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  • Take A Walk On The Wild Side

    CafĂ© crĂšme Ă  la terrasse ensoleillĂ©e du cafĂ© de la place du marchĂ© de Donzy. Les notes douces et rythmĂ©es de Take A Walk On The Wild Side s’échappent de la salle peinturlurĂ©e aux couleurs de l’OM. Le chien du patron baille Ă  l’ombre des arbres. Les canards barbotent dans la petite riviĂšre locale. LibĂ©ration d’hier est disponible sur le comptoir. La population de ce petit bled de la NiĂšvre vaque doucement aux occupations dominicales de cette fin d’étĂ©. A deux heures de Paris, l’impression d’avoir atterri sur une autre planĂšte.

  • Boyle T.C., ‘Le Cercle des InitiĂ©s’.

    Sortie : 2004, Chez : . L’arrivĂ©e de la sexologie dans l’AmĂ©rique des annĂ©es 40/50 racontĂ©e de façon truculente par Boyle. On suit les pas d’un professeur qui, de confĂ©rence en confĂ©rence, initie ses auditoires Ă  cette nouvelle science. Avec ses adjoints ils mettent en fiche les pratiques sexuelles de leurs concitoyens sans oublier de s’occuper au passage de leurs propres perversions.

  • Des dirigeants socialistes dĂ©sertent leur « universitĂ© d’été »

    Les dirigeants socialistes n’ont pas le temps de se rendre Ă  l’UniversitĂ© d’étĂ© du PS Ă  La Rochelle en revanche ils ont tout loisir d’écrire des bouquins contre SĂ©golĂšne, Hollande et consorts. On en annonce une petite dizaine avec des titres aussi fraternels que L’Impasse, DĂ©sert d’Avenir, La DĂ©faite en chantant, etc. C’est vraiment RĂšglements de comptes Ă  OK Corail. Avec tous les communicants qui engraissent autour de la politique, il n’y en a pas un qui pourrait leur dire que cette rentrĂ©e littĂ©raire n’est pas du meilleur effet, en termes Ă©lectoraux tout du moins car je ne doute pas que le style, la sĂ©mantique, la rĂ©flexion contenus dans ces nombreux ouvrages vont faire fureur, voire mĂȘme Ă©clipser le prochain Prix Goncourt !

    Pendant ce temps, entre la crĂ©ation de missions, de commissions, de comitĂ©s divers et politiquement ouverts, Sarkozy trouve le temps d’aller Ă  l’UniversitĂ© d’étĂ© du patronat ; les syndicats et la gauche s’étranglent de fureur devant ce crime de lĂšse-majestĂ© : le prĂ©sident parle aux entrepreneurs. Mon Dieu, quelle horreur !

  • Du rififi au FMI

    La Russie qui prĂ©sente son candidat (tchĂšque
) pour le siĂšge de chef du Fonds monĂ©taire international (FMI), contre le Français Dominique Strauss-Kahn (DSK), prĂ©tend que ce dernier n’a pas les compĂ©tences pour le poste. C’est parfaitement juste ! Notre bon DSK n’a jamais gĂ©rĂ© d’entreprise, sinon son cabinet d’avocats lorsqu’il n’était pas ministre, et encore moins de banque. Il est un politicard avisĂ©, a Ă©tĂ© un ministre compĂ©tent, et d’ailleurs il est plĂ©biscitĂ© par les militants socialistes pour restructurer le PS ce qu’il saurait sans doute bien faire. Mais mettre des hommes politiques Ă  la tĂȘte de banques, nationales ou multilatĂ©rales, on a vu ce que cela a donnĂ©, en France ou mĂȘme trĂšs rĂ©cemment Ă  la Banque Mondiale oĂč Wolfovitz a Ă©tĂ© poussĂ© Ă  la  dĂ©mission assez rapidement, sans parler d’Attali Ă  la Banque EuropĂ©enne pour la Reconstruction et le DĂ©veloppement qui a laissĂ© libre cours aux errements diaboliques de sa crĂ©ativitĂ© mĂ©galomaniaque en matiĂšre de gestion, ou plus simplement de son prĂ©dĂ©cesseur espagnol au FMI qui a pliĂ© bagages au bout de deux ans dĂšs que la soupe a Ă©tĂ© de nouveau servie pour lui Ă  Madrid.

    Les hommes politiques il faut les nommer administrateurs de ces institutions multilatĂ©rales pour y avoir des conseils d’administration forts qui indiquent fermement la politique Ă  suivre, mais laisser la direction exĂ©cutive Ă  de vrais managers, c’est la b-a-ba de la bonne gouvernance. C’est d’ailleurs ce que le FMI et la Banque Mondiale n’arrĂȘtent pas de rĂ©pĂ©ter aux pays Ă  qui ils prĂȘtent leurs sous


  • Festival Rock en Seine – 2007/08/24>26 – Paris Parc de Saint-Cloud

    Festival Rock en Seine – 2007/08/24>26 – Paris Parc de Saint-Cloud

    Björk en Seine

    C’est l’évĂšnement culturel et musical de la rentrĂ©e : aprĂšs deux prestations dans le Sud en dĂ©but de semaine qui ont embrasĂ© les arĂšnes de NĂźmes, Björk et sa troupe glacio-technoĂŻde s’installent Ă  Saint-Cloud pour le final de Rock en Seine. La composition fut Ă©poustouflante, Ă  la hauteur des plus hautes attentes des 20 000 spectateurs qui se pressaient devant une scĂšne bariolĂ©e de drapeaux aux couleurs fluo, dessinĂ©s d’animaux divers.

    A 21h40, alors que la pression (physique) devenait difficile pour les premiers rangs et l’intensitĂ© (artistique) insoutenable pour les fans en haleine, les musiciens se mettent en place : une section de cuivres-choristes islandaise composĂ©e d’une dizaine de femmes habillĂ©es en bouteille d’Orangina, aux couleurs flamboyantes du dernier album Volta, chacune un fanion rouge au dessus de la tĂȘte, un claveciniste, un batteur ainsi que Mark Bell et Damian Taylor, prĂ©posĂ©s aux machines et Ă  l’électronique (voir encadrĂ© sur la Reactable). Une voute laser strie le ciel depuis le fond de la scĂšne et Björk apparaĂźt sur les premiĂšres rythmiques numĂ©riques obsĂ©dantes de Innocence. Pieds nus, vĂȘtue d’une robe de fĂ©e Ă  dominante dorĂ©e (trĂšs lĂ©gĂšrement inspirĂ©e de la tenue de clown triste de Bowie sur le clip Ashes to Ashes), le front maquillĂ© d’or et des mĂšches blanches dans les cheveux, elle parcourt dĂ©jĂ  la scĂšne de ses pas dĂ©calĂ©s et lĂ©gers, dans le froufroutement inaudible des plis de sa chasuble moirĂ©e. Les bras tendus sous les lasers dĂ©chirant la nuit elle nous invite Ă  la suivre dans une plongĂ©e au cƓur de ses mystĂšres.

    Les 20 000 spectateurs hypnotisĂ©s par ce prologue libĂ©rateur vibrent dĂ©jĂ  lorsque rĂ©sonne la rumeur sinistre de l’intro de Hunter (de son avant-dernier disque Homogenic) : I’m hunting/ I’m the hunter/ (but you just don’t know me). Oui, Björk chasse inlassablement la nouveautĂ© armĂ©e de sa seule foisonnante crĂ©ativitĂ©. Elle tend Ă  la fusion de l’électronique avec la stridence de sa voix cristalline, en une exceptionnelle unicitĂ© temporelle, visuelle et auditive. Et pour mieux nous enrĂŽler dans cette quĂȘte, Hunter se clos sur le jaillissement soudain des mains de l’artiste d’un filet synthĂ©tique jetĂ© vers la foule en deux cĂŽnes inextricables. Telle une Spider-woman spirituelle elle nous capte dans les rets Ă©troits de son univers Ă©trange et poĂ©tique, que nous n’avons d’ailleurs aucune envie de quitter, petits poissons consentants pris au piĂšge de la pieuvre dominatrice, nous nous laissons dĂ©vorer avec dĂ©lice.

    S’ensuivent Joga et le dĂ©chaĂźnement Ă©lectronique de Earth Intruders. C’est le cri du centre de la terre, lĂ  oĂč tout n’est que magma brĂ»lant et d’oĂč s’élĂšve en une colonne volcanique le cri de Björk : We are the earth intruders/ We are the paratroopers/ Stampede of sharpshooters/ Voodoo
 Le public captivĂ© Ă©coute religieusement l’éruption musicale qui s’échappe de la scĂšne en coulĂ©es numĂ©riques et suit les pas de funambule de sa crĂ©atrice, voletant d’un incendie Ă  une incandescence, dodelinant de la tĂȘte et contrĂŽlant l’énergie.

    Puis viennent d’autres retours aux albums du passĂ© avec I miss you, Army of me (terrifiant), Hyperballad, Hidden place, Pagan poetry, 5 years, Pluto. Qu’elle soit Ă  cotĂ© du claveciniste pour une bouleversante ballade, aux pieds de ses choristes pour s’unir Ă  elles oĂč parcourant inlassablement la scĂšne elle fait toujours preuve d’une incroyable prĂ©sence, d’une fulgurante personnalitĂ©. Seul faille Ă  ce contrĂŽle total sur les Ă©vĂšnements un lĂ©ger tic qui lui fait jouer avec la langue avant ses phrases.

    On la croirait descendue du carrosse de Cendrillon pour nous dĂ©livrer le message d’un monde dont elle seule a les clĂ©s, celui d’une musique complexe et d’une poĂ©tique troublante. Telle une rĂ©incarnation Ă©vanescente du Petit Prince sur sa planĂšte, elle a plantĂ© son arbre dont les racines nous enserrent dans une féérie de modernitĂ© et de subtilitĂ©.

    DerriĂšre l’image idyllique et pure de ce petit lutin de l’électronique et de la modernitĂ© se cache en rĂ©alitĂ© une artiste accomplie, au sommet d’une inspiration qui synthĂ©tise tous les courants musicaux et visuels du monde d’aujourd’hui.

    L’unique rappel se termine sur un Declare Independance qui fait parler la poudre ! Les rythmes Ă©lectronique s’entrechoquent et se superposent sur les hurlements libĂ©rateurs d’une Björk qui fait reprendre son hymne Ă  tout le Parc : Raise the flag/ Raise the flag (higher, higher) ! Les Ă©crans vidĂ©o de chaque cotĂ© de la scĂšne s’emballent sur des prises de la Reactable et autres Ă©crans tactiles musicaux, machines sonores Ă©tranges manipulĂ©es par des apprentis sorciers qui en extraient des sons bouillotants et des rythmes furieux. Sous une cathĂ©drale dĂ©bridĂ©e de lasers hallucinĂ©s, les bras en croix Björk marque le beat infernal de son refrain sous une pluie de cotillons argentĂ©s puis soudainement tout s’arrĂȘte, laissant les spectateurs subjuguĂ©s, mais un peu frustrĂ©s
, seulement 90 mn, l’artiste ne fait pas d’heures supplĂ©mentaires, on en aurait voulu tellement plus !

    Set list : 01. Brennið Þið Vitar, 02. Innocence, 03. Hunter, 04. Immature, 05. JĂłga, 06. The Pleasure Is All Mine, 07. Hidden Place, 08. Pagan Poetry, 09. Anchor Song, 10. Earth Intruders, 11. Army Of Me, 12. I Miss You, 13. Mother Heroic, 14. Five Years, 15. Wanderlust, 16. Hyperballad, 17. Pluto

    Rappel: 18. Oceania, 19. Declare Independence

    Un nouvel outil musical est utilisĂ© lors de la tournĂ©e Volta : La Reactable. Il s’agit d’une table Ă  musique Ă©lectro-acoustique dĂ©veloppĂ©e par l’UniversitĂ© Pompeu Fabra de Barcelone qui permet Ă  plusieurs utilisateurs de dĂ©placer des objets sur une surface translucide crĂ©ant ainsi diffĂ©rents types de son interfĂ©rant entre eux. Le but est de dĂ©placer des blocs appelĂ©s tangibles sur la table ronde rĂ©tro-Ă©clairĂ©e de diffĂ©rentes formes modulables en fonction de leur emplacement et de leur nombre sur la Reactable. En dĂ©plaçant et en actionnant ces tangibles, l’interaction de ces derniers créé une sorte de synthĂ©tiseur virtuel crĂ©ant des rythmes musicaux et des effets sonores reprĂ©sentĂ©s sur la table par des cercles et des sinusoĂŻdales. Il existe seulement deux reactables dans le monde et Björk est ainsi la premiĂšre artiste Ă  en faire un usage grand public pour les concerts de la tournĂ©e Volta. Aucun apprentissage particulier n’est nĂ©cessaire pour l’utiliser, c’est un instrument collaboratif et intuitif.

    Rock en Seine – les Autres

    Une bonne, une excellente cuvĂ©e 2007 pour le festival Rock en Seine, rendez-vous rock parisien de la fin de l’étĂ©, Ă©talĂ© sur trois jours et trois scĂšnes cette annĂ©e, pour nous remettre d’un Ă©tĂ© maussade. La programmation toujours plus remarquable, mais que vont-ils trouver l’annĂ©e prochaine pour faire mieux ! La technique et l’organisation excellentes. Le Paris rock a Ă©tĂ© comblĂ© une nouvelle fois. Seule fausse note, Huchon, prĂ©sident de la rĂ©gion Isle de France et initiateur/organisateur du festival ne rĂ©siste pas et colle sa photo en premiĂšre page du programme gratuit, encravatĂ©, stylo-or au dessus du parapheur ministĂ©riel, embonpoint rĂ©publicain ; il aurait au moins pu enfiler un T-shirt Rock en Seine, cela lui aurait donnĂ© un air plus dĂ©tendu, plus rock ‘n’ roll que diable !!!

    Warmup le vendredi, ambiance boueuse sur la grande scĂšne du parc Saint-Cloud mais programme revigorant : Mogwai, une espĂšce de progrock instrumental, agrĂ©able avec ses longues envolĂ©es de guitares et ses voix vocodĂ©es ; The Shins et ses jolies mĂ©lodies pop-folk bien emmenĂ©es par un chanteur-compositeur-guitariste de talent ; The Hives un groupe de suĂ©dois complĂštement cinglĂ©s, punk-garage, lookĂ©s noir et blanc, auto-satisfaits et bruyants, virtuoses et sans complexe, qui dĂ©chaĂźnent le parc ; et, et, et
 Arcade Fire, de retour Ă  Paris, puissant et prodigieux sous la presque pleine lune, bien qu’un peu moins nature qu’à l’Olympia en mars dernier. On est Ă  la fois heureux de les voir en plein air oĂč le volume et l’effervescence de leur musique s’exprime Ă  profusion, mais un peu frustrĂ©s de devoir les partager avec 20 000 spectateurs. Et puis RĂ©gine Ă©tait de mauvaise humeur ce soir, toujours Ă  chigner pour un retour pas comme elle voulait, un rĂ©glage Ă  fignoler, mais quelle musique, quel bonheur ! La set-list Ă©tait sans grand changement, sauf l’absence regrettĂ©e de PoupĂ©e de cire PoupĂ©e de son (RĂ©gine Ă©tait nerveuse nous l’avons dit). Tout le monde est rentrĂ© chez soi la joie au cƓur et l’ñme regonflĂ©e de toute l’énergie vĂ©hiculĂ©e par cette musique du nouveau monde.

    Samedi le terrain a commencĂ© Ă  sĂ©cher et Pravda ouvre le bal sur la scĂšne de la Cascade : duo parisien, une bassiste style grande liane brune aux yeux bleus, habillĂ©es d’un fourreau noir, qui chante et joue de la basse comme elle tirerait Ă  la Kalatch, son alter Ă©go Ă  la guitare peroxydĂ© Ă  la Billy Idol, une musique basique et efficace style The Kill ; Calvin Harris, un groupe Ă©cossais Ă©lectro-funk Ă©nergique ; CSS et ses 5 musiciennes brĂ©siliennes, fraĂźches, dĂ©tendues, buvant des biĂšres, faisant les folles, tirant des fusĂ©es Ă  cotillons, fringuĂ©es multicolore, dĂ©chaĂźnĂ©es sur la scĂšne, dĂ©ployant un rock dance trĂšs nouveau monde, trĂšs
 BrĂ©sil ! Tout le monde est tombĂ© sous le charme, il parait que la ministre de la culture Ă©tait dans le public. CSS veut dire Cansei De Ser Sexy (FatiguĂ©es d’Etre Sexy) mais elles sont en pleine forme les furies paulistes ; et en final les Rita Mitsouko qui ont bluffĂ© la scĂšne de l’Industrie avec un show trĂšs pro, trĂšs mesurĂ©, la gestuelle contrĂŽlĂ©e de Catherine Ringer, toujours moitiĂ© clownesque moitiĂ© dĂ©jantĂ©e, parfaitement adaptĂ©e au traitement de la musique. Fred est calme Ă  la guitare Ă©lectro-acoustique, lunettes noires et costar rayĂ©, look mafieux barbu. La set-list est complĂšte. Les quadras frĂ©tillent, les plus jeunes s’ennuient. Les Rita se permettent mĂȘme une excellente reprise de Red Sails de Bowie avant le final sur Marcia Baila, et un dernier salut Ă  deux au public qui, s’il avait insistĂ© un peu plus aurait peut-ĂȘtre obtenu un rappel mĂȘme si non programmĂ© officiellement.

    Dimanche, tout est sec, les remugles des toilettes publiques se mĂȘlent aux senteurs des merguez, les festivaliers se prĂ©parent au final. Kings of Leon  dĂ©livre sa gouaille sudiste en plein soleil, un climat de circonstance pour ce groupe qui Ă©volue de façon trĂšs favorable : voix dĂ©chirĂ©e par le bourbon et les cigarettes, guitares claquantes ou grinçantes, la grande scĂšne est transformĂ©e en une immense et joyeuse salle de saloon ; Faithless est beaucoup moins sĂ©duisant, un genre de sous Massiv Attack avec rythmes obsĂ©dants et synthĂ©s dĂ©modĂ©s, conduits par Rollo Amstrong la sƓur de Dido. Un afro-europĂ©en sur le devant dĂ©vide son trip-hop chaloupĂ© en maillot Puma pendant que les indo-europĂ©ens derriĂšre assurent la logistique. Pas inoubliables bien qu’entraĂźnant. Et puis
 Björk que certains prĂ©sentent comme une attraction pour bobos alors qu’elle est devenue la fiancĂ©e de Paris en ce jour inoubliable.

    L’emmerdeur patentĂ© du concert rock

    Alors que le show est commencĂ©, il tente une percĂ©e vers le premier rang un gobelet de biĂšre tenu en Ă©quilibre au-dessus de la tĂȘte.
    L’emmerdeur patentĂ© se dĂ©place en bande, avec une ribambelle de cinq ou six crĂ©tins qui se tiennent par la main et poussent, poussent, poussent, quoiqu’il se passe devant eux. Ils marchent sur les pieds, renversent de la biĂšre au passage sur les spectateurs dĂ©jĂ  pressurisĂ©s telles des sardines dans leur boĂźte, empĂȘchent l’environnement proche de profiter du concert.
    Comme dans notre bas monde la mauvaise Ă©ducation et la goujaterie payent souvent trĂšs bien, l’emmerdeur patentĂ© qui n’a pas fait le pied de grue trois heures durant pour tenir sa place dans les premiers rangs, obtient finalement le mĂȘme rĂ©sultat, sans l’attente

    Le pire est quand l’emmerdeur patentĂ© se rend compte qu’il ne peut plus progresser et s’arrĂȘte juste sur vos pieds. Il faut alors le persuader de poursuivre sa poussĂ©e plus loin, au besoin Ă  coups de pieds sournois, voire Ă  coups de coudes vicieux. Mais l’emmerdeur patentĂ© est tellement insupportable que l’on arrive Ă  devenir trĂšs crĂ©atif pour le chasser.

  • Raymond Barre est mort

    Raymond Barre est mort. Comme tous les hommes politiques qui ont dit la vĂ©ritĂ© aux français il n’a jamais Ă©tĂ© Ă©lu Ă  la fonction suprĂȘme. Il a Ă©tĂ© l’auteur de quelques perles comme « si les corses veulent leur indĂ©pendance, ils peuvent la prendre ». Dieu merci, la presse se concentre sur le vrai sujet du jour, la retraite de Guy Roux, un footeux populiste qui va donc cesser d’entraĂźner on ne sais plus quel club de foot-balle dans la France profonde. De profundis !

  • DĂ©magogie de la baballe

    La pensĂ©e du jour revient incontestablement au dĂ©putĂ© socialiste Philippe Martin qui termine sa chronique dans LibĂ©ration par cette inoubliable rĂ©fĂ©rence Ă  l’ovalie comme modĂšle de rĂ©conciliation pour le PS :

    « A la veille de l’ouverture de la coupe du monde de rugby, ajoutons-y l’utilitĂ© pour les socialistes de s’inspirer des valeurs de ce jeu oĂč le « vivre ensemble » est la clef du succĂšs et oĂč l’on gagne, mĂȘme lorsque l’adversaire est redoutable, en faisant preuve d’humilitĂ© et de respect, d’amitiĂ© et de sens du sacrifice, bref de fraternitĂ©. ».

    Heu
 il n’a jamais vu la tĂȘte des joueurs de rugby aprĂšs un match le Martin ! Il sort d’oĂč celui-lĂ  ? Tu parles d’une fraternitĂ© le rugby ! Une bande de musculeux anabolisĂ©s qui se massacrent Ă  coups de crampons pendant 90 mn sur une pelouse face Ă  un troupeau de gnous hurleurs et imbibĂ©s, puis se murgent Ă  la bibine pendant la troisiĂšme mi-temps quand ils ne posent pas Ă  moitiĂ© nus pour des calendriers douteux. « Mondial de rugby, Mondial des abrutis Â» titrait Charlie-Hebdo la semaine derniĂšre, la rĂ©fĂ©rence me paraĂźt plus appropriĂ©e.

  • Retour sur le pouvoir maoĂŻste au Cambodge

    Une sĂ©rie de passionnantes Ă©missions sur France Culture accompagne le cafĂ© du matin depuis plusieurs jours : l’Histoire des quatre annĂ©es KhmĂšres rouges au Cambodge entre 1975 et 1979, ou comment ce rĂ©gime est arrivĂ© au pouvoir, l’a exercĂ©, l’a plus ou moins quittĂ© et n’a toujours pas rendu compte du massacre d’un tiers de sa population en relativement peu de temps. Il s’est agi de la mise en Ɠuvre de la Vraie RĂ©volution, telle que mĂȘme Mao l’a rĂȘvĂ©e sans arriver Ă  l’appliquer en Chine. La RĂ©volution pure !

    Ces quatre annĂ©es dĂ©passent l’entendement : la ville de Phnom Penh vidĂ©e de ses deux millions d’habitants le jour de sa libĂ©ration par les Khmers rouges (2 millions d’habitants expulsĂ©s en une journĂ©e !!!), le peuple ancien composĂ© des bons paysans et le peuple nouveau des mauvais citadins polluĂ©s par l’Occident. Tout ce petit monde envoyĂ© dans les riziĂšres, l’esclavage, la famine, les camps de rééducation, les millions de morts, l’Organisation Angkar, anonyme et toute puissante (pendant les deux premiĂšres annĂ©es le nom des dirigeants du pays restera inconnu, une premiĂšre dans la diplomatie internationale !) dĂ©cide de tout. La fermeture totale du Royaume Ă  toute influence externe en dehors de la Chine qui ne mĂ©nage pas son soutien Ă  cette expĂ©rience rĂ©volutionnaire et qui accueille d’ailleurs le prince Sihanouk quelque peu dĂ©passĂ© par les Ă©vĂšnements.

    L’aveuglement du reste du monde, mĂ©dias comme politiques, personne n’a cru Ă  ce qui se passait : le massacre idĂ©ologisĂ© et industrialisĂ© des cambodgiens par d’autres cambodgiens, fomentĂ© par une clique maoĂŻste, en partie formĂ©e par l’UniversitĂ© française (Khieu Samphan a soutenu sa thĂšse Ă  la Sorbonne dans les annĂ©es 50, dĂ©taillant grosso modo le programme polico-Ă©conomique qu’il mettra en Ɠuvre avec L’Angkar) germĂ© sur le fumier de la guerre civile et des guerres sud-asiatiques attisĂ©es par l’Occident en lutte contre le communisme.

    C’est le Vietnam, ennemi historique du Cambodge, qui mettra fin Ă  l’expĂ©rience sanglante. Du coup, la Chine et les Etats-Unis, ennemis historiques du Vietnam soutiendront longtemps la reprĂ©sentation Khmer rouge Ă  l’ONU pour Ă©viter d’y accueillir un reprĂ©sentant cambodgien provietnamien ! Grandeur et dĂ©cadence de la politique internationale.

    Le plus incroyable est que le pouvoir actuel provietnamien reste plus ou moins issu du rĂ©gime Khmer rouge et que cela ne dĂ©range personne. Ieng Sary et Khieu Samphan, FrĂšres n° « 3, 4 ou 5 » de l’Angkar coulent des jours paisibles Ă  Phnom Penh en assistant goguenards Ă  la constitution d’un Tribunal international pour juger les crimes contre l’HumanitĂ© Khmers rouges, jugement dont personne ne veut, ce qui laisse douter de la tenue d’un procĂšs avant la disparition des derniers protagonistes vivants. Jacques VergĂšs est bien entendu dĂ©jĂ  sur les rangs pour dĂ©fendre Khieu Samphan
 En attendant, le peuple Khmer vaque Ă  ses occupations et gĂšre ses traumatismes. Dans les campagnes, comme au Rwanda, les anciens tortionnaires cohabitent avec les survivants, sans trop de problĂšmes semble-t-il.

    Cette Histoire est proprement incroyable, et tout se passait dans les annĂ©es 70, si prĂšs. La seule leçon Ă  en tirer : livrĂ© Ă  lui-mĂȘme, laissĂ© Ă  la merci de l’idĂ©ologie et sans contrĂŽle dĂ©mocratique, l’Homme laisse libre cours Ă  sa noirceur et n’est pas capable de rĂ©frĂ©ner ses ambitions de domination et ses instincts sanguinaires. C’est malheureusement un axiome confirmĂ© quel que soit le continent.

    Depuis le rĂ©gime cryptocommuniste au pouvoir a rĂ©tabli une rĂ©publique populaire moitiĂ© mafieuse, moitiĂ© capitaliste qui n’a pas vraiment sorti le pays de ses dĂ©mons passĂ©s. Le peuple bouddhiste continue Ă  mĂ©diter dans ses riziĂšres sur l’une de ses rengaines favorites :

    Quand tu entres dans la riviùre, le crocodile t’attend ; quand tu montes sur la berge c’est le tigre qui t’attend !

  • « OcĂ©anopolis » Ă  Brest

    Visite du musĂ©e « OcĂ©anopolis » Ă  Brest avec son intĂ©ressant aquarium et ses bassins Tropical, Polaire et TempĂ©rĂ©. DĂ©jeuner sur le port face Ă  l’embarcadĂšre pour MolĂšne et Ouessant tournĂ© vers l’ocĂ©an ; les bureaux des compagnies maritimes, les sociĂ©tĂ©s d’entretien de bateaux, les douanes
 se succĂšdent sur les quais. Les grands navires sont chargĂ©s et dĂ©chargĂ©s par des grues gigantesques. Nous sommes sur l’Atlantique, alors le temps est plutĂŽt gris, les rafales de vent font vibrer les structures des hangars, les Bars du Grand Large servent de la biĂšre au tonneau. Plus loin la silhouette du porte-avions « ClĂ©menceau » achĂšve de rouiller dans la rade militaire dominĂ©e par un fort majestueux.

  • Le destin de Romain Gary

    Le destin de Romain Gary

    A l’écoute des entretiens de Romain Gary sur France Culture en 1969, juste Ă  la sortie du roman « Adieu Gary Cooper Â», un livre culte de notre post-adolescence. Il parle de ses mille vies passĂ©es : exilĂ© russe-rĂ©sistant-pilote de la RAF-diplomate-cinĂ©aste-metteur en scĂšne, et de sa volontĂ© aujourd’hui de poursuivre une quĂȘte intĂ©rieure grĂące Ă  sa vie d’écrivain qui suffirait Ă  son bonheur au-delĂ  des conquĂȘtes et des kilomĂštres sur la planĂšte. Il dit :

    Je considÚre que le bonheur est incompatible avec une multiplicité de vies.

    Il prĂ©dit qu’il ne vieillira pas vieux. Il se suicide en 1980, un an aprĂšs la mort dans les mĂȘmes conditions de Jean Seberg, l’actrice amĂ©ricaine qui fut sa femme.

  • Crise financiĂšre et jugeotte

    Le Canard EnchaĂźnĂ© cette semaine rappelle ingĂ©nument que Jean-Claude Trichet, ci-devant gouverneur de la Banque centrale europĂ©enne, affirme depuis des lustres qu’un systĂšme oĂč la richesse mondiale croĂźt en moyenne annuelle de 5% mais oĂč les marchĂ©s financiers exigent des entreprises une rentabilitĂ© de 15% et la masse des crĂ©dits augmente de plus de 15%, un tel systĂšme donc, court au krach financier. En d’autres termes, l’effet de levier si cher Ă  nos analystes est en train de nous en mettre un coup (de levier) sur la tronche. Un peu de bon sens ferait du bien Ă  tout le monde.

    Il nous revient d’ailleurs que ces banquiers centraux avaient Ă©tĂ© qualifiĂ©s de « gnomes de Frankfort Â» par JuppĂ© le Raide lorsqu’il Ă©tait au pouvoir, en rĂ©fĂ©rence aux « gnomes de Zurich Â» de de Gaulle. Il avait fait encore trĂšs fort notre Juju favori, tout en finesse et en dĂ©magogie. Trichet est d’ailleurs rĂ©guliĂšrement vouĂ© aux gĂ©monies par notre politicaille nationale, surtout en pĂ©riode Ă©lectorale. Il semble toutefois qu’il ne dise pas que des idioties, tout particuliĂšrement lorsqu’il parle des dĂ©ficits français.

    Le plus ubuesque dans la crise actuelle est qu’elle est partie de la dĂ©faillance, en voie de gĂ©nĂ©ralisation, de mĂ©nages plutĂŽt dĂ©favorisĂ©s qui n’arrivent pas Ă  rembourser leurs banques qui entre temps ont laissĂ© libre cours Ă  leur infinie crĂ©ativitĂ© pour titriser et refourguer leurs crĂ©ances Ă  droite Ă  gauche. Les financiers ont cru pouvoir rendre solvables des mĂ©nages pauvres par le biais d’instruments financiers auxquels personne ne comprend rien. Les riches y ont laissĂ© leur jugeote et vont y perdre quelques plumes.

    La nouvelle du jour est que les pauvres sont toujours pauvres, et donc risquĂ©s pour leurs prĂȘteurs qui vont l’apprendre Ă  leurs dĂ©pens. Comme le disait Snoopy :

    Il vaut mieux ĂȘtre riche et en bonne santĂ© que pauvre et malade !

  • Le dĂ©sespĂ©rant suivisme d’analystes financiers de rencontre

    Les soi-disant analystes financiers dĂ©couvrent que les Etats-Unis sont surendettĂ©s et leurs mĂ©nages les plus dĂ©favorisĂ©s engagĂ©s dans des prĂȘts immobiliers Ă  taux variables les menant Ă  la faillite. Eh bien, quelle surprise ! Les Etats-Unis endettĂ©s ? On apprend ça Ă  l’école, premier cours d’économie : la fin du Golden Exchange Standard qui dĂ» ĂȘtre officialisĂ© par Nixon dans les annĂ©es 60/70 lorsqu’il a mis fin Ă  la fiction de la libre convertibilitĂ© du dollar US avec l’étalon-or !

    Alors les soi-disant analystes qui ont dĂ» lire les livres d’économie de leurs enfants rĂ©inventent soudainement le fil Ă  couper le beurre et matraquent les marchĂ©s financiers de leurs prĂ©visions panurgistes. Nous sommes dans une phase de consolidation nous disent-ils. On adore lorsque les analystes financiers nous parlent de consolidation voire de correction. Cela veut dire gĂ©nĂ©ralement dans la langue des petits Ă©pargnants : baisse des cours que les analystes/spĂ©cialistes n’avaient pas anticipĂ©e !

    Il s’agit de quoi avec cette crise du subprime ? En gros, un mĂ©nage plutĂŽt dĂ©favorisĂ© achĂšte une maison au-dessus de ses moyens grĂące Ă  un crĂ©dit Ă  taux variable Ă  un moment oĂč les taux sont bas. La banque qui a une crĂ©ance sur ce mĂ©nage dĂ©favorisĂ© vend sa crĂ©ance Ă  une banque d’affaires qui la transforme en titres nĂ©gociables qu’elle refourgue en bourse aprĂšs les avoir qualifiĂ©s d’investissement sĂ»r puisque assis sur une propriĂ©tĂ© immobiliĂšre (hypothĂ©quĂ©e qui plus est). Lorsque les taux montent et la valeur de l’immobilier baisse, l’emprunteur initial de peut plus rembourser son crĂ©dit et sa maison qui a baissĂ© de valeur, saisie par le prĂȘteur, ne peut plus compenser la crĂ©ance. C’est le boxon et le chĂąteau de cartes s’effondre. Nous en sommes lĂ  !

    Les journaux nous ramÚnent leurs économistes mondains de service, les de Boissieu, Fitoussi et autres Touati qui, au sortir de leurs salons pour grands penseurs, nous gratifient de formules majeures telles que :

    Le marché cherche ses repÚres : il va rester trÚs volatil dans les jours voire les semaines à venir.

    Bon, nous voilà bien avancés.

    –           Eh bonjour Monsieur le MarchĂ© ! Comment ça va ce matin ?

    –           Ah, pas bien fort Mme. Michu, pas bien fort ! Je cherche mes repĂšres figurez-vous. Je les ai perdus et je ne sais plus oĂč les retrouver. Que vais-je donc devenir sans mes repĂšres Mme. Michu ?

    –           Ahhhhhhhhh ! Mon pauvre Monsieur le MarchĂ©, allez donc voir au bistrot chez DĂ©dĂ©, je crois que vous trouverez vos repĂšres au comptoir. En attendant j’vous mets une livre de carottes, ça favorise la rĂ©flexion ?

    « Le marchĂ© cherche ses repĂšres
 » !!! On croit rĂȘver !!! Comment peut-on commettre d’aussi irrĂ©parables platitudes ? Mais bougres de tĂȘtes de nƓud c’est vous les analysants qui ĂȘtes censĂ©s jalonner le chemin du marchĂ© des repĂšres nĂ©cessaires Ă  sa bonne comprĂ©hension par les investisseurs, petits et grands, tels les lampadaires au bord d’une route qui dĂ©veloppent leurs halos de lumiĂšre rassurante et salvatrice. Il y a quelques donnĂ©es basiques qui devraient germer dans vos cranes d’Ɠuf : quand tout un systĂšme repose sur l’endettement et que personne n’épargne, c’est risquĂ© et donc pas durable, et d’une ; deuxio, les bĂ©nĂ©fices ne peuvent pas croĂźtre indĂ©finiment plus vite que les ventes, sinon le plancher rejoint le plafond et on se retrouve en bouillis au milieu. Ce n’est pas compliquĂ© quand mĂȘme ! Mais si le marchĂ© cherche ses repĂšres alors Ă©videmment l’analyste est dĂ©sorientĂ© et n’a plus la tĂȘte Ă  consacrer Ă  des choses simples.

    Heureusement qu’ils ont fait des Ă©tudes supĂ©rieures ces Ă©conomistes aux petits pieds. Les uns pronostiquent une baisse des taux quand les autres prĂ©voient leur envolĂ©e. Cela relĂšve du CafĂ© du Commerce du coin de la rue au dĂ©part du quintĂ©-plus de Longchamp. Le maquignon dans son marchĂ© Ă  bestiaux de la France profonde a probablement une meilleure apprĂ©hension du capitalisme rĂ©el que ces divas en voitures de luxe.

    En attendant, OyĂ© OyĂ© petits Ă©pargnants, suivez vos intuitions et votre bon sens, non uniquement les conseils dĂ©clarĂ©s de ces ahuris mĂ©diatisĂ©s. N’oubliez pas que le marchĂ© cherche ses repĂšres
 !!!

  • La retraite apaisĂ©e

    A l’écoute des grands dĂ©bats contemporains de France-Culture en faisant la vaisselle : ce soir le sujet porte sur le vieillissement de la population. Les sociologues de haute volĂ©e qui dialoguent notent en passant qu’un des moyens pour saborder une retraite tranquille est de multiplier les divorces pendant sa vie active, sources de pensions alimentaires sans fin et d’explosion exponentielle des dĂ©penses mĂ©nagĂšres. Pour une vieillesse paisible les vieux votent pour la paix dans les couples !

  • Clinquant et Cie

    Rigolo : l’hebdomadaire Marianne signe un article cette semaine sur le cĂŽtĂ© nouveau-riche-clinquant du Sarko. C’est vrai qu’il donne matiĂšre Ă  sourire : Ray-Ban Aviator, brushing de star, montre Breitling lourde et grosse, cigares de pĂ©dĂ©gĂ©s, stylos Montblanc en argent massif. Bref, du Bernard Tapie en Ă  peine plus distinguĂ©. Sans parler des vacances tape-Ă -l’Ɠil. Il est des positions au sommet de la RĂ©publique oĂč un peu de discrĂ©tion et de modestie ne nuirait pas Ă  la popularitĂ©.

  • Tintin

    Un étudiant congolais veut porter plainte contre Tintin au Congo pour racisme et autres billevesées ; et faire interdire la bande dessinée : la culture belge frémit !

  • D’un bord Ă  l’autre

    Lustiger est enterrĂ© aujourd’hui. Il est prĂ©sentĂ© partout comme un homme bon et fort en gueule, humain avec une grande Ă©lĂ©vation spirituelle. TrĂšs bien, il a sĂ»rement Ă©tĂ© tout ça. Mais les mĂ©dias nous serinent que malgrĂ© sa conversion du judaĂŻsme au catholicisme Ă  14 ans il n’a rien reniĂ© ! Comment ça il n’a rien reniĂ© ? On croit rĂȘver ! Il a quand mĂȘme changĂ© de crĂšmerie.

    Bon, ce n’est pas grave, c’est un peu comme un dirigeant socialiste qui rentre dans le gouvernement Sarkozy, il passe d’un dogme à l’autre, c’est tout.

  • Ancien testament vs. Nouveau

    Beaucoup de « grands hommes » nous quittent ces derniers temps : Antonioni, Bergman, Henri Amouroux, le cardinal Lustiger. Ce dernier est prĂ©sentĂ© comme le grand rĂ©conciliateur des juifs et des catholiques et saluĂ© pour cette Ɠuvre de salut public. On doit avouer n’avoir jamais vraiment bien compris ce qui sĂ©parait les uns des autres, sinon une histoire d’anciennetĂ© d’un testament, voire d’un JĂ©sus venu ou attendu.

  • En CĂŽte d’Ivoire

    L’évĂšnement vaut que l’on s’y arrĂȘte : la CĂŽte d’Ivoire serait en train de retrouver le chemin de la paix, presque toute seule, et en tout cas sans le secours de ses anciens colonisateurs. C’est sans doute un gage de succĂšs. L’armĂ©e française va peut-ĂȘtre pouvoir Ă©vacuer ce pays, dans la joie et la bonne humeur. Cela doit rester l’objectif majeur de toute solution ivoirienne. 

  • Architecture In Helsinki – 2007/08/03 – Paris ArĂšne de Montmartre

    Concert Architecture in Helsinki en plein air aux arĂšnes de Montmartre dans le cadre du festival Paris Quartier d’EtĂ©. Il fait doux et calme sur les hauteurs de Paris. Les gradins de pierre des arĂšnes sont pleins, une mini scĂšne a Ă©tĂ© montĂ©e Ă  leurs pieds. L’ambiance est festive. Paris Quartier d’EtĂ©, toujours lĂ  oĂč il faut !

    Les Architecture dĂ©barquent Ă  la nuit tombĂ©e : un groupe australien (comme ne l’indique pas son nom) bien dĂ©lurĂ©, une bande de jeunes crĂ©atifs et cool. Le leader chanteur/guitariste en bermuda/chemise Ă  fleurs, le bassiste blanc grimĂ© en bushman avec locks et barbe, une chanteuse bien en chair et en T-shirt aux motifs aborigĂšnes, et trois autres musiciens. Tout ce petit monde dĂ©boule Ă  l’instant du vol de Singapour pour se retrouver Ă  Montmartre, lĂ©gĂšrement dĂ©calĂ© mais toujours plein d’énergie et d’enthousiasme, buvant des quantitĂ©s industrielles de biĂšre, s’échangeant les instruments au hasard des morceaux et nous dĂ©livrant une musique neuve et artisanale, pleine de cassures de rythmes, de vocalises improbables, agrĂ©mentĂ©e d’un coup de trombone Ă  coulisse de temps en temps, de drums Ă©lectroniques et de l’esprit des antipodes. Une espĂšce de Talking Heads descendu de l’Ayers Rock.

    AprĂšs le rappel, les musiciens vendent leurs CD et des T-shirts en sirotant des bouteilles de Bordeaux au goulot. Histoire de confirmer l’essai, les Architecture seront de retour Ă  Paris Ă  la rentrĂ©e. A ne pas manquer.

  • Commerce douteux avec la Libye

    Incroyable mais vrai : la France a Ă©tĂ© capable de vendre des missiles antichars et autres babioles guerriĂšres Ă  la Lybie de Kadhafi ! AprĂšs le rĂ©acteur nuclĂ©aire pour dessaler l’eau de mer on passe maintenant Ă  la quincaillerie militaire. Il fallait le faire, eh bien nous l’avons fait, qu’on se le dise ! Il a vraiment fait son marchĂ© chez nous le lionceau du dĂ©sert, l’infirmiĂšre bulgare lui a rapportĂ©, sans doute au-delĂ  de ses espĂ©rances. Il est malin le bougre et a su exploiter la vĂ©nalitĂ© de nos sociĂ©tĂ©s. Qui a dit dĂ©jĂ  « les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre » ? LĂ©nine peut-ĂȘtre