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  • La Corse en feu
 de nouveau

    Le militant indĂ©pendantiste Yvan Colonna a Ă©tĂ© reconnu comme Le militant indĂ©pendantiste Yvan Colonna a Ă©tĂ© reconnu comme ayant Ă©tĂ© le tireur qui a assassinĂ© le prĂ©fet de Corse Erignac en 1998 (de trois balles tirĂ©es dans le dos). Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  la prison Ă  perpĂ©tuitĂ© lors de trois procĂšs successifs. Il avait Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par d’autres nationalistes corses comme Ă©tant celui qui tenait l’arme mortelle, certains d’entre eux Ă©tant d’ailleurs revenus sur leur dĂ©nonciation. L’intĂ©ressĂ© a toujours contestĂ© ĂȘtre l’assassin.

    Colonna et ses deux complices purgeaient donc leurs peines dans des prisons françaises avec le statut de « DPS – dĂ©tenu particuliĂšrement signalĂ© Â» qui empĂȘchait qu’ils soient transfĂ©rĂ©s dans une prison corse pour effectuer la fin de celles-ci. A plusieurs reprises les avocats des dĂ©tenus ont demandĂ© la levĂ©e de ce statut DPS et leur transfert dans une prison corse pour se rapprocher de leurs familles et faciliter leurs visites. A chaque fois l’administration de la Justice a refusĂ© et les nationalistes locaux ont criĂ© Ă  « la vengeance d’Etat Â». Ils n’ont pas tout Ă  fait tort et il y a sans doute un peu de ça tant le crime d’assassinat d’un prĂ©fet par un indĂ©pendantiste corse avait marquĂ© la RĂ©publique.

    Il n’y a pas d’automaticitĂ©, ni dans l’inscription ni dans la radiation d’un dĂ©tenu au rĂ©pertoire des DPS. Une circulaire de 2007 rĂ©git les conditions de dĂ©cision d’inscription/radiation au fichier DPS prise par l’administration sur avis d’une commission synthĂ©tisĂ© par le procureur. En gros, un dĂ©tenu peut ĂȘtre sorti de la liste si : 

    « Les dĂ©tenus qui ont Ă©tĂ© inscrits au rĂ©pertoire des DPS doivent ĂȘtre radiĂ©s lorsque les raisons qui avaient motivĂ© leur inscription ont disparu. Â»

    https://rehve2.fr/wp-content/uploads/GOVFR_Circulaite-DPS-2007.pdf

    A priori, Colonna et ses deux complices ne sont pas rentrĂ©s dans cette catĂ©gorie puisque l’administration s’est systĂ©matiquement opposĂ©e Ă  la radiation des trois condamnĂ©s corses du fichier DPS. Bien malheureusement pour le premier qui a Ă©tĂ© agressĂ© ce 2 mars par un dĂ©tenu djihadiste qui l’a laissĂ© moribond. Il est depuis Ă  l’hĂŽpital toujours dans le coma, entre la vie et la mort. L’agresseur dĂ©tient une double nationalitĂ© franco-camerounaise, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par l’armĂ©e amĂ©ricaine en Afghanistan en 2012 et remis aux autoritĂ©s françaises en 2014. Il a alors Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  neuf ans de prison. Il a expliquĂ© son geste contre Colonna parce que celui-ci aurait « insultĂ© Dieu Â». On n’en sait pas plus sinon que Yvan Colonna Ă©tait plutĂŽt qualifiĂ© de dĂ©tenu « modĂšle Â» ce derniĂšres annĂ©es et que la prĂ©sence de ces deux individus laissĂ©s seuls sans surveillance dans une salle de sport est inexplicable. Il aurait fallu 8 minutes avant que des gardiens les sĂ©parent. Le tout a Ă©tĂ© filmĂ© par des camĂ©ras de surveillance et une enquĂȘte pour tentative d’assassinat est en cours.

    Depuis cette regrettable agression la Corse est dans la rue pour manifester sa colĂšre Ă  coup d’assaut contre les bĂątiments publics qui sont incendiĂ©s et saccagĂ©s, les forces de l’ordre sĂ©vĂšrement attaquĂ©es par les manifestants. Les Ă©meutes sont d’une rare intensitĂ© et risquent encore de s’aggraver si jamais Colonna ne s’en sortait pas. Il y a de nombreux blessĂ©s et les slogans habituels contre « l’Etat français assassin Â» (« Statu francese assassinu Â» en langue locale), les « Français de merde ! Â» et autres assimilations de la France au groupe Etat islamique.

    Dans un communiquĂ©, le prĂ©sident « autonomiste Â» de la collectivitĂ© de Corse appelle, notamment, Ă  :

    « Ouvrir un cycle politique nouveau dans les rapports entre l’Etat et la Corse. Â»

    https://rehve2.fr/wp-content/uploads/Corse_20220310_Communique-Simeoni.jpg

    Il a raison. Si cette agression contre le militant indĂ©pendantiste Colonna dans une prison d’Etat française est Ă©videmment regrettable, il faut en tout Ă©tat de cause ouvrir le cycle politique de la dĂ©colonisation de la Corse pour accompagner ce territoire vers sa pleine souverainetĂ© de façon apaisĂ©e et volontaire, « quoi qu’il en coĂ»te Â». C’est la seule solution pour sauver les vies des prĂ©fets et des indĂ©pendantistes.

  • FERNEY Alice, ‘Dans la guerre’.

    Sortie : 2003, Chez : Actes Sud.

    Un couple landais dĂ©chirĂ© par la guerre de 1914-1918 : Jules est appelĂ© au front, FĂ©licitĂ© reste Ă  la ferme avec ses deux enfants bienaimĂ©s et une belle-mĂšre acariĂątre. Et puis il y a le chien Prince qui traverse la France pour retrouver son maĂźtre sur le front dans l’est de la France et devenir un chien-soldat portant les messages Ă  travers les mĂ©andres des tranchĂ©es.

    Mais au-delĂ  de cette guerre sordide il y a l’amour que se portent FĂ©licitĂ© et Jules qui leur permet de survivre en attendant de se retrouver. Il y a l’amitiĂ© des camarades de tranchĂ©e qui aide Ă  supporter le dĂ©luge des bombes. Et il y a l’attente que tout cet enfer prenne fin et que la sĂ©paration se termine enfin.

    HĂ©las, beaucoup vont mourir sous l’acier des « boches » et du fait du dĂ©sespoir de la sĂ©paration. Mais l’espoir survit et les enfants de Jules et FĂ©licitĂ© vont poursuivre l’histoire de la famille malgrĂ© les traumatismes de cette guerre qui a laissĂ© l’Europe dĂ©vastĂ©e.

    Alive Ferney parle plus des hommes dans la tourmente que de la guerre elle-mĂȘme sur laquelle tant a Ă©tĂ© Ă©crit. C’est un roman sur l’amour, la sĂ©paration, l’attente, bref sur la vie quand toutes les passions sont exacerbĂ©es dans un environnement de violence. Son Ă©criture est toute en dĂ©licatesse, tournĂ©e sur les sentiments qui animent ses personnages et qu’elle rend avec talent.

  • « Juifs d’Orient – Une histoire plurimillĂ©naire » Ă  L’institut du monde arabe

    AprĂšs une exposition consacrĂ©e au pĂšlerinage musulman de La Mecque en 2014 puis une autre dĂ©diĂ©e aux chrĂ©tiens d’Orient en 2017, voici la derniĂšre centrĂ©e sur la troisiĂšme religion monothĂ©iste du monde arabe, retraçant l’histoire de la communautĂ© juive d’Orient prĂ©sente dans la rĂ©gion depuis la haute antiquitĂ©. De JĂ©rusalem Ă  Babylone, sous les empires romain comme grec, les juifs ont vĂ©cu autour de la MĂ©diterranĂ©e, y ont dĂ©ployĂ© des centres de culture et de connaissance, dĂ©roulĂ© les pages de la Torah et Ă©crit celles du Talmud. Au grĂ© des conquĂȘtes ils ont dĂ» s’adapter au pouvoir des princes, reconstruire les temples dĂ©truits et assurer la transmission de leur croyance.

    Nous sommes Ă  l’Institut du monde arabe alors l’exposition est plutĂŽt centrĂ©e sur la cohabitation des juifs Ă  partir de la conquĂȘte musulmane Ă  partir vu VIIĂšme siĂšcle. Bien sĂ»r tout ce petit monde a cohabitĂ© dans les mĂȘmes villes, commercĂ© ensemble, parlĂ© la mĂȘme langue, traduit les mĂȘmes textes, connu des pĂ©riodes de guerre, d’autres de paix, mais en terre musulmane les chrĂ©tiens et les juifs vivaient sous le statut de « dhimmi Â» qui les considĂ©rait comme infĂ©rieurs mĂȘme s’il leur procurait une protection juridique, statut un peu comparable Ă  celui des « indigĂšnes musulmans Â» octroyĂ© par le colon français en AlgĂ©rie.

    Au XIVĂšme siĂšcle, l’expulsion des juifs d’Espagne va entraĂźner la crĂ©ation des communautĂ©s juives « sĂ©farades Â» qui prirent alors le chemin du Maghreb, de l’Empire ottoman ou de l’Europe. Les guerres coloniales du XIXĂšme puis mondiales du XXĂšme, ajoutĂ©es Ă  l’antisĂ©mitisme persistant, vont encore entraĂźner des mouvements importants des populations juives. La plupart ont quittĂ© le monde arabe et se sont retrouvĂ©es en IsraĂ«l crĂ©e en 1948 ou dans d’autres pays, essentiellement occidentaux.

    Sont exposĂ©s nombre d’objets liĂ©s Ă  cette culture juive et, pour la pĂ©riode plus rĂ©cente, de photos des communautĂ©s et des monuments qu’elles ont Ă©rigĂ©s dans tout cet Orient « compliquĂ© Â» La derniĂšre partie de l’exposition est consacrĂ©e Ă  la crĂ©ation de l’Etat d’IsraĂ«l et ses consĂ©quences dans la rĂ©gion : guerre de 1948 contre les arabes, expulsion des palestiniens (la « Nakba Â») d’IsraĂ«l, expulsion des juifs d’Egypte par Nasser, fuite des juifs d’Irak
 Des vidĂ©os reviennent sur les drames provoquĂ©s par tous ces exodes et leur brutalitĂ©.

    Dans une tentative un peu dĂ©sespĂ©rĂ©e l’Institut du monde arabe cherche Ă  montrer l’amitiĂ© indĂ©fectible entre les peuples d’Orient quelque soit leur religion. C’est un peu naĂŻf mais, heureusement, l’honnĂȘtetĂ© historique avec laquelle a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e cette exposition permet finalement au visiteur de comprendre qu’il s’agit plus d’une histoire de guerre de religions et d’exode que d’unitĂ© entre les peuples. Certes l’histoire est partagĂ©e, mais ces communautĂ©s faisaient « chambre Ă  part Â» et parfois se sĂ©paraient dans la violence. Nous en sommes d’ailleurs toujours lĂ  !

  • La facture prĂ©sentĂ©e par Moscou Ă  la Syrie

    Riss/Charlie Hebdo (02/03/2022)

    La prĂ©sidence russe vient d’annoncer qu’elle lançait le recrutement de mercenaires syriens pour renforcer ses troupes en guerre contre l’Ukraine. On ne sait pas encore bien quel sera le profil de ces supplĂ©tifs : djihadistes, rebelles non-djihadistes, miliciens pro-rĂ©gime Assad, militaires dĂ©mobilisĂ©s
 sans doute un peu de tout mais certainement pas des poĂštes romantiques. Ils viendront appuyer aussi les troupes tchĂ©tchĂšnes Ă©galement appelĂ©es Ă  la rescousse par Moscou et connus pour leur sauvagerie.

    AprĂšs le sauvetage du rĂ©gime El-Assad en Syrie par l’armĂ©e russe, Moscou prĂ©sente l’addition et demande l’aide de Damas. Celle-ci devrait lui ĂȘtre octroyĂ©e sans trop de difficultĂ©s d’autant plus que cela fournit des emplois (et des salaires) Ă  des citoyens syriens vivant dans un pays Ă  l’économie dĂ©vastĂ©e. Des supplĂ©tifs syriens seraient dĂ©jĂ  utilisĂ©s par la Turquie en Lybie, et mĂȘme Ă  l’intĂ©rieur de la Syrie contre les Kurdes dans la bande territoriale nord occupĂ©e par Istanbul. Le mercenariat est en train de devenir une activitĂ© Ă©conomique complĂ©mentaire pour la Syrie.

    L’utilisation de mercenaires par les Etats est aussi vieille que la guerre elle-mĂȘme. Dans l’histoire rĂ©cente on a vu les Etats-Unis d’AmĂ©rique y recourir significativement en Irak et en Afghanistan, il s’agissait de sociĂ©tĂ©s privĂ©es, dont la fameuse compagnie Blackwater, mettant en Ɠuvre des salariĂ©s amĂ©ricains. La Françafrique eut aussi recours Ă  des mercenaires dans les annĂ©es 1960 pour mener ses coups tordus dans son prĂ©carrĂ©, dont le fameux Bob Denard impliquĂ© dans des coups d’Etat au BĂ©nin, aux Comores, des participations Ă  des guerres au YĂ©men, au Katanga, au Congo belge et bien d’autres. Denard c’était un mercenariat d’opĂ©rette dans les annĂ©es 1960 qui n’a jamais dĂ» faire beaucoup de victimes sinon de dĂ©trĂŽner quelques satrapes locaux. En revanche, comme Ă  leur habitude les AmĂ©ricains ont industrialisĂ© le processus et trĂšs largement amĂ©liorĂ© sa « productivité » lors des guerres du Proche-Orient. L’arrivĂ©e de supplĂ©tifs syriens et tchĂ©tchĂšnes sur un terrain de guerre est-europĂ©en risque de rĂ©server quelques surprises et innovations. L’une des questions qui se posera Ă  la fin des hostilitĂ©s est de savoir si et comment ces Syriens rentreront chez eux ?

  • Le narratif de la propagande

    On ne dit plus « diffuser de la propagande » mais « construire un narratif et déconstruire le récit ».

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/03/trop-jouer-avec-les-mots-conduit-au-neant/
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  • « ProtĂ©ger les français » en taxant les contribuables

    Devant la crise qui sĂ©vit sur le marchĂ© de l’énergie, le gouvernement français assure « protĂ©ger les français Â» des hausses significatives sur les matiĂšres premiĂšres, essentiellement le gaz, de façon Ă  limiter l’augmentation du marchĂ© sur la facture des consommateurs. En rĂ©alitĂ© on ne fait que transfĂ©rer sur le contribuable ce que le consommateur ne veut pas payer. Le dispositif consiste Ă  indemniser les fournisseurs français de gaz avec de l’argent public de façon qu’ils puissent continuer Ă  facturer leurs clients Ă  un prix qui ne dĂ©clenche pas l’ire de Mme Michu-consommatrice et en espĂ©rant que Mme. Michu-contribuable ne s’apercevra de rien. En contrepartie, il est prĂ©vu, lorsque le prix de marchĂ© du gaz baissera de ne pas rĂ©percuter la baisse sur le consommateur tant que les fonds publics mis en Ɠuvre pour compenser l’augmentation n’auront pas Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©s.

    Ce dispositif plutĂŽt malin, consiste donc en une avance de trĂ©sorerie faite par l’Etat aux fournisseurs de gaz. Le problĂšme est que l’on sait quand a lieu la hausse mais que la baisse dans le futur reste hypothĂ©tique, au moins dans un futur prĂ©visible. Le risque est fort que « l’avance de trĂ©sorerie Â» ne se transforme en une charge dĂ©finitive pour le contribuable.

    C’est d’ailleurs un sport national en France de faire payer le contribuable au lieu du consommateur ou du cotisant. Il en est ainsi des retraites, des charges mĂ©dicales, de la culture ou de la SNCF, secteurs largement subventionnĂ©s par l’argent public. Ainsi va la gestion des finances publiques en France qui explique que le dernier budget Ă©quilibrĂ© de la RĂ©publique date de
 1974 !

  • Une premiĂšre victoire de la Russie

    Une premiĂšre victoire de la Russie

    La guerre dĂ©clenchĂ©e par la Russie contre l’Ukraine va ĂȘtre difficile Ă  conclure, militairement comme diplomatiquement, mais Moscou engrange dĂ©jĂ  une premiĂšre victoire : la revue accĂ©lĂ©rĂ©e de la demande d’adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne (UE) de l’Ukraine, de la Moldavie et de la GĂ©orgie. L’UE est dĂ©jĂ  trĂšs sĂ©rieusement bloquĂ©e dans son fonctionnement du fait de l’impossibilitĂ© de travailler en bonne entente Ă  27 pays aux niveaux de dĂ©veloppement socio-Ă©conomiques si diffĂ©rents, y ajouter les trois pays prĂ©citĂ©s, plus Ă©videment les pays balkaniques (Serbie, Albanie, MacĂ©doine du nord, entre autres) qui frappent Ă  la porte depuis plusieurs annĂ©es, est la garantie du blocage complet des institutions politiques de l’UE.

    Au mieux cette Europe se transformera en marchĂ© commun sans plus d’ambitions politiques, au pire elle tombera dans cet Ă©tat de « mort cĂ©rĂ©brale Â» dont le prĂ©sident Macron taxait rĂ©cemment l’Alliance atlantique. Une telle perspective emportera l’agrĂ©ment des empires actuels que sont la Russie, les Etats-Unis d’AmĂ©rique ou la Chine qui prĂ©fĂšrent Ă©videmment avoir Ă  traiter en direct avec l’Albanie, par exemple, plutĂŽt qu’avec une entitĂ© politique Ă©tablie et opĂ©rationnelle comme l’UE.

    Sans doute la Russie aura du mal Ă  sortir grand vainqueur de la confrontation en cours avec l’Ukraine, mais si l’un des effets de cette guerre slave est une paralysie durable de l’UE, Moscou devrait s’en rĂ©jouir. A partir du moment oĂč le statut de candidat sera attribuĂ© Ă  ces pays, il sera trĂšs difficile d’y revenir mĂȘme si l’adhĂ©sion formelle pourrait prendre des annĂ©es. Le cas de la Turquie est exemplaire : sa « vocation Ă  l’adhĂ©sion Â» a Ă©tĂ© reconnue dans le TraitĂ© de Rome et Ă  l’heure qu’il est, bien que les nĂ©gociations soient au point mort depuis plusieurs annĂ©es, cette « vocation Ă  l’adhĂ©sion Â» ne lui a toujours pas Ă©tĂ© juridiquement reprise. Il en ira de mĂȘme pour l’Ukraine et les cinq autres pays de l’est dont il est question.

    Ces adhĂ©sions ne sont pas techniquement ni financiĂšrement souhaitables pour l’Union. L’attitude russe les rend malheureusement presque inĂ©vitables !

  • L’imposture du gĂ©nocide

    La guerre en cours entre la Russie et l’Ukraine donne lieu Ă  l’utilisation abusive du terme de gĂ©nocide portĂ© par l’un contre l’autre et vice-versa.

    L’article II de la Convention pour la prĂ©vention et la rĂ©pression du crime de gĂ©nocide approuvĂ©e par l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de Nations unies du 09/12/1948 stipule :

    Dans la prĂ©sente Convention, le gĂ©nocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-aprĂšs, commis dans l’intention de dĂ©truire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

    a) Meurtre de membres du groupe ;
    b) Atteinte grave Ă  l’intĂ©gritĂ© physique ou mentale de membres du groupe ;
    c) Soumission intentionnelle du groupe Ă  des conditions d’existence devant entraĂźner sa destruction physique totale ou partielle ;
    d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
    e) Transfert forcĂ© d’enfants du groupe Ă  un autre groupe.

    https://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CrimeOfGenocide.aspx

    Depuis quelques annĂ©es, dĂšs que l’on dĂ©plore trois morts assassinĂ©s dans un village de brousse Ă  l’autre bout du monde, les parties impliquĂ©es crient au « gĂ©nocide Â». C’est Ă©videment incorrect et ne devrait pas tromper n’importe qui capable d’un minimum de rĂ©flexion.

    Les Russes accusent les Ukrainiens d’ĂȘtre coupables de gĂ©nocide dans les provinces russophiles du Donbass Ă  l’est du pays et les Ukrainiens taxent les Russes de gĂ©nocidaires depuis leur invasion de l’Ukraine. Ces accusations ne sont pas documentĂ©es et ressemblent plus Ă  de la communication qu’à de l’information. Il y a la guerre entre ces deux nations. Cette guerre entre deux Etats souverains a une petite saveur de guerre civile tant les peuples sont proches. Il y a Ă©videmment des rĂšglements de comptes entre armĂ©es, entre milices, entre citoyens, il y a certainement des forbans des deux cĂŽtĂ©s mais il n’y a pas Ă  ce stade de preuves flagrante de gĂ©nocide en cours au sens de la dĂ©finition de l’ONU.

  • Saint-ExupĂ©ry Antoine de, ‘Pilote de guerre’.

    Sortie : 1943, Chez : Editions Gallimard.

    Antoine de Saint-ExupĂ©ry (1900-1944) avait 40 ans lorsque l’Allemagne envahit la France pour la troisiĂšme fois en moins d’un siĂšcle. Pilote Ă©mĂ©rite des premiĂšres heures de l’aviation, il s’engage dans l’armĂ©e de l’air et sert comme capitaine dans l’escadrille de reconnaissance 2/33. AprĂšs l’armistice il s’exile aux Etats-Unis oĂč il Ă©crira une partie de son Ɠuvre, dont « Pilote de guerre », avant de revenir dans l’armĂ©e de l’air en Afrique du nord. Sur son insistance, il sera de nouveau autorisĂ© Ă  voler malgrĂ© son Ăąge et son embonpoint, pour des missions de reconnaissance. Il sera abattu le 31 juillet 1944 au-dessus de la MĂ©diterranĂ©e du cĂŽtĂ© de Marseille.

    Dans ce roman Saint-Ex saisit l’occasion d’un vol d’observation au-dessus de la France, alors que l’armĂ©e allemande a lancĂ© son invasion sur l’hexagone, pour laisser divaguer ses pensĂ©es : le froid et l’altitude, la protection des nuages, le feu allemand, le risque de ne pas revenir vivant Ă  la base et la terre qui paraĂźt vide Ă  dix mille mĂštres d’altitude mais qui rĂ©vĂšle les signes de la prĂ©sence de l’homme, de ses rĂ©alisations, les routes, les canaux, les convois


    A terre c’est l’exode de la foule qui fuit devant l’avancĂ©e allemande. Vu des airs ce sont « des routes noires de l’interminable sirop qui n’en finit plus de couler. » Mais alors que son avion traverse les nuages pour se rapprocher du sol au-dessus d’Arras sa rĂ©flexion revient plus prĂšs de la terre des hommes, du poids de la dĂ©faite pesant sur tous les enfants de France. Quand la notion d’homme devrait ĂȘtre l’essentiel nous avons oubliĂ© l’Ă©galitĂ©, la libertĂ©, la charitĂ©, et nous avons perdu l’homme au profit de l’individu !

    S’il avait survĂ©cu jusqu’Ă  notre XXIĂšme siĂšcle, le pilote-philosophe serait fort marri de constater combien son constat n’a fait que se renforcer pour conduite la civilisation Ă  sa propre dĂ©cadence. Comme toujours les Ă©crits de Saint-ExupĂ©ry relĂšvent autant du conte philosophique que du rĂ©cit ou du roman. InspirĂ© par la dĂ©vastation de la France, Ă©crit dans son exil amĂ©ricain, il en sort une vision plutĂŽt sombre de l’Ă©tat de l’humanitĂ© que viennent souligner les illustrations tragiques de la premiĂšre Ă©dition datant de 1942, de Bernard Lamotte, ami de l’Ă©crivain, magnifiquement publiĂ©es dans cette nouvelle Ă©dition Gallimard.

  • Trop jouer avec les mots conduit au nĂ©ant

    On ne dit plus « mentir comme un arracheur de dents » mais « construire un récit alternatif » !

  • La Russie ferme sur ses exigences

    Juin/Charlie Hebdo (02/03/2022)

    L’armĂ©e russe continue Ă  avancer en Ukraine par l’est, le sud et le nord. 1,5 million d’Ukrainiens auraient quittĂ© le pays par l’ouest et quelques millions seraient dĂ©placĂ©s Ă  l’intĂ©rieur du pays pour fuir les combats. Des « nĂ©gociations » russo-ukrainiennes se dĂ©roulent mais a priori sans vĂ©ritables avancĂ©es sinon la mise en place de couloirs d’évacuation humanitaire pour sortir les civils de zones de combat qui ne sont pas vĂ©ritablement opĂ©rationnels. Le prĂ©sident russe maintient ses exigences pour envisager un cessez-le-feu :

    1. Reconnaissance de l’annexion de la CrimĂ©e
    2. DĂ©militarisation de l’Ukraine
    3. « DĂ©nazification Â» du pays (signifiant probablement mise en place d’un gouvernement pro-russe)

    La Russie veut reprendre le contrĂŽle de l’Ukraine « pays frĂšre Â» que le prĂ©sident russe considĂšre comme une « crĂ©ation bolchĂ©vique Â» signifiant ainsi que ce pays n’a jamais eu d’existence historique et encore moins de profondeur politique.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/02/a-lest-rien-de-nouveau-la-russie-naime-pas-loccident/
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    Les rĂ©actions et sanctions occidentales ne semblent pas le faire dĂ©mordre de ses demandes. Il continue Ă  parler aux uns et aux autres : MM. Macron, Erdogan (Turquie), Bennett (IsraĂ«l)
 pour leur rĂ©pĂ©ter la mĂȘme chose. Les « experts Â» militaires de plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s glosent sur les difficultĂ©s rencontrĂ©es par l’armĂ©e russe face Ă  l’opposition de l’armĂ©e ukrainienne et de la dĂ©fense civile. La Russie n’a pas encore pris de sanctions Ă©conomiques contre l’Occident en rĂ©action Ă  celles dont elle est victime, le gaz continue Ă  circuler dans les tuyaux de la SibĂ©rie vers l’Europe qui peut ainsi se chauffer ce qui est plus confortable pour manifester son opposition Ă  la guerre. Le prĂ©sident ukrainien continue Ă  faire porter la responsabilitĂ© Ă  l’Ouest des morts ukrainiens du fait de son refus de s’engager militairement contre la Russie. L’Alliance atlantique (OTAN) maintient effectivement son refus de confronter ses troupes directement avec celles de la Russie, puissance nuclĂ©aire.

    Bref, la guerre continue et personne ne sait bien par quelles compromissions elle pourrait se terminer. Pourtant, les combats vont s’arrĂȘter un jour, il y aura bien un compromis et l’Ukraine risque d’en ĂȘtre la victime.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/02/le-president-russe-et-lhistoire/
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    Pour le moment c’est toujours Poutine qui a la plus grosse !

  • 90 Wardour Street – London

    Façade de l’ex-Marquee Club – 90 Wardour Str – London

    Il y a 45 ans Ă  l’étĂ© 1977, le chroniqueur enfiĂ©vrĂ© dĂ©couvrait Londres et la musique rock en pleine explosion punk. Un premier concert Ă  l’Hammersmith Odeon du groupe The Jam met dans l’ambiance. Les trois musiciens mod-revival, Ă  peine sortis de l’adolescence, pantalons et cravates noirs sur chemises blanches, jouent devant un rideau blanc sur lequel est apparaĂźt en lettres noires et coulantes : The Jam.

    The Jam (Paul Weller) / Photo Richard Young

    Ce trio Ă  l’allure proprette dĂ©clenche l’enfer sur scĂšne, sautant comme de beaux diables de leur boĂźte sur des riffs hallucinĂ©s. Leurs « vieilles Â» idoles sont The Who et The Small Faces. Puis, inspirĂ©s par le mouvement punk, dont ils restent un peu Ă  l’écart, ils en dĂ©livrent l’énergie brute. La jeunesse londonienne adore, des filles aux cheveux bleus et oranges sur leurs T-shirts dĂ©chirĂ©s se succĂšdent pour danser dans les allĂ©es de cette salle de concerts-rock mythique de la capitale britannique. Leur premier disque In the City vient de sortir au milieu de la tornade musicale punk qui saisit le Royaume-Uni. Il est jouĂ© intĂ©gralement ce soir-lĂ , In the City est mĂȘme repris en rappel, sans doute par manque de chansons pour ce groupe qui ne joue ses propres compositions que depuis quelques mois et dont ce premier disque comporte trois reprises.

    The Jam mĂšnera sa route jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1980 puis le guitariste-chanteur Paul Weller empruntera le chemin de traverse d’une carriĂšre solo plutĂŽt rĂ©ussie, crĂ©ant diffĂ©rents groupes, dont Style Council, ou chantant sous son propre nom. Le mouvement britpop (Oasis, Pulp, Blur) des annĂ©es 1990 l’éleva au rang de Modfather.

    EberluĂ© par cette nouvelle expĂ©rience le chroniqueur la poursuivra durant son sĂ©jour par de fiĂ©vreuses soirĂ©es au Marquee Club, une petite salle oĂč se produisent des groupes dont beaucoup vont devenir cĂ©lĂšbres. La scĂšne est Ă  peine surĂ©levĂ©e, entre piste de danse et bar louche, les spectateurs s’y pressent dans la chaleur de l’étĂ© et la fumĂ©e des cigarettes. Nous sommes en pleine pĂ©riode punk, la mode est de cracher sur le monde, musiciens et spectateurs ne s’en privent pas et il faut parfois jongler pour Ă©viter les glaviots
 Tout est plutĂŽt dĂ©glinguĂ© au Marquee mais quel bonheur d’y suivre en direct le monde en marche du Rock qui va bientĂŽt dĂ©boucher sur new wave, cold wave et la suite.

    On ne connait aucun des groupes qui se produisent sinon par la lecture rapide de la presse rock (New Musical Express et Melody Maker). En ce mois d’aoĂ»t 1977 on se souvient notamment des Boomtown Rats, groupe irlandais qui vient de sortir son premier single et dont le chanteur Bob Geldorf s’engagera par la suite dans l’organisation de concerts en soutien Ă  des causes humanitaires comme le Live Aid en 1985 (contre la famine en Ethiopie). Ce soir-lĂ  au Marquee, il termine en mini-slip, trempĂ© de sueur comme les spectateurs, aprĂšs une prestation scĂ©nique physique et dĂ©sordonnĂ©e. Il y eut aussi Kingfish, le groupe montĂ© par l’amĂ©ricain Bob Weir, l’un des guitaristes du Grateful Dead. Et tant d’autres soirĂ©es rock oĂč le bonheur Ă©tait de voir l’histoire musicale rock s’écrire sous nos yeux !

    Programme du Marquee Club d’aoĂ»t 1977

    45 ans plus tard plus rien ne subsiste du club au 90 Wardour Street, Ă  deux pas de Piccadilly Circus, sinon une plaque commĂ©morative informant que Keith Moon a jouĂ© ici avec les Who dans les annĂ©es 1960. Pourquoi Moon et pas tous les autres qui se sont produits au Marquee, Hendrix, Bowie, The Rolling Stones, Joy Division, Roxy Music, The Sex Pistols, Ultravox, Dire Straits, The Buzzcocks et tant d’autres ? Qu’importe, aprĂšs tout, Keith Moon tĂ©moigne aussi pour eux : fantasque, brillant et autodestructeur, il meurt en 1978 en pleine gloire Ă  32 ans d’une surdose de mĂ©dicaments destinĂ©s Ă  lutter contre son alcoolisme


  • Le syndrome de l’adhĂ©sion

    Riss/Charlie Hebdo (02/03/2022)

    AprĂšs l’Ukraine qui exige son adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne (UE) comme garantie de sa sĂ©curitĂ©, voici hier la GĂ©orgie et aujourd’hui la Moldavie qui rĂ©clament de mĂȘme. C’est sans doute une dĂ©faite de la Russie qui voit ses anciennes RĂ©publiques soviĂ©tiques, lorsqu’elles disposent d’une expression dĂ©mocratique, affirmer le mĂȘme choix d’un rattachement Ă  l’Ouest plutĂŽt qu’à Moscou. De mĂȘme, aujourd’hui les rĂ©fugiĂ©s ukrainiens quittent plutĂŽt leur pays en se dirigeant vers la Pologne que vers la BiĂ©lorussie


    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/03/lukraine-en-train-dacheter-un-droit-dentree-en-europe/
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    En revanche, ce qui pourrait ĂȘtre une victoire Ă  retardement du prĂ©sident Poutine c’est qu’une UE rĂ©unissant des pays avec des niveaux de dĂ©veloppement aussi Ă©loignĂ©s est une quasi garantie de blocage institutionnel de l’organisation dans son fonctionnement journalier. ExceptĂ©es les pĂ©riodes trĂšs spĂ©cifiques comme aujourd’hui celle oĂč tout le monde se retrouve sous la banniĂšre de la dĂ©fense de l’Ukraine, l’Union actuelle Ă  27 membres est dĂ©jĂ  face Ă  de trĂšs sĂ©rieuses difficultĂ©s de fonctionnement et les pays s’affrontent de plus en plus sur les valeurs dĂ©mocratiques dont ils n’ont pas tous la mĂȘme vision, loin de lĂ .

    Imagine-t-on la pĂ©taudiĂšre que pourrait ĂȘtre demain une UE avec les trois pays candidats plus la Serbie, l’Albanie, la MacĂ©doine du nord qui frappent dĂ©jĂ  Ă  la porte depuis quelques annĂ©es ? La caractĂ©ristique politique de l’Union se rabougrira et tombera d’elle-mĂȘme au bout d’un moment, mouvement dĂ©jĂ  largement entamĂ©. D’un club de riches tel que conçu au dĂ©part, ce groupe de pays deviendra une ONU bis, un « machin » aurait dit MonGĂ©nĂ©ral, bref, un lieu d’affrontement et de chaos oĂč la seule ambition des pays moins riches sera de soutirer des sous Ă  ceux qui le sont plus. L’UE deviendrait une plateforme de redistribution mais disparaĂźtrait en tant qu’entitĂ© politique.

    Ce peut ĂȘtre une fin en soi mais ce n’était pas l’objectif initial des pĂšres fondateurs. Les dictatures, mais aussi les Etats-Unis et le Royaume Uni, se rĂ©jouiraient sans doute d’une telle Ă©volution (rĂ©gression ?), ainsi d’ailleurs que nombre de partis populistes dans les dĂ©mocraties europĂ©ennes. La Russie tiendra peut-ĂȘtre alors sa victoire, Ă  moins qu’elle n’ait aussi demandĂ© son adhĂ©sion Ă  l’UE !

  • M Shed Museum – Bristol

    IntĂ©ressant musĂ©e consacrĂ© Ă  l’histoire de la vie Ă  Bristol, ville portuaire du sud-ouest de l’Angleterre, dont l’économie prospĂ©ra aux XVIIĂšme et XVIIIĂšme siĂšcles grĂące Ă  l’esclavage et de la colonisation, pas joli-joli mais bien relatĂ© dans ce musĂ©e moderne et pĂ©dagogique. Edward Colston (1636-1721) est reprĂ©sentatif de cette pĂ©riode, il a toujours des rues et monuments Ă  sa gloire dans Bristol mais sa statue a Ă©tĂ© dĂ©boulonnĂ©e et jetĂ©e dans le port en 2020 bien qu’il fut aussi un bienfaiteur de la ville au dĂ©veloppement de laquelle il consacra une partie de ses richesses acquises avec le « commerce triangulaire Â». Cette triste histoire explique aussi le caractĂšre divers de sa population qui est particuliĂšrement concernĂ©e par ce passĂ©.

    Mais ce musĂ©e est aussi riche sur l’époque plus contemporaine de la ville, ses quartiers colorĂ©s, son dĂ©veloppement industriel, ses innovations culturelles. Bristol est aussi et surtout la ville qui consacra le mouvement Trip-Hop avec les grapheurs (Banksy), les groupes Massive-Attack, Portishead, Tricky
 qui ont inventĂ© ce genre musical si spĂ©cifique, un tiers DJ, un tiers Ă©lectronique et un tiers rock plus classique, fusionnant le rap, le jazz, le RnB en des tonalitĂ©s sombres, des traitements de voix chantĂ©-parlĂ©, des nappes de claviers, des boucles et des samples, des basses surpuissantes sur des textes urbains. Leur prĂ©sence ne saute pas aux yeux du visiteur lambda, mais leurs Ăąmes planent au-dessus de la ville. En cherchant bien on trouve encore sur les murs de la ville quelques graphes signĂ©s de Banksy ou des siens.

    Dans le froid et l’humiditĂ© trĂšs britanniques des rues de Bristol en hiver, cette visite au M Shed rĂ©chauffe les cƓurs et les corps.

  • L’Ukraine en train « d’acheter » un droit d’entrĂ©e en Europe

    Foltz/Charlie Hebdo (02/03/2022)

    Avec pas mal d’habiletĂ©, mais aussi le sang de son peuple, le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky est en train de gagner le droit d’entrĂ©e de son pays dans l’Union europĂ©enne (UE). Faisant preuve d’un courage certain en refusant les propositions d’exfiltration de certaines puissances occidentales, il marque ainsi la diffĂ©rence avec l’un de ses prĂ©dĂ©cesseurs Viktor Yanukovych qui s’était exilĂ© en Russie 2014 pour fuir son pays en proie Ă  la « rĂ©volution orange Â».

    Le prĂ©sident ukrainien toujours prĂ©sent Ă  Kiev diffuse plusieurs fois par jour des messages vidĂ©o sur les rĂ©seaux dits « sociaux Â» et a mĂȘme aujourd’hui rĂ©alisĂ© une intervention devant le parlement europĂ©en dans laquelle il exhorte l’UE Ă  entamer une procĂ©dure d’adhĂ©sion exceptionnelle pour son pays qu’il qualifie de « juste et possible Â».

    « Prouvez que vous ĂȘtes avec nous. Prouvez que vous ne nous laisserez pas tomber. Prouvez que vous ĂȘtes effectivement des EuropĂ©ens et alors la vie vaincra la mort et la lumiĂšre vaincra l’obscuritĂ© »

    Il fait jouer la corde sensible avec relativement d’efficacitĂ©. Qui osera se prononcer aujourd’hui contre l’adhĂ©sion de l’Ukraine qui est sous les bombes russes, et alors que l’on a dĂ©jĂ  acceptĂ© des pays comme la Croatie ou Chypre (occupĂ©e par la Turquie) ? En rĂ©alitĂ© : personne mĂȘme si l’on sait bien que l’élargissement de l’Union Ă  l’Ukraine Ă  l’ensemble europĂ©en ne pourra que rendre un peu plus chaotique le fonctionnement de l’UE et nĂ©cessitera des budgets considĂ©rables Ă  rĂ©gler par les contribuables communautaires. De plus, la Russie ne l’acceptera pas plus que la Serbie n’admettra jamais « l’indĂ©pendance Â» du Kosovo
 L’adhĂ©sion de l’Ukraine n’est pas dans l’intĂ©rĂȘt raisonnable des pays dĂ©jĂ  membres mais nous sommes sans doute dĂ©jĂ  au-delĂ  du raisonnable et probablement, Ă  dĂ©faut de prendre les armes aux cĂŽtĂ©s de Kiev, l’Europe devra s’engager Ă  quelque chose en faveur de ce pays qui ne doit respecter Ă  ce stade que fort peu des critĂšres Ă©conomiques, sociaux, juridiques et politiques prĂ©alables Ă  l’adhĂ©sion dans un contexte normal, et qui n’est pas prĂšs de les respecter dans leur entiĂšretĂ©.

    Lorsque l’heure de la diplomatie reviendra l’UE sera peut-ĂȘtre sauvĂ©e par le gong car il faudra bien compromettre quelque chose avec Moscou ; probablement une certaine neutralitĂ© de l’Ukraine serait une demande minimum pour stopper le conflit. A moins que l’Occident n’ait l’intention de demander une reddition sans conditions ce qui n’est probablement ni techniquement faisable car il faudrait qu’il entre en guerre, ni politiquement souhaitable, souvenons-nous des effets dĂ©lĂ©tĂšres du TraitĂ© de Versailles. Dans tous les cas une adhĂ©sion de l’Ukraine Ă  l’UE ou Ă  l’OTAN, mĂȘme dans une perspective lointaine sera toujours trĂšs mal vĂ©cue par la Russie, susceptible d’attiser le jusqu’auboutisme de Moscou, et trĂšs indigeste pour l’Occident.

  • Francis Lalanne toujours en pointe

    L’ineffable Francis Lalanne prend position dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine en confirmant une (dĂ©s)information diffusĂ©e cĂŽtĂ© russe comme quoi le prĂ©sident ukrainien aurait fui son pays et que les vidĂ©os diffusĂ©es tous les jours par Kiev montrant son prĂ©sident ont Ă©tĂ© prĂ©enregistrĂ©es.

    On se souvient que ce chanteur de guinguette Ă  la retraite avait dĂ©jĂ  pris des positions complotistes contre la politique sanitaire française, appelant Ă  la destitution du prĂ©sident-dictateur Macron, au besoin avec l’aide de l’armĂ©e.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/01/un-grand-moment-de-solitude/
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  • Le prĂ©sident russe et l’Histoire

    Le prĂ©sident russe et l’Histoire

    Le prĂ©sident russe a signĂ© un long article (15 pages) en juillet 2021 sur l’histoire commune de son pays et de l’Ukraine.

    Un peu soporifique et confus, cet article insiste sur le fait que les peuples russe et ukrainien ne font qu’un et que leurs divisions actuelles sont provoquĂ©es « par des forces qui ont toujours cherchĂ© Ă  torpiller notre unitĂ©. Â»

    Les Russes, les Ukrainiens et les BiĂ©lorusses sont les hĂ©ritiers de l’ancienne Russie qui a Ă©tĂ© le plus grand pays d’Europe.
    

    Le trĂŽne de Kiev bĂ©nĂ©ficiait d’une position dominante dans l’ancien État russe.

    S’en suivent dix siĂšcles d’histoire brossĂ©e Ă  grands traits mentionnant que Â« l’Ukraine moderne est entiĂšrement le fruit de l’Ăšre soviĂ©tique Â» et donc n’existait pas vraiment comme Etat avant cette pĂ©riode. Puis, sous influence extĂ©rieure depuis la fin de l’URSS, elle fut mal gĂ©rĂ©e par des autoritĂ©s qui ont « dilapidĂ© les acquis de plusieurs gĂ©nĂ©rations. Â» pendant que les Etats-Unis d’AmĂ©rique et l’Union europĂ©enne « ont poussĂ© systĂ©matiquement et avec persĂ©vĂ©rance l’Ukraine Ă  rĂ©duire et Ă  limiter sa coopĂ©ration Ă©conomique avec la Russie. Â»

    Pas Ă  pas, l’Ukraine a Ă©tĂ© entraĂźnĂ©e dans un jeu gĂ©opolitique dangereux, dont le but Ă©tait d’en faire une barriĂšre entre l’Europe et la Russie, une tĂȘte de pont contre la Russie. InĂ©vitablement, le moment est venu oĂč le concept de « l’Ukraine n’est pas la Russie » n’était pas suffisant. Il a fallu « l’anti-Russie », ce que nous n’accepterons jamais.

    Bref, les forces extĂ©rieures malĂ©fiques s’évertuent Ă  diviser l’Ukraine et la Russie alors que l’histoire n’aurait jamais dĂ» les sĂ©parer.

    Je suis convaincu que c’est en partenariat avec la Russie que la vĂ©ritable souverainetĂ© de l’Ukraine est possible. Nos liens spirituels, humains, civilisationnels se sont tissĂ©s depuis des siĂšcles, remontent aux mĂȘmes sources, se sont endurcis par les Ă©preuves, les rĂ©alisations et victoires communes. Notre parentĂ© se transmet de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Elle est dans les coeurs, dans la mĂ©moire des personnes vivant dans la Russie et l’Ukraine modernes, dans les liens du sang qui unissent des millions de nos familles. Ensemble, nous avons toujours Ă©tĂ© et serons bien plus forts et performants. AprĂšs tout, nous sommes un seul peuple.

    Tout ceci est entendable mais la seule analyse qui manque est de savoir pourquoi les peuples des anciennes RĂ©publiques soviĂ©tiques regardent vers l’Ouest plutĂŽt que vers Moscou ? Peut-ĂȘtre est-ce aussi une question de gouvernance, voire de conception de la libertĂ© ? Et comment fait-on pour faire revenir vers soi un pays qui, majoritairement, ne le souhaite plus ? On utilise la force et c’est ce qu’est en train de faire la Russie, comme l’Union soviĂ©tique l’a fait autrefois Ă  Berlin, Ă  Bucarest, Ă  Prague.

    En fait, le pouvoir russe considĂšre que l’Ukraine est une province de la Russie et il entend y mener ses opĂ©rations de maintien de l’ordre comme il les mĂšne Ă  l’intĂ©rieur de ses propres frontiĂšres, et avec les mĂ©thodes vigoureuses qui sont les siennes. Le problĂšme auquel il se heurte est que l’Ukraine est devenue un pays souverain reconnu par la communautĂ© internationale, dont la FĂ©dĂ©ration de Russie, et que ladite communautĂ© n’aime pas que les frontiĂšres soient revues, sauf si c’est le fait de communautĂ© elle-mĂȘme, comme ce fut le cas avec la scission du Soudan par exemple.

    Un jour, le moment de la diplomatie reviendra et ce long texte poutinien sera de nouveau sur la table. Il faudra bien cĂ©der quelque chose Ă  la Russie et prendre en compte ses peurs, ou mĂȘme une partie de son interprĂ©tation parfois fantasmagorique de l’Histoire. La guerre dĂ©clenchĂ©e par la Russie une fois terminĂ©e devrait au moins permettre de redĂ©finir les rapports entre ce pays et l’Europe. Demain la Russie sera toujours lĂ , peut-ĂȘtre dirigĂ©e par une autre Ă©quipe, et il faudra bien trouver un moyen de cohabitation qui risque de se faire au dĂ©triment de l’Ukraine qui pourrait ĂȘtre partitionnĂ©e ou rendue neutre comme prix Ă  payer pour la paix, au moins pour quelques dĂ©cennies.

  • L’ex-prĂ©sident Trump s’exprime sur le conflit ukrainien

    Donald Trump est interdit de comptes Twitter ou Facebook depuis ses appels Ă  la sĂ©dition suit Ă  sa dĂ©faite Ă©lectorale qu’il continue Ă  contester. Il serait en train de monter son propre rĂ©seau dit « social Â» et, en attendant, s’exprime toujours avec la mĂȘme verve sur son site web Save America.

    Ses derniĂšres communications permettent de prendre connaissance de ses « rĂ©flexions Â» sur la crise Russie-Ukraine :

    On ne peut pas dire que cette pensée nombriliste fasse beaucoup avancer le sujet !

  • StoptAntiPubAntiCovid

    La pandĂ©mie de coronavirus ayant tendance Ă  se dissiper et les Français Ă©tant trĂšs majoritairement vaccinĂ©s, les mesures barriĂšres sont progressivement levĂ©es. Il en est une qui, hĂ©las, subsiste : la campagne de publicitĂ© pour le vaccin ! EnregistrĂ©e avec des voix horripilantes, diffusĂ©e Ă  un rythme effrĂ©nĂ© sur tous les mĂ©dias publics, cette campagne dĂ©veloppe un fort taux d’abrutissement des auditeurs et laissera des traces dans leurs neurones.

    Comme toute publicitĂ©, le taux de pĂ©nĂ©tration du message est liĂ© Ă  l’intensitĂ© de sa rĂ©pĂ©tition. Que ce soit pour acheter un aĂŻe-phone oĂč pour se faire vacciner, il faut saturer le cerveau du consommateur avec des messages simples et rĂ©pĂ©titifs, le plus souvent et le plus longtemps possible.

    C’est proprement insupportable pour l’auditeur-tĂ©lĂ©spectateur rĂ©sistant qui tente de rester Ă  l’abri des dommages collatĂ©raux dĂ©clenchĂ©s par la publicitĂ© Ă  haute dose. Alors baissons le rythme de ces publicitĂ©s pro-vaccination dĂ©bilitantes, proportionnellement Ă  la diminution du taux d’incidence du virus !

    Faisons tout pour prĂ©server les citoyens de l’abrutissement publicitaire !