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  • Mort d’Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode

    Mort d’Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode

    Andrew Fletcher (1961-2022), claviĂ©riste britannique et cofondateur du groupe Ă©lectrorock Depeche Mode est mort aujourd’hui Ă  60 ans. Ils Ă©taient autre Ă  l’origine : Martin Gore, Dave Gahan, Vincent Clark et Andy. Clark a quittĂ© le groupe en 1981, Andy le dĂ©serte aujourd’hui, il reste les deux premiers. Ensemble ils ont Ă©crit et jouĂ© parmi les tubes les plus emblĂ©matiques des annĂ©es 1980-1990. Le groupe continuait Ă  composer et Ă  tourner pour le plus grand plaisir des vieux fans.

  • La Turquie s’oppose, comme souvent

    La Turquie s’oppose, comme souvent

    La guerre menĂ©e par la Russie contre l’Ukraine gĂ©nĂšre quelques Ă©tats d’ñme pour la Turquie, membre de l’alliance militaire de l’Atlantique Ouest (OTAN) qui a pris fait et cause pour Kiev dans ce conflit. Inquiets des poussĂ©es impĂ©rialistes de Moscou, la Finlande et la SuĂšde, pays europĂ©ens traditionnellement neutres viennent de prĂ©senter officiellement leur candidature pour devenir membre de l’OTAN et bĂ©nĂ©ficier ainsi de la protection de cette alliance si la Russie venait Ă  les menacer. L’unanimitĂ© des pays dĂ©jĂ  membres est requise pour toute nouvelle adhĂ©sion et, bien entendu, la Turquie fait entendre sa voix discordante. Il reproche Ă  ces deux pays d’accueillir des opposants turcs sur leurs territoires, notamment kurdes, ce qui est vrai

    La chartre de l’OTAN prĂ©voit les conditions d’accession Ă  l’alliance mais Ă©galement les modalitĂ©s de sortie d’un pays-membres, cela pourrait intĂ©resser la Turquie :

    Article 13

    AprĂšs que le TraitĂ© aura Ă©tĂ© en vigueur pendant vingt ans, toute partie pourra mettre fin au TraitĂ© en ce qui la concerne un an aprĂšs avoir avisĂ© de sa dĂ©nonciation le gouvernement des Etats-Unis d’AmĂ©rique, qui informera les gouvernements des autres parties du dĂ©pĂŽt de chaque instrument de dĂ©nonciation.

    https://www.nato.int/cps/fr/natolive/official_texts_17120.htm

    Cependant il n’est pas prĂ©vu de modalitĂ©s d’expulsion d’un pays. Pour le moment Ankara bloque l’adhĂ©sion de la SuĂšde et la Finlande Ă  l’OTAN et risque de faire monter les enchĂšres. Rappelons par ailleurs que la Turquie continue d’occuper illĂ©galement une partie d’un Etat-membre de l’Union europĂ©enne : Chypre.

    Au-delĂ , il n’est pas sĂ»r que l’entrĂ©e dans l’Alliance atlantique de ces deux pays, jusqu’ici neutres, dont l’un frontalier de la Russie, soit une bonne affaire, pour eux comme pour nous. Evidemment, ils ont peur alors ils se croient plus en sĂ©curitĂ© en intĂ©grant l’OTAN, ce qui est peut-ĂȘtre vrai. Souhaitons juste ne jamais Ă  avoir Ă  vĂ©rifier ce sentiment. L’extension de l’Alliance si elle se rĂ©alise ne va pas manquer de renforcer le sentiment d’encerclement de la Russie par l’Occident et donc ses Ă©ventuelles rĂ©actions guerriĂšres. La Finlande et la SuĂšde font partie du cercle de nos vrais amis, peut-ĂȘtre aurait-il Ă©tĂ© possible de leur octroyer les garanties de sĂ©curitĂ© qu’ils demandent sans les faire adhĂ©rer Ă  l’Alliance ?

  • « Drive my car » de Ryusuke Hamaguchi

    « Drive my car » de Ryusuke Hamaguchi

    Un metteur en scĂšne en vue monte « Oncle Vania Â» de Tchekhov, Ă  Hiroshima. Une jeune femme est mise Ă  sa disposition pour le conduire en voiture. Une Ă©trange relation va s’établir entre eux au hasard des coĂŻncidences de la prĂ©paration de la piĂšce. L’un et l’autre ont un passĂ© douloureux en mĂ©moire dont l’évocation va les rapprocher sans que l’amour ne les rĂ©unissent, sans doute trop de diffĂ©rence d’ñge, certainement des origines socio-culturelles trĂšs Ă©loignĂ©es.

    C’est une histoire de perte et de douleur, un rĂ©cit sur la rĂ©demption aprĂšs la disparition d’ĂȘtres aimĂ©s ou dĂ©testĂ©s. C’est la tristesse et l’espoir qui va rĂ©unir ces deux personnages si touchants afin qu’ils arrivent Ă  regarder vers le futur, chacun de leur cĂŽtĂ©.

    Evidemment, Hamagouchi, jeune cinĂ©aste (43 ans) s’adresse Ă  une clientĂšle cinĂ©phile plutĂŽt Ă©litiste, film de 3 heures dans le contexte d’une piĂšce de TchĂ©khov jouĂ©e en japonais et en langage des signes corĂ©en, mais les sentiments intimes Ă©voquĂ©s sont universels. Peut-ĂȘtre aurait-il pu lĂ©gĂšrement rĂ©duire la durĂ©e du film en rĂ©sumant un peu plus dans le scĂ©nario les passages consacrĂ©s Ă  la prĂ©paration d’ « Oncle Vania » ?

  • Omerta corse ou association de malfaiteurs

    Omerta corse ou association de malfaiteurs

    La justice française est en train de renoncer Ă  faire la lumiĂšre dans l’affaire de l’assassinat en 2012 de Jacques Nacer, prĂ©sident de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse du Sud. Cet assassinat s’est dĂ©roulĂ© un mois aprĂšs celui du bĂątonnier de la ville d’Ajaccio, Me Antoine Sollacaro. Dans l’affaire Nacer, un non-lieu gĂ©nĂ©ral vient d’ĂȘtre Ă©mis, faute d’élĂ©ments. Il met fin aux investigations et les coupables resteront certainement impunis.

    Ces assassinats en sĂ©rie fleurent bon les rĂšglements de comptes entre clans mafieux. On a Ă©voquĂ© la bande « du Petit Bar Â», Alain Orsoni, Jacques Santoni, bref, toute la fine fleur du banditisme corse teintĂ© de revendications nationalistes. Tout ce petit monde s’assassine et se tient par la barbichette et, surtout, respecte une redoutable omerta qui protĂšge les uns et les autres des foudres de la justice.

    Les mafieux corses prĂ©fĂšrent rĂ©gler leurs comptes directement entre eux plutĂŽt que de laisser agir le pouvoir judiciaire censĂ© protĂ©ger les citoyens de leurs errances. La population semble ne guĂšre leur en vouloir et participe d’ailleurs plus ou moins Ă  l’omerta. C’est une preuve supplĂ©mentaire de l’incompatibilitĂ© de la Corse avec la RĂ©publique française. Cela tombe bien car les premiĂšres nĂ©gociations sur l’autonomie sont programmĂ©es maintenant qu’un nouveau gouvernement a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© Ă  Paris. Il faut rapidement avancer vers cette autonomie prĂ©alable Ă  une totale indĂ©pendance qui est la seule voie pour organiser un futur serein et apaisĂ© Ă  la Corse qui fut rattachĂ©e Ă  la France en 1769.

  • DĂ©cĂšs de Miss Tic

    DécÚs de Miss Tic

    La cĂ©lĂšbre grapheuse Miss Tic est morte ce 22 mai des suites d’une longue maladie. Elle nous a enchantĂ© de ses pochoirs dĂ©couverts au hasard des rues de Paris : des beautĂ©s pulpeuses qui affichent leur Ă©mancipation et leur sens de l’humour. Elles sont les avatars de cette artiste de rue crypto punk progressivement devenue l’égĂ©rie d’un monde urbain « branché ». Adieu Miss !

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  • Le risque de l’hubris

    Le risque de l’hubris

    Alors que l’armĂ©e russe rencontre une franche rĂ©sistance de l’armĂ©e ukrainienne dans sa tentative de mettre au pas ce « pays frĂšre Â», voire affronte quelques dĂ©faites majeures comme l’abandon de son objectif de conquĂ©rir Kiev ou la destruction de son navire amiral « Moskva Â», l’Ukraine et ses soutiens occidentaux commencent Ă  afficher des comportements un peu trop optimistes quand on voit la rĂ©alitĂ© militaire sur le terrain et la situation politique prĂ©valant dans ces deux pays.

    La guerre est sans doute loin d’ĂȘtre terminĂ©e et l’égo des dirigeants, voire le nationalisme exacerbĂ© des deux populations, rendent pour le moment improbables toute nĂ©gociation pour mettre fin Ă  cette guerre et, dans le mĂȘme temps, font que les deux parties refusent toute concession possible.

    La raison devrait pousser les belligĂ©rants Ă  tout faire pour nĂ©gocier et convenir d’un cessez-le-feu dans les meilleurs dĂ©lais, mais elle est pour l’instant hors de portĂ©e des parties qui prĂ©fĂšrent laisser parler les armes. L’Ukraine et ses soutiens occidentaux seraient bien avisĂ©s de ne pas trop parader derriĂšre une Ă©volution du conflit qui semble en leur faveur. DiscrĂ©tion et modestie devraient guider leur attitude. L’action sans triomphalisme devraient guider leur politique en laissant l’hubris au vestiaire.

  • L’escroquerie continue

    L’escroquerie continue

    Lors des rĂ©centes Ă©lections prĂ©sidentielles françaises, tous les candidats ont rivalisĂ© de mesures visant Ă  « prĂ©server le pouvoir d’achat Â» des citoyens en une pĂ©riode de retour Ă  l’inflation. Cela consiste en rĂ©alitĂ© Ă  faire payer par les uns ce que les autres ne peuvent ou ne veulent pas payer. C’est gĂ©nĂ©ralement le contribuable qui est mis Ă  contribution. Lorsque le prix de l’essence est subventionnĂ© par l’Etat comme c’est actuellement le cas et affichĂ© sur toutes les stations-service, l’Etat prend en charge entre 15 centimes par litre achetĂ© par le consommateur, c’est-Ă -dire que le contribuable rembourse entre 15 centimes/litre au consommateur. Lorsque le contribuable est Ă©galement consommateur de carburant, l’opĂ©ration est plus ou moins neutre. Si ce dernier est un gros rouleur et est peu imposĂ©, il tape dans la poche du contribuable, et vice-versa.

    Dans le cas de l’électricitĂ© oĂč le producteur historique EDF est forcĂ© par son actionnaire majoritaire, l’Etat, Ă  livrer de l’électricitĂ© Ă  bas coĂ»t Ă  des distributeurs « indĂ©pendants Â», le transfert est un peu plus sinueux mais est largement similaire puisque EDF, sociĂ©tĂ© publique surendettĂ©e et non maĂźtre de ses prix de vente, doit ĂȘtre rĂ©guliĂšrement recapitalisĂ©e par l’Etat, donc le contribuable. L’imposition de prix de vente « bas Â» Ă  EDF revient Ă  prĂ©cipiter l’inĂ©vitable recapitalisation de ce producteur d’énergie par les contribuables.

    Un autre grand classique de campagne Ă©lectorale est l’annonce de baisse d’impĂŽt sans annoncer quelles dĂ©penses publiques diminueront en consĂ©quence ou quel autre impĂŽt augmentera pour compenser celui qui est annoncĂ© comme devant baisser.

    Dans une malhonnĂȘtetĂ© intellectuelle toute française, les dirigeants expliquent que ces dispositifs sont destinĂ©s Ă  Ă©viter aux français de se heurter aux hausses des prix :

    Pour plus de pouvoir d’achat dĂšs cet Ă©tĂ© : maintien des boucliers gaz et Ă©lectricitĂ©, « prime Macron Â» jusqu’à 6000 euros sans charges ni impĂŽts, indexation des retraites sur l’inflation, suppression de la redevance tĂ©lĂ© et baisse des impĂŽts de succession.

    Mesure n°1 tract électoral Macron 2Úme tour (24/04/2022)

    L’Etat ne sait plus dire non aux nouvelles dĂ©penses exigĂ©es par les citoyens, c’est probablement l’une de ses plus grandes dĂ©faillances. L’exemple de l’acceptation du financement sur fonds publics de la coupe du monde de rugby en 2023 et des jeux olympiques en 2024 en est probablement la plus flagrante illustration. En termes de prioritĂ© tout le monde est d’accord pour placer l’école, le systĂšme de santĂ©, la recherche, la police, l’armĂ©e, etc
 bien plus prioritaires que le sport, et pourtant la France a prĂ©fĂ©rĂ© financer les jeux du cirque plutĂŽt que ses instituteurs.

    Et c’est ainsi que le dernier budget de la RĂ©publique en Ă©quilibre date de 1974, une Ă©poque oĂč le prĂ©sident Macron n’était mĂȘme pas né 

  • « Varsovie 83, une affaire d’Etat » de Jan P. Matuszynski

    « Varsovie 83, une affaire d’Etat » de Jan P. Matuszynski

    Nous sommes en Pologne en 1983, le pays de l’Est le plus turbulent du bloc communiste, oĂč la religion catholique a toujours aidĂ© le peuple Ă  lutter contre l’oppression marxiste un peu considĂ©rĂ©e comme l’antĂ©christ ! BasĂ© sur une histoire vraie, le film dĂ©taille le processus de l’oppression dans lequel des forces de sĂ©curitĂ© (la milice) se croient autorisĂ©es Ă  toutes les pratiques non-dĂ©mocratiques, les responsables de ces forces s’estimant investis de la mission divine de faire respecter l’ordre communiste quel qu’en soit le prix, en l’occurrence la mort d’un gamin « dĂ©viant Â» tabassĂ© dans un commissariat par la milice.

    La machine rĂ©pressive cherche alors Ă  « rĂ©gulariser Â» le crime pour l’attribuer Ă  d’autres, ce qu’elle va rĂ©ussir Ă  faire avec un relatif mais incomplet succĂšs. En 1983 la Pologne est dĂ©jĂ  agitĂ©e de soubresauts dĂ©mocratiques, attisĂ©s par la religiositĂ© de la majoritĂ© de sa population mais la machine communiste est encore la plus forte Ă  cette Ă©poque pour broyer les aspirations dĂ©mocratiques d’une grande partie de sa population. Devant la publicitĂ© et l’émotion populaire provoquĂ©e par la mort violente de ce gamin, le pouvoir communiste en place se sent quand mĂȘme obligĂ© de se justifier, Ă  dĂ©faut d’avoir pu cacher ce dĂ©cĂšs, la meilleure façon d’y arriver Ă©tant encore de faire porter le chapeau par un autre.

    Le film revient sur ce processus dĂ©lĂ©tĂšre du maquillage de la vĂ©ritĂ©, l’un des arts majeurs du communisme et des dictatures en gĂ©nĂ©ral. Nous sommes en 1983, le communisme a encore quelques annĂ©es Ă  vivre et beaucoup y laisseront encore leur vie avant la « chute du Mur Â» et la dĂ©bandade de l’idĂ©ologie affĂ©rente en Europe. On se souvient qu’il n’y eut pas d’intervention militaire du « grand frĂšre Â» soviĂ©tique en Pologne lors des grandes contestations du communisme par le syndicat Solidarnosc. Le pouvoir polonais incarnĂ© par le gĂ©nĂ©ral Jaruzelski dĂ©cida de faire seul le travail de rĂ©tablissement de l’ordre et l’Union soviĂ©tique n’eut pas Ă  intervenir directement comme elle le fit Ă  Prague en 1968 par exemple.

    Ce fut peut-ĂȘtre encore pire en Pologne car ce sont des Polonais qui ont martyrisĂ© d’autres Polonais. Les comptes n’ont jamais Ă©tĂ© vraiment soldĂ©s ni rĂ©glĂ©s dans ce pays que l’on voit de nouveau dĂ©river vers les rivages dangereux de la « dĂ©mocrature Â» tout en ayant choisi le camp occidental et l’abri financiĂšrement rassurant de l’Union europĂ©enne. Le film illustre bien cette pĂ©riode trouble.

  • BOILE Anthony, ‘The Stranglers – Black and White’.

    BOILE Anthony, ‘The Stranglers – Black and White’.

    Sortie : 2020, Chez : Discogonie.

    Une analyse pertinente du troisiĂšme disque des Stranglers, « Black and White » (1978), dans cette jolie collection, « Discogonie », dont chaque volume est consacrĂ© Ă  un disque de rock. Anthony Boile est un historien de l’art qui est manifestement un amateur de ce groupe marquant du post-punk et qui dure toujours depuis le mitan des annĂ©es 1970.

    Chaque chanson du disque est dĂ©taillĂ©e dans un chapitre dĂ©diĂ© ce qui donne l’occasion de revenir sur la personnalitĂ© des musiciens et leurs rĂ©fĂ©rences artistiques dans le contexte de l’Ă©poque. C’Ă©tait la guerre froide, la crise Ă©conomique, l’amĂ©ricanisation abĂȘtissante de la jeunesse occidentale, le jubilĂ© de la reine Elisabeth insultĂ©e par les Sex Pistols
 le mouvement punk a balayĂ© les hippies et les babas, choquĂ© les bourgeois et fait exploser le monde du rock. Les Stranglers font partie de cette vague avec une spĂ©cificitĂ© musicale liĂ©e aux claviers de Dave Greenfield (1948-2020) que l’on a souvent comparĂ© Ă  Ray Manzarek des Doors.

    A l’Ă©poque de « Black and White » la musique des Stranglers Ă©tait rugueuse et ses membres ne dĂ©daignaient pas de faire le coup de poing contre les journalistes ou les hooligans qui perturbaient leurs concerts. Ils se sont depuis un peu embourgeoisĂ©s mais continuent Ă  produire des disques et Ă  faire des tournĂ©es.

    Au fur et Ă  mesure du dĂ©roulement des chansons de l’album, Boile se penche sur les rĂ©fĂ©rences politiques et littĂ©raires de ce groupe engagĂ©, l’intĂ©rĂȘt du bassiste Jean-Jacques Burnel pour Mishima, celui du guitariste Hugues Cornwell pour Asimov, le nihilisme de tous qui a donnĂ© ces albums de lĂ©gende dont « Black and White est l’un des symboles. L’auteur dĂ©taille aussi de façon intĂ©ressante les techniques musicales spĂ©cifiques qui marquent l’originalitĂ© du groupe.

    « Black and White » : le livre est Ă©videmment Ă  lire en Ă©coutant cet album charniĂšre d’un groupe dĂ©tonnant et attachant.

  • « THIS MUCH I KNOW TO BE TRUE – Nick Cave & Warren Ellis” de Andrew Dominik

    « THIS MUCH I KNOW TO BE TRUE – Nick Cave & Warren Ellis” de Andrew Dominik

    Nick Cave continue Ă  mettre sa vie artistique en scĂšne avec ce nouveau film Â« This is much I know to be true Â» tournĂ© au printemps 2021. Il s’agit d’une prestation live avec son compĂšre Warren Ellis, tournĂ©e dans une ancienne Ă©glise transformĂ©e en studio, les peintures religieuses parent toujours les murs, l’intĂ©rieur du bĂątiment a Ă©tĂ© dĂ©pouillĂ© de tout Ă©lĂ©ment architectural ou mobilier offrant ainsi un immense espace dĂ©diĂ© Ă  la prestation musicale. Au centre trĂŽne un piano Ă  queue autour duquel se rĂ©partissent les deux musiciens. La scĂšne est cernĂ©e par un grand cercle en rail sur lequel roulent des camĂ©ras. Des choristes et des cordes interviennent sur certains morceaux qui sont tous jouĂ©s par nos deux compĂšres : Nick au chant et au piano, Warren au violon ou au clavier. Ils interprĂštent des morceaux de « Ghosteen Â» (dont la tournĂ©e programmĂ©e en 2020 a Ă©tĂ© annulĂ©e pour cause de pandĂ©mie) et de « Carnage Â» .

    Lire aussi : Nick Cave & Warren Ellis – 2021/10/13 – Paris Salle Pleyel

    Le rĂ©sultat est subtil, tout en inspiration, loin du monde matĂ©riel, tournĂ© vers la magie qui inspire les grands artistes, et le tragique de la vie de Nick Cave. Voila qui compense quelque peu l’annulation de la tournĂ©e « Ghosteen Â» pour cause de pandĂ©mie et nous replonge dans la magie de la tournĂ©e « Carnage Â» l’an dernier.

    Nick Cave et son compĂšre Warren Ellis continuent Ă  mettre leur vie artistique en disques et en films, pour notre plus grand bonheur.

    Lire aussi : « 20 000 jours sur terre Â» de Iain Forsyth & Jane Pollard

  • Bonne nouvelle : la thĂ©orie Ă©conomique est confirmĂ©e

    L’inflation est de retour dans le monde, et particuliĂšrement dans les pays occidentaux. Depuis le dĂ©but de la crise sanitaire les Ă©conomistes avaient du mal Ă  comprendre comment aprĂšs avoir dĂ©versĂ© tant d’argent « central Â» sur les Ă©conomies, sans aucun rapport avec l’évolution de la production qui Ă©tait au ralenti, nous n’avions pas constatĂ© un retour de l’inflation.

    Il y a sans doute eu un peu d’inertie mais cette crĂ©ation monĂ©taire dĂ©bridĂ©e ajoutĂ©e Ă  la hausse significative des prix des matiĂšres premiĂšres a dĂ©clenchĂ© le retour de l’inflation qui semble durable en cette annĂ©e 2022. La thĂ©orie Ă©conomique est donc toujours d’actualitĂ© : si l’on crĂ©e plus de monnaie que n’en nĂ©cessite l’évolution de la production, la diffĂ©rence va dans l’inflation. Nous en sommes lĂ  !

    Les consĂ©quences sont diverses :

    • Les sexagĂ©naires rajeunissent en se souvenant des annĂ©es 1980 oĂč l’inflation Ă©tait Ă  deux chiffres et que c’est un gouvernement
 socialiste qui a cassĂ© la spirale inflationniste, notamment en coupant le lien entre salaires indexĂ©s et inflation.
    • Les banques centrales ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  faire remonter les taux d’intĂ©rĂȘt ce qui va ralentir la croissance en renchĂ©rissant le coĂ»t de la dette.
    • Les pays financiĂšrement mal gĂ©rĂ©s et en dĂ©ficits publics permanents, comme la France, vont devoir payer des charges d’intĂ©rĂȘt de plus en plus importantes compte tenu des niveaux extravagants de leurs dettes.

    La prochaine crise risque d’ĂȘtre financiĂšre et toucher plus gravement les pays surendettĂ©s


  • Pendant la guerre, le gaz Ă  flots continus

    Pendant la guerre, le gaz Ă  flots continus

    La guerre de la Russie contre l’Ukraine remet au goĂ»t du jour la dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique de nombreux pays europĂ©ens Ă  l’égard de Moscou mais le plus Ă©tonnant est l’espĂšce d’équilibre de fait, acceptĂ© par les belligĂ©rants et l’Europe. Alors que les combats font rage avec leur cortĂšge d’exactions, de civils et militaires tuĂ©s de part et d’autre, de villes dĂ©vastĂ©es par les bombes, la Russie continue Ă  envoyer son gaz dans les pipelines en direction de l’Ouest, y compris le pipeline traversant l’Ukraine.

    L’utilisation de l’arme d’un embargo/coupure de l’approvisionnement du gaz russe effraie tout le monde : la Russie qui du coup verrait disparaĂźtre les revenus correspondants, les pays europĂ©ens qui devraient demander Ă  leurs citoyens de rĂ©duire leur consommation. Alors les bombardements russes comme ukrainiens prennent bien soin de ne pas risquer d’endommager les pipelines qui sont Ă  leur portĂ©e sur le territoire de l’Ukraine, les autres tuyaux d’approvisionnement se trouvant dans d’autres pays. Le gaz circule joyeusement et il est payĂ© rubis sur l’ongle Ă  des cours extravagants compte tenu de la loi du marchĂ©. Le gaz passe d’Est en Ouest et les sous font le chemin inverse. On voit mĂȘme la Russie payer Ă  l’Ukraine les droits de passage dus au titre du transit de son gaz par les olĂ©oducs traversant ce pays


    En voyant cet accord tacite inattendu entre des nations qui ne se parlent plus qu’à coups de bombes, on se dit que la guerre mondiale n’est pas encore pour tout de suite !

    Les bonnes Ăąmes occidentales qui n’osent toujours pas dire Ă  Mme. Michu qu’il va falloir qu’elle diminue sa consommation et que, mĂȘme aprĂšs restriction, elle paiera plus cher pour se chauffer, parlent de « diversifier Â» les approvisionnements c’est dire d’aller acheter des hydrocarbures au Qatar ou en Arabie-Saoudite, pays guĂšre plus recommandables que la Russie et tout aussi capables de couper le robinet si leurs intĂ©rĂȘts le commandaient.

    On parle de « diversifier » la consommation d’hydrocarbures et non de la diminuer, c’est bien lĂ  le problĂšme. Les programmes Ă©lectoraux prĂ©sidentiels français d’avril dernier de nombre de candidats misaient sur l’arrĂȘt des projets Ă©oliens, notamment :

    Protection de nos paysages : pas d’éolien sans accord des populations.

    Mesure 24 de Valérie Pécresse

    Interdire tout nouveau projet d’éoliennes.

    Eric Zemmour

    Et sans parler de l’inĂ©narrable StĂ©phane Bern qui a pris la tĂȘte d’une croisade contre les Ă©oliennes en 2021 en les qualifiant de « supercherie Â». Par les temps qui courent, tous ces pourfendeurs d’énergie non carbonĂ©es vont peut-ĂȘtre devoir ravaler leurs arguments de « bobos en circuits courts Â». Certes, l’énergie Ă©olienne n’est sans doute pas exempte de dĂ©fauts et ne va pas tout rĂ©soudre, mais c’est probablement une diversification aussi intĂ©ressante que d’aller acheter du pĂ©trole au Qatar qu’il convient de ne pas nĂ©gliger. La diversification doit concerner non seulement l’origine mais aussi la nature de l’énergie. D’ailleurs on entend beaucoup moins M. Bern ces derniers temps ce qui est de toute façon une bonne chose.

    Lire aussi : Le goût de la polémique
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  • Retour en fanfare de la faucille et du marteau Ă  Moscou

    Retour en fanfare de la faucille et du marteau Ă  Moscou

    A Moscou ce 9 mai, la Russie cĂ©lĂšbre la victoire de l’Union soviĂ©tique dans la deuxiĂšme guerre mondiale. Pour ce faire, le fameux drapeau siglĂ© de la faucille et du marteau est ressorti du placard et dĂ©file fiĂšrement sur la Place rouge. Voici qui va rappeler des souvenirs Ă  de nombreux citoyens de l’ancien empire dĂ©chu !

  • Clap Your Hands Say Yeah – 2022/05/09 – Paris La Maroquinerie

    Clap Your Hands Say Yeah – 2022/05/09 – Paris La Maroquinerie

    Le groupe amĂ©ricain Clap Your Hands Say Yeah (CYHSY), emmenĂ© par son fondateur-guitariste-chanteur Alec Ounsworth, se produit Ă  la Maroquinerie. En premiĂšre partie, une jeune femme solitaire Ă  la voix douce s’accompagne aux claviers ou Ă  la guitare. Sa derniĂšre chanson voit les CYHSY monter sur scĂšne pour l’occasion. Un prĂȘtĂ© pour un rendu, elle assure ensuite les claviers pour le show du groupe phare de la soirĂ©e.

    CoiffĂ© de son inĂ©vitable casquette-bonnet, Alec Ounsworth emmĂšne son groupe indĂ©pendant new-yorkais avec Ă©nergie et bonhommie pour un agrĂ©able concert dans cette petite salle parisienne. FondĂ© en 2004, CYHSY rassemble une bande de musiciens de Brooklyn qui se sont connus dans les collĂšges arty de New York et ont montĂ© ce groupe « indĂ©pendant Â» sous la houlette de son crĂ©ateur, Alec, guitariste virtuose et compositeur Ă©lĂ©gant.

    Les musiciens enthousiastes dĂ©roulent leur musique joyeusement Ă©lectrique pour le plus grand bonheur d’un public initiĂ©. La voix haut perchĂ©e d’Ounworth posĂ©e sur son jeu de guitare dĂ©bridĂ© rĂ©chauffe l’atmosphĂšre d’une fin de printemps parisien dĂ©jĂ  caniculaire. Mais c’est de la bonne chaleur, celle de musiciens heureux et crĂ©atifs.

    Lire aussi : Les autres chroniques

  • BANNEL CĂ©dric, ‘Baad’.

    Sortie : 2016, Chez : Editions Robert Laffont.

    CĂ©dric Bannel, nĂ© en 1966, est un auteur de romans noirs plutĂŽt improbable : Ă©narque, haut fonctionnaire dans les services financiers de l’Etat, parti « pantoufler » dans le privĂ© (Renault), puis entrepreneur crĂ©ateur d’entreprises financiĂšres, champion de karatĂ©, il est aussi passionnĂ© par l’Afghanistan qui sert de cadre Ă  des thrillers Ă©crits sur la pĂ©riode guerriĂšre contemporaine de ce pays asiatique et qui rencontrent un succĂšs de librairie.

    « Baad » est l’histoire entremĂȘlĂ©e d’un commissaire afghan, Oussama, et d’un ancien agent français des services d’espionnage, Nicole. L’enquĂȘte du premier, Ă  la recherche d’un tueur occidental s’en prenant Ă  des fillettes afghanes, va percuter les recherches de la seconde en butte aux pressions de la mafia italienne qui a pris sa famille en otage pour la forcer Ă  retrouver un chimiste français inventeur d’une nouvelle drogue ne provoquant pas d’accoutumance.

    L’histoire se dĂ©roule dans les annĂ©es 2000, principalement dans le cadre afghan. Bannel nous y dĂ©crit un monde fait de sauvagerie, de corruption gĂ©nĂ©ralisĂ©e, de trafics de drogue, d’Ă©gorgements au couteau, de conflits tribaux, de chefs de guerre sanguinaires, de dogmes religieux omniprĂ©sents, de misĂšre, de pratiques moyenĂągeuses, d’interventions occidentales dĂ©sordonnĂ©es
 bref, un monde apocalyptique qui n’est probablement pas trĂšs Ă©loignĂ©e de la rĂ©alitĂ© de l’Afghanistan d’aujourd’hui.

    Il met en rapport ces modes de fonctionnement avec ceux des mafias italiennes. Certains sont assez similaires quant il s’agit de massacrer, de torturer, de faire chanter, de trafiquer
 la seule diffĂ©rence, de taille, Ă©tant qu’Ă  Kaboul ils sont pratiquĂ©s par ce qui sert d’Etat et de gouvernants Ă  ce pays alors qu’ils relĂšvent en Italie des gangs mafieux, mĂȘme si parfois une certaine complaisance Ă©tatique a pu ĂȘtre mise Ă  jour dans le passĂ©.

    Dans son prologue Bannel écrit :

    Au-delĂ  de la trame romanesque et policiĂšre, j’espĂšre que les lecteurs partageront mon amour de cet Afghanistan-lĂ , avec ces paysages uniques, sublimes et majestueux, et de tous ceux qui y vivent, si attachants en dĂ©pit de la violence, du dĂ©nuement et de l’instabilitĂ© politique.

    Pas sĂ»r que l’objectif de Bannel de faire aimer ce pays Ă  ses lecteurs ne soit atteint, sauf Ă  ceux qui sont attirĂ©s par l’enfer terrestre.

    « Baad » se termine bien et le « gentil » triomphe finalement des mĂ©chants. On voit aujourd’hui que la passion de Bannel pour l’Afghanistan l’a aveuglĂ© car ce qui qui se passe en 2022 dans ce pays, six ans aprĂšs l’Ă©criture du roman, montre Ă  quel point toute fin heureuse (au sens occidental du bonheur) est dĂ©finitivement exclue !

    Les romans de DOA situĂ©s dans le mĂȘme paradigme Ă©taient plus rĂ©alistes et crĂ©dibles.

  • La Commission europĂ©enne a choisi

    La reprĂ©sentation de la Commission europĂ©enne Ă  Paris est installĂ©e face Ă  l’assemblĂ©e nationale dans ce trĂšs bel immeuble arrondi qui fait l’angle du boulevard Saint-Germain et du Quai Anatole France. Son balcon du premier Ă©tage est pavoisĂ© de drapeaux bleu europĂ©en frappĂ©s des douze Ă©toiles jaunes. Le drapeau central, beaucoup plus grand que les autres est Ă  double-faces : au recto les couleurs europĂ©ennes, au verso les couleurs ukrainiennes.

    On le sait, la Commission europĂ©enne est largement en faveur d’une adhĂ©sion de l’Ukraine le plus vite possible Ă  l’Union europĂ©enne. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la Commission a toujours promu les Ă©largissements de l’Union. Comme un chef d’entreprise qui n’aime rien tant que voir grossir son business, la Commission qui exĂ©cute les dĂ©cisions prises par les Etats mais avec une forte capacitĂ© d’influence, voire une totale indĂ©pendance pour les questions commerciales, accroit son pouvoir Ă  chaque fois que de nouveaux pays entrent dans son pĂ©rimĂštre. C’est humain.

    Outre l’Ukraine, aujourd’hui la Serbie, l’Albanie et la MacĂ©doine du Nord sont sur la liste des candidats ; la GĂ©orgie et la Moldavie viennent de s’y inscrire dans la suite de Kiev. On imagine aisĂ©ment ce que serait un Conseil europĂ©en avec ces 6 pays en plus des 27 prĂ©existants : un capharnaĂŒm indescriptible et ingĂ©rable dans lequel serait sans doute impossible tout dĂ©cision politique, une espĂšce d’ONU Ă  33 pays, sans Ă©quivalent du Conseil de sĂ©curitĂ© permettant Ă  un petit groupe de pays privilĂ©giĂ©s d’imposer leurs dĂ©cisions aux autres.

    Ce serait sans doute la fin de l’Europe politique telle que voulue par ses pĂšres fondateurs, sans parler des pratiques mafieuses pratiquĂ©es dans ces pays candidats et sans doute pas en voie de disparition sur le court terme
 L’invasion russe contre laquelle se bat courageusement aujourd’hui l’Ukraine lui vaudra sans doute son ticket d’entrĂ©e sans trop de discussions et, dans ces conditions, il sera difficile de le refuser aux 5 autres.

    Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la Commission europĂ©enne qui dĂ©cide d’accepter les candidats mais les Etats-membres. En France, la constitution stipule dans son article 88-5 que :

    Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traitĂ© relatif Ă  l’adhĂ©sion d’un État Ă  l’Union europĂ©enne est soumis au rĂ©fĂ©rendum par le PrĂ©sident de la RĂ©publique.

    Toutefois, par le vote d’une motion adoptĂ©e en termes identiques par chaque assemblĂ©e Ă  la majoritĂ© des trois cinquiĂšmes, le Parlement peut autoriser l’adoption du projet de loi selon la procĂ©dure prĂ©vue au troisiĂšme alinĂ©a de l’article 89.

    https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur

    Ce qui signifie que l’adhĂ©sion de l’Albanie ou de l’Ukraine devront ĂȘtre approuvĂ©es par un rĂ©fĂ©rendum, sauf si elle Ă©tait approuvĂ©e dans les mĂȘmes termes par le sĂ©nat et l’assemblĂ©e nationale Ă  une majoritĂ© des 3/5. Compte tenu des consĂ©quences prĂ©visibles sur l’avenir de l’Union, il est peu probable qu’une telle majoritĂ© puisse ĂȘtre atteinte. Le rĂ©fĂ©rendum devrait en principe ĂȘtre inĂ©vitable si le texte constitutionnel n’est pas modifiĂ© et est appliquĂ©. VoilĂ  qui promet des dĂ©bats animĂ©s.

    Lire aussi : Une premiĂšre victoire de la Russie
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  • Albert Edelfelt (1854-1905) – LumiĂšres de Finlande

    Albert Edelfelt (1854-1905) – LumiĂšres de Finlande

    Le Petit-Palais poursuit la dĂ©couverte des peintres nordiques. AprĂšs son exposition sur L’ñge d’or de la peinture danoise, le musĂ©e complĂšte ce cycle nordique avec le peintre finnois Albert Edelfelt (1854-1905) qui fut Ă  la fois un portraitiste hors pair de son Ă©poque et un naturaliste de grand talent.

    InstallĂ© Ă  Paris durant quelques annĂ©es il reste fidĂšle Ă  sa Finlande natale oĂč il retourne tous les ans et qui lui inspire de sublimes tableaux des rudes citoyens finlandais dans un environnement marin Ă  la lumiĂšre merveilleuse. Certains tableaux sont tellement prĂ©cis et lumineux qu’ils ont l’aspect d’une photo. Ils sont le fruit d’un trĂšs long travail et suivent parfois les d’aller-retours de l’artiste entre Paris et la Finlande pour qu’il puisse continuer Ă  y travailler.

    Patriote sa vie durant, il illustra aussi les luttes de son pays contre les envahisseurs, notamment l’empire russe qui a toujours cherchĂ© Ă  « russifier Â» sa patrie, et a d’ailleurs poursuivi cet objectif au XXĂšme siĂšcle. Un peintre et une Ɠuvre intĂ©ressants.

  • Saint BollorĂ© et ses apĂŽtres veillent sur leurs tĂ©lĂ©spectateurs

    Saint Bolloré et ses apÎtres veillent sur leurs téléspectateurs

    Les mĂ©dias dĂ©tenus par l’homme d’affaires breton Vincent BollorĂ© diffusent la bonne parole le dimanche. On connaĂźt les convictions catholiques traditionnalistes du patron, alors elles sont dĂ©clinĂ©es le dimanche sur l’antenne. « En quĂȘte d’esprit Â» d’Aymeric Pourbaix le matin pour aborder « l’actualitĂ© d’un point de vue spirituel et philosophique Â», « Face Ă  Rioufol Â» le soir. VĂ©ronique Jacquier, commentatrice pieuse et conservatrice, fait le lien entre les deux programmes auxquels elle participe.

    Yvan Rioufol est chroniqueur au Figaro et sur CNEWS, plutĂŽt anti-gouvernement actuel sans que l’on sache vraiment quelle offre politique emporterait son agrĂ©ment, plus que sceptique sur les politiques sanitaires et climatiques appliquĂ©es ou envisagĂ©es, se plaignant rĂ©guliĂšrement de la « dictature sanitaire Â» dans laquelle le fait vivre le pouvoir français. Il recevait ce soir Laurent Toubiana, chercheur Ă©pidĂ©miologiste qui s’est rendu cĂ©lĂšbre par des positions anti-establishment lors de l’épidĂ©mie de Covid, et Christian Gerondeau (84 ans), que les anciens connaissent comme le DĂ©lĂ©guĂ© Ă  la sĂ©curitĂ© routiĂšre dans les annĂ©es 1970, et qui consacre sa retraite Ă  dĂ©velopper des thĂšses climato-sceptiques.

    Lire aussi : Le Café du commerce sur CNews
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    Rioufol et Jacquier ont du mal Ă  cacher leur jubilation en Ă©coutant ces invitĂ©s dont ils partagent les convictions. De la religion le matin Ă  l’actualitĂ© post-scientifique le soir, la chaĂźne BollorĂ© surfe sur le dogme. C’est une orientation qui rencontre de plus en plus de tĂ©lĂ©spectateurs et de militants. CNEWS en est l’un des piliers.

    Le groupe BollorĂ© a rĂ©cemment annoncĂ© la vente de tout son business de logistique et de transport en Afrique, ce qui devrait lui rapporter quelques milliards d’euros. Vincent BollorĂ© (70 ans) que l’on qualifiait de « Mozart du cash-flow » Ă  l’époque oĂč il a construit son groupe risque d’investir ce nouveau trĂ©sor dans d’autres mĂ©dias pour saturer le paysage audiovisuel de ses idĂ©es. EspĂ©rons que les mĂ©dias plus orientĂ©s sur le journalisme que la croyance survivront pour pouvoir continuer Ă  opposer la contradiction.

  • « Les passagers de la nuit » de MikhaĂ«l Hers

    « Les passagers de la nuit » de Mikhaël Hers

    Un film tendre et nostalgique de retour aux annĂ©es 1980. L’histoire banale d’une mĂšre (Charlotte Gainsbourg) de deux adolescents, cancer du sein, quittĂ©e par son mari, devant se recycler car n’ayant jamais travaillĂ© et croisant la route d’une jeune femme junkie qu’elle accueille dans l’appartement familial qu’elle occupe en hauteur dans les tours parisiennes Beaugrenelle oĂč elle va semer un peu d’amour et beaucoup de dĂ©solation.

    Avec son sourire dĂ©sarmant Charlotte Gainsbourg joue Ă  la perfection le rĂŽle de la mĂšre aimante et fragile, tendrement malmenĂ©e par ses ados qui tracent leur route, entre rĂ©volution et poĂ©sie. La reconstitution de l’époque est parfaite : bus Ă  plateforme, poster des Dogs dans la chambre du fils, automobiles R16 sur les voies du berge pompidoliennes, tĂ©lĂ©phones Ă  cadran, la bande son avec Lloy Cole et Television
 Et tout se termine Ă  peu prĂšs bien, sauf pour la junkie dont on ignore le sort final dont on peut craindre qu’il ne soit pas trop positif.  

    Un film est touchant !