
Ce quatriĂšme Ă©pisode de la saga Clearstream nous emmĂšne sur les ventes dâarmes françaises, notamment Ă TaĂŻwan avec le dĂ©sormais trĂšs fameux contrat dit des « frĂ©gates de TaĂŻwan » menĂ© par Thomson CSF, entreprise dâĂ©lectronique de dĂ©fense, nationalisĂ©e en 1981, et son patron Alain Gomez, dans les annĂ©es 1990â. Ce contrat engage Ă©galement dâautres fournisseurs comme la DCN (Direction des constructions navales, sociĂ©tĂ© publique) et LagardĂšre (missiles, groupe privĂ©). Grand patron « de gauche », Gomez sâoppose en tout Ă Jean-Luc LagardĂšre, dont le groupe est Ă©galement partie Ă ce contrat pour la partie des missiles devant Ă©quiper les navires de combat et dont les amitiĂ©s sont plutĂŽt Ă droite. Le premier nâhĂ©site pas Ă corrompre les acheteurs pour emporter les marchĂ©s, le second a plus de prĂ©venance sur le principe. Dans le contrat taĂŻwanais câest Gomez qui va lâemporter et le montant exceptionnel de plus dâun demi-milliard dâeuros est budgĂ©tĂ© pour les commissions Ă payer aux intermĂ©diaires et aigrefins de tous genre qui rĂŽdent autour de lâaffaire dâune quinzaine de milliards au total. Le versement de commission est Ă lâĂ©poque lĂ©gal. Ce qui lâest beaucoup moins câest le concept de rĂ©trocommission qui apparaĂźt Ă cette occasion, câest-Ă -dire quâune partie des commissions versĂ©es aux intermĂ©diaires Ă©trangers sont ensuite repayĂ©es en France Ă dâautres aigrefins. Il sâagit sans doute dâune nouvelle maniĂšre de financer les partis politiques qui nâont plus la possibilitĂ© dâutiliser le systĂšme simpliste de la fausse facture utilisĂ© durant des dĂ©cennies mais la justice française ne parvint jamais Ă identifier qui encaissa ces rĂ©trocommissions.
Et le lien avec Clearstream ? Eh bien il nây en a pas sinon que le fonctionnaire Gergorin aimerait en voir un et que le repris de justice Lahoud (employĂ© par le premier) va introduire le nom de Gomez dans les listings. Il nâen faut pas de plus pour rendre Gergorin dĂ©finitivement fĂ©brile Ă lâidĂ©e de pouvoir compromettre lâennemi intime de son ex-patron dĂ©ifiĂ© : Jean-Luc LagardĂšre, dĂ©cĂ©dĂ© depuis. Il va alors faire jouer tout son carnet dâadresses pour faire cheminer ses dĂ©lires Ă travers ce quâil lui reste de correspondants dans la haute administration et les ministĂšres. Son employĂ©, le voyou Lahoud, lui sert sur un plateau tout ce quâil attend pour renforcer sa tactique de pied nickelĂ©.
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« Manipulations, une histoire française » de Jean-Robert Viallet 2et3/6










