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  • « ChĂ©ri Samba dans la collection Jean Pigozzi » au musĂ©e Maillol

    « Chéri Samba dans la collection Jean Pigozzi » au musée Maillol

    DĂ©licieuse rĂ©trospective de l’artiste congolais (ex-zaĂŻrois) ChĂ©ri Samba, nĂ© en 1956 dans un village proche de la capitale Kinshasa qu’il rejoint dans les annĂ©es 1970. D’abord peintre publicitaire autodidacte pour devantures de coiffeurs et de tous ces petits commerces qui maintiennent tant bien que mal la tĂȘte du peuple Ă  peine hors de l’eau de cette ville tentaculaire oĂč la misĂšre fraye avec une incroyable frĂ©nĂ©sie culturelle s’exprimant via la musique, le dessin, la peinture, la mode
 il est aujourd’hui un artiste internationalement reconnu. Il sait rendre avec talent la joyeuse confusion qui enveloppe Kinshasa, tournant parfois Ă  la farce sanglante sous la botte de satrapes comme Mobutu ou Kabila pĂšre, qui ont vainement tentĂ© de gouverner ce pays gigantesque et ingouvernable.

    Dans ses peintures ChĂ©ri Samba introduit humour et couleurs Ă©clatantes mais sous leur aspect naĂŻf ses toiles dĂ©clinent la vision qu’il a des dĂ©rives de son pays : les enfants-soldats, la biĂšre Primus tiĂšde dans les nuits de Kinshasa, l’argent obsessionnel, le poids de la « fraternité » Ă  l’africaine qui transforme la masse des inactifs en vĂ©ritables sangsues consommant le salaire de ceux qui travaillent et qui ne peuvent rien refuser Ă  leurs « frĂšres dans le besoin », les infrastructures en ruine


    Enfant soldat (kadogo) dont un effectif important a été employé pour le renversement du dictateur Mobutu par le satrape Kabila en 1997

    Samba se met souvent en scĂšne dans ses tableaux dĂ©notant sans doute une petite faiblesse narcissique mais dont il joue, comme toujours, avec humour. Les « sapeurs » Ă©tant une spĂ©cialitĂ© locale, ses personnages sont reprĂ©sentĂ©s avec des vĂȘtements tape-Ă -l’Ɠil aux couleurs voyantes, des grosses montres et tous les ustensiles propres aux m’as-t-vu qui font la rĂ©putation de Kinshasa. Il reprĂ©sente son fils en enfant soldat comme ceux, nombreux, que le prĂ©sident Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila a recrutĂ©s et armĂ©s pour renverser son prĂ©dĂ©cesseur le prĂ©sident Mobutu aprĂšs 32 ans de pouvoir. Kabila, lui, a fini assassinĂ© trois ans aprĂšs son accession Ă  la prĂ©sidence, pour ĂȘtre remplacĂ© par
 son propre fils ! Tous ces Ă©vĂšnements tragi-comiques font le miel de l’inspiration du peintre dont l’Ɠil affutĂ© sait croquer toutes ces scĂšnes de la vie congolaise. La plupart des toiles sont de grande taille et les couleurs flashy sont percutantes mais irrĂ©elles ; quiconque connait un peu l’Afrique centrale sait qu’elle est plus souvent sous la poussiĂšre ou la pluie que sous un ciel bleu. Qu’importe, sa peinture traduit les excĂšs d’un pays et rien n’interdit de rĂȘver qu’il Ă©volue sous un ciel pur et le sourire de ses citoyens dans une ambiance optimiste et rigolarde.

    L’une des spĂ©cificitĂ©s de Samba est de peindre aussi des textes sur ses toiles pour diffuser ses idĂ©es, souvent rĂ©digĂ©s de façon aussi naĂŻve que la peinture qu’ils illustrent. Dans une interview diffusĂ©e sur un grand Ă©cran, on voit l’artiste expliquer que c’est aussi un bon moyen pour que les visiteurs restent plus longtemps devant ses toiles, un objectif plutĂŽt atteint.

    Samba a commencĂ© Ă  exposer en dehors de l’Afrique dans les annĂ©es 1980 pour devenir aujourd’hui un artiste mondialement connu de l’art africain contemporain. Les quelques 50 toiles exposĂ©es au musĂ©e Maillot sont extraites de la collection d’art africain financĂ©e par Jean Pigozzi via la Contemporary African Art Collection (CAAC) avec l’aide d’AndrĂ© Mangin qui parcourt le continent africain Ă  la recherche d’Ɠuvres intĂ©ressantes.

  • « Shttl » d’Ady Walter

    « Shttl » d’Ady Walter

    Nous sommes en 1941 dans un village juif d’Ukraine soviĂ©tique au cƓur duquel s’oppose les juifs orthodoxes et les juifs « soviĂ©tisĂ©s Â» dans l’éternel lutte entre les anciens et les modernes. Dans la tradition juive les orthodoxes dĂ©fendent des comportements d’un autre Ăąge vis-Ă -vis des femmes, du travail et de l’interprĂ©tation de la Bible ? Ce sont les mĂȘmes aujourd’hui qui dĂ©fendent le droit d’IsraĂ«l sur la Palestine puisque le concept de « grand IsraĂ«l Â» est mentionnĂ© dans l’ancien testament depuis 4 000 ans
 Au cƓur de ce village perdu une partie des jeunes a Ă©tĂ© embrigadĂ©e par l’idĂ©ologie communiste qui, outre qu’elle refuse le fait religieux, prĂŽne des concepts gĂ©nĂ©ralement en totale opposition avec la Bible


    Dans le film, Mendele qui fait des Ă©tudes de cinĂ©ma Ă  Moscou sous uniforme militaire revient au village pour enlever son amoureuse Yuna des griffes rĂ©trogrades de Folie, cultivant un judaĂŻsme hassidique particuliĂšrement rĂ©trograde, qui fut son ami lorsqu’ils Ă©taient enfants et qui se prĂ©dispose Ă  devenir le rabbin de la synagogue lorsque l’actuel, pĂšre de Yuna, quittera ses fonctions. Ils en sont lĂ  lorsque l’armĂ©e allemande entame l’opĂ©ration « Barbarossa Â» et envahit l’ouest de l’Ukraine oĂč est situĂ© le village. Il s’en suit le pogrom du village reprĂ©sentatif de la « shoah par balles Â» qui prĂ©cĂ©da l’extermination industrielle mise en Ɠuvre dans les camps nazis d’extermination. Mendele le moderne est alors tiraillĂ© entre sa fidĂ©litĂ© aux siens et son amoureuse. Les Allemands mettent fin Ă  leur maniĂšre Ă  la querelle des anciens et des nouveaux et c’est sur cet Ă©pilogue dramatique que se termine le long mĂ©trage.

    Ce film intimiste se dĂ©roule entre ce pauvre village de masures en bois et la forĂȘt attenante. Le noir-et-blanc est utilisĂ© pour l’annĂ©e du retour de Mendele au village et la couleur est rĂ©servĂ©e Ă  la jeunesse des protagonistes, marquant sans doute ainsi la noirceur de cette annĂ©e 1941. RĂ©alisĂ© par le franco-ukrainien Ady Walter, le tournage du film a Ă©tĂ© effectuĂ© en yiddish en Ukraine et a Ă©tĂ© perturbĂ© par les bruits de bottes russes qui annonçaient l’invasion de fĂ©vrier 2022, comme une tragique confrontation entre l’histoire et l’actualitĂ©. Le massacre d’israĂ©liens commis le 7 octobre 2023 en IsraĂ«l par le mouvement religieux Hamas est venu aggraver encore la funeste cruautĂ© de la rĂ©alitĂ©, lorsque se mĂȘlent les ambitions de pouvoir et la haine religieuse !

  • SUREAU François, ‘Le chemin des morts’.

    SUREAU François, ‘Le chemin des morts’.

    Sortie : 2013, Chez : Gallimard / Folio n°6410.

    François Sureau, nĂ© en 1958, haut-fonctionnaire ancien Ă©lĂšve de l’ENA, passĂ© du conseil d’Etat aux fauteuils bien rĂ©munĂ©rĂ©s des « conseillers » du CAC40, avant de devenir avocat et Ă©crivain, a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’accadĂ©mie française en 2021 au fauteuil n°24, libre aprĂšs le dĂ©cĂšs de Max Gallo. Le garçon est brillant, la barbe bien taillĂ©e, le verbe juste, l’Ă©criture prĂ©cise et fluide, mais le garçon a parfois des remords sur ses actions passĂ©es.

    Dans ce court rĂ©cit il raconte son expĂ©tience d’auditeur au conseil d’Etat dans les annĂ©es 1980, chargĂ© de rĂ©diger des avis Ă  la commission de recours de rĂ©fugiĂ©s. A ce titre, il eut Ă  traiter le cas d’un ancien militant basque, rĂ©fugiĂ© en France depuis vingt ans aprĂšs avoir participĂ© Ă  des actions violentes contre le franquisme. L’Espagne Ă©tant revenue Ă  la dĂ©mocratie aprĂšs la mort de son dictateur galonnĂ© en 1975, la France a dĂ©cidĂ© de refuser dĂ©sormais le statut de rĂ©fugiĂ© aux demandeurs de nationalitĂ© espagnole. En rĂ©alitĂ©, le nouvel Etat espagnol Ă©tait certes « dĂ©mocratique » mais il continuait de tolĂ©rer, voir de manipuler, des commandos de la mort, plus ou moins activĂ©s par la police, qui rĂ©glaient, le plus souvent violemment, les comptes du terrorisme espagnol, et bien sĂ»r, tout particuliĂšrement basque.

    Lorsque la dĂ©cision de refus de renouvellement de son statut de rĂ©fugiĂ© en France dont il disposait depuis 1969 est notifiĂ©e Ă  Javier Ibarrategui, suivant ainsi l’avis rĂ©digĂ© par le conseiller Sureau, il s’exprime calmement pour dire qu’il ne restera donc pas en France, contre la loi, mais rentrera en Espagne oĂč il risque fortement d’ĂȘtre assassinĂ© par les « groupes anti-terroristes de libĂ©ration (GAL) ». Le mĂȘme jour la commission accordait le statut de rĂ©fugiĂ© « à un ZaĂŻrois dont nous devions dĂ©couvrir ensuite qu’il s’Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© trois fois Ă  la commission sous des identitĂ©s diffĂ©rentes. Il avait un beau talent d’acteur et revendait ensuite -Ă  un prix abordable- le prĂ©cieux papier Ă  ses compatriotes. »

    Quelques mois plus tard Ibarrategui est assassinĂ© en Espagne, trĂšs probablement par les GAL. François Sureau s’interroge bien sĂ»r sur l’opportunitĂ© de cette dĂ©cision qu’il a initiĂ©e. Il n’est d’ailleurs pas sĂ»r que s’il avait proposĂ© l’inverse il eut Ă©tĂ© suivi, mais le sort vengeur et funeste qui fut rĂ©servĂ© Ă  Ibarrategui continue de le hanter, et sa responsabilitĂ©, mĂȘme trĂšs indirecte, dans sa mort de l’obsĂ©der. Il explique comment l’image noble d’Ibarrategui la derniĂšre fois qu’il le vit sous les ors du conseil d’Etat fut devant lui Ă  toutes les (nombreuses) Ă©tapes de sa brillante carriĂšre, sans prĂ©ciser toutefois si ce souvenir indĂ©lĂ©bile a fait Ă©voluer sa vision du monde et des dossiers qu’il eut Ă  traiter, au barreau de Paris oĂč dans les salons du CAC40. Il pose de façon claire et percutante, Ă  son petit niveau, le problĂšme de la responsabilitĂ© morale des dĂ©cisionnaires d’un Etat dĂ©mocratique, qui sont souvent confrontĂ©s aux choix cornĂ©liens de devoir arbitrer entre l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et le particulier, entre la raison d’Etat et l’Ă©motion. Ce n’est certainement pas facile Ă  vivre pour quiconque dispose d’un esprit bien fait, mais aussi d’une Ăąme et de convictions.

  • Des nouveaux venus dans la lutte contre l’Occident

    Des nouveaux venus dans la lutte contre l’Occident

    Voici un nouveau venu sur la scĂšne actuellement trĂšs active de la communication d’états-majors : Yahya as-Saree, sanglĂ© dans un uniforme rutilant, le verbe haut, fort et saccadĂ©, il est le porte-parole de « l’armĂ©e Houthi Â», la rĂ©bellion yĂ©mĂ©nite pro-iranienne qui contrĂŽle la moitiĂ© du YĂ©men, y compris sa capitale officielle Saana. Le YĂ©men fut un terrain de conquĂȘtes coloniales menĂ©es par les empires Ottoman et Britannique jusqu’au XXĂšme siĂšcle et sur lequel l’Arabie-Saoudite frontaliĂšre au nord a toujours gardĂ© un Ɠil attentif. AprĂšs les dĂ©colonisations le pays est restĂ© divisĂ© en deux. Il y avait un YĂ©men du sud, constituĂ© en RĂ©publique populaire et dĂ©mocratique du YĂ©men autour du port d’Aden, pro-soviĂ©tique, et la RĂ©publique arabe du YĂ©men, mieux intĂ©grĂ©e dans la rĂ©gion arabe environnante.

    De guerres civiles en rĂ©bellions, de tribus en protectorats, de prĂ©bendes en famines, les deux YĂ©men n’ont cessĂ© de se chamailler, parfois par les armes, situation largement attisĂ©e par les puissances environnantes dont l’Arabie-Saoudite pas vraiment raccord avec l’idĂ©ologie « rĂ©volutionnaire » prĂŽnĂ©e Ă  Aden. C’est la raison pour laquelle Ryad a pris la tĂȘte d’une coalition arabe-sunnite en 2015 pour « libĂ©rer » le YĂ©men de l’emprise houthi Ă  grand renfort d’armes achetĂ©es Ă  l’Occident. Ce fut un Ă©chec comme l’illustre les actions encours des Houthis contre IsraĂ«l.

    Les deux YĂ©men se rĂ©unissent pour fonder la RĂ©publique du YĂ©men en 1990 mais la paix ne dure que quelques annĂ©es et dĂšs 1994 la bataille reprend entre les marxistes et les unionistes et n’a quasiment pas cessĂ© depuis. La rĂ©bellion Houthi est largement soutenue par la RĂ©publique islamique d’Iran. Les Houthi sont plus ou moins musulman-chiite, comme leur protecteur, mais il semble que ce soit une version particuliĂšre de cette tendance. Ils ont en tout cas pris le parti de la cause palestinienne dans la nouvelle guerre qui oppose IsraĂ«l au Hamas depuis le pogrom commis par ce dernier mouvement le 07/10/2023 (plus de 1 200 morts israĂ©liens, dont beaucoup de civils assassinĂ©s dans la plus grande barbarie). Leurs moyens d’action sont le lancer de missiles en direction d’IsraĂ«l et de bateaux militaires ou commerciaux occidentaux navigant en Mer Rouge en direction du canal de Suez. Ils ont mĂȘme rĂ©ussi Ă  prendre des navires en otage en dĂ©posant des commandos amenĂ©s en hĂ©licoptĂšre sur le pont.

    Cette tactique porte ses fruits puisque le trafic vers le, et en provenance du, canal de Suez est perturbĂ© ce qui oblige les navires Ă  faire le tour de l’Afrique. Les armateurs expliquent que l’augmentation des coĂ»ts de transport gĂ©nĂ©rĂ©e par cette route plus longue est Ă  peu prĂšs compensĂ©e par l’économie des droits de passage sur le canal. Les Ă -coups sur la fluiditĂ© de la chaĂźne internationale de transport sont nĂ©anmoins patents ce qui rĂ©jouit les Houthis.

    Le problĂšme du jour est que ces milices Houthi que l’on assimilait jusqu’il y a peu Ă  une bande de va-nu-pieds dĂ©penaillĂ©s sont maintenant organisĂ©es en armĂ©e presque nationale (la prise du pouvoir et de la capitale par cette rĂ©bellion n’est pas officiellement reconnue par les Nations Unies) et capable d’envoyer des missiles balistiques vers IsraĂ«l ou l’Arabie-Saoudite, ce qu’elles ne se privent pas de faire. Si les guerres claniques internes sont millĂ©naires, les armes utilisĂ©es ont Ă©volué  Pour bien comprendre ce pays, il est recommandĂ© de relire « Fortune carrĂ©e » de Joseph Kessel, Ă©crit en 1932 ; rien n’a vraiment changĂ© sur le fond si ce n’est la portĂ©e des missiles.

    Selon Wikipédia, la traduction de la devise du mouvement est :

    Dieu est le plus grand, Mort Ă  l’AmĂ©rique, Mort Ă  IsraĂ«l, Maudits soient les juifs, Victoire Ă  l’islam.

    Vaste programme ; il y a encore quelques progrÚs à faire pour ramener la paix dans la région semble-t-il


    L’ambassade de France au YĂ©men est fermĂ©e, comme celle au Niger, ce qui apparaĂźt comme une mesure raisonnable. Il semble en revanche que l’ambassade du YĂ©men en France soit toujours opĂ©rationnelle dans le XVIĂšme arrondissement parisien. On peut se demander si elle est bien utile, voire opportune ?

  • « La chimĂšre » d’Alice Rohrwacher

    « La chimĂšre » d’Alice Rohrwacher

    La rĂ©alisatrice italienne Alice Rohrwacher nous livre un film basĂ© sur un scĂ©nario un peu foutraque racontant le pĂ©riple d’une bande de pieds-nickels trafiquant les piĂšces qu’ils pillent dans d’antiques tombes Ă©trusques. Ils habitent dans un pauvre village au bord de la mer et d’une usine polluante qui rejette ses dĂ©chets un peu partout. Le clan vivote entre bistrot et escroqueries lorsqu’un de leur pote Arthur, anglais, sourcier, sort de prison pour les rejoindre. Ensemble ils reprennent la chasse au trĂ©sor, croisent des trafiquants plus haut de gamme qui les escroquent Ă  leur tour et Arthur court aprĂšs le souvenir de son amoureuse disparue Ă  jamais mais dont l’image le hante jusqu’à la fin, lorsque enfermĂ© dans un tunnel Ă©boulĂ© il tire le fil qui le ramĂšne Ă  la vie et Ă  son amour, peut-ĂȘtre…

    La multitude de personnages loufoques qui se croisent dans le film en font l’intĂ©rĂȘt et l’accumulation de situations improbables marque l’imagination sans bornes de la rĂ©alisatrice Ă©galement scĂ©nariste. On se croirait un peu dans Affreux, sales et mĂ©chants d’Ettore Scola sorti en 1976 qui racontait la vie d’une famille dans un bidonville de Rome au dĂ©but des annĂ©es 1970. Un film un peu triste mais dĂ©sopilant.

    Celui d’Alice Rohrwacher est plus social que vĂ©ritablement drĂŽle. Un film sur la dĂ©brouille Ă  l’italienne d’une bande de joyeux drilles qui affrontent la misĂšre car il faut bien survivre.

  • GRANN David, ‘Les naufragĂ©s du Wager’.

    GRANN David, ‘Les naufragĂ©s du Wager’.

    Sortie : 2023, Chez : Editions du sous-sol.

    1740 : les royaumes d’Angleterre et d’Espagne se font la guerre pour leur conquĂȘtes coloniales, une armada quitte Douvres pour passer la Cap Horn rattraper la flotte espagnole sur la cĂŽte pacifique du Chili. Le HMS Wager est l’un d’entre eux. Les conditions de vie Ă  bord sont extrĂȘmement dures, le scorbut fait des ravages, le commandement est autoritaire, les moyens de navigation sont hasardeux
 la flotte anglaise est ravagĂ©e en tentant de passer le Horn et le HMS Wager s’Ă©choue dans la tempĂȘte sur les rochers d’une Ăźle du Grand Sud. Les survivants se retrouvent sur une Ăźle rocheuse trĂšs inhospitaliĂšre dans ces latitudes.

    C’est une micro-sociĂ©tĂ© d’une centaine de personnes qui va se dĂ©battre pour survivre durant des mois. Les naufragĂ©s se battent contre les Ă©lĂ©ments qui sont en permanence dĂ©chaĂźnĂ©s, certains s’Ă©lĂšvent contre la rigiditĂ© du rĂšglement de la Marine de Sa MajestĂ© qui continue Ă  s’appliquer dans ce nouveau contexte, d’autres entrent en rĂ©bellion, des clans se constituent, se battent, se tuent et, finalement, vont mener deux tentatives sĂ©parĂ©es de retourner en Angleterre.

    Contre toute attente, certains vont rĂ©ussir aprĂšs des pĂ©riples dantesques Ă  rallier Londres oĂč ils vont devoir rendre des comptes devant la justice royale et l’AmirautĂ© qui veulent s’assurer que la discipline a Ă©tĂ© respectĂ©e, mĂȘme aux antipodes, et que les coupables survivants, s’il y en a, seront chĂątiĂ©s. Certains Ă©crivent et publient leurs aventures pour influencer l’opinion publique. Finalement les juges font preuve de clĂ©mence et prĂ©fĂšrent enterrer l’affaire avec diplomatie pour ne pas faire de vague en une pĂ©riode oĂč l’Empire britannique veut affirmer sa domination sur les peuples du monde et la supĂ©rioritĂ© de sa cavillation sur celles des pays colonisĂ©s


    Il s’agit d’une histoire vraie, cĂ©lĂšbre dans l’histoire de la Marine royale et en Angleterre, que l’auteur a reconstituĂ©e Ă  partir des archives. Les ressorts de la comĂ©die humaine sont identiques au XVIIĂšme et aujourd’hui. AutoritĂ©, rĂ©bellion, aviditĂ©, jalousie, individualisme, sens de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral
 tout est concentrĂ© dans ce microcosme insulaire aux conditions dramatiques, y compris une fin heureuse aprĂšs l’Ă©preuve pour certain. Un rĂ©cit haletant qui se lit comme un polar.

  • « Le Paris de la modernitĂ©, 1905-1925 » au Petit Palais

    « Le Paris de la modernité, 1905-1925 » au Petit Palais

    1905-1925, le rayonnement de Paris dĂ©bordant d’activitĂ© attire les artistes de nombreux pays venus se frotter au formidable foisonnement culturel de la ville lumiĂšre. MĂȘme la pĂ©riode de la grande guerre de 1914-1918 ne tarit pas le flot des artistes. Il est question de culture bien sĂ»r, mais aussi de sciences et de technique. L’exposition universelle de 1925 met en valeur les avancĂ©es françaises dans ces domaines.

    Le soleil de l’art ne brillait alors qu’à Paris, et il me semblait et il me semble jusqu’à prĂ©sent qu’il n’y a pas de plus grande rĂ©volution de l’Ɠil que celle que j’ai rencontrĂ©e Ă  mon arrivĂ©e Ă  Paris.

    Marc Chagall

    Sonia Delaunay, Amedeo Modigliani, Tamara de Lempicka, Picasso, les couturiers Lanvin ou Poiret, le bijoutier Cartier, JosĂ©phine Baker, Jean Cocteau, de Montmartre Ă  Montparnasse, Paris brille des feux de tous ces artistes qui s’inspirent les uns les autres et dont l’exposition du Petit Palais donne un aperçu des rĂ©alisations, avec mĂȘme un avion exposĂ©. AprĂšs avoir traversĂ© tous les vestiges de cette Ă©poque, le visiteur dubitatif se demande si notre prĂ©sent est bien Ă  la hauteur de ce passĂ© brillant.

    Un poĂšme de Blaise Cendrars (« La Prose du TranssibĂ©rien et de la petite Jehanne de France ») illustrĂ© par Sonia Delaunay vs. Cyril Hanouna animant ses tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©s-poubelle, cherchez l’erreur
 Mais chacun ses dĂ©rives, les Futuristes italiens clamaient en 1909 Ă  la une du Figaro dans leur « Manifeste du futurisme » que « nous voulons glorifier la guerre -seule hygiĂšne du monde-, le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idĂ©es qui tuent et le mĂ©pris de la femme. » Au moins ces idĂ©ologues de l’anarchie du dĂ©but du XXĂšme siĂšcle laissĂšrent des Ɠuvres Ă  la postĂ©ritĂ©.

  • MAUROIS AndrĂ©, ‘Olympio ou la vie de Victor Hugo’.

    MAUROIS AndrĂ©, ‘Olympio ou la vie de Victor Hugo’.

    Sortie : 1954, Chez : Librairie Hachette

    AndrĂ© Maurois nous raconte ici la vie de ce gĂ©ant de la littĂ©rature et la politique françaises qu’est Victor Hugo (1802-1885). A 8 ans il traduit Virgile, Ă  15 ans, fervent admirateur de Chateaubriand, il reçoit une distinction au concours de poĂ©sie de l’acadĂ©mie française (il est trop encore trop jeune pour l’intĂ©grer, ce qu’il fera en 1841). Sa jeunesse se dĂ©roule alors que NapolĂ©on 1er dirige le pays et cherche Ă  dominer l’Europe, son pĂšre est gĂ©nĂ©ral de l’empereur, sa mĂšre s’oppose Ă  NapolĂ©on. NommĂ© en Espagne sous l’autoritĂ© de Joseph Bonaparte, son pĂšre, sĂ©parĂ© de son Ă©pouse, s’installe Ă  Madrid avec ses trois fils. Victor vit sous les ors de l’Empire mais dĂ©couvre aussi les affres de la rĂ©pression contre les rebelles, rĂ©pression dirigĂ©e par
 son pĂšre.

    MariĂ© avec AdĂšle Foucher, son amour de jeunesse, ils eurent 5 enfants dont le premier dĂ©cĂšde rapidement. Il verra mourir trois d’entre eux (LĂ©opoldine d’une noyade accidentelle, Charles et François-Victor de pathologies diverses), seule AdĂšle sa fille lui survivra mais en proie Ă  des troubles mentaux importants elle finira sa vie internĂ©e dans un asile. AffectĂ© d’une sexualitĂ© d’ogre il accumule les conquĂȘtes fĂ©minines jusqu’Ă  la toute fin de sa vie. Sa femme commet aussi des infidĂ©litĂ©s avec Sainte-Beuve, ami de la famille, qui deviendra l’ennemi de Victor. Sa maitresse en titre est Juliette Drouet qui suivra son hĂ©ros toute sa vie, composant ainsi un trio affectif avec AdĂšle plutĂŽt original pour l’Ă©poque. Le grand homme pouvait tout se permettre


    Travailleur acharnĂ©, il produit sans relĂąche de la poĂ©sie, des piĂšces de théùtre, des romans, des discours, une correspondance fournie, des dessins
 Ses Ɠuvres complĂštes se rĂ©partissent aujourd’hui en plusieurs dizaines de volumes. Mais il est sans doute avant tout un poĂšte et versifie Ă  tout moment et sur tous sujets. Sa maĂźtrise des mots dĂ©passe l’entendement. Dans un style plutĂŽt classique ses vers racontent son Ăąme dans son Ă©poque.

    Jeunes amours, si vite épanouies,
    Vous ĂȘtes l’aube et le matin du cƓur,
    Charmez l’enfant, extases inouĂŻes !
    Et, quand le soir vient avec la douleur,
    Charmez encor nos ùmes éblouies,
    Jeunes amours, si vite évanouies !.

    Mais il fut aussi homme politique, en rĂ©bellion contre Louis-NapolĂ©on Bonaparte, futur NapolĂ©on III (qu’il qualifia de NapolĂ©on « le petit » dans un article cĂ©lĂšbre), aprĂšs que celui-ci mena un coup d’Etat en 1851 pour rĂ©tablir un empire autoritaire. Jusqu’Ă  la capitulation et la capture en septembre 1870 du dictateur par les Prussiens lors de la dĂ©faite de Sedan, Victor Hugo choisit l’exil, d’abord Ă  Bruxelles puis Ă  Jersey et Guernesey oĂč il resta prĂšs de 20 ans, y poursuivant son Ɠuvre magistrale. MalgrĂ© diverses amnisties dont il aurait pu bĂ©nĂ©ficier, il clama toujours : « quand la libertĂ© reviendra, je reviendrai », ce qu’il fit en dĂšs la proclamation de la IIIĂšme RĂ©publique en septembre 1870. Accueilli comme un hĂ©ros par des milliers de parisiens, il lui restait encore 15 annĂ©es Ă  vivre. Ses funĂ©railles nationales rassemblĂšrent un million de personnes Ă  Paris.

    AndrĂ© Maurois, lui aussi membre de l’acadĂ©mie française et spĂ©cialiste des biographies d’hommes illustres, trace la personnalitĂ© exceptionnelle de Victor Hugo avec force citations extraites de sa gigantesque production littĂ©raire, illustrant les moments douloureux, glorieux, rebelles, solitaires, romantiques, naturalistes


    Elle avait dix ans et moi trente ;
    J’Ă©tais pour elle l’univers.
    Oh ! Comme l’herbe est odorante
    Sous les arbres profonds et verts


    Doux ange aux candides pensées,
    Elle Ă©tait gaie en arrivant
 –
    Toutes ces choses sont passées
    Comme l’ombre et comme le vent !

    1844, écrit pour le 1er anniversaire de la mort de sa fille Léopoldine

    Le biographe, tout en insistant sur l’Ɠuvre dĂ©taille aussi la personnalitĂ© Ă©gocentrique de l’auteur, renforcĂ©e par les succĂšs littĂ©raires rencontrĂ©s, la frĂ©quentation des plus grands, la reconnaissance du peuple comme de l’intelligentsia Ă  toutes occasions. Bien sĂ»r, ses cendres ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©es au PanthĂ©on des grands hommes de la « Patrie reconnaissante ».

  • Joli cadeau de NoĂ«l du conseil constitutionnel

    Joli cadeau de Noël du conseil constitutionnel

    Le conseil constitutionnel présidé par Laurent Fabius, ancien premier ministre socialiste, a censuré quelques articles de la loi de finances 2024, dont les honteuses exonérations fiscales octroyées indument à des fédérations sportives et à leurs salariés afin de favoriser leur installation en France.

    Saisi de la loi de finances pour 2024, le Conseil constitutionnel censure, outre douze « cavaliers budgĂ©taires », des dispositions relatives Ă  l’exonĂ©ration de certains impĂŽts bĂ©nĂ©ficiant aux fĂ©dĂ©rations sportives internationales reconnues par le ComitĂ© international olympique et Ă  leurs salariĂ©s.

    https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2023-862-dc-du-28-decembre-2023-communique-de-presse

    C’est une bonne nouvelle tant la France n’a pas les moyens de dĂ©livrer des exonĂ©rations Ă  des fĂ©dĂ©rations de musculeux. C’est non seulement inĂ©gal comme le prĂ©cise le conseil, mais c’est surtout financiĂšrement absurde et inappropriĂ© alors que la France est surendettĂ©e du fait de dĂ©cennies de mauvaise gestion des deniers des contribuables. Rappelons ici que le dernier budget en Ă©quilibre de la France remonte Ă  1974.

    De plus, cette mesure « gĂ©nĂ©reuse Â» est contraire Ă  la constitution. Il est heureux que le conseil constitutionnel l’ait donc Ă©cartĂ©e et empĂȘcher ainsi le gouvernement de s’égarer une nouvelle fois dans des dĂ©penses inconsidĂ©rĂ©es.

    Mougey / Le Canard Enchaßné (24/05/2023)

    Le texte de la censure

    * Les auteurs des trois recours contestaient l’article 31 de la loi dĂ©fĂ©rĂ©e modifiant plusieurs dispositions du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts afin d’exonĂ©rer de certains impĂŽts les fĂ©dĂ©rations sportives internationales reconnues par le ComitĂ© international olympique ainsi que leurs salariĂ©s.

    Ces dispositions modifient le code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts afin de prĂ©voir, d’une part, que les fĂ©dĂ©rations sportives internationales reconnues par le ComitĂ© international olympique sont exonĂ©rĂ©es de cotisation fonciĂšre des entreprises, de cotisation sur la valeur ajoutĂ©e et d’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s au titre de certaines activitĂ©s et, d’autre part, que les salariĂ©s de ces fĂ©dĂ©rations, fiscalement domiciliĂ©s en France, sont exonĂ©rĂ©s d’impĂŽt sur le revenu Ă  raison des traitements et salaires qui leur sont versĂ©s au titre de ces mĂȘmes activitĂ©s pendant cinq ans Ă  compter de leur prise de fonctions.

    Ces dispositions Ă©taient critiquĂ©es notamment au regard du principe d’égalitĂ© devant la loi, Ă©noncĂ© Ă  l’article 6 de la DĂ©claration de 1789, et du principe d’égalitĂ© devant les charges publiques, Ă©noncĂ© Ă  son article 13.

    Au regard de ces exigences constitutionnelles, le Conseil constitutionnel relĂšve que, en adoptant ces dispositions, le lĂ©gislateur a entendu, afin de renforcer l’attractivitĂ© de la France, inciter les fĂ©dĂ©rations sportives internationales reconnues par le ComitĂ© international olympique Ă  y installer leur siĂšge social.

    Il juge que, toutefois, en prĂ©voyant, d’une part, qu’une fĂ©dĂ©ration est exonĂ©rĂ©e des impĂŽts prĂ©citĂ©s, pour toutes les activitĂ©s affĂ©rentes Ă  ses missions de gouvernance du sport et de promotion de la pratique sportive, et, d’autre part, que ses salariĂ©s, y compris lorsqu’ils sont dĂ©jĂ  domiciliĂ©s fiscalement en France, bĂ©nĂ©ficient d’une exonĂ©ration d’impĂŽt sur le revenu au titre de ces activitĂ©s, au seul motif que cette fĂ©dĂ©ration est reconnue par le ComitĂ© international olympique, le lĂ©gislateur n’a pas fondĂ© son apprĂ©ciation sur des critĂšres objectifs et rationnels en fonction du but qu’il s’est proposĂ©.

    Par consĂ©quent, le Conseil constitutionnel censure comme mĂ©connaissant le principe d’égalitĂ© devant les charges publiques l’article 31 de la loi dĂ©fĂ©rĂ©e.

  • « À la cour du Prince Genji – 1000 ans d’imaginaire japonais » au musĂ©e Guimet

    « À la cour du Prince Genji – 1000 ans d’imaginaire japonais » au musĂ©e Guimet

    11Ăšme siĂšcle au Japon, c’est l’époque Heian, la vie culturelle Ă  la cour de Kyoto est extrĂȘmement riche, les caractĂšres de l’écriture sont changĂ©s ce qui favorise la diffusion de la culture Ă©crite, la poĂ©tesse Murasaki Shikibu Ă©crit un vaste roman : le Dit du Genji qui dĂ©roule en 54 chapitres la vie du prince impĂ©rial Gengi Ă  la cour. Cette fiction fondatrice inspire toujours la culture japonaise jusqu’au manga d’aujourd’hui. Ce long poĂšme a donnĂ© lieu Ă  des illustrations sous forme de dessins, dĂ©corations sur laque et de tissages depuis sa publication. Nombre d’entre eux sont exposĂ©s par le musĂ©e Guimet qui de plus a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un don de quatre rouleaux tissĂ©s par le maĂźtre tisserand ItarĂŽ Yamaguchi (1901-2007) qui voulut en fit don Ă  la France, la patrie oĂč a Ă©tĂ© inventĂ© le mĂ©tier Ă  tisser « Jacquard Â» au dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle.

    Ces rouleaux, exposĂ©s dans de longues vitrines horizontales, alternent les caractĂšres japonais de certains des chapitres du poĂšme avec des tissages trĂšs sophistiquĂ©s et d’une grande finesse. Le maĂźtre Yamaguchi a mis trente ans Ă  peaufiner cette rĂ©alisation poĂ©tique qui est l’Ɠuvre de sa vie. La culture japonaise est quelque chose d’assez mystĂ©rieux pour le citoyen occidental, surtout lorsqu’elle remonte au XIĂšme siĂšcle. On pressent un monde extrĂȘmement raffinĂ© et prĂ©cieux qui prĂ©serve ses traditions jusqu’à nos jours, ce qui confirme cette exposition d’un musĂ©e Guimet en pleine rĂ©novation.

    Les cerisiers, arbres oh combien symboliques du Japon sont représentés sur dessins et tissages sous différentes formes.

    Le cerisier
    En vérité nous enseigne
    Par sa floraison
    Et par son rouge feuillage
    Que ce monde est éphémÚre

    Au deuxiĂšme Ă©tage est prĂ©sentĂ© l’exposition de photos « Portrait Ă©phĂ©mĂšre du Japon » de Pierre-Elie de Pibrac avec une galerie de personnages, figĂ©s sur de trĂšs grands formats, en couleurs ou en noir-et-blanc, avec qui gĂ©nĂ©ralement il dialogue prĂ©alablement pour crĂ©er le scĂ©nario des photos qui convoque l’histoire et la culture du Japon.

    Pierre-Elie de Pibrac
  • « Van Gogh Ă  Auvers-sur-Oise – Les derniers mois » au musĂ©e d’Orsay

    « Van Gogh Ă  Auvers-sur-Oise – Les derniers mois » au musĂ©e d’Orsay

    Le musĂ©e d’Orsay expose les derniĂšres Ɠuvres de Vincent Van Gogh Ă  Auvers-sur-Oise oĂč il arrive le 20 mai 1980 pour y passer les derniers jours de sa vie Ă  laquelle il mettra fin en se tirant une balle dans le cƓur. Il meurt le 29 juillet. Van Gogh fait preuve d’une incroyable productivitĂ© durant ces 70 jours rĂ©alisant 74 tableaux et 33 dessins, dont certains parmi les plus cĂ©lĂšbres. C’est dire qu’il a fait plus d’un tableau abouti par jour, d’autant plus que les derniĂšres 48 heures ont dĂ» ĂȘtre moins fĂ©condes avec une balle dans le cƓur


    Il s’installa dans l’auberge du village dont il portraitura la fille des aubergistes. Il frĂ©quente le Dr. Gachet, psychiatre local tournĂ© vers les arts qui l’accompagne dans les crises psychiques qu’il subit encore rĂ©guliĂšrement. Van Gogh sort d’un internement Ă  Saint-RĂ©my de Provence et affiche une personnalitĂ© manifestement trĂšs perturbĂ©e. Ses rencontres avec le docteur, qu’il portraiture Ă©galement et s’inspire de son jardin pour peindre des natures mortes, n’empĂȘchera pas son geste fatal sur le dĂ©roulement duquel subsiste encore quelques mystĂšres.

    Eh bien mon travail Ă  moi j’y risque ma vie et ma raison y a fondrĂ©e Ă  moitiĂ©.

    A Théo 23/07/1890, lettre que Vincent portait le jour de sa tentative de suicide

    Ce petit village situĂ© Ă  une trentaine de kilomĂštres au nord de Paris, en pleine nature, au milieu des champs et du mode de vie rural de ses habitants a dĂ©jĂ  inspirĂ© les peintres avant Van Gogh. InstallĂ© au milieu des champs celui-ci peint dans l’urgence des paysages aux somptueuses couleurs : vert, bleu et jaune, dans une infinitĂ© de nuances que le tourbillon de ses pinceaux emmĂšne bien loin dans l’imaginaire des spectateurs Ă©berluĂ©s devant une telle maestria. Certains tableaux incluent le village et des fermes aux formes un peu biscornues avec cette notion singuliĂšre de la perspective dĂ©veloppĂ©e par l’artiste.

    Tous ces tableaux expriment globalement de la joie ce qui ne manque pas d’étonner venant d’un artiste dont l’instabilitĂ© mentale l’a probablement conduit au suicide. Cette magie de couleurs et le cĂŽtĂ© un peu « bande dessinĂ©e Â» des formes reprĂ©sentĂ©es participent Ă  l’immense succĂšs de Van Gogh et de l’impressionnisme en France comme en atteste le nombre impressionnant de visiteurs qui se promĂšnent aujourd’hui derriĂšre leurs smartphones prenant un nombre incalculable de photos de ces tableaux devenus mythiques.

  • « Past lives » de Celine Song

    « Past lives » de Celine Song

    C’est une jolie comĂ©die romantique que ce film tournĂ© par la rĂ©alisatrice sud-corĂ©enne Cecil Song. Nora et Hua Sung frĂ©quentent la mĂȘme Ă©cole en CorĂ©e, ils ont 12 ans, le second est secrĂštement amoureux de la premiĂšre qui va suivre ses parents, artistes, en Ă©migration au Canada. 12 annĂ©es plus tard, Nora est installĂ©e Ă  New-York oĂč elle Ă©crit des piĂšces de théùtre. Un peu par hasard elle renoue avec Hua Sung devenu ingĂ©nieur Ă  SĂ©oul, Internet fait des miracles pour les rĂ©unir. Ils sont toujours sous le charme l’un de l’autre mais elle met fin Ă  leurs vidĂ©o-confĂ©rences par peur que la nostalgie du pays et de ses amours enfantines ne la submergent et elle veut rĂ©ussir son intĂ©gration aux Etats-Unis. Encore 12 annĂ©es plus tard, Hua Sung est de passage Ă  New York, il est venu pour revoir Nora qu’il retrouve, mariĂ©e Ă  un Ă©crivain amĂ©ricain. Leur amour rode toujours. L’AmĂ©ricain, aimant, voit le risque arriver, laisse se dĂ©rouler les Ă©vĂšnements en espĂ©rant que Nora fera le bon choix


    Les deux acteurs sont Ă©mouvants de tact et de sensibilitĂ©. Nous sommes dans la culture asiatique, il n’y a donc pas un mot de trop, l’amour et sa souffrance sont exprimĂ©s tout en subtilitĂ©. Mais l’histoire est la mĂȘme oĂč qu’elle se dĂ©roule, quand une femme aime deux hommes il y a toujours un perdant. Quel que soit le continent, le retour d’un ex dans le paysage amoureux est souvent annonciateur de troubles. Et puis le temps et le destin font leur Ɠuvre.

    Ce premier long-métrage de Celine Song est une réussite.

  • DĂ©vastation au Moyen-Orient

    Dévastation au Moyen-Orient

    Alors que la guerre fait rage entre IsraĂ«l et la Hamas gazaoui, le gouvernement israĂ©lien annonce tous les matins que les combats vont s’intensifier dĂšs le lendemain… Lorsque l’on voit l’état des destructions dans la bande de Gaza depuis deux mois et demi de conflit on se demande comment il est encore possible « d’intensifier Â» quoi que ce soit au sein de cette guerre !

    La presse française rĂ©pĂšte ce mantra de « l’intensification Â» sans se poser la moindre question sur son sens rĂ©el ni sa traduction dans les faits. En rĂ©alitĂ© cette guerre est « intense Â» depuis le dĂ©part et tous les moyens Ă  disposition sont utilisĂ©s, sauf la bombe atomique que dĂ©tiendrait IsraĂ«l sans que ce pays n’ait d’ailleurs jamais officiellement admis l’avoir mise au point (avec l’aide de la France en son temps). AprĂšs les assassinats de prĂšs de 1 200 israĂ©liens par le Hamas le 7 octobre, souvent dans des conditions de barbarie atroces, Tel-Aviv s’est mis en tĂȘte de « dĂ©truire Â» le Hamas. Il est probable qu’il n’y arrivera pas plus que lors des guerres prĂ©cĂ©dentes puisque le Hamas comme le Hezbollah, comme le fut autrefois l’OLP, sont des concepts qui repoussent comme les tĂȘtes de l’hydre Ă  qui l’on en coupe une. L’histoire l’a constamment montrĂ© depuis 1948.

    Les acteurs de cette rĂ©gion ne veulent pas compromettre et empoissonnent la vie du reste du monde depuis plus de 70 ans. Il est Ă  craindre que ce qui se passe depuis le 7 octobre entre IsraĂ«l et Gaza ne relance la machine de guerre pour les deux ou trois prochaines gĂ©nĂ©rations. Quel dirigeant, israĂ©lien ou palestinien, pourrait Ă©merger et proposer un plan de paix sur un tel tapis de cendres ?

  • La France a quittĂ© le Niger

    La France a quitté le Niger

    C’est un bon accomplissement, la France a rapatriĂ© ses derniers militaires stationnĂ©s au Niger et fermĂ© son ambassade sans autre forme de procĂšs. L’évacuation de l’armĂ©e française est conforme Ă  la demande des autoritĂ©s locales souveraines ; on espĂšre que tout le matĂ©riel militaire a pu ĂȘtre aussi Ă©vacuĂ© ou a alors Ă©tĂ© dĂ©truit. La clĂŽture de l’ambassade est tout aussi logique. Il est probable qu’elle rouvrira un jour mais elle n’est plus d’une grande utilitĂ© en ce moment tant les relations diplomatiques entre Paris et Niamey sont dĂ©gradĂ©es. Il n’est pas non plus nĂ©cessaire de dĂ©livrer des visas français Ă  des citoyens locaux pour le moment. Une autre ambassade sera certainement dĂ©signĂ©e pour reprĂ©senter les intĂ©rĂȘts français en assurant le service minimum.

    Lire aussi : Il faut laisser tranquille le galonnĂ© Tiani au Niger

    Bien heureusement, la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui avait fait entendre des bruits de bottes, menaçant d’envoyer des troupes au Niger pour rĂ©tablir « l’ordre constitutionnel » ne s’est pas exĂ©cutĂ©e. Personne n’a d’ailleurs vraiment cru qu’une telle initiative puisse ĂȘtre exĂ©cutĂ©e, la CEDEAO a sans doute perdu lĂ  une bonne occasion de se taire. Dans les faits, elle a laissĂ© prospĂ©rer la junte de galonnĂ©s ayant pris le pouvoir par la force, relĂ©guant le prĂ©sident Bazoum et sa famille en rĂ©sidence surveillĂ©e. Il semble que celui-ci refuse toujours officiellement de dĂ©missionner, marquant ainsi un courage certain d’autant plus qu’il est d’origine arabe, c’est-Ă -dire d’une ethnie minoritaire dans le pays. Il est un peu de dindon de la farce nigĂ©rienne, considĂ©rĂ© comme un collaborateur de l’Occident et de la France, hĂ©las pour lui. Sa vie ne serait pas en danger mais sa libertĂ© est sĂ©rieusement entravĂ©e.

    Alors que les troupes françaises qui Ă©taient prĂ©sentes au Mali, au Burkina-Faso et au Niger vont dĂ©sormais ĂȘtre rĂ©employĂ©es dans des tĂąches certainement plus conformes aux intĂ©rĂȘts de la France il est temps maintenant de s’attaquer sĂ©rieusement Ă  l’un des derniers vestiges de la françafrique, celui du franc CFA qu’il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© convenu de dĂ©manteler en 2019 sans que ce projet n’ait beaucoup avancĂ© depuis. Il prĂ©voyait Ă  l’époque un nouveau nom pour une devise commune, l’ECO, mais le maintien de la garantie d’un cours fixe avec l’euro, offerte par la France et ses contribuables. Ce lien attĂ©nue trĂšs fortement l’intĂ©rĂȘt pour l’Afrique de passer Ă  une devise nationale, qu’elle soit commune Ă  plusieurs pays ou pas d’ailleurs. Il faut casser cette garantie pour redonner aux pays actuellement membres de la zone CFA leur vĂ©ritable souverainetĂ© monĂ©taire, quitte Ă  ce qu’ils s’organisent en zone monĂ©taire commune s’ils le souhaitent.

    Lire aussi : Une bonne nouvelle pour l’Afrique

    On ne comprend pas bien pour le moment ce qui freine Paris pour mener Ă  bien ce projet qui a Ă©tĂ© mis sur pieds par la France et les pays de la zone monĂ©taire il y a dĂ©jĂ  quatre ans. Peut-ĂȘtre les derniers soubresauts de la françafrique pourtant bien moribonde mais pas tout-Ă -fait Ă  terre ?

    Il semble que l’ambassade du Niger en France et ses deux consulats Ă  Lyon et Marseille continuent de fonctionner normalement. Il conviendrait probablement d’examiner leur utilitĂ© en de telles circonstances et d’envisager leur fermeture le cas Ă©chĂ©ant.

  • Etienne Daho – 2023/12/22 – Paris Bercy

    Etienne Daho – 2023/12/22 – Paris Bercy

    Flamboyant concert ce soir Ă  Bercy de l’Etienne Daho Show qui met ici le point final Ă  une tournĂ©e dans les grandes salles françaises. La mise en scĂšne est gigantesque, plutĂŽt inhabituelle pour notre crooner rennais habituĂ© gĂ©nĂ©ralement aux salles classiques comme l’Olympia, plus propices Ă  l’intimitĂ© de ses chansons tourmentĂ©es. Mais la tournĂ©e lancĂ©e aprĂšs la parution cette annĂ©e de son dernier disque, Tirer la nuit sur les Ă©toiles, a volontairement pris le chemin d’un jouissif grandiose qui a Ă©merveillĂ© les Parisiens.

    Trois immenses murs de diodes LED bordent le fond de la scĂšne, un quatriĂšme au plafond et le sol brillant qui rĂ©flĂ©chit les animations projetĂ©es referme la boĂźte Ă  images dans laquelle sont positionnĂ©s les musiciens, comme dans un théùtre. Et le spectacle y est Ă©poustouflant, alternant animations et films naturalistes, le tout dans une permanente explosion de couleurs et de crĂ©ativitĂ© assez exceptionnelle. Daho explique dans des interviews qu’il a fixĂ© des mots clĂ© pour chaque chanson afin que la sociĂ©tĂ© Mathematic Studio, habituĂ©e des grandes rĂ©alisations pour le rock (U2, The Chemical Brothers
), alliĂ©e Ă  la puissance de calcul moderne, compose ce kalĂ©idoscope féérique sur lequel sont posĂ©s les 26 morceaux jouĂ©s ce soir.

    Lorsque les lumiĂšres s’éteignent les premiĂšres notes de L’Invitation retentissent. Daho apparaĂźt au fond de la scĂšne au pied des 4 lettres blanches composant son nom en 4 mĂštres de haut. Il est vĂȘtu d’un pantalon noir et d’une veste sombre parsemĂ©e de paillettes dorĂ©es et cuivrĂ©es sur lesquelles vont se rĂ©flĂ©chir la soirĂ©e durant les projecteurs braquĂ©s sur la vedette.

    Ah ! je brĂ»le je brĂ»le, les tentacules m’attrapant du fond des enfers
    Me donnent la cruelle sensation de marcher pieds nus sur du verre
    La bontĂ© de ta main gĂ©nĂ©reuse et parfaite qui me fait signe d’avancer
    Me donne l’aimable sensation d’ĂȘtre Ă  la vie de nouveau conviĂ©, conviĂ©
    Ah ! qu’y puis-je ah qu’y puis-je, la liqueur volatile je veux toute la partager
    À la table des poĂštes, des assassins, tout comme moi ici conviĂ©s

    Volontiers j’accepte le meilleur traitement
    Que l’on rĂ©serve tout exclusivement
    Aux invités le festin nu, qui fait les langues au soir se délier, se délier yeah
    Yeah yeah yeah…

    On ne saurait si bien dire et 15 000 spectateurs font un triomphe Ă  cette intro menĂ©e tambour battant, guitares et batterie marquant le beat brĂ»lant de la chanson lançant l’éblouissante fantasmagorie de lumiĂšres qui va nous accompagner toute la soirĂ©e. Alors qu’il arpente le devant de la scĂšne annonçant Sortir ce soir, Daho salue le public, le retrouvant avec affection dans la cathĂ©drale de Bercy, expliquant que son « cƓur explose Â» de jouer ici ce soir. Toujours timide et sensible, les annĂ©es de mĂ©tier n’ont pas entamĂ© une Ă©motivitĂ© Ă  fleur de peau. Sur la scĂšne immense sont Ă©tagĂ©s un quatuor Ă  cordes (deux violons, un alto et un violoncelle), François Poggio (guitare), Colin Russeil (batterie), Marcello Giuliani (basse) et Jean-Louis PiĂ©rot (claviers & guitare).

    Les bases sont posĂ©es, le show commence, la soirĂ©e sera furieuse. Il enchaĂźne sur Le grand sommeil et Sortir ce soir, toute la mĂ©moire musicale de nos jeunes annĂ©es, quand Daho Ă©tait portraiturĂ© par Gilbert & Gilles avec un perroquet sur l’épaule pour la couverture de La notte, la notte sortie en 1985, puis Le phare, extrait du dernier disque et annoncĂ© comme « plein d’embruns Â», nous confirme que nous allons traverser prĂšs de 40 ans de la carriĂšre hors normes de notre rocker français au cƓur tendre.

    Crédit : Quentin Devillers

    C’est Ă  Rennes, que Daho est entrĂ© sur la scĂšne musicale alors trĂšs riche de cette ville bretonne. Il porte toujours autour du cou une chaĂźne avec un triskĂšle celte, emblĂšme solaire symbolisant les trois Ă©tats de l’astre : lever, zĂ©nith et coucher, et dont les trois jambes qui s’enroulent autour du centre pourraient aussi marquer le cycle de la vie, bref, du mystĂšre et de la symĂ©trie Ă  l’image de ce concert. Le triskĂšle est diffusĂ© sur les Ă©crans au milieu des bandes noire-et-blanche du Gwen ha du, le drapeau breton, sur Le premier jour (du reste de ma vie), reprise de Sarah Crachnell popularisĂ©e par Edith Piaf qui occupe une place de choix dans le PanthĂ©on musical de Daho.

    Il nous raconte ensuite sa premiĂšre rencontre transie avec Gainsbourg rue de Verneuil pour lancer Comme un boomerang, chanson Ă©crite par le maĂźtre pour Dani et que Daho avait rĂ©interprĂ©tĂ©e avec elle, la sortant de l’oubli dans lequel elle Ă©tait tombĂ©e. Car Etienne est aussi un artiste de la fidĂ©litĂ© et de la reconnaissance Ă  tous ceux qui ont forgĂ© son univers musical. Plus tard il a interprĂ©tĂ© Comme un boomerang en duo avec Charlotte Gainsbourg
 Il la chante tout seul ce soir pour une trĂšs belle version qui n’efface pas dans les yeux des fans les images de Dani ou Charlotte duettisant avec lui. L’enchaĂźnement Saudade et sa ritournelle de piano avec Des attractions dĂ©sastres aux riffs de guitare saccadĂ©s, revient sur l’excellent disque Paris ailleurs, enregistrĂ© Ă  New York en 1991 avec Edith Fabuena Ă  la guitare, cofondatrice du groupe Les Valentins, dont l’autre fondateur, Jean-Louis PiĂ©rrot, devenu compagnon de route de Daho, assure claviers et guitare ce soir Ă  Bercy.

    Et puis il revient sur ce concert donnĂ© Ă  l’Olympia oĂč il repĂ©rĂąt une fan en mezzanine « juste au milieu Â» qui avait dansĂ© fiĂ©vreusement durant tout le show. Revenu dans les coulisses, il dĂ©couvre que c’était
 Jeanne Moreau. Il ressortit de cette rencontre impromptue une collaboration et la mise en scĂšne et en musique (par HĂ©lĂšne Martin) du poĂšme de Jean Genet « Le condamnĂ© Ă  mort Â» dont Daho interprĂšte ce soir Sur mon cou
 C’est aussi le symbole d’une longue amitiĂ©-estime entre les deux artistes ; Jeanne fera mĂȘme d’Etienne l’un de ses exĂ©cuteurs testamentaires Ă  son dĂ©cĂšs en 2017.

    Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
    Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
    On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
    Un assassin si beau qu’il fait pñlir le jour.

    Amour, viens sur ma bouche ! Amour, ouvre tes portes !
    Traverse les couloirs, descends, marche léger
    Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger
    Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

    Ô traverse les murs, s’il le faut marche au bord
    Des toits, des océans, couvre-toi de lumiÚre
    Use de la menace, use de la priĂšre
    Mais viens, Î ma frégate, une heure avant ma mort.

    C’est ensuite un melting-pot de ses tubes de lĂ©gende : Duel au soleil, Week-end Ă  Rome, En surface
 Le public exulte, TombĂ© pour la France qui rencontre un franc succĂšs avec ses montĂ©es d’accords tonitruantes sur huit temps, comme huit marches, pour lancer chaque couplet, comme pour recharger cette chanson d’amour endiablĂ©e lancĂ©e Ă  la tĂȘte de celle qui n’est plus lĂ  :

    Dum di la, je m’Ă©tourdis, ça ne suffit pas
    A m’faire oublier que t’es plus lĂ 
    J’ai gardĂ© cette photo sur moi, ce photomaton que t’aimais pas
    Si tu r’viens n’attends pas que je sois tombĂ© pour la France

    Sur Le premier jour (du reste de ta vie), datant de 1998, les spectateurs, conformĂ©ment au petit billet glissĂ© sur chaque siĂšge, couvre la lumiĂšre de leur tĂ©lĂ©phone d’un papier vert ou rouge et les agitent sur les paroles de cette chanson Ă©crite aux temps dĂ©pressifs de Daho, qui fut reprise dix ans plus tard dans la bande originale du film Ă©ponyme de RĂ©mi Bezanançon. Cette fois-ci le light-show vient de la salle et Daho, les larmes aux yeux, ne sait plus comment remercier son public Ă©namourĂ©, lui tendant ses mains ouvertes, comme pour le saisir dans ses bras.

    Alors que dĂ©marre Tirer la nuit sur les Ă©toiles, les Ă©crans se remplissent des images de Vanessa Paradis en trĂšs gros plan, virevoltant avec une longue robe blanche avant que ne surgisse du fond de la scĂšne
 Vanessa Paradis dans la mĂȘme tenue, entourant Etienne de ses frou-frous, cette fois-ci sur scĂšne, pour un duo charmant. Elle est Ă©clatante et Ă©panouie et tous deux dĂ©bordent de la joie d’ĂȘtre ensemble Ă  Bercy qu’ils concluent par un hug prolongĂ© sous les hourras.

    Les meilleures choses ont une fin, Epaule tattoo vient nous le rappeler, interprĂ©tĂ© avec maestria sur ses riffs de claviers qui marquent le rythme entraĂźnant de cette chanson inoubliable. Le dĂ©hanchement discret et fĂ©lin de Daho Ă©mousse un public qui chante Ă  tue-tĂȘte ce classique du rĂ©pertoire.

    AprĂšs le dĂ©lai de rigueur, le groupe rĂ©apparaĂźt, Daho habillĂ© d’un perfecto noir et cloutĂ© pour chanter Au commencement extrait de l’album Eden, avant un nouveau duo sur Boyfriend avec Jade Vincent, du groupe amĂ©ricain Unloved qu’elle a fondĂ© avec Keefus Ciancia, dont Daho est un grand fan et avec lequel il a collaborĂ© sur son dernier disque dont ce morceau est extrait, une ballade romantique, une histoire d’amour, d’amitiĂ©, de fidĂ©lité  on ne se refait pas. Mais il faut bien partir et c’est Ouverture qui clĂŽt cette soirĂ©e. La chanson mystĂ©rieuse d’un amour difficile Ă  trouver, entamĂ©e sur des nappes de clavier obsĂ©dantes en mode mineur, la voix sombre de Daho monte en puissance, puis Ă©clate en une supplique scandĂ©e vers l’espĂ©rance alors que la batterie et les guitares entrent dans le jeu :

    Il fut long le chemin
    et les piĂšges nombreux
    avant que l’on se trouve
    Il fut long le chemin
    les mirages nombreux
    avant que l’on se trouve
    Ce n’est pas un hasard,
    c’est notre rendez-vous
    pas une coĂŻncidence.

    Une fois leurs instruments dĂ©laissĂ©s, les artistes n’en finissent pas de saluer et ne savent plus comment nous quitter. Vanessa Paradis et Jade Vincent sont venues se joindre au groupe Ă©perdu de bonheur. Daho remercie un par un tous ceux qui ont fait cette tournĂ©e magique et puis
 les lumiĂšres se rallument pendant que la sono joue NoĂ«l avec toi, l’un des bonus de Tirer la nuit sur les Ă©toiles.

    Quel talent, quelle Ă©lĂ©gance, quel parcours pour ce gamin nĂ© en 1956 en AlgĂ©rie Ă  Oran, expĂ©diĂ© chez ses grands-parents Ă  Cap Falcon pour fuir les horreurs de la guerre coloniale qui fait rage, dĂ©laissĂ© trĂšs tĂŽt par son pĂšre, exilĂ© Ă  Rennes oĂč il devient la tĂȘte chercheuse de la pop Ă©lectronique française des annĂ©es 1980, ami ou admirateur des plus grands (Syd Barrett, Lou Reed, Françoise Hardy, Comateens, Dani, Chris Isaak, Alan Vega, Françoise Hardy, Eli & Jacno
), petit prince du rock français Ă  la voix de velours il s’est inspirĂ© de tout ce rĂ©pertoire pour crĂ©er sa propre Ɠuvre : des mots plein de tendresse et de nostalgie posĂ©s sur de superbes mĂ©lodies aux rythmes redoutables, entraĂźnants et obsessionnels, donnant lieu Ă  des prestations scĂ©niques sans cesse renouvelĂ©es et toujours parfaites. Ce soir n’a pas dĂ©rogĂ© Ă  la rĂšgle en dĂ©voilant un nouveau filon, celui d’une mise en scĂšne numĂ©rique grandiose, Ă  la fois hypermoderne mais aussi marquĂ©e d’images kalĂ©idoscopiques dans lesquelles les symĂ©tries et les brisures ne sont pas sans rappeler des motifs Vasarely auxquels aurait Ă©tĂ© ajoutĂ©e la magie du mouvement.

    A 67 ans Etienne Daho nous surprend encore, continue Ă  crĂ©er de la musique, Ă  collaborer avec ses amis au grĂ© d’improbables rencontres dans le monde du rock et de la chanson française et, surtout, Ă  enchanter un public conquis. Ce soir, les spectateurs de Bercy sont sortis avec des Ă©toiles plein les yeux. Pour ceux qui voudraient y revenir, le ZĂ©nith du 16 mai 2024 est dĂ©jĂ  complet mais un nouveau show vient d’ĂȘtre annoncĂ© pour le 15 mai dans cette mĂȘme salle.

    Setlist : L’invitation/ Le grand sommeil/ Sortir ce soir/ Le Phare/ Comme un boomerang (Serge Gainsbourg cover)/ Virus X/ Réévolution/ Des heures hindoues/ Mon manĂšge Ă  moi (Jean Constantin cover)/ Saudade/ Des attractions dĂ©sastre/ Sur mon cou… (HĂ©lĂšne Martin cover)/ L’homme qui marche/ Duel au soleil/ En surface/ TombĂ© pour la France/ Quatre hivers/ Bleu comme toi/ Soudain/ Le premier jour (du reste de ta vie) (Sarah Cracknell cover)/ Week-end Ă  Rome/ Tirer la nuit sur les Ă©toiles (with Vanessa Paradis)/ Épaule tattoo

    Encore : Au commencement/ Boyfriend (with Jade Vincent)/ Ouverture

    Song played from tape : Noël avec toi

    Warmup : Global Network, un duo de DJ’s qui chantent sur leurs machines et commentent leur prĂ©sence Ă  Bercy Ă  grand renfort de « gros dĂ©lires Â» et « trucs de ouf Â» qui manquent un peu de finesse. C’est sans doute la loi du genre mais on prĂ©fĂšre quand ils ne parlent pas.

  • Mauvaise gouvernance confirmĂ©e Ă  l’IMA

    Mauvaise gouvernance confirmĂ©e Ă  l’IMA

    Ce mardi, les abonnĂ©s de l’Institut du monde arabe (IMA) ont reçu un email mielleux et insignifiant signĂ© Jack Lang, 84 ans, qui vient d’ĂȘtre reconduit pour un Ă©niĂšme mandat de prĂ©sident de cette institution aprĂšs dĂ©jĂ  plus de dix ans d’exercice. Il remercie le prĂ©sident de la RĂ©publique qui semble avoir jouĂ© un rĂŽle significatif dans cette reconduction Ă  la tĂȘte de l’IMA qui est un institut oĂč des pays arabes disposent aussi de pouvoirs.

    Paris, le 19 décembre 2023

    Chers amis de l’Institut du Monde Arabe,

    C’est avec une grande satisfaction que je m’adresse Ă  vous aujourd’hui. Lors de la rĂ©union du conseil d’administration qui s’est dĂ©roulĂ©e ce jour, j’ai eu l’honneur d’ĂȘtre reconduit Ă  la prĂ©sidence de l’Institut du Monde Arabe, par un vote unanime.

    Je tiens Ă  exprimer ma sincĂšre gratitude envers le PrĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron et les pays arabes, qui m’ont renouvelĂ© leur confiance. Cette dĂ©cision tĂ©moigne du travail accompli par nos Ă©quipes au cours de ces derniĂšres annĂ©es, soutenant une gestion rigoureuse, une programmation de qualitĂ© et des projets ambitieux.

    Votre appui constant est notre meilleure récompense.

    L’Institut du Monde Arabe demeure un lieu privilĂ©giĂ© d’Ă©change, de dĂ©couverte et de dialogue. C’est avec une dĂ©termination renouvelĂ©e et une passion toujours intacte que nous nous engageons Ă  poursuivre ces missions.

    Je profite de cette occasion pour vous remercier de votre fidélité envers cette institution unique au monde et espÚre vous accueillir nombreux prochainement.

    Avec tout mon engagement et ma reconnaissance, je vous souhaite de belles fĂȘtes de fin d’annĂ©es.

    Jack Lang,
    PrĂ©sident de l’Institut du monde arabe                                  

    Cette dĂ©cision en faveur de Lang Ă©tait en fait dĂ©jĂ  prise depuis quelques mois mais elle a Ă©tĂ© juridiquement entĂ©rinĂ©e par un conseil d’administration tenu hier. C’est une trĂšs mauvaise nouvelle. Le maintien Ă  son poste de cet homme ĂągĂ©, certainement remplaçable, marque une dĂ©faillance de gouvernance Ă©difiante. Elle confirme l’immobilisme de la vie politique française qui tourne en roue libre pour autorenouveler ses Ă©lites en son sein. Et elle nous permet de recevoir ce message autosatisfait de l’impĂ©trant.

    Lire aussi : Jack Lang (83 ans) reconduit Ă  l’IMA

  • MORANTE Elsa, ‘La Storia’.

    MORANTE Elsa, ‘La Storia’.

    Pour ceux qui n’ont jamais lu Elsa Morante (1912-1985) il est urgent de se plonger dans La Storia, son grand-Ɠuvre de 900 pages. Cette saga de l’Ă©crivaine italienne se dĂ©roule Ă  Rome entre 1941 et 1947 au cƓur d’une pĂ©riode agitĂ©e qui voit l’Europe plonger dans la guerre pour contrer les ambitions du fascisme en Italie et en Allemagne.

    Ida est une jeune enseignante, juive par sa mĂšre (mais toutes deux se sont toujours Ă©vertuĂ©es Ă  cacher cette origine), elle a un fils d’un premier mari disparu, Ninnu, elle accouche d’un second, Useppe, issu de son viol par un soldat allemand. Elsa Morante raconte la vie en cette pĂ©riode difficile Ă  travers le regard de ces trois personnages auquel il faut ajouter celui de la chienne Bella, membre incontournable de la famille qui cornaque les virĂ©es d’Useppe dans Rome.

    Ce roman fleuve dĂ©roule son cours au travers les idĂ©ologies qui emportent l’Europe et l’Italie : le fascisme mussolinien, l’alliance avec l’Allemagne nazie, la chasse aux juifs, la guerre civile italienne aprĂšs la libĂ©ration du Sud du pays par les alliĂ©s
 Mais, surtout, il traverse l’Ăąme et les Ă©motions des personnages créés par la romanciĂšre avec une grande subtilitĂ©. On est emportĂ© par le regard d’Useppe qui dĂ©couvre le monde, d’abord limitĂ© Ă  l’appartement dont sa mĂšre n’ose pas le sortir, puis des rues de Rome oĂč l’emmĂšne Ninnu qui passe des chemises noires Ă  la rĂ©sistance puis au marchĂ© noir avec le mĂȘme joyeux enthousiasme qui fascine son petit frĂšre. Ida fait son possible pour survivre avec sa petite famille en ces temps de pĂ©nurie et d’incertitude, elle y rĂ©ussit, guidĂ©e par l’amour sans limite prodiguĂ©e Ă  ses deux fils. Et en 1945, alors que s’ouvrent les camps d’extermination, Useppe tombe par hasard sur un magazine publiant les photos des dĂ©portĂ©s et cet Ă©vĂšnement va dĂ©tĂ©riorer son Ă©tat de santĂ© dĂ©jĂ  fragile. Ses crises d’Ă©pilepsie vont s’aggraver jusqu’Ă  une issue fatale en 1947. Ida, qui a dĂ©jĂ  perdu Ninnu dans les combats pour la libĂ©ration de Rome tombe alors dans une apathie dont elle ne sortira plus.

    Elsa Morante rĂ©ussit dans ce roman dramatique Ă  vĂ©ritablement rentrer dans le cƓur de ses personnages dont elle dĂ©crit les Ă©lans avec pudeur et Ă©motion, et une prĂ©cision dans l’analyse impressionnante. C’est une histoire triste bien sĂ»r, mais tellement vivante que le lecteur la dĂ©vore, pressentant la fin, toujours accrochĂ© Ă  l’espoir qu’elle pourrait ĂȘtre moins dramatique tant les rĂ©flexes de vie et de bonheur du petit Useppe sont forts. Les sentiments et le dĂ©vouement d’une mĂšre en temps de guerre, d’abord inquiĂšte, puis dĂ©sespĂ©rĂ©e, sont relatĂ©s de façon bouleversante. Quel talent de l’Ă©crivaine italienne dans l’analyse et la restitution de ces sentiments ! C’est du grand art et la caractĂ©ristique d’une immense romanciĂšre.

  • Double victoire de la Russie contre l’occident

    Double victoire de la Russie contre l’occident

    La Russie a le vent en poupe dans le conflit qui l’oppose Ă  l’Ukraine et Ă  l’Occident. Hier le Conseil europĂ©en des chefs d’Etat et de gouvernement a entĂ©rinĂ© l’ouverture des nĂ©gociations d’adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne (UE) pour l’Ukraine, la Moldavie et la Bosnie-HerzĂ©govine. Certes il reste encore de nombreuses Ă©tapes Ă  franchir avant que ces adhĂ©sions ne soient opĂ©rationnelles, l’exemple de la Turquie est lĂ  pour le rappeler, mais on peut imaginer que pour l’Ukraine en guerre contre la Russie l’Union sera moins exigeante pour accĂ©lĂ©rer cette adhĂ©sion comme prix des sacrifices endurĂ©s par Kiev pour dĂ©fendre les frontiĂšres Est de l’Europe contre l’agressivitĂ© de la Russie.

    L’ouverture des nĂ©gociations d’adhĂ©sion dĂ©clenche le dĂ©blocage de fonds europĂ©ens en faveur des candidats pour les aider Ă  se mettre Ă  niveau et il va bien falloir que ces fonds soient prĂ©levĂ©s quelque part, c’est-Ă -dire dans les poches des Etats membres actuels ce qui risque de dĂ©clencher frustrations et difficultĂ©s. L’entrĂ©e de ces pays dans les instances de l’UE va significativement changer ses objectifs et ses rĂšgles, probablement en les dĂ©gradant car l’aspect politique de l’Union va progressivement ĂȘtre dissous dans l’immense capharnaĂŒm que va devenir le conseil europĂ©en rĂ©unissant les chefs d’Etat et de gouvernement. Essayons d’imaginer la table du conseil demain avec les pays fondateurs, les pays de l’Est adhĂ©rents post-dislocation de l’URSS, certains pays balkaniques, sans parler de l’Albanie, la GĂ©orgie et d’autres qui lorgnent vers un siĂšge Ă  Bruxelles. La confrontation de tant d’intĂ©rĂȘts divergents, de niveaux de dĂ©veloppement Ă©conomique diffĂ©rents, de cultures et de religions parfois opposĂ©es va immanquablement entraĂźner la dilution de l’aspect politique que les pĂšres fondateurs ont voulu donner Ă  l’Union. La question budgĂ©taire va Ă©galement ĂȘtre au centre de conflits sans fin tant les besoins financiers de ces candidats sont gigantesques. Les probables difficultĂ©s Ă  financer cette mise Ă  niveau des candidats va immanquablement entraĂźner une baisse des flux financiers vers les pays qui en sont aujourd’hui bĂ©nĂ©ficiaires. Il va bien falloir trouver les sous quelque part


    Lire aussi : Le syndrome de l’adhĂ©sion

    Les pays dits « illibĂ©raux Â», mais aussi certains partis nationalistes aux Etats-Unis et dans des pays occidentaux se frottent les mains devant cette dĂ©liquescence annoncĂ©e du projet europĂ©en tant ils rejettent ses « valeurs Â» dĂ©mocratiques et libĂ©rales, la Russie au premier chef !

    DeuxiĂšme victoire de Moscou face Ă  l’Occident, le refus, ou le report dans le meilleur des cas, des aides financiĂšres que prodigue l’Union Ă  l’Ukraine aprĂšs que les Etats-Unis ont adoptĂ© la mĂȘme position. Depuis deux ans que dure la guerre d’Ukraine, les pays occidentaux qui finance l’Etat ukrainien et le fournisse en armes commencent Ă  affronter la lassitude de leurs citoyens. Evidemment c’est du pain bĂ©ni pour la Russie dont les capacitĂ©s de rĂ©sistance Ă  l’adversitĂ© ne sont plus Ă  dĂ©montrer et qui est largement aidĂ©es par ses pays amis. Voir l’aide occidentale Ă  son ennemi ukrainien se dĂ©liter ne peut que renforcer la position de Moscou dans ce conflit.

    La semaine qui se termine a Ă©tĂ© excellente pour le pouvoir russe engagĂ© dans un combat fĂ©roce contre l’Occident mais la lutte n’est pas encore terminĂ©e !

    Lire aussi : La guerre en Ukraine : un échec collectif