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  • Anna Calvi – 2011/04/22 – Paris le Trianon

    Anna Calvi  est au Trianon ce soir et il fallait être de la partie pour découvrir ce nouveau phénomène de la musique britannique : compositrice de talent, guitariste virtuose, chanteuse d’opéra, élégance naturelle, on ne parle que d’elle et on a raison. Elle est à Paris, alors nous aussi.

    Tailleur et pantalon noirs, rouge à lèvres éclatant, colliers et bracelets en or, cheveux blonds en couette et talons aiguilles, Anna est discrètement accompagnée d’un batteur et d’une multi-instrumentiste (harmonium, percussion et guitare). Le trio démarre sur un instrumental Rider to the Sea. Dès l’intro, on croit que tout est dit : le touché des cordes est hendrixien au milieu d’accords qui dégagent un son de harpe électrifié dans un déluge de notes. Mais viennent ensuite les morceaux chantés et alors la miss bien proprette dégage une voix de stentor au vibrato désarmant qui met le Trianon en émoi, pour tout aussitôt se transformer en murmures imperceptibles. Guitare et voix sont utilisées avec subtilité et émotion, une force incroyable et une conviction percutante.

    Entre les morceaux Anna redevient petite fille de bonne famille et étouffe des thank you imperceptibles derrière son maquillage.

    Sa musique est une vague colossale qui déferle avec force gigantesque avant d’aller mourir sur la plage de nos sentiments en un petit clapot doucereux. La bouche grande ouverte elle clame ses doutes dans un rictus au lipstick carmin : Voices darkness is coming from my soul/ Should I fear you or should I just let go?/ Oh, blackout, I gotta know where you’re from/ what are you trying to tell me I don’t know.

    Devant son micro, accrochée au manche de sa guitare elle est sans aucune retenue et laisse échapper la musique volcanique qui l’habite. Tigresse déchaînée elle nous prouve que plus rien n’a d’importance que son art brut déversé sur assistance ébahie devant ce concentré de talent, d’originalité et de flamboyance !

    En fin du premier rappel Anna produit un incroyable solo sur Love Won’t Be Leaving. Les yeux tournés vers le ciel ses doigts vernis de rouge dévalent sur les cordes avec un brio exceptionnel, passant du miaulement aigu de la guitare martyrisée aux bombardements soniques lorsqu’elle remonte vers les graves. On est abasourdis mais elle nous rasure : I draw my name in the sand/ In the hope it’ll find you/ Because love won’t be leaving/ It won’t be gone until I find a way

    La Callas revisitée et électrifiée, La Calvi nous emmène dans un monde flamenco-rock à grands mouvements de Telecaster et d’envolées lyriques. C’est décoiffant et enthousiasmant.

  • La dure loi du « marché »

    Pierre Belanger, actionnaire minoritaire et fondateur de la radio Skyrock s’émeut du projet de son actionnaire majoritaire, un fonds d’investissement appartenant à l’assureur AXA, qui veut vendre la station de radio. Un mouvement d’intellos mondains et de rappeurs de banlieu se lève pour soutenir Belanger qui refuse de sortir de son bureau depuis plusieurs jours. Il est gentil le garçon mais il aurait peut-être pu réfléchir un peu avant de conclure sa transaction : il lui suffisait juste de ne pas vendre les 70% qu’il détenait dans le capital de cette société et il serait resté maître chez lui.

  • Exposition « American Prayer » de Richard Prince

    Exposition Richard Prince à la Bibliothèque nationale de France, mise en scène par l’artiste lui-même. L’expo est baptisée American prayer, hommage évident à la chanson éponyme des Doors. C’est un pêle-mêle d’images, d’objets et de références à la culture underground américaine : des exemplaires manuscrits de Sur la route de Kerouac, des poèmes de Jimi Hendrix barbouillé sur du papier à lettre d’hôtels londoniens, des numéros d’Actuel première mouture de Bizot, la célèbre photo de Brook Shields à 11 ans, des portraits des écrivains de la beat generation, l’exemplaire d’Ulysse détenu par Kerouac et annoté par celui-ci au crayon, le livre The man who sold the world illustré par la photo de Bowie du disque Low, la première édition acétate de Here she comes du Velvet Underground conservée par Moe Tucker…

    P… cette époque est en train de mourir, de se dissoudre dans un monde de clinquant et de décérébration.

  • Fin de 50 années d’état d’urgence en Syrie

    Bachar El-Assad lâche quelques cacahuètes au peuple syrien, martyrisé par sa famille depuis le coup d’Etat mené par son père en 1970, en abolissant l’état d’urgence mis en place il y a presque cinquante ans dans ce pays. En principe cela ne devrait pas changer grand-chose au sort des syriens écrasé par un système mafioso-barbouzard de première catégorie. Quelle tristesse !

    On ne sait pas bien si ce clan va encore rester longtemps au pouvoir à Damas mais on peut affirmer cependant que ce serait faire œuvre de salubrité publique que de mettre en œuvre une solution de remplacement au régime El-Assad qui a suffisamment trempé dans tant d’affaires louches de terrorisme international et fait ses preuves de ses méthodes de direction en Syrie comme au Liban.

  • Scheider Electric fait de la finance

    C’est le printemps, les bourgeons fleurissent et les assemblées générales des fleurons du CAC 40 se préparent. Au titre de modeste actionnaire de certains d’entre eux le chroniqueur se voit proposer des résolutions, toutes plus financières les unes que les autres, à son humble décision.  Il décide donc de :

    • Voter « Non » systématiquement à tout ce qui ressemble à des distributions d’actions, gratuites ou à prix réduit, d’options et de tout autre avantages capitalistique à distribuer aux employés de cette entreprise, dirigeants ou pas. Si l’on veut récompenser la performance, il suffit d’augmenter les salaires.
    • Voter « Non » à la modification des statuts pour prolonger le président du conseil d’administration au-delà des 74 ans qu’il va atteindre l’année prochaine. A cet âge canonique on prend sa retraite et on laisse la place aux plus jeunes, personne n’est irremplaçable, encore moins un baron du CAC 40.
    • Et de voter « Non » à une proposition d’autorisation à donner à la société de racheter et d’annuler ses propres actions car elle précède une autre autorisation à octroyer au directoire d’augmenter le capital, à laquelle il donne son accord. Non mais ils nous prennent pour qui ces dirigeants ? Ils n’ont rien de mieux à faire que du mécano financier pour réduire et augmenter le capital au même moment. Il suffit de ne pas toucher au capital et tout le monde sera content, et au lieu de perdre leur temps dans ces subtilités financiaro-juridiques, les dirigeants pourront consacrer leur brillante intelligence à la stratégie industrielle fort absente du programme de cette assemblée générale.

    Ah mais, c’est qui l’patron ?

  • Plus de sous, plus de munitions ?

    Le Washington Post publie un article expliquant que les forces de l’OTAN bombardant la Lybie manqueraient de munitions… Bon, ce n’est pas à exclure, après tout, nos Etats européens sont tous au bord de la faillite financière, sauf l’Allemagne qui elle ne participe pas à l’assaut contre la Lybie. Dommage, elle aurait pu faire la banque, comme d’habitude.

  • La faillite de l’Islande, la révolte des citoyens

    Les citoyens islandais viennent encore de dire non à leurs gouvernants qui veulent rembourser le Royaume-Uni et les Pays-Bas des indemnités que ces derniers ont versées (environ 7 milliards d’euros) à leurs citoyens grugés par la banque islandaise Icesave en 2008. En pleine période de folie financière et de clinquant boursier, alors que l’Islande est gérée comme un hedge fund par des dirigeants de rencontre qui laissent la bride au cou à des forbans à la tête de leurs banques, qui escroquent, mentent et dilapident sans vergogne en promettant ce qu’ils ne sont pas capables de tenir.

    Arrive ce qui doit arriver en 2008 : la faillite de Lehman Brothers aux Etats-Unis, l’effondrement de toutes les certitudes d’une racaille financière avide et dévoyée, la ruine de la planète occidentale ; l’Islande tombe parmi les premières, explosée en plein vol (c’est le cas de le dire) par la cupidité et l’incompétence de ses dirigeants politiques et économiques. Des déposants britanniques (300 000) et néerlandais (120 000) qui avaient cru que les arbres pouvaient monter jusqu’au ciel n’ont évidemment pas récupéré leur 7 milliards de dépôts envolés en fumée des livres de Icesave qui n’a rien sauvé du tout mais au contraire bien volé ses clients.

    Les déposants britanniques et néerlandais escroqués refusent d’assumer leur risque, se tournent vers leurs gouvernements (c’est-à-dire vers leurs concitoyens contribuables) et exigent d’être remboursés. Ce qui est fait et lesdits gouvernements se retournent maintenant vers l’Islande pour récupérer leurs sous. En gros des déposants privés font porter sur les contribuables l’effacement de l’ardoise de leurs bêtises. Le péché originel est là, ces imprudents qui ont cru à du grand n’importe quoi c’est-à-dire des taux d’intérêt qui ne pouvaient être, ont été remboursés par le contribuable. Ceux qui ont été assez malins pour retirer leurs dépôts avant l’effondrement et bénéficié de taux d’intérêt mafieux se font discrets ; ce sont des receleurs, rien n’est prévu pour les punir.

    C’était du Madoff à la petite semaine. Mais contrairement à Madoff, les coupables courent toujours alors la décision de l’électeur islandais est compréhensible, voire même saine.

  • Les prix du pétrole et la tranquillité des électeurs

    La moustache la plus ridicule du CAC 40, s’attire les foudres de Sarko l’agité en prédisant dans la presse que le litre de super à 2 EUR est inscrit dans le marbre, la seule véritable question étant de savoir quand. Cela semble pourtant frappé au coin du bon sens mais sans doute les conseillers en communication de l’agité ont oublié de lui préciser que les ressources en carburants fossiles vont en s’épuisant, sans parler de quelques incertitudes en cours dans les pays producteurs de pétrole.

    Il semblerait que l’annonce de l’augmentation du prix de l’essence est susceptible de démoraliser l’électeur. C’est partir de l’hypothèse que l’électeur croit au Père Noël ce qui risque de s’avérer de moins en moins vérifié. L’un des derniers grands mensonges d’Etat est en train de s’effondrer avec fracas : les impôts sont en train d’augmenter à tous les étages, les niches fiscales sont rognées, les droits de succession augmentés, le bouclier fiscal enfoncé et, en vérité je vous le dis, le taux de TVA augmentera dès après les élections présidentielles de 2012 ; alors quel politicard est prêt à affirmer doit dans les yeux à l’électeur que le prix de l’essence va diminuer ?

  • Interventions occidentales désordonnées

    Et pendant ce temps Kadhafi fait joujou dans les sables sous la mitraille occidentale, plus ou moins efficace. Il résiste bien et l’hypothèse que la guerre aérienne occidentale ne suffise pas à sortir l’allumé des Syrtes est sérieusement envisagée. Voici qui n’est guère brillant. A Abidjan comme à Tripoli, qu’on le veuille ou non, une bonne partie de la population soutient (ou a soutenu) le dictateur que d’Occident, drapé de sa vertu de démocratie, s’efforce de sortir.

  • Gbagbo s’est rendu « calmement »

    L’arrestation de Gbagbo semble s’être déroulée à peu près calmement. Certains uns de ses affidés ont été rossés et sont apparus à l’Hôtel du Golf ensanglantés. L’ex-ministre de l’intérieur est mort aujourd’hui semble-t-il des suites de son passage à tabac. Il va y a avoir d’autres règlements de compte en attendant que le pays ne se relève.

    Déjà Dumas et Vergès, sont sur les rangs pour défendre Gbagbo. Un peu pathétique tout de même.

  • L’ex-président Gbagbo est tombé

    Gbagbo a été arrêté à Abidjan par la soldatesque de son successeur. Une partie de sa famille a également été prise. Ses partisans armés ont dû s’égayer autour de la lagune avec leur capacité de nuisance qui va s’affaiblir au fur et à mesure que s’épuiseront leurs cartouches.

    Le débat politique porte en France sur la participation de l’armée française à l’ultime assaut. Chacun fait assaut de la faux-jettonerie de circonstance. Le rôle des militaires français a malheureusement été clé même si couvert par le cache-sexe d’un mandat international.

  • Le chaos à Abidjan

    L’armée française qui semble en remettre une couche au milieu d’un grandguignolesque jeu de chat et de souris dans la ville d’Abidjan. Les uns avancent pendant que les autres reculent, les uns canardent pendant que les autres mitraillent et le Gbagbo est toujours dans sa résidence alors qu’on le disait au bord de la reddition il y a huit jours.

    Abidjan s’agite pendant que l’ONU et Croix Rouge découvrent des charniers à travers le pays, probables fruits des vengeances réciproques du nord contre le sud et de l’ouest contre l’est. Les uns ne sont sans doute pas meilleurs que les autres, mais ils ont été élus et sans doute en fraudant tout autant que ceux d’en face.

  • La télévision publique ivoirienne entre deux feux

    Toujours la plus grande fantaisie dans la situation ivoirienne. Même la télévision locale passe des mains des uns à celles des autres ! Ce ne doit être pourtant qu’un simple immeuble en ville mais semble-t-il difficile à maîtriser et à occuper ? Eh bien non, ça rentre-ça sort, ça émet pour Alassane-ça émet pour Gbagbo et puis ça s’arrête-et puis ça reprend… On n’est pas sorti de l’auberge, ni d’Abidjan d’ailleurs.

  • Délétère implication française dans la guerre civile ivoirienne

    Des roquettes tombent sur la villa de l’ambassadeur de France située, comme par hasard, à deux pas de la présidence ivoirienne. Des années durant cette proximité a favorisé toutes les compromissions, aujourd’hui elle facilite l’ajustement des mortiers.

    L’armée française riposte et part canonner les faubourgs pro-Gabgbo, s’impliquant encore un peu plus dans cette dérive guerrière. Pendant ce temps le Gbagbo continue à faire la nique au reste du monde, refusant de signer une reddition admettant le succès politique de Ouattara et sortir de sa résidence. Il est, comme toujours, extrêmement malin et sûr de sa capacité de nuisance. Comme depuis des années, il gagne du temps et en fait perdre aux autres. Les communiqués rageurs des uns et des autres annoncent à grands renforts de manchettes sa reddition imminente, mais Gbagbo est toujours là, défendu par sans doute plus qu’un dernier carré de mercenaires. Sinon, comment expliquer que l’armée de son adversaire soutenue par des forces de l’ONU et de la France n’arrivent pas à l’arrêter ?

    Les manchettes du Monde ces derniers jours :

    • 01/04 => Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara prend le dessus
    • 02/04 => La bataille d’Abidjan, la chute de Gbagbo
    • 03-04/04 => En Côte d’Ivoire, la capitale livrée au pillage
    • 05/04 => Abidjan s’Abidjan s’installe dans la guerre
    • 06/04 => Abidjan : la reddition de Gbagbo, enjeu des derniers combats
    • 07/04 => Laurent Gbagbo, jusqu’au dernier moment, l’ancien président a négocié les conditions de son départ
    • 08/04 => Abidjan en proie aux pillages, Gbagbo toujours retranché

    Eh oui, Gbagbo n’est toujours pas défait et les derniers combats se poursuivent…

  • L’Afrique fantôme…

    Et pendant ce temps l’Occident continue à bombarder la Libye avec un Kadhafi toujours aux commandes, soutenu par une bonne partie de son armée et ses inénarrables fistons. Ses rebelles va-nu-pieds avancent et reculent au hasard des conditions météo qui autorisent ou nom les interventions aériennes de la coalition.

    A Abidjan, les négociations de reddition avec Gbagbo sont rompues et les hélicoptères français en remettent une couche pour essayer de faire taire les armes qui défendent la résidence de Gbagbo : sans succès notable…

  • Morcheeba – 2011/04/05 – Paris le Casino de Paris

    On a aimé Morcheeba au Bataclan l’an dernier, nous avons adoré Morcheeba ce soir au Casino. Pas de nouveau disque depuis Blood Like Lemonade, mais juste le plaisir de venir enchanter Paris une nouvelle fois avec cette musique éblouissante : de la douceur et du talent.

    Skye en rouge et coiffure choucroute, charmeuse et polissonne, soulève d’enthousiasme le Casino avec son habituel final sur Beat of The Drum et ses vocalises sans fin, ses pas de danse et ses grands éclats de rire. Ross délivre son incroyable solo sur Crimson, inspiré et virtuose. Bref, rien de neuf dans le monde des Morcheeba, juste du rêve déversé sans retenu par un groupe au bonheur communicatif.

  • L’Afrique inextricable

    De soi-disant négociations sont en cours avec Gbagbo pendant que nombre de ses généraux et alliés politiques se sont réfugiés dans des ambassades diverses ou ont marqué leur déférence au clan adverse. Mais Gbagbo résiste et ce sont encore des messagers diplomatiques français qui semblent impliqués dans cette négociation. Maintenant que le vin est tiré, il faut le boire… sans doute. Mais que fait-on dans cette galère ? Après la Libye, la France n’en fait-elle pas trop ?

  • Archive – 2011/04/04 – Paris le Grand Rex


    Et revoici les Archive à Paris pour deux soirées avec un orchestre classique, pourquoi pas. Bien sûr l’environnement de nappes électroniques des claviers archivesques doit pouvoir être remplacé par des cordes et des cuivres alors le chroniqueur ému se rend à son troisième concert Archive en trois ans depuis la sortie de l’inoubliable Controlling Crowds !

    Le spectateur est accueilli par Rosko qui platine tranquillement sur scène le temps que tout le monde s’installe. Il ne fera pas partie de la suite, son rapp probablement incompatible avec l’ambiance classique de la soirée.

    Les musiciens/iennes s’installent dans un frou-frou de soie et accordent leurs instruments (légèrement amplifiés), un peu curieux de voir débarquer notre bande trip-hop toute de noir vêtue qui démarre Light. Darius est assis derrière un piano à queue noir sur lequel il plaque la petite ritournelle obsédante de son intro. Une musicienne derrière ses monumentales timbales donne la réplique à la batterie rock. Les envolées de tension électronique sont remplacées par les archers pesant sur les cordes, sous la direction d’un maestro. L’illusion est parfaite mais un peu déplacée. Les voix de Pollard et Dave piétinent et hésitent au début avant de trouver le bon réglage, les cordes pardonnent moins que l’électricité !

    Lorsque Maria entame I will Fade, posant sa voix bouleversante sur un nuage de mélancolie offert par la formation classique un frisson parcourt le Grand Rex. Le vibrato d’une violoniste sur l’érable de l’instrument n’a pas son pareil pour briser le cœur. Le clavier électronique parle avec sa puissance et sa sophistication là où le violon, simple assemblage de bois, dévoile toute la grandeur de l’âme humaine. Maria enchaîne sur Collapse-Collide laissant l’assistance transie dans l’ouragan du refrain où se bousculent pour mieux se dépasser : la formation classique à plein volume, les guitares électriques déchainées, la brutalité des percussions, timbales et grosse caisse mariées, et par-dessus tout, la voix exceptionnelle de Maria portée à son paroxysme par ce multiculturalisme musical. Bullets termine brillamment le set.

    Une jeune violoniste japonaise du premier rang de l’orchestre semble fascinée par les facéties rock de Pollard derrière son micro. Lorsqu’elle ne joue pas, elle bat légèrement la mesure de son archet dressé et de ses épaules mouvantes, puis éclate de rire devant Darius qui agite les bras derrière son clavier comme pour diriger le maestro ; ses yeux bridés se plissent de complicité et de perplexité devant cette union improbable entre le classique et le trip-hop !

    Pour le rappel, l’intro électronique de Controlling Crownds est jouée en pizzicatos légers débités par les violons, comme des papillons voletant dans la brise de printemps avant que l’électricité ne reprenne le dessus : I’m scarred of their controlling crowds here they come/ I’m scarred of their controlling crowds here they come/…

    L’expérience est probablement intéressante, pas forcément concluante. Il n’est pas bien sûr que le trip-hop, même aussi symphonique que celui produit par Archive, se mêle bien avec le son du classique. Il fallait essayer et puis ce fut ainsi l’occasion de passer une nouvelle soirée avec Archive, ce qui n’est jamais du temps complètement perdu.

    Set list : Lights/ You Make Me Feel/ Headlights/ The Feeling Of Losing Everything/ Blood In Numbers/ To The End/ Organ Song/ Finding It So Hard/ I Will Fade/ Collapse-Collide/ Words On Signs/ Slowing/ Fold/ Black/ Pictures/ Bullets
    Encore : Dangervisit/ Controlling Crowds/ Again

  • La France s’engage dans les affaires des autres

    Et voici maintenant la France en guerre en Côte d’Ivoire pour sortir l’ex-président Gbagbo qui s’accroche à son fauteuil. Les militaires français installés depuis des lustres dans ce pays, avec un statut légal incertain, envoient des hélicoptères bombarder résidence et palais présidentiels pour faire taire les armes lourdes des troupes le soutenant encore.

    C’est la pire des situations pour l’ancienne puissance coloniale qui depuis des décennies n’arrive pas à se dépêtrer de son néo-colonialisme d’un autre âge par faiblesse de son pouvoir politique face aux lobbies françafricains. Après que l’armée française ait tiré sur la foule ivoirienne (pour des tas de bonnes raisons) en 2004 elle recommence en 2011. La relation franco-ivoirienne est telle que tant que la République entretiendra une soldatesque sur le territoire de ce pays il y aura toujours d’excessives tentations et d’irrépressibles justifications pour faire parler des armes françaises contre des citoyens ivoiriens. Nous n’avons pas su y résister dans le passé nous ne saurons pas plus y résister à l’avenir. Chaque fois la France dit « c’est la der des ders » et chaque fois elle replonge dans ce marigot glauque et nauséabond.

    Il faut sortir l’armée française de ce pays où elle n’a rien à faire sinon qu’à prendre des coups et, accessoirement, à en donner pour un bénéfice politique catastrophique à court, moyen et long terme. Il faut donc couper le cordon ombilical déjà bien moisi.

    Au passage les 10 à 12 000 français (dont la moitié de binationaux ivoiriens-français) doivent de nouveau être regroupés, protégés et potentiellement évacués dans les ventres de vieillissants Transall de l’armée de l’air. Ceci a déjà été fait en 2004 et la plupart y sont retournés. Aujourd’hui est la fois de trop, leur avenir n’est plus dans ce pays. Ils ont trop souvent servi dans le passé à justifier justement la présence de l’armée française dans ce pays étranger. Ils ont mangé dans la soupe des décennies durant mais la pitance est désormais par trop amère. La violence anti-française en 2004 a été terrible, elle s’annonce encore pire dans les mois à venir. Bien sûr il est n’est pas aisé d’admettre ce revirement et de devoir abandonner une vie et des intérêts, parfois depuis plusieurs générations, dans un pays. Ce fut le cas des rapatriés d’Algérie en 1962, entre 1 et 1,5 million de personnes revenues en France en quelques mois, avec drames et souvenirs, amertume et énergie, et puis finalement les choses sont plus ou moins rentrées dans l’ordre.

    Un seul mot d’ordre devrait désormais guider la politique française en Afrique : se faire oublier !

  • Internet au milieu des combats

    On ne sait pas où se trouve Laurent Gbagbo dans la poudrière d’Abidjan mais en tout cas son site web est toujours bien actif sur http://www.gbagbo.ci/. Qu’on en juge :

    Formidable présence des populations aux environs du palais hier et aujourd’hui dimanche

    A l’appel de Charles Blé Goudé, le leader de la galaxie patriotique, des ivoiriens ont bravé hier les coups de fusils des snipers de Ouattara embusqués sur leur parcours des quartiers du district d’Abidjan jusqu’au plateau. Les patriotes s’y sont rendu, pour occuper le pont comme l’indiquait le message de Blé Goudé(rti). A la place de la république, ils ont prié, chanté, dansé au nom du Christ pour que le seigneur sauve la République. Ils ont été relayé en ce lieu ce dimanche matin par d’autres patriotes. Phénoménale résistance 

    03/04/2011 | 14h:44

    Provocation : L’armée Française (Licorne) occupe l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan

    Au nom de quoi, une armée étrangère peut-elle occuper l’aéroport d’un pays souverain ? La Côte d’Ivoire n’est pas loin du remake des événements de novembre 2004 où la Licorne, force armée française d’interposition en Côte d’Ivoire, avait occupé les ponts et l’aéroport Félix Houphouët Boigny de Port Bouet. Depuis ce matin, ces forces d’occupation étrangère, rééditent leur « exploit » de 2004 qui avait engendré une terrible riposte de la part des patriotes ivoiriens. De source proche de l’instance aéroportuaire d’Abidjan, on indique que les barbouzes du Président Français Nicolas Sarkory, n’hésitent plus à être en première ligne dans l’agression contre les autorités Ivoiriennes. A travers cette occupation illégale de l’aéroport Houphouët Boigny d’Abidjan. Cela n’étonne personne en Côte d’Ivoire. Déjà hier et avant-hier, les soldats Français que la Russie (Conseil de Sécurité) a invité à entrer en caserne, ont été surpris par des caméras amateurs, transportant et déposant par Hélicoptère, des mercenaires de Ouattara sur des immeubles, dans des quartiers du district d’Abidjan (des vidéos sur face book et autres liens, circulent à cet effet). Démontrant aisément qu’ils font ouvertement la guerre à Gbagbo. On comprend le sens de la dérive langagière de Alain Juppe, cette semaine, déclarant que, « ç’en est fini du pouvoir Gbagbo ».Dommage que la « grande France » en arrive à de telles petitesses !

    de Pierre Lionel Joel  |  dimanche 3 avril 2011