Les Samshing Pumpkins au Zéntih ce soir. Le chroniqueur morose avait en tête de partager au moins une fois une soirée avec le grand Billy Corgan. Voila qui est fait et ne laissera ni à l’un ni à l’autre un souvenir indestructible, mais il a fait bon profiter deux heures durant de l’énergie de ce groupe un peu incompréhensible. Seul Billy est de la formation d’origine, qu’il a crée et qui a connu des hauts, des bas et des fâcheries. La nana de service est à la basse, le guitariste d’appoint est anonyme et bruyant, le gamin à la batterie cogne dur.
Que dire de la musique live des Pumpkings ? C’est du rock industriel, un peu moins pervers que celui de Nine Inch Nails, un peu plus alternatif que Rammstein ; tout de même très bruitiste. On a du mal à suivre le cheminement des 2 guitares et de la basse dans un déchaînement de saturation et les affres d’un son surpuissant et sans doute de mauvaise qualité. Qu’importe, ces 4 là ont l’air de s’y retrouver et ne comptent pas leur temps (plus de 2 heures de show). C’est alternatif, confus, électrique, mais ça réveille les morts et vous laisse le cerveau un peu écrabouillé, le groupe porte bien son nom.
Billy qui peut compter sur un fan-club enthousiaste et dévoué salue longuement les premiers rangs avant de quitter la scène qui vibre encore d’une overdose de larsen.
Setlist : Quasar/ Panopticon/ Starla/ Geek U.S.A./ Muzzle/ Window Paine/ Lightning Strikes/ Soma/ Siva/ Oceania/ Frail and Bedazzled/ Silverfuck/ Pinwheels/ Pale Horse/ Thru the Eyes of Ruby/ Cherub Rock/ Owata/ My Love is Winter/ For Martha
Extraordinaire concert des Cowboy Junkies au Divan du Monde. Ce groupe canadien de Toronto est mondialement célèbre pour sa reprise de Sweet Jane de Lou Reed, mais si vous ne les connaissez que pour cela alors courez, précipitez-vous chez votre disquaire, dépensez vos économies pour vous constituer la discothèque des Junkies et priez pour qu’ils ne tardent pas trop à revenir chez nous !
Ils sont sur la route depuis 1985, et ces 25 années blanchies sous le harnais du blues et de la culture alternative ont donné un groupe subtil dégageant sur scène une douce mélancolie et une imperceptible lassitude. Margo Timmins, chanteuse, est sur le devant de la scène sous une coiffure rousse, une blouse imprimée sur un jean et un long gilet en laine, un peu informe dans lequel elle se cache à coté d’un volumineux bouquet de tulipes. Elle est accompagnée de son petit frère Peter à la batterie, son deuxième frère Michael, compositeur et guitariste d’exception, Alan Anton à la basse et Jeff Bird à la mandoline électrique. Ceux-là se connaissent sur le bout des portées et cela se sent dès les premières notes, leur cohésion et harmonie musicales tendent à la perfection.
Dès les premières chansons Margo enchante la salle de sa voix chaude et profonde, au tremolo envoûtant, et des petites histoires racontées tous les deux ou trois morceaux, agréable respiration ponctuée de sourires troublants. Le concert sera divisé en deux parties, la première consacrée aux Nomad Series enregistrées au cours des 18 derniers mois et dont trois CD’s sont déjà disponibles (Renmin Park, Demons, Sing in my Meadow, le quatrième pour bientôt), la seconde au retour sur le passé d’une dizaine de disques originaux.
En famille et sous le parapluie du blues, le clanTimmins a laissé courir sa curiosité et ses sens des années durant sur la planète musique pour un résultat merveilleux. En introduction de Renmin Park, Margo raconte comment Michael est allé vivre quelques mois en Chine pour en revenir avec un disque où se mêlent des inspirations étranges et cette sublime chanson Renmin Park, tellement Junkies, belle comme un sanglot glacé. La voix juste posée sur des accords acoustiques lents et majestueux, une intonation bouleversante. On imagine de vieux chinois faisant du Tai-Chi sous les cerisiers en fleurs pendant que les cygnes voguent lentement sur le Yangstee : Meet me on the banks of the Yangtze, Suzie/ Beneath the glare of the New-West Yard/ We’ll watch the barges cart away the waste of another day/ We’ll watch the barges cart away the waste of another day/ Meet me in the middle of Rennin Park/ Where the stone bridge meets the pond/ We’ll watch the ducklings gobbling bread/ And the stealth of the approaching swan/…
Nomad Series
I Cannot Sit Sadly By Your Side est de la même veine et se révèle une chanson de l’artiste chinois Zuoxiao Zuzhou, du rock mandarin traduit en anglais. On ne sait pas si la composition originale est aussi mélancolique mais Michael en a fait une véritable chanson des Junkies !
Les morceaux de Sing in my Meadow révèlent le redoutable guitariste-compositeur qu’incarne Michael, loin de ses guitares évanescentes de Renmin Park, notre homme sait faire parler l’électricité grinçante. Toujours assis, comme son compère Jeff à la mandoline, ils torturent tous deux leurs cordes pour accompagner Margo. C’est la rage qui saisit ces guitaristes qui prennent alors la direction du show, la voix tragique de la chanteuse ajoutant à l’atmosphère de dévastation qui fait vibrer les tulipes.
Quelques reprises marquent la déférence du groupe vis-à-vis de ses héros : Moonlight Mile que Margo introduit rappelant ses seize ans lorsqu’elle assistait aux concerts des Stones, Old Man de Neil Young, un hommage à Vic Chesnutt, un artiste folk américain, paraplégique, unanimement reconnu et repris par les plus grands et aux reprises duquel l’album Demons de ces Nomad Series est entièrement consacré. Et bien sûr Sweet Jane est lancé, après une longue introduction de guitares délirantes. Enregistré en 1988 dans l’église de la Sainte Trinité de Toronto, le morceau du Velvet Underground est réduit à un couplet répété à l’infini sur une bass jazzy et obsédante, ponctué des Sweat-sweat Jane et des vocalises de Margot, incroyablement tristes.
A plusieurs reprises elle fera allusion à la noirceur de leurs textes. S’adressant à un internaute parisien qui lui avait demandé avant le concert une dédicace pour son amie, elle avoue, dans un grand éclat de rire, avoir eu du mal à trouver dans son catalogue quelque chose qui ne parlait pas de mort, de rupture et de fin !
Mais la musique des Cowboy Junkies est ainsi faite, un monde d’infinie mélancolie, comme un songe éveillé dans lequel Margo nous tient par la main pour nous accompagner sur l’étroite frontière qui sépare la désespérance de la beauté. Une errance sans but, sinon celui de la poésie, de celle qui vous envahit avec douceur, entre frisson et plénitude. L’immense talent du groupe et le charisme de sa chanteuse nous font tenir en équilibre, tremblants, émus, pour finalement tomber du bon coté de la Force, celui de la musique comme bouclier de l’âme.
Le président du fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) rend responsables les dirigeants européens de la crise financière actuelle en clamant :
« Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux. Les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. »
C’est dur de dépendre de ses créanciers, d’autant plus quand
ils s’approchent de la vérité et que l’on fait la manche.
Le clan Assad au pouvoir en Syrie continue à réprimer sévèrement sa population, sans vergogne et malgré les promesses d’apaisement faites à la Ligue arabe qui a fait semblant d’y croire lorsqu’elles ont été signées. Encore un dictateur qui prend les risques de son métier de dictateur.
Finalement il n’y a plus de référendum en Grèce, plus de majorité parlementaire pour le pouvoir en place, plus de sous dans la caisse et quasiment plus de gouvernement. Tout ceci est légèrement inquiétant.
Une bombe cette nuit chez Charlie Hebdo qui titrait ce matin : Charia Hebdo. Tout a brûlé mais l’effet est immédiat : depuis ce matin 9h00 il n’y a plus un numéro dans les kiosques de Paris, tous vendus dès potron-minet. Les journalistes vont être hébergés chez Libé et une réédition de numéro épuisé de ce jour est annoncée pour le 5 novembre.
La Grèce qui a mis en place de programmes de réduction des dépenses publiques drastiques pour être éligible à des financements européens et multilatéraux et voir sa dette annulée à hauteur de 50% a soudainement décidé de présenter à un référendum populaire la validation de ce plan. Les marchés financiers s’effondrent et les bourses s’affolent. Il est vrai que Messieurs les Marchés sont assez peu habitués à la démocratie, il y a la de quoi les surprendre et les inquiéter, d’autant plus que le citoyen grec légèrement énervé depuis quelques mois devrait logiquement tout envoyer bouler à l’occasion de ce référendum, tout dépendra de la question posée !
Vouloir acheter à Monsieur
Darty des sacs pour un aspirateur datant de 15 ans relève de l’impossible.
Bien entendu cela n’existe plus, n’est plus fabriqué, n’est plus disponible, et
on ce client étrange regarde comme un martien avec son aspirateur antédiluvien
certes, mais qui fonctionne encore !
Du coup il se laisse convaincre d’acheter un nouvel appareil
et Monsieur Darty cherche à tout prix
à lui fourguer en plus une assurance réparation pour cinq années qui représente
environ 20% du prix de la machine. On doit presque se justifier pour ne pas
souscrire et on se fait expliquer que certes le nouvel aspirateur est garanti 2
ans, mais uniquement pour le moteur et pas l’électronique, et que les machines
d’aujourd’hui sont moins solides que celles d’antan, et patati et patata.
Ainsi vont les choses dans notre pauvre Monde consumériste et
adverse au risque : on acquiert une machine et il faut s’assurer sur ses
futures pannes avant même de l’avoir mise en service ! Peut-être
pourrait-on également produire des aspirateurs fiables, ou alors poursuivre la
commercialisation des sacs pour les aspirateurs qui furent solides ? Le
chroniqueur se sent tout d’un coup très vieux…
Death in Vegas au Bataclan ce soir : le groupe britannique de Richard Fearless livre un concert électro entraînant. Il s’agit de machines mais aussi de musique. Et puis il y a quelques guitares, de temps en temps, et des voix, parfois. Nous sommes dans le monde de l’électronique, une atmosphère plus ou moins dansante mais très sombre, tirant parfois sur le sinistre !
La répétition des machines, la superposition des boucles, le volume du son, tout ceci tend à faire sombrer l’assistance dans une tornade hypnotique, un vertige sans fin, c’est l’objet de cette musique qui fait s’évader du monde réel pour entrer dans l’univers de la transe. Les Death in Vegas excellent dans l’exercice.
Fearless, barbu et concentré, commence le show à la guitare face à son batteur pour 3 ou 4 morceaux avant de se pencher sur ses machines étranges pour le reste du concert. D’un calme olympien il pianote, il tapote, il tripote, des boutons et des curseurs que l’on imagine reliés à des ordinateurs. Solidement soutenu par batteur, bassiste et guitariste, il mène son monde pour délivrer une musique qui fait froid dans le dos mais qui vous fait sortir de vous-même.
Yann Tiersen, en concert au Trianon pour la sortie de son dernier disque Skyline : musicien breton au parcours atypique il ponctue la scène rock française de compositions riches et étranges. Skyline et Dust Lane qui lui a succédé sont de la même veine, de la musique progressiste, de longs morceaux instrumentaux, une musique qui fleure bon la grise austérité de sa Bretagne d’origine et dont une partie est écrite et enregistrée à Ouessant, une île sauvage battue par les vents et les tempêtes à l’Ouest de l’ouest de l’hexagone, sentinelle de l’Atlantique où tant de marins se sont perdus.
Yann Tiersen trop souvent reconnu comme l’auteur de la musique du film Amélie Poulain alors qu’il est vaut bien mieux que cette gentille comptine musicale. Bien sûr, des morceaux instrumentaux de 15 mn ne sont pas tout à fait au format FM qui assure la diffusion commerciale…
Sur scène en T-shirt et chemise à carreaux informe, cheveux gris fillasses, Yann est accompagné de cinq musiciens et de pas mal de machines. Il passe alternativement des guitares à l’électronique ou au violon qui donne une touche celtique à cette musique des grands espaces. A plusieurs reprises les six musiciens unissent leurs voix de basse, à mi-chemin entre les chœurs de Solesmes et le vent qui mugit sur le phare du Créach un soir d’hiver sur Ouessant.
L’homme semble timide et en retrait, il s’exprime derrière ses instruments à l’aide de compositions majestueuses. Sa musique est moderne et nerveuse, variée et dynamique, issue des profondeurs de l’âme d’un musicien talentueux menant sa barque sur des chemins de traverse. Elle a enchanté le Trianon ce soir !
Comme à leur habitude lors des sommets européens, les français proposent de régler le problème de la dette en s’endettant encore plus et pour ce faire, en autorisant le fonds européen de stabilité financière (FESF) à avoir le statut de banque pour pouvoir emprunter auprès de la banque centrale, les allemands disent « Nein, nein, nein » et proposent de réduire les dépenses pour moins s’endetter. Il n’est pas sûr qu’une solution médiane puisse être trouvée, mais la vision financière de chaque coté du Rhin devient tellement caricaturale et prévisible qu’elle en ferait sourire s’il ne s’agissait de nos sous.
Les sept raisons pour lesquelles les contribuables européens vont payer pour la Grèce, comme les allemands et les pays du Nord payent pour la France et autres pays du Sud qui dépensent plus qu’ils ne gagnent :
1. Nous allons payer parce que nos grands anciens ont créé l’Europe sur des bases de solidarité et de développement économique commun sur les ruines de deux guerres mondiales menées par nos nations européennes prises de folie.
SA MAJESTÉ LE ROI DES BELGES, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ALLEMAGNE, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE, SON ALTESSE ROYALE LA GRANDE-DUCHESSE DE LUXEMBOURG, SA MAJESTÉ LA REINE DES PAYSBAS DÉTERMINÉS à établir les fondements d’une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens, DÉCIDÉS à assurer par une action commune le progrès économique et social de leurs pays en éliminant les barrières qui divisent l’Europe, ASSIGNANT pour but essentiel à leurs efforts l’amélioration constante des conditions de vie et d’emploi de leurs peuples, RECONNAISSANT que l’élimination des obstacles existants appelle une action concertée en vue de garantir la stabilité dans l’expansion, l’équilibre dans les échanges et la loyauté dans la concurrence, SOUCIEUX de renforcer l’unité de leurs économies et d’en assurer le développement harmonieux en réduisant l’écart entre les différentes régions et le retard des moins favorisées, DÉSIREUX de contribuer, grâce à une politique commerciale commune, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux, ENTENDANT confirmer la solidarité qui lie l’Europe et les pays d’outre-mer, et désirant assurer le développement de leur prospérité, conformément aux principes de la charte des Nations unies, RÉSOLUS à affermir, par la constitution de cet ensemble de ressources, les sauvegardes de la paix et de la liberté, et appelant les autres peuples de l’Europe qui partagent leur idéal à s’associer à leur effort, DÉTERMINÉS à promouvoir le développement du niveau de connaissance le plus élevé possible pour leurs peuples par un large accès à l’éducation et par la mise à jour permanente des connaissances,
ONT DÉCIDÉ de créer une COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE
Préambule du Traité de Rome de 1957
2. Nous allons payer parce que les évènements politiques (chute du communisme entre autres) ont poussé leurs successeurs a progressivement transformer l’Europe des 6 d’un club de riches en une auberge espagnole où cohabitent maintenant 27 pays qui n’ont plus grand-chose de commun. Les successeurs du Traité de Rome : Acte Unique, Traités de Maastricht, de Nice, etc. ont largement ouvert les portes de l’Europe et de son Union monétaire. C’est ainsi que l’on a réuni dans la zone euro des pays en se basant sur des critères culturels et que désormais les réalités économiques reprennent le dessus.
3. Nous allons payer car des gouvernements de rencontre, comme ceux (successifs) de la France, de la Grèce et d’autres, n’ont pas respecté leurs engagements de gestion budgétaire raisonnable, cédant à la demande de leurs citoyens trop gâtés.
4. Nous allons payer parce que nos économies sont désormais tellement imbriquées que c’est ton intérêt de payer pour éviter les répercussions sur les économies du reste de l’Europe d’un effondrement de la Grèce, comme le contribuable américain a payé de sang et de dollars pour redresser l’Europe après 1945.
5. Nous allons payer car finalement il ne s’agit à ce stade que de problèmes d’argent alors que les générations qui nous ont précédé ont payé la folie des hommes à Verdun et Auschwitz.
6. Nous allons payer en se disant que ce n’est pas grand-chose par rapport à ce que nos enfants, les petits-enfants, et les enfants de nos arrière-petits-enfants vont devoir payer pour rembourser les dettes que nous leur laissons du fait de la mauvaise gestion de nos générations.
7. Nous allons payer parce que nous sommes citoyens d’un pays qui n’a même pas réussi à remettre au taux de TVA normal (19,6%) les entrées dans les parcs d’attraction faisant ainsi passer le ticket de 30 à 34 EUR et que tu seras bien content que des fonds souverains chinois, qatari et autres, viennent t’aider à passer ce mauvais cap, alors il te sera difficile de mégoter ton aide à la Grèce.
Mais nous allons payer en espérant que cette crise qui fait s’enfoncer un peu plus nos vieilles nations dans la décadence déjà bien amorcée en 1914 et 1939 va provoquer un sursaut salvateur qui nous remettra avec modestie et humilité dans le droit chemin du concert des nations et sur l’allée étroite de la rigueur financière et politique.
Une sombre affaire de proxénétisme à Lille implique des
flics, des entreprises, des patrons d’hôtel et… Dominique Strauss-Kahn. Des
flics du nord auraient fait des voyages au FMI pour convoyer des filles à notre
chaud-lapin national. On est en train d’atteindre des sommets de la perversion
politique. Du coup les derniers soutiens de DSK se font plutôt silencieux ce
qui laisse le temps à l’intéressé de préparer son procès civil avec Nafissatou
Diallo aux Etats-Unis.
Exposition Maori au musée du quai Branly : comme souvent avec les arts premiers il s’agit plus de culture et de références que d’œuvres physiques. On y redécouvre les liens du peuple maori en Nouvelle-Zélande avec la terre, avec les ancêtres. On y apprend les espoirs déçus du traité de Waitangi, signé en 1840, acte fondateur de la nation de Nouvelle-Zélande Aotearoa, leurs combats pour rétablir leurs droits sur la terre, sur la langue. On y voit… pas grand-chose si ce n’est une pirogue en plastique pour illustrer les talents de charpentiers de marine, des outils divers et des symboles sacrés. Mais on y apprend beaucoup sur cette civilisation intéressante qui peut-être survivra à la modernité.
Kadhafi est mort après 42 années de dictature et de
compromissions. Son régime a trempé dans toutes les combines
politico-terroristes de la deuxième moitié du XXème siècle. Il s’est fâché puis
réconcilié puis re-fâché avec la plupart des nations du globe. Il a financé un
terrorisme sanglant dans toutes ses composantes (anti-Occident, pro-Palestine,
Irlande, Corse, etc.), il a participé à la traque anti-Al Quaida pour se
refaire une virginité, il a acheté des armes aux uns qu’il a refourguées aux
autres, il a imposé ses lubies délirantes à son pays, il a corrompu et compromis
les élites libyennes (qui composent aujourd’hui la majorité du nouveau pouvoir révolutionnaire), il a placé ses fils en
prévaricateurs assoiffés et successeurs potentiels, il a ouvert des conflits
diplomatiques sur des humeurs, pris des otages au hasard de ses impulsions
qu’il a revendus selon ses nécessités, il a réussi à faire plier nos démocraties
européennes qui, oubliant l’honneur, sont allées mettre un genoux à terre sous
une tente bédouine au milieu de nulle part pour quelques illusoires contrats
publics. Certaines, notamment la France (hélas ! hélas !
hélas !) envisageaient même de lui vendre avions de combat et centrales
nucléaires. Dieu merci nos commerçants en armes n’ont pas eu le temps de mettre
en œuvre ces funestes projets.
Kadhafi est mort, c’est ainsi que souvent disparaissent les
dictateurs. Il ne pourra plus rendre de compte mais il faudrait tout de même en
demander à ceux qui restent, quelque soit le moment où ils auront tourné leurs
vestes. Le premier d’entre eux est Moussa Koussa qui est passé à Londres au
début de la révolte libyenne avec secrets et bagages, il a dirigé les services
barbouzards locaux durant des années et même s’il a œuvré ensuite pour
réintégrer la Lybie de Kadhafi dans le concert des nations, il a trempé, voire
inspiré, nombre de complots internationaux. Il faut qu’il rende des comptes,
même si ceux-ci compromettent les puissances occidentales, plutôt que de passer
une retraite paisible au Royaume-Uni.
Le second sur la liste, Abdullah Senussi, risque de passer
un plus mauvais quart d’heure car il est resté fidèle à Kadhafi (son
beau-frère). On l’a vu ces jours-ci le visage tuméfié aux mains des rebelles,
il n’est pas bien sûr qu’il survive jusqu’à un improbable procès local. Il a
été condamné par contumace en 1999 à une peine de prison à perpétuité par la
justice française dans l’affaire de l’explosion du DC 10 d’UTA. Il est mis
en examen par la Cour pénale internationale depuis le début de la révolution
libyenne pour « meurtre et crimes
contre l’humanité ». Il doit rendre des comptes quelque soient les
conséquences que ses révélations auraient pour nos démocraties qui se sont
compromises avec lui.
Fin de partie en Lybie : Kadhafi et l’un de ses fils ont été attrapés et probablement tués par des révolutionnaires déchaînés. Le métier de dictateur comporte quelques risques, dont celui de mort violente.
Le journal Le Monde de mardi publie de larges
extraits des procès-verbaux de l’audition de Squarcini, corse, chef de la
sécurité intérieure, qui vient d’être mis en examen suite aux soupçons d’avoir
contrevenu à la Loi en s’étant procuré les factures téléphoniques d’un
journaliste du… Monde il y a quelques
mois qui avait publié de larges extraits des procès-verbaux des auditions des
personnes impliquées dans l’affaire Bettencourt. Le délateur avait alors été
déniché par Squarcini, il s’agissait d’un haut fonctionnaire du ministère de la
justice. Mais qui est le Judas de l’affaire Squarcini ?
Quelque soit la perspicacité des espions français, leur
capacité à respecter ou non la Loi protégeant les sources des journalistes et
les procès multiples pour faire respecter le droit tel que voté par la
représentation nationale, il y a toujours des traitres qui balancent des
informations à la presse.
C’est une bonne nouvelle au sens où cela permet de dévoiler
les pratiques coupables de nos princes. C’en est une plus mauvaise car plus
personne ne respecte plus rien et balance à tout va. C’est un peu le retour aux
bons français qui dénonçaient rue Lauriston en d’autres temps…
La France s’achemine doucement vers la dégradation de sa note attribuée par l’une des agences internationales de notation. C’est inévitable pour un pays qui n’a pas réussi à équilibrer son budget depuis plus de 35 ans (une génération) et n’arrive pas à rétablir le taux de TVA normale sur le prix des entrées dans les parcs d’attraction sans déclencher une bronca de sénateurs vieillissants, repus et grassouillets.
Toujours autant de délicatesse et d’humanité : après
avoir enlevé au Kenya une femme française tétraplégique et cancéreuse pour la
ramener en Somalie où elle est décédée en quelques jours faute de médicaments,
voire carrément assassinée par ses ravisseurs, des voyous somaliens cherchent
maintenant à monnayer la restitution du corps de la malheureuse. C’est
indicible et surtout tellement symbolique de l’impuissance de nos vieilles
démocraties face aux barbaries modernes. Des cinglés balancent des avions dans
des tours, enlèvent et tuent des infirmes, posent des bombes dans des métros,
arment des gamins qu’ils envoient mourir dans des combats incertains ; et
nos puissances vieillissantes n’y peuvent pas grand-chose, pas plus d’ailleurs
que les émergentes.
Il reste d’ailleurs toujours un otage français en Somalie,
un agent de la DGSE, enlevé dans un hôtel de Mogadiscio en 2009. Il était en
mission officielle pour former
l’armée officielle à la sécurité.
On aurait envie de vitrifier la Somalie mais cela ne
servirait à rien. D’ailleurs l’emploi de la force lors de l’opération Restore Hope sous mandat de l’ONU en
1993 a permis d’endiguer la famine qui ravageait (déjà) le pays mais non point
d’y rétablir un Etat, ordre et autorité. De l’opération occidentale Restore Hope à l’intervention éthiopienne
en passant par l’actuelle force interafricaine soutenue par le Kenya, rien n’y
fait et tout échoue.
A défaut de solution pour le moment, la meilleure chose à
faire est de ne pas fréquenter les parages immédiats de ce pays déliquescent.
On reste quelque peu confondu de constater que des plaisanciers continuent à
naviguer dans le coin, et à s’y faire enlever. Résider, même au Kenya comme
cette dernière victime mais à quelques kilomètres de la frontière somalienne
n’est pas non plus raisonnable. Rester en Europe est moins risqué.
Mayotte, le récent 101ème
département français est déjà en voie de Guadeloupéisation avancée. Alors
qu’elle a été érigée au statut de département en mars 2011, toute l’ile est en
grève depuis plusieurs semaines contre la vie chère et pour réclamer que la
bouteille de gaz soit vendue au même prix qu’à la Réunion. Comme de bien
entendu la grande distribution est vouée aux gémonies et pillée au passage
quand l’occasion se présente.
Alors que la
Nouvelle-Calédonie s’achemine doucement vers son indépendance, alors que les
bilans humains, politiques et économiques de la départementalisation des cinq
DOM existants est le retentissant échec que l’on connaît, comment la République
a-t-elle pu octroyer, de nouveau en 2011, un statut de département à un
confetti de l’ex-empire à des milliers de kilomètre des dorures du VIIème
arrondissement ? Par quelle aberration technocratique a-t-on pu offrir à
ce charmant bout d’île le choix de devenir département français. La catastrophe
est annoncée, le naufrage est certain.