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  • A Lyon

    Musée des Confluences à Lyon

    Au musĂ©e des Confluences de Lyon une exposition « Jusqu’au bout du monde – regards missionnaires Â» aborde les histoires de ces missions religieuses envoyĂ©es par l’occident Ă  travers le monde pour l’évangĂ©liser avec plus ou moins de succĂšs.

    « Ne mettez aucun zĂšle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mƓurs Ă  moins qu’elles ne soient Ă©videment contraires Ă  la religion et Ă  la morale. Quoi de plus absurde de transporter chez les Chinois, la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? »

    Instruction de la Congrégation de la Propagande Fide, 1659

    C’eut Ă©tĂ© bien que les puissances occidentales mĂ©ditent cette rĂ©flexion avant d’aller envahir les tropiques ces derniers siĂšcles. Vous remplacez « Ă  moins qu’elles ne soient Ă©videment contraires Ă  la religion et Ă  la morale. Â» par « Ă  moins qu’elles ne soient Ă©videment contraires Ă  la dĂ©mocratie et aux droits de l’homme Â» et vous avez l’explication des batailles perdues des XXĂšme et XXIĂšme siĂšcle. La rĂ©cente dĂ©faite occidentale en Afghanistan illustre jusqu’à l’excĂšs l’absurditĂ© de ces errances politico-militaires.

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  • Nadine Morano « like » Mme. Michu

    Par son tweet du 19 mai, Mme. Michu apportait son soutien Ă  Nadine Morano dans sa lutte contre le prĂ©sident LR de sa rĂ©gion Grand Est qui l’avait exclue de sa liste pour les Ă©lections europĂ©ennes du mois de mai 2021.

    L’histoire n’a guĂšre d’importance mais la position pro-Morano de Mme. Michu a dĂ©clenchĂ© par la suite l’attribution d’un « like Â» de Nadine Morano Ă  Mme. Michu.

    Cet Ă©change nous permet de constater que Nadine Morano, dĂ©putĂ© europĂ©en, rĂ©munĂ©rĂ©e par les contribuables, non seulement passe un temps important Ă  rĂ©diger puis Ă  assĂ©ner des messages abrutissants par centaines chaque mois sur son compte Twitter mais qu’elle passe ensuite autant de temps Ă  analyser les retweets de ses propres tweets et a, Ă©ventuellement, les « liker Â» ou les commenter.

    On peut raisonnablement se demander si les impĂŽts des contribuables sont bien utilisĂ©s Ă  financer ce genre d’activitĂ©s ? Evidemment, avec un tel programme, des Ă©lus rĂ©munĂ©rĂ©s par l’argent public n’ont plus beaucoup de temps pour la rĂ©flexion ou l’action politiques.

    A ce jour, Nadine Morano a plus de 234 000 followers sur son compte.

  • MANN Thomas, ‘La montagne magique’.

    Traduction : Maurice Betz

    L’Ɠuvre monumentale (800 pages) de l’Ă©crivain allemand Thomas Mann (1875-1955), prix Nobel de littĂ©rature 1929, publiĂ©e dans l’entre deux-guerres : l’intrigue se dĂ©roule dans un sanatorium en Suisse, Ă  Davos, au sein du petit microcosme des malades de la tuberculose et de leurs soignants, ceux « d’en haut » par opposition Ă  ceux d’en-bas, habitant le « pays plat ».

    Hans Castorp, jeune bourgeois allemand, vient Ă  Davos visiter son cousin Joachim venu y soigner sa tuberculose au grand air de la montagne. Il se laissera convaincre par le directeur mĂ©dical de l’Ă©tablissement, Behrens, qu’il est lui aussi malade et, finalement, son amicale visite de trois semaines se transformera en un sĂ©jour mĂ©dical de sept annĂ©es. L’histoire ne dit pas s’il Ă©tait rĂ©ellement tuberculeux oĂč s’il s’en est juste fait persuader par Behrens qui avait tendance Ă  considĂ©rer tout le monde comme atteint par le bacille, peut-ĂȘtre aussi pour remplir son sanatorium.

    Hans va faire connaissance de tout ce petit monde cloĂźtrĂ© en altitude, un rĂ©volutionnaire, une femme russe dont il tombe amoureux, un colon nĂ©erlandais, le docteur Behrens et sa curieuse vision de la maladie dans l’HumanitĂ©, un croyant qui n’a pas menĂ© sa vocation religieuse Ă  son terme
 L’occasion pour l’auteur de dĂ©velopper ses vues sur le monde et ses idĂ©ologies.

    Mann dĂ©veloppe un style trĂšs analytique, trĂšs dĂ©taillĂ©, plutĂŽt lent, un peu proustien et toujours plein d’humour. Il dĂ©crit par le menu dĂ©tail et avec une prĂ©cision hallucinante tous les Ă©lĂ©ments qui composent cet environnement si particulier des sanatoriums au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, frĂ©quentĂ©s gĂ©nĂ©ralement par des gens aisĂ©s mais nĂ©anmoins attaquĂ©s par la maladie qui laisse son cortĂšge de dĂ©cĂšs. La mort est partout prĂ©sente mĂȘme si cachĂ©e Ă  l’attention des rĂ©sidents. L’inactivitĂ© de cette population tournĂ©e vers elle-mĂȘme et les soins dont elle bĂ©nĂ©ficie est propice aux discussions sans fin dans lesquels Mann place sa pensĂ©e sur la libertĂ©, l’humanitĂ©, le temps, le marxisme, la religion
 et la fin qui hante ce roman exceptionnel qui faisant Ă©cho Ă  « Mort Ă  Venise » Ă©crit douze annĂ©es plus tĂŽt.

    Les derniĂšres pages voit Hans Castorp dans les tranchĂ©es de la premiĂšre guerre mondiale et l’on comprend que son patriotisme en faveur de la dĂ©fense de l’Allemagne fut le seul motif qui a pu le pousser Ă  descendre de sa montagne et retrouver la vraie vie du monde « d’en-bas » !

  • De plus en plus de jargonnage

    On ne dit plus « un parti politique dirigĂ© par des nunuches ambitieux et indĂ©cis » mais « une famille politique en dĂ©ficit d’incarnation ».

  • Manuel Valls un peu pathĂ©tique

    Manuel Valls, 59 ans (nĂ© en 1962), binational franco-espagnol, ancien maire de banlieue, ancien ministre et premier ministre de la RĂ©publique française, ancien dĂ©putĂ© de l’assemblĂ©e national française, ayant dĂ©missionnĂ©, ou poussĂ© dehors, de ses responsabilitĂ©s françaises, s’est prĂ©sentĂ© en 2018 Ă  l’élection municipale de la ville de Barcelone dont il est natif. N’ayant rĂ©coltĂ© que peu de suffrages il n’est devenu qu’un anonyme conseiller municipal, poste qui, manifestement, ne lui convient pas puisqu’il vient d’annoncer qu’il en dĂ©missionne pour revenir en France comme
 commentateur sur la chaĂźne d’information en continu BFM-TV.

    L’indĂ©cision de M. Valls, d’abord sur le pays oĂč il veut vivre et ensuite sur ses mandats Ă©lectifs dont il a pris la fĂącheuse habitude de dĂ©missionner avant leurs termes (de son poste de dĂ©putĂ© français en 2018, de son poste de conseiller municipal espagnol aujourd’hui), vire au pathĂ©tique ! Quant on a exercĂ©, plutĂŽt bien d’ailleurs, des responsabilitĂ©s gouvernementales au plus haut niveau en France, puis choisi l’Espagne pour y exercer une fonction Ă©lective, la dĂ©cence voudrait qu’il ne lĂąche pas tout, une nouvelle fois au milieu du guĂ©, pour venir commenter la vie politique sur une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision plutĂŽt mĂ©diocre. Manuel Valls ne manquerait ni Ă  l’Espagne ni Ă  la France s’il prenait vĂ©ritablement sa retraite de la vie politique, il pourrait ainsi se consacrer Ă  des tĂąches plus nobles et plus utiles que d’aller participer au CafĂ© du commerce de BFM.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/04/manuel-valls-ne-veut-pas-choisir-entre-la-france-et-lespagne/

    Paris-Match avait annoncĂ© en 2018 sa nouvelle union avec une riche hĂ©ritiĂšre espagnole. L’histoire ne dit pas si elle fera toujours partie de sa nouvelle vie.

  • La fiction des armĂ©es locales

    L’Afghanistan rendu Ă  ses dĂ©mons

    La prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan a Ă©tĂ© grandement facilitĂ©e par la dĂ©bandade de l’armĂ©e nationale qui n’a quasiment menĂ© aucun combat contre la rĂ©bellion religieuse qui, du coup, a rapidement conquis l’entiĂšretĂ© du pays avant mĂȘme le dĂ©part complet des forces occidentales achevĂ© aujourd’hui. Cette « armĂ©e nationale Â» avait pourtant bĂ©nĂ©ficiĂ© des soins et des fonds occidentaux mais les milliards investis par les contribuables de ces pays n’ont pu crĂ©er la seule arme indispensable qui manquait, celle de la foi en la victoire dans cette guerre civile.

    Cette situation n’est guĂšre surprenante et a Ă©tĂ© mainte fois constatĂ©e aux termes des guerres post-coloniales menĂ©es par l’Occident depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Ă  commencer par celle du Vietnam dans le conflit contre le communisme. Au cours de leur soutien au Vietnam du Sud pour barrer la route au communisme portĂ© par le Vietnam du Nord, les Etats-Unis d’AmĂ©rique ont lourdement investi pour former l’armĂ©e du Sud qui s’est effondrĂ©e rapidement aprĂšs les accords de paix de Paris en 1973. MalgrĂ© quelques actions hĂ©roĂŻques de garnisons sud-vietnamiennes, l’offensive massive de l’armĂ©e du Nord en 1975 aboutit rapidement Ă  la reddition du Sud et Ă  la capture d’un important matĂ©riel militaire amĂ©ricain par les communistes.

    En Irak en 2014, les combattants du groupe terroriste religieux Etat islamique se sont emparĂ© sans coup fĂ©rir de la ville de Mossoul abandonnĂ©e en quelques heures par l’armĂ©e irakienne face Ă  une troupe de va-nu-pieds mais motivĂ©e, avec la rĂ©cupĂ©ration d’un matĂ©riel militaire considĂ©rable qui a ensuite Ă©tĂ© retournĂ© contre les armĂ©es occidentales prĂ©sentes. Par la suite la ville a Ă©tĂ© reconquise et, semble-t-il, les forces spĂ©ciales irakiennes se seraient plutĂŽt bien dĂ©fendues avec les soutiens aĂ©riens occidentaux qui n’existent plus aujourd’hui.

    En Afrique, malgrĂ© des accords de coopĂ©ration militaires passĂ©s et constamment renouvelĂ©s entre la France et nombre de ses anciennes colonies depuis les annĂ©es 1960, les armĂ©es locales ont surtout brillĂ© par leurs capacitĂ©s Ă  mener des coups d’Etat, mais beaucoup moins Ă  dĂ©fendre leurs nations, concept [celui de nation] d’ailleurs plutĂŽt incomprĂ©hensible dans des pays organisĂ©s en clans et en ethnies. Depuis son intervention militaire au Sahel en 2013, la France dĂ©fend vaille que vaille l’idĂ©e du « G5 Sahel Â», une armĂ©e multinationale rĂ©unissant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad qui remplacerait l’armĂ©e française aprĂšs l’inĂ©luctable dĂ©part de celle-ci, et le plus tĂŽt sera le mieux. Ce « G5 Sahel Â» est formĂ© et Ă©quipĂ© par la France avec l’aide d’autres pays de l’Union europĂ©enne. Mais il est peu probable qu’il ne soit jamais vĂ©ritablement opĂ©rationnel, ou en tout cas Ă  la hauteur des combats qu’il faudrait mener contre la troupe dĂ©cidĂ©e des rebelles religieux qui veulent s’emparer du pouvoir dans ces pays et avec laquelle dĂ©jĂ  certaines capitales sahĂ©liennes mĂšnent des discussions.

    En Afghanistan aujourd’hui, les Talibans ont pu s’emparer de tout le matĂ©riel militaire amĂ©ricain donnĂ© Ă  « l’armĂ©e Â» nationale et l’on voit ceux-ci parader dans les rues de Kaboul en tenues camouflĂ©es bien plus seyantes que leurs djellabas d’antan, et arborant des armes flambant neuves sans doute bien plus destructrices que leurs antiques Kalachnikov. Tout ce matĂ©riel vient d’ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© dans les stocks laissĂ©s sur place aprĂšs avoir Ă©tĂ© financĂ©s par les contribuables amĂ©ricains. On s’aperçoit maintenant que certaines rĂ©gions afghanes dĂ©claraient des effectifs militaires fictifs pour recevoir plus de subsides de l’armĂ©e amĂ©ricaine qui assurait mĂȘme la paye de cette « armĂ©e Â» nationale


    La dĂ©faillance de ces « armĂ©es Â» locales est finalement peu surprenante. D’abord car l’Occident attend qu’elles s’engagent dans des guerres civiles contre des rĂ©bellions qui sont aussi locales et il est toujours plus difficile de combattre ses propres concitoyens lorsqu’on n’est pas mĂȘme sĂ»r de mener le bon combat. La dĂ©cision est plus facile Ă  prendre lorsqu’il s’agit de lutter contre des forces d’invasion Ă©trangĂšres. D’autre part, se battre pour maintenir au pouvoir des pouvoirs corrompus (au Vietnam comme en Afghanistan ou en Afrique) et, gĂ©nĂ©ralement, dictatoriaux, est fort peu motivant ! Cerise sur le gĂąteau : quand vous ajoutez que ces « armĂ©es Â» nationales sont payĂ©es et Ă©quipĂ©es par des pays Ă©trangers car leurs propres Etats n’en ont pas les moyens, on comprend mieux leur manque de motivation.

    L’Occident a Ă©chouĂ© dans ses objectifs d’étendre la « dĂ©mocratie Â» par la force de ses armes au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, d’abord parce que ces pays n’étaient pas vĂ©ritablement intĂ©ressĂ©s, mis Ă  part une Ă©lite occidentalisĂ©e en accord avec les principes dĂ©mocratiques, ou trĂšs corrompue voulant prĂ©server ses intĂ©rĂȘts. Sans doute en sera-t-il aussi de mĂȘme au Sahel d’oĂč la France a commencĂ© Ă  se retirer et c’est un mouvement raisonnable qu’il faut poursuivre. Avec l’enterrement des illusions occidentales sur les « valeurs universelles Â» c’est aussi, sans doute, la fin du « droit d’ingĂ©rence Â» sous sa forme actuelle, promu par les tenants de l’humanitaire, comme Bernard Henry-LĂ©vy ou autres Rony Brauman et Bernard Kouchner. Ce droit d’ingĂ©rence a tout de mĂȘme permis d’atteindre quelques-uns de ses objectifs lorsqu’ils Ă©taient purement humanitaires comme d’acheminer des vivres en cas de famine (Biafra, Somalie
) mais il a souvent Ă©chouĂ© lorsqu’il Ă©tait dirigĂ© par des dĂ©mocraties et que ses buts Ă©taient politiques. Bien Ă©videmment, lorsque la Chine occupe le Tibet elle ne s’en laisse pas compter par les contraintes dĂ©mocratiques et arrive Ă  y rester plus longtemps


    L’Afghanistan est maintenant face Ă  son destin, le Sahel le sera bientĂŽt. L’Occident va cesser, au moins pour un temps, de faire du prosĂ©lytisme en faveur de son propre mode de gouvernance. C’est aussi bien. L’argent ainsi Ă©conomisĂ© pourra ĂȘtre investi sans son propre processus de dĂ©veloppement Ă©conomique et ses militaires se consacrer Ă  leurs intĂ©rĂȘts nationaux. Nouvelle situation, nouveaux enjeux, le pire n’est jamais sĂ»r et peut-ĂȘtre que l’Occident comme l’Orient s’en porteront aussi bien. Rendez-vous dans dix ans pour en reparler !

  • Sauve qui peut en Afghanistan

    Alors que les opĂ©rations d’évacuation des occidentaux et de leurs supplĂ©tifs d’Afghanistan se terminent sur l’aĂ©roport de Kaboul, un attentat suicide commis ce 26 aoĂ»t a fait une centaine de morts dont une quinzaine de soldats amĂ©ricains qui en contrĂŽlaient les accĂšs, et de nombreux blessĂ©s. Ce massacre a Ă©tĂ© revendiquĂ© par le groupe religieux Etat islamique qui s’avĂšre un ennemi fĂ©roce des occidentaux mĂ©crĂ©ants, mais aussi des Talibans musulmans, sunnites Ă©galement. Il existerait quelques subtilitĂ©s thĂ©ologiques entre ces deux groupes mais les uns et les autres s’avĂšrent des habituĂ©s des attentats contre leurs populations civiles et les intĂ©rĂȘts occidentaux. Les Talibans seraient nationalistes et se contenteraient de gĂ©rer leur pays, le groupe Etat islamique serait internationaliste et chercherait Ă  Ă©tendre ses croyances au monde entier. Les Talibans ont un drapeau blanc avec des caractĂšres arabes imprimĂ©s en noir, l’Etat islamique a un drapeau noir avec des caractĂšres arabes imprimĂ©s en blanc. Tout est dit !

    Et lĂ , l’observateur commence Ă  se perdre
 Mais pourquoi donc un mouvement religieux sunnite mĂšne des opĂ©rations barbares contre un autre mouvement religieux sunnite alors que tous deux respectent les mĂȘmes rĂšgles, celles de charia, la loi religieuse du Coran ? Sauf les spĂ©cialistes du sujet, personne n’y comprend grand-chose mais l’Etat islamique commettant des attentats suicides contre les Talibans c’est un peu l’hĂŽpital qui se moque de la charitĂ© ! Ce serait mĂȘme risible s’il ne s’agissait de milliers de morts dans une population qui n’en peut mais !

    Le retrait des armĂ©es occidentales de l’Afghanistan va laisser les deux idĂ©ologies sunnites face-Ă -face. L’avenir devrait ĂȘtre violent et le trafic international du pavot qui est quasiment la seule ressource du pays risque de flamber.

  • ValĂ©rie PĂ©cresse a des idĂ©es

    Kiro/Le Canard Enchaßné (19/05/2021)

    ValĂ©rie PĂ©cresse, l’un des candidats « de la droite et du centre Â» Ă  l’élection prĂ©sidentielle française de 2022 a donnĂ© quelques lignes de son programme dont celle consistant Ă  organiser une confĂ©rence salariale avec les partenaires sociaux pour « faire progresser les salaires d’au moins 10% sans que cela ne coĂ»te plus cher aux entreprises Â». Mais comment n’y-a-t-on pas pensĂ© plus tĂŽt ?

    Pendant qu’on y est, on pourrait aussi organiser une rĂ©union pour « guĂ©rir les malades Â», une autre pour « enrichir les pauvres Â» et peut-ĂȘtre une troisiĂšme pour rĂ©chauffer la mer en Bretagne oĂč il est toujours trĂšs pĂ©nible de se baigner ?

    Une campagne Ă©lectorale qui commence trĂšs fort !

  • La chienlit et le gaz

    On ne dit plus : « c’est la chienlit » mais « c’est un contexte gazeux » !

  • Des problĂšmes de riches

    Depuis dix-huit mois la France s’enferre dans des dĂ©bats oiseux sur la nĂ©cessitĂ© de vacciner les citoyens contre la covid19 et l’aspect liberticide du principe du « passe sanitaire Â» destinĂ© Ă  limiter l’accĂšs Ă  des lieux publics comme les cinĂ©mas ou les restaurants aux personnes vaccinĂ©es ou non contaminĂ©es. A priori, les Français ont plutĂŽt votĂ© pour le vaccin puisqu’à ce jour plus de 70% d’entre eux sont dĂ©sormais vaccinĂ©s. Les mĂ©dias et les dĂźners en ville continuent nĂ©anmoins Ă  ĂȘtre envahis de discussions sans fin sur le sujet, dĂ©sormais doublĂ©es par des manifestations « anti-vax / anti-passe Â» tous les samedis dans des villes de France dont certaines se terminent rĂ©guliĂšrement par des Ă©meutes.

    Dans le mĂȘme temps, des messages publicitaires institutionnels sont diffusĂ©s plusieurs fois par heure afin de tenter de convaincre les derniers rĂ©calcitrants aux vaccins, augmentant au passage le niveau d’abrutissement de la population du fait de ces publicitĂ©s incessantes et horripilantes.

    Les arguments des uns et des autres sont ressassĂ©s jusqu’à la nausĂ©e et ne convainquent plus personne. Il faudra bien faire avec les opposants et gĂ©rer les risques induits par cette maladie.

    Dans cet ocĂ©an de fatuitĂ©, la bonne nouvelle est que nous vivons en France des problĂšmes de pays riches oĂč des citoyens, des scientifiques ou des journalistes ont le temps et les moyens de parader sur des plateaux pour s’écharper sur des non-sujets pour plus de 70% de la population, tout en gardant la possibilitĂ© d’aller se faire vacciner au coin de la rue aux frais des cotisants Ă  la SĂ©curitĂ© sociale. Bref, le pays a encore la capacitĂ© de financer cette immense perte de temps et d’énergie ! Cela ne va peut-ĂȘtre pas durer Ă©ternellement.

  • Camping Paradis

    On ne dit plus : un camping, mais une « HĂŽtellerie de Plein-Air Â» !

  • Le jargonnage « woke » envahit mĂȘme l’Afghanistan

    Les religieux talibans qui ont pris le pouvoir par les armes en Afghanistan cherchent Ă  rassurer leur peuple et la communautĂ© internationale sur leurs intentions pacifiques. Ils se sont engagĂ©s Ă  mettre sur pieds un gouvernement « inclusif Â» ! Il n’est pas sĂ»r que ce terme soit employĂ© avec le mĂȘme entendement que celui des vedettes occidentales du discours pro-minoritĂ©s


    Il reste Ă©tonnant de voir la capacitĂ© de ce discours « woke Â» Ă  diffuser, mĂȘme dans les lieux les plus improbables ! C’est le soft-power de ces minoritĂ©s agissantes d’arriver Ă  s’imposer partout. Compte tenu des objectifs sociĂ©taux talibans de rĂ©tablir la charia en Afghanistan, et du sort que celle-ci rĂ©serve aux femmes, il semble peu probable que la partie fĂ©ministe du discours « woke Â» ne s’impose vĂ©ritablement Ă  Kaboul


  • Charlie Watts est mort

    Charlie

    1941-2021

    Charlie, le lĂ©gendaire batteur des Rolling Stones depuis 1963 est mort ce matin, Ă  80 ans. Il prĂ©cĂšde ainsi la tournĂ©e des adieux du « plus grand groupe de rock’n’roll du monde Â» que la rumeur annonçait pour l’annĂ©e prochaine. Le garçon a continuellement apportĂ© stabilitĂ© et Ă©lĂ©gance au cƓur de la tornade musicale et comportementale des Stones, sans jamais se mettre en avant. RĂ©guliĂšrement ovationnĂ© lors des concerts du groupe, il se levait modestement lorsque son nom Ă©tait citĂ© par Mick Jagger et adressait un petit sourire au public.

    Evidemment, la mort annoncĂ©e des musiciens des Rolling Stones nous rappelle que la nĂŽtre est aussi au bout du chemin. Vu leur mode de vie, il semblait pourtant improbable que Ron Wood, Mick Jagger, Keith Richards et mĂȘme Charlie meurent de vieillesse dans leur lit, c’est pourtant ce qui est en train de se passer. C’est tout de mĂȘme une bonne nouvelle qui nous permit de bĂ©nĂ©ficier de la crĂ©ation de ces enfants terribles, la bande son de plusieurs gĂ©nĂ©rations !

    Charlie Watts, une vie bien remplie, beaucoup de bonheur distribuĂ© lors de concerts et d’enregistrements de lĂ©gende : un artiste utile et bienveillant s’en est allé 

  • « Un village » exposition Madeleine de SinĂ©ty au Centre d’Art GwinZegal de Guingamp

    « Un village » exposition Madeleine de SinĂ©ty au Centre d’Art GwinZegal de Guingamp

    Merveilleuse exposition de photo au centre d’art GwinZegal amĂ©nagĂ© dans l’ancienne prison de Guingamp : Madeleine de SinĂ©ty (1934-2011), photographe, est passĂ©e par hasard en 1974 dans le petit village breton de Poilley. Elle fut tellement sĂ©duite par ce lieu et ses habitants qui l’adoptĂšrent rapidement qu’elle s’y installa durant dix annĂ©es et pris plus de 60 000 photos de la vie de ce bourg rural, restĂ© un peu Ă  l’écart de la modernitĂ©. Elle a ainsi marquĂ© sur la pellicule une Ă©poque rĂ©volue dont les derniers contemporains, qui Ă©taient alors des enfants, disparaissent progressivement.

    Ce fonds photographique n’a jamais Ă©tĂ© triĂ© par Madeleine avant sa disparition, et Ă  peine montrĂ©. Ce n’est qu’en 2020 que son fils et le centre d’art GwinZegal dĂ©cidĂšrent de monter cette exposition en extrayant environ 200 photos de cette masse dont le volume avait dĂ©jĂ  diminuĂ© d’environ 30% par suite d’un dĂ©gĂąt des eaux dans le lieu oĂč elle Ă©tait stockĂ©e.

    Les photos exposĂ©es dĂ©bordent de l’empathie et la tendresse que leur auteure Ă©prouve Ă  l’égard des habitants de Poilley dans tous les Ă©vĂšnements de leur rude vie de paysans bretons. On y voit les rĂ©coltes, les cochons que l’on tue, les chevaux de trait Ă  une Ă©poque oĂč le tracteur Ă©tait rare, les matchs de football, les crĂȘpes qu’on lance au-dessus de la poĂȘle, les mariages, les bals, les intĂ©rieurs trĂšs modestes que l’on imagine sans eau courante ni sanitaires, les enterrements, et il y a surtout les habitants, jeunes et moins jeunes, des gamins malicieux sur une remorque pleine de pommes, des vieux Ă  casquettes, des femmes ĂągĂ©es en sabots. La bouteille de cidre ou de rouge n’est jamais loin ni l’alambic tractĂ© passant dans le village pour fabriquer « la goutte Â».

    Dans une des « cellule Â» de la prison, une vidĂ©o rĂ©cente montre les interviews de villageois, qui Ă©taient des gamins lorsque la photographe habitait Poilley, racontant comment elle travaillait et, surtout, combien elle avait Ă©tĂ© complĂštement intĂ©grĂ©e Ă  la vie du bourg.

    Bref, une tranche de vie douce et Ă©mouvante sur la rude vie d’un petit village breton Ă  l’intĂ©rieur des terres, avant qu’il ne soit saisi par la modernitĂ©. Le catalogue de l’exposition contient des extraits du journal tenu par Madeleine de SinĂ©ty qui fit Ɠuvre d’ethnologie derriĂšre son appareil comme devant sa feuille blanche.

    Le visiteur dĂ©couvre Ă  cette occasion le projet astucieux de reconversion de la prison de Guingamp en lieu culturel : https://gwinzegal.com/actualites.

  • Exil afghan

    Comme Ă  l’issue de chacune de ces guerres post-coloniales (Vietnam, Angola, plus anciennement AlgĂ©rie) des mouvements importants de rĂ©fugiĂ©s fuyant Afghanistan sont en cours une fois annoncĂ© le dĂ©part de ou des puissances occupantes. Les supplĂ©tifs afghans des armĂ©es occidentales craignant les rĂšglements de compte de la part des nouveaux dirigeants essayent d’obtenir des sauf-conduits pour ĂȘtre exfiltrĂ©s vers ces pays. Ils ne demandent Ă©videmment pas Ă  partir vers le Qatar ou les pays du Golfe Persique mais vers les pays occidentaux. Bien entendu des personnages peu recommandables vont certainement se faufiler dans ces flux de migrants comme ce fut le cas lors de la crise migratoire syrienne de 2015, c’est inĂ©vitable et mĂȘme les critĂšres de sĂ©lection les plus exigeants ne pourraient les identifier quant on voit les conditions dans lesquelles se dĂ©roule cette fuite Ă©perdue de certains Afghans de leur pays.

    La vengeance des vainqueurs et l’exil des vaincus sont des consĂ©quences vieilles comme le monde de ce type de conflits. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas les mener. La France, hĂ©las, est passĂ©e par ces malheureuses Ă©tapes comme vainqueur et comme vaincue. En 1944-1945 aprĂšs la dĂ©faite de l’Allemagne, une Ă©puration extra-judiciaire aurait fait environ 10 000 morts exĂ©cutĂ©s sommairement, surtout par des rĂ©sistants dont certains n’avaient de « rĂ©sistant Â» que le nom mais songeaient plutĂŽt Ă  rĂ©gler des comptes personnels ou Ă  s’approprier les biens des fusillĂ©s. Pendant ce temps, en septembre 1944, le marĂ©chal PĂ©tain, accompagnĂ© de dirigeants vichystes, partait s’exiler Ă  Sigmaringen, une enclave française spĂ©cialement crĂ©e en Allemagne par les Nazis pour accueillir les derniers « collabos Â». En avril 1945, la dĂ©faite totale de l’Allemagne mit fin Ă  cette fiction et PĂ©tain se livra aux nouvelles autoritĂ©s françaises. CondamnĂ© Ă  mort par la justice rĂ©publicaine il fut graciĂ© ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas de nombre de ses collĂšgues (DĂ©at, Darnan, Luchaire
). Beaucoup d’intellectuels qui avaient pactisĂ©s avec l’ennemi choisirent aussi l’exil Ă  la LibĂ©ration, comme CĂ©line, ou furent condamnĂ©s Ă  mort et exĂ©cutĂ©s (Brasillach, â€Š). Drieu la Rochelle quant Ă  lui s’est suicidĂ© alors qu’il allait ĂȘtre arrĂȘtĂ©.

    A peine dix ans plus tard la France perd sa guerre coloniale d’Indochine Ă  la bataille de DiĂȘn BiĂȘn Phu en mai 1954 et quitte piteusement ses colonies asiatiques. HĂ©lie Denoix de Saint Marc, ancien dĂ©portĂ©, officier de la LĂ©gion Ă©trangĂšre, racontera comment ses hommes durent repousser durement leurs supplĂ©tifs Hmong qui, comprenant que les troupes françaises allaient les abandonner, s’accrochaient dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  leurs camions.

    Et encore moins de dix ans plus tard, l’histoire se renouvelait en AlgĂ©rie oĂč la France, aprĂšs sa dĂ©faite matĂ©rialisĂ©e dans les « accords d’Evian Â» laissa sur place une grande partie de ses supplĂ©tifs, les « harkis Â» qui furent massacrĂ©s par l’AlgĂ©rie indĂ©pendante souvent aprĂšs d’atroces tortures. La partie algĂ©rienne qui s’était engagĂ© Ă  ne pas mener de reprĂ©sailles physiques contre ces harkis n’a pas bien entendu respectĂ© ses engagements. Les historiens estiment qu’entre 60 et 80 000 furent tuĂ©s pendant qu’environ 40 000 furent accueillis en France. Ce fut d’ailleurs l’un des motifs pour lesquels des officiers comme Denoix de Saint Marc participĂšrent au putsch d’Alger en 1961, se refusant Ă  abandonner une nouvelle fois ceux qui avaient combattu Ă  leurs cĂŽtĂ©s.

    AprĂšs la retraite amĂ©ricaine du Vietnam en 1975, les sud-vietnamiens pro-occidentaux qui n’ont pas pu Ă©migrer aux Etats-Unis d’AmĂ©rique ont passĂ© quelques annĂ©es dans les camps de rééducation communistes dont certains n’y ont pas survĂ©cu. On se souvient des images des grappes de rĂ©fugiĂ©s accrochĂ©s aux hĂ©licoptĂšres US qui n’arrivaient mĂȘme plus Ă  se poser sur le toit envahi de l’ambassade amĂ©ricaine. Les mĂȘmes causes produisant les mĂȘmes effets, ce sont aujourd’hui plus ou moins des scĂšnes similaires que l’on voit sur l’aĂ©roport de Kaboul.

    Evidement, chacun voit midi Ă  sa porte et est persuadĂ© que la guerre qu’il mĂšne est la bonne. Si peu de monde fut en faveur des puissances de l’Axe dĂ©faites en 1945 (mais il y en eut quand mĂȘme), les guerres de dĂ©colonisation et post-coloniales ont entraĂźnĂ© des attitudes trĂšs partagĂ©es de la communautĂ© internationale. C’est d’ailleurs peut-ĂȘtre la raison principale pour laquelle elles se sont toutes terminĂ©es en faveur des pays occupĂ©s par des forces Ă©trangĂšres, quelles que soient les raisons de cette occupation. L’expĂ©rience en cours de l’OTAN en Afghanistan, aprĂšs celle des SoviĂ©tiques dans les annĂ©es 1980, montre une fois encore l’inutile et dangereuse prĂ©tention qu’il y a Ă  vouloir changer un pays contre l’avis de la majoritĂ© de sa population. Cette derniĂšre l’emporte quasiment systĂ©matiquement, et malheur alors aux minoritĂ©s !

    La France doit mĂ©diter cette histoire pour son combat militaire en cours au Sahel auquel il va falloir mettre fin un jour, et le plus vite sera le mieux. Il restera ensuite le cas du Tibet occupĂ© par la Chine mais la puissance et les mĂ©thodes de cette derniĂšre rendent peu probable sa rĂ©solution Ă  court terme. Il n’est toutefois pas exclu que la sinisation de cette rĂ©gion menĂ©e Ă  marche forcĂ©e par PĂ©kin Ă©choue, un jour, face Ă  la rĂ©sistance acharnĂ©e des TibĂ©tains.

  • Vous avez aimĂ© Saigon, vous adorerez Kaboul ! Une nouvelle dĂ©faite de l’occident en Asie.

    Ça y est : le mouvement religieux des « Talibans » (voulant dire « étudiants en religion ») a pris le pouvoir en Afghanistan, quasiment sans combattre, du fait de la peur qu’ils inspirent, de la complĂšte dĂ©motivation des forces de sĂ©curitĂ© de ce pays aux confins de l’Asie et du soutien d’une partie de la population opposĂ©e Ă  l’occupation Ă©trangĂšre du pays depuis des dĂ©cennies : des anglais aux troupes de l’OTAN en passant par les soviĂ©tiques !

    En rĂ©alitĂ©, l’armĂ©e afghane n’a pas vraiment combattu contre les rebelles religieux voulant rĂ©instaurer leur pouvoir sous l’ombrelle de la « charia Â», la loi du Coran. La derniĂšre occupation Ă©trangĂšre qui vient de se terminer a Ă©tĂ© menĂ©e par les Etats-Unis d’AmĂ©rique en 2001 aprĂšs les attentats terroristes religieux de New-York qui avaient consistĂ© Ă  faire Ă©craser en mĂȘme temps quatre avions de ligne et leurs passagers sur le territoire amĂ©ricain, un sur chacune des tours jumelles du « World Trade Centrer Â» de New-York qui se sont effondrĂ©es sous le choc, un sur le ministĂšre de la DĂ©fense Ă  Washington, le « Pentagone Â» et le dernier qui Ă©tait probablement destinĂ© Ă  la Maison Blanche mais qui s’était Ă©crasĂ© dans une forĂȘt, sans doute suite au mouvement de rĂ©volte des passagers. Les Etats-Unis avaient alors dĂ©clenchĂ© la clause de la charte de l’OTAN prĂ©voyant la solidaritĂ© des pays membres en cas d’attaque d’un des leurs. Les forces militaires envoyĂ©es sur place avaient alors dĂ©fait assez rapidement le rĂ©gime taliban qui abritaient le mouvement terroriste religieux Al-QaĂŻda et son chef, Ben-Laden, qui avaient commis et revendiquĂ© cet attentat d’un nouveau genre qui a fait plus de 3 000 morts.

    Les religieux talibans, outre leur soutien au terrorisme international, avaient instaurĂ© entre 1996 et 2001 dans leur pays un strict rĂ©gime islamique particuliĂšrement contraignant pour les femmes et relevant d’un autre Ăąge : interdiction de la musique, destruction d’Ɠuvres artistiques dont les Bouddhas monumentaux de BĂąmiyĂąn, lapidation des femmes adultĂšres, coupages des mains de voleurs, dĂ©capitation des criminels en place publique, etc. Ils annoncent leur intention de rĂ©instaurer rapidement ces pratiques.

    Comme souvent en ces circonstances, aprĂšs sa victoire militaire en 2001 l’Occident s’était alors mis en tĂȘte de « dĂ©mocratiser Â» ce pays en y instaurant sa vision de l’Etat. Comme toujours Ă  l’est de la ligne Oder-Neisse, cette ambition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e un fiasco et, Ă  la fin, aboutit au retrait piteux des occidentaux. Le parallĂšle avec la dĂ©faite et le retrait des Etats-Unis au terme de la guerre du Vietnam est troublant.

    Le plus Ă©tonnant dans ces affaires n’est pas tant la dĂ©faite idĂ©ologique mais la constance avec laquelle les pays occidentaux s’ingĂ©nient Ă  vouloir « faire le bien Â» autour d’eux en diffusant leurs conceptions de l’Etat Ă  des populations qui n’en veulent pas vraiment et qui sont Ă  mille lieux d’en accepter les contraintes. Cela n’a pas fonctionnĂ© durant la pĂ©riode coloniale, ni la pĂ©riode dĂ©-coloniale, et cela ne semble pas plus adaptĂ© de nos jours.

    Cerise sur le gĂąteau, les talibans qui avaient forgĂ© leur unitĂ© Ă  l’aune de la lutte antisoviĂ©tique dans les annĂ©es 1980 auraient informĂ© Moscou que ses diplomates ne seront pas inquiĂ©tĂ©s aprĂšs la prise du pouvoir. La Chine les avait dĂ©jĂ  reçus en grande pompe Ă  PĂ©kin avant mĂȘme leur installation Ă  Kaboul. Les autres pays sont en train d’évacuer leurs ressortissants en catastrophe ainsi que leurs affidĂ©s locaux pour leur faire Ă©chapper Ă  la vengeance talibane.

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    Ce nouvel Ă©chec sociĂ©tal et militaire occidental en Orient doit vĂ©ritablement pousser Ă  abandonner cette idĂ©e de croisade idĂ©ologique pour la promotion de la dĂ©mocratie partout sur la planĂšte, y compris par la force des armes. Ce qui se passe aujourd’hui Ă  Kaboul, comme hier Ă  Saigon et Bagdad ou en ce moment dans le Sahel, montre que cela ne marche pas, quels que soient le contexte ou le lieu. La dĂ©mocratie est un mode de gouvernance europĂ©en, inventĂ© par les Grecs, enrichi par Rousseau et Tocqueville et pratiquĂ© en occident, majoritairement en Europe et en AmĂ©rique du Nord. La plupart des autres continents ne marquent pas un grand intĂ©rĂȘt pour la dĂ©mocratie, les Ă©lections, les droits de l’homme et tout ce qui va avec. Et mĂȘme en occident certaines vieilles dĂ©mocraties oublient un peu leurs principes fondateurs : partout des partis extrĂ©mistes gagnent du terrain.

    MĂȘme si des minoritĂ©s de ces pays, souvent Ă©duquĂ©es en occident ou sur des principes occidentaux, marquent un intĂ©rĂȘt pour ce systĂšme, elles n’arrivent pas Ă  convaincre la majoritĂ© de leurs concitoyens de leur point de vue. En Afghanistan l’Union soviĂ©tique a tentĂ© d’instaurer le communisme pendant une guerre de 10 ans, l’OTAN a essayĂ© d’insuffler la dĂ©mocratie avec une guerre de 20 ans et ce sont des religieux qui finalement emportent le morceau pour y installer la Charia. Alors pourquoi ne pas laisser faire les choses comme elles doivent se faire plutĂŽt que de dĂ©penser des ressources humaines et financiĂšres considĂ©rables pour aboutir Ă  des dĂ©sastres comme ce qu’il est train de se passer en Afghanistan ?

    Tant que les dĂ©mocraties existent en occident, qu’elles dĂ©fendent leurs intĂ©rĂȘts et rĂ©pondent au besoin par les armes Ă  toute agression venant de l’extĂ©rieur comme ce fut fait en 2001 en Afghanistan, mais qu’elles cessent de croire rĂ©soudre les problĂšmes des autres en leur imposant une gouvernance dont ils ne veulent pas.

  • Au Grand Balcon Ă  Toulouse

    Dans les chambres de l’HĂŽtel du Grand Balcon erre l’ñme de Saint-ExupĂ©ry dont la chambre n°32 donnait sur la place du Capitole. Mermoz occupait la n°20.

    Saint-Ex, Guillaumet et Mermoz dans la salle Ă  manger du Grand Balcon

    CrĂ©e dans les annĂ©es 1920 par Pierre-Georges LatĂ©coĂšre Ă  Toulouse, la Compagnie gĂ©nĂ©rale aĂ©ropostale avait pour mission de transporter le courrier aĂ©rien Ă  travers l’Atlantique et le sous-continent sud-AmĂ©ricain. Ainsi naquit l’une des plus formidables aventures aĂ©ronautiques racontĂ©e, notamment, dans certains romans d’Antoine de Saint-ExupĂ©ry (1900-1944), cĂ©lĂšbre Ă©crivain et l’un des pilotes de l’AĂ©ropostale, mais aussi par Joseph Kessel (1898-1979), autre Ă©crivain-aventurier, grand ami de Mermoz (1901-1936) dont il Ă©crivit la biographie. Le Grand Balcon Ă  Toulouse Ă©tait le camp de base de cette folle Ă©popĂ©e dont beaucoup des acteurs moururent en vol pour faire passer le courrier coĂ»te que coĂ»te, sous les ordres du sĂ©vĂšre Didier Daurat (1891-1969), directeur de l’exploitation de la compagnie.

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  • « Tinane » de Julia Ducornau

    Le film d’horreur qui a obtenu la Palme d’Or au dernier festival de Cannes : une gamine se fait greffer un bout de titane dans le cerveau pour la sauver Ă  la suite d’un accident d’automobile, et tout va dĂ©raper. A la recherche de son pĂšre absent elle va en trouver un de substitution qui, lui, cherche un fils disparu. Quelques assassinats plus tard, elle expire en accouchant d’un bĂ©bĂ© moitiĂ© titane moitiĂ© humain


    Le spectateur Ă©motif s’accroche Ă  son siĂšge et doit fermer les yeux lors de certains passages particuliĂšrement dĂ©rangeants. La rĂ©alisatrice Julia Ducournau semble une femme plutĂŽt « originale », le rĂ©sultat est film primĂ©, dĂ©rangeant et complĂštement « barjot ».