son cru et dâautres reprises de ses MaĂźtres en musique folk-rock. Tout le monde est aux anges et Jack semble heureux. Dâautant plus quâil annonce la formation dâun groupe, The Time Keepers, qui sera bientĂŽt en concert. On a passĂ© une belle soirĂ©e et on se dit quâil a bien fait de revenir Ă la musique Jack.
A la sortie il nous dĂ©dicace son disque et puis comme il est tout seul avec son amoureuse et le directeur du théùtre on lâaide Ă ranger ses guitares et Ă les trimballer dehors pour trouver un bistrot encore ouvert pour servir Ă manger. Mais on nâest pas Ă Freehold ici et les cafĂ©s ne servent plus Ă diner Ă cette heure tardive. On pourrait presque en faire une chanson : Saturday Night after-show, Paris-17. On continue Ă papoter sur le trottoir histoire de se souvenir que le premier concert de Springsteen Ă Paris Ă©tait bien sur lâIle Saint-Denis en 1981, ou que la reprise par Bryan Ferry sur Dylanesque du morceau de Dylan interprĂ©tĂ© ce soir (Make You Feel My Love) Ă©tait aussi excellente.
Il est vraiment sympa Jack !
Setlist : Turn the Page (Bob Seger cover)/ In the Morning/ Brand New Life/ Make You Feel My Love (Bob Dylan cover)/ Necklace on My Chest/ Only Time Will Tell/ Sitting on Top of the World/ House by the Sea/ Downtown Train (Tom Waits cover)/ Never More Than Once/ Providence Laugh/ Chin Up Sally/ The River (Bruce Springsteen cover)/ Driving West/ Whoâll Stop the Rain? (Creedence Clearwater Revival cover)/ So Many Questions, Far Too Few AnswersâŠ/ Youâve Got a Friend (Carole King cover)/Weâll Always Have Paris/ Sunday Morning, NJ/ Racing in the Street (Bruce Springsteen cover)/ The Man on the Train/ The Craftsman/ Wild Side of Town/ The Outsider
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The Stranglers â 2024/10/09 â Paris lâOlympia
A peine plus dâun an aprĂšs leur dernier passage Ă lâOlympia, les quatre Stranglers sont de retour dans cette salle parisienne pour y fĂȘter le⊠50e anniversaire de leur arrivĂ©e sur la scĂšne rock. Cinquante ans dĂ©jĂ ! Eh oui, câest en 1974 que Jet Black et Hugh Cornwell ont lancĂ© les prĂ©mices de ce qui allait devenir The Stranglers. Et câest en 1977 que sortait leur premier disque Rattus Norvegicus, dont la couverture du verso, un rat furetant sur fond de pleine lune, marque le dĂ©but de lâattirance du groupe pour un bestiaire inquiĂ©tant. Suivront le corbeau sur The Raven, la panthĂšre noire sur Feline, mais le rat restera leur emblĂšme, vĂ©hiculant son cortĂšge dâodeurs nausĂ©abondes, de tĂ©nĂšbres et de peurs populaires.
Le temps a passĂ©, le bassiste J.J. Burnel est le seul musicien dâorigine. Cornwell a quittĂ© le groupe Ă la fin des annĂ©es 1980, les autres sont morts. Mais les Stranglers sont toujours 4 aujourdâhui pour le plus grand plaisir de leurs fidĂšles admirateurs, eux-aussi blanchis sous le harnais.
Pour ces noces dâor le groupe assure la totalitĂ© du concert et nous sert une premiĂšre partie tous habillĂ©s en veste de smoking noir et chaussures cirĂ©es. Retour au T-shirts noirs pour la seconde lancĂ©e aprĂšs lâentracte sur lâinoubliable instrumental Waltzinblack. La scĂšne est dĂ©pouillĂ©e, lâestrade oĂč trĂŽnent le batteur et le claviĂ©riste, ainsi que le mur du fond, sont recouverts de draperies grises. Trois lustres royaux sont accrochĂ©s au plafond. Pas dâimage ni de vidĂ©o diffusĂ©e, juste de la musique forte et bonne.
Superbe retour sur ces cinquante annĂ©es de musique. Leur Ă©nergie est la mĂȘme, revitalisĂ©e par la jeunesse des nouveaux venus (Bazz Warne, guitare-chant, 60 ans ; et les deux gamins Jim Macaulay, batterie et Toby Hounsham, claviers). A 73 ans Burnel est le guide qui a dâailleurs composĂ© une bonne partie des chansons de ce demi-siĂšcle, mĂȘme si celles-ci sont toujours signĂ©es « The Stranglers », sympathique mutualisation de la crĂ©ativitĂ© (et sans doute des droits dâauteur) du groupe quelle quâen soit la formation.
La premiĂšre partie synthĂ©tise la pĂ©riode post-punk avec des extraits des premiers albums (Hanging Around, The Raven, Princess of the Streets âŠ) jusquâĂ lâincroyable Down in the Sewer (Au fond des Ă©gouts) dont le final mĂȘlant les envolĂ©es oniriques des claviers de Toby sur les riffs hypnotiques des guitares nous emmĂšne jusquâĂ lâentracte.
There’s lots of rats down here
You can see the whites of their eyes
They got sharp teeth
Deep breath
And lots of diseasesPeople say you shouldn’t stay down here too long
Lose your sense of light and dark
Lose your sense of smell20 minutes plus tard les musiciens reviennent habillés en noir plus décontracté pour aborder une période moins sombre de leurs chansons, plus poppy, moins prisée des vieux fans. Les mélodies mélancoliques de Skin Deep, Always the Sun, Relentless sont presque romantiques quand on sort de Hanging Around. Enfin, « romantique », il ne faut rien exagérer et Something Better Change (1977) et Tank (1978) nous ramÚnent aux rythmes primaires et parfois brutaux des influences punk de ce groupe pas comme les autres.
Les Stranglers ont le sourire pour cet anniversaire. Leur complicitĂ© musicale fait plaisir Ă voir et surtout Ă entendre. Les bagarreurs dâantan nâont rien abandonnĂ© de leur hargne mais elle est dĂ©sormais plus policĂ©e, toujours au service dâune musique dâune redoutable efficacitĂ©.
Et ils nous laissent sur un No More Heroes mené tambour battant et repris à pleins poumons par une audience aux anges.
Whatever happened to
All the heroes?
All the Shakespearoes?
They watched their Rome burn
Whatever happened to the heroes?
Whatever happened to the heroes?
No more heroes anymore
No more heroes anymoreEn arpentant lâavenue de lâOpĂ©ra les oreilles encore bourdonnantes et les pulsations cardiaques au plus haut, les sexagĂ©naires se demandent finalement sâil ne reste pas encore quelques hĂ©rosâŠ
Le concert est filmĂ© et pourra ĂȘtre donc ĂȘtre revu, trĂšs bonne nouvelle !
Le concert est filmĂ© et pourra ĂȘtre donc ĂȘtre revu, trĂšs bonne nouvelle !
PremiĂšre partie
Just Like Nothing on Earth/ Hallow to Our Men/ The Raven/ Baroque Bordello/ North Winds/ Genetix/ Princess of the Streets/ Breathe/ Hanging Around/ Down in the Sewer
Seconde partie
Waltzinblack / Who Wants the World?/ Dagenham Dave/ Duchess/ Time to Die/ Ships That Pass in the Night/ Peaches/ Threatened/ Skin Deep/ Always the Sun/ Golden Brown/ Relentless/ 5 Minutes/ Lost Control/ White Stallion/ Something Better Change/ Tank
Encore
Go Buddy Go/ No More Heroes
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AUSTER Paul, ‘L’Invention de la solitude’.
Sortie : 1982, Chez : Sun / Actes Sud.
C’est le premier livre publiĂ© par Paul Auster. ConstituĂ© de deux parties, la premiĂšre « Portrait d’un homme invisible » est un retour sur son pĂšre dĂ©cĂ©dĂ© rĂ©cemment, sa vie Ă Ă©pisodes avec sa famille, sa vie supposĂ©e en dehors et, plus fondamentalement, le lien entre un pĂšre et son fils et mĂȘme son petit-fils. Il Ă©voque les petits riens de la vie et les grands traumas de l’existence au hasard des objets de la maison paternelle qu’il doit vider de son continu, chacun d’entre eux le ramĂšne Ă un Ă©pisode familial. Mais pour cerner ce pĂšre « invisible » il doit aussi laisser divaguer son esprit vers des hypothĂšses et des constructions dont il ne saura plus dĂ©sormais si elles ont la moindre rĂ©alitĂ©, dont celle d’une grand-mĂšre meurtriĂšre⊠Un bel hommage Ă un pĂšre finalement peu connu sur fond du temps qui passe inexorablement !
La seconde partie « Le livre de la mĂ©moire » expose une suite de rĂ©flexions sur la mĂ©moire d’un personnage nommĂ© « A ». C’est un peu dĂ©cousu, empli de rĂ©fĂ©rences littĂ©raires, poĂ©tiques, bibliques et artistiques, sans doute trĂšs inspirĂ© de la vie d’Auster. Le hasard percute la rĂ©alitĂ© de l’Histoire dans laquelle les gĂ©nĂ©rations qui ont prĂ©cĂ©dĂ© A ont Ă©tĂ© engagĂ©es. Et toujours l’histoire du temps qui passe et de la mort qui fait son Ćuvre.
Les fragments d’un poĂšme (un peu abscons) de MallarmĂ© conclut cet ouvrage troublant qui annonce certains des thĂšmes majeurs de l’Ćuvre de Paul Auster.
Il pose une feuille blanche sur la table devant lui et trace ces mots avec son stylo. Cela fut. Ce ne sera jamais plus.
1er paragraphe du Livre de la mémoire -

La presse en France
Les grands capitaines dâindustrie continuent dâacheter les titres de la presse française et diffĂ©rents mĂ©dias. La derniĂšre acquisition en date est celle de lâhebdomadaire Paris Match par le groupe de Bernard Arnault aprĂšs celle encore toute fraĂźche du groupe BFM par lâarmateur CMA-CGM. GĂ©nĂ©ralement ces hommes dâaffaires sont plutĂŽt libĂ©raux, voire « de droite » et les mĂ©dias dont ils sont dĂ©sormais propriĂ©taires ne diffusent pas vraiment dâidĂ©es rĂ©volutionnaires. Quelques exceptions toutefois avec les quotidiens LibĂ©ration et Le Monde, financĂ©s eux aussi par des hommes dâaffaires mais qui laissent une libertĂ© Ă©ditoriale Ă ces journaux via diffĂ©rents instruments (fondations, pĂŽles dâindĂ©pendanceâŠ). Le premier affiche une ligne Ă©ditoriale clairement « de gauche », le second plutĂŽt de « centre gauche ». Ces sensibilitĂ©s restent minoritaires dans une presse nationale française globalement acquises aux idĂ©es conservatrices et, surtout, au simplisme politique.
Dans les dĂźners en ville les bourgeois « pas bohĂšme » sâĂ©meuvent de la « bolchĂ©visation » du Monde depuis quâen mai 1981 il a appelĂ© Ă voter François Mitterrand. Peut-ĂȘtre sont-ils devenus eux-mĂȘmes plus conservateurs depuis toutes ces annĂ©es. Les bourgeois restĂ©s « bohĂšme » se satisfont de ce journal intelligent, longtemps dit « de rĂ©fĂ©rence ». Dans le reste de la population, le journal Le Monde est un O.V.N.I. tant lâabrutissement des masses sâaggrave. Alors que les campagnes Ă©lectorales se dĂ©roulent dĂ©sormais plus chez Cyril Hanouna que sur les mĂ©dias historiques, lire des articles de deux pleines pages dâun quotidien, fĂ»t-il « de rĂ©fĂ©rence », relĂšve de la mission impossible dont plus grand monde nâa envie.
On doit se fĂ©liciter quâil existe encore des financiers capitalistes disposĂ©s Ă financer ce journal en lui laissant sa libertĂ© Ă©ditoriale. Pas sĂ»r quâils ne soient disposĂ©s Ă le faire encore trĂšs longtemps, hĂ©las !
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La guerre civile au Soudan se poursuit
Au Soudan la guerre civile dĂ©clenchĂ©e par deux galonnĂ©s, Ă©touffĂ©s par un hubris dĂ©bordant, se poursuit sans espoir de la voir se terminer Ă court terme. Le pays est dĂ©vastĂ©, au bord de la famine, des millions dâhabitants ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s vers les pays avoisinants ou dans de gigantesques camps de rĂ©fugiĂ©s, les crimes ethniques se sont multipliĂ©s avec leur cortĂšge de meurtres, de viols, de pillageâŠ
Les deux gĂ©nĂ©raux qui sâaffrontent semblent disposer de ressources sans limites et on se demande dâailleurs comment ils arrivent Ă financer leur arsenal meurtrier compte tenu du niveau de sous-dĂ©veloppement extrĂȘme du Soudan. MalgrĂ© tout les armes affluent de toutes parts vers le pays et alimentent la guerre. On ne sait pas bien comment ni par qui elles sont payĂ©es, mais on sait comment elles sont utilisĂ©es.

Général loyaliste 
General rebelle Dans diffĂ©rentes enceintes internationales ou au sein dâorganismes humanitaires on critique lâOccident qui reste inactif face Ă ce dĂ©sastre, et qui se prĂ©occupe plus de lâUkraine que du Soudan. Câest incontestable mais lâinterventionnisme de lâOccident, en Afrique comme ailleurs, a montrĂ© ses limites et a Ă©tĂ© tout aussi critiquĂ©. De la Somalie en 1992, au Mali en 2012, en passant par lâAfghanistan, les interventions armĂ©es menĂ©es par lâOccident ces derniĂšres dĂ©cennies ont Ă©tĂ© des Ă©checs politiques, mĂȘme si parfois assises sur des succĂšs militaires. Mais Ă chaque fois les troupes ont dĂ» ĂȘtre piteusement repliĂ©es, laissant au passage des dizaines de morts dans leurs rangs, sous les huĂ©es des populations locales. On comprend que les pays de lâOuest soient rĂ©ticents Ă se lancer dans de nouvelles interventions.
LâOrganisation des Nations Unies (ONU) est impuissante. Les embargos sur les armes prononcĂ©s sont contournĂ©s et ses propositions dâinterventions de « forces de la paix » sont rejetĂ©es par les parties. LâAfrique est aussi plutĂŽt silencieuse sur le sujet du Soudan qui symbolise le pire de ce que deux forbans peuvent faire vivre Ă un pays sur lequel ils exercent leur pouvoir malĂ©fique. Pour le moment il nây a guĂšre de solution efficace possible sinon attendre que lâun terrasse lâautre. Le plus rapidement serait le mieux.
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Les masques tombent, les finances publiques sâeffondrent
Les finances publiques semblent Ă©chapper au contrĂŽle du gouvernement. Le dĂ©ficit de lâannĂ©e 2024 est maintenant estimĂ© Ă 6,1% du produit intĂ©rieur brut (PIB) câest-Ă -dire que lâargent public dĂ©versĂ© sur le pays excĂšde largement les recettes recouvrĂ©es sur les contribuables, personnes physiques comme morales. 6,1% de dĂ©ficit est un chiffre considĂ©rable et un score rarement atteint par la France, digne dâun pays sous-dĂ©veloppĂ©. Dans son discours de politique gĂ©nĂ©rale le nouveau premier ministre a annoncĂ© ses objectifs de revenir Ă 5% en 2025 et 3% (la norme plus ou moins admise au sein de la zone euro) en 2027. Bien entendu, câest la Ă©niĂšme fois que la RĂ©publique repousse cet objectif des 3% et prend des engagements quâelle ne sait pas tenir…
Depuis plusieurs jours les chiffres fuitent sur le bouclage du budget 2025 Ă 5% de dĂ©ficit, toujours en devenir Ă lâheure actuelle. Ce matin un montant de 60 milliards dâeuros Ă©tait annoncĂ©, 40 milliards dâĂ©conomies Ă faire sur les dĂ©penses et 20 milliards dâimpĂŽts nouveaux Ă collecter. Ces sommes sont gigantesques, particuliĂšrement les 40 milliards Ă Ă©conomiser en un an. Les ordres de grandeur donnent le frisson et on voit mal comment ce pays addict Ă la dĂ©pense publique pourrait rĂ©aliser un tel exploit. Si on ramĂšne ce chiffre aux dĂ©penses du budget initial de lâEtat pour 2024, soit 453 milliards, cela fait une baisse de dĂ©penses de 9%. Beaucoup de mĂ©nages ou dâentreprises ont eu Ă un moment ou un autre de leur existence Ă consentir un tel effort ; lâEtat français, jamais. Et encore, cette Ă©conomie laissera subsister un dĂ©ficit de 5% du PIB en 2025âŠ
Câest un sĂ©rieux aveu dâĂ©chec pour le gouvernement prĂ©cĂ©dent et le prĂ©sident. Lors de sa premiĂšre Ă©lection en 2017 Emmanuel Macron avait fait du redressement des finances publiques post François Hollande une prioritĂ©. Il avait rĂ©ussi Ă tenir les 3% de dĂ©ficit en 2017 et 2018 puis la crise sanitaire de la Covid est arrivĂ©e avec lâannonce du « quoi quâil en coĂ»te » dont le pays nâa jamais rĂ©ussi Ă sortir.
Alors Ă peine effleurĂ©es les incontournables mesures de correction quâil faut prendre, augmentation des impĂŽts et rĂ©duction des dĂ©penses, le bal des pleureuses sâest ouvert pour expliquer que, certes, il faut Ă©conomiser, pas chez soi, mais chez les autres bien entendu. Chaque corporation y va de ses lamentations, tous assĂšnent des simplismes de premiĂšre catĂ©gorie « va-t-on rĂ©duire le nombre de mĂ©decins ou de policiers ? », chacun explique quâil nâest pas possible de baisser la dĂ©pense dans son domaine et tous conviennent quâils ne pourront pas affronter des augmentations dâimpĂŽt. En termes macroĂ©conomiques dâailleurs, les baisses de dĂ©penses et les hausses dâimpĂŽt aboutissent un peu Ă la mĂȘme chose : le redressement des finances publiques avec un risque rĂ©cessif sur lâĂ©conomie puisque dans un cas comme dans lâautre, il y aura moins dâargent injectĂ© dans lâactivitĂ© Ă©conomie.
La corporation du patronat (MEDEF) sâest exprimĂ©e par la voix de son prĂ©sident qui a expliquĂ© dans les mĂ©dias que les entreprises Ă©taient prĂȘtes Ă consentir un effort en payant plus dâimpĂŽts si et seulement si câĂ©tait pour un temps limitĂ© et dans la mesure oĂč lâEtat ferait des Ă©conomies. Cela ressemble Ă une (lĂ©gĂšre) ouverture⊠en tout cas Ă du rĂ©alisme. Mais il est peu probable que lâEtat soit capable de rĂ©aliser les Ă©conomies annoncĂ©es, lâaffaire risque de se terminer par une hausse durable des impĂŽts sur les entreprises et sur les particuliers, et sans doute pas que les « trĂšs riches ».
Pour le moment la France trouve toujours des prĂȘteurs pour financer ses gabegies mais les taux dâintĂ©rĂȘt augmentent. La RĂ©publique a levĂ© des fonds ces derniers jours Ă des taux supĂ©rieurs Ă ceux consentis Ă la GrĂšce et au Portugal, deux pays qui ont eu Ă affronter une crise financiĂšre sĂ©vĂšre ces derniĂšres annĂ©es qui se sont traduites par des rĂ©formes structurelles que la France nâa jamais rĂ©ussi Ă mettre en Ćuvre. Le taux est liĂ© au risque de non-remboursement que le prĂȘteur estime prendre sur lâemprunteur. Celui-ci pense donc que pour le moment prĂȘter Ă la France est plus risquĂ© quâĂ la GrĂšce. On ne peut pas dire que cela soit trĂšs brillant.
Et pour le moment on nâa pas encore parlĂ© de la Loi de finance de la sĂ©curitĂ© sociale ce qui va encore ĂȘtre une autre paire de manches !
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La France a voté à droite
Lâissue des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es de juillet dernier a Ă©tĂ© de porter Ă lâassemblĂ©e nationale trois minoritĂ©s : la gauche propalestinienne rĂ©unie sous la marque Ă©lectorale Nouveau Front Populaire (NFP), un conglomĂ©rat de partis menĂ©s par La France Insoumise (LFI), un centre dominĂ© par le parti prĂ©sidentiel et Les RĂ©publicains (LR) et le Rassemblement National (RN), bĂąti sur les bases de lâancien Front National dâextrĂȘme droite.
Lâentre-deux tours de ces Ă©lections a vu la reconstitution du « front rĂ©publicain » consistant en des dĂ©sistements et alliances improbables pour empĂȘcher un candidat RN arrivĂ© en tĂȘte au premier tour dâĂȘtre Ă©lu au second. Les tenants de ce « front rĂ©publicain » considĂšrent que le RN ne fait pas partie de « lâarc rĂ©publicain » et que tous les moyens doivent donc ĂȘtre utilisĂ©s pour lâempĂȘcher dâarriver au pouvoir, y compris, pour le centre droit, en faisant Ă©lire des dĂ©putĂ©s LFI. Cette tactique a bien fonctionnĂ© et le RN, qui se voyait dĂ©jĂ aux commandes, nâa finalement eu « que » 143 dĂ©putĂ©s Ă©lus si lâon compte aussi avec eux les candidats LR qui ont ralliĂ© le RN. MalgrĂ© les 11 millions dâĂ©lecteurs qui ont votĂ© pour ce dernier, les caractĂ©ristiques de ce scrutin Ă deux tours ne lui ont pas permis de faire carton plein et dâemporter la majoritĂ©, ce qui aurait Ă©tĂ© sans doute le cas si le scrutin avait Ă©tĂ© proportionnel ou si le « front rĂ©publicain » nâavait pas fonctionnĂ©.
Les tractations estivales menĂ©es alors que la France profitait des dĂ©penses publiques considĂ©rables engagĂ©es pour les jeux olympiques dâĂ©tĂ© organisĂ©s Ă Paris ont aboutit au fait que le programme du NFP fait peur Ă tout le monde (sauf Ă ses Ă©lecteurs) et quâaucune des deux minoritĂ©s de droite nâest disposĂ©e Ă faire affaire avec lui. Au contraire, le centre droit comme le RN ont affirmĂ© leur volontĂ© de censurer tout gouvernement comportant des ministres LFI. Prenant acte de cette situation, le prĂ©sident de la RĂ©publique a dĂ©signĂ© un premier ministre de droite, Michel Barnier, issu du parti Les RĂ©publicains, qui ne reprĂ©sente que 8% de lâassemblĂ©e, mais qui a le mĂ©rite de pouvoir envisager de prĂ©senter des textes emportant le soutien, ou au moins lâabstention du centre droit, de LR ou du RN, alors que le NFP aurait quasi systĂ©matiquement vu ses projets contrecarrĂ©s par le centre et le RN rĂ©unis dans une mĂȘme opposition.
La gauche sâĂ©gosille et qualifie de « dĂ©ni dĂ©mocratique » le fait que le premier ministre ne soit pas issu de ses rangs mais elle a face Ă elle deux minoritĂ©s qui peuvent constituer une majoritĂ© pour soutenir ce gouvernement, ou le faire tomber. On pourrait dâailleurs voir un jour le RN sâassocier avec la gauche propalestinienne pour voter une censure, ils pourrait y parvenir, au moins mathĂ©matiquement parlant. En attendant les reprĂ©sentants du NFP, relayĂ©s par les convives des dĂźners en ville, rĂ©affirment quâon ne peut pas parler ni nĂ©gocier avec le RN. En rĂ©alitĂ©, le rĂ©sultat de ces Ă©lections a marquĂ© une nouvelle Ă©tape dans la « normalisation » du parti fondĂ© par Jean-Marie Le Pen sur des fondamentaux de lâAlgĂ©rie française et de la collaboration. Son successeur, le RN, prĂ©sidĂ© par Marine, la fille de Jean-Marie, sâest efforcĂ© de gommer ces aspects rugueux. Par ailleurs, la gĂ©nĂ©ration de ceux qui ont connu la guerre dâAlgĂ©rie, et encore plus la collaboration durant la seconde guerre mondiale, est en train de sâĂ©teindre. Ces irritants vont progressivement disparaĂźtre. Et puis, le sujet de lâimmigration, autre marotte du RN est maintenant une problĂ©matique largement partagĂ©e par les autres partis, sauf bien sĂ»r LFI qui vante en permanence les mĂ©rites de la « crĂ©olisation » de la sociĂ©tĂ© française. Il ne devrait pas y avoir trop de difficultĂ©s pour le gouvernement Barnier Ă trouver un accord pour essayer de rĂ©duire certains flux migratoires. Pour le reste, notamment lâavenir de la rĂ©forme des retraites il faudra attendre pour connaĂźtre le sort qui lui sera rĂ©servĂ© !
MalgrĂ© les vocifĂ©rations des uns et des autres, le rĂ©sultat de cette Ă©lection lĂ©gislative impromptue montre que la France est « de droite ». Il nâest pas illĂ©gitime que le prĂ©sident de la RĂ©publique en ait tenu compte dans le choix du premier ministre. Toute nouvelle dissolution Ă court terme ne devrait pas fondamentalement changer les choses. Le gouvernement de la France dans ces conditions va ĂȘtre pĂ©rilleux mais si les Français le voulait diffĂ©remment ils auraient votĂ© autrement. Il faut maintenant assumer le choix Ă©mis par les Ă©lecteurs. Câest ce quâon appelle la dĂ©mocratie.
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Joe Jackson – 2024/09/30 â Paris La Cigale « Two rounds of racket tourâ
Joe Jackson nous surprend toujours. A 70 ans, 4 ans aprĂšs la sortie de lâadmirable album Fool et la tournĂ©e qui sâen suivit, il a repris la route pour un tour de chant façon cabaret. Il rend hommage Ă Max Champion, artiste de music-hall anglais de la fin du XIXe siĂšcle, mort au champ dâhonneur durant la premiĂšre guerre mondiale, dont on ne sait pas grand-chose sinon que ses partitions avaient disparu et sont remontĂ©es Ă la surface dans les annĂ©es 2010. Joe Jackson sâen est emparĂ© pour monter ce merveilleux spectacle.
La premiĂšre partie est une prestation solo de Joe Jackson et son piano Ă©lectrique. Lâhomme est toujours joyeux, grand pianiste et immense mĂ©lodiste. Il nous dĂ©roule ses classiques avec bonhommie et câest toujours le mĂȘme plaisir dâentendre sa voix agile glisser sur les trilles du piano avec un sommet de charme sur « Stepping out » publiĂ©e en 1982 dans lâalbum Night and Day, un point dâorgue de la new-wawe.
Pour la seconde partie le fond de la scĂšne est dĂ©corĂ© dâune photo reprĂ©sentant une rue londonienne de lâĂ©poque, animĂ©e et traversĂ©e par un pont. Tous les musiciens sont habillĂ©s de costumes Ă©galement dâĂ©poque : 3 cordes (violon, alto et contrebasse), 4 instruments Ă vent (une trompettiste-clarinettiste, un flutiste-picolo, un basson et un trombone), un batteur, un pianiste et Joe Jackson qui arrive en redingote et chapeau haute-forme pour interprĂ©ter Max Champion et mener le show.
Il est trĂšs prolixe notre Joe pour annoncer les chansons dont lâargot cockney rend la comprĂ©hension difficile pour les non anglophones. Il prend un malin plaisir Ă dĂ©tailler lâhistoire de « lâĂ©vĂȘque et de lâactrice » :
Oh, the bishop and the actress
The Bishop and the Actress
Had a very bold affair
Or it would have been, if they were seen
Out in the public square
Instead it was in secret
They cuddled and they kissed
And spread fresh gossip with each tender trystLa bande danse et tressaute sur les rythmes du music-hall. Jackson jubile sous son chapeau-claque de nous offrir ce retour dans un Londres, dĂ©jĂ musical il y a plus de cent ans. Cette ville et son inspiration ne cesseront jamais de nous surprendre. Joe prend un malin plaisir Ă emmener ses spectateurs dans un monde quâil nâa mĂȘme pas connu mais dans lequel il se recycle.
Un spectacle original mené par un rocker éternellement curieux.
Setlist
Joe Jackson
Dave/ Take It Like a Man (Joe Jackson Band song)/ Stranger Than Fiction/ You Can’t Get What You Want (Till You Know What You Want)/ Real Men/ Steppin’ Out/ It’s Different for Girls/ On Your Radio/ Waterloo Sunset (The Kinks cover)/ Hello, Hello, Who’s Your Lady Friend? (Harry Fragson cover)/ My Old Dutch (Albert Chevalier cover)
Max Champion
(Overture): Why, Why, Why?/ What a Racket!/ The Bishop and the Actress/ Health & Safety/ Think of the Show! – A Thespian’s Lament/ Dear Old Mum – A London-Irish Lament/ Monty Mundy (Is Maltese)!/ Never So Nice in the Morning/ The Sporting Life
Encore
Is She Really Going Out With Him?/ Worse Things Happen at Sea
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Les dépenses olympiques somptuaires et sans fin
Avec une constance qui force lâadmiration la RĂ©publique poursuit lâengagement de dĂ©penses somptuaires non prioritaires malgrĂ© la situation dĂ©plorable de ses finances publiques. A peine la page des jeux olympiques (JO) dâĂ©tĂ© organisĂ©s en France refermĂ©e, avec ses dĂ©penses publiques consĂ©quentes, celle des JO dâhiver 2030 dans les Alpes sâest ouverte. Entre deux on a rĂ©cemment appris que les restaurateurs et bistrots parisiens qui ont Ă©tĂ© gĂȘnĂ©s cet Ă©tĂ© par les zones protĂ©gĂ©es installĂ©es pour les spectateurs demandent des indemnisations Ă lâEtat, donc aux contribuables. Et cela vient aprĂšs les multiples compensations dĂ©jĂ octroyĂ©es cette annĂ©e Ă de nombreuses corporations et salariĂ©s pour prendre en compte une baisse dâactivitĂ©s pour certains, ou une hausse du travail pour dâautres. On se souvient du psychodrame menĂ© par les bouquinistes des quais de Seine Ă qui on a dâabord demandĂ© de dĂ©monter leurs boites le temps des jeux, avant finalement de les autoriser Ă les maintenir par suite du dĂ©clenchement dâune polĂ©mique au « CafĂ© de Flore » et devant les tribunaux.
La candidature des Alpes françaises pour les JO dâhiver 2030 a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e et acceptĂ©e par le comitĂ© olympique international (CIO, organisation mafieuse installĂ©e Ă Lausanne en Suisse) sous rĂ©serve de ses habituelles exigences : exonĂ©ration fiscale totale de ses activitĂ©s commerciales et garantie financiĂšre en cas dâannulation ou de non atteinte des objectifs dâactivitĂ©. Pour ce faire une loi est nĂ©cessaire et elle est en train dâĂȘtre Ă©laborĂ©e. Ces garanties prĂ©sentent assez peu de risques de devoir ĂȘtre mises en Ćuvre, sauf si ces JO Ă©taient annulĂ©s, en revanche, les exonĂ©rations fiscales dĂ©livrĂ©es sont non-seulement injustes et injustifiĂ©es, mais reprĂ©sentent un abandon de recettes trĂšs significatif pour lâEtat. Ces dĂ©cisions financiĂšres inappropriĂ©es vont une nouvelle fois dans le sens de la facilitĂ© : il suffit de dĂ©penser. LâincapacitĂ© congĂ©nitale du pays Ă prioriser ses dĂ©penses publiques est sans limite. Nâaurait-il pas Ă©tĂ© opportun dâexpliquer aux citoyens-contribuables que le moment est venu pour un peu de sobriĂ©tĂ© budgĂ©taire ?
Dans les dĂźners en ville la rĂ©action gĂ©nĂ©rale est que « les Français ont Ă©tĂ© heureux cet Ă©tĂ© avec les JO Ă Paris », quâil ne faut pas avoir « une vision comptable » des choses et que les dĂ©penses affĂ©rentes Ă©taient donc justifiĂ©es ; alors en avant pour les JO 2030 dans les Alpes. Câest le syndrome français, comme les enfants on veut tout en mĂȘme temps, sans devoir choisir ni renoncer Ă rien. Les mĂȘmes convives qui la phrase dâaprĂšs se lamentent sur les inĂ©galitĂ©s dans le pays ne songent pas une seconde quâon aurait pu affecter les dĂ©penses des JO Ă rĂ©duire certaines de ces inĂ©galitĂ©s, ou Ă commencer Ă rembourser les dettes abyssales que nous laissons Ă nos enfants. Non, dĂ©pensons toujours plus, le contribuable paiera ! Il y aura sans doute un jour des limites Ă cet exercice, hĂ©lasâŠ










