Blog

  • PIO Régis, ‘Universalisme noir’.

    PIO Régis, ‘Universalisme noir’.

    Sortie : 2025, Chez : L’Harmattan.

    Récit-roman plus ou moins autobiographique, ce livre raconte le périple d’un homme engagé dans l’économie sociale et solidaire (ESS). C’est son long cheminement pour faire exister une organisation avec des volontaires qui ne sont pas habitués à ce genre de structures, certes solidaires mais devant aussi se soumettre aux règles de fonctionnement d’une entreprise devant gérer un effectif et équilibrer un budget, sans perdre de vue son objet affiché : solidarité et justice sociale. Alors il raconte la recherche permanente de financements, souvent publics, dans la jungle des structures politico-administratives, la gestion des hommes et femmes qui composent l’organisation, sans déroger à l’aspect solidaire de l’affaire, les combats de tous les jours pour faire du « social » dans un monde libéral…

    Mais ce livre est aussi l’occasion pour son rédacteur d’exprimer ses idées sur « l’universalisme noir » et c’est sans doute le plus intéressant. Lui-même issu de parents immigrés du Bénin, l’auteur-narrateur développe ses sentiments sur la matière sensible de sa double-appartenance, française et béninoise, blanche et noire. Il y a de l’ambivalence dans ses mots : se sent-il béninois ou français ? C’est pour essayer de répondre à cette question qu’il lit Franz Fanon, Bukowski ou James Baldwin, admire Angela Davis, Nelson Mandela et Aimé Césaire, et fréquente avec émotion et respect les lieux du calvaire de ses ancêtres, de Harlem à l’ile de Gorée. Il manifeste une admiration perceptible pour Fanon, Malcom X ou les Black Panthers qui furent des combattants de la Cause avec leurs méthodes pas toujours très orthodoxes.

    Dans les rues de Harlem il visite le « Center for research in black culture », se prend en photo devant l’Apollo theater où tous ses héros musicaux se sont produits, sur Time Square il discute avec un marchand ambulant probablement sénégalais, venu vendre des sandwichs dans les rues de New York car la pêche ne lui permettait plus de faire vivre sa famille au pays, et qui l’envie d’être né Français en France mais le narrateur lui répond :

    Toi, tu as de la chance de ne pas te poser toutes ces questions sur qui tu es. Moi, je suis constamment dans ce tiraillement. Ici, je ne me sens ni vraiment français, ni vraiment béninois. Parfois, je sens que mes racines africaines sont plus proches de moi, mais en même temps je ne me sens jamais vraiment à ma place, ni en France ni ailleurs. C’est un sentiment constant.

    C’est un échange un peu surnaturel entre un travailleur de rue sénégalais aux Etats-Unis (probablement en situation illégale) tourné vers sa survie et celle de sa famille restée au pays, et un Français d’origine béninoise en villégiature à New York pour se pencher sur le passé douloureux de ses ancêtres.

    Lors d’une visite mémorielle sur l’Ile de Gorée, point de départ de milliers d’esclaves africains arrachés à leur continent pour être déportés vers l’Amérique durant des siècles, le narrateur rencontre un vieux sage sénégalais qui lui dit :

    C’est bien de commémorer, de se souvenir, mais qu’est-ce qu’on en fait, de cette mémoire ? Si c’est juste pour pleurer sur les cendres de l’Histoire, on n’avancera jamais. Nos ancêtres ont lutté, ils ont survécu. A nous de reprendre le flambeau, pas pour pleurer, mais pour agir.

    Mamadou Kébé (historien sénégalais)

    Action versus lamentation, c’est le dilemme dans lequel se débat une partie de la population française « issue de la diversité », venue vivre dans le pays qui a fait le commerce de la traite négrière jusqu’à ce que l’esclavage soit définitivement aboli en France en 1848. Cet incongruité génère un mal être parfois revendicatif dans cette diaspora postcoloniale, remuée parfois aussi par les théories « décolonialistes » véhiculées par la pensée « woke ».

    Cette ambiguïté est exprimée ici par Régis Pio avec modération mais sans cacher ses interrogations qui nourrissent son mal-être, heureusement pas forcément universel.

  • Le bal des pleureuses

    Le bal des pleureuses

    Alors que le parlement français a du mal à dégager une majorité pour adopter le projet de budget de l’Etat (526 Mds EUR en dépenses et 373 en recettes) et le budget de la sécurité sociale (677 Mds EUR en dépenses et 659 en recettes) le bal des pleureuses s’en donne à cœur joie sur les plateaux télévisés et dans les dîners en ville.

    Il existe les classiques revendications de « plus de moyens » pour l’enseignement, la santé, la justice et la défense. Mais devant les perspectives financières peu réjouissantes d’une nation qui se rabougrit et d’un Etat qui frise la cessation des paiements tous les lobbies, corporations, syndicats, associations, groupes, individus… voyant venir le temps des vaches maigres veulent persuader les décideurs que l’augmentation des dépenses publiques dont ils bénéficient est vitale pour eux et que le pays va s’effondrer si on ne les satisfait pas.

    On a ainsi :

    • Les retraités qui veulent le maintien de leur abattement spécial de 10% pour « frais professionnels »
    • Les chauffeurs de taxis qui veulent garder le même niveau de transports médicaux pris en charge par la sécurité sociale
    • Les auto-écoles qui exigent l’augmentation du nombre de fonctionnaires faisant passer l’examen du permis
    • Les directeurs de théâtres, de festivals ou de salles de spectacle qui refusent de voir baisser leurs subventions publiques
    • Les intermittents du spectacle qui veillent au maintien de leurs avantages en termes de chômage
    • Les musées qui ont besoin de toujours plus de sous pour entretenir leurs bâtiments souvent délabrés
    • Le secteur du bâtiment toujours à la chasse aux subventions pour construire plus de logements sociaux
    • Les écologistes qui veulent dépenser plus pour la transition écologique
    • Les travailleurs actifs qui veulent ramener l’âge de la retraite à 62 ans, voire 60
    • Les salariés démissionnaires qui veulent continuer à bénéficier des avantages de la « rupture conventionnelle »
    • Les chômeurs qui ne veulent pas voir baisser leurs indemnisations, ou la durée de celles-ci
    • Les fédérations sportives qui se plaignent que les promesses de soutien publique post-jeux olympiques Paris 2024 ne sont pas tenues par l’Etat
    • Les maires de France (actuellement réunis en congrès) qui exigent un doublement de leurs dotations reçues de l’Etat
    • Les psychanalystes qui veulent plus de remboursement de leurs consultations à leurs patients

    La liste est loin d’être exhaustive et elle s’allonge tous les jours…

    Les résidents français n’ont pas encore bien compris qu’un pays dont la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est sérieusement ralentie ces dernières années n’améliore quasiment plus sa production de richesses. Il faut donc que le rythme de croissance des dépenses publiques suive la même voie, au moins en tendance. Si les dépenses continuent à augmenter plus vite que la richesse nationale c’est alors l’endettement qui permet de combler la différence. Nous en sommes là. A ce stade, le projet de budget de l’Etat est en déficit de 153 Mds, soit 29% des dépenses, ce qui signifie que pour 100 EUR à dépenser par l’Etat, les impôts en financeront 71 et que la République devra en emprunter 29 pour combler le déficit. Nos enfants rembourseront. Les discussions parlementaires en cours rivalisent d’ingéniosité soit pour créer des impôts nouveaux, soit pour baisser les dépenses. Nous verrons ce qui en sortira d’ici le 31 décembre. Ce n’est même plus la peine de discuter dans les dîners en ville ou sur les plateaux télévisés, les arguments des uns et des autres sont bien connus, personne ne convainc personne et chacun déroule son rationnel considéré comme irrationnel par celui d’en face. Personne ne bouge, chacun s’accroche à ses certitudes et le pays continue à dériver.

    Riss – Charlie Hebdo (05/12/2018)

    Alors le mieux est de laisser le parlement se prononcer puis l’Etat exécuter le budget décidé. Les électeurs (et l’INSEE) en analyseront les conséquences, bonnes ou mauvaises, et auront moulte occasions de s’exprimer dans les urnes au cours des 24 prochains mois pour rendre leur verdict et, s’ils le souhaitent, changer d’orientation.

    A ce stade, personne n’a remis en cause la ligne budgétaire de 400 millions d’euros prévue dans le projet de budget 2026 pour la préparation des jeux olympiques Alpes Française 2030.

    Voir aussi

    Notre page Economie

  • Aldo Ciccolini (1925-2015)

    Aldo Ciccolini (1925-2015)

    C’est le dixième anniversaire de la mort du grand pianiste italien Aldo Ciccolini, décédé à 89 ans en 2015. Pour l’occasion France Musique édite une série de podcasts basés sur une longue interview du musicien réalisée en 1998 au crépuscule de sa vie. D’une voix douce, mélancolique et un peu lasse, avec une pointe d’accent italien qui rend son élocution si harmonieuse, il raconte sa vie exceptionnelle tout entière consacrée à la musique. Il affirme qu’il sut lire la musique à 4 ans, avant de savoir écrire, s’être dirigé vers la composition puis d’y avoir renoncé, persuadé qu’il n’avait pas le talent suffisant pour devenir un compositeur au-dessus du lot, pour l’interprétation domaine dans lequel il fut véritablement un pianiste hors pair.

    Il explique avoir été 1er grand prix du concours Marguerite Long en 1949, « par hasard » ajoute-t-il, sans vraiment l’avoir voulu. Quand on connait le niveau d’exigence de ce concours on a du mal à imaginer qu’il l’ait emporté en passant. Mais du coup il s’installe en France dont il fera son pays de résidence principale. Il est enterré dans la région occitane, à côté de Déodat de Séverac, l’un des compositeurs français qu’il a défendu toute sa vie, avec Satie, Ravel, Debussy, Chabrier… Il dit : « Jusqu’à Webern, tous les grands du passé sont des Dieux » ou « Je crois qu’il n’y a pas de la mauvaise musique, il y a de la musique inutile » mais refuse d’en désigner des exemples, « par discrétion ».

    Samson François parlait de lui comme « la grâce ». C’est d’ailleurs Ciccolini qui joua pour un concert hommage en 1972 au Festival de Nohant après la mort de Samson en 1970. Il a rêvé de Beethoven dans sa jeunesse mais a toujours refusé d’enregistrer ses œuvres à l’époque car ne s’estimant pas assez mûr pour affronter ce géant, « avant d’avoir vécu assez longtemps ». Et s’il les avait jouées quand même, eh bien il lui aurait fallu les réenregistrer plus tard, à l’âge de la maturité.

    Il forma un duo musical légendaire avec la soprano Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006) dont quelques subsistent quelques enregistrements. Il n’aime pas Bach au piano. Il est fasciné par le compositeur Janáček (1854-1928) qui est mort fou en se sachant fou et qui écrit des compositions qui sont des pages pleines de « désagrégation de la pensée musicale », un territoire qui n’avait été touché par personne, pas même Schuman dont la folie était « humaine ».

    Sur une île déserte il emporterait le 4e concerto de Beethoven, le pianiste Michelangeli, Tristan & Iseult et Parsifal.

    Il n’a jamais écrit ses mémoires et n’en écrira jamais « il suffit d’écouter mes disques ; on ne parle pas de musique, on en fait ». On ne sait rien de sa vie privée sinon qu’il préfère la compagnie des chats à celle des hommes. Artiste solitaire, un peu misanthrope, il est de ces géants qui continuent d’élever leurs auditoires en interprétant la musique des Dieux.

  • Tentative risquée de réhabilitation de la Syrie

    Tentative risquée de réhabilitation de la Syrie

    Après avoir été reçu à la présidence de la République française avec gardes républicains au garde-à-vous dans la cour de l’Elysée le chef d’Etat syrien par intérim Ahmed al-Charaa a pu afficher sa barbe noire dans le bureau ovale de la Maison Blanche en compagnie du président américain. Au vu du pédigré terroriste du personnage, dont il ne s’est jamais caché, on frémit un peu de voir les pays occidentaux lui déployer le tapis rouge. Certes il faudra bien renouer un jour avec la Syrie, pays clé du Moyen-Orient, à l’histoire millénaire, mais qui aussi été à l’origine de bien des déconvenues pour les pays occidentaux qui ont tenté d’entretenir des relations d’Etat à Etat. Une nation dirigée par des forbans, une économie menée par des voyous, un pouvoir central contesté les armes à la main par les Kurdes toujours entre deux sécessions, les Alaouites, les Druzes et bien d’autres, des clans politico-religieux qui s’entretuent depuis des décennies, un territoire occupé par la Turquie au nord, par Israël sur le plateau du Golan, par des bases militaires américaines et russes plus ou moins sollicitées, une population ballotée au milieu de ces canailles, entre corruption, idéologies religieuses et pauvreté, qui a même été attaquée avec des gaz de combat par le pouvoir Assad (père puis fils) pour réprimer les contestations populaires, ce pays n’a quasiment jamais vécu en paix depuis son indépendance et s’est retrouvé un peu contre son gré au centre d’enjeux moyen-orientaux qui le dépassent.

    Cerise sur le gâteur, Alois Brunner, officier nazi qui fut un élément clé dans l’extermination des juifs durant la IIe guerre mondiale s’est réfugié en Syrie où il fut protégé par le régime d’Hafez el Assad et aurait même œuvré comme conseillé des services de sécurité syriens, services réputés pour leur barbarie. Lâché par Bachar, le fils d’Hafez qui a repris le pourvoir à la mort de celui-ci, il serait mort en prison dans les années 1990 ou 2000. Le gouvernement syrien n’a jamais collaboré avec les pays occidentaux qui demandaient l’extradition du chef nazi, ce qui n’empêcha le président français Chirac d’être le seul chef d’Etat occidental venu à Damas en 2000 assister aux obsèques d’Hafez el-Assad.

    La Syrie a elle-même toujours revendiqué sa prééminence sur le Liban dont elle n’a jamais véritablement accepté l’indépendance. Son armée a occupé ce pays et y a commis moulte attentats dont l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri en 2005. Damas a copiné avec l’Iran de nombreuses années, participant activement au business diplomatique des otages, soutenant les mouvements terroristes de tous ordres pour nuire à l’Occident coupable de tous les maux ce qui n’empêchait ses dirigeants d’acquérir des biens immobiliers luxueux sur l’avenue Foch à Paris, à Londres et ailleurs.

    C’est en Syrie que le groupe terroriste religieux « Etat islamique » a installé ses bases dans les années 2010 et organisé, notamment, les massacres de novembre 2015 à Paris. La guerre civile durant ces années entre les groupes religieux syriens et le régime Assad a été terrible (plusieurs centaines de milliers de morts, souvent torturés dans des conditions effroyables), le pays grandement détruit et il faudra encore longtemps pour évaluer les conséquences financières, politiques et sociales de cette guerre sauvage !

    C’est la Syrie qui a majoritairement alimenté la crise migratoire des années 2020 durant lesquelles entre un et deux millions de réfugiés ont fuit leurs pays pour l’Europe. C’est aussi la Syrie du clan el-Assad qui a développé une industrie productrice du Captagon, une drogue dont elle a inondé le marché international et dont le pouvoir post-Assad chercherait à se débarrasser.

    Bref, au cœur de « l’Orient compliqué », la Syrie est un cauchemar pour les pays occidentaux et il existe une très forte probabilité pour qu’elle continue à l’être dans les décennies à venir. Un premier réflexe voudrait que les pays occidentaux se retirent définitivement de ce bourbier pour se consacrer à l’Europe où les défis militaires et financiers s’accumulent. Les dirigeants français et américain viennent d’en décider autrement en recevant le président syrien intérimaire, avec son lourd passé de terrorisme religieux, en déployant les flonflons de leur protocole. Notons tout de même que M. al-Charaa est entré à la Maison-Blanche par la porte de service et non par l’entrée officielle.

    Peut-être les Etats-Unis et la France font-ils preuve de vision en pariant sur ce dirigeant barbu, qui a au moins eu le mérite de faire tomber le clan el-Assad par les armes, mais on a du mal à être optimistes après des décennies de dérives dictatoriales et d’échecs dans tous les domaines des relations avec ce pays maudit.

    Lire aussi

    Syrie : un barbu pour remplacer une canaille

    Règlements de comptes en Syrie

  • La réforme de des retraites de 2023 suspendue par l’assemblée nationale sur proposition du gouvernement

    La réforme de des retraites de 2023 suspendue par l’assemblée nationale sur proposition du gouvernement

    Alors que les discussions parlementaires se poursuivent à l’assemblée nationale sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 l’article 45 bis proposé par le gouvernement a été soumis au vote. Il s’agit d’entériner la suspension de la réforme des retraites 2023, augmentant progressivement l’âge légal de départ en retraite et la durée de cotisation nécessaire. Ce vote est symbolique car il n’entrera en vigueur que si l’ensemble du PLFSS est adopté dans son ensemble d’ici le 31/12/2025. Si ce n’était pas le cas, la suspension de la réforme des retraites ne serait pas effective.

    La suspension de cette réforme, même si elle n’était qu’éphémère, a une signification politique importante. C’est un retour en arrière inédit dans l’histoire contemporaine de la République et c’est un échec personnel pour le président de la République qui avait fait de cette réforme l’alpha et l’oméga de son deuxième mandat, après avoir échoué à la mener au cours du premier, pour causse de cris sanitaire de la Covid.

    Cette suspension aurait été négociée avec le parti socialiste (PS) pour obtenir son engagement de ne pas censurer le gouvernement. Socialistes et partis du centre étaient donc censés faire adopter cette suspension, qui l’a finalement été avec :

    • Les voix du Rassemblement national
    • Les abstentions de la grande majorité du partie présidentiel (exceptés trois anciens ministres, MM. Woerth et Ferraci, ainsi que Mme. Panosyan-Bouvet qui ont voté contre).
    • Les voix du Parti socialiste
    • Quelques abstentions de Les Républicains mais une majorité de votes contre, dont tout l’état-major
    • Les votes « pour » des écologistes et des démocrates
    • Le vote « contre » du parti Horizons de l’ancien premier ministre Edouard Philippe
    • Les voix « contre » de la gauche propalestinienne de La France Insoumise (LFI)

    A l’issue de tout ce méli-mélo de suffrages en sens contraire et d’abstentions la suspension de la réforme des retraites a été adoptée. Elle ne fait qu’annoncer une prochaine réforme qui sera rapidement nécessaire tant les contraintes démographiques, et donc financières, la rendent incontournable.

    La nation décidera alors si elle veut faire financer ses retraites par l’impôt ou par le travail ou par l’ajustement du niveau de tout ou partie des pensions, ce qui pourrait être rendu nécessaire en cas de crise grave sur les finances publiques françaises. Le mistigri est ainsi refilé aux candidats à l’élection présidentielle de 2027 qui devront s’en dépatouiller. Une telle élection n’est généralement pas très propice aux débats de fond tant la démagogie à courte vue prend généralement le pas sur la réflexion. Mais les électeurs français l’ont voulu ainsi en élisant une chambre tripartite.

    Voir les votes en détail

     https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/3684

    Lire aussi

    L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu – Total Blam-Blam

  • Les retraités mis à contribution ?

    Les retraités mis à contribution ?

    Contraint d’accepter la suspension du calendrier d’augmentation de l’âge légal de départ et de la durée d’assurance (le nombre de trimestres de cotisation) prévus par la réforme des retraites de 2023 pour emporter la neutralité du parti socialiste dans le processus budgétaire en cours pour l’année 2026, le gouvernement a émis un projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2026 rectificatif qui inclut la baisse des cotisations retraite à encaisser par rapport à la version initiale. Comme dans toute organisation économique normalement constituée il prévoit le financement de cette baisse des recettes par un gel partiel (sous-indexation) des prestations servies aux retraités et une hausse des taxes pesant sur les organismes complémentaires de santé.

    Devant la représentation nationale, le Premier ministre s’est engagé à proposer au Parlement, dès cet automne, la suspension de la réforme de 2023 sur les retraites, jusqu’à l’élection présidentielle, à la condition de ne pas aggraver davantage le déficit public.

    En cohérence avec l’engagement du Premier ministre de ne pas faire peser le coût de cette suspension sur les générations futures par l’aggravation du déficit, deux mesures complémentaires, permettent de la financer, portant sur la taxe sur les organismes complémentaires en 2026, et la sous-indexation des pensions de retraites en 2027 afin de rééquilibrer les efforts de pérennisation de notre régime de retraite entre générations.

    Exposé des motifs de la lettre rectificatve

    Cette mesure de « suspension » coûterait quelques centaines de millions d’euros sur 2026 et quelques milliards en 2027, mais bien malin qui peut évaluer correctement les conséquences financières de cette mesure sur le long terme d’autant plus qu’on ignore totalement de quoi sera suivie cette suspension qui doit durer « jusqu’à l’élection présidentielle [2027] ». Ce qui est sûr c’est que le problème du déficit du système des retraites va réapparaître plus tôt que prévu du fait de la « suspension » annoncée et qu’une nouvelle réforme sera rapidement nécessaire. D’ores et déjà il est à craindre que le financement du système des retraites ne soit encore le point principal de la campagne des élections présidentielles de 2027 comme il le fut déjà pour les campagnes de 2017 et de 2022 relayant au second plan les autres sujets que le pays doit affronter.

    Le principe général de l’assurance-retraite est qu’il doit être financé par les cotisations versées par les actifs. D’ores et déjà insuffisantes au vu du nombre croissant de pensionnés ces cotisations sont actuellement complétées par de l’impôt ce qui est contraire à la philosophie de cette prestation. Bien entendu la gauche et la droite de la droite refusent déjà le mode de financement de la « suspension » souhaité par le gouvernement au motif qu’il va défavoriser « les plus précaires ». Les tenants de la politique « taxer Bernard Arnault » ont proposé à la place d’augmenter la CSG sur les revenus financiers.

    En réalité, même les élus qui ne veulent pas toucher à l’âge légal de la retraite de 62 ans, ou le ramener à 60 ans, ont pris acte que le système est désormais durablement déficitaire simplement ils considèrent comme normal de financer les déficits en augmentant les impôts, puisque la France ne sait pas économiser par ailleurs, quand leurs adversaires (ainsi que la grande majorité des pays européens) pensent que le système doit s’autofinancer quitte à augmenter la durée de cotisation des actifs ou à limiter la hausse des pensions.

    Les déséquilibres politiques actuels et les décisions en cours sont issus des votes des électeurs français aux dernières élections législatives. Ils vont revoter en 2027 pour élire un nouveau président et, probablement aussi pour une nouvelle assemblée nationale. Il sera temps de se prononcer pour une philosophie ou pour une autre. En attendant, il suffit de prélever et d’emprunter pour financer les déficits, c’est ce que fait la France depuis 1974, dernière année où un budget a été voté à l’équilibre !

    Le vote sur le projet de suspension de la réforme de la retraite de 2023 doit avoir lieu le 12 novembre.

    Lire aussi

    L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu – Total Blam-Blam

  • « La femme la plus riche du monde » de Thierry Klifa

    « La femme la plus riche du monde » de Thierry Klifa

    C’est l’histoire de Liliane Bettencourt, jouée par Isabelle Huppert, mise en scène par Thierry Klifa. Un avertissement après le générique informe les spectateurs que ce dernier a pu prendre quelques libertés avec la vérité vraie de cet incroyable feuilleton financiaro-politique, familial et amoureux qui occupa l’actualité française à

    la fin des années 1990 avec les aventures de Mme. Bettencourt, héritière de l’empire L’Oréal créé par son père, faisant d’elle l’une des femmes les plus riches du monde.

    L’histoire tourne bien sûr autour de l’amitié-amoureuse portée par la vieille dame au jeune homosexuel, photographe-artiste-écrivain, joué par Laurent Lafitte, descendu dans sa vie par hasard et qui va l’enchanter de sa bonne humeur et de ses provocations. Il la distrait du milieu guindé des affaires, du CAC40 et de Neuilly où elle promène sa morgue et son ennui, entre son mari, leur fille unique et toute une valetaille aux ordres. Il la rejoint dans son hôtel particulier en mobylette et pour le remercier de cette joie de vivre dans laquelle il la plonge elle commence à le couvrir de cadeaux, mais les « cadeaux » d’une richissime Mme. Bettencourt se chiffrent en millions d’euros, voire en dizaines de millions… au point d’inquiéter sa fille qui accuse Banier d’abus de faiblesse contre la personne de sa mère pour lui détourner une (petite) partie de son immense fortune. Tout ceci se termine en justice puis finalement se règle dans le secret dans cabinets d’avocats pour éviter trop de scandale public.

    Le film croque savoureusement ce conflit entre mère, fille et le trublion Banier, avec les milliards d’euros qui planent sans cesse au-dessus de cette histoire de famille où se mêlent ambition, égoïsme, rancune, jalousie et, pour couronner le tout, un peu de passé collaborationniste et antisémite qui remonte à la surface. Les acteurs dans le film portent des noms différents des véritables personnages mais de façon très transparente. Evidemment on ne sait pas ce qui s’est dit dans les salons feutrés à Neuilly de cette très grande bourgeoisie mais de ce que la justice a révélé on peut imaginer que le film est assez proche de la réalité de la famille Bettencourt. Liliane n’est d’ailleurs pas décrite comme une simple potiche siégeant au conseil d’administration de L’Oréal mais comme une dirigeante qui continua de développer le groupe de cosmétique fondé par son père avant de passer la main.

    On s’attendait peut-être à un scénario plus moqueur et ironique, il n’en n’est rien. Malgré quelques passages désopilants comme celui où Liliane, au siège de la compagnie, tape sur un distributeur de boisson pour en extirper une bouteille ignorant complètement qu’il faut d’abord mettre une pièce dans la machine… évidemment, elle n’est pas habituée à payer elle-même ses consommations, le film est plutôt sérieux et précis, sans être méchant, dans son récit de la comédie humaine de cette bourgeoisie d’élite.

  • Amy McDonald à la « Baloise session 2025 » sur Arte Concert

    Amy McDonald à la « Baloise session 2025 » sur Arte Concert

    On avait quitté Amy McDonald il y a huit ans en 2017 au Trianon un peu en manque d’inspiration, pour une prestation pas inoubliable. On la retrouve sur Arte-Concert et son show donné en 2025 à la « Baloise session » plutôt en forme et très bavarde sur scène avec son accent écossais incompréhensible. L’interprète autrice-compositrices continue à sortir des disques et décorer ses bras de tatouages envahissants. Elle a muri, s’est amincie et joue toujours furieusement de sa guitare rythmique. On avait été tellement impressionné à ses débuts à la Maroquinerie en 2008 qu’on reste attachés à sa musique même si ses compostions n’ont plus jamais atteint les sommets de This is the Life.

  • JENNI Alexis, ‘Miscellanées du Quai d’Orsay’.

    JENNI Alexis, ‘Miscellanées du Quai d’Orsay’.

    Sortie : 2024, Chez : Les Editions du Sonneur.

    Alexis Jenni (62 ans), écrivain prolixe, récompensé du prix Goncourt pour son premier roman en 2011, « L’Art français de la Guerre », commet ici un essai léger sur le ministère français des affaires étrangères, le « Quai d’Orsay », décrivant de l’intérieur ses méandres et ses couloirs, ses poètes-ambassadeurs et ses espions et, surtout, ses traditions nées à une époque où la France était une grande puissance qui participait à l’organisation diplomatique de la planète. Un temps désormais révolu…

    « Le Quai » à la tête de plus de 170 ambassades et représentations dans autant de pays et d’institutions multilatérales gère aussi des kilomètres-linéaires d’archives sur lesquels s’entassent les traités et les accords fruits d’un passé glorieux, mais avec parfois quelques trous. C’est ainsi que l’on apprend que le Traité de Versailles original qui mis fin à la Ière guerre mondiale a littéralement disparu. Mis à l’abri en province au début de l’occupation allemande de la IIe guerre mondiale il a quand même été déniché par les occupants qui l’aurait rapatrié à Berlin où il n’a jamais été retrouvé. Peut-être a-t-il brûlé avec la ville en 1945, peut-être a-t-il été récupéré par les troupes soviétiques et archivé par le NKVD (ancêtre du KGB/FSB) et ressortira un jour ? L’histoire le dira, la diplomatie est un art du temps long.

    Elle est aussi surtout un art de la négociation utilisé pour essayer d’éviter aux gens de mourir au combat.

    Le problème dans les conflits, c’est que tout le monde a ses raisons, que chacun croit aux siennes et ignore celles de l’autre. Plus l’affrontement est violent, militarisé, mortel, et plus les raisons de chacun sont étanches… à la raison. Un conflit armé est toujours chargé d’imaginaire, de passions, d’irrationnel, lesté aussi du poids d’une mémoire historique, et du compte des souffrances supplémentaires issues du conflit lui-même.

    Avec le retour des guerres impériales en ce premier quart du XXIe siècle le temps des diplomates semble s’éloigner au profit de celui des armes, mais après tout Talleyrand (1754-1838) ne réussit-il pas à sauver les intérêts de la France au congrès de Vienne (1814-1815) qui consacre une nouvelle organisation de l’Europe sous Louis XVIII après la première abdication de Napoléon face aux Empires anglais, prussien, autrichien et russe.

    Tout n’est pas perdu, l’heure des diplomates reviendra bien un jour et la France dispose d’un outil diplomatique expérimenté qui pourra s’avérer utile si elle arrive à le conserver.

  • Lucas Moinet Trio – 2025/10/30 – Paris Le New Morning

    Lucas Moinet Trio – 2025/10/30 – Paris Le New Morning

    La célèbre salle de concert parisienne présente ce soir Lucas Moinet Trio. Son créateur est Lucas Moinet, musicien passionné, qui a créé le Studio 937 autour duquel gravitent ses amis musiciens dont les cinq qui sont présents ici. Eh oui, le trio est en fait composé de six membres. Lucas devait se préoccuper de ses arpèges de guitare pendant ses cours de mathématique à l’école et nous n’avons qu’à nous en féliciter. Un sextet certes, mais un groupe plein de talent, d’enthousiasme et de sincérité. Lucas, multi-instrumentiste, exerce aussi des activités de DJ, de producteur et de patron de studio. Et quand il ne fait pas musique, il semble qu’il ait en plus un métier dans le « civil ».

    Le programme du New Morning et les annonces du concert sur les réseaux dits « sociaux » parlent de jazz-fusion, de funk retro-futuriste, de boogie, de house ou de groove romantique, appellations quelque peu abscondes pour les plus de 30 ans mais qu’importe les termes puisque seuls comptent la musique et ceux qui la font et l’interprètent.

    Lucas entre en scène, vissé sous sa casquette (portée à l’endroit), pour s’installer devant ses claviers et accueillir les musiciens qui le rejoignent un par un. La bassiste Camille Frillex qui est sans doute la virtuose du groupe, ses cheveux engoncés dans une casquette de titi parisien (portée à l’envers), sa guitare-bass tenue à l’épaule par une bandoulière aux couleurs rasta. Grande bringue impassible son jeu marque le rythme sur lequel se règle la musique. Son solo de fin de concert est éblouissant. La batteuse, Lulu Jems, lunettes noires et cheveux bouclés, tatouages et gros bras, assume un look hard-rock mais délivre un touché jazzy tout en finesse. Elle fait le duo rythmique parfait avec Camille.

    Le saxophoniste Lukasa, à la chevelure romantique, souffle de façon flamboyante, et se recoiffe le reste du temps. Il joue parfois en duo avec un trompettiste invité et s’installe aussi derrière le piano à queue sur certains morceaux. Le guitariste « Stupid flash » est tout en riffs secs et pizzicatos délicats.

    L’ambiance du New Morning est du genre cabaret pour bandes de jeunes cultivés alors, même pendant le show, les spectateurs continuent à parler (fort) et à se déplacer vers les bars pour remplir leurs pintes. Mais tout le monde est heureux sauf quelques vieux grognons qui auraient pu vivre avec un peu plus de concentration et un peu moins de lumière.

    La musique s’écoule avec bonheur et naturel sous la direction discrète de Lucas qui anime le groupe avec un naturel de vieux professionnel. De longs morceaux de 10 mn aux rythmes chaloupés et élégants. Une espèce de muzak méditative qui pousse à la sérénité et à l’apaisement. Lucas pose sa voix vocodée sur l’ensemble. C’est lui qui compose les notes et écrit les mots… que l’on ne comprend pas du fait du traitement de sa voix. Qu’importe, on se laisse porter par la vague chaude et ondulante de cette musique qui nous envahit comme la crème brûlée coule dans le gosier. Il nous dit quelques mots de présentation avant certains morceaux. Sur New Morning, il explique que ses parents l’emmenaient régulièrement assister à des concerts dans cette salle quand il était jeune, lieu qu’il fréquenta encore plus quand il fut en âge d’acheter lui-même ses billets, d’où sa grande émotion d’y jouer ce soir avec ses amis ; Close to You, une histoire d’attachement pour ceux qui tiennent l’un à l’autre, Something about Us, une reprise de Daft Punk qui clôt le concert avant le rappel sur Waste my Time.

    Avant la porte de sortie une table propose le disque du groupe Time Travel… uniquement en version vinyle. Les jeunes cultivés d’aujourd’hui n’écoutent plus que des vinyles, format que les vieux grognons ont abandonné avec leur jeunesse il y a cinquante ans. Dehors, un vendredi soir dans le Xe arrondissement parisien, l’atmosphère est aussi très jeune, sans doute un peu moins érudite, plus tournée vers la bière que le jazz-fusion. Il faut de tout pour faire le monde, et surtout de la musique. Merci au Trio et à leurs amis de combler si magnifiquement ce besoin vital !

    Voir aussi

    https://www.instagram.com/lucasmoinet

  • Des nouvelles de l’Afrique

    Des nouvelles de l’Afrique

    En Côte d’Ivoire le président Ouattara, 83 ans, vient d’être réélu pour un quatrième mandat présidentiel au premier tour avec un score de 91%.

    Au Cameroun le président Biya, 92 ans, vient d’être réélu pour un énième mandat. Il est président depuis 1982, soit 42 ans de pouvoir absolu.

    La rénovation politique sur le continent ne semble pas vraiment en route au niveau de ces deux poids lourds de l’ex-Empire français. La succession de ces deux éléphants est repoussée à plus tard, pas sûr qu’elle sera paisible. Dans les pays du Sahel par contre, les successions ont été menées tambour battant et des juntes de galonnés ont poussé dehors les dirigeants civils et l’ex-puissance coloniale, pas sûr que les résultats politico-économiques soient bien plus positifs que dans le cas du Cameroun et de la Côte d’Ivoire…

  • Débauche de nouveaux impôts et refus des économies proposées par le gouvernement

    Débauche de nouveaux impôts et refus des économies proposées par le gouvernement

    La foire au budget 2026 bat son plein à l’assemblée nationale sur la base du projet présenté par le gouvernement. Depuis le lancement des discussions parlementaires et quasiment à chaque heure un nouvel impôt est voté et une économie proposée est rejetée. On ne sait pas encore quelle sera la version finale de ce budget de l’Etat et encore moins celui de la sécurité sociale dont le débat vient percuter le premier.

    Les projets déposés par le gouvernement sont tous deux en déficit :

    Pour le moment, le seul budget de l’Etat (PLF) d’un montant total de 525 milliards d’euros de dépenses est proposé avec un déficit de 124 mds, soit 24% du total du budget. Cela signifie concrètement que pour 100 EUR de dépenses, la République va financer 76 EUR grâce aux impôts payés par les contribuables mais va devoir emprunter 24 EUR sur les marchés financiers pour financer le déficit, dette que nos enfants paieront plus tard…

    On saura en fin d’année quelles seront les prévisions finales de déficit votées par le parlement pour l’année 2026 mais il est assez probable qu’elles seront supérieures aux projets initiaux vu la tendance que prennent les discussions. Le concept « il suffit de taxer Bernard Arnault » est en train de prendre le dessus via des alliances improbables entre la gauche, propalestinienne ou pas, et la droite du Rassemblement nationale. Les propositions d’économies sont supprimées avec enthousiasme par les uns et les autres : suppression du gel des pensions de retraites (amendement proposé par Les Républicains), remplacement de déduction de 10% pour « frais professionnels » des retraités par une déduction fixe (une transformation qui était plutôt maligne en ce qu’elle avantageait les retraites de faible montant et désavantageait les autres), etc.

    A ce stade personne n’a encore remis en cause les sommes significatives prévues pour l’organisation des jeux olympiques Alpes françaises 2030 :

    • Budget de 401 millions pour 2026

    Alors que les dépenses préparatoires pour les jeux olympiques d’hiver Alpes françaises 2030 ont déjà commencé à être engagées en 2025, elles montent en puissance en 2026 et cette progression devrait se poursuivre jusqu’à 2031.

    • Délivrance d’une garantie d’un montant maximum de 500 millions :

    Exposé des motifs

    A la suite de l’attribution officielle par le Comité international olympique (CIO), le 24 juillet 2024, de l’organisation de l’édition 2030 des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) dans les Alpes françaises, le présent article vise à compléter et traduire les engagements pris par le Gouvernement dans le cadre de la candidature de la France. Ces engagements sont notamment inscrits dans le « contrat hôte olympique » que le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) a conclu avec le CIO.

    La garantie que l’État pourrait accorder se décompose en trois parties distinctes : en premier lieu, une garantie de remboursement (500 M€) des avances versées par le CIO au titre des médias ; en second lieu une garantie portant sur des emprunts de trésorerie (70 M€ pour des montants unitaires empruntés inférieurs à 50 M€) ; enfin, en troisième lieu, une garantie portant sur un éventuel « déficit budgétaire » du COJOP. Les deux premiers dispositifs de garanties sont prévus à l’article 151 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025.

    Projet de loi de finances pour 2026

    Bien entendu il s’agit d’une garantie dont il n’est pas sûr qu’elle ne soit jamais mise en œuvre, mais c’est tout de même un engagement de l’Etat en faveur d’un organisme à la probité douteuse, installé dans un paradis fiscal, le Comité international olympique qui va bien entendu par ailleurs bénéficier d’une exonération fiscale complète pour ses activités et ses personnels pour ces jeux olympiques que la France pour l’organisation desquels la France a estimé prioritaire de se porter candidate.


    Les débats suivent leur cours et doivent aboutir à une adoption fin novembre. Si jamais une majorité ne pouvait être dégagée pour faire aboutir un vote dans les délais, il semble qu’un processus constitutionnel permettrait d’appliquer les projets initiaux par ordonnances ce qui annulerait toutes les modifications en cours de discussion.

    Voir aussi

    Notre page Economie

  • Regrettable intervention française dans le changement de pouvoir à Madagascar

    Regrettable intervention française dans le changement de pouvoir à Madagascar

    Une jeunesse rebelle vient de pousser le président de Madagascar à fuir le pays. Des manifestations avaient lieu depuis plusieurs mois dans les rues pour se plaindre des habituels maux des pays du continent africain : sous-développement économique, corruption généralisée, autoritarisme du pouvoir, etc. Comme d’habitude en ce genre de circonstance c’est lorsqu’une partie de l’armée s’est placé du côté des manifestants que le pouvoir est tombé. Un colonel, Michaël Randrianirina, a remplacé un affairiste, Andry Rajoelina. Ce ne pourrait être qu’un changement de pouvoir comme un autres dans un pays plus habitué aux coups d’Etat qu’aux élections démocratiques si la France, une nouvelle fois, ne s’était cru obligée de s’ingérer dans cette affaire interne d’un pays tiers, fusse-t-il une ancienne colonie. Il semble que c’est un avion de l’armée française qui a exfiltré M Rajoelina vers l’Ile de la Réunion d’où l’impétrant a ensuite rejoint Dubaï où il s’est installé pour le moment comme nombre de forbans, de narcotrafiquants et d’influenceuses à forte poitrine.

    Lors de sa dernière réélection, M Rajoelina avait déclenché une polémique car l’opposition s’était aperçue qu’il bénéficiait de la double nationalité franco-malgache ce qui semblait inconstitutionnel, mais ne l’a pas empêché d’être réélu pour un deuxième mandat finalement un peu écouté par un quarteron de galonnés qui lui a arraché le pouvoir.

    Lire aussi : La nationalité française du président de Madagascar

    Une nouvelle fois la France est prise en défaut d’ingérence dans les affaires de ses anciennes colonies. Après son rejet ces dernières années par les pays du Sahel, par l’Algérie et d’autres, est-ce qu’en 2025 la France n’avait rien de mieux à faire que de s’ingérer dans la politique intérieure de Madagascar, pays avec lequel tous les comptes de la décolonisation sont encore loin d’avoir été réglés ? Cette intervention est assez incompréhensible pour le citoyen lambda d’autant plus qu’elle n’a été ni infirmée ni confirmée par les autorités françaises, mais semble avérée aux dires de la presse bien informée.

    Dès le 23/10/2025, l’ambassadeur de France à Madagascar a rencontré le colonel « Président de la Refondation de la République de Madagascar » et publié un communiqué dégoulinant de bonnes intentions :

    L’Ambassadeur de France a été reçu par le Président de la Refondation de la République de Madagascar, Monsieur Michaël Randrianirina, puis par le Premier Ministre, Monsieur Herintsalama Rajaonarivelo ce jeudi 23 octobre 2025. Il leur a présenté ses vœux de succès dans la mission importante qui les attend.

    Au cours d’échanges riches et constructifs, l’Ambassadeur a rappelé combien la France était attachée à la relation avec Madagascar et avec la nation malgache. Il a présenté la variété des projets menés par la France à Madagascar et souligné le souhait de la France d’orienter la relation selon les besoins exprimés par les nouvelles autorités et par la population. Les principaux domaines d’action discutés ont été l’accès à l’eau et l’électricité, l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation ainsi que la lutte contre la corruption. De nouvelles propositions seront faites par la France dans les prochaines semaines, dans une logique d’intérêt mutuel et en lien avec nos partenaires internationaux.

    Les échanges ont également porté sur les défis politiques de la transition en cours et les perspectives de progrès démocratiques pour Madagascar. A cet égard, l’Ambassadeur a insisté sur la nécessaire prise en compte des aspirations démocratiques et légitimes exprimées avec force par la société civile et la jeunesse, qui a payé le plus lourd tribut lors des manifestations des dernières semaines. Il a souligné l’importance d’associer pleinement les civils au processus en cours et d’organiser des élections dans un délai raisonnable.

    https://mg.ambafrance.org/Communique-5092

    Cette permanence dans la politique française en Afrique est un peu désespérante.

  • « L’Art déco des régions. Modernités méconnues. » au musée de Valence, art et archéologie

    « L’Art déco des régions. Modernités méconnues. » au musée de Valence, art et archéologie

    C’est le centenaire de l’Art-décoratif et de l’exposition internationale de Paris en 1925 qui donna tout son éclat à cet art nouveau, en réalité apparu bien avant, dans les années 1840, Ce style à la fois fonctionnel et ornemental s’est aussi décliné par région en France et c’est ce que nous montre le musée de Valence en se concentrant sur la Bretagne, le Pays basque et la Drôme. L’art décoratif en France est aussi régionalisé et c’est très bien ainsi. Ce centenaire va être célébré au niveau national, nombre d’expositions sont déjà programmées sur le sujet, à Paris (musée des Arts décoratifs, musée Zadkine, cité de l’Architecture, vitrines des grands magasins…) et ailleurs.

  • Un ex-président de la République française en prison

    Un ex-président de la République française en prison

    L’ancien président de la République Sarkozy a été emprisonné après sa condamnation par le tribunal correctionnel à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs ». Un appel est en cours et le condamné est donc de nouveau considéré comme innocent jusqu’au prononcé du jugement d’appel mais pour des subtilités juridiques un peu abscondes il a quand même été embastillé à la prison de la Santé dans le quartier réservé aux personnes protégées. Les spécialistes pensent qu’il devrait être libéré prochainement par suite du dépôt par ses avocats le jour de son incarcération d’une demande de libération en attendant le procès en appel.

    L’affaire en question concerne les relations troubles que son clan a entretenues avec le régime libyen du dictateur Kadhafi et les soupçons de financements illicites, venant de Libye, de la campagne présidentielle de 2007 à l’issue de laquelle M. Sarkozy a été élu. D’autres personnes impliquées ont été condamnées dont un ancien secrétaire général de l’Elysée (Claude Guéant) et un ancien ministre (Brice Hortefeux) à des peines de prison, plus quelques autres comparses comme Alexandre Djouhri, affairiste sulfureux, ou Ziad Takieddine, intermédiaire douteux en armement et filouteries franco-arabes diverses, tous deux « amis » de nombre d’hommes politiques français et habitués des dorures des palais de la République. Ils sont titulaires de la double nationalité, franco-algérienne pour le premier, franco-libanaise pour son comparse. Le second est décédé au Liban où il avait fui sous le coup d’un mandat d’arrêt international, quelques jours avant le prononcé du jugement, le premier a été incarcéré le jour du jugement.

    M. Sarkozy a par ailleurs été blanchi des accusations de « recel de détournement de fonds publics libyens » et de « corruption passive et financement illégal de campagne électorale ». Le tribunal a estimé que malgré les soupçons les preuves formelles qui devaient étayer ces accusations n’avaient pas été formellement réunies.

    Il n’en reste pas moins que ces dix années de procès ont démontré l’incroyable imbroglio politico-financier mené par des élus et dirigeants français, avant et après l’élection présidentielle, avec l’un des plus féroces et abjectes dictateurs que la planète ait portés, M. Kadhafi, dont les services ont été, notamment, les donneurs d’ordre de l’attentat du DC-10 d’UTA qui a explosé au-dessus du Sahara tuant 170 passagers et membres d’équipage dont 142 Français, y compris les double-nationaux. Les déclarations des différents accusés ont toutes confirmé et détaillé l’ampleur de ces relations malsaines. Comme ils l’ont eux-mêmes reconnu lors du procès, MM. Hortefeux et Guéant ont, notamment, rencontré à plusieurs reprises en Libye, Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur, chef du Service de renseignements militaires et, surtout, condamné par contumace à la prison à perpétuité par la justice française pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA.

    Les deux impétrants ont expliqué au cours de leur procès qu’ils n’étaient pas informés par les organisateurs libyens de leurs voyages leur feraient rencontrer M. Senoussi et qu’ils n’avaient pas quitté la réunion séance tenante par peur de provoquer un « l’incident diplomatique ». Leurs déplacements en Libye étaient d’ailleurs officieux et non coordonnés avec l’ambassade de France locale. Quelques mois après l’installation de M. Sarkozy à l’Elysée, son homologue libyen était reçu en grande pompe à Paris. On se souvient des images ubuesques de la tente que le dirigeant libyen avait fait installer dans le jardin de l’hôtel Marigny, résidence officielle des invités d’Etat. Le doute subsiste pour savoir si cette invitation grotesque était une récompense offerte au dirigeant libyen pour service rendu. La France a même envisagé à l’époque de vendre à Tripoli des centrales nucléaires et des avions de combat Rafale. Heureusement ces engagements sont restés lettre morte et quelques années plus tard une coalition internationale menée par la France et le Royaume Uni mettait fin aux méfaits du dictateur, plongeant au passage le pays dans un chaos dont il n’est toujours pas sorti.

    Il est désormais acté (et reconnu par eux) que les membres de l’équipe du candidat Sarkozy ont approché et négocié avec des tyrans en Libye, dont un condamné à perpétuité par la justice française. Une fois au pouvoir, le clan a déployé le tapis rouge de la République pour recevoir un clown sinistre avant de lui envoyer son armée ce qui a facilité son élimination physique par son opposition. L’aventure politique s’est terminée en 2011 par la mort de M. Kadhafi, l’aventure judiciaire se poursuit encore pour M. Sarkozy avec son passage en prison. Ses comparses ont été condamnés et certains sont aussi en prison. La responsabilité de l’ex-président français est engagée, il était le chef de ces pieds-nickelés et le tribunal a estimé que tout ce micmac d’aventuriers de rencontre n’avait pas pu être mené sans qu’il en soit informé. Il clame son innocence et refuse d’assumer ses responsabilités de chef. Un nouveau procès va se dérouler dans quelques mois et la Cour d’appel jugera de nouveau.

    La morale de cette histoire est que lorsqu’on est un dirigeant responsable il ne faut pas transiger aussi ouvertement avec les principes de la démocratie : on ne copine pas avec des dictateurs. « Dictateur un jour, dictateur toujours », ces personnages reviennent toujours à leurs mauvaises habitudes. On peut laisser le secteur économique faire des affaires avec ce genre de pays, pourquoi pas, mais recevoir les dictateurs avec tous les fastes de l’Etat ne mène qu’à des désillusions. Négocier avec eux conduit à la perversion. M. Sarkozy l’a fait plus tard avec le président syrien El-Assad. Le président Macron a continué cette méthode avec son homologue russe Poutine. Les résultats n’ont guère été brillants. Plus récemment M. Macron a reçu le successeur syrien du président Assad, M. Ahmed al-Charaa, accueilli dans la cour de l’Elysée avec tapis rouge et gardes républicains malgré son passé de terroriste qui l’a vu frayer avec les mouvements religieux qui ont mis le Moyen-Orient à feu et à sang ces dernières années. Il est à craindre que l’issue ne soit guère différente.

    Ces pratiques géopolitiques sont peut-être guidées par de « bons sentiments ». Elles ne sont pas raisonnables, certainement inefficaces, car il n’y a pas de rédemption possible pour ces dictateurs. M. Sarkozy doit actuellement méditer ce qui devrait être un précepte de la politique internationale.

  • Dans le Beaujolais

    Dans le Beaujolais

    En passant dans les vignes…

    Le ciel bleu a été ajouté grâce à notre nouvelle et grande amie l’Intelligence artificielle car il pleuvait lorsque ces clichés ont été pris.

    On vit vraiment une époque formidable !

  • Musée Gadagne de Lyon

    Musée Gadagne de Lyon

    Sur un site qui existe depuis le 1er siècle avant JC et dans une bâtisse datant du XVIIe siècle au pied de la colline de Fourvière sur les bords de Saône, au cœur du quartier historique de Saint-Jean, le musée Gadagne présente l’histoire de Lyon de la fondation de Lugdunum par l’occupant romain à la révolte des canuts, en passant par l’émergence du mouvement féministe MLF (Mouvement de libération de la femme) et des mouvements révolutionnaires de mai 1968. La ville est chargée d’histoire. Ce magnifique bâtiment renaissance est classé monument historique, il porte encore de nom des Guadagni, une riche famille de banquiers florentins qui l’habitat.

    Ville natale de Guignol si cher à nos petites têtes blondes de toutes époques, agréablement traversée par la Saône et qui afflue dans le Rhône au bout de la « presqu’ile », au quartier Confluence, habitée d’une bourgeoisie que l’on dit conservatrice mais aussi d’une jeunesse énergique, attachée à son club de fouteballe (l’Olympique lyonnais) comme à la basilique Notre-Dame de Fournière qui la domine sur sa colline avec, au loin, les Alpes et le Mont Blanc, et un peu plus près, un gigantesque complexe industrialo-chimique, Lyon est au cœur du pays.

    Le thé parfumé servi dans le jardin suspendu de Gardagne permet de s’imprégner de tous ces sentiments avec sérénité.

    Voir aussi

    Lyon

  • « Orchestre philharmonique de Radio-France Alice Sara Ott et Jaap von Sweden » à l’auditorium de Radio France

    « Orchestre philharmonique de Radio-France Alice Sara Ott et Jaap von Sweden » à l’auditorium de Radio France

    L’Orchestre philharmonique de Radio France est dirigé ce soir par Jaap van Zweden qui, malgré un patronyme de coureur cycliste, est un chef réputé qui prendra la direction musicale de l’orchestre à partir du mois de septembre prochain.

    La première œuvre, Arising Dances, est contemporaine, composée par Thierry Escaich, par ailleurs organiste du grand-orgue de Notre-Dame de Paris. Comme souvent, la programmation débute par des incursions dans le monde de la musique classique de notre temps. Ce peut être parfois un peu délicat pour l’oreille mais ce soir le dynamisme de l’orchestre pour cette modernité nous convainc. M. Escaich est présent dans la salle et partage le succès avec l’orchestre.

    Le concerto en sol majeur de Maurice Ravel (1875-1937) est ensuite interprété avec la pianiste Alice Sara Ott. Allemande née 1988 d’une mère japonaise, elle apparaît ce soir vêtue d’une longue jupe jaune plissée de laquelle émergent ses pieds nus aux ongles rouges, comme ceux de ses mains qui courent sur le clavier. On connait cette œuvre de génie en trois mouvements, créée en 1932. L’histoire raconte que Maurice Ravel voulait la jouer lui-même pour cette création mais que l’exigence de virtuosité demandée par son compositeur… Ravel Maurice surpassait ses propres talents de pianiste. Il la fit donc interpréter par Marguerite Long à qui le concerto est d’ailleurs dédié.

    Près de 90 ans plus tard, le concerto continue de se révéler une œuvre résolument moderne. Il a été, et est toujours, joué par les plus grands. L’interprétation ce soir d’Alice Sara Ott est sublime : enthousiaste sur l’Allegramente, redoutable de vivacité sur le Presto, et bouleversante sur l’Adagio assai, encadré par les deux premiers.

    Cet Adagio, commencé par le piano seul se développe avec un duo avec la flûte, puis le hautbois, et la pianiste avant que l’orchestre ne reprenne en sourdine pour murmurer le fond sonore de cette longue phrase du piano qui monte et descend sur le clavier en même temps que les émotions dans nos âmes. La délicatesse de cette composition si mélancolique est fascinante et l’on se prend à rêver que, le moment venu, elle soit jouée pour accompagner notre dernier souffle. Alice l’interprète avec toute sa sensibilité et son talent, la salle est suspendue à son jeu. Cet Adagio est le chef d’œuvre dans le chef d’œuvre.

    La pianiste revient pour un « bis » et interprète une Nocturne de John Field, compositeur irlandais contemporain de Beethoven à qui on attribue la paternité du genre « Nocturne » porté ensuite au plus haut par Chopin.

    Avec le Concerto pour la main gauche écrit à la même période par Ravel pour un ami pianiste revenu manchot de la 1e guerre mondiale, le Concerto en sol fut la dernière œuvre écrite par le compositeur qui s’épuisa à la tâche, déjà guetté par la maladie cérébrale incurable qui le condamna au silence les quatre dernières années de sa vie et devait l’emporter en 1937.

    Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la pianiste Alice Sara Ott a annoncé, il y a quelques temps, qu’elle était atteinte de sclérose en plaques, une maladie diagnostiquée en janvier 2019.

    La seconde partie est consacrée à des extraits des suites du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev (1891-1953), une musique plus légère, rythmée, entraînante, parfois puissante. On en oublie complètement Shakespeare. Le programme nous apprend que la création de l’œuvre en 1936 rencontra un grand succès en URSS, y compris auprès du régime soviétique sui voyait dans les deux amoureux un symbole de liberté, en lutte contre les conventions bourgeoises.

    Lire aussi

  • Pascal Praud règle son compte au nouveau prix Nobel d’économie

    Pascal Praud règle son compte au nouveau prix Nobel d’économie

    Pascal Praud a fait sa rentrée sur la chaîne CNEWS sans trop de surprises et toujours concentré sur ses thème éditoriaux principaux : les médias publics « de gauche », l’insécurité et l’immigration. La désignation récente d’un co-prix Nobel d’économie français, Philippe Aghion, lui a permis de tomber à bras raccourcis sur ce malheureux avec toutes les certitudes que s’autorise un bas-du-front.

    Aghion était non seulement passé sur France Inter, radio « de gauche et wokiste », mais il y avait de plus déclaré qu’il était opposé à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France. Que n’avait-il pas dit ! Praud a immédiatement qualifié l’institution Nobel de « bidon » et expliqué qu’il n’avait pas été frappé par la pensée du nouveau prix Nobel qui selon lui ne volait pas vers les cimes.

    Il n’est pas sûr que M. Praud, entre deux matchs de fouteballe, ait pris le temps de lire les écrits de M. Aghion, notamment ceux sur les liens entre innovation et croissance économique. On lui offre ici une occasion de se rattraper car un peu d’innovation dans son émission Café du Commerce serait sans doute bienvenue, bien que nécessitant un investissement intellectuel un peu supérieur à celui ordinairement déployé sur ses plateaux de commères.

  • Mathilde Panot poète

    Mathilde Panot poète

    A l’occasion de sa réponse au discours de politique générale du premier ministre, la présidente du groupe parlementaire de La France Insoumise (LFI), Mathilde Panot, entre deux tirades propalestiniennes dans lesquelles elle accuse M. Lecornu de complicité avec un génocide, a révélé sa culture. Elle a cité Leonard Cohen :

    There is a crack, a crack, in everything
    That’s how the light gets in

    Anthem – Leonard Cohen

    Après avoir traduit le poème en français elle informe son interlocuteur que LFI va agrandir la brèche (the crack) « jusqu’à ce que s’écroule le vieux monde que vous incarnez… car dans chaque brèche il y a la promesse d’un matin. »

    Leonard doit se retourner dans sa tombe devant une telle utilisation de sa poésie. Pardonne-lui Leonard, elle ne sait pas ce qu’elle dit !