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  • Monnaie d’échange

    L’étudiante française Clotilde Reiss, passionnĂ©e de culture persane, condamnĂ©e en Iran Ă  10 ans de prison pour espionnage, a finalement Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e aprĂšs que sa peine ait Ă©tĂ© commuĂ©e en amende. L’une des hypothĂšses avancĂ©es par spĂ©cialistes est que sa libĂ©ration aurait Ă©tĂ© obtenue en Ă©change de celle de l’assassin de l’ex-premier ministre iranien Chapour Bakhtiar (dernier premier ministre du Shah) rĂ©fugiĂ© en France.

    L’échange de prisonniers est une pratique assez courante du rĂ©gime iranien. Le mieux est sans doute de ne pas se rendre en Iran si l’on veut Ă©viter de risquer de servir de monnaie d’échange.

    Clotilde Reiss fait aussi la une de la presse aprĂšs qu’un ex-pied-nickelĂ© des services secrets français en mal de sensationnalisme pour vendre un bouquin affirme qu’elle aurait fourni des renseignements Ă  la DGSE. Tout est possible dans notre bas monde, y compris qu’une gamine persophile balance des informations (sans doute pas d’une grande importance stratĂ©gique) Ă  son gouvernement, mĂȘme si cela est peu probable.

    Ce qui est en tout cas peu admissible c’est qu’un ancien responsable des services de renseignements français raconte des histoires pareilles dans un livre avant que le temps n’ait fait son Ɠuvre. Si ce qu’il dit est vrai il fait le jeu de l’Iran et n’aurait pas dĂ» trahir une telle affaire. Si ce qu’il dit est faux, ce n’est pas bien de le dire. Dans un cas comme dans l’autre il devrait pouvoir ĂȘtre puni par notre droit.

  • Beuveries mortifĂšres

    C’est la derniĂšre mode : les apĂ©ros gĂ©ants organisĂ©s par Facebook oĂč quelques milliers de jeunes se retrouvent joyeusement pour picoler en bande. Il y eu un mort hier Ă  Nantes, un gamin qui avait 2,40 grammes d’alcool et qui est tombĂ© d’une balustrade en voulant glisser sur la rampe. Les ministres s’emparent du sujet qui tourne en boucle sur les mĂ©dias. Tout ceci est bien triste pour ce garçon et sa famille mais il n’y a tout de mĂȘme pas matiĂšre Ă  transformer ce fait divers en affaire d’Etat et Ă  monopoliser des ministres qui ont sans doute mieux Ă  faire par les temps qui courent. Combien de y-a-t-il eu au mĂȘme moment de morts par arrĂȘt cardiaques de petits vieux sortant d’un bistrot ? Sans doute beaucoup plus.

  • BRMC – 2010/05/12 – Paris le Bataclan

    BRMC – 2010/05/12 – Paris le Bataclan

    On croyait Los Angeles dĂ©diĂ©e au new age et autres fantaisies technoĂŻsantes, aux surfeurs blonds et airhead et aux bombasses hollywoodiennes siliconĂ©es et bardĂ©es d’iphones, eh bien certains ignoraient que cette ville a engendrĂ© l’un des plus fantastiques groupes de rock de la planĂšte : les Black Rebel Motorcycle Club ! Leur retour Ă  Paris ce 12 mai lĂšvera toute ambigĂŒitĂ© sur le sujet.

    Le Groupe affiche une nouvelle batteuse, Lea Shapiro, ex-Raveonettes, appliquĂ©e, frappeuse et jolie, Ă  l’aise dans ce monde de mecs, et un nouveau disque, Beat The Devil Tatoo.

    Ils entrent sur scĂšne au son de Please don’t leave me de ce bon vieux Buddy Gut jouĂ© sur  la sono qui dĂ©jĂ  fait trembler le Bataclan sous les coups de bass. Tous habillĂ©s de noir, Robert et sa bass au bois aussi Ă©raillĂ© que son blouson-cuir, coiffe en bataille, Peter en chemise cow-boy, clope au bec et rouflaquettes, Lea cheveux au vent, les yeux grand ouverts comme Ă©tonnĂ©e au milieu de ses fĂ»ts. Les affaires commencent sur War Machine et Mama Taught Me Better extraits du dernier disque. Robert n’a pas mĂȘme pris le temps de chausser la bandouliĂšre de sa bass qu’il tient des deux mains alternativement sur ses genoux ou comme une mitrailleuse dont il arrose la foule. Sniper de gĂ©nie, il touche au but Ă  chaque coup. DĂšs les premiĂšres notes 80% des spectateurs se massent dans les 20% d’espace aux pieds de la scĂšne ; pression et transpiration, telles sont les mamelles de l’évangile selon le Club. L’éclairage est minimal, des projecteurs aux pieds des micros donnent un air crĂ©pusculaire Ă  nos deux hĂ©ros qui sont le plus souvent plongĂ©s dans le noir, les yeux fermĂ©s, les doigts virevoltant sur les manches, dĂ©livrant leur Ă©pitre, celle des Dieux du Rock ‘n Roll, non point perdus dans une stratosphĂšre cosmique et Ă©purĂ©e, mais bien au centre de notre monde, celui de brutalitĂ© de la citĂ© et des rythmes du combat. Car ces trois lĂ  sont bien sur le sentier de la guerre, fils d’une AmĂ©rique fondĂ©e sur la conquĂȘte et la salvation.

    Une petite respiration sur Red Eyes And Tears et les choses repartent encore plus haut avec Bad Blood puis la suite ininterrompue d’une musique qui fait vibrer les murs et nos Ăąmes, d’une noirceur vertigineuse et d’une Ă©nergie surhumaine, dĂ©sespĂ©rĂ©ment inspirĂ©e par un blues des plus vĂ©ridique. Rob et Pete chante d’une voix similaire, aigĂŒe et torturĂ©e, plaçant des mots simples sur la vie, Ă©vacuant les peines avec les notes. Ils parlent des Ă©preuves et des dĂ©chirures, des pertes et des rĂ©demptions. Ils parlent de notre existence et l’éclaire de leur brĂ»lante vision de sac et de cordes. Ils sont les Black Rebel.

    Whatever Happened To My Rock’n’Roll (Punk Song) qui termine la premiĂšre partie est une envolĂ©e dĂ©mesurĂ©e qui tend Ă  l’épopĂ©e ; les musiciens ont quittĂ© la scĂšne et les larsens distordus des guitares jetĂ©es sur les amplis continuent de siffler. L’atmosphĂšre est vitrifiĂ©e par l’émotion.

    Mais ils reviennent bien vite pour un nouveau 3/4 d’heure de Rock qui dĂ©bute par une reprise de Dylan jouĂ©e par Robert, seul Ă  la guitare acoustique, Ă  genoux devant le premier rang. Ils interrompront Conscience Killer  le temps d’évacuer un spectateur qui n’a pas tenu le choc et poursuivront par un deuxiĂšme rappel aprĂšs Spread Your Love se termine sur Shadow’s Keeper dans un dĂ©luge sonique oĂč Peter transforme le son de sa guitare en une Ă©ruption volcanique oĂč l’électronique se substitue Ă  la lave, gĂ©nĂ©rant la mĂȘme dĂ©vastation.

    Cette fois-ci aprĂšs 2h1/4 de furie l’on croit le concert terminĂ© mais retentit alors la bass lente et assourdie de Rob alors que se dĂ©ploient des faisceaux de fin lasers verts Ă  travers la salle et que les Black entonnent Open Invitation qui nous sera servi comme Ă©pitaphe d’un show d’anthologie :


    On and on/ I’ve been waiting on the open invitation/ You’re silent show me no relation/ In the rising cold/ Don’t you feel alone/ I’ll be standing with your sorrow/ All you left me’s gone away tomorrow/ And we may never be here again/ And we may never be here again/ Pull me up/ On either side/ Don’t leave me standing alone in the light/ Pull me up/ On either side/ Don’t leave me standing alone in the light

    On and on/ I’ve been waiting on the open invitation/ You’re silent show me no relation In the rising cold/ Don’t you feel alone/ I’ll be standing with your sorrow/ All you left me’s gone away tomorrow/ And we may never be here again/

    And we may never be here again

    Comme à son habitude Robert viendra jouer quelques morceaux acoustiques sur le trottoir du boulevard de la République pour les fans fidÚles à la sortie du show.

    Le chroniqueur bouleversĂ© a dĂ©jĂ  en poche son billet de Rock en Seine pour leur apparition parisienne du 27 aoĂ»t. Il surfe fĂ©brilement sur leur site (d’excellente facture) pour sĂ©lectionner un prochain concert accessible : ce sera Ă  Londres le 11 dĂ©cembre.

    Set list: War Machine / Mama Taught Me Better / Red Eyes And Tears / Bad Blood / Beat The Devil’s Tattoo / Love Burns / Ain’t No Easy Way / Aya / Berlin / Weapon Of Choice / Annabel Lee / Whatever Happened To My Rock’n’Roll (Punk Song) //

    Encore1: Visions Of Johanna [Bob Dylan] / Shuffle Your Feet / River Styx / Half-State / Conscience Killer / Six Barrel Shotgun / Spread Your Love //

    Encore2: Stop / Shadow’s Keeper / Open Invitation

    Warm up: Zaza

  • La folie des grandeurs

    « La Force de tout un peuple dĂ©ferle sur la France », des footeux marseillais dĂ©lirent aprĂšs la victoire de leur Ă©quipe et couvrent Paris (et sans doute d’autres villes) d’autocollants et de peintures au pochoir. On sait le marseillais portĂ© Ă  l’exagĂ©ration, on en trouve ici la confirmation


  • Les impĂŽts vont augmenter

    Un des grands mensonges d’Etat en cours tient toujours le haut du pavĂ© des enfumages politiques d’électeurs naĂŻfs : les impĂŽts n’augmenteront pas. En fait il reste assez peu de citoyens qui y croient encore ne serait-ce car ils ont vu augmenter leurs propres prĂ©lĂšvements fiscaux comme nous tous.

    Cette grande escroquerie intellectuelle vit ses derniĂšres heures avec les plans d’austĂ©ritĂ© qui dĂ©boulent sur l’Europe surendettĂ©e et qui ne vont pas Ă©pargner la France malgrĂ© les ridicules circonvolutions du monde politique et mĂ©diatique sur « rigueur ou pas rigueur Â» !

  • Des forbans mal Ă©duquĂ©s

    Le plus rageant dans l’agitation actuelle qui saisit les marchĂ©s est que dans le fond ils ont (tardivement) raison mais la forme est insupportable. Ces forbans ont prĂȘtĂ© jusqu’à plus soif Ă  des Etats dĂ©faillants, se sont fait sauver de la faillite pour incompĂ©tence par les contribuables mondiaux, se gorgent Ă  nouveau de profits et bonus indĂ©cents, et finalement se permettent de faire la morale Ă  nos Etats en jouant les vierges effarouchĂ©es par le risque et diffusant un message de rigueur et de bonne gestion.

    Ces barbares ont mĂȘme eu le culot de baptiser PIGS (Portugal, Italy, Greece & Spain) les Etats qualifiĂ©s de club-mĂ©diterranĂ©e par Angela. Et ils viennent d’inventer un nouvel acronyme pour dĂ©signer leurs prochaines cibles : FUK (France & United-Kingdom). On marche sur la tĂȘte.

    Mais dans le fond ils vont rĂ©ussir lĂ  oĂč les contraintes Ă©conomiques de la crise, les pressions politiques de l’Allemagne et autres gouvernements vertueux et les propositions de la commission europĂ©enne ont Ă©chouĂ© : faire entendre raison aux Etats en les alignant sur Madame Michu qui ne peut pas durablement dĂ©penser plus qu’elle ne gagne.

    Eh oui, la rĂ©alitĂ© revient au galop : lorsque l’on est endettĂ© on dĂ©pend de ses crĂ©anciers. Heureusement les dĂ©biteurs gardent quelques moyens de pression, dont celui de faire exploser le systĂšme en cas de dĂ©faut, il leur reste Ă  savoir en jouer avec subtilitĂ© face aux nouveaux barbares.

  • Mauvaise gestion Ă©tatique

    L’un des problĂšmes de fond de la dette publique est qu’elle relĂšve du tonneau des DanaĂŻdes : on emprunte toujours plus pour rembourser la dette. Au moins lorsque Madame Michu prend un dĂ©couvert Ă  sa banque pour payer sa machine Ă  laver chez Darty, elle passe trois mois difficiles le temps de rembourser sa banque puis retrouve son pouvoir d’achat jusqu’à ce qu’elle reprenne un crĂ©dit pour changer sa voiture.

    Sauf quelques rares exceptions les Etats ne savent pas Ă©quilibrer leurs dĂ©penses et leurs recettes ou quand ils le font c’est sur pĂ©riode si limitĂ©e qu’elle ne suffit pas Ă  inverser la tendance de fond d’augmentation de la dette publique. La pĂ©riode actuelle va peut-ĂȘtre entraĂźner des rĂ©visions dĂ©chirantes !

  • Les agences de notations notent

    L’agence de notation Moody’s offre des comptes gratuits pour ceux qui veulent dĂ©couvrir les antres de ces institutions. Beaucoup de documents sont rĂ©servĂ©s en accĂšs payant mais on peut quand mĂȘme accĂ©der Ă  certains et notamment constater que l’Etat français est toujours affublĂ© de la meilleure note Aaa, « sans surveillance » (la meilleure, par exemple le Portugal est Aa2 « sous surveillance nĂ©gative ») quand la GrĂšce est A3, la pire note Ă©tant C, rĂ©servĂ©e aux valeurs spĂ©culatives.

    L’agence explique par ailleurs que le plan d’austĂ©ritĂ© mis en place en GrĂšce aura des consĂ©quences nĂ©gatives sur la qualitĂ© du crĂ©dit de ce pays, donc nouvelle dĂ©gradation de note Ă  prĂ©voir. C’est le serpent qui se mord la queue. S’il faut augmenter la dette pour financer la croissance et rembourser la dette on est dĂ©gradĂ©, si on lance un plan de rigueur pour contrĂŽler la dette on est dĂ©gradĂ©. Entre les deux, personne n’ose vraiment annoncer la solution qui sera un dĂ©faut partiel de la GrĂšce (et probablement d’autres pays) sur une partie de la dette. Le mot qui fĂąche est celui de restructuration et il est plus que probable qu’une partie de la dette gigantesque qui pĂšse sur les Ă©conomies occidentales ne sera pas remboursĂ©e.

    Les crĂ©anciers largement appuyĂ©s par les agences de notation panurgistes anticipent ce risque. L’énergie qu’ils ont dĂ©ployĂ©e pour forcer l’Union europĂ©enne Ă  mettre en place un plan de sauvetage de la GrĂšce procĂšde de cette Ă©valuation. Ils ont rĂ©ussi Ă  forcer les Etats europĂ©ens Ă  prendre en charge la dette publique grecque en cas de dĂ©faut de cet Etat. En gros ils ont mutualisĂ© leur risque en le transfĂ©rant sur le contribuable europĂ©en. C’est l’éternelle histoire de la privatisation des profits et de la publicisation des pertes. Des banques et fonds privĂ©s qui ont prĂȘtĂ© Ă  leurs propres risques Ă  des Etats impĂ©cunieux ont rĂ©ussi Ă  faire prendre en charge leurs pertes futures par les contribuables. Evidemment ce sont notamment nos petites Ă©conomies que ces banques ont prĂȘtĂ©es et un dĂ©faut total des dĂ©biteurs posera des problĂšmes non seulement aux banques, mais aussi Ă  leurs dĂ©posants, c’est-Ă -dire nous tous.

    C’est Ă  ça que servent les restructurations de dettes. CrĂ©anciers et dĂ©biteurs se mettent autour d’une table et discutaillent sur ce qu’il est possible d’abandonner. L’exercice a Ă©tĂ© menĂ© en AmĂ©rique Latine dans les annĂ©es 80, en Asie en 1998. Il y a eu de la casse mais chacun y a mis du sien : les contribuables des Etats concernĂ©s, les banques crĂ©anciĂšres et une solution a Ă©tĂ© trouvĂ©e. Il s’agit que les prĂȘteurs qui ont pris du risque y laisse quelques plumes, ni trop ni pas assez, cela amĂšnera une baisse provisoire de leurs profits. Les contribuables devront payer un peu plus d’impĂŽt, c’est la vie et l’inĂ©luctable consĂ©quence d’avoir vĂ©cu trop longtemps au-dessus de ses moyens.

  • Des agences de notation moutonniĂšres

    Les agences de notation se payent dĂ©sormais le Portugal et l’Espagne. En gros elles dĂ©livrent un bonnet d’ñne Ă  la dette de ces pays qui est dĂ©sormais mal notĂ©e. Du coup les crĂ©anciers qui achĂštent les bons du trĂ©sor de ces pays en exigent une rĂ©munĂ©ration supĂ©rieure.

    Ces agences ont fait preuve de leur incompĂ©tence lors de la crise financiĂšre de 2008, sans remonter jusqu’aux scandales Enron, WorldCom ou Vivendi auxquels elles n’ont vu que du feu. Leur caractĂšre moutonnier n’est plus Ă  dĂ©montrer et l’on se demande bien sur quoi elles se basent pour attaquer le Portugal et pas la France, dont le niveau d’endettement et l’incapacitĂ© Ă  Ă©quilibrer leurs budgets sont tout Ă  fait comparables.

    Le plus Ă©tonnant dans l’affaire est le suivisme des investisseurs, c’est Ă  dire des spĂ©culateurs, certes, mais aussi de toutes les banques et institutions financiĂšres qui investissent nos petites Ă©conomies dans l’achat de titres de ces Etats. En principe les fameux gĂ©nies des mathĂ©matiques qui peuplent leurs salles de marchĂ© ne devraient pas avoir eu besoin d’agences de notation pour analyser depuis des annĂ©es que l’endettement de nos pays europĂ©ens n’est pas financiĂšrement tenable et que cela dure depuis des dĂ©cennies. Ce qui arrive est une crise de l’endettement comme celle que subit ma concierge lorsqu’elle prend un dĂ©couvert Ă  la banque pour acheter une voiture au-dessus de ses moyens et qui ne peut plus rembourser. La France n’a pas eu de budget en Ă©quilibre depuis plus de 35 ans. Qu’elle fut en croissance ou en rĂ©cession, gouvernĂ©e par la droite ou par la gauche, elle a systĂ©matiquement dĂ©pensĂ© plus qu’elle n’encaissait et financĂ© la diffĂ©rence avec de la dette qui pĂšsera sur les enfants de nos enfants. Il n’y a pas besoin d’ĂȘtre un grand clerc pour diagnostiquer un lĂ©ger problĂšme, il suffit d’ailleurs de lire les rapports de la cour des comptes
 mais les agences de notation continuent Ă  surnoter la France alors qu’elles se tapent l’Espagne e le Portugal.

    Les investisseurs continuent du coup Ă  prĂȘter Ă  taux prĂ©fĂ©rentiel Ă  la France. Tant mieux pour les contribuables que nous sommes tous mais tout ceci est parfaitement illogique et bien loin de reposer sur une soi-disant analyse mathĂ©matique des situations respectives de ces pays. Et confirme une fois encore que les investisseurs ne mĂšnent pas leurs propres analyses Ă©conomiques mais se cachent derriĂšre celles des agences alors que ce sont eux qui devraient ĂȘtre dĂ©cisionnaires sur ces sujets puisqu’ils dĂ©tiennent les cordons de la bourse ?

  • L’amour


    Dans notre bas monde menĂ© par l’hystĂ©rie, la propagande et l’absence totale de spiritualitĂ©, il reste encore quelques romantiques tel celui qui a ajoutĂ© un « A » malin devant le nom de Charles Moureu, savant chimiste mort au vingtiĂšme siĂšcle et qui a sa rue Ă  Paris.

  • La folie et la cupiditĂ©

    Kerviel le trader-fraudeur mĂšne sa campagne de communication Ă  la veille de son procĂšs : interview dans le Journal du dimanche ce matin, interview sur France 2 ce soir, publication d’un livre le mois prochain, et ce n’est probablement pas fini. Il prĂ©pare sa dĂ©fense plutĂŽt bien il nous semble pour sensibiliser la mĂ©nagĂšre de moins de cinquante ans. Propres sur lui et modeste, il ne nie pas sa faute mais cherche Ă  mouiller sa direction qui selon lui, Ă©tait au courant et couvrait ses agissements, qui avaient abouti, rappelons-le, Ă  engager 50 milliards d’euros dans une opĂ©ration de casino qui a mal tournĂ©.

    Peut-ĂȘtre sera-t-il entendu par le juge mais Ă  dĂ©faut, et si au moins sa culpabilitĂ© est prouvĂ©e et pas celle de sa direction, que la justice passe. Ce n’est pas parce que ses chefs ont Ă©tĂ© plus malins que lui qu’il faudrait l’absoudre. Et si et lui et sa direction sont convaincus d’actes illĂ©gaux, eh bien que la justice passe avec la mĂȘme sĂ©vĂ©ritĂ© pour tout ce petit monde qui a failli par cupiditĂ© et folie des grandeurs avec, notamment, l’argent des dĂ©posants.

  • Pernicieux et malin

    AFP PHOTO ALAIN JOCARD

    LiĂšs Hebbadj, dĂ©tenteur d’une double nationalitĂ© française et algĂ©rienne, et sa femme sont trĂšs tendance. Ils apparaissent sur toutes les tĂ©lĂ©visions depuis quelques jours pour expliquer, entre avocats et gardes du corps, comment conduire avec un niquab ou comment concilier une femme et des maĂźtresses avec la loi française. Le Canard EnchaĂźnĂ© le dĂ©crit comme un taliban endimanché : plutĂŽt bien vu. A chaque apparition il fait monter le score du Front national de 5% d’un coup, s’Ă©charper les partis politiques sur ce qu’il faut penser de cette histoire et s’étrangler de fureur quelques ministres du gouvernement confrontĂ© Ă  l’impossible : comment rĂ©guler ce genre de comportements dans nos vieilles dĂ©mocraties qui ne peuvent Ă©mettre des rĂšgles ou des lois contre des individus ou des communautĂ©s, encore moins contre des religions. Le garçon est malin, il connaĂźt bien le systĂšme et l’utilise au mieux, alors il en profite, s’installe, pĂ©rore et provoque. Une remarquable application de l’entrisme et autre agit-prop, pratiques dans lesquelles excellaient notre dĂ©funte extrĂȘme-gauche. Il est aussi accusĂ© d’escroquerie aux allocations familiales, peut-ĂȘtre un moyen de le prendre en dĂ©faut. AprĂšs tout Al Capone est tombĂ© pour fraude fiscale.

  • Conroy Pat, ‘Charleston Sud’.

    Sortie : 2009, Chez : Albin Michel. Le nouveau roman-fleuve de Pat Conroy ; comme les prĂ©cĂ©dents c’est une histoire sur le Sud dans lequel se dĂ©chirent les familles sur fond de senteurs tropicales et de dĂ©chaĂźnements climatiques, de douceur de vivre et de rĂ©glements de compte, de bonne Ă©ducation affichĂ©e et de perversions introverties, de nobles traditions et de haines ancestrales. Un groupe d’amis de l’universitĂ© qui ont survĂ©cu aux barriĂšres raciales et sociales, partent Ă  la recherche de l’un d’entre eux, mourant du Sida Ă  San-Francisco. Ils le ramĂšnent Ă  Charleston oĂč ils auront Ă  affronter les remugles du passĂ©. L’histoire est haletante, l’Ă©criture simple, comme toujours s’y mĂȘlent naĂŻvetĂ© de certains sentiments et noirceur de la vision du Monde et de la famille. Un bon cru.

  • Goldman Sachs avoue

    L’état-major de Goldman Sachs passe au confessionnal devant les sĂ©nateurs amĂ©ricains agacĂ©s par l’affairisme spĂ©culateur du Dark Vador de la communautĂ© des nouveaux barbares. Les gros poissons de Goldman ont amenĂ© avec eux un de leur fusible de service, un matheux français qui a conçu des produits financiers toxiques en se qualifiant lui-mĂȘme de Frankenstein, pour expliquer leurs intentions si pures que jamais ils n’auraient jouĂ© Ă  la baisse contre des produits qu’ils vendaient en mĂȘme temps Ă  leurs clients.

    En fait depuis la crise financiĂšre de 2008 et la succession des affaires Kerviel, Madoff et autres, sans parler des fonds spĂ©culatifs pariant sur la hausse des produits alimentaires en 2007 au point de favoriser cette hausse et de provoquer des Ă©meutes de la faim dans nombre de pays alors qu’il n’y avait pas de pĂ©nurie, on sait que ces forbans sont capables de tout et surtout du pire. Donc Goldman peut tout Ă  fait ĂȘtre coupable de ce dont on l’accuse, cela ne surprendrait personne et a priori pas les sĂ©nateurs. Si mĂȘme le SĂ©nat des Etats-Unis d’AmĂ©rique se pose la question de la culpabilitĂ© des barbares de la finance c’est que l’on peut raisonnablement croire que celle-ci ne soit avĂ©rĂ©e.

    La plainte dĂ©posĂ©e contre Goldman Sachs par l’autoritĂ© des marchĂ©s financiers amĂ©ricains va suivre son cours qui ne va pas manquer d’ĂȘtre intĂ©ressant.

  • Tape-Ă -l’Ɠil

    Avez-vous vu les phares des voitures Audi rĂ©centes ? Difficile de faire plus clinquant et nouveau riche. DĂ©jĂ  l’Audi, nouvelle voiture des mafieux, fait trĂšs fort dans le luxe ostentatoire mais alors les phares Ă  eux seuls sont un concentrĂ© de beaufitude. En position « lanterne » on dirait une guirlande chromĂ©e posĂ©e sur une piĂšce montĂ©e en loukoum !

  • GaĂ«tan Roussel – 2010/04/28 – Paris la Cigale

    GaĂ«tan Roussel Ă  la Cigale vient nous faire partager son enthousiasme et son nouveau disque solo, Ginger, sur la sympathique scĂšne de la Cigale. Les lumiĂšres s’éteignent sur une bande des Beatles au milieu de laquelle dĂ©boule GaĂ«tan impatient qui dĂ©marre les riffs de Clap Hands avant mĂȘme que son guitariste ne soit arrivĂ©. La bande pĂ©tillent d’énergie : deux guitaristes/ un bassiste sur la ligne d’attaque, deux choristes dont une aux cuivres derriĂšre, et une ligne de trois dĂ©fenseurs batteur-percussionniste-claviers sur les arriĂšres. Ce petit monde est emmenĂ© par son leader dĂ©tendu et pressĂ© qui enchaĂźne tout Ginger sans respiration : nous ne faisons que passer/ dans l’ombre et la lumiĂšre/ nous ne faisons que traverser/ des ocĂ©ans des dĂ©serts/ nous ne faisons que passer/ dans l’ombre sous la lumiĂšre.

    Les yeux fermĂ©s et les paupiĂšres plissĂ©s, grand Ă©chalas en polo noir accrochĂ© Ă  son pied de micro, dĂ©livrant sur sa guitare une rythmique simple et efficace, GaĂ«tan dĂ©cline un mĂ©lange de pop tendre et de boucles technos, de mots rieurs et de thĂšmes mĂ©lancoliques, de paroles en français et de refrains en anglais, d’électricitĂ© furieuse et d’acoustique doucereuse. Son dernier disque est un modĂšle du genre, poly-influences mais rousselien au possible. C’est l’influence d’un parcours musical original qui l’a menĂ© de Louise Attaque Ă  Tarmac, lui a fait commettre de fructueuses collaborations artistiques avec Bashung (le marquant Bleu PĂ©trole), Vanessa Paradis (Il y a), Rachid Taha, lui a fait ingĂ©rer les Violent Femmes, Mark Plati (qui est aux crĂ©dits de Ginger) comme les Talking Heads, pour synthĂ©tiser le tout dans le concert ce soir.

    Gordon Gano des Violent Femmes est lĂ  ce soir pour chanter Troubles sur une lancinante rythmique de chƓurs et claviers, pendant que GaĂ«tan est passĂ© Ă  la basse. En premier rappel, aprĂšs le trĂšs pur Les Belles Choses  le groupe se lance dans un inĂ©dit (1000 milliards de dollars) et Psycho Killer une superbe reprise des Talking Heads dont on prend soudain conscience combien les guitares ravageuse ont inspirĂ© notre artiste.

    Comme il ne reste plus grand-chose de neuf à jouer pour le deuxiÚme rappel et Gaëtan ne voulant pas compromettre avec le passé, aprÚs une reprise de Nazareth, le groupe termine la soirée sur un deuxiÚme Help Myself.

    Set list : Intro/ Clap Hands/ Tokyo/ Inside Outside/ Si l’on comptait les Ă©toiles/ Dis-moi encore que tu m’aimes/ Mon nom/ Des questions me reviennent/ Help Myself (Nous ne faisons que passer)/ Backgammon/ Trouble (with Gordon Gano)/ DYWD//

    Encore : Les Belles Choses/ 1000 milliards de dollars/ Psycho Killer (Talking Heads cover)//

    Encore 2 : Love (Bassiste au chant – Nazareth cover)/ Help Myself (Nous ne faisons que passer)

    Warm up : Sharitah Manush

  • DĂ©penses inconsĂ©quentes

    A quoi sert une exposition universelle ? Pour le moment Ă  pas grand-chose sinon pour la France Ă  s’incliner devant l’Empereur du Milieu qui organise l’actuelle exposition et Ă  dĂ©penser les sous de ses contribuables dans des futilitĂ©s.

  • DĂ©sarmante faute de goĂ»t en GrĂšce

    Le premier ministre grec demande l’aide europĂ©enne sonnante et trĂ©buchante au bord de la MĂ©diterranĂ©e. C’est touchant mais signe d’un manque total de psychologie. Faire la manche sur fond de mer bleue et de village nĂ©o-classique c’est prendre les mouches allemandes avec du vinaigre mĂ©diterranĂ©en. Les allemands sont dĂ©jĂ  outragĂ©s de devoir payer pour les dĂ©penses incongrues des cigales athĂ©niennes, mais alors leur annoncer le presque dĂ©faut de paiement de son pays devant un paysage de rĂȘve, c’est au mieux maladroit, au pire provocateur. Un vieux bureau de l’administration grecque aurait Ă©tĂ© mieux indiquĂ©.

  • De mieux en mieux

    Oui, oui, oui ! La retraite Ă  60 ans (voire Ă  55 ans). Un vrai sujet pour les campagnes de communication pour les partis politiques en ce moment.

  • Les nouveaux barbares de la finance

    Quelques soucis pour le Dark Vador des nouveaux barbares : Goldman Sachs, banque d’affaires new-yorkaises, officine Ă  traders bonusĂ©s et services sophistiquĂ©s. Les autoritĂ©s financiĂšres amĂ©ricaines attaquent cette banque pour fraude. Un trader français est mĂȘme expressĂ©ment dĂ©signĂ© dans l’acte d’accusation, rejetant ainsi les performances de Kerviel-le-fraudeur au niveau de l’école maternelle.

    En gros, Goldman Sachs a constituĂ© pour le compte du fonds spĂ©culatifs John Paulson (par ailleurs donateur Ă  l’association humanitaire de Carla Bruni-Sarkozy) un portefeuille de titres plus ou moins immobiliers comme actifs de ce nouveau fonds. Goldman aurait ensuite fourguĂ© ce produit financier Ă  des investisseurs alors que dans le mĂȘme temps Paulson, pariant sur Ă  la baisse des titres immobiliers gangrĂ©nĂ©s par les subprimes, achetait des Credit default swap – CDS sorte de certificats d’assurance contre l’insolvabilitĂ© des Ă©metteurs des titres qui prennent de la valeur Ă  mesure que le risque augmente.

    Dans un monde financier basĂ© sur la spĂ©culation on trouve toujours des hurluberlus prĂȘts Ă  parier sur des positions opposĂ©es. Paulson qui avait pressenti Ă  l’avance l’effondrement des titres subprimes avait trouvĂ© des investisseurs prĂ©disant le contraire. C’est Paulson qui a gagnĂ©, il a revendu ses CDS et les gogos investisseurs dans le fonds Goldman Sachs ont tout perdu.

    L’Etat amĂ©ricain s’émeut du rĂŽle trouble de Dark Vador. On pourrait l’ĂȘtre Ă  moins. A suivre.