M. Le Guen, ex-âme damnée de DSK, député
socialiste rallié à Hollande, ancien médecin, chargé des questions de santé au
PS et adjoint au maire de Paris déclare sur son blog auto-satisfait ce 25
novembre :
Je regrette l’échec de la réunion de Strasbourg qui était une des dernières occasions d’agir en commun avant l’arrivée du tsunami économique et financier qui nous menace gravement.
L’existence de femmes et d’hommes d’Etat semble faire gravement défaut en Europe, aujourd’hui, pour nous défendre.
Le Président de la République ne sait pas convaincre les dirigeants européens ni s’adresser aux peuples d’Europe : malheureusement, Nicolas Sarkozy ressemble plus à Edouard Daladier qu’à Charles de Gaulle ou François Mitterrand.
Il est pourtant primordial que la France arrive à convaincre l’Allemagne que la Banque centrale européenne doit remplir le rôle de la réserve fédérale américaine et de la banque d’Angleterre en étant le garant de la soutenabilité de l’économie européenne.
Blog Jean-Marie Le Guen
Le Guen, l’archétype de l’homme d’appareil, grenouillant
à tous les étages depuis des années, potentiel prétendant à un poste de
sous-ministre dans un gouvernement de gauche, si jamais il y en a un avant
qu’il ne prenne sa retraite, passé par les écuries de l’UNEF, mâtiné de
trotskisme, comme nombre de ses congénères.
On l’a vu dans ses œuvres un jour de remise de médailles scientifiques à la mairie de Paris il y a quelques années : mielleux, l’épaule basse, plus préoccupé de poser pour la photo prise par son attachée de presse ou de communication ou de pipeautage (bref une blondasse habillée haute-couture) que par les travaux scientifiques des récipiendaires.
Bon, Le Guen croit faire le cultivé en se référant aux
accords de Munich, il ferait mieux de relire son Histoire de l’Europe il serait
ainsi peut-être un peu plus intelligent et éviterait des comparaisons
historiques fort mal-à-propos. Pourvu que l’on n’hérite pas d’un tel personnage
comme ministre de la République.
Montebourg compare Angela Merkel à Bismarck dans sa volonté de faire passer l’Europe entière à la moulinette germanique. C’est de mauvais goût mais on ne peut s’empêcher de sourire en coin…
Sortie : 1979, Chez : Phébus – libretto. Un roman posthume de l’écrivain finnois dans lequel on suit les pérégrinations d’un jeune scribe au XVème siècle, des conciles cherchant à réconcilier les églises romaine et orthodoxe, aux croisades contre l’empire ottoman en passant par Constantinople et la vieille Italie, Jean à la recherche du savoir, tiraillé entre Dieu et les tentations du Monde évolue de Europe à Orient à la fin du moyen-âge. Le roman est parfaitement documenté et plonge le lecteur dans cette époque passionnante, aussi mystique que violente.
Charlie toujours vivant, installé provisoirement chez Libé après l’attentat qui a ravagé ses bureaux, DSK toujours à la pointe de l’actualité, et une avalanche de parutions : biographie non autorisée de Taubmann, thuriféraire zélé et accessoirement journaliste, un article américain relançant la thèse du complot, des SMS graveleux (de et à DSK) retrouvés dans des téléphones de personnes impliquées dans les affaires de prostitution de Lille, un Blackberry égaré. Bref, cette fin d’année sera DSKienne, heureusement, de quoi mettre un peu de rigolade sous les sapins de Noël !
De mieux en mieux, la Ligue Arabe continue à malmener la
Syrie pour cause de répression contre son peuple. Après avoir suspendu ce pays
de son organisation, des sanctions diverses sont prises à son encore :
suspension des relations aériennes, sanctions commerciales et financières, etc.
C’est sans doute la première fois que cette Ligue s’énerve ainsi contre l’un de
ses membres.
Rappelons tout de même que le fiston Assafa déployé une énergie sans limite pour agacer même ses plus fervents zélotes. Il semble se confirmer que l’étincelle qui a déclenché la révolte syrienne ait été la torture à mort par le pouvoir de gamins-tagueurs de murs, et lorsque les parents sont venus réclamer leurs enfants à la police, ils se sont entendu répondre quelque chose du genre :
« Oubliez ces enfants, demandez à vos femmes d’en faire d’autres, et si vous n’y arrivez pas, amenez-nous vos femmes nous nous en occuperons ! »
Comme ceci est subtil et délicat pour des parents qui ont
récupéré les cadavres torturés de leurs enfants. Le président syrienva
sans doute tomber, il aura des comptes à rendre. Il ne faut sans doute qu’il
s’attende à trop d’indulgence de ses juges…
U2-3D à La Géode : le concert de Buenos-Aires filmé en 3 dimensions. C’est propre, bien fait et sans surprise. La seule incertitude à l’issue du show est de savoir si Bono dort avec ses lunettes de kéké ?
Troublant concert ce soir à l’Olympia de PJ Harvey venue pour présenter son dernier disque Let England Shake, fruit de trois années de réflexion sur la dévastation que fut la première guerre mondiale pour nos vieilles nations européennes. Le résultat est émouvant et inattendu.
Plantons le décor : PJ est habillée d’un pantalon noir et d’un blouson en plumes, noires également, d’autres plumes ornent sa coiffure en une étrange parure. Bien à gauche de la scène, elle joue le plus souvent de l’auto-harpe, portée en bandoulière comme une cithare antique. Sa voix est traitée façon bionique avec une étrange réverbération qui lui donne un aspect lointain et perçant.
Bien regroupés sur la droite on retrouve ses deux vieux compères John Parish et Mick Harvey se succédant aux guitares et claviers, accompagnés d’un batteur Jean-Marc Butty, tous habillés d’un gilet style gentleman farmers. Ces quatre musiciens n’ont guère besoin ni de se regarder ni de se parler pour jouer parfaitement à l’unisson. Il y a des années de collaboration derrière eux, blanchis sous le harnais de la route commune et unis par l’affection réciproque.
Le concert démarre avec Let England Shake qui donne le ton du show avec les sonorités si particulières de la harpe superposée sur les voix. Son dernier disque sera intégralement présenté comme une succession de tableaux impressionnistes dans une galerie intergalactique. Par des textes poétiques elle exprime la douleur et la consternation d’une nation en guerre, la noirceur de la mort qui partout hante les champs de bataille. L’ambiance guillerette de la harpe folk ajoute au trouble de ces mélodies portées en mode mineur. Les mimiques enfantines de PJ et les décrochements si caractéristiques de sa voix marquent toute la dérision de fonder la poésie sur le sang de la guerre.
Sur The Glorious Land elle reprend sa guitare blanche pour battre les riffs métalliques de la mitraille sur lequel se superpose la bande-son d’un clairon appelant à l’assaut. Et l’on imagine les files de soldats de sa Majesté sortant des tranchés pour courir à leur fin : And what is the glorious fruit of our land ?/ Its fruit is deformed children./ And what is the glorious fruit of our land ?/ Its fruit is orphaned children.
Sur All And Everyone, harpe, guitare saturée et orgue donnent une atmosphère crépusculaire, appuyée par le chœur des hommes qui entourent Pollyjean : Death was everywhere,/ in the air/ and in the sounds/ coming off the mounds/ … as we, advancing in the sun/ sing “Death to all and everyone”.
Sur Bitter Branches elle joue de la guitare acoustique pour adoucir le rythme infernal de l’électricité distordue délivrée par John. C’est la complainte de la forêt ancestrale accueillant et contemplant les soldats en formation tenant leurs fusils comme des branches amères envahissant le Monde comme des (mauvaises) herbes folles.
Quelques retours sur le passé viennent nous sortir de l’abyme avec The Sky Lit Up et un très beau et épuré The Devil. En rappel, de la guitare grasse et glissante sur Meet Ze Monstra pour rappeler le passé krypto-punk et Silence pour le baissé de rideau d’une artiste hors norme.
Déesse bionique ondulant sur les rythmes du combat, vestale à la lyre réinventant la mélodie du malheur, aigle noir à l’œil perçant croquant le chaos, PJ Harvey incarne tous ces personnages avec malice et tellement de subtilité. Toujours en avance d’une création elle ne cesse de surprendre la scène rock par sa créativité. Paris l’adore et lui a fait la fête qu’elle méritait ce soir pour clôturer ces deux concerts à l’Olympia.
Set list : Let England Shake/ The Words That Maketh Murder/ All & Everyone/ The Guns Called Me Back Again/ Written on the Forehead/ In the Dark Places/ The Devil/ The River/ The Sky Lit Up/ The Glorious Land/ The Last Living Rose/ England/ Bitter Branches/ Down By the Water/ C’mon Billy/ Hanging in the Wire/ On Battleship Hill/ Big Exit/ The Colour of the Earth
Le trésor public allemand aurait eu du mal ce matin à
emprunter 6 milliards d’EUR. Sans doute Messieurs les Marchés voulaient lui fourguer un taux d’intérêt trop
élevé. Du coup, l’emprunt a été limité à 3 milliards et le reste souscrit
par la banque centrale allemande qui le revendra progressivement à Messieurs les Marchés quand ils
manifesteront de meilleures dispositions.
Ils sont gentils Messieurs
les Marchés mais à ce train là il va bien arriver un jour où ils ne
prêteront plus à personne et ils viendront ensuite se lamenter et il faudra
encore les renflouer. Bon, le jour où ils auront dégradé tous les Etats, tout
le monde sera au même niveau et ils pourront reprendre leur valse, non ?
Patti Smith à Paris ouvre le premier de ses deux concerts à l’Olympia sur Dancing Barefoot… un voile d’émotion tombe sur une assistance déjà conquise ;
Patti, poétesse, musicienne, écrivaine, artiste alternative qui a inspiré nos générations, partagé des bières au Chelsea Hotel avec William Burroughs et Jimi Hendrix, scandé Horses au CBGB du New-York underground entre Television et les Ramones, chanté à Charleville-Mézières sur la tombe de Rimbaud, écrit une bouleversante déclaration d’amour à Robert Maplethorpe avec ce merveilleux livre Just Kids ;
Patti, parisienne de cœur, décorée par la République dans l’ordre des Arts et des Lettres, résidente de l’Olympia ou de la salle Pleyel ;
Patti, qui a l’air de n’avoir jamais changé ni de jeans et ni de t-shirt depuis toutes ces années, Patti est de nouveau parmi nous, entourée par deux de ses historiques et fidèles musiciens : Lenny à la guitare et Jay Dee à la batterie.
Patti, une voix à la profondeur chaque année plus abyssale et hantée qui fait frémir ses auditeurs ;
Patti, papillon virevoltant entre littérature, photographie, écriture et musique ;
Patti Smith ce soir était en balade à Paris, rien de nouveau dans sa besace, juste le plaisir de partager une œuvre chargée d’émotions et parsemée des jalons qui ont marqué plusieurs générations.
Et alors que les guitares ne marchent plus, pendant que les roadies s’agitent pour changer l’ampli de Lenny,Patti nous raconte comment Bruce Springsteen lui avait proposé la musique de Because the Night sur une cassette qu’elle a longtemps laissé traîner sans l’écouter. Un soir qu’elle attendait un appel de Fred « Sonic » Smith (son mari, décédé prématurément, père de ses deux enfants, ancien guitariste du MC5) elle a enfin introduit la cassette dans un lecteur… et composé les paroles de ce qui allait devenir l’un des hits les plus explosifs de la planète rock. Bien sûr elle nous le joue ces deux soirs.
Patti, sereine face à la mort de tant de ceux qu’elle a croisés et qui l’ont inspirée (elle est une survivante), rend hommage à Loulou de la Falaise, seule avec une accordéoniste en chantant une émouvante « petite chanson » : In Dreams I’m There for You.
Patti, bavarde comme jamais joue une intro amusante et interminable à la guitare acoustique où elle nous raconte sa vie sur une rythmique basique comme si nous étions au zinc du bistrot d’à coté.
Et puis Patti déchaînée nous sert un final dantesque, les deux soirs, sur Rock ‘n’ Roll Nigger qui clôt les shows, le poing levé, délivrant son incantation smithienne :
All is chaos/ We must fight/ We must occupy/ We must love/ We must rule the world/ Our only weapon is the electric guitar/ Because we are THE PEOPLE/ And “People have the power”/ And THE FUTURE IS NOW!
Et après avoir cassé une à une les cordes de sa guitare elle a laissé pantois un parterre multi générationnel épuisé et enthousiaste. Notre déesse du rock et de la poésie met tout le monde d’accord devant tant de sincérité. C’est beau et inutile, mais cela fait du bien pour où cela passe : le cœur et l’âme !
On November 22, 2011 Lenny Kaye was made a Chevalier of the Ordre des Arts et des Letteres from the French Republic. It is awarded for « Significant contribution to the enrichment of the French Cultural inheritance. » He is shown here, after receiving his medal, with his Commandeur. Both Patti and Lenny have now been honored by the French Republic. A great honor for both of them, as they approach their 65th year on earth. An event they will soon celebrate at the Bowery Ballroom.
Set list du 22 novembre : Redondo Beach/ Dancing Barefoot/ Birdland/ My Blakean Year/ Free Money/ Cash/ Black Leaves/ Closed Eyes/ It’s a Dream (Neil Young cover)/ Beneath the Southern Cross/ Ain’t It Strange/ Night Time (The Strangeloves cover)/ (We Ain’t Got) Nothing Yet (The Blues Magoos cover)/ Born to Lose (The Heartbreakers cover)/ Pushin’ Too Hard (The Seeds cover)/ My Generation (The Who cover)/ Because the Night/ Pissing in a River/ Land/ Gloria (Them cover)
Encore : People Have the Power/ Rock ‘n’ Roll Nigger
Heather Nova au Bataclan ce soir, les rangs sont clairsemés pour accueillir cette chanteuse originaire des Bermudes. Belle comme le jour, blonde et longiligne, toute de noir vêtue, des fleurs enroulées autour de son pied de micro, chanteuse-compositrice-guitariste de talent… difficile de ne pas tomber sous le charme.
On s’attendait à une prestation un peu folkeuse-évanescente et nous avons eu droit à un vrai concert de rock, mais tout en subtilité féminine. Heather est accompagnée d’une costaude à la guitare solo, de Sara Johnston (qui assure la première partie en solo) aux claviers et chœurs et, tout de même, de deux garçons, bass et batterie, et violoncelle à l’occasion.
Une voix vraiment sublime, toute en douceur, montant dans les aigus avec un charmant trémolo sur des ballades intimistes. Une voix à la Joan Baez sur des harmonies délicates en duo avec Sarah. Mais aussi des morceaux énergiques durant lesquels la costaude casse ses cordes sur des solos bien gras.
Heather, élevée sur une bateau dans la mer des Caraïbes nous chante ses souvenirs, nous enchante de ses visions mélancoliques : I need an island somewhere to sink a stone/ I need an island somewhere to bury you, somewhere to go.
Heather Nova, poétesse, dessinatrice et définitivement musicienne, qui a collaboré avec Benjamin Biolay, Lenny Kaye (le guitariste de Patti Smith), Heather Nova laissez agir le charme, tout simplement…
Set list : Everything Changes/ Heart and Shoulder/ Save a Little Piece of Tomorrow/ Like Lovers Do/ Island/ All I Need/ Turn the compass/ Winterblue/ The Good Ship Moon/ Ride/ I Wanna Be Your Light/ Do Something That Scares You/ Higher Ground/ London Rain/ Beautiful Ride/ Make You Mine
Rappel : Fool For You/ Walk this World
Rappel 2 : Sugar
1977, le chroniqueur éberlué digère le concert de Yes au Pavillon de Paris porte de Pantin. C’est la tournée de Going for the One, le groupe progressiste est au midi de son inspiration et de sa virtuosité. Jon Anderson est le chanteur, Steve Howe est aux guitares, Chris Squire à la bass, Rick Wakeman aux claviers et Alan White a remplacé Bill Bruford à la batterie. C’était la formation historique, celle qui composé et joué les plus belles œuvres de Yes, une musique éblouissante et complexe, des morceaux de 20 minutes, un lyrisme parfois un peu emphatique, des mots étranges, mais quel souffle. Et d’ailleurs l’interprétation ce soir d’hiver de Close to the Edge marque à jamais le chroniqueur nouvellement éveillé au rock progressiste. Yes avec King Crimson et Genesis, le trio majeur qui nous accompagnera sur la fin des 70’s avant de se faire balayer par le punk et la new-vawe.
Les dessins énigmatiques de Roger Dean, qui continue de collaborer avec le groupe, ont aussi posé les jalons de la rêverie qui marquait cette époque :
2011, le chroniqueur fatigué est allé rendre hommage à l’Olympia aux héros de sa jeunesse. Ils sont en ordre dispersé, ces dernières 35 années ont été marquées par séparation, dispersion et reformation sous différentes configurations. On a même vu le fiston Wackeman se substituer à son père quelques mois durant. Ce soir il manque Jon, remplacé par un chanteur canadien, Benoît David, à la voix haut perchée mais qui ne figure qu’une pâle copie de l’original. Geoff Downes est aux claviers, Chris, Steve et Alan sont sur le pont et sous leurs cheveux blancs.
Le groupe joue intégralement Fly from Here leur disque sorti cette année sur un thème ancien qui n’avait jamais été enregistré. Les morceaux sont relativement concis et rock. Chacun y déploie une besogneuse virtuosité, il n’y manque que l’âme de Yes, et surtout Jon qui en représentait la fusion ! Les performances de Steve sont portées aux nues par les spectateurs assis dans les sièges rouges de l’Olympia. Quelques retours sur le passé émeuvent encore (Wonderous Stories, Runabout) et lorsque les héros s’inclinent pour saluer l’assemblée, ils dévoilent leurs crânes chauves au milieu de cheveux gris filasses.
Mais ils ont été le grand Yes, alors on les applaudit mollement en souhaitant qu’ils n’insistent plus trop pour poursuivre une carrière à la dérive.
Set list : 1. Yours Is No Disgrace/ Tempus Fugit/ I’ve Seen All Good People/ Life on a Film Set/ And You and I/ Solitaire (Steve Howe Solo)/ Fly From Here – Overture/ Fly From Here – Pt I – We Can Fly/ Fly From Here – Pt II – Sad Night at the Airfield/ Fly From Here – Pt III – Madman at the Screens/ Fly From Here – Pt IV – Bumpy Ride/ Fly From Here – Pt V – We Can Fly (Reprise)/ Wonderous Stories/ Into the Storm/ Heart of the Sunrise/ Owner of a Lonely Heart/ Starship Trooper/
Salif Kadhafi a été arrêté en Lybie. A l’unisson avec papa
Mouamar il promettait des rivières de sang aux rebelles de Benghazi lors du
déclenchement de l’insurrection. Papa a fini une balle dans la tête à Syrte, le
fiston jusqu’ici a eu plus de chance et la fuite lui a permis de sauver sa
tête, pour le moment. Il va sans doute devoir rendre des comptes de ses actions
d’apprenti dictateur et assumer les responsabilités de ses actes.
L’un comme l’autre, sans parler des frangins, ont été non
seulement dictateurs mais en plus stupides. En proclamant sur les ondes
internationales qu’ils allaient réduire la rébellion « dans des rivières de sang » ils ont accéléré la
réaction occidentale et, finalement, leur perte. L’Occident repu craignait de
se retrouver face à de nouveaux massacres qu’il aurait laissé faire comme à
Sarajevo ou Srebrenica et être de nouveau accusé par les bonnes âmes et Bernard
Henri-Levy d’être coupable d’inaction. Du coup une intervention militaire a été
mise en place et le régime est tombé. Cette petite famille Kadahfi aurait fait
un peu moins d’esbroufe médiatique et aurait agi avec un peu plus de
discrétion, voire elle aurait cédé à quelques revendications de l’opposition, elle
serait sans doute encore en place.
Alors la vraie question n’est-elle de savoir si une dictature
est stupide par nature ? Sans doute pas, la Chine en est l’exemple le plus
frappant. Mais les ex-dictatures arabes et celles qui résistent encore ne sont
certainement pas à classer dans cette catégorie étrange des dictatures malignes.
Alors les Kadhafi paient pour leur stupidité. Salif est réclamé
par la justice internationale, puisse-t-il lui être livré et qu’importe si le
procès révèle les nauséabondes compromissions que la Lybie dictatoriale a
entretenu avec nos démocraties occidentales. C’est même souhaitable et nos
Etats auront aussi à rendre des comptes.
9h00 au Luxembourg, tout est calme, des retraités prennent des cours de Taï Chi sous les cris des mouettes, les canards baguenaudent dans la fontaine Médicis et les joggeurs s’agitent dans les allées.
C’est le Festival de Ménilmontant – capitale de la musique équitable et écologique à l’Atelier du Plateau au fond d’une sombre impasse au cœur d’un hiver glacial.
Le concept de musique équitable et écologique est un peu neuf mais il sonne sympathique. On ne sait pas bien si Woody Guthrie était écolo, mais il est certain qu’il aurait pu l’être.
Le concert est organisé pour 50 personnes dans salon-atelier d’artiste. Seb Martel, barbu guitariste-chanteur ascétique mène le groupe accompagné de Laetitia Shériff aux guitares, Corine Cicolari aux chants et un percussionniste. En fait une bande de potes qui jouent devant une bande de potes dans un salon krypto-gaucho-écolo pour rendre hommage à un de leur héros : Woody Guthrie, poète-fondateur de la folk musique américaine.
Le concert est acoustique bien sûr vu la salle, mais Laetitia branche parfois sa guitare sur un mini-ampli grand comme deux paquets de cigarettes.
Seb est un peu agité mais se révèle un excellent guitariste. Corinne est toute timide et Laetitia assure (sans doute la plus expérimentée). Tout ceci est gentiment improvisé, avec partitions sur pupitres. La musique est leur passion, ils nous la font partager avec l’admiration et la reconnaissance qu’ils vouent à Woody.
Bien sur plus grand monde ne sait aujourd’hui qui est Woody Guthrie, mort en 1967. Ceux qui tendent l’oreille savent que Bod Dylan ou Bruce Sprinsgteen ont écrit des chansons sur lui et repris maintes des siennes. Ce soir seuls 50 parisiens assistent à cet émouvant hommage à l’immense protest singer, auteur inépuisable qui a écrit plus de 3 000 chansons, s’est battu contre le fascisme, au propre comme au figuré, il écrivait en gras sur sa guitare : « This machines kills fascists. »
Le soir de l’élection d’Obama aux Etats-Unis, Pete Seeger et Bruce Springsteen ont joué en plein air, aux pieds de l’imposante statue de Lincoln, l’hymne de Woody This Land is your Land
This land is your land, this land is my land/ From California, to the New York Island/ From the redwood forest, to the gulf stream waters/ This land was made for you and me
As I was walking a ribbon of highway/ I saw above me an endless skyway/ I saw below me a golden valley/ This land was made for you and me
I’ve roamed and rambled and I’ve followed my footsteps/ To the sparkling sands of her diamond deserts/ And all around me a voice was sounding/ This land was made for you and me
The sun comes shining as I was strolling/ The wheat fields waving and the dust clouds Rolling/ The fog was lifting a voice come chanting/ This land was made for you and me
As I was walkin’ – I saw a sign there/ And that sign said – no tress passin’/ But on the other side …. it didn’t say nothin!/ Now that side was made for you and me!
In the squares of the city – In the shadow of the steeple/ Near the relief office – I see my people/ And some are grumblin’ and some are wonderin’/ If this land’s still made for you and me.
Ce sera le final de cette sympathique soirée à Ménilmuche.
Eh bien ! La Ligue arabe non seulement s’émeut de la répression en Syrie, mais agit et suspend ce pays de ses membres. Mesure courageuse et inhabituelle pour cette institution. Aujourd’hui seules la Russie, la Chine et quelques pays émergents continuent à soutenir le clan au pouvoir en Syrie. Il est toujours en place, le dos au mur, protégé par sa minorité alaouite et son armée fidèle. Il n’est pas sûr qu’il tombe dans un futur proche mais il est presque certain que sa famille aura des comptes à rendre, un jour…
Deux soirées à l’Olympia pour The Kills après leur prestations à Rock en Seine cet été. Le duo anglo-américain est renforcé sur scène par un quatuor de batteurs sur quelques chansons. La légende veut que leur nom The Kills ait été choisi en référence à Florence Rey et Audrey Maupin, un couple infernal français de gamins coupables d’une fusillade dévastatrice dans les rues de Paris en 1994 ; bilan 5 morts. Heureusement sous leurs aspects destructeurs, les Kills sont surtout des rockeurs et l’on sort vivants de leurs prestations, même si légèrement abasourdis !
Jamie en est en cuir noir. Allison, vêtue d’un crêpe tenue camouflage a coloré ses longs cheveux ce soir en rouge et arpente la scène nerveusement comme à son habitude. Les boîtes à rythmes dégorgent un beat primal sur lequel se place l’étrange jeu de guitare de Jamie. Dans un excès de larsen, de saturation et de réverbération, il couvre le volume de la salle sous un déluge de bass et de sons d’une violence inouïe, le tout sur une rythmique endiablée et féroce. On ne sait plus trop qui prend le dessus des machines ou du guitariste mais la somme des deux est une véritable déclaration de guerre.
Allison se révèle une remarquable chanteuse et il faut une sacré personnalité pour affronter le mur de son déclenché par Jamie. Sous un look de rockeuse no future, belle et sauvage, elle déroule une diction hypnotique et parfois des mots doux. Lorsqu’elle s’empare à son tour d’une guitare et accompagne Jamie on tient alors le couple divin du rock d’aujourd’hui, tendre et brutal : The heart is a beating drum/ It takes more than you wanted before/ To keep it on.
Difficile de ne pas être captivé par l’incroyable vitalité de ce duo de choc, ni fasciné par leur musique simpliste et percutante. Et lorsqu’ils lancent leur rappel sur la reprise de Pale Blue Eyes du Velvet, une des plus belles chansons d’amour de l’histoire du rock, jouée punky et sobrement, nos cœurs chavirent et déposent chapeau bas devant la modernité et l’actualité de The Kills.
Setlist : No Wow/ Future Starts Slow/ Heart Is A Beating Drum/ Kissy Kissy/ U.R.A. Fever/ DNA/ Satellite/ Last Day of Magic/ Baby Says/ Black Balloon/ Pots and Pans/ Cheap and Cheerful/ Tape Song/
Encore : Pale Blue Eyes (The Velvet Underground cover)/ Sour Cherry/ Fuck the People/ Monkey 23/ The Last Goodbye
De plan de rigueur en plan de rigueur, la France continue à boire le calice de décennies de mauvaise gestion budgétaire. Les taux d’intérêt auxquels son trésor public finance la gabegie bondissent et sont désormais presque le double de ceux de l’Allemagne. Messieurs les Marchés considèrent que prêter à Paris est plus risqué qu’à Berlin. Financièrement parlant, ils n’ont pas tort. La dégradation à venir des notes françaises est déjà anticipée.
Rigolo : des pirates informatiques rentrent sur le site
de l’UMP, chopent les numéros de portables de députés, particulièrement ceux de
la droite dite populaire, en fait
très populiste et très stupide, puis les mettent en ligne. Du coup les membres
de l’UMP concernés sont inondés de SMS vengeurs et de messages d’insulte. L’un
d’eux plutôt énervé et énervant parle « d’activer
la guillotine. »
Un message de revendication précise : « A tous les
gardés à vue, aux banlieues karchérisées, aux manifestants battus, aux journalistes
espionnés, aux demandeurs d’asile ignorés et matraqués, aux Roms stigmatisés, à
toutes les victimes de l’UMP… nous vous livrons leurs coordonnées. Œil pour œil,
dent pour dent. »
C’est rigolo mais c’est illégal. L’UMP a porté plainte, que
la justice passe.
Le pervers transalpin, 75 ans, lâche prise et annonce qu’il va démissionner. Rien n’est encore fait mais Berlusconi semble en bout de course, plus spécialisé en parties fines avec prostituées mineures qu’en gestion publique, en chirurgie esthétique et gominage de cheveux rares qu’en vision politique, il tombe non pas à cause des multiples scandales financiers et sexuels dans lesquels il est impliqué, mais du fait de la mauvaise situation économique de l’Italie. Messieurs les Marchés ne lui font plus confiance pour gérer le pays et, du coup, augmentent les taux d’intérêt auxquels ils prêtent à la péninsule, le parlement italien met le Berlu en minorité et comme a priori il lui reste encore un peu de clairvoyance notre homme de 75 ans va laisser la place et partir goûter les charmes de la retraite, au moins politique. C’est bien.
Les Samshing Pumpkins au Zéntih ce soir. Le chroniqueur morose avait en tête de partager au moins une fois une soirée avec le grand Billy Corgan. Voila qui est fait et ne laissera ni à l’un ni à l’autre un souvenir indestructible, mais il a fait bon profiter deux heures durant de l’énergie de ce groupe un peu incompréhensible. Seul Billy est de la formation d’origine, qu’il a crée et qui a connu des hauts, des bas et des fâcheries. La nana de service est à la basse, le guitariste d’appoint est anonyme et bruyant, le gamin à la batterie cogne dur.
Que dire de la musique live des Pumpkings ? C’est du rock industriel, un peu moins pervers que celui de Nine Inch Nails, un peu plus alternatif que Rammstein ; tout de même très bruitiste. On a du mal à suivre le cheminement des 2 guitares et de la basse dans un déchaînement de saturation et les affres d’un son surpuissant et sans doute de mauvaise qualité. Qu’importe, ces 4 là ont l’air de s’y retrouver et ne comptent pas leur temps (plus de 2 heures de show). C’est alternatif, confus, électrique, mais ça réveille les morts et vous laisse le cerveau un peu écrabouillé, le groupe porte bien son nom.
Billy qui peut compter sur un fan-club enthousiaste et dévoué salue longuement les premiers rangs avant de quitter la scène qui vibre encore d’une overdose de larsen.
Setlist : Quasar/ Panopticon/ Starla/ Geek U.S.A./ Muzzle/ Window Paine/ Lightning Strikes/ Soma/ Siva/ Oceania/ Frail and Bedazzled/ Silverfuck/ Pinwheels/ Pale Horse/ Thru the Eyes of Ruby/ Cherub Rock/ Owata/ My Love is Winter/ For Martha