Blog

  • VAILLAND Roger, ‘Un jeune homme seul’.

    Sortie : 1951, Chez : Editions CorrĂȘa / Le Livre de Poche n°2212

    Roger Vaillant (1907-1965), est Ă©crivain-essayiste-journaliste du XXĂšme siĂšcle, marquĂ© par la seconde guerre mondiale (il entre alors dans la RĂ©sistance) et les grands courants de pensĂ©e de son Ă©poque, il est membre du parti communiste français avant de s’en retirer aprĂšs la rĂ©pression de Budapest en 1956.

    « Un jeune homme seul » narre la vie d’EugĂšne-Marie Favart, d’abord durant son adolescence passĂ©e dans une maison bourgeoise en province entre les deux conflits mondiaux, bien loin de l’excitation de la vie parisienne qu’il rejoint de temps Ă  autres Ă  l’occasion de rĂ©unions familiales, puis, durant la derniĂšre guerre, ingĂ©nieur-cheminot exilĂ© dans une autre ville de province avec sa femme espagnole et sa mĂšre acariĂątre. Il y est confrontĂ© Ă  la dĂ©pression et Ă  l’alcoolisme, mais surtout Ă  son indĂ©cision Ă  rĂ©sister ou non Ă  l’occupant allemand et ses affidĂ©s français.

    Et puis il dĂ©couvrira l’engagement de son Ă©pouse et de ses proches ce qui le poussera Ă  un geste glorieux mais probablement fatal. C’est le prix de l’honneur retrouvĂ© aprĂšs une longue errance dans la dĂ©pression !

  • FANON Frantz, ‘Peau noire masques blancs’.

    C’est le premier essai de Frantz Fanon (1925-1961), psychiatre martiniquais qui s’illustra comme l’un des penseurs importants du tiers-mondisme et de la condition de l’homme noir, ainsi que pour son soutien Ă  la cause de l’indĂ©pendance algĂ©rienne.

    Ecrit en 1952, « Peau noire masques blancs » rend compte de la vision de Fanon sur le positionnement du « Noir » vis-Ă -vis du « Blanc ». Il y a clairement deux mondes non permĂ©ables l’un Ă  l’autre. A force d’avoir considĂ©rĂ© l’homme de couleur comme infĂ©rieur, le Blanc a rĂ©ussi Ă  l’en persuader et celui-ci va devoir dĂ©velopper une Ă©nergie incommensurable pour essayer d’ĂȘtre Ă  la hauteur de la « civilisation blanche » qui l’a opprimĂ© et continue Ă  le faire.

    PĂ©tri de rĂ©fĂ©rences Ă  la littĂ©rature psy l’ouvrage n’est pas toujours trĂšs abordable pour le nĂ©ophyte en la matiĂšre mais les grandes idĂ©es de la pensĂ©e de Fanon apparaissent en force : l’aliĂ©nation du Noir par le Blanc par des siĂšcles d’esclavage et de colonisation alors que tous devraient tendre vers un monde « humain » dans lequel il n’y aurait plus d’asservissement des uns par les autres :

    « Le NĂšgre n’est pas. Pas plus que le Blanc. »

    On note avec intĂ©rĂȘt l’analyse du cas particulier du « Noir » de Martinique qui se place entre l’Africain et l’EuropĂ©en, mĂ©prisant le premier pour tenter de sĂ©duite, vainement, le second, cherchant Ă  s’approprier ses codes socio-culturels pour se rapprocher de celui que des siĂšcles de domination ont prĂ©sentĂ© comme le modĂšle Ă  atteindre :

    « Je me demande parfois si les inspecteurs d’enseignement et les chefs de service sont conscients de leur rĂŽle aux colonies. Pendant vingt ans, ils s’acharnent par leurs programmes Ă  faire du nĂšgre un Blanc. A la fin, ils le lĂąchent et lui disent : vous avez incontestablement un complexe de dĂ©pendance vis-Ă -vis du Blanc »

    En nos temps actuels marquĂ©s par une pensĂ©e « dĂ©colonialiste » et « racialiste » cherchant Ă  culpabiliser le « Blanc » pour le passĂ© de ses ancĂȘtres colonisateurs pour qu’il dĂ©dommage les minoritĂ©s de couleur, Fanon s’avĂšre moins radical et plus optimiste dans la possibilitĂ© de rĂ©unir l’humain dans ce monde. Il est vrai que 70 ans se sont passĂ©s depuis et que les progrĂšs vers cet avenir radieux ont sans doute Ă©tĂ© insuffisants pour certains.

  • La BiĂ©lorussie menace

    MĂ©content des sanctions europĂ©ennes qui frappent les dirigeants de son pays, le satrape biĂ©lorusse menace l’Europe de couper le robinet du gaz russe, dont une partie transite par son pays pour arriver en Europe, en cas de nouvelles sanctions. Les mĂ©dias rabĂącheurs affichent cette information en tĂȘte de gondole afin d’inquiĂ©ter Mme. Michu pour son chauffage cet hiver. Si cette menace Ă©tait mise en Ɠuvre cela couperait aussi illico le robinet des dollars reçus par la BiĂ©lorussie pour le transit du gaz et la Russie pour la vente de cette matiĂšre premiĂšre. Il n’est pas sĂ»r que la BiĂ©lorussie pourrait tenir trĂšs longtemps sans cette ressource dans une telle hypothĂšse. Le grand frĂšre russe pourrait sans doute l’aider un peu mais serait lui-mĂȘme soumis Ă  l’amputation de ses revenus.

    Il est donc peu probable que la menace ne soit jamais mise Ă  exĂ©cution. Moscou a d’ailleurs officiellement annoncĂ© qu’il n’y aurait pas de coupure par la voix du porte-parole de son ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres :

    « Il s’agit d’une dĂ©claration du prĂ©sident de la BiĂ©lorussie. Je tiens tout de mĂȘme Ă  rappeler la dĂ©claration du prĂ©sident Poutine selon laquelle la Russie a toujours rempli ses obligations contractuelles. Et que cela plaise ou non Ă  qui que ce soit, la Russie a toujours Ă©tĂ©, est et restera potentiellement un pays garant de la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique du continent europĂ©en. Â»

    RT France

    Lire aussi : La Russie aux avant-postes du soutien à la Biélorussie

  • La Russie aux avant-postes du soutien Ă  la BiĂ©lorussie

    Avec sa morgue habituelle, la diplomatie russe affirme que ni la BiĂ©lorussie, ni la Russie bien entendu, n’ont la moindre responsabilitĂ© dans le fait que des migrants moyen-orientaux se retrouvent massĂ©s Ă  la frontiĂšre entre la BiĂ©lorussie d’une part, la Pologne et la Lituanie d’autre part. Bien au contraire, son chef accuse l’Europe d’ĂȘtre responsable de ce nouvel afflux de candidats Ă  l’exil sur ce continent.

    « Cela a commencĂ© avec la politique que les pays occidentaux, dont l’OTAN et les pays de l’Union europĂ©enne, mĂšnent depuis de nombreuses annĂ©es vis-Ă -vis du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, en essayant de leur imposer une vie meilleure selon les modĂšles occidentaux, la dĂ©mocratie sous la forme sous laquelle l’Occident l’interprĂšte et a tentĂ© de l’imposer agressivement dans le monde entier, se lançant dans des aventures militaires lorsqu’il rencontrait la moindre rĂ©sistance »

    Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangÚres (RT-France)

    On dirait tout de mĂȘme que les migrants et candidats au statut de rĂ©fugiĂ© sont plutĂŽt intĂ©ressĂ©s par « les modĂšles occidentaux Â» puisque les flux actuels se dirigent tous vers les pays de l’Union europĂ©enne (UE) ou les Etats-Unis d’AmĂ©rique
, assez peu vers la Russie ou la CorĂ©e du Nord.

    Mais qu’importe cette rĂ©alitĂ©, le russe pousse le bouchon encore un plus loin en rappelant que l’ancien ministre italien de l’intĂ©rieur MattĂ©o Salvini, est actuellement traduit en justice pour avoir refusĂ© Ă  des bateaux chargĂ©s de migrants de les dĂ©barquer dans un port italien, et que les dirigeants polonais et lituaniens devraient subir le mĂȘme sort :

    « Aujourd’hui, [Matteo] Salvini est jugĂ© pour avoir mis en danger la vie de ces rĂ©fugiĂ©s qui tentaient d’Ă©chapper Ă  des conditions sanitaires dĂ©sastreuses. Quelle est donc la diffĂ©rence entre les mesures prises par les pays baltes et la Pologne et celles qui ont amenĂ© l’ancien ministre du gouvernement italien Ă  ĂȘtre traduit en justice ? Â»

    Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangÚres (RT-France)

    Plus c’est gros plus ça passe et Moscou sait utiliser avec efficacitĂ© une mauvaise foi de premiĂšre catĂ©gorie et une langue de bois en chĂȘne massif. On se souvient de l’inoubliable dĂ©claration du prĂ©sident russe Poutine lors de l’aide apportĂ©e Ă  la rĂ©bellion dans la rĂ©gion ukrainienne du Donbass en 2014, russophone et russophile, par des combattants russes dont les uniformes ne portaient aucun insigne distinctif, mais dont la nationalitĂ© russe fut attestĂ©e par les passeports saisis sur certains prisonniers, dĂ©claration qui disait en substance : Â« si des citoyens russes veulent aller passer leurs vacances en Ukraine Ă  titre privĂ©, je n’y peux rien Â».

    Lire aussi : Les nouvelles « attaques hybrides »

    « Accessoirement Â», un avion civil malaysien fut abattu par un missile au-dessus de cette rĂ©gion le 17/07/2014 faisant 298 morts. Les forces en prĂ©sence se rejettent la responsabilitĂ© du tir du missile et Moscou a mis son veto au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU sur le principe de l’établissement d’un tribunal international afin de poursuivre les responsables de cet abattage d’un avion civil.

    La Russie tape contre l’Occident, ce qu’elle fait depuis 1918, nie l’évidence, agit avec cynisme, utilise avec efficacitĂ© soft et hard power contre la dĂ©mocratie libĂ©rale, son ennemi. Cela fonctionne plutĂŽt bien pour le moment tant le rejet de la dĂ©mocratie occidentale est dĂ©sormais partagĂ© par les pays autoritaires de la planĂšte. Seuls les migrants semblent donner quelque crĂ©dit Ă  cette utopie en menant leurs pas vers l’Europe plutĂŽt que vers la BiĂ©lorussie


    Pour en savoir plus sur la politique russe et la vision de Moscou sur le reste du monde, il est bon de consulter la chaĂźne « RT France Â» qui est trĂšs Ă©clairante : https://francais.rt.com.

  • L’armistice du 11 novembre 1918 met fin au carnage

    Le 17 novembre 1918, le capitaine Jacques M. Ă©crivait Ă  sa mĂšre, six jours aprĂšs l’armistice mettant fin Ă  la guerre contre les « Boches Â». BlessĂ© dans la Somme, puis soignĂ©, il avait Ă©tĂ© renvoyĂ© au front dans l’armĂ©e de l’air comme « mitrailleur-observateur Â» (Ă  cette Ă©poque il n’existait pas d’armĂ©e de l’air en tant que telle mais les avions et leurs effectifs Ă©taient rattachĂ©s Ă  l’armĂ©e de terre).

    En novembre 1918, il a participĂ© Ă  la victoire de la France, a sauvĂ© sa peau et s’apprĂȘte Ă  rentrer chez lui aprĂšs avoir vĂ©cu ce carnage que fut la premiĂšre guerre mondiale qui marqua le dĂ©but de la dĂ©cadence europĂ©enne dont le continent ne s’est jamais relevĂ©.

    L’allemagne en bas, notre chĂšre Patrie victorieuse Ă  jamais et la fiertĂ© d’avoir combattu pour ce triomphe


    L’Allemagne sans majuscule et Patrie avec !

    On est un soldat et un fils, et le mĂȘme Ă©clair de noblesse unit la troupe et ses chefs


    Jacques a retrouvĂ© sa mĂšre et les siens, a fondĂ© une famille, eu trois enfants et quatre petits-enfants, a intĂ©grĂ© les rĂ©seaux de rĂ©sistance durant la deuxiĂšme guerre mondiale, Ă  nouveau contre les « Boches Â», fut multi-dĂ©corĂ© par la RĂ©publique et s’est Ă©teint en 1970 aprĂšs une vie ravagĂ©e par ces deux conflits sauvages.

    Capitaine Jacques M
  • « Le pansement Schubert » Ă  la salle Gaveau

    A la suite de la sortie de son rĂ©cit « Le pansement Schubert Â», la violoncelliste et art-thĂ©rapeute Claire Oppert. Se produit ce soir avec son trio (violoncelle, piano [Roustem Saitkoulov, le mari] et violon [Maxim Vengerov]), le Dr Gomas, spĂ©cialiste des soins palliatifs, Éric Fiat, professeur de philosophie et d’éthique mĂ©dicale et Elodie Navarre, comĂ©dienne.

    La soirĂ©e commence par l’andante du trio op. 100 de Schubert puis les piĂšces musicales sont ponctuĂ©es des interventions parlĂ©es. Claire Oppert parle avec beaucoup de sensibilitĂ© de son expĂ©rience musicale pour accompagner la douleur, le Dr Gomas de sa collaboration avec Claire dans le cadre d’un essai clinique pour suivre et mesurer les effets de la musique sur les patients, un effet gĂ©nĂ©ralement apaisant et le philosophe Fiat de la vie et de l’Ɠuvre de Schubert (un peu romancĂ©e tout de mĂȘme) avec une dĂ©licate admiration et des digressions vers La Fontaine. La derniĂšre partie de la soirĂ©e voit revenir le trio accompagnĂ© de la comĂ©dienne qui lit quelques chapitres du livre de Claire Oppert pendant que les musiciens jouent les piĂšces qui sont citĂ©es dans ces chapitres et utilisĂ©es comme « pansement Â».

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/04/oppert-claire-le-pansement-schubert/

    La salle Gaveau est pleine, sans doute en grande partie par des spectateurs qui ont croisĂ© la maladie ou la souffrance chez leurs proches ou pour eux-mĂȘmes. Tous sont admiratifs de voir ces esprits brillants et subtils consacrer leur art et leurs connaissances pour accompagner le cheminement des malades, le plus souvent vers leur fin. Tous se fĂ©licitent que notre vieille dĂ©mocratie française consacre encore des ressources humaines et financiĂšres Ă  cette noble tĂąche.

    Programme

    • Franz Schubert, Trio op. 100, II. Andante
    • Franz Schubert, Impromptu op. 90 n°3
    • Piotr TchaĂŻkovski, Trio op. 50, I. Pezzo elegiaco
  • Les nouvelles « attaques hybrides »

    Une nouvelle montĂ©e de tension migratoire illustre combien les flux de rĂ©fugiĂ©s et de migrants sont dĂ©sormais utilisĂ©s par certains pays pour en perturber d’autres. Le dernier avatar de cette tactique revient au satrape qui gouverne la BiĂ©lorussie depuis 1994 sous l’Ɠil protecteur du grand-frĂšre russe. Son pays (et certains de ses dirigeants intuitu personae) est l’objet de sanctions occidentales par suite d’élections prĂ©sidentielles au rĂ©sultat douteux et de la rĂ©pression contre les oppositions locales.

    FrontaliĂšre, notamment, de la Pologne et de la Lituanie qui ont donnĂ© refuge Ă  certains de ses opposants, la BiĂ©lorussie a poussĂ© quelques milliers de rĂ©fugiĂ©s moyen-orientaux vers ses frontiĂšres ouest pour forcer Pologne et Lituanie Ă  les accepter. Ces rĂ©fugiĂ©s et migrants qui ne rĂ©sidaient pas prĂ©alablement en BiĂ©lorussie auraient Ă©tĂ© transportĂ©s Ă  dessein par des lignes aĂ©riennes commerciales (russes, biĂ©lorusses et turques ?) vers ce pays afin de constituer cette nouvelle arme qualifiĂ©e « d’hybride » par diffĂ©rentes instances dont l’OTAN. Pour le moment les Polonais ont dĂ©ployĂ© leur armĂ©e devant leur frontiĂšre assaillie et refusent de laisser entrer ces rĂ©fugiĂ©s sur son territoire. Bien entendu, les forces biĂ©lorusses empĂȘchent les rĂ©fugiĂ©s de refluer. Ils sont donc bloquĂ©s dans une forĂȘt inhospitaliĂšre et il y aurait dĂ©jĂ  eu une dizaine de morts parmi eux du fait du froid notamment.

    Ce n’est pas la premiĂšre fois que les rĂ©fugiĂ©s sont utilisĂ©s comme moyen de pression contre les pays occidentaux, pour obtenir de l’argent, ou tout simplement pour leur nuire puisque l’on sait que ce sujet des migrations est une prĂ©occupation majeure pour le plupart d’entre eux. La Libye, la Syrie et la Turquie pratiquent ce genre de tactique. Cela semble en revanche une innovation de faire venir des rĂ©fugiĂ©s exprĂšs sur son territoire pour les lancer ensuite sur ceux des voisins. Au moins peut-on reconnaĂźtre aux trois pays moyen-orientaux prĂ©citĂ©s qu’ils avaient dĂ©jĂ  lesdits rĂ©fugiĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de leurs propres frontiĂšres. L’innovation du satrape biĂ©lorusse est qu’il a fait venir Ă  ses frais en BiĂ©lorussie, y compris la dĂ©livrance de visas biĂ©lorusses, les migrants moyen-orientaux afin de les pousser ensuite Ă  l’assaut de la Pologne et de la Lituanie reprĂ©sentantes de la dĂ©mocratie honnie et Ă  abattre.

    On voit lĂ  une nouvelle illustration de l’énergie dĂ©ployĂ©e par des dictatures ou, au mieux, des « dĂ©mocratures Â», pour nuire Ă  l’Occident et tenter d’abattre son modĂšle Ă©conomique et dĂ©mocratique par tous les moyens possibles, leur Ă©vitant de rentrer en confrontation militaire directe, conflit qu’elles ne seraient pas bien certaines de gagner, mais pour combien de temps encore ? On a vu l’utilisation du soft power via des intrusions numĂ©riques dans les Ă©lections prĂ©sidentielles en France, aux Etats-Unis d’AmĂ©rique notamment. Il n’est pas exclu que l’élection du prĂ©sident amĂ©ricain Trump en 2016 ait Ă©tĂ© favorisĂ©e par des interventions numĂ©riques russes plus ou moins soutenues ou initiĂ©es par le Kremlin. L’utilisation des rĂ©fugiĂ©s comme arme « hybride Â» se rapproche un peu plus du hard power. Toute cette Ă©nergie (et cet argent) consacrĂ©e Ă  nuire Ă  l’extĂ©rieur serait sans doute bien mieux employĂ©e Ă  dĂ©velopper l’intĂ©rieur, mais on ne refait pas l’humain et son besoin de domination. C’est l’éternelle histoire du concours de celui qui fait pipi le plus loin dans la cour de l’école


    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/05/lotan-a-livres-ouverts/

    La capacitĂ© de nuisance dĂ©complexĂ©e des pays non-occidentaux est de plus en plus forte, c’est une nouvelle donne de la gĂ©opolitique moderne. L’Occident n’est plus seul maĂźtre Ă  bord aprĂšs Dieu sur la planĂšte comme au XIXĂšme siĂšcle et la premiĂšre partie du XXĂšme, il est confrontĂ© maintenant avec d’autres puissances, c’est d’ailleurs une bonne nouvelle tant la domination d’une partie du monde sur l’autre aboutit Ă  des excĂšs dont l’Histoire fut fĂ©conde. Il y a 50 ans le Pacte de Varsovie pointaient ses chars et ses missiles vers l’Ouest depuis Berlin-Est. Aujourd’hui des geeks russes ou chinois postent des fausses informations sur Facebook et des Etats envoient des immigrĂ©s contre les frontiĂšres. Dans un cas comme dans l’autre c’est un danger pour l’Occident, une volontĂ© de mettre son modĂšle de sociĂ©tĂ© Ă  bas, pas sĂ»r que l’un soit plus dangereux que l’autre !

  • Un « commandant » en chocolat

    On ne dit plus le « chef de guerre islamiste afghan Massoud Â» mais le « lĂ©gendaire commandant Massoud Â» !

    Ce guerrier (1953-2001) a toujours Ă©tĂ© encensĂ©, en France notamment, Ă  la suite de commentaires Ă©logieux des Bernard-Henri Levy (BHL) et consorts. AssassinĂ© en 2001 par l’organisation islamiste Al QaĂŻda, le « commandant Â» Massoud a gagnĂ© sa notoriĂ©tĂ© en luttant contre l’occupant soviĂ©tique dans les annĂ©es 1980 au cƓur de son bastion du Panchir. AprĂšs la reddition et le dĂ©part de l’armĂ©e soviĂ©tique, il va continuer la guerre, devenue « civile Â» pour prendre la capitale, s’alliant et se dĂ©salliant Ă  d’autres milices de chefs de guerre au grĂ© de ses intĂ©rĂȘts, du sens du vent et des retournements des uns et des autres sur des motifs tribaux ou religieux, passant et dĂ©savouant des alliances successives avec les saoudiens, les iraniens, les pakistanais ou les
 amĂ©ricains. Devenu ministre de la DĂ©fense au dĂ©but des annĂ©es 1990, il continue la guerre des milices qui ravage le pays et notamment sa capitale Kaboul. Cette guerre civile et l’incapacitĂ© des milices locales, plus proches de gangs mafieux que de partis politiques, a dĂ©vastĂ© l’Afghanistan, peut-ĂȘtre plus encore que l’invasion soviĂ©tique et annonce l’arrivĂ©e du pouvoir Taliban, chassĂ© en 2001 par les troupes internationales et rĂ©tablit par les mĂȘmes en 2021.

    L’Occident et BHL apprĂ©ciaient M. Massoud car il Ă©tait un peu moins extrĂ©miste que les autres chefs de guerre mais il Ă©tait nĂ©anmoins religieux et traditionnaliste, c’est-Ă -dire, l’inverse de ce qui est habituellement considĂ©rĂ© comme nĂ©cessaire pour mener une dĂ©mocratie « Ă  l’occidentale Â». Comme de plus il Ă©tait anti-Taliban il n’en fallait guĂšre plus pour devenir le hĂ©raut de l’Ouest avec le rĂ©sultat que l’on sait
 Son fils a pris la relĂšve et BHL l’aime beaucoup ce qui n’est pas forcĂ©ment un gage de succĂšs pour l’avenir.

    On a connu Ă  peu prĂšs le mĂȘme phĂ©nomĂšne avec le soutien français indĂ©fectible aux populations Touaregs depuis le XIXĂšme siĂšcle, glorifiĂ©es Ă  Paris comme le « noble peuple du dĂ©sert Â» sur ses chameaux. Nombre de films, documentaires, rĂ©cits et romans ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s en France Ă  la gloire des Touaregs insistant sur l’aspect mystique de cette ethnie au milieu de ses dunes et en passant sous silence leur tendance Ă  l’esclavagisme et Ă  la razzia comme modĂšle Ă©conomique. Le « noble peuple Â» en question avait donnĂ© du fil Ă  retordre Ă  l’armĂ©e coloniale française en son temps. Depuis les indĂ©pendances africaines ils continuent Ă  harceler les pouvoirs indĂ©pendants, majoritairement au Mali, en luttant par les armes pour leur indĂ©pendance, et en s’alliant avec les mouvements terroristes religieux, dont Al-QaĂŻda, celui-lĂ  mĂȘme qui a assassinĂ© M. Massoud en 2001, pour prendre le pouvoir au Mali.

  • « Les Olympiades » de Jacques Audiard

    Un film agrĂ©able sur la jeunesse du quartier parisien « Les Olympiades Â», autrement dit Chinatown sans le XIIIĂšme arrondissement. On s’aime, on se quitte, on se retrouve, on travaille, on traĂźne, on se mĂ©lange
 une existence de personnages sympathiques issus « de la diversitĂ© Â», chacun un peu affublĂ© de ses stĂ©rĂ©otypes d’origine et de ses histoires personnelles, mais le tout donne une image bienveillante de ce quartier surgit dans les annĂ©es 1960, et asiatisĂ© dans les annĂ©es 1970.

    Il existait aprĂšs la derniĂšre guerre mondiale une zone industrielle sur les quais de Seine accueillant dĂ©jĂ  une communautĂ© asiatique travaillant dans les usines. AprĂšs la fermeture de ces ateliers, un programme de construction d’immeubles a Ă©tĂ© promu dans les annĂ©es 1960 mais plutĂŽt peu apprĂ©ciĂ© par les Parisiens. Lorsqu’à la fin des annĂ©es 1970, les « boat-people Â» fuyant les rĂ©gimes communiste au Vietnam et maoĂŻste au Cambodge commencĂšrent Ă  fuir leurs pays, ils trouvĂšrent refuge en France dans cette zone du XIIIĂšme oĂč existaient de nombreux logements vides, ils trouvĂšrent naturellement refuge dans ce qui est devenu le Chinatown parisien. Cet afflux des « boat-people Â» marqua aussi en France la rĂ©conciliation entre Sartre et Aron qui allĂšrent ensemble Ă  l’ElysĂ©es demander des visas pour ceux qui fuyaient le communisme au risque de leurs vies en s’embarquant sur de frĂȘles esquifs en mer de Chine. Quelques photos montrent ces deux-lĂ  en 1979 sur le perron de la prĂ©sidence en compagnie d’AndrĂ© Gluksmann. DĂ©jĂ  trĂšs affaibli par plusieurs attaques cĂ©rĂ©brales, Sartre dĂ©cĂšdera en 1980.

    Les plus anciens ne peuvent s’empĂȘcher de repenser Ă  cette Ă©poque en visionnant le film d’Audiard, c’est aussi Ă  celĂ  que sert parfois le cinĂ©ma !

    Lire aussi : Paris XIII : un riche passé industriel

  • Du haut du ColisĂ©e

    Au cƓur du ColisĂ©e, le visiteur français ne peut s’empĂȘcher de mĂ©diter sur le fait qu’à l’heure oĂč les empereurs romains dominaient le monde il y a plus de 2000 ans et prĂ©sidaient aux combats de gladiateurs devant 50 000 personnes massĂ©es dans le ColisĂ©e, l’une des plus grandes Ɠuvres de l’architecture et de l’ingĂ©nierie romaines, AstĂ©rix et ObĂ©lix, logĂ©es dans des huttes, chassaient le sanglier dans la forĂȘt de BrocĂ©liande


    VoilĂ  peut-ĂȘtre de quoi ramener le Français arrogant Ă  un peu plus de modestie !

  • Des joueurs de rugby rendus sĂ©niles par les chocs rĂ©pĂ©tĂ©s

    Des joueurs de rugby rendus séniles par les chocs répétés

    Avez-vous dĂ©jĂ  regardĂ© un match de rugby Ă  la tĂ©lĂ©vision ou, mieux, dans un stade ? Il n’est pas besoin d’ĂȘtre diplĂŽmĂ© de l’école de mĂ©decine pour comprendre assez rapidement qu’il s’agit d’un « sport Â» de brutes (avinĂ©es). Il suffit de regarder le gabarit des joueurs, l’épaisseur de leurs cuisses ou de leurs Ă©paules, la violence des chocs qu’ils s’infligent en percutant leurs adversaires de plein fouet et Ă  grande vitesse, pour comprendre assez rapidement que les risques pris par ces nouveaux gladiateurs pour leur santĂ© sont Ă©levĂ©s.

    Certains dĂ©cĂšs de joueurs ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă  des chocs survenus au cours de matchs, d’autres sont atteints de maladies neurologiques plus ou moins graves sans doute Ă©galement provoquĂ©es par la violence de ces jeux du cirque. Actuellement, un ancien joueur nĂ©o-zĂ©landais, connu pour avoir jouĂ© dans des clubs français et souffrant de dĂ©mence prĂ©coce, vient de rejoindre une action intentĂ©e par 150 joueurs contre les instances nationales et internationales du rugby. La World rugby s’enorgueillit sur son site web du dĂ©veloppement de son sport tout en prĂ©cisant :

    Le tout souligné par une priorité indéfectible pour la santé des joueurs.

    Plan stratégique | World Rugby

    On se demande si tout cela est bien sĂ©rieux. Le mieux pour la santĂ© est d’arrĂȘter de jouer au rugby et d’opter pour une activitĂ© plus douce et moins dangereuse. Se retourner contre ses fĂ©dĂ©rations relĂšve de l’irresponsabilitĂ© individuelle propre Ă  notre Ă©poque. C’est en tout cas une possibilitĂ© de recevoir des compensations financiĂšres. AprĂšs tout, le cow-boy Marlboro a bien rĂ©ussi Ă  faire condamner l’industrie du tabac pour son addiction mais cela ne l’a pas empĂȘchĂ© de mourir d’un cancer du poumon.

    Non, dĂ©finitivement, le meilleur pour la santĂ© c’est de traverser dans les passages cloutĂ©s, ne pas fumer, jouer Ă  la pĂ©tanque plutĂŽt qu’au rugby et ne pas faire de surf Ă  la RĂ©union oĂč les requins dĂ©vorent les surfeurs. A tout le moins lorsque l’on dĂ©cide quand mĂȘme de jouer au rugby on pourrait imaginer que les impĂ©trants assument les effets de leur choix au lieu de se retourner contre leurs instances sportives financĂ©es en France en partie par de l’argent public pris dans la poche des contribuables.

    Lire aussi : Les joueurs de rugby tombent

  • « Klimt. La Secessione e l’Italia » au Palazzo Braschi de Rome

    Klimt (1862-1918) est exposĂ© dans le magnifique Palazio Braschi place Navonne (existe-t-il des palais romains qui ne soient pas magnifiques ?) qui retrace la vie de l’artiste et son rĂŽle central dans la rĂ©volution artistique viennoise de la fin du XIXĂšme siĂšcle. ƒuvres monumentales, dĂ©cors de théùtre, compositions de collages de feuilles d’or et d’argent, tableaux baroques et libertins, il refuse l’acadĂ©misme et crĂ©e la SĂ©cession viennoise avec d’autres artistes pour dynamiter la vie artistique. Il est objet de vives critiques des conservateurs mais gardent le cap de l’innovation.

    Sa cĂ©lĂšbre Frise Beethoven, ou ce qu’il en reste aprĂšs reconstitution, Ă©galement trĂšs critiquĂ©e, est exposĂ©e ici. InspirĂ©e par la IXĂšme de Beethoven, elle a reçu l’imprimatur de Gustav Malher et Auguste Rodin.

    Klimt, un artiste autrichien qui a su mettre un coup de pied dans la fourmiliĂšre du conservatisme artistique et accompagner le mouvement vers l’art contemporain !

  • Le musĂ©e du Vatican

    Et l’incroyable accumulation de richesses et d’Ɠuvres d’art se poursuit, cette fois-ci dans la CitĂ© du Vatican. Les Ɠuvres de RaphaĂ«lle et de Michel-Ange, au-dessus des autres bien sĂ»r, mais ce sont des siĂšcles d’art occidental qui se dĂ©roulent sous les yeux des visiteurs pour finir en apothĂ©ose avec la chapelle Sixtine, dĂ©diĂ©e Ă  l’Assomption de Marie : plafonds peints durant trois ans par le seul Michel-Ange, ancien et nouveau testaments sur les murs de cĂŽtĂ©, le jugement dernier sur le mur du fond et une incroyable fresque au plafond reprĂ©sentant les Ă©tapes de la GenĂšse.

    Devant une telle accumulation de richesses, on doit aussi se souvenir qu’elles ont Ă©tĂ© extorquĂ©es Ă  la sueur du front des chrĂ©tiens qui ont financĂ© un Vatican dont les membres n’eurent pas toujours une attitude trĂšs compatible avec le message de la Bible. On apprend d’ailleurs, au hasard des dĂ©ambulations dans les galeries, que les piĂšces oĂč les papes Borgia et leurs affidĂ©s commirent leurs forfaits furent fermĂ©es et interdites Ă  toute visite durant des dĂ©cennies. C’est ce bon pape Paul VI qui les a rouvertes.

    Autrefois les citoyens payaient leurs impĂŽts aux seigneurs et Ă  l’Eglise. Ils payent dĂ©sormais uniquement l’Etat avec Ă©ventuellement une redistribution ensuite de l’Etat vers l’Eglise comme en Allemagne par exemple. L’Eglise catholique est allĂ©e aussi vers un peu plus de frugalitĂ© dans ses modes de vie mais reste assise sur une montagne d’actifs de grande valeur.

    [huge_it_gallery id= »127″]

    Voir aussi : Rome

  • SCHMITT Éric-Emmanuel, ‘Journal d’un amour perdu’.

    Éric-Emmanuel SCHMITT a perdu sa mĂšre Ă  un Ăąge oĂč il commence Ă  ĂȘtre attendu de perdre sa mĂšre. Il en est traumatisĂ© Ă  de nombreux titres. D’abord la vie n’est plus la mĂȘme, bien sĂ»r, lorsque ses parents ont quittĂ© ce monde, d’autant plus qu’il semblait vivre une relation affectueuse trĂšs forte avec sa mĂšre, son pĂšre Ă©tant dĂ©jĂ  dĂ©cĂ©dĂ© depuis longtemps aprĂšs avoir passĂ© dix-huit annĂ©es fortement handicapĂ© suite Ă  une attaque cĂ©rĂ©brale.

    Ensuite, sa mĂšre est dĂ©cĂ©dĂ©e, sans doute brutalement chez elle, mais n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e que quelques jours aprĂšs dans son appartement. Alors il y a une forte culpabilitĂ© du fils, bien entendu. Et puis il y a l’Ă©ventuel secret de sa paternitĂ© qui hante l’auteur et dont il espĂšre trouver la rĂ©ponse dans le journal intime de sa mĂšre sur lequel il met la main. De secret il n’y a finalement pas, mais viendra la confirmation que son pĂšre lĂ©gal est bien son pĂšre gĂ©nĂ©tique par l’improbable intermĂ©diaire de lecteurs/amis qui lui transmettent un message post-mortem de cette maman adorĂ©e.

    Schmitt couche sur le papier de ce petit rĂ©cit les Ă©motions qui l’assaillent en de courtes phrases un peu naĂŻves, trĂšs tendres, comme une thĂ©rapie devant ce deuil. AprĂšs tout, il est Ă©crivain et autant assĂ©cher sa tristesse par ce qu’il sait faire.

  • Le Palazio Altemps

    Le musée Altemps

    Un magnifique palais du XVIĂšme, occupĂ© par quelques cardinaux successifs, rachetĂ© par l’Etat en 1982 pour ĂȘtre restaurĂ© et transformĂ© en un petit musĂ©e de « quartier Â». Aussi intĂ©ressant pour le bĂątiment lui-mĂȘme que pour les sculptures exposĂ©es.

    Aphrodite

    Voir aussi : Rome

  • La Basilique Saint-Pierre

    Quel bĂątiment ! Quelle puissance historique ! Quel monument culturel ! Quelle richesse incalculable ! La Basilique Saint-Pierre de Rome est un choc pour les visiteurs Ă©blouis qui circulent dans cette magnificence dĂ©diĂ©e aux papes, Ă  la religion et Ă  Dieu. Tout est gigantesque et impressionnant, les marbres, les statues, les plafonds et
 la PietĂ  de Michel-Ange bien sĂ»r. On peut prĂ©fĂ©rer le minimalisme des Ă©glises romanes mais on ne peut manquer d’ĂȘtre percutĂ© par ce monument.

    MĂȘme le dĂ©funt prĂ©sident de la CĂŽte d’Ivoire fut impressionnĂ© par sa visite Ă  Rome puisqu’il fit construire une rĂ©plique exacte de la basilique dans la brousse ivoirienne, Ă  Yamoussoukro, son village natal. Personne n’a pu arrĂȘter ce projet dispendieux et mĂ©galomaniaque dans un pays en dĂ©veloppement, et mĂȘme le pape Jean-Paul II s’est cru obligĂ© d’aller la bĂ©nir, en 1990. DĂ©plorable symbole du mauvais dĂ©veloppement


    [huge_it_gallery id= »126″]

    Voir aussi : Rome

  • HarcĂšlement sur les rĂ©seaux dits « sociaux » : un drame de la bĂȘtise !

    Le harcĂšlement sur les rĂ©seaux dits « sociaux Â» est la nouvelle plaie produite par l’abrutissement des masses. Ce n’est que l’industrialisation du processus de « tĂȘte de turc Â» que les gĂ©nĂ©rations plus anciennes ont connu dans les cours d’école. L’économie numĂ©rique a permis d’amplifier considĂ©rablement ce phĂ©nomĂšne en l’anonymisant et en l’asseyant sur la puissance de diffusion de l’Internet. La technologie permet de multiplier la bĂȘtise Ă  l’infini, comme les pains dans l’Evangile.

    Les victimes de ce harcĂšlement utilisent gĂ©nĂ©ralement ces mĂȘmes rĂ©seaux dits « sociaux Â» pour s’en plaindre, certaines vont jusqu’au suicide plus ou moins annoncĂ© par des messages dĂ©sespĂ©rĂ©s. C’est Ă©videment tragique pour les victimes mais on ne peut s’empĂȘcher de se demander pourquoi, avant d’en arriver Ă  une telle extrĂ©mitĂ©, elles ne ferment tout simplement pas leurs comptes sur ces rĂ©seaux ? Dans un univers rationnel c’est le premier rĂ©flexe qui semblerait efficace : couper la source du harcĂšlement numĂ©rique. Mais, souvent, les utilisateurs de ces rĂ©seaux dits « sociaux Â» ont Ă©tĂ© rendus tellement addicts par les concepteurs de cette Ă©conomie numĂ©rique, qu’ils n’imaginent mĂȘme pas pouvoir s’en dĂ©brancher. C’est d’ailleurs la raison essentielle de l’incroyable succĂšs Ă©conomique des grandes compagnies numĂ©riques dĂźtes « GAFAM Â» (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) : les clients sont prĂȘts Ă  mourir plutĂŽt que de se dĂ©connecter, certains vont jusqu’à mettre en scĂšne leur suicide sur ces rĂ©seaux


    Le lĂ©gislateur tente d’élaborer des textes pour attĂ©nuer les effets mortifĂšres de ces nouvelles addictions numĂ©riques. La tĂąche est rude car il s’agit de lutter contre la bĂȘtise humaine qui rode en meute sur Internet. Un pays qui sert sa lĂ©gion d’honneur Ă  des fouteballeurs ou qui prĂ©fĂšre financer des jeux olympiques (Paris 2024) plutĂŽt que d’investir dans l’éducation ne peut pas non plus complĂštement s’étonner de voir une partie de sa jeunesse tomber dans ces nouvelles addictions modernes.

    A l’occasion de procĂšs rĂ©cents contre des harceleurs de rĂ©seaux dits « sociaux Â» on a vu des « Monsieur et Madame tout le monde Â» Ă  la barre des coupables, travaillant, payant des impĂŽts, regardant le foute Ă  la tĂ©lĂ©vision et Ă©levant une petite famille, bref, des gens « normaux Â» qui se sont dĂ©chaĂźnĂ©s en insultes diverses et rĂ©pĂ©tĂ©es contre des victimes qu’ils ne connaissaient mĂȘme pas, comme si soudain leurs neurones se dĂ©connectaient du simple fait qu’ils se trouvaient devant un Ă©cran.

    Pas facile de lutter contre la diffusion de l’abrutissement, mais il ne faut jamais renoncer.

  • Le Caravage dans les Ă©glises de Rome

    Caravage – Saint Agostino
    Saint-Luigi dei Francesi

    Saint-Luigi dei Francesi est l’église frĂ©quentĂ©e par les Français chrĂ©tiens de Rome et
 les touristes venant admirer les Ɠuvres du Caravage. A quelques pas de lĂ , une trĂšs belle Vierge Ă  l’enfant du mĂȘme Caravage trĂŽne dans l’église Saint-Agostino.

    Saint-Luigi dei Francesi

    Voir aussi : Rome

  • Le ChĂąteau Saint-Ange

    Ancienne forteresse construite par l’empereur Hadrien en 125 pour devenir son mausolĂ©e, recyclĂ©e en fort de dĂ©fense puis en rĂ©sidence papale, en prison et enfin en musĂ©e, son statut actuel. On y bĂ©nĂ©ficie aujourd’hui du haut des murailles d’une vue magnifique sur Rome aprĂšs un parcours historique dans l’histoire de Rome.

    [huge_it_gallery id= »125″]

    Voir aussi : Rome

  • La Villa MĂ©dicis

    Possession française Ă  Rome, la Villa MĂ©dicis a Ă©tĂ© achetĂ©e par l’Etat en 1803 pour accueillir l’AcadĂ©mie de France Ă  Rome, crĂ©e par Louis XIV pour y former chaque annĂ©e une dizaine d’artistes et qui fut abritĂ©e dans diffĂ©rents palais romain avant cette Villa MĂ©dicis au cƓur de Rome.

    Elle existe toujours aujourd’hui avec la mĂȘme mission. Des artistes comme les musiciens Berlioz, Bizet, Gounod ou Debussy l’ont frĂ©quentĂ©es, mais aussi des Ă©crivains, des peintres, des sculpteurs, des architectes, des restaurateurs d’art, des historiens d’art


    Le palais est une merveille de style renaissance du XVIĂšme siĂšcle, bĂąti par un cardinal en 1564, rachetĂ© par un autre, Ferdinand de MĂ©dicis, en 1576. Ce dernier va enrichir le parc et le bĂątiment. Au grĂ© des changement de propriĂ©taires, elle Ă©choit Ă  la France napolĂ©onienne qui en maintient la vocation artistique. FinancĂ©e depuis par les contribuables français, elle est ouverte Ă  la visite sur rĂ©servation et il ne faut se priver d’une dĂ©licieuse plongĂ©e dans l’amitiĂ© culturelle franco-italienne symbolisĂ©e par ce lieu exceptionnel au centre de Rome.

    [huge_it_gallery id= »124″]

    Voir aussi : Rome