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  • « Les soldats du dĂ©sert – Leclerc et les Britanniques » au MusĂ©e de la LibĂ©ration de Paris

    « Les soldats du dĂ©sert – Leclerc et les Britanniques » au MusĂ©e de la LibĂ©ration de Paris

    Le « musĂ©e de la LibĂ©ration de Paris / musĂ©e du GĂ©nĂ©ral Leclerc / MusĂ©e Jean Moulin » (pourquoi un nom si long pour un musĂ©e plutĂŽt modeste ?) raconte l’épopĂ©e des Français libres, en Afrique et dans le dĂ©sert durant la deuxiĂšme guerre mondiale, sous le commandement de Philippe de Hauteclocque dit « Leclerc » (1902-1947), reprĂ©sentant du gĂ©nĂ©ral de Gaulle sur le continent.

    Fait prisonnier par les Allemands en juin 1940 aprĂšs les combats en Champagne, il s’évade, rejoint de Gaulle Ă  Londres qui l‘envoie au Cameroun d’oĂč il commence une vĂ©ritable Ă©popĂ©e qui le conduira avec ses soldats jusqu’à Berlin aprĂšs avoir libĂ©rĂ© Paris puis Strasbourg qu’ils atteignent en novembre 1944.

    En Afrique Leclerc a pour mission de convaincre les autoritĂ©s françaises coloniales de passer sous la banniĂšre gaulliste en abandonnant celle de PĂ©tain. Quasiment seul, sans armes ni troupes, il monte progressivement une division de soldats de bric et de broc avec le soutien des Britanniques, le ralliement de soldats grecs et les « tirailleurs sĂ©nĂ©galais », soldats plus ou moins volontaires issus de l’Empire français.

    Il mĂšne et emporte des batailles dans le dĂ©sert devenues lĂ©gendaires, contre les Italiens puis les Allemands, dans l’immensitĂ© hostile du Sahara. En 1943 il se place avec ses hommes sous l’autoritĂ© du commandant en chef britannique de la rĂ©gion, le gĂ©nĂ©ral Montgomery. En avril 1944 il rejoint le sol français avec sa « 2Ăšme DB Â», est envoyĂ© libĂ©rer Paris en aoĂ»t et poursuit jusqu’à la reddition allemande. L’exposition dĂ©crit un chef de guerre de grand charisme, proche de ses hommes, stratĂšge imaginatif et n’hĂ©sitant pas Ă  prendre des risques personnels. Les opĂ©rations qu’il a menĂ©es en plein dĂ©sert en 1942 et 1943 en infĂ©rioritĂ© criante par rapport aux ennemis sont admirables et participĂšrent Ă  leur mesure Ă  chasser les Italiens et les Allemands d’Afrique pour prĂ©parer la libĂ©ration de l’Europe.

    AprĂšs sa victoire dans la bataille de Koufra le 28/02/1941 (dans l’actuelle Libye) de Gaulle lui tĂ©lĂ©graphie :

    Vous avez ramené la victoire sous les plis du drapeau. Je vous embrasse.

    C’est Ă  Koufra Ă©galement qu’il prononce avec ses hommes le « serment de Koufra Â» dans lequel ils s’engagent Ă  ne dĂ©poser les armes que lorsque les couleurs françaises flotteront sur la cathĂ©drale de Strasbourg ! Le serment sera tenu plus de quatre annĂ©es plus tard. Le drapeau en question est prĂ©sentĂ© dans la derniĂšre salle de l’exposition. BricolĂ© Ă  la hĂąte dans la ville tout juste libĂ©rĂ©e, la couleur rouge du drapeau tricolore aurait Ă©tĂ© cousue avec des restes de drapeaux nazis !

  • L’armĂ©e française Ă  la rescousse des musculeux ?

    L’armĂ©e française Ă  la rescousse des musculeux ?

    L’organisation des Jeux Olympiques (JO) d’étĂ© en 2024 Ă  Paris est annonciateur de beaucoup de difficultĂ©s pour trĂšs peu d’avantages. L’une d’entre elle concerne la sĂ©curitĂ© qu’il faudra assurer en ces temps troublĂ©s de guerre et de terrorisme. Pour canaliser les foules grĂ©gaires et avinĂ©es vers les stades et autres lieux oĂč se tiendront ces jeux dispendieux il est prĂ©vu de recruter des milliers d’agents de sĂ©curitĂ© et il semble que l’organisation des JO ait du mal dans ce recrutement, mĂȘme aprĂšs avoir rĂ©duit les critĂšres d’exigence appliquĂ©s Ă  ces personnels, ce qui n’est pas trĂšs rassurant par ailleurs.

    Pour rĂ©soudre ce problĂšme, il est question d’essayer de procĂ©der Ă  des recrutements complĂ©mentaires Ă  l’étranger dans les pays francophones ou, en dernier recours, de faire appel Ă  l’armĂ©e comme le fit le Royaume-Uni lors de ses JO en 2012. Une telle hypothĂšse, si elle se rĂ©alisait, serait une nouvelle dĂ©rive dans l’organisation de jeux sportifs qui coĂ»tent dĂ©jĂ  trĂšs chers aux contribuables. L’armĂ©e n’est pas lĂ  pour faire la circulation. Elle a des tĂąches bien plus urgentes et vitales Ă  mener pour la RĂ©publique dans le cadre de son budget. Si les jeux ne sont pas capables d’autofinancer leurs activitĂ©s eh bien il faut faire exactement comme le ferait une entreprise : rĂ©duire la voilure pour adapter les dĂ©penses aux revenus. C’est un concept assez simple Ă  comprendre.

    Aujourd’hui le ComitĂ© international olympique (CIO) grand maĂźtre des jeux du cirque, organisation richissime dont le siĂšge est Ă  Lausanne en Suisse (sans doute pas uniquement pour l’air vivifiant des Alpes) exige des exonĂ©rations fiscales des Etats dans lesquelles il opĂšre. En France une telle exonĂ©ration a Ă©tĂ© octroyĂ©es en 2020 par dĂ©cret signĂ© par les ministres Edouard Philippe, GĂ©rald Darmanin et Roxana Maracineanu pour les JO Paris 2024.

    Lire aussi : Les ministres Philippe, Darmanin et Maracineanu jettent l’argent public par les fenĂȘtres et signent leur mĂ©fait

    Cet abandon de recettes fiscales vient dĂ©jĂ  s’ajouter aux dĂ©penses publiques prises en charge par l’Etat Ă  hauteur d’une petite dizaine de milliards d’euros, non compris les inĂ©vitables dĂ©passements budgĂ©taires qui pourraient presqu’ĂȘtre Ă©rigĂ©s en discipline olympique tant ils sont rĂ©currents Ă  chaque organisation de JO. Eh bien, en France, comme ce fut le cas au Royaume Uni, on risque de devoir en plus mettre en Ɠuvre l’armĂ©e pour supplĂ©er aux dĂ©ficiences du privĂ©. Le pays est ainsi assurĂ© de garder son titre de champion olympique de la dĂ©pense publique.

    Lire aussi : Jeux Olympiques : Paris essaye de limiter le racket

    Nous avons voulu collectivement ces JO, eh bien, nous allons payer pour les avoir.

  • La droite d’opposition a Ă©chouĂ© de peu Ă  faire tomber le gouvernement

    La droite d’opposition a Ă©chouĂ© de peu Ă  faire tomber le gouvernement

    Par suite de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution française pour faire adopter un peu en force la rĂ©forme des retraites, deux motions de censure du gouvernement ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es par le groupe « d’opposition centriste Â» LibertĂ©s, IndĂ©pendants, Outre-mer et Territoires (LIOT) et par le Rassemblement National groupe de franche opposition de droite.

    Les groupes d’opposition de centre (LIOT) et de droite (RN – Rassemblement National) ont massivement votĂ© pour la censure que les partis de gauche, bien qu’opposants, n’ont pas votĂ© ne voulant pas mĂȘler leurs voix Ă  celles de la droite. Plus consternant, il s’est trouvĂ© 19 dĂ©putĂ©s du parti Les RĂ©publicains (LR) sur un groupe de 61 pour voter la censure du gouvernement et il s’en est fallu de 11 voix seulement pour que le gouvernement ne soit pas renversĂ©. On avait sous-estimĂ© la haine que vouent les dĂ©putĂ©s LR au pouvoir actuel et tout particuliĂšrement Ă  son prĂ©sident qui avait mis sur la table une rĂ©forme des retraites dont la mesure phare Ă©tait de repousser l’ñge de dĂ©part de 62 Ă  64 ans, c’est-Ă -dire un de moins que les 65 ans rĂ©clamĂ©s Ă  corps et Ă  cris par ce mĂȘme parti depuis des annĂ©es, et tout particuliĂšrement dans le programme Ă©lectoral de sa candidate aux derniĂšres Ă©lections prĂ©sidentielles.

    L’arrivisme et les convictions changeantes de ces dĂ©putĂ©s laissent pantois. Leur haine politique Ă  l’encontre d’un prĂ©sident qui par deux fois a fait Ă©chouer leur propre candidat-prĂ©sident dans les grandes largeurs, François Fillon en 2017 et ValĂ©rie PĂ©cresse en 2022. Aucun des deux ne rĂ©ussit Ă  passer le barrage pour accĂ©der au deuxiĂšme tour et Emmanuel Macron fut Ă©lu en 2017 et en 2022. Il applique depuis une politique que l’on peut qualifier de centre-droit avec des rĂ©formes comme celle du statut de la SNCF que LR avait toujours rĂȘvĂ© de faire sans jamais oser se lancer.

    Comment ce parti conservateur, lointain successeur du Rassemblement du peuple français (RPF) créé par MonGĂ©nĂ©ral peut-il ainsi avoir jouĂ© avec le feu en faisant le jeu des partis dĂ©magogiques de gauche comme de droite dure ? De Gaulle a dĂ» s’en retourner dans sa tombe Ă  Colombey-les-Deux-Eglises. Les chefs LR avaient appelĂ© leurs troupes Ă  voter pour la rĂ©forme et donc Ă  ne pas voter pour la censure. Le moins que l’on puisse dire est que leur autoritĂ© vacille.

    La logique aurait voulu que LR, qui dispose de la majoritĂ© au sĂ©nat, convienne d’un accord de gouvernement avec Renaissance, le parti prĂ©sidentiel qui n’a qu’une majoritĂ© relative Ă  l’assemblĂ©e nationale, puisqu’ils sont d’accord sur la majoritĂ© des sujets. Mais nous sommes en France et, malgrĂ© la situation dĂ©clinante du pays, le consensus politique est un concept qui n’est pas reconnu par les partis et ceux qui les composent. Les haines recuites, les insultes, la mauvaise foi et les retournements de veste sont Ă©rigĂ©s en mode de fonctionnement. La gauche nous avait dĂ©jĂ  habituĂ©s Ă  ces pratiques, le fait que la droite « de gouvernement Â» s’y mette Ă©galement symbolise la dĂ©cadence dans laquelle s’enfonce la Nation.

    Résultats des deux motions

    Motion Bertrand Plancher, groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT)

    • 18 dĂ©putĂ©s du groupe LIOT sur 20 ont votĂ© la censure
    • 19 dĂ©putĂ©s du groupe Les RĂ©publicains (LR) sur 61 ont votĂ© la censure
    • 88 dĂ©putĂ©s du groupe Rassemblement National (RN) ont votĂ© la censure
    • Les autres votants sont plus attendus

    Motion Marine Le Pen, groupe Rassemblement National (RN)

    • 3 dĂ©putĂ©s du groupe LR ont votĂ© la censure
    • 88 dĂ©putĂ©s du groupe Rassemblement National (RN) ont votĂ© la censure
    • Les autres votants sont plus attendus

    Aucune de ces deux motions n’a Ă©tĂ© adoptĂ©e.

  • « LĂ©on Monet – frĂšre de l’artiste et collectionneur » au MusĂ©e du Luxembourg

    « LĂ©on Monet – frĂšre de l’artiste et collectionneur » au MusĂ©e du Luxembourg

    LĂ©on Monet (1836-1917) Ă©tait le frĂšre aĂźnĂ© de Claude qui cumula une activitĂ© de collectionneur avec sa profession de chimiste, spĂ©cialiste dans la crĂ©ation de couleurs. Il a grandi au Havre avec son frĂšre qui y produit ses premiers dessins (y compris des caricatures) et peintures des paysages marins et campagnards de la rĂ©gion. TrĂšs tĂŽt intĂ©ressĂ© par la peinture, il dĂ©marre une collection Ă  partir de 1870 et s’installe comme directeur d’usine pour le chimiste helvĂ©tique Geigy. Il va jouer le rĂŽle de mĂ©cĂšne de l’impressionnisme naissant dont Claude fut l’un des fondateurs. Par son intermĂ©diaire il rencontre Sisley, Pissaro, Renoir, Morisot et achĂšte certaines de leurs Ɠuvres montrĂ©es dans cette exposition. Il s’agit beaucoup de Normandie oĂč LĂ©on passa toute sa vie, des paysages de mer, de la Seine, des champs, assortis de couleurs sublimes, images d’un certain bonheur. Claude lui rend visite rĂ©guliĂšrement Ă  Rouen et y peint ses 28 cĂ©lĂšbres tableaux de la cathĂ©drale sous diffĂ©rentes lumiĂšres.

    Une piĂšce du musĂ©e est consacrĂ©e Ă  l’activitĂ© industrielle dans laquelle Ă©volue LĂ©on, elle aussi tournĂ©e vers les couleurs et l’apparition de la chimie pour les composer.

    A la fin de la vie de LĂ©on, les deux frĂšres s’éloignent un peu Ă  cause de Jean, fils de Claude, chimiste lui aussi, qui travaille avec son oncle et avec qui les relations sont orageuses. Qu’importe cette mĂ©sentente n’est rien au regard de l’Ɠuvre immense de Claude Ă  l’élaboration de laquelle LĂ©on aura aussi apportĂ© son Ă©cot grĂące au soutien affectif et artistique qu’il porta sa vie durant Ă  son frĂšre.

    Lire aussi : Musée des Beaux-Arts de Rouen

  • « Shutter Island » de Martin Scorsese

    « Shutter Island » de Martin Scorsese

    La sympathique chaĂźne de cinĂ©mas parisiens indĂ©pendants Portail | Dulac CinĂ©mas (dulaccinemas.com) propose une soirĂ©e cinĂ©club avec le film Shutter Island en « version 35 mm », c’est-Ă -dire visionnĂ© Ă  partir d’une pellicule et non un support numĂ©rique. L’animateur qui introduit le film de Scorsese de 2010 prĂ©sente cette technologie ancienne comme un joyau permettant une re-visitation de ce film de 2010. C’est une affaire de spĂ©cialistes car le spectateur moyen ne voit guĂšre de diffĂ©rence entre les deux versions


    Qu’importe, le film est passionnant et un peu terrifiant. Le thĂšme en est la folie et la noirceur de l’ñme. Un hĂŽpital psychiatrique accueillant exclusivement des criminels psychiquement dĂ©rangĂ©s est installĂ© sur une Ăźle au large de Boston et sur laquelle dĂ©barquent deux inspecteurs venus enquĂȘter sur la disparition d’une patiente. Nous sommes dans les annĂ©es 1950, Teddy (Leonardo DiCaprio) a fait partie des troupes amĂ©ricaines qui ont libĂ©rĂ© le camp d’extermination nazi de Dachau et il en garde un profond traumatisme. Les deux policiers vont se trouver confrontĂ©s Ă  l’équipe soignante et de surveillance dont les comportements sont Ă©tranges, notamment deux psychiatres dont l’un est allemands.

    Tout le scĂ©nario consiste Ă  faire douter Teddy de son propre Ă©tat mental. De manipulations en retours sur le passĂ© (sa femme serait dĂ©cĂ©dĂ©e dans l’incendie de leur maison), d’évasions en rencontres impromptues, de rĂȘves en cauchemars, de soupçons en dĂ©lires, le spectateur ne sait toujours pas Ă  la fin du film si Teddy est l’un des patients de l’hĂŽpital depuis deux ans ou un enquĂȘteur de passage depuis deux jours, ni s’il est vĂ©ritablement un meurtrier. L’histoire se dĂ©roule alors qu’une tempĂȘte se dĂ©chaĂźne et coupe l’üle du reste du monde. Fascinant ! Les plus optimistes espĂšrent qu’un tel scĂ©nario dĂ©passe les bornes de la rĂ©alité 

    Nous sommes au CinĂ©club alors Florence Colombani qui a Ă©crit un livre sur le jeu d’acteur de DiCaprio vient nous parler de sa performance et de son lien presque filial avec Scorcese. Un court mĂ©trage est Ă©galement projetĂ© en prĂ©sence de son rĂ©alisateur et ses deux acteurs : « Ainsi commença le dĂ©clin d’Antoine Â» de Paul Rigoux, l’histoire d’un garçon qui Ă©pie les filles depuis sa table stratĂ©gique d’un cafĂ© de la Place Clichy.

    Merci le cinĂ©ma !

  • de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 3/3 « La Chute »‘

    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 3/3 « La Chute »‘

    C’est le dernier acte de la trilogie de Michel de Saint Pierre consacrĂ©e Ă  la dynastie des Romanov. Nous sommes en mars 1917 Nicolas II a abdiquĂ© en faveur de son frĂšre qui ne gardera le pouvoir que 24 heures et le laisse Ă  un gouvernement provisoire dirigĂ© par Kerenski sous l’autoritĂ© du Prince Lvov. L’armĂ©e russe est secouĂ©e sur le front est de la guerre de 1914-1918, la famille impĂ©riale est assignĂ©e Ă  rĂ©sidence, les rĂ©volutionnaires russes se chamaillent sĂ©rieusement sur le vaste territoire national, la guerre civile pointe son nez, LĂ©nine, exilĂ© en Suisse, est renvoyĂ© Ă  Saint PĂ©tersbourg, ce qui ne va pas vraiment apaiser la situation


    Il se dit que l’Allemagne a favorisĂ© le retour de LĂ©nine afin de renforcer le dĂ©sordre en Russie et rendre moins dangereux ce pays dans la guerre mondiale en cours. On soupçonnera ensuite Berlin de financer LĂ©nine avec le mĂȘme objectif. MalgrĂ© ses talents oratoires Kerenski est progressivement emportĂ© par l’impact du conflit sur sa politique intĂ©rieure. Le pays s’effondre progressivement et le parti bolchĂ©vique emmenĂ© par LĂ©nine et Trotski cueille le pouvoir comme un fruit mur en octobre 1917 au terme d’une insurrection sanglante : « octobre rouge » et d’un coup d’Etat qui liquide les reste du pouvoir bourgeois flageolant.

    De façon inversement proportionnelle au renforcement du pouvoir bolchĂ©vique le sort de la famille impĂ©riale se dĂ©grade en captivitĂ©. Elle est d’abord transfĂ©rĂ©e du palais de TsarskoĂŻe Selo prĂšs de Petrograd (Saint PĂ©tersbourg) Ă  Tobolsk en SibĂ©rie occidentale puis Ă  Ekaterinbourg dans l’Oural oĂč elle sera massacrĂ©e dans le sous-sol de la maison « à destination spĂ©ciale » Ipatiev le 16 juillet 1918, avec une partie de sa suite par une soldatesque enivrĂ©e par la vodka et l’odeur de la poudre. Leurs restes sont dissous dans l’acide, brĂ»lĂ©s puis incinĂ©rĂ©s dans la forĂȘt voisine. Il est probable que LĂ©nine en personne signa l’ordre d’exĂ©cution.

    Les Romanov en 1913

    Saint Pierre dĂ©plore Ă©videmment ce massacre royal que d’ailleurs pas grand monde ne dĂ©fendit Ă  l’Ă©poque exceptĂ© le nouveau pouvoir bolchĂ©vique qui voulait ainsi marquer son arrivĂ©e au pouvoir d’un acte fondateur et violent. Il dĂ©crit les premiers mois de gouvernement du duo infernal LĂ©nine / Trotski de façon que l’on peut qualifier aujourd’hui de rĂ©aliste compte tenu de ce que l’on sait des travaux d’historiens sur la guerre civile russe de ces annĂ©es et les dĂ©rives du pouvoir rouge qui aboutit Ă  l’avĂšnement de Staline qui succĂšde Ă  LĂ©nine aprĂšs sa mort en 1924, avant de faire assassiner son grand rival Trotski.

    LĂ©nine est dĂ©jĂ  dĂ©crit comme dĂ©ployant une incroyable force idĂ©ologique et assez peu de sentiments sur les moyens Ă  employer pur atteindre ses buts. Il considĂšre que le « peuple » doit ĂȘtre menĂ© Ă  la force des baĂŻonnettes et il crĂ©e la TchĂ©ka (ancĂȘtre du KGB) pour mener l’oppression qui, dĂšs le dĂ©part, est nĂ©cessaire pour forcer les citoyens « analphabĂštes et stupides » Ă  mener la rĂ©volution face au vieux monde capitaliste qui « s’effondre ». Alors massacrer la famille impĂ©riale dont cinq enfants n’est vraiment pas un obstacle qui puisse arrĂȘter la course victorieuse du bolchĂ©visme.

    On sait ce qu’il advint de ce rĂ©gime rĂ©volutionnaire dont les scories continuent aujourd’hui de faire brĂ»ler la FĂ©dĂ©ration de Russie qui a pris la suite de l’empire soviĂ©tique, lui-mĂȘme successeur de l’empire des tsars Romanov.

    Petite anecdote dans la grande Histoire, dans les annĂ©es 1920, une femme psychiquement malade se fit passer pour Anastasia, la plus jeune fille du couple impĂ©rial, qui aurait survĂ©cu au massacre de sa famille. Le mystĂšre n’a jamais Ă©tĂ© vraiment levĂ© malgrĂ© nombre de tentatives, y compris judiciaires. Il semble peu probable que la jeune fille (elle avait 17 ans) ait pu Ă©chapper aux tueurs bolchĂ©viques mais Michel de Saint Pierre tend Ă  le croire, laissant plutĂŽt parler son cƓur que la science historique.

    Lire aussi :
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 1/3’.
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 2/3 « La menace Â»â€˜
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 3/3 « La Chute Â»â€˜

  • « FĂ©lins » au MusĂ©um d’Histoire naturelle

    « FĂ©lins » au MusĂ©um d’Histoire naturelle

    Le MusĂ©um d’Histoire naturelle du Jardin des Plantes prĂ©sente une exposition consacrĂ©e aux fĂ©lins, du tigre fĂ©roce au chat domestique, en passant par lynx, jaguars et autres panthĂšres. Il y a plein de ces animaux naturalisĂ©s, des explications pĂ©dagogiques sur leur histoire qui remonte Ă  plusieurs millĂ©naires. Des vidĂ©os Ă©galement montrant leur incroyable talent de prĂ©dateur. Evidemment c’est plutĂŽt une exposition Ă  destination des enfants, d’ailleurs nous sommes mercredi et le musĂ©e en est envahi. Mais leurs aĂźnĂ©s qui vĂ©nĂšrent ces fĂ©lins y trouvent aussi leur compte.

  • La rĂ©alitĂ© et la rĂ©volution

    La réalité et la révolution

    La France est Ă  nouveau la proie des Ă©meutes. Avec une constance qui force l’admiration les accusations de violences policiĂšres refont surface. Les images de casseurs-Ă©meutiers dĂ©clenchant des incendies ou cassant des vitrines de banques lors de manifestations urbaines contre la rĂ©forme des retraites, incendiant des vĂ©hicules de la gendarmerie et visant leurs occupants militaires Ă  coups de fusĂ©es de feu d’artifice et de cocktails molotov dans les champs pour contester la construction de rĂ©servoirs d’eau Ă  ciel ouvert pour l’irrigation de l’agriculture, sont assez Ă©difiantes pour comprendre qui attaque qui.

    Ce ne sont pas les vĂ©hicules des manifestants qui brĂ»lent, ce ne sont pas les façades de leurs maisons qui sont saccagĂ©es, mais qu’importe, les forces de l’ordre sont accusĂ©es d’ĂȘtre violentes et de provoquer les Ă©meutes. Avec la mĂȘme mauvaise foi que le Kremlin accusant l’Occident de l’avoir attaquĂ© dans la guerre d’Ukraine, la gauche française ne parle plus que des « violences policiĂšres Â» pour tenter de relativiser les dĂ©rives guerriĂšres de la rue auxquelles on assiste et qui ont poussĂ© le gouvernement Ă  annuler une visite du Roi britannique qui devait avoir lieu ce week-end.

    Forte de son passĂ© rĂ©volutionnaire et comme toujours, cela dure depuis 1968 et mĂȘme avant, la France regarde les contestataires violents d’un Ɠil attendri. Ceux-ci se croient en mesure de dĂ©fier la loi pour faire valoir ce qu’ils pensent ĂȘtre « l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Â», mĂȘme par la violence, alors que l’Etat estime comme relevant de son pouvoir rĂ©galien de faire respecter l’ordre, au besoin en utilisant la force « lĂ©gitime Â» que lui octroie la Loi.

    Il existe aujourd’hui en France une offre politique alternative qui n’a pas emportĂ© la majoritĂ© des suffrages. M. MĂ©lanchon qui s’émeut dans ses tweets et sur diffĂ©rentes scĂšnes des « violences policiĂšres Â» n’a jamais Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique malgrĂ© plusieurs candidatures. Il suffit de voter pour lui et il appliquera un programme probablement plus conforme Ă  ce qu’attendent les Ă©meutiers actuels. Aujourd’hui il existe un choix dĂ©mocratique possible dont on a mĂȘme rĂ©duit la pĂ©riodicitĂ© Ă  cinq ans.

    N’ayant pas rĂ©ussi Ă  faire Ă©lire un reprĂ©sentant qui les satisfasse, et probablement rĂ©alistes sur l’absence de perspective Ă  en faire Ă©lire un Ă  court terme, les Ă©meutiers mĂšnent le combat dans la rue. A dĂ©faut de majoritĂ© dans les urnes ils appliquent le vieux principe rĂ©volutionnaire maoĂŻste : « action, rĂ©action, rĂ©volution Â». Passer des urnes au cocktail molotov a un peu Ă©tĂ© un principe politique français. Sans remonter Ă  1789, le XXĂšme siĂšcle a vu dĂ©filer les mouvements de contestation violents en France : la « rĂ©volution bourgeoise Â» de 1968 (qui s’est terminĂ©e par une dissolution de l’assemblĂ©e nationale et la réélection d’une chambre majoritairement de droite), les mouvements violents « Gauche ProlĂ©tarienne Â», « Action Directe Â» et bien d’autres, qui ont Ă©maillĂ© la vie politique des annĂ©es suivantes, le plus souvent soutenus intellectuellement par une partie de l’intelligentsia, ont marquĂ© le paysage politique français. Mao et Trotski ont Ă©tĂ© les inspirateurs de la gauche de cette Ă©poque. Les Ă©meutiers actuels sont les successeurs de ces mouvements, le soutien des intellectuels en moins.

    Mais le pays reste irriguĂ© par les remugles de cette pensĂ©e d’un autre Ăąge qui tend Ă  justifier la violence politique et Ă  condamner quasi-systĂ©matiquement la rĂ©action des forces de sĂ©curitĂ©. C’est ainsi et les partis conservateurs qui se sont succĂ©dĂ© au pouvoir depuis la seconde guerre mondiale en France n’ont pas vraiment rĂ©ussi Ă  inverser cette influence, certes plus diffuse aujourd’hui, mais toujours prĂ©gnante.

    Heureusement il reste Christine Boutin pour apporter son soutien au pouvoir mais son tweet n’a Ă©tĂ© retweetĂ© que
 2 fois. C’est tout de mĂȘme une bonne nouvelle dans un ocĂ©an de catastrophes de savoir qu’elle n’intĂ©resse plus grand monde :

  • Anonyme, ‘La Bible – l’Exode’.

    Anonyme, ‘La Bible – l’Exode’.

    Le deuxiĂšme chapitre de l’ancien testament de la Bible raconte l’exode du peuple juif, chassĂ© d’Egypte, traversant la Mer Rouge dont les eaux sont ouvertes par les bras de MoĂŻse avant d’atteindre la terre promise, celle d’IsraĂ«l. L’histoire est connue, les mĂ©chants Ă©gyptiens craignent l’expansion des « enfants d’IsraĂ«l » et les transforment en esclaves. Le roi instruit les accoucheuses de tuer les fils de ce peuple en ne laissant survivre que les filles. MoĂŻse est issu de ce peuple va ĂȘtre le messager de Dieu-YahvĂ©, d’abord auprĂšs de Pharaon (le roi d’Egypte) pour qu’il laisse partir les enfants d’IsraĂ«l avec force miracles menaçants gĂ©nĂ©rant diverses calamitĂ©s pour le convaincre. YahvĂ© dĂ©clenche les 10 plaies d’Egypte : la grĂȘle, les moustiques, la mort des nouveau-nĂ©s
 pour persuader le pharaon de libĂ©rer son peuple d’Egypte. Et il y parvient tout en veillant Ă  ce que les Egyptiens soient auparavant dĂ©pouillĂ©s par les enfants d’IsraĂ«l qui se font « prĂȘter » bijoux et vĂȘtements qu’ils ne rendront pas avant la fuite.

    Ce sont ensuite les pĂ©rĂ©grinations Ă  travers la mer et le dĂ©sert puis l’arrivĂ©e au SinaĂŻ oĂč YahvĂ© prononcera le dĂ©calogue : « tu ne tueras point, tu ne commettras pas d’adultĂšre, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, etc. » Dieu en profite pour Ă©tablir les bases d’un droit concernant les esclaves, les homicides, le « viol d’une vierge », la morale, etc. MoĂŻse monte sur la montagne oĂč trĂŽne YahvĂ© et en redescend avec « les tables de pierre – la Loi et les commandements ». Viennent ensuite les rĂšglements rĂ©gissant la vie courante, dont l’impĂŽt ou le repos sabbatique. Une fois rĂ©glĂ© ce cadre juridique par Dieu, tout ce petit monde se remet en route pour gagner le « pays oĂč ruisselle le lait et le miel » aprĂšs avoir pris soin de construire un sanctuaire dont toutes les caractĂ©ristiques architecturales sont dĂ©taillĂ©es dans le texte. MoĂŻse fait son possible pour tenir son peuple sous la coupe de YahvĂ© en lui Ă©vitant de retomber dans ses errements et autres adorations d’idoles. Il brise d’ailleurs les Tables de la Loi sur le veau d’or que ce peuple indisciplinĂ© s’Ă©tait mis Ă  adorer pendant que MoĂŻse recueillait les instructions de Dieu sur la montagne


    Le Livre de l’Exode est sans doute l’une des premiĂšres traces Ă©crites de la nĂ©cessitĂ© d’instaurer et de respecter des rĂšgles minimales pour vivre en sociĂ©tĂ©. Evidemment elles sont aujourd’hui plutĂŽt le fruit de parlements et de systĂšmes lĂ©gislatifs que de Dieu, au moins dans les dĂ©mocraties, mais sans rĂšgle le peuple revient rapidement Ă  l’anarchie (le veau d’or). MalgrĂ© tout, les Etats religieux continuent Ă  adorer Dieu et Ă  mettre en Ɠuvre l’intĂ©gralitĂ© de ces textes millĂ©naires, un peu dĂ©passĂ©s, qui n’ont pas Ă©tĂ© Ă©crits par Dieu, semble-t-il, mais par des hommes. Dans les rĂ©gimes dĂ©mocratiques certaines de ces rĂšgles bibliques subsistent encore aujourd’hui sous une forme ou sous une autre, celles qui relĂšvent du bon sens.

  • « NĂ©o-romantiques – Un moment oubliĂ© de l’art moderne 1926-1972 » au MusĂ©e Marmottan Monet

    « NĂ©o-romantiques – Un moment oubliĂ© de l’art moderne 1926-1972 » au MusĂ©e Marmottan Monet

    Le mouvement du nĂ©o-romantisme est prĂ©sentĂ© par le musĂ©e Marmottan comme l’un des premiers mouvements post-modernes fondĂ© sur la remise en cause de l’abstraction et sur le retour Ă  la figure. L’exposition dĂ©marre sur un Picasso qui inspira les nĂ©o-romantiques qui cherchĂšrent aussi Ă  s’en dĂ©marquer. Datant de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle les Ɠuvres prennent parfois un aspect fantasmagorique pas toujours aisĂ© Ă  dĂ©crypter. Quelques paysages aux couleurs claires et naturelles paraissent un peu incongrus au milieu de tableaux sombres et excentriques. Ce sont encore les jamais sourire mais ils nous ramĂšnent Ă  leur Ă©poque.

    Ce petit monde parisien nĂ©o-romantique rĂ©unissait des artistes « russes blancs Â» Ă©migrĂ©s de la rĂ©volution bolchĂ©vique, des anglo-saxons et tous semblaient beaucoup faire la fĂȘte oĂč se retrouvaient Jean Cocteau, Gertrude Stein, Julien Green, Max Jacob.

    Comme nous sommes au musĂ©e Monet le visiteur descend ensuite au sous-sol oĂč est exposĂ©e la superbe collection permanente de tableaux de Claude Monet, histoire de se rĂ©concilier avec la couleur et la peinture plus classique produite par l’un des gĂ©ants de l’impressionnisme.

  • L’ancien prĂ©sident russe Medvedev toujours en pointe et en subtilitĂ©

    L’ancien prĂ©sident russe Medvedev toujours en pointe et en subtilitĂ©

    Dans un tweet vengeur, l’ancien prĂ©sident russe Medvedev rĂšgle ses comptes avec le droit international suite au lancement de mandats d’arrĂȘt par la Cour pĂ©nale internationale (CPI) contre le prĂ©sident russe en poste, M. Poutine, et Mme. Maria Lvova-Belovasa, Commissaire aux droits de l’enfant au sein du Cabinet du PrĂ©sident. Tous deux sont accusĂ©s « du crime de guerre de dĂ©portation illĂ©gale de population (enfants) et du crime de guerre de transfert illĂ©gal de population (enfants), et ce, de certaines zones occupĂ©es de l’Ukraine vers la FĂ©dĂ©ration de Russie (au sens des articles 8-2-a-vii et 8-2-b-viii du Statut de Rome). Â»

    Lire aussi : https://www.icc-cpi.int/fr/news/situation-en-ukraine-les-juges-de-la-cpi-delivrent-des-mandats-darret-contre-vladimir

    Il a Ă©tĂ© effectivement documentĂ© des transferts d’enfants ukrainiens vers la Russie, officiellement pour sauver des orphelins des horreurs de la guerre. Moscou s’en est d’ailleurs officiellement enorgueillit mais il s’avĂšre que nombre de ces enfants ne seraient pas du tout orphelins et que leurs parents ont Ă©tĂ© trompĂ©s. Il s’agirait de familles rĂ©sidant dans les territoires ukrainiens occupĂ©s par les Russes Ă  qui les autoritĂ©s d’occupation auraient annoncĂ© que leurs enfants partaient en vacances en CrimĂ©e pour quelques semaines. Ces gamins n’auraient pas Ă©tĂ© renvoyĂ©s en Ukraine Ă  l’issue de leur sĂ©jour et seraient en voie de russification : changement de nom, attribution d’un passeport russe, inscription dans les Ă©coles russes et processus accĂ©lĂ©rĂ© de naturalisation adoptĂ© via un dĂ©cret signĂ© par le prĂ©sident russe le 30 mai dernier.

    Pour « rĂ©gler Â» ce problĂšme, M. Medvedev propose d’envoyer un missile hypersonique sur La Haye oĂč se trouve le siĂšge de la CPI :

    Les juges de la CPI Ă©taient inutilement agitĂ©s. Regardez, disent-ils, nous sommes courageux, nous n’avons pas osĂ© lever la main contre la plus grande puissance nuclĂ©aire. HĂ©las, messieurs, tout le monde marche sous Dieu et les fusĂ©es. Il est tout Ă  fait possible d’imaginer l’application ponctuelle d’un transporteur hypersonique de la mer du Nord d’un navire russe au palais de justice de La Haye.

    Traduction Microsoft du Medvedev complet

    Il y a eu un effondrement final du systĂšme de droit international On l’admet : il n’était pas trĂšs efficace avant. Surtout ses institutions internationales.

    La SociĂ©tĂ© des Nations s’est effondrĂ©e, l’URSS songeait Ă  se retirer de l’ONU, les conventions et autres actes internationaux sont adoptĂ©s aujourd’hui avec difficultĂ©, il y a un parti pris complet et un diktat d’un groupe de pays anglo-saxons.

    Mais le principal dĂ©faut du systĂšme de droit international public est son inefficacitĂ©. Les pays ne veulent pas mettre en Ɠuvre les actes biaisĂ©s de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies, opposer leur veto aux dĂ©cisions du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, quitter diverses institutions de l’ONU. La raison en est leur injustice, qui est basĂ©e sur l’inadmissibilitĂ© de la coercition par un groupe de pays souverains des mĂȘmes États souverains. POUR PAR IN PAREM NON HABET IMPERIUM. L’égal n’a aucun pouvoir sur l’égal.

    Prenons cette CPI stupide et inutile, créée sur la base du Statut de Rome, Ă  laquelle les plus grands États n’ont pas adhĂ©rĂ©. Qui a-t-il tenu responsable ?

    Trois douzaines d’inconnus. Le prĂ©sident soudanais a crachĂ© sur ces accusations et, malgrĂ© un coup d’État militaire dans le pays, n’est pas disponible pour la « justice ». Le reste ne vaut pas la peine d’ĂȘtre mentionnĂ© du tout. En d’autres termes, l’efficacitĂ© de leurs activitĂ©s est nulle. Il ne s’agit pas de tribunaux ad hoc de Nuremberg et de Tokyo. Ou mĂȘme le douteux Tribunal pour l’ex-Yougoslavie. C’est comprĂ©hensible.

    AprĂšs tout, il est possible de juger un pays et ses dirigeants dans deux cas: 1) lorsque le pays lui-mĂȘme est extrĂȘmement affaibli, a presque perdu sa souverainetĂ© et a dĂ©cidĂ© de reconnaĂźtre le jugement de lui-mĂȘme; 2) lorsque le pays a perdu la guerre et s’est rendu. C’est impossible autrement. Et tout le monde le comprend. Soit dit en passant, l’épisode le plus discrĂ©ditant, qui a tuĂ© l’autoritĂ© dĂ©jĂ  presque nulle de la Cour, est associĂ© aux crimes amĂ©ricains en Afghanistan et en Irak. Le tribunal Ă©tait complĂštement dĂ©rangĂ© et ne pouvait rien faire. De toute Ă©vidence, le cri puissant des États-Unis selon lequel nous, disent-ils, n’avons pas du tout ratifiĂ© le Statut de Rome, fuck off pigmies, a provoquĂ© une envie animale parmi les juges de rĂ©pondre Ă  des besoins naturels qui ne sont pas liĂ©s Ă  la justice.

    Et puis ils ont dĂ©cidĂ© de juger le prĂ©sident d’une autre puissance nuclĂ©aire qui ne participe pas Ă  la CPI pour les mĂȘmes raisons que les États-Unis et d’autres pays. De toute Ă©vidence, l’introduction la plus difficile possible est venue du mĂȘme Pindostan. Il est clair qu’il n’y a pas de valeur pratique, mais merci de vous en souvenir.

    Mais les consĂ©quences pour le droit international seront monstrueuses. AprĂšs tout, c’est l’effondrement des fondations, des principes du droit. Y compris des postulats sur l’inĂ©vitabilitĂ© de la responsabilitĂ©. Maintenant, personne n’ira dans les organismes internationaux, tout le monde sera d’accord entre eux. Toutes les dĂ©cisions stupides de l’ONU et d’autres structures vont Ă©clater. Un sombre coucher de soleil de tout le systĂšme des relations internationales approche. La confiance est Ă©puisĂ©e.

    Encore une chose. Les juges de la CPI Ă©taient inutilement agitĂ©s. Regardez, disent-ils, nous sommes courageux, nous n’avons pas osĂ© lever la main contre la plus grande puissance nuclĂ©aire. HĂ©las, messieurs, tout le monde marche sous Dieu et les fusĂ©es. Il est tout Ă  fait possible d’imaginer l’application ponctuelle d’un transporteur hypersonique de la mer du Nord d’un navire russe au palais de justice de La Haye. Il ne peut pas ĂȘtre abattu, hĂ©las. Et la Cour n’est qu’une organisation internationale misĂ©rable, pas la population d’un pays de l’OTAN. Par consĂ©quent, la guerre ne sera pas commencĂ©e. Ils auront peur. Et personne ne le regrettera. Alors, citoyens juges, regardez attentivement le ciel…

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  • Le langage change, les faits stagnent

    Le langage change, les faits stagnent

    On ne dit plus « le tiers-monde » depuis longtemps. L’expression avait d’abord Ă©tĂ© remplacĂ©e par « les pays les moins avancĂ©es » puis, parce que celle-ci Ă©tait toujours vĂ©cue comme dĂ©valorisante, par « les pays en dĂ©veloppement ». Tout ceci n’existe plus aujourd’hui oĂč l’on parle dĂ©sormais de « Sud global ». La notion recouvre Ă  peu prĂšs la mĂȘme chose, c’est-Ă -dire les pays qui affichent un faible Produit IntĂ©rieur Brut (PIB)/habitant, en y ajoutant une vague notion d’anti-occidentalisme que partageraient ces pays.

  • « Chili 1976 » de Manuela Martelli

    « Chili 1976 » de Manuela Martelli

    Nous sommes au Chili en 1976, la dictature militaire est en place depuis deux ans, sous la fĂ©rule du gĂ©nĂ©ral Pinochet. Les institutions dĂ©mocratiques sont mises au pas, la rĂ©pression contre les opposants est fĂ©roce et les « gauchistes Â» sont pourchassĂ©s, torturĂ©s, assassinĂ©s Ă  travers le pays, et mĂȘme Ă  l’étranger. Le film de l’actrice et rĂ©alisatrice chilienne Manuela Martelli suit la vie d’une bourgeoise de Santiago se rendant dans sa rĂ©sidence secondaire au bord de l’ocĂ©an pour y superviser des travaux de rĂ©novation et qui, un peu malgrĂ© elle, va se trouver embringuer dans le soutien Ă  un opposant rĂ©volutionnaire blessĂ©.

    Digne et Ă©lĂ©gante, jeune grand-mĂšre, Carmen est l’épouse d’un mĂ©decin de Santiago qui soigne aussi des dignitaires militaires, elle n’a entendu parler de la dictature que via ses deux fils adultes qui s’opposent sur le sujet lors des repas familiaux. Les gens de sa condition ne soutiennent pas forcĂ©ment les mĂ©thodes de la dictature mais prĂ©fĂšrent regarder ailleurs, la destitution du prĂ©cĂ©dent rĂ©gime de gauche arrangeant globalement leurs affaires. Tout ce petit monde vaque Ă  ses occupations et frĂ©quentent assidĂ»ment les Ă©glises.

    C’est d’ailleurs Ă  la demande du prĂȘtre du coin que Carmen, ex-volontaire de la Croix Rouge va prodiguer des soins Ă  ce rĂ©volutionnaire, jusqu’à rencontrer son rĂ©seau pour essayer de le faire exfiltrer une fois l’avoir remis sur pieds. Elle n’en dit rien dans sa famille bien entendu et vit cette intrusion dans la rĂ©volution avec angoisse et gĂ©nĂ©rositĂ©. Cela se termine tragiquement pour l’opposant et pas trop mal pour elle qui, malgrĂ© ses maladresses de rebelle de pacotille, va ĂȘtre protĂ©gĂ©e par les siens sans le savoir.

    C’est aussi un film sur la difficultĂ© de l’engagement politique lorsque celui-ci fait courir de vĂ©ritables dangers Ă  ceux qui le prennent. Un danger que n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  affronter nombre de rĂ©sistants Ă  diffĂ©rentes Ă©poques sur la planĂšte, et qu’affrontent toujours aujourd’hui des opposants en Russie, en Birmanie ou en Chine. Ils sont admirables et c’est souvent grĂące Ă  leur combat que des dictatures se sont transformĂ©es en dĂ©mocraties, systĂšme oĂč l’engagement politique ne fait plus courir grands risques Ă  ceux qui s’y opposent. Le cas de l’AmĂ©rique du Sud et de l’AmĂ©rique centrale est caractĂ©ristique de ces transitions Ă  la fin du XXĂšme siĂšcle. Il n’est pas sĂ»r qu’aujourd’hui les nouvelles dictatures se laissent abattre aussi « facilement Â»â€Š

    Lire aussi : « Missing » de Costa-Gavras (1982)

  • DĂ©ficits, dĂ©classement et mauvaise foi

    Déficits, déclassement et mauvaise foi

    Avec une mauvaise foi propre au monde politique français la bataille fait rage sur la nĂ©cessitĂ©, ou pas, d’une rĂ©forme des retraites. Les opposants admettent dĂ©sormais que le systĂšme est en « lĂ©ger Â» dĂ©ficit sur les prochaines annĂ©es mais rivalisent d’idĂ©es alternatives pour financer ce dĂ©ficit permettant d’éviter d’augmenter l’ñge lĂ©gal minimum de dĂ©part Ă  la retraite de 62 Ă  64 ans (Ă  taux plein) comme prĂ©vu dans le projet de loi qui a Ă©tĂ© adoptĂ© lundi par suite du rejet de deux motions de censure par l’assemblĂ©e nationale. Ces idĂ©es vont de la taxation des dividendes, Ă  l’augmentation des cotisations patronales ou ouvriĂšres, voire les deux en mĂȘme temps, en passant par la baisse des pensions. Le gouvernement a choisi une autre option, celle d’augmenter la durĂ©e du travail.

    Les sexagĂ©naires qui prennent actuellement leur retraite ont gĂ©nĂ©ralement dĂ©butĂ© leurs carriĂšres dans les annĂ©es 1980 Ă  une pĂ©riode oĂč l’ñge lĂ©gal de dĂ©part Ă©tait de 65 ans. Avec l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir en 1981 ils ont vu cet Ăąge lĂ©gal baisser Ă  60 ans en 1982, accompagnĂ© de la rĂ©duction de la durĂ©e lĂ©gale du travail hebdomadaire de 40 Ă  39 heures et de la crĂ©ation d’un « ministĂšre du temps libre Â» dont la mission Ă©tait de « de conduire par l’Ă©ducation populaire, une action de promotion du loisir vrai et crĂ©ateur et de maĂźtrise de son temps ». Quelques annĂ©es plus tard, en 2000, une nouvelle loi, dite « Aubry Â», rĂ©duisait encore la durĂ©e lĂ©gale du travail hebdomadaire Ă  35 heures

    C’était le temps des illusions qui se sont assez rapidement heurtĂ©es au mur de la rĂ©alitĂ© d’oĂč un plan en 1983 qualifiĂ© de « rigueur Â» alors qu’il ne consistait qu’à Ă©quilibrer les dĂ©penses avec les recettes, c’était donc plutĂŽt un plan de bonne gestion. Mais il n’a pas Ă©tĂ© touchĂ© Ă  l’ñge de dĂ©part en retraite.

    En 1996, devant l’insoutenabilitĂ© de la dette sociale, y compris la partie liĂ©e Ă  l’assurance vieillesse (la retraire), qui ne pouvait manifestement plus ĂȘtre remboursĂ©e par les seuls cotisants, cette dette est transfĂ©rĂ©e Ă  un machin créé pour l’occasion, la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale) alimentĂ©e par une nouvelle taxe, la CRDS, créée pour l’occasion. Cela veut dire en clair que ce n’est plus le cotisant qui rembourse cette dette mais le contribuable. En gros, on a refourguĂ© les dĂ©ficits cumulĂ©s par la protection sociale ce qui a permis de rendre une nouvelle virginitĂ© Ă  l’assurance retraite. La France a toujours su faire preuve de beaucoup de crĂ©ativitĂ© pour masquer ses dĂ©penses. En 2010, le mur de la rĂ©alitĂ© est toujours en bĂ©ton armĂ© et l’ñge de la retraite doit ĂȘtre augmentĂ© Ă  62 ans.

    En 2022 les programmes Ă©lectoraux des partis de droite de gouvernement tablaient tous sur une nouvelle augmentation de l’ñge minimum Ă  65 ans, soit le retour Ă  la situation de 1982 ce qui ne paraĂźt pas intellectuellement complĂštement incohĂ©rent puisqu’il y a moins d’actifs aujourd’hui pour un retraitĂ© qu’il y a quarante ans. Les nĂ©gociations menĂ©es avec le parlement ont abouti Ă  revoir cet objectif Ă  64 ans au lieu de 65 dans le projet initial.

    MalgrĂ© tout, les Ă©meutes ont repris dans les rues des grandes villes de France. Les sondeurs frĂ©tillent en demandant aux citoyens s’ils sont satisfaits de devoir travailler deux annĂ©es de plus et, oh surprise, ils rĂ©pondent par la nĂ©gative. Les chaĂźnes d’information en continu ressassent ces sondages et glosent Ă  l’infini, avec fĂ©brilitĂ© et gourmandise les images de casseurs et de feux de poubelles. Les hommes politiques s’écharpent avec force arguments misĂ©rabilistes et reniements variĂ©s. Les partis d’opposition ne voient comme seule porte de sortie que de dĂ©penser toujours plus d’argent public.

    En rĂ©alitĂ© on n’a jamais vraiment trouvĂ© d’autres solutions sĂ©rieuses pour accroĂźtre la richesse d’une nation que de la faire travailler plus, ce qui ne doit pas empĂȘcher de travailler Ă  une rĂ©partition consensuelle de cette richesse créée par le travail et la France Ă  cet Ă©gard est dans le peloton de tĂȘte des pays occidentaux pour la redistribution via l’impĂŽt. Mais c’est un raisonnement qui n’est pas partagĂ© par la majoritĂ©. Comment en serait-il autrement dans un pays qui prĂ©fĂšre financer des jeux olympiques ou une coupe du monde de rugby plutĂŽt que ses enseignants, un pays oĂč les campagnes Ă©lectorales se dĂ©roulent sur le plateau de Cyrille Hanouna, animateur de tĂ©lĂ©vision qui se vautre dans la vulgaritĂ© et le racolage, Ɠuvrant puissamment Ă  l’abrutissement des masses sur des frĂ©quences attribuĂ©es gratuitement par l’Etat. C’est ainsi et c’est notre responsabilitĂ© collective, celle d’un avachissement gĂ©nĂ©ral qui dĂ©classe progressivement le pays. La France a mangĂ© son pain blanc depuis des dĂ©cennies, vivant largement au-dessus de ses moyens et l’une des contreparties se trouve dans le niveau de sa dette. Alors Ă©videmment il est toujours douloureux de devoir revenir sur des avantages dont tout le monde a profitĂ© mais que nous n’avons pas su financer


    Lire aussi : La dette publique

    Et le problĂšme n’est pas que financier, il relĂšve aussi de l’égo de la nation qui doit admettre qu’elle n’est plus le « grand pays Â» dotĂ© de la cinquiĂšme Ă©conomie mondiale et de la puissance nuclĂ©aire qu’elle croit encore ĂȘtre, mais juste un pays moyen parmi les autres, plus dĂ©classĂ© que ses voisins car refusant de voir cette rĂ©alitĂ©. Le fameux « grand dĂ©bat Â» organisĂ© aprĂšs les Ă©meutes de 2018-2019 devait servir de psychothĂ©rapie de groupe, il a Ă©chouĂ© et la contestation revient dans la rue.

    Il est probable que cette situation va se rĂ©gler, comme d’habitude par plus de dĂ©penses publiques jusqu’au jour oĂč le juge de paix, les marchĂ©s financiers, refusera de continuer Ă  prĂȘter Ă  la RĂ©publique, ou alors ils le feront Ă  des taux d’intĂ©rĂȘt prohibitifs qui forceront ainsi Ă  reprendre le contrĂŽle de la dĂ©pense publique. Ce jour pourrait arriver plus vite que prĂ©vu, hĂ©las ! La France n’a rarement su se rĂ©former sans contrainte forte.

  • Un peu de douceur dans un monde de brutes

    Un peu de douceur dans un monde de brutes

    Le manĂšge du Jardin du Luxembourg
  • La Chine a proposĂ© un plan de paix pour la guerre d’Ukraine

    La Chine a proposĂ© un plan de paix pour la guerre d’Ukraine

    L’ambassade de Chine Ă  Paris a publiĂ© la proposition d’un plan de paix entre la Russie et l’Ukraine mis en ligne sur le site web de son ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres ce 24 fĂ©vrier. ImmĂ©diatement tout le monde s’y est opposĂ© ce qui semble indiquer que c’est un bon point de dĂ©part.

    La premiĂšre phase du premier point est sans doute la plus intĂ©ressante en ce qu’elle fait rĂ©fĂ©rence Ă  la « souverainetĂ© de tous les pays Â» au « droit international universellement reconnu Â» ainsi qu’aux buts et principes de la Chartre des Nations Unies :

    Respecter la souverainetĂ© de tous les pays. Le droit international universellement reconnu, y compris les buts et principes de la Charte des Nations Unies, doit ĂȘtre strictement observĂ©. La souverainetĂ©, l’indĂ©pendance et l’intĂ©gritĂ© territoriale de tous les pays doivent ĂȘtre effectivement garanties. Les pays, qu’ils soient grands ou petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres, sont membres Ă©gaux de la communautĂ© internationale.

    Le reste est trĂšs consensuel et peu de pays peuvent dĂ©cemment s’y opposer ; la Russie et l’Ukraine se contenteront de ne pas mettre en Ɠuvre les recommandations de ce texte extrĂȘmement gĂ©nĂ©ral. Il y est question de « cesser les hostilitĂ©s Â», de « lancer des pourparlers de paix Â», de « rĂ©gler la crise humanitaire Â», de « protĂ©ger les civils et les prisonniers de guerre Â», de « mettre fin aux sanctions unilatĂ©rales Â», etc.

    Il reste maintenant Ă  la Chine d’essayer de mettre les belligĂ©rants autour d’une table et de poser ce texte au milieu, on verra bien qui s’assied et qui accepte de passer en revue les douze points de ce plan ! On ne peut pas complĂštement exclure qu’elle y parvienne car la fatigue commence Ă  atteindre les combattants.

  • de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 2/3 « La menace »‘

    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 2/3 « La menace »‘

    C’est le deuxiĂšme tome de la saga des Romanov racontĂ©e par Michel de Saint Pierre qui va de Nicolas 1er en 1827, petit-fils de la grande Catherine, frĂšre d’Alexandre 1er qui vainquit NapolĂ©on et termina le premier volume, Ă  Nicolas II dont l’abdication en 1917 marquera la fin de la dynastie et la victoire des rĂ©volutionnaires bolchĂ©viques. Il couvre presqu’un siĂšcle au cours duquel l’empire va connaĂźtre des fortunes diverses, Ă  commencer par l’intronisation de Nicolas qui va dĂ©clencher une fĂ©roce rĂ©pression du mouvement des « dĂ©cabristes » dĂšs les premiers jours du rĂšgne.

    A la tĂȘte d’un immense empire Nicolas va tenter de s’attaquer Ă  nouveau Ă  l’affranchissement des paysans et l’abolition du servage. Sur le plan extĂ©rieur il dĂ©clare encore une guerre Ă  la Turquie et s’inquiĂšte de l’opposition de la Pologne dont il est le Roi. Autocrate dans l’Ăąme, il essaye de faire Ă©voluer l’environnement lĂ©gal de la Russie pour la moderniser. Il se heurte Ă©galement aux premiers soubresauts rĂ©volutionnaires dans le pays et Ă  la contestation de l’Ă©lite intellectuelle emmenĂ©e par le poĂšte Pouchkine.

    Son fils Alexandre II lui succĂšde Ă  sa mort en 1855. Il annexe la Pologne, c’est plus simple ainsi. Il perd la guerre de CrimĂ©e contre les alliĂ©s anglais, ottomans et français. Il fait proclamer l’abolition du servage, rĂ©forme l’armĂ©e, tente une rĂ©forme agraire, conclut « l’alliance des 3 empereurs » avec l’Autriche et l’Allemagne, et meurt assassinĂ© par des anarchistes nihilistes en 1881.

    Son fils prend les commandes sous le nom d’Alexandre III et va gouverner sous les rĂšgles de l’autocratie et de l’orthodoxie. Il poursuit sans trop de succĂšs la lutte contre la rĂ©volution de plus en plus prĂ©sente et va se rapprocher de la France. Son rĂšgne de 13 ans ne fut entachĂ© d’aucune guerre. Il meurt en 1894.

    Nicolas II, fils d’Alexandre III, s’installe au pouvoir Ă  Saint-PĂ©tersbourg pour un rĂšgne qui marquera la fin des Romanov et de la monarchie en Russie. La guerre perdue contre le Japon en 1905 sera un dĂ©sastre pour l’empire qui entraĂźne de violentes contestations du pouvoir. Raspoutine fait son apparition dans l’entourage de l’empereur oĂč il va progressivement exercer une forte influence que le couple impĂ©rial, mĂȘlant politique, religion, mĂ©decine parallĂšle et lubricitĂ©. Il est assassinĂ© en 1916 par un prince de la noblesse. Mais Nicolas II affronte surtout l’Ă©mergence des rĂ©volutionnaires. MĂȘme si les principaux meneurs, dont LĂ©nine, sont exilĂ©s Ă  l’Ă©tranger, la contestation populaire s’exprime de plus en plus dans la rue, donnant lieu Ă  une rĂ©pression toute autocratique. La Russie intĂšgre en 1914 la guerre contre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’empire Ottoman. L’armĂ©e russe est malmenĂ©e au combat et affaiblie par le prĂ©lĂšvement d’unitĂ©s rapatriĂ©es en Russie pour lutter contre la subversion.

    Les manifestations et complots sur la scĂšne intĂ©rieures, ajoutĂ©s Ă  l’aveuglement impĂ©rial, amĂšneront Ă  des rĂ©bellions dans l’armĂ©e, la police et les cosaques, poussant l’empereur Ă  abdiquer en 1917 en faveur de son frĂšre Michel qui renonce aussitĂŽt, mettant ainsi fin Ă  la monarchie en Russie.

    Lire aussi :
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 1/3’.
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 2/3 « La menace »‘
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 3/3 « La Chute »‘
  • « Thomas Demand – Le bĂ©gaiement de l’histoire » au MusĂ©e du Jeu de Paume

    « Thomas Demand – Le bĂ©gaiement de l’histoire » au MusĂ©e du Jeu de Paume

    Le musĂ©e du Jeu de Paume expose le photographe allemand Thomas Demand, nĂ© en 1954, dont le concept artistique consiste Ă  prendre une photo d’un dĂ©cor, choisi gĂ©nĂ©ralement pour une raison bien particuliĂšre, puis recrĂ©er celui-ci minutieusement en papier et en carton de couleurs, en grandeur rĂ©elle, pour rephotographier le dĂ©cor fictif expurgĂ© des personnages qui existaient Ă©ventuellement dans l’original rĂ©el et, enfin, dĂ©truire le dĂ©cor en papier.

    Sculpteur de formation, Demand prend un soin infini Ă  recrĂ©er le rĂ©el dans une parfaite illusion qui donne ensuite aux clichĂ©s de grandes dimensions un cĂŽtĂ© parfaitement clinique et dĂ©shumanisĂ©, avec une impression d’immobilitĂ© irrĂ©elle. Un environnement de poupĂ©es Barbie sans les imperfections de la rĂ©alitĂ©. La prĂ©paration des dĂ©cors est extraordinaire, pour une photo de la canopĂ©e il a fabriquĂ© plus de 270 000 feuilles d’arbres en papier


    Le « bĂ©gaiement de l’histoire Â» qui donne son titre Ă  l’exposition se rĂ©fĂšre aussi au choix des Ă©vĂšnements tragiques objets des dĂ©cors photographiĂ©s : la salle de contrĂŽle de la centrale nuclĂ©aire de Fukushima aprĂšs le dĂ©sastre nuclĂ©aire, la baignoire oĂč fut retrouvĂ© le corps d’un ministre allemand en 1997, la passerelle accrochĂ©e Ă  l’avion qui amena le Pape Jean-Paul II Ă  Berlin en 2001, un bureau dĂ©vastĂ© de la Stasi (police secrĂšte est-allemande) aprĂšs la rĂ©unification


    C’est une Ă©trange dĂ©marche artistique que de rendre fictive la rĂ©alitĂ© pour photographier cette fiction mais le rĂ©sultat est stupĂ©fiant nous faisant voguer Ă  travers le rĂ©el via des photos de dĂ©cors reconstruits.

    Si vous voulez acheter certaines de ces Ɠuvres, visitez aussi la galerie Esther Schipper place Vendîme.

  • « Toute la beautĂ© et le sang versé » de Laura Poitras

    « Toute la beauté et le sang versé » de Laura Poitras

    C’est un documentaire Ă©mouvant de Laura Poitras qui sort en salle cette semaine, centrĂ© sur la photographe Nan Goldin. On y retrouve les combats de sa vie, dont le dernier via l’association P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now) créée pour ce faire, contre la famille Sackler, dont l’entreprise pharmaceutique Purdue Pharma produisait et diffusait l’OxyContin, un anti-douleur addictif participant Ă  la « crise des opioĂŻdes Â» qui continue de faire des dizaines de milliers de morts chaque annĂ©e aux Etats-Unis.

    NĂ©e en 1953 Ă  Washington, Nan Goldin est une rebelle qui s’est engagĂ©e dans toutes les luttes de sa gĂ©nĂ©ration, Ă  titre personnel et Ă  travers son Ɠuvre. Elle a commencĂ© par vivre les affres d’une famille psychorigide et bien-pensante dont la mĂšre fut victime d’agressions sexuelles dans sa jeunesse de la part d’un membre de sa famille et qui fut terrorisĂ©e Ă  la pubertĂ© de sa fille aĂźnĂ©e, qui affichait des tendances lesbiennes, qu’elle ne subisse le mĂȘme sort. Elle la plaça dans une espĂšce d’institution-orphelinat ce qui la mena Ă  se suicider aprĂšs plusieurs sĂ©jours en hĂŽpital psychiatrique. Bien sĂ»r, on ne parle de rien dans la famille et on laisse les non-dits dĂ©vaster l’atmosphĂšre.

    Nan s’inscrit Ă  une Ă©cole de photographie Ă  15 ans et va plonger dans le monde underground. Elle se dĂ©clare bisexuelle, vit de prĂšs l’épidĂ©mie du Sida durant laquelle elle voit disparaĂźtre ses amis les uns aprĂšs les autres, travaille dans un bordel (pour se payer des pellicules), s’installe dans un squat du Bowery Ă  New York oĂč la drogue et le sexe sont consommĂ©s Ă  profusion sur une bande son de Klaus Nomi et du Velvet Underground. Bref, toute une Ă©poque d’excĂšs et de carnage qui a vu l’émergence d’un courant artistique de choix dans la musique, la photographie, le graffiti, la poĂ©sie.

    Nan Goldin photographie en permanence les gens et les lieux de cette Ă©poque un peu morbide mais si bouillonnante. Ses clichĂ©s sont toujours en intĂ©rieur, sous des lumiĂšres violentes, dans un assemblage de couleurs percutantes, et qui ne cachent pas la misĂšre matĂ©rielle de cet environnement crĂ©atif. Les photographies de l’agonie des malades du Sida sont plus souvent en noir-et-blanc et particuliĂšrement douloureuses.

    Goldin est une rescapĂ©e de ce temps qui va encore affronter un nouveau dĂ©fi dans les annĂ©es 2010, celui de se dĂ©sintoxiquer de l’OxyContin qui lui a Ă©tĂ© prescrit aprĂšs une tendinite. Elle rĂ©ussit et initie un combat contre le fabricant de ce produit, la famille Sackler. Avec ses camarades au sein de P.A.I.N. elle arrive Ă  faire arrĂȘter le « sponsoring Â» et le « naming Â» que cette famille pratiquait Ă  grande Ă©chelle dans les plus grands musĂ©es du monde, oĂč parfois Nan Golding, devenue une photographe cĂ©lĂšbre, faisait aussi partie des collections permanentes. Le groupe de militants rĂ©ussit Ă  mettre fin Ă  cette sorte de « art-washing Â» puis Ă  pousser les Sackler Ă  mettre leur firme Purdue Pharma en faillite (ce qu’ils firent aprĂšs en avoir extrait toute la valeur: plus de 10 milliards de dollars), pour Ă©viter les poursuites judiciaires et leur corolaire, l’indemnisation des victimes.

    Une transaction est conclue avec les Sackler dans laquelle la famille accepte de payer plus de 4 milliards de dollars contre son immunitĂ© et celle de ses descendants. Nan Goldin et les siens parviennent Ă  imposer aussi dans l’accord que les Sackler assistent par vidĂ©o Ă  l’audition des tĂ©moins, la plupart victimes, ou parents de celles-ci lorsqu’elles sont dĂ©cĂ©dĂ©es. Ils sont trois Sackler, une femme et un homme en vidĂ©o, le troisiĂšme refusant la vidĂ©o mais acceptant le son, et on assiste Ă  une stupĂ©fiante sĂ©quence oĂč ils Ă©coutent, impassibles, le dĂ©filĂ© des tĂ©moins racontant l’horreur de cette drogue pharmaceutique si fortement addictive. Ils ne prononcent pas un mot, le deal stipulait juste qu’ils devaient Ă©couter et voir les tĂ©moins. Ce fut fait.

    Le film est montĂ© Ă  base des photos de Nan pour le passĂ© et de vidĂ©os sur ses combats actuels. Il est commentĂ© en off par la photographe qui dĂ©roule d’une voix blasĂ©e et un peu triste toutes les Ă©tapes de cette Ă©poque qui furent aussi celles de sa vie. La joie revient seulement lorsqu’elle raconte les victoires contre les Sackler.

    La fin du documentaire est bouleversante : Nan filme ses parents devenus ĂągĂ©s, qu’elle pousse Ă  danser dans le salon avant de revenir sur le traumatisme fondateur du suicide de sa sƓur Barbara. C’est alors qu’ils laissent transparaĂźtre leur peine au rappel de cette absence. La mĂšre se lĂšve pour retrouver la citation de Conrad recopiĂ©e par Barbara avant son suicide, oĂč il est question de beautĂ© du monde et de sang versĂ©, extraite, bien sĂ»r, du roman Au cƓur des tĂ©nĂšbres
 Cette Ă©pitaphe de la vie de Barbara pourrait aussi devenir celle de l’Ɠuvre de Nan Goldin.

    C’est une drĂŽle de chose que la vie, ce mystĂ©rieux arrangement d’une logique sans merci pour un dessein futile.
    Le plus qu’on puisse en espĂ©rer, c’est quelque connaissance de soi-mĂȘme -qui vient trop tard- une moisson de regrets inextinguibles. 

    Joseph Conrad (Au coeur des ténÚbres)

    Un magnifique documentaire qui mĂ©rite amplement son Lion d’or dĂ©cernĂ© en 2022 Ă  la Mostra de Venise !

  • de SAINT PIERRE  Michel, ‘Le drame des Romanov 1/3’.

    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 1/3’.

    Michel de Saint Pierre (1916-1987) fut un Ă©crivain prolifique de XXĂšme siĂšcle, ancien rĂ©sistant, plutĂŽt conservateur, un peu « catho-tradi », un peu « AlgĂ©rie française », anti-communiste fĂ©roce, presque tombĂ© aux oubliettes de la littĂ©rature. Il n’en demeure pas moins l’auteur de nombreux romans, essais, dont on a parlĂ© Ă  l’époque. Le « Drame des Romanov » n’est sans doute pas un livre historique au sens scientifique du terme mais le rĂ©cit d’un Ă©crivain passionnĂ© par la Russie et fascinĂ© par le destin tragique de cette famille de tsars qui l’a dirigĂ©e d’un main de fer.

    Ce premier tome part de l’avĂšnement de la dynastie Romanov jusqu’Ă  la victoire de la Russie, emmenĂ©e par le tsar Alexandre 1er, contre NapolĂ©on. Ivan IV le Terrible puis Boris Godounov de la dynastie de Rurik ont fondĂ© l’Etat russe entre 1547 et 1605 avant de passer la main au premier Romanov aprĂšs le rocambolesque Ă©pisode du « faux Dimitri » qui se faisait passer pour le fils d’Ivan le Terrible. Une fois Dimitri assassinĂ©, la voie Ă©tait libre pour Mikhail, le premier tsar Romanov de 1613 Ă  1645. Alexis, FĂ©odor et la rĂ©gente Sophie prĂ©cĂ©dĂšrent l’arrivĂ©e de Pierre 1er (dit « Pierre le Grand »), tsar de 1689 jusqu’Ă  sa mort au pouvoir en 1725.

    Pierre le Grand va agrandir l’empire russe vers la mer d’Azov, la mer Baltique, le moderniser, crĂ©er ce qui est devenu Saint-PĂ©tersbourg, mener moulte guerres (victoires et dĂ©faites contre la SuĂšde et l’empire Ottoman notamment), ouvrir le pays Ă  l’extĂ©rieur, soumettre le pays Ă  la religion orthodoxe, voyager en Occident, Ă©craser des rĂ©bellions intĂ©rieures, ouvert un conflit avec son fils Alexis qui se terminera par la condamnation Ă  mort de celui-ci aprĂšs de sĂ©vĂšres tortures. Saint Pierre note que « La Russie de Pierre le Grand n’a que deux ennemis au monde : l’athĂ©isme et l’Asie ».

    « Les grands Empires ne sauraient se passer de ports de mer : ce sont les artĂšres qui font battre le cƓur d’un Etat de façon plus saine et rĂ©guliĂšre »

    Pierre 1er

    A sa mort c’est sa seconde femme qui hĂ©rite du poste sous le nom de Catherine 1Ăšre pour deux annĂ©es (1725-1727), puis Pierre II prend la relĂšve, puis Anne 1Ăšre, puis Ivan VI et, enfin, Elisabeth qui laisse la place Ă  Pierre III « le tsar fou », petit-fils de Pierre 1er, pour quelques mois de 1762 avant de mourir assassinĂ© dans un complot ourdi par sa femme, qui deviendra Catherine II, et dĂ©clara : « Il Ă©tait le premier Ă  conspirer contre lui-mĂȘme« .

    Il laisse donc la place Ă  son Ă©pouse qui fut surnommĂ©e « la Grande Catherine » de 1762 Ă  1796. Elle Ă©tait prussienne sans une goutte de sang slave et dut se convertir Ă  la religion orthodoxe pour Ă©pouser Pierre III. Elle agrandit considĂ©rablement l’empire en dĂ©pouillant la Pologne (dĂ©jĂ ) avec la Prusse et l’Autriche et une partie de l’empire Ottoman (encore). Catherine, fĂ©minine et philosophe, va innover pour son pays d’adoption en matiĂšres juridiques, lĂ©gislatives et institutionnelles, multiplier les amants qu’elle place aux postes du pouvoir, correspondre avec Voltaire, investir dans l’Ă©ducation, le tout dans le cadre de l’autocratie et du « droit divin ».

    Son fils Paul lui succĂšde pour un bref rĂšgne qui se termine en 1801. Il est dĂ©testĂ© par sa mĂšre et accusĂ© d’ĂȘtre trop proche de la Prusse. Il est assassinĂ© Ă  l’issue d’un complot comme la Russie sait en provoquer. Alexandre 1er, petit-fils de Catherine II, prend alors le pouvoir et son rĂšgne va ĂȘtre marquĂ© par l’affrontement avec NapolĂ©on.

    Les deux autocrates vont Ă  la fois se sĂ©duire et se faire la guerre. Celle-ci se terminera par la retraite de Russie, crĂ©puscule de l’empire napolĂ©onien. Alexandre 1er est alors considĂ©rĂ© en Europe comme le vainqueur de l’empire français ce qui donne un poids considĂ©rable Ă  la Russie. Ses troupes sont entrĂ©es dans Paris en 1814 avec Alexandre Ă  leur tĂȘte. Un triomphe !

    L’agrandissement de l’empire initiĂ© avec constance par ses prĂ©dĂ©cesseurs reste son but et il participe en personne au congrĂšs de Vienne de 1815 qui redĂ©finit l’Europe aprĂšs la dĂ©faite française de Waterloo. Autocrate Ă©clairĂ© il tente de remettre en cause le statut du serf qui pĂšse encore sur le monde rural russe et participe au maintien d’une Ă©crasante inĂ©galitĂ© dans la population, sans doute bien au-delĂ  de celle rĂ©gnant dans les pays d’Europe. Il y renonce finalement devant le poids de l’inertie gĂ©nĂ©rale et des intĂ©rĂȘts de la noblesse. Il maintient son pays sous contrĂŽle policier, s’Ă©gare dans des crises mystiques, et rend l’Ăąme fin 1825, laissant la Sainte Russie au summum de sa gloire.

    En 1825 l’empire est devenue l’un des plus importants fournisseurs de produits agricoles et de matiĂšres premiĂšres sur les marchĂ© mondiaux mais le rĂ©gime reste moyenĂągeux et le pays est tellement immense qu’il est impossible Ă  gĂ©rer et Ă  moderniser. La rĂ©volution est dĂ©jĂ  passĂ©e en France, elle rĂŽde en Russie oĂč le rĂ©gime impĂ©rial Ă©choue Ă  se rĂ©former.

    Lire aussi :
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 1/3’.
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 2/3 « La menace Â»â€˜
    de SAINT PIERRE Michel, ‘Le drame des Romanov 3/3 « La Chute Â»â€˜