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  • Bataille de potaches

    La rumeur journalistique annonce ce matin que Proglio (pédégé d’EDF et ancien pédégé et Véolia) aurait pris la tête d’une cabale, avec le soutien de Sarko l’agité, pour avoir la tête de son successeur chez Véolia et y faire nommer à la place… on vous le donne en mille… Jean-Louis Borloo !

    Borloo président de Véolia c’est un peu comme si l’on désignait Christine Boutin à la tête de Goldman Sachs, ou Jean Sarkozy à la tête de l’Eepad ! Il est gentil le Borloo mais il n’a jamais dirigé une entreprise au-delà de son cabinet d’avocats et il ne connaît sans doute le monde des affaires qu’à travers celles de Bernard Tapie qu’il a défendu des années durant. Tout ceci est hautement risible, pourvu que cela ne soit que blague de potache.

  • La campagne de doite

    Sarkozy et l’UMP placent leur campagne électorale sous le signe du peuple pour contourner les corps intermédiaires quand ils ne donnent pas satisfaction. Allez-y franco, plus c’est gros plus ça passe !

    Alain Carignon, repris de justice, fait partie de l’équipe de Sarkozy, officieusement, discrètement, mais on le voit tout de même subrepticement dans des reportages à la télévision sur l’UMP. Il doit bien servir à quelque chose et pas uniquement à servir le café. Il se dit que même au cœur de sa tragédie judiciaire Sarkozy continuait à lui manifester sa sympathie. Cette fidélité est respectable mais il n’était peut-être pas indispensable de le faire revenir en politique.

  • A l’image du personnage

    Ça c’est l’organigramme de campagne de Hollande… Complexe et sans doute pas facile à gérer, la plupart des quadra-quinquas du socialisme et de l’écologie sont présents, ce sont sans doute les futurs responsables d’un gouvernement Hollande s’il était élu. On y retrouve quelques vieux caïmans qui nagent dans le marigot depuis très longtemps : Jack Lang (73 ans), Jean-Michel Baylet (65 ans), Gérard Collomb (64 ans), Jean-Yves Le Drian (64 ans), Daniel Vaillant (63 ans), Jean-Marc Ayrault (62 ans), Titine (62 ans). Il faudrait débrancher symboliquement tous les plus de 60 ans de toute fonction de responsabilité dans un futur éventuel pouvoir de gauche. Qu’on les laisse à la limite conseiller de quelque chose, s’il faut préserver leurs égos, à la rigueur, mais pas plus. La place aux jeunes !

  • Quelle énergie !

    L’agité du bocal qui nous préside confirme qu’il est candidat pour de nouveau s’agiter durant 5 ans à la présidence de la République. Il rentre dans l’arène avec un sourire carnassier et un plaisir non dissimulé.

    Les journalistes adorent ça et rivalisent d’analyses pour ne rien dire. Au milieu des tics verbaux habituels : la séquence, le clivage, la cristallisation, le marqueur ; on entend un tic de première catégorie avec un sondeur qui parle « du candidat dans sa verticalité » (c’est vrai qu’on avait déjà eu « la latéralisation politique ») ! C’est un nouveau concept que nous n’avions encore jamais approché. Tout ceci fleure bien la masturbation intellectuelle, la ventilation de gogos, le je-m’écoute-parler-parce-que-c’est-trop-bon, l’autosatisfaction mondaine, l’autoallumage du microcosme parisien-rive-gauche, bref, un immense vertige nous saisit devant ce grand vide.

    Le candidat dans sa verticalité réaffirme son engagement de parler au peuple, il a son compte Facebook avec 500 000 amis, son compte Twitter avec 77 000 suiveurs, un site internet tout à sa gloire et il va faire des référendums pour contourner les parlementaires qui s’opposent et les syndicats qui sabotent.

    Cela étant dit, quel énergie ce bonhomme !

  • L’Italie privilégie ses équilibres budgétaires à ses musculeux

    L’Italie renonce à se porter candidate à l’organisation des jeux olympiques de 2020 pour cause de crise budgétaire. Il est vraiment bien ce Monti qui a remplacé le pervers transalpin aux commandes à Rome : calme, posé, rigoureux et prenant des décisions intelligentes.

    La France reste à l’avant-garde des mauvais gestionnaires à poches percées avec l’organisation des mondiaux d’équitation en 2014, de la coupe d’Europe de fouteballe en 2016 et une candidature pour les jeux olympiques de d’hiver de 2018. Les deux premiers postes de dépenses sont déjà en cours, espérons qu’Annecy ne sera pas retenue pour 2018 !

  • Christine Boutin : pathétique !

    Christine Boutin, un vrai poème, après avoir promis des révélations « nucléaires » si elle n’obtenait pas les 500 signatures lui permettant de se présenter à l’élection présidentielle, après avoir entamé la marche vers Saint-Jacques de Compostelle pour que Dieu l’aide dans cette quête de signatures, après avoir annoncé qu’elle créerait un eurofranc qui cohabiterait avec l’euro international et avec la même parité, Christine Boutin donc, s’est finalement décidée à manger dans la soupe de Sarko l’agité après l’avoir entendu dire qu’il était contre le mariage des homosexuels.

    Cela veut dire que Sainte Boutin aura un maroquin de ministre si Sarkozy est réélu. Encore une bonne raison de na pas voter pour lui.

  • Les traders-fraudeurs jamais à court d’idées

    Des traders-fraudeurs encore pris la main dans le sac des arrangements avec les règles de la libre concurrence (et accessoirement de la morale) : différentes autorités boursières aux Etats-Unis, au Japon, en Grande Bretagne et en Suisse (pour le moment) enquêtent sur des manipulations auxquelles se seraient livrées en 2008 ces traders-fraudeurs pour minorer le LIBOR (London interbank offered rate) qui est une sorte de taux de référence censé indiquer le coût de financement des banques. A l’époque le LIBOR explosait puisque par suite de la faillite de Lehman Brothers les banques ne se prêtaient plus entre elles et de ce fait il n’y avait sur le marché que des demandeurs et pas d’offreurs. Afin d’éviter de paniquer le bon peuple et les soi-disant analystes financiers, ils auraient fraudé les forces de marché pour que le LIBOR affiché soit inférieur à ce qu’il aurait dû être selon les lois de l’offre et de la demande, et ainsi démontrer que tout n’allait pas si mal que ça.

    Si tout ceci se confirme cela risque d’améliorer encore la réputation du monde de la finance… et de faire beaucoup de bruit car le LIBOR est utilisé comme taux de référence sur des volumes colossaux de financement à travers la planète.

  • Les brutes avinées ont des idées budgétaires

    Il semble que les brutes avinées qui nous servent de pousseurs de ballon ovale soient des lopettes ! Un match international a été récemment annulé au stade de France parce qu’il fasait trop froid… Des plaques de pelouse gelée auraient effrayé nos rambos vitaminés. Il n’est pas bien sûr que le gel soit plus dangereux que les mêlées mais si maintenant même les joueurs de rugby font appel au principe de précaution on est mal barrés.

    Du coup, les brutes avinées ont une idée pour éviter d’annuler les matchs de rugby quand il fait froid : on va construire un stade avec un toit et une pelouse rétractable. Ben voyons, comment n’y avait-on pas pensé plus tôt. Ça tombe très bien, la République a justement un peu de sous de côté par les temps qui courent…

    On croit rêver, il faut leur faire lire les rapports de la cour des comptes à ces pousseurs de ballons du dimanche !

  • Nada Surf – 2012/02/12 – Paris le Bataclan

    Nada Surf au Bataclan ce soir : 3 garçons américains proprets, qui sont passés à 5 sur scène, un groupe des années 90 aux débuts alternatifs, plus célébré en Europe qu’outre Atlantique, et qui depuis ronronne tranquillement de disques en tournées.

    Les aspects novateurs de leur lancement se sont un peu érodés et les Nada Surf sont devenus un groupe de rock élégant et sympatoche. Appréciés en France car ils parlent un français parfait, la légende veut que Matthew Caws (chant et guitare) et Daniel Lorca (dreadlocks, cigarettes et bass) se soient connus sur les bancs du lycée français de New York.

    Ce soir ils jouent gaiment un rock de copains, un soir de Saint Valentin devant un parterre énamouré. Il y a du professionnalisme, de la virtuosité, des riffs vigoureux, des voix élastiques, mais une inspiration limitée. Une bonne soirée quand même.

    Warmup : Water

  • Une mouche dans un bocal

    Sarkozy propose maintenant d’utiliser le référendum à hue et à dia s’il était réélu. Le premier sujet avancé aujourd’hui dans Le Figaro est de demander au français s’ils seraient d’accord pour imposer aux chômeurs d’accepter le travail ou la formation quand cela leur est proposé. On pourra demander à Claude Guéant ou Nadine Morano de rédiger la question qui sera posée aux français, ce sera sûrement fait tout en finesse.

    Effets de manche, annonces impraticables, billevesées, Sarko donne vraiment l’impression de se cogner contre les vitres du bocal de la réalité et d’inventer n’importe quoi essayer d’en sortir.

  • La presse en quête de toujours plus de racolage

    Le grand défi du moment pour la presse est d’annoncer à l’avance quel jour Sarko l’agité va déclarer sa candidature au monde ébahi qui n’en peut plus d’attendre. De même en préalable de l’interview télévisée du candidat de l’Elysée le 29 janvier dernier les journalistes rivalisaient d’oracles pour savoir si la hausse de TVA serait de 1, 2 ou 3%.

    La vacuité de la majorité de la presse est toujours confondante, la frénésie du scoop l’emporte sur la capacité d’analyse quasiment inexistante. Savoir quel jour Sarko va se déclarer candidat, en gros en s’en fout, il suffit d’attendre le jour où il va se déclarer pour l’apprendre. Le temps ainsi libéré sur les plateaux médiateux pourrait être consacré à plus d’analyse si les occupants desdits plateaux en sont encore capables. Il est peu probable que substituer l’intelligence aux débats de concierges nuisent aux performances d’audience. On pourrait au moins essayer.

  • Cruella à l’UMP

    Nadine Morano, la harpie de la Sarkozie, la Cruella de l’UMP, déclare dans Le Parisien :

    « Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. On sent du coup qu’il n’y a pas de communicant derrière. Contrairement à Ségolène Royal qui en 2007 est allée jusqu’à la médecine esthétique et la correction dentaire ».

    Toujours subtile et délicate pour élever le débat…

  • Un disque de Leonard Cohen

    Leonard Cohen sort Old Ideas, un pur joyau, terriblement sombre et serein, qui sonne comme un adieu du poète au monde.

  • La France quémande…

    Des journalistes racontent que Jospin, fraîchement nommé premier ministre de ce grand benêt de Chirac en 1997, et en application de ses promesses électorales, était allé renégocier le pacte de stabilité « une concession faite absurdement au gouvernement allemand ». Condescendants, les pays du nord lui avaient accordé de rajouter : « et de croissance » au libellé dudit pacte, sans rien de plus, ce qui n’avait évidemment pas changé un iota à la nature de cet accord.

    Il paraît qu’au cœur de la négociation, et devant l’insistance de Jospin pour ne pas rentrer les mains vides à Paris, Tony Blair avait lui demandé si « pacte de stabilité, de croissance et de joie de vivre » lui irait mieux. Le français se serait alors incliné devant tant d’incompréhension et de traîtrise de la perfide Albion.

    On peut craindre qu’Hollande ne se heurte au même mur en mai puisqu’il a annoncé son intention d’aller renégocier « le pacte budgétaire » s’il était élu président français. Il aurait juste 25 pays à convaincre d’avaler leurs chapeaux et de revenir sur leurs signatures à l’encre à peine sèche !

    Le plus drôle c’est que le pacte de stabilité et de croissance de 1997 a été largement trahi par… l’Allemagne et la France, la première pour de bonnes raisons (le coût de la réunification allemande) la seconde pour sa mauvaise gestion structurelle. Ainsi va la vie.

  • Les ploucs philosophent

    Guéant, le soudard de la Sarkozy fait une déclaration sur les mérites respectifs des civilisations :

    « Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique.

    En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »

    Et il balance cette sentence devant un parterre de droite, limite extrême : l’UNI  (Union Nationale Inter-universitaire). Bien évidemment cela génère une joyeuse approbation dans ce cénacle de l’UNI et remarques offusquées et faux-jetones à l’extérieur où tout le monde tombe dans le panneau de la surréaction.

    Guéant est malin, c’est un vieux renard qui fouine dans les terriers des basses-œuvres de la politicaille hexagonale depuis des décennies. Il est futé et sait comment agiter le chiffon rouge devant la beaufitude franchouillarde et de courte vue. Il est cynique en diable et prêt à prendre tous les risques pour déclencher quelques réactions épidermiques de ses électeurs et assurer des bulletins en faveur de ses maîtres. Bref, c’est un politique roublard.

    Rien n’est vraiment faux dans cette déclaration où tout est flou, on y laisse imaginer que civilisation égale religion ou régime politique, et puis qu’est-ce qu’une civilisation meilleure qu’une autre, de quoi parle-t-on, de morale, de production industrielle, de nombre de suppliciés par dictateur ? C’est flou et le tout est servi au bon peuple écrasé par la précarité et abruti par le fouteballe et les journaux de TF1, elle génère donc immédiatement des comportements irréfléchis et immatures. Et cela n’a pas manqué dès aujourd’hui avec un député antillais qui y est allé de son couplet sur le nazisme et le colonialisme. Tout ceci est inutile, agressif et attendu.

    Bref, les discours sur les civilisations, on les préfère au Collège de France dans la bouche d’Edgar Morin étudiant l’œuvre de Claude Lévi-Strauss, plutôt qu’aux mains des portes-flingues de la politique.

  • Les dictateurs soutiennent les dictatures

    Avec une belle constance le clan au pouvoir en Syrie continue de réprimer la contestation intérieure avec des moyens militaires, l’opposition locale et les organisations non gouvernementales parlent de 4 à 6 000 morts depuis douze mois. La presse internationale est interdite de séjour alors quelques journalistes entrent dans le pays en passant par la Turquie et ramènent des histoires terrifiantes de femmes violées et d’enfants égorgés. On ne peut rien vérifier mais on saura un jour.

    Avec une toute aussi remarquable constance la Russie et la Chine, soutenues par les pays émergents, opposent leur veto à toute résolution du conseil de sécurité des Nations unies, condamnant leur régime frère de Syrie, présentée par des pays occidentaux oubliant leur coupable complicité des décennies durant avec cette famille El Assad félonne !

    En réalité l’échelle des valeurs en vigueur lors de la guerre froide n’a guère varié : faire tirer l’armée sur les foules en révolte n’est pas en problème à l’Est, il l’est devenu à l’Ouest au XXème.

    Bachar El Assad, digne successeur de son père Hafez, voit se réduire le périmètre des nations qui le soutiennent. Il devrait tomber un jour ou l’autre et on espère qu’il aura des comptes à rendre à son peuple et non une retraite paisible dans une datcha de la nomenklatura en banlieue de Moscou. S’il tombe un jour il est probable que les relations entre la Syrie et la Russie vont évoluer…

  • Le fouteballe même en Egypte

    L’Egypte sur la voie de la démocratie et de la beaufitude : 70 morts dans un stade de fouteballe, hélas !

  • La dépense publique hors de contrôle

    Les impôts continuent à augmenter, notamment pour le moment TVA, et CSG sur produits financiers. Et ce n’est qu’un début bonne gens ! Comme de bien entendu la valse des pleureuses reprend de plus belle. Les cercles d’épargnants prévoient une catastrophe en termes d’épargne populaire, les cercles de consommateurs crient au massacre de leurs coreligionnaires et les producteurs à l’anéantissement de leurs marchés. Les sondeurs continuent à sonder et demandent au bon peuple : « êtes-vous pour ou contre les augmentations d’impôt ! ». La réponse étant généralement : « nous ne sommes pas d’accord », ils glosent ensuite sur les plateaux des médias pour analyser le pourquoi et le comment d’une réponse aussi inattendue.

    Et pendant ce temps nous attendons toujours des dirigeants responsables qui expliqueront comment la République va devoir inexorablement baisser ses dépenses.

  • Duhamel Alain, ‘Portraits souvenurs – 50 ans de vie politique’.

    Sortie : 2012, Chez : PLON. Alain Duhamel, journaliste plutôt malin, a croisé les plus grands sur une base que l’on découvre très régulière. De Mendès-France à Mitterrand en passant par Aron, on découvre une liste de politiques, la plus grande partie, mais aussi d’intellectuels, qui ont échangé avec ce plumitif. Il revient sur 50 d’entre eux avec des portraits concis, parfois affectueux, jamais agressifs ni pisse-vinaigre. On y découvre aussi ce cacique des plateaux média depuis tant de décennies sous un jour sympathique, analytique, bref un journaliste à sa place, dans l’analyse plus que l’information, conscient aussi de ce qu’il était utilisé par tous ces politiques avides de communication, mais pour certains aussi de vraie réflexion.