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  • « AnnĂ©es 80 » au musĂ©e des Arts dĂ©coratifs

    « Années 80 » au musée des Arts décoratifs

    L’exposition « AnnĂ©es 80 » dans la nef du musĂ©e des Arts dĂ©coratifs commence par la cĂ©lĂšbre affiche « La force tranquille » qui a permis l’élection de François Mitterrand Ă  la prĂ©sidence en mai 1981. Cette arrivĂ©e de la gauche au pouvoir a dĂ©clenchĂ© un formidable coup de pied dans la fourmiliĂšre d’une France conservatrice post-soixante-huitarde qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© un peu secouĂ©e par la prĂ©sidence Giscard d’Estaing. L’espoir qui a alors saisi la France s’est aussi accompagnĂ© d’une recrudescence de crĂ©ativitĂ© qui s’exprime ici par le visionnage des publicitĂ©s de l’époque (qui rencontre un franc succĂšs auprĂšs des spectateurs), l’exposition des mobiliers créés par des « designers », profession qui entre dans la lumiĂšre Ă  cette Ă©poque, le prĂȘt-Ă -porter et la haute couture qui sortent du petit milieu confinĂ© de l’avenue Montaigne, les couvertures du journal « LibĂ©ration » qui fut un peu le porte-drapeau de cette libĂ©ration sociĂ©tale, mais aussi rĂ©fĂ©rence aux « annĂ©es SIDA » qui apparurent Ă  la fin de cette dĂ©cennie


    Et puis, bien sĂ»r, une partie de l’exposition est aussi consacrĂ©e Ă  l’ambiance de « fĂȘte Â» qui marqua ces annĂ©es, au moins pour les privilĂ©giĂ©s, au « Palace Â» ou aux « Bains Douches Â». On voit dĂ©filer sur grand Ă©cran les images des soirĂ©es fastueuses (et mĂȘme une exposition Yves Saint-Laurent Ă  la fĂȘte de l’HumanitĂ©) dans ces lieux de la nuit oĂč se croisaient Karl Lagerfeld, Andy Warhol, les « Depeche Mode Â» et Etienne Daho. Un monde de couleurs, un peu clinquant, trĂšs insouciant, qui n’est plus aujourd’hui.

    Les annĂ©es 1980 ont aussi marquĂ© la fin des « trente glorieuses Â» et de l’insouciance d’un Occident Ă©conomiquement et culturellement dominateur. L’émergence de l’Asie et d’autres pays contestant cette suprĂ©matie occidentale va marquer la fin du XXĂšme siĂšcle. Ce ne fut pas forcĂ©ment une mauvaise nouvelle mais c’est Ă©videmment un changement de statut parfois douloureux Ă  franchir pour l’ego des tenants de cette hĂ©gĂ©monie. Il y a un peu de nostalgie dans cette exposition


  • Sigur RĂłs – 2022/11/05 – Paris le ZĂ©nith

    Sigur RĂłs – 2022/11/05 – Paris le ZĂ©nith

    Le quatuor islandais Sigur RĂłs joue deux soirĂ©es au ZĂ©nith Ă  guichets fermĂ©s. On croyait le groupe menĂ© par JĂłnsi cantonnĂ© Ă  l’avant-garde pour spĂ©cialistes, les voici maintenant et depuis dĂ©jĂ  quelques annĂ©es, Ă  l’origine d’un succĂšs d’estime et commercial auprĂšs d’un public international Ă©largi, joyeusement reprĂ©sentĂ© ce soir au ZĂ©nith.

    La scĂšne est composĂ©e de groupes de filins tendus entre plafond et sol, qui vont se torsader selon les morceaux interprĂ©tĂ©s. L’éclairage est rouge ou vert-laser. Il s’enroule sur les filins donnant Ă  la scĂšne un aspect mystĂ©rieux et galactique. Les quatre musiciens sont habillĂ©s de noir et dĂ©marrent le show sur la ritournelle au clavier de Untitled #1 introduisant leur troisiĂšme disque, sans titre, dont on cĂ©lĂšbre aussi ce soir le 20Ăšme anniversaire via une réédition remastĂ©risĂ©e et qui a la part belle de la set-list du jour. Les Sigur RĂłs occupent la scĂšne pour deux parties sĂ©parĂ©es par un entracte.

    Jonsi, haut de taille, est sur le devant, jouant le grand prĂȘtre de cette soirĂ©e mystique dans sa longue tunique noire. Maniant son archet de violoncelle sur sa guitare il dĂ©clenche l’orage avec le son Ă©pais de l’instrument lorsqu’il l’écrase sous la mĂšche de l’archet. Il nous charme avec sa voix de fausset nous emmenant trĂšs haut dans les aigus et faisant de cette voix si particuliĂšre le cinquiĂšme instrument du groupe. Parfois il chante la guitare devant la bouche et sa voix est alors transformĂ©e par les multiples traitements de l’instrument. Le claviĂ©riste, qui joue aussi du trombone Ă  coulisse, marque l’atmosphĂšre de ses longues et discrĂštes nappes de claviers, alternĂ©es avec des passages de piano aux notes sibyllines. Le batteur et le bassiste sont sur un registre plus classique, marquant confusĂ©ment la rythmique d’une musique qui n’en n’a guĂšre.

    Les Ă©crans de fond de scĂšne diffusent des images, le plus souvent en noir et blanc, parfois floues, de brumes, de fumĂ©es qui s’accordent si bien avec cette musique mystĂ©rieuse qui envahit le temple du ZĂ©nith. On se laisse porter par la magie des compositions, emporter par la grĂące et la beautĂ© incomprĂ©hensibles de cette production venue du grand Nord. Cette musique sort de l’imagination dĂ©bridĂ©e de ces quatre lutins islandais tellement innovants et c’est un sommet de beautĂ© et de poĂ©sie.

    Le ZĂ©nith en reste pĂ©trifiĂ© avant de laisser Ă©clater sa reconnaissance au groupe qui, Ă  la fin du show, revient saluer deux fois en applaudissant Ă  tout rompre les spectateurs enchantĂ©s. Sigur RĂłs reste ancrĂ© dans l’avant-garde et aurait tort de s’en Ă©loigner tant il rĂ©ussit aujourd’hui Ă  la vulgariser sans compromettre. Il mĂšne d’ailleurs une collaboration de longue date avec le groupe Radiohead autre lĂ©gende de la musique indie qui la met Ă  portĂ©e de beaucoup. Quel bonheur d’assister tout au long de ces annĂ©es Ă  la crĂ©ation de ces artistes toujours en recherche de la perfection !

    Setlist : Untitled #1 – Vaka/ Untitled #2 – Fyrsta/ Untitled #3 – Samskeyti/ Svefn-g-englar/ Rafmagnið bĂșið/ NĂœ batterĂ­/ Gold 2/ Untitled #7 – Dauðalagið/ SmĂĄskifa

    Glósóli/ Untitled #6 – E-Bow/ Séglópur/ Gong/ Andvari/ Festival/ Kveikur/ Untitled #8 – Popplagið

    Voir aussi : Les photos de Roberto

  • La CorĂ©e du nord s’agite

    La CorĂ©e du nord s’agite

    En cette pĂ©riode de guerre russe d’Ukraine, et malgrĂ© les performances plutĂŽt limitĂ©es de l’ex-armĂ©e rouge, les amis de Moscou se sentent pousser des ailes. La Chine vient de rĂ©affirmer sa volontĂ© de rĂ©unification de TaĂŻwan Ă  la Chine continentale dans les fastes du XXĂšme congrĂšs de son parti communiste (PCC), fermement accrochĂ© au pouvoir. L’opposition chinoise Ă  l’indĂ©pendance de l’üle est dĂ©sormais inscrite dans la charte de PCC.

    La CorĂ©e du nord aurait fourni rĂ©cemment des munitions Ă  la Russie pour l’aider dans sa guerre de conquĂȘte de l’Ukraine ce qui n’est aprĂšs tout qu’un prĂȘtĂ© pour un rendu car c’est l’Union soviĂ©tique qui avait aidĂ© Ă  l’époque la fondation de l’armĂ©e nord-corĂ©enne et sa route vers la bombe nuclĂ©aire qu’elle a dĂ©sormais acquise si l’on en juge les essais dĂ©jĂ  menĂ©s.

    Depuis quelques jours la CorĂ©e du nord tire des pluies de missiles non armĂ©s en direction du Japon et de la CorĂ©e du sud. Il y en aurait pour tous les goĂ»ts : du balistique Ă  longue portĂ©e, Ă  moyenne et courte portĂ©e, des missiles non balistiques et toute une bimbeloterie guerriĂšre dont l’idĂ©e qu’elle soit Ă  la disposition du clan familial qui tient ce pays depuis la fin de la guerre de CorĂ©e en 1953 fait frĂ©mir.

    Les tentatives de nĂ©gociations menĂ©es par la prĂ©cĂ©dente administration amĂ©ricaine n’ont pas abouti Ă  faire redescendre la tension. Il y eut mĂȘme deux rencontres (2018 et 2019) entre le prĂ©sident Trump et son homologue nord-corĂ©en qui n’ont pas Ă©tĂ© suivies d’effet malgrĂ© leur cĂŽtĂ© spectaculaire.

    Félix / Charlie Hebdo (16/08/2027)

    Russie, Chine et CorĂ©e du nord s’entendent comme larrons en foire, les deux premiers bloquant au conseil de sĂ©curitĂ© des nations unis toute sanction contre le troisiĂšme, et le trio infernal se retrouvant et se soutenant sur tout ce qui peut nuire Ă  l’Occident tant haĂŻ. Comme la planĂšte serait plus tranquille si ces pays autoritaires se prĂ©occupaient de leur dĂ©veloppement socio-Ă©conomique plutĂŽt que de leur puissance militaire ! Mais ce monde idĂ©al n’existe pas et, tel les concours de taille de zizis dans les cours d’école, aujourd’hui si tu n’as pas le bouton nuclĂ©aire sur ton bureau tu n’es pas un dirigeant considĂ©rĂ© comme sĂ©rieux. Ainsi va le monde !

  • HARRISON Jim, ‘Dalva’.

    HARRISON Jim, ‘Dalva’.

    Sortie : 1988, Chez : Washington Press Publication (version américaine).

    C’est le roman phare du grand Ă©crivain amĂ©ricain Jin Harrisson (1937-2016) qui raconte l’histoire tourmentĂ©e de l’AmĂ©rique du Nord Ă  travers le personnage de Dalva, jeune femme aux racines indiennes qui, sur pression de sa famille, a du abandonner le bĂ©bĂ© qu’elle a eu Ă  l’adolescence avec un mĂ©tis indien de son Ăąge
 qui se rĂ©vĂ©lera aussi son demi-frĂšre.

    Elle ne se remettra jamais de cet amour exclusif ni de son acte d’abandon. Alors sa vie part un peu Ă  la dĂ©rive entre la Californie, le Michigan, le Nebraska qui sera son point de chute. Il y a trois narrateurs dans ce puissant roman : Dalva, Michael, un historien qui Ă©tudie les archives de la famille pour remonter ses traces indiennes et son grand-pĂšre mariĂ© avec une jeune femme sioux et combattant fervent de la cause indienne Ă  la fin du XIXĂšme siĂšcle, Ă©poque oĂč les tribus finissent d’ĂȘtre massacrĂ©es par l’AmĂ©rique blanche.

    On croise le gĂ©nĂ©ral Custer, les grands chefs indiens (Big Foot, Crazy Horse, He Dog
), la sƓur et la mĂšre de Dalva et les amants de cette derniĂšre dans une histoire complexe et flamboyante. C’est une ode Ă  l’AmĂ©rique, Ă  ses habitants, Ă  ses contradictions et Ă  ses tragĂ©dies. C’est surtout une analyse incroyablement perspicace de personnages compliquĂ©s qui affrontent comme ils peuvent les Ă©vĂšnements historiques auxquels ils sont confrontĂ©s et les drames familiaux qu’ils subissent et parfois provoquent.

    Dans son autobiographie « En Marge » Harrisson rĂ©vĂšle que sa mĂšre lui demandait souvent : « mais pourquoi la vie sexuelle de tes personnages n’est jamais ‘normale’ ? » Elle avait du lire « Dalva ». Il n’empĂȘche qu’ils sont terriblement humains comme l’illustre la route suivie par l’hĂ©roĂŻne de ce roman et le dĂ©nouement finalement heureux au cƓur d’un monde sauvage et cruel.

    Lire aussi : Harrison Jim, ‘En Marge’.

    Un roman indispensable.

  • La Russie se rĂ©vĂšle

    La Russie se révÚle

    La guerre d’Ukraine menĂ©e par la Russie depuis fin fĂ©vrier a rĂ©vĂ©lĂ© ce pays tel qu’il est et il faudra sans doute plusieurs gĂ©nĂ©rations avant qu’il ne se rapproche Ă  nouveau de l’Occident, s’il ne s’en rapproche jamais. Depuis la fin de l’Union soviĂ©tique en 1991, l’Occident a pensĂ© pouvoir « amadouer Â» la FĂ©dĂ©ration de Russie en commerçant avec elle, en l’intĂ©grant au G7 devenu G8 en 1997 avant de redevenir G7 aprĂšs l’exclusion de la Russie par suite de son annexion de la CrimĂ©e en 2014, en investissant sur son territoire, en abritant les investissements de ses oligarques en Europe, en recevant ses dirigeants avec faste, bref en cherchant Ă  traiter avec ce pays comme s’il Ă©tait membre de la communautĂ© occidentale. On a mĂȘme entendu le prĂ©sident français dĂ©clarer le 19/08/2019 en prĂ©sence de son homologue russe qu’il recevait au fort de BrĂ©gançon :

    Je sais une autre chose : c’est que la Russie est europĂ©enne, trĂšs profondĂ©ment, et nous croyons dans cette Europe qui va de Lisbonne Ă  Vladivostok. Un grand auteur russe, DOSTOÏEVSKI, dans L’adolescent disait, et je le cite imparfaitement, de mĂ©moire, que le Russe avait cela de particulier par rapport Ă  l’Allemand, au Français ou autre, c’est qu’il Ă©tait le plus russe quand il Ă©tait le plus europĂ©en, et en quelque sorte son nationalisme Ă©tait toujours plus grand que lui-mĂȘme et devait embrasser le fait europĂ©en, et je crois trĂšs profondĂ©ment Ă  cela.

    Emmanuel Macron (19/08/2019)

    Lire aussi : Le prĂ©sident français et la gĂ©ographie

    A force de vouloir que la FĂ©dĂ©ration de Russie adopte les modes de fonctionnement europĂ©en on a fini par croire qu’un pays qui a donnĂ© naissance Ă  Chostakovitch et DostoĂŻevski ne pouvait pas ĂȘtre animĂ©e par des valeurs autres que la dĂ©mocratie, l’état de droit, la libertĂ© d’expression, les droits de l’homme, etc. Eh bien, l’Occident s’est trompĂ© comme l’illustre la tentative d’invasion de l’Ukraine et la façon dont cette guerre se dĂ©roule : sauvage et dĂ©sordonnĂ©e, agrĂ©mentĂ©e de probables crimes de guerres. La Russie est restĂ©e fidĂšle Ă  ses modes de pensĂ©e et de fonctionnement tsaristes ou soviĂ©tiques.

    Certains de ses dirigeants rivalisent de provocations infantiles qui prĂȘteraient Ă  sourire s’il ne s’agissait de guerre et de ses milliers de morts dĂ©jĂ  Ă  dĂ©plorer des deux cĂŽtĂ©s. Ainsi M. Medvedev, ancien premier ministre, ancien prĂ©sident et actuel vice-prĂ©sident du conseil de sĂ©curitĂ© de la FĂ©dĂ©ration qui twitte compulsivement pour ses 900 000 abonnĂ©s sur le rĂ©seau dit « social » Telegram :

    Traduction Microsoft

    POURQUOI NOTRE CAUSE EST JUSTE
    Des rĂ©ponses Ă  des questions simples Ă  l’occasion de la JournĂ©e de l’unitĂ© nationale

    Pour quoi nous battons-nous ? La Russie est un pays immense et riche. Nous n’avons pas besoin de territoires Ă©trangers, nous avons tout en abondance. Mais il y a notre terre, qui est sacrĂ©e pour nous, sur laquelle nos ancĂȘtres ont vĂ©cu et sur laquelle notre peuple vit aujourd’hui. Et que nous ne donnerons Ă  personne. Nous protĂ©geons notre peuple. Nous nous battons pour tous les nĂŽtres, pour notre terre, pour notre histoire millĂ©naire.

    Qui se bat contre nous ? Nous luttons contre ceux qui nous haĂŻssent, qui interdisent notre langue, nos valeurs et mĂȘme notre foi, qui haĂŻssent l’histoire de notre patrie.

    Contre nous aujourd’hui fait partie d’un monde mourant. C’est une bande de toxicomanes nazis fous, un peuple confus et intimidĂ© et une grande meute de chiens qui aboient de chiens occidentaux. Avec eux se trouve un patchwork de cochons grognons et de philistins Ă  l’esprit Ă©troit de l’empire occidental dĂ©sintĂ©grĂ© avec de la salive dĂ©goulinant sur leur menton de dĂ©gĂ©nĂ©rescence. Ils n’ont aucune foi et aucun idĂ©al autre que les habitudes honteuses qu’ils ont inventĂ©es et les normes de double pensĂ©e qu’ils imposent qui nient la moralitĂ© accordĂ©e aux gens normaux. Par consĂ©quent, en nous soulevant contre eux, nous avons acquis un pouvoir sacrĂ©.

    OĂč sont nos anciens amis ? Nous avons Ă©tĂ© abandonnĂ©s par des partenaires effrayĂ©s – et nous leur avons crachĂ© dessus. Donc, ils n’étaient pas nos amis, mais juste des compagnons de voyage alĂ©atoires, des autocollants et des cintres.

    Des traĂźtres lĂąches et des transfuges cupides sont tombĂ©s sur les terres des Tri-Nine – laissez-les pourrir leurs os dans un pays Ă©tranger. Ils ne sont pas parmi nous, mais nous sommes devenus plus forts et plus purs.

    Pourquoi sommes-nous restĂ©s silencieux pendant longtemps ? Nous Ă©tions faibles et dĂ©vastĂ©s par l’intemporalitĂ©. Et maintenant, nous nous sommes dĂ©barrassĂ©s du sommeil collant et du bourbier morne des derniĂšres dĂ©cennies, dans lesquelles nous Ă©tions plongĂ©s par la mort de l’ancienne patrie. Notre rĂ©veil a Ă©tĂ© attendu par d’autres pays violĂ©s par des seigneurs des tĂ©nĂšbres, des propriĂ©taires d’esclaves et des oppresseurs qui rĂȘvent de leur passĂ© colonial monstrueux et aspirent Ă  maintenir leur pouvoir sur le monde. De nombreux pays ont longtemps ignorĂ© leurs absurditĂ©s, mais jusqu’à prĂ©sent, ils en ont peur. BientĂŽt, ils se rĂ©veilleront complĂštement. Et quand l’ordre mondial pourri s’effondrera, il enterrera sous le nuage de plusieurs tonnes de ses dĂ©combres tous ses prĂȘtres arrogants, ses adeptes assoiffĂ©s de sang, ses serviteurs moqueurs et ses mankurts sans paroles.

    Quelles sont nos armes ? Les armes sont diffĂ©rentes. Nous avons la capacitĂ© d’envoyer tous les ennemis dans un enfer de feu, mais ce n’est pas notre tĂąche. Nous Ă©coutons et obĂ©issons aux paroles du CrĂ©ateur dans nos cƓurs, et ces paroles nous donnent un but sacrĂ©. Le but est d’arrĂȘter le souverain suprĂȘme de l’enfer, quel que soit le nom qu’il utilise – Satan, Lucifer ou Iblis. Car son but est la perdition. Notre but, c’est la vie.

    Son arme est un mensonge complexe.

    Et nos armes sont la Vérité.

    C’est pourquoi notre cause est juste.

    C’est pourquoi la victoire sera la nître !

    Félicitations!

    1,2 million views 07:00 le 04/11/2022

    Fallait-il pour autant ne pas essayer d’embarquer la FĂ©dĂ©ration de Russie dans l’aventure dĂ©mocratique qui a tout de mĂȘme produit quelques bonnes choses depuis le XXĂšme siĂšcle ? Sans doute non ! En tout cas c’est l’option qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e en Occident avec plus ou moins d’enthousiasme, elle n’a pas atteint ses objectifs, c’est le moins que l’on puisse dire. Gageons que l’Occident sera maintenant vaccinĂ© pour un moment de reprendre langue avec ce pays avant, qu’un jour, des discussions ne s’ouvrent de nouveau car la gĂ©ographie Ă©tant ce qu’elle est, la Russie restera frontaliĂšre de l’Europe tant que la dĂ©rive des continents ne produira pas suffisamment ses effets.

  • Partenariat bla-bla-bla


    Partenariat bla-bla-bla


    Le prĂ©sident français a fĂ©licitĂ© son homologue brĂ©silien « Lula » qui a Ă©tĂ© Ă©lu de justesse face au prĂ©sident de droite sortant. Sur une vidĂ©o manifestement diffusĂ©e par l’ElysĂ©e on voit M. Macron empĂȘtrĂ© dans ses parapheurs mener sa confĂ©rence tĂ©lĂ©phonique en assĂ©nant sa volontĂ© d’entamer :

    Un partenariat stratégique à la hauteur de notre histoire et des défis qui sont devant nous


    On ne sait pas bien ce qu’est un « partenariat stratĂ©gique Â» sinon un slogan de circonstance, fumeux et verbeux. La France coopĂšre certainement avec le BrĂ©sil, diplomatiquement et Ă©conomiquement, elle va continuer Ă  le faire et il n’est pas nĂ©cessaire d’en rajouter avec des effets de manche inutiles.

  • Au PĂšre-Lachaise

    Au PĂšre-Lachaise

    Dans les allĂ©es d’un PĂšre Lachaise ensoleillĂ©.

  • « L’ombre de Goya par Jean-Claude CarriĂšre » de JosĂ© Luis LĂłpez-Linares

    « L’ombre de Goya par Jean-Claude CarriĂšre » de JosĂ© Luis LĂłpez-Linares

    Ce documentaire suit un voyage en Espagne, sur les traces de Goya, de Jean-Claude CarriĂšre (1931-2021), Ă©crivain, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et longtemps collaborateur du rĂ©alisateur espagnol Buƈuel. Au cours de ce qui est probablement l’un de ses derniers voyages il Ă©voque sa passion pour le peintre espagnol dans de longs monologues devant ses toiles exposĂ©es au Prado ou ailleurs, ou dans sa maison natale. Le rĂ©alisateur Ă©voque quant Ă  lui son intĂ©rĂȘt pour CarriĂšre en faisant aussi parler ses proches, toujours au sujet de la crĂ©ation.

    Avec ce pĂ©riple, on est aussi un peu Ă  l’ombre des gĂ©ants qui ont façonnĂ© l’art des siĂšcles derniers en Europe.

    Lire aussi : « Expérience Goya » au Musée des Beaux-Arts de Lille

  • « Radio Filharmonish Orkest » au Concertgebouw d’Amsterdam, dirigĂ© par StĂ©phane DenĂšve

    « Radio Filharmonish Orkest » au Concertgebouw d’Amsterdam, dirigĂ© par StĂ©phane DenĂšve

    • Hans Abrahamsen (1952) « Vers le silence Â» (2020-2021)
    • Maurice Ravel (1875-1937) « Concerto pour la main gauche en RĂ© majeur Â» (1929-1930), Pierre-Laurent Aimard piano
    • Florent Schmitt (1870-1958), « Suite ‘La tragĂ©die de SalomĂ©’, op. 50 Â»

    Un concert en matinĂ©e (14h15) dans cette magnifique salle classique du Concertgebouw d’Amsterdam, avec au programme des Ɠuvres du XXĂšme siĂšcle dont le « Concerto pour la main gauche Â» de Ravel jouĂ© au piano par le pianiste français Pierre-Laurent Aimard tournĂ© vers la musique contemporaine, il fut notamment pianiste soliste de l’Ensemble intercontemporain de Pierre Boulez et interprĂšte de nombreuses Ɠuvres modernes de Messiaen, Stockhausen, Ligeti etc. Il joue ici avec brio et effets de manche ce concerto si sombre de Ravel, composĂ© pour le pianiste autrichien Paul Wittgenstein (1887-1961) amputĂ© du bras droit Ă  la suite de la premiĂšre guerre mondiale.

    Cette Ɠuvre originale est non seulement admirable pour la technicitĂ© de la partie de piano exigeant une incroyable virtuositĂ© du soliste, mais surtout pour l’atmosphĂšre dramatique de la musique, alternant la force parfois mĂ©lancolique du piano avec l’emportement tragique de l’orchestre. Il y va de la violence de la guerre et de la solitude angoissĂ©e du combattant. Un concerto sublime !

  • Amsterdam

    Amsterdam

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  • « DĂ©colonialisme » au Rijks Museum d’Amsterdam

    « DĂ©colonialisme » au Rijks Museum d’Amsterdam

    Le visiteur chemine au deuxiĂšme Ă©tage du Rijs Museum au milieu des tableaux classiques hollandais (1600-1700) : Rembrant, Vermeer
 qui souvent reprĂ©sentent des nobles hollandais, habillĂ©s de noir avec collerette blanche, Ă  la rigueur toute protestante, assis avec discrĂ©tion sur la richesse et le pouvoir de cette caste qui fut Ă  l’origine du capitalisme occidental.

    Afin d’éclairer aussi l’origine de la philosophie de ces capitaines d’industrie, des petits panneaux ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s autour des tableaux pour rappeler les compromissions de la religion qui les a inspirĂ©s et fut aussi Ă  l’origine de leur fortune.

  • MusĂ©e Van Loon d’Amsterdam

    MusĂ©e Van Loon d’Amsterdam

    La vaste demeure du XVIIĂšme d’une famille de grands bourgeois sur le bord d’un canal transformĂ©e en musĂ©e exposant les fastes de la vie de l’époque
 quand on Ă©tait riches ! Des Van Loon ont Ă©tĂ© maires d’Amsterdam et ont cofondĂ© la Compagnie nĂ©erlandaise des Indes Orientales au XVIIĂšme, puis sont devenus banquiers.

    Créée en 1602, la Compagnie va assurer la force commerçante des Pays Bas durant deux siĂšcles en devenant l’une des premiĂšres sociĂ©tĂ©s capitalistes multinationales qui fut Ă  l’époque parmi les plus puissantes au monde. C’est l’occasion de se souvenir que les anciennes « Provinces unies Â» fondĂ©es au XVIIĂšme siĂšcle, devenues « Pays Bas Â» au XIXĂšme, entre deux guerres pour leur indĂ©pendance contre le Saint Empire germanique, le Royaume d’Espagne ou les ducs de Bourgogne, ont conquis un vaste empire colonial, de l’IndonĂ©sie et de la Chine aux CaraĂŻbes, en passant par l’Afrique du sud et le New-Jersey (ce sont des nĂ©erlandais qui ont créé la ville New York au XVIIĂšme). Au passage le pays a aussi prospĂ©rĂ© sur le commerce de l’esclavage aboli en 1863. Les Pays-Bas ont aussi ƓuvrĂ© pour l’essor du capitalisme, ils ont mĂȘme plus ou moins inventĂ© l’activitĂ© bancaire Ă  l’époque de leur puissance Ă  partir du XVIIĂšme.

    Les Pays-Bas ont menĂ© plusieurs guerres contre l’Angleterre, pas toujours victorieuses, mais ces deux puissances protestantes ont posĂ© les bases du systĂšme capitaliste libĂ©ral sur lequel vit encore l’Occident aujourd’hui. En cheminant dans les piĂšces bourgeoises de cette maison de maĂźtre on sent l’ñme de la famille Van Loom reprĂ©sentative du pouvoir et de l’influence des Pays-Bas durant cette Ă©poque rĂ©volue.

    https://www.museumvanloon.nl/

  • MusĂ©e Van Gogh d’Amsterdam

    MusĂ©e Van Gogh d’Amsterdam

    Le parcours du peintre nĂ©erlandais (1853-1890), de la naissance Ă  la folie, qui se termine par son suicide, est exposĂ© dans le beau musĂ©e d’Amsterdam qui porte le nom de l’artiste. Il y est expliquĂ© le travail acharnĂ© que Vincent a produit pour atteindre le sommet de son art et l’influence qu’il aura sur la peinture du XXĂšme siĂšcle. Sa technique de l’association des couleurs, son style en touches de peinture (le pointillisme), ses dessins, ses sĂ©ries, ses autoportraits, ses Ă©volutions, ses innombrables correspondances (beaucoup avec son frĂšre Theo) sur son travail sont prĂ©cisĂ©ment relatĂ©s

    On y revient sur son talent et ses comportements. Le sĂ©jour de Gauguin Ă  Arles en 1988 au terme duquel Vincent se dĂ©coupe une oreille avant d’ĂȘtre internĂ© ; il continue Ă  peindre Ă  l’hĂŽpital oĂč il retournera plusieurs fois, dont certaines, volontairement. La thĂ©orie psychanalytique Ă©tablit une attirance homosexuelle de Van Gogh pour Gauguin qui, devant l’impossibilitĂ© de se rĂ©aliser, aurait abouti Ă  cette mutilation pour offrir une partie de lui Ă  celui qu’il aimait
 Qui sait ?

    Son frĂšre Theo le ramĂšne ensuite Ă  Auvers-sur-Oise en 1989 oĂč il reçoit un coup de revolver dans l’épaule dont il mourra en quelques jours. A priori un suicide mais d’autres rumeurs courent sur un accident ou un homicide de deux enfants qui tiraient aux pigeons dans le coin. ThĂ©o qui Ă©tait atteint de la syphilis meurt quelques mois plus tard. Juste avant la mort de Vincent il venait d’avoir un enfant qu’il avait appelé  Vincent. La psychanalyse Ă©labore encore une thĂ©orie sur ce suicide, meurtre symbolique de l’enfant de ThĂ©o. Les deux frĂšres sont enterrĂ©s cĂŽte-Ă -cĂŽte dans le cimetiĂšre d’Auvers

    L’audioguide du musĂ©e rĂ©pĂšte Ă  plusieurs reprises que le talent de Vincent n’est pas le produit de sa folie mais plutĂŽt le fruit d’un travail acharnĂ© et de son gĂ©nie, comme si les Pays-Bas, trĂšs fiers de leur artiste national ne voulaient pas que sa rĂ©putation planĂ©taire soit entachĂ©e par l’hypothĂšse de la folie. Il n’est probablement pas Ă©vident de sĂ©parer l’ñme du pinceau, mais qu’importe, l’Ɠuvre est devant nous !

    Évidemment cet important musĂ©e n’a pas eu les moyens de racheter toutes les toiles de Van Gogh dispersĂ©es Ă  travers la planĂšte mais en prĂ©sente suffisamment, agrĂ©mentĂ©es de nombreux dessins, pour remplir les trois Ă©tages consacrĂ©s au peintre et Ă©difier les visiteurs.

    https://www.vangoghmuseum.nl/en

  • « Tosca » de Puccini mis en scĂšne par Pierre Audi

    « Tosca » de Puccini mis en scÚne par Pierre Audi

    « Tosca Â», le polar de Puccini, est prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra Bastille dans une mise en scĂšne simple et bien pensĂ©e. Un peintre amoureux d’une diva (Tosca) est en lutte pour l’indĂ©pendance de l’Italie mais il se heurte Ă  l’oppression reprĂ©sentĂ©e par un policier malfaisant et des religieux bornĂ©s. Finalement tout le monde meurt, l’amour n’a pas rĂ©ussi Ă  vaincre la rĂ©pression ! « Amour, gloire et beautĂ© Â», c’est une histoire Ă©ternelle tirĂ©e ici d’une piĂšce de Victorien Sardou transformĂ©e en opĂ©ra par Puccini en 1900.

    La musique est majestueuse, les chanteurs talentueux, y compris le chƓur des enfants de l’OpĂ©ra Bastille sur le final du premier acte. Un opĂ©ra classique et sans surprise, d’ailleurs cette session en matinĂ©e (14h30) est frĂ©quentĂ©e par de nombreux enfants qui viennent s’initier en famille Ă  l’art de l’opĂ©ra.

  • « GĂ©rard Garouste » au Centre Pompidou

    « Gérard Garouste » au Centre Pompidou

    Le Centre Pompidou expose une vaste rĂ©trospective de GĂ©rard Garouste, peintre-sculpteur-graveur français nĂ© en 1946. C’est l’occasion de survoler le parcours de cet artiste multicarte qui a produit tableaux, dessins, dĂ©cors (aussi bien au Palace [boĂźte de nuit], que dans des cathĂ©drales ou au palais de l’ElysĂ©e), sculpture et gravures.

    L’homme est aussi en proie Ă  ses ombres comme l’illustrent ses toiles sombres, torturĂ©es, souvent difficilement comprĂ©hensibles pour le nĂ©ophyte. Sujet Ă  la bipolaritĂ© Garouste a fait des sĂ©jours en hĂŽpital psychiatrique pour tenter d’y soigner ses maux, notamment une relation difficile avec son pĂšre qui eut une attitude douteuse durant la derniĂšre guerre, participant Ă  la spoliation de biens appartenant Ă  des juifs. Il s’est aussi rapprochĂ© des religions, jusqu’à se convertir au judaĂŻsme. Il apprit l’hĂ©breu et illustra plusieurs Ă©ditions de l’Haggada le livre de Pessah, la pĂąque juive, dont des extraits sont exposĂ©s.

    Le visiteur sort troublĂ© par cette exposition Ă©nigmatique qui traduit la complexitĂ© de l’artiste Garouste animĂ© d’une inspiration perturbante guidĂ©e par sa maladie dont il donne l’impression de vouloir s’échapper par tous les chemins que lui permet une crĂ©ativitĂ© dĂ©bordante, elle-mĂȘme sans doute aussi le produit de la bipolaritĂ©.

  • Il faut oser

    Il faut oser

    Il semble que l’armĂ©e russe ait acquis des drones « suicide Â» Ă  l’Iran qu’elle utilise de façon importante contre l’Ukraine depuis une semaine pour dĂ©truire ses infrastructures Ă©nergĂ©tiques civiles. Moscou nie cette acquisition et explique que ces diaboliques petites machines sont russes, elles ont d’ailleurs Ă©tĂ© rebaptisĂ©s d’un nom russe, mais leur origine iranienne ne semble faire guĂšre de doutes parmi les « experts de plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s Â».

    Avec un certain culot, les puissances occidentales accusent TĂ©hĂ©ran de violer on ne sait plus quel traitĂ© en vendant des armes Ă  la Russie. Quand on voit les quantitĂ©s astronomiques d’armes que le mĂȘme Occident dĂ©verse sur l’Ukraine depuis des mois, on se demande s’il est bien sĂ©rieux d’utiliser les mĂȘmes moyens de propagande que Moscou, et surtout Ă  quoi cela sert-il ? Que la Russie soit rĂ©duite Ă  aller acheter de l’armement Ă  un pays en dĂ©veloppement ne devrait pas forcĂ©ment ĂȘtre une trop mauvaise nouvelle pour l’Occident. Prendre ensuite des sanctions contre la compagnie iranienne produisant ces drones comme l’ont fait les Occidentaux fait partie des rĂšgles du jeu. Mais critiquer un Etat iranien qui fait exactement la mĂȘme chose que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et tous les autres, c’est-Ă -dire livrer des armes au belligĂ©rant pour qui on a pris parti : est-ce bien nĂ©cessaire ?

  • « Peuls du Sahel » de Pascal Maitre Ă  l’AcadĂ©mie des Beaux-Arts

    « Peuls du Sahel » de Pascal Maitre Ă  l’AcadĂ©mie des Beaux-Arts

    Pascal MaĂźtre, photographe nĂ© dans l’Indre en 1955, laurĂ©at en 2020 du Prix de Photographie Marc Ladreit de LacharriĂšre, expose ses photos sur les Peuls entre le Niger, le Mali et le Burkina-Faso Ă  l’acadĂ©mie des beaux-arts. Les clichĂ©s sont superbes et leur prĂ©sentation est aussi politique qui explique pourquoi et comment les Peuls ont intĂ©grĂ© le djihadisme pour en constituer l’essentiel des troupes au Sahel. EntremĂȘlĂ©e avec la rĂ©bellion des Touaregs contre le pouvoir central au Mali qui dure depuis (au moins) les annĂ©es 1970, cette population Peul forte d’environ 70 millions de personnes n’a jamais su tenu compte ni des frontiĂšres ni des Etats mais, surtout, majoritairement composĂ©e de d’éleveurs-nomades elle s’est opposĂ©e de tous temps aux populations sĂ©dentaires, souvent violemment.

    Ces comportements corporatistes, ajoutĂ©s Ă  l’influence religieuse musulmane, en ont fait des recrues de choix pour le terrorisme islamique. PlutĂŽt bons guerriers, ils constituaient les troupes de chocs de la Libye de Kadhafi. AprĂšs l’effondrement du rĂ©gime de ce dernier Ă  la suite de l’intervention occidentale, ils ont regagnĂ© le Sahel avec armes et bagages.

    Au Mali, le gouvernement a armĂ© certaines populations, notamment les Dogons, les Ă©rigeant en milices pour lutter contre l’islamisme. Il s’en est suivi nombre de massacres, de vengeances et de contre-massacres qui durent toujours, souvent autant pour des raisons ancestrales et claniques que du fait du djihadisme. Dans un cas comme dans l’autre, le rĂ©sultat est similaire et les pays oĂč se dĂ©roulent ces conflits sont Ă  la dĂ©rive.

    DerriÚre les couleurs de ses photos, Pascal Maitre explique la triste réalité de cette population Peul avec réalisme.

    Milice Dogon anti-islamique
  • Le chaos aprĂšs la bataille

    Le chaos aprĂšs la bataille

    La guerre d’Ukraine va bien se terminer un jour. On ignore quand. La seule certitude Ă  ce jour est que l’ensemble Ukraine-Russie sera exsangue aprĂšs la bataille et qu’il faudra des annĂ©es, voir des dĂ©cennies, pour redonner bonne figure Ă  ces deux pays. Le chaos sera total et durable, sans parler des dommages collatĂ©raux subis par le reste de la planĂšte qui a pris parti pour l’un ou l’autre des belligĂ©rants.

    Le dĂ©sastre va ĂȘtre humain : on parle dĂ©jĂ  de bilans Ă  ce jour de 20 Ă  30 000 morts de chaque cĂŽtĂ© et la statistique militaire a l’habitude de multiplier le chiffre des morts par deux ou par trois pour estimer le nombre de blessĂ©s. Il sera aussi financier, et dans les grandes largeurs, pour reconstruire l’Ukraine et financer son Etat et les contribuables europĂ©ens sont les meilleurs candidats pour assurer ce financement. Par ailleurs, il est plus que probable que les aides actuelles, budgĂ©taires et en matĂ©riels militaires, ne seront jamais remboursĂ©es. Le chaos sera probablement aussi militaire, des quantitĂ©s considĂ©rables d’armements, souvent sophistiquĂ©s, ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©s sur l’Ukraine et personne ne peut assurer que l’Etat ukrainien, ou ce qu’il en restera aprĂšs la guerre, sera capable de contrĂŽler ces Ă©quipements et d’éviter qu’ils ne soient un jour retournĂ©s contre leurs donateurs ou se retrouver dans les mains des mafieux de tous ordres qui pullulent Ă  l’Ouest comme Ă  l’Est.

    Le chaos sera aussi politique tant l’Union europĂ©enne va ĂȘtre bouleversĂ©e par les suites de cette guerre et, notamment, par l’adhĂ©sion annoncĂ©e de l’Ukraine et de la Moldavie et celles des pays balkaniques occidentaux Ă  venir dĂ©jĂ  inscrits sur la liste (l’Albanie, la MacĂ©doine du Nord et la Bosnie-HerzĂ©govine, en attendant la Serbie, le Kosovo et le MontĂ©nĂ©gro). En cas de victoire ukrainienne on peut facilement imaginer la capacitĂ© de Kiev quand elle siĂ©gera Ă  Bruxelles Ă  se draper derriĂšre le sang versĂ© pour s’ĂȘtre battu « pour prĂ©server l’Europe de la barbarie russe Â». Qui osera s’opposer aux demandes de l’Ukraine dans les instances europĂ©ennes ? Et mĂȘme si les pays occidentaux de l’Europe avaient l’audace de le faire ils seraient rapidement emportĂ©s par la vague de l’Europe centrale et orientale. Et si l’Ukraine perdait la guerre, on ne sait pas encore bien ce qui adviendrait Ă  l’Occident


    Pour la Russie le chaos semble aussi inĂ©vitable. Si elle perd la guerre il est probable que le prĂ©sident actuel et son clan seront dĂ©posĂ©s, voire Ă©liminĂ©s, et qui sait qui les remplacera, ni quelles seront les rĂ©actions du peuple, des peuples de la FĂ©dĂ©ration ? Si elle gagne elle devra occuper une Ukraine ou une partie d’Ukraine dont un pourcentage de la population lui sera hostile comme le reste de l’Occident qui maintiendrait alors ses sanctions Ă©conomiques.

    Le mieux aurait Ă©tĂ© de ne pas faire cette guerre surtout que la FĂ©dĂ©ration de Russie est dĂ©jĂ  le plus grand pays de la planĂšte, quel besoin avait-elle de vouloir encore augmenter son territoire sinon pour satisfaire des Ă©gos surdimensionnĂ©s de dirigeants de rencontre prĂ©occupĂ©s de laisser des traces dans une histoire qu’ils s’évertuent Ă  réécrire avec le soutien plus ou moins affichĂ© d’une partie de leurs citoyens ? Comme tout ceci est vain et inutile !

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