Les élections municipales prochaines déclenchent l’habituelle
vague de candidatures au poste de maire tout en sachant pertinemment que
lesdits candidats n’assureront pas le poste car ils sont ministres et veulent
garder leur maroquin ce que les lois sur le non-cumul interdisent. S’ils sont
élus, ils démissionneront immédiatement du poste de maire pour conserver celui
de ministre. Ce tour de passe-passe leur permettra, en principe, de récupérer
la place de maire s’ils abandonnaient celle de ministre. Mais cela ne
fonctionnera que si la potiche nommée maire transitoire accepte de démissionner
le moment venu. Pour résumer : on se fait élire pour se débiner immédiatement.
Ce n’est pas bien.
La justification officielle de tels comportements est la
nécessité d’un « l’attachement local » éternellement ressassée. En réalité
c’est un parachute qui peut être matériellement bien utile compte tenu de la
précarité du poste de ministre. Les impétrants font semblant de croire que leur
présence en tête de liste favorisera le vote des électeurs en leur faveur même
s’ils se débinent aussitôt élus, ce qui pour le moins prétentieux
Ces manipulations sont un dommage collatéral de la loi sur
le non-cumul des mandats. L’actuel premier ministre Edouard Philippe est dans
ce cas et vient d’annoncer sa candidature pour la mairie du Havre tout en
précisant qu’il continuera sa mission de premier ministre tant qu’elle ne sera
pas terminée.
Un vaste documentaire sur la guerre du Vietnam, depuis la
défaite française jusqu’à la piteuse fuite de Saïgon par les américains en 1975 :
3 DVDs, 9 épisodes, 8h30 heures de film (18 heures dans sa version pour la
marché américain), dix années pour sa réalisation et finalement une
passionnante plongée dans cet épisode tragique de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique,
du Vietnam et de quelques pays alentour. Cette guerre ayant été très librement ouverte
à la presse, au moins du côté occidental, il existe une masse impressionnante de
documents de tous ordres et, du côté Vietnam communiste, beaucoup d’informations
plus ou moins officielles auxquelles les réalisateurs ont eu accès. Mais
surtout, il subsiste encore beaucoup de témoins des deux bords et ce sont leurs
interviews qui rendent ce documentaire aussi intéressant : civils,
militaires et politiques, vietnamiens (du nord et du sud) et américains,
prennent longuement la parole pour partager leurs petites histoires comme leur
participation à la grande Histoire.
Les fameux enregistrements du bureau ovale de la
Maison-Blanche ayant été dévoilés à l’occasion de l’affaire du Watergate, on entend
d’incroyables conversations téléphoniques entre MM. Nixon (président) et
Kissinger (secrétaire d’Etat) sur « l’évolution » de cette guerre,
des négociations entre les parties pour y mettre fin et de l’influence de tout
ceci sur… la réélection de Nixon en 1972.
Les réalisateurs étant américains, ils rentrent dans le
détail du mouvement anti-guerre qui s’est développé dans leur pays à partir de
1966 et jusqu’aux accords de 1973, sur les illusions entretenues de « l’endiguement
du communisme » en Asie qui justifiaient cette guerre étrangère et sur les
désillusions de gamins de 20 ans envoyés mourir dans les rizières vietnamiennes.
La publication en 1971 par le New York Times des « Pentagone papers » écrits en 1967 (7 000 pages) par des
militaires et experts politiques à la demande du ministre de la défense (Robert
Mc Namara), permet de revenir sur les premiers grands mensonges d’Etat dans
ce pays. On y redécouvre que dès le mitan des années 60’ la hiérarchie politico-militaire
savait que les Viêt-Cong pouvaient gagner la guerre, puis par la suite, que les
Etats-Unis allait la perdre. Ces analyses n’empêcheront pas de renforcer les
effectifs militaires sur place jusqu’à plus de 500 000 hommes.
Au terme de cette guerre interminable qui fit
3 millions de morts côté vietnamien (du nord comme du sud, civils et
militaires, 10% de la population), 60 mille côté occidental (des troupes d’Australie,
de Nouvelle-Zélande, du Canada, des Philippines, de Thaïlande sont venues
épauler les américains, même si elles furent très minoritaires), le Vietnam du
sud absorbé par celui du nord pour former la République socialiste du Viêt Nam,
il est impossible de savoir si le communisme se serait étendu dans toute l’Asie
du Sud-est si elle n’avait pas eu lieu, puisque telle était le but de guerre.
Le documentaire aborde rapidement l’effondrement économique de la République
socialiste qui suivit la réunification, les camps de rééducation dans lesquels ont
été envoyés beaucoup de vietnamiens ex-du sud, la fuite d’un million de
citoyens sur les « boat-people »,
puis, au bout d’une dizaine d’années de logique marxiste, l’ouverture et la
libéralisation du pays et, enfin, la visite du président américain Bill Clinton en 2000, marquant ainsi une
relative réconciliation entre les deux peuples qui furent de si féroces ennemis.
On est d’ailleurs frappé par la tranquille neutralité avec
laquelle s’expriment les vietnamiens des deux bords pour raconter cette période
tragique. Cela illustre une réconciliation avec les Etats-Unis qui semble avoir
été plutôt bien menée. Le Vietnam du nord était, et reste toujours, guidé par la
certitude de la justesse de son combat, le Vietnam du sud s’est trouvé le jeu
de puissances qui le dépassaient et a disparu, les Etats-Unis ressassent leur
traumatisme dont les effets durent toujours, voire même sont réactivés avec d’autres
guerres interminables menées en Orient, notamment en Afghanistan et en Irak…
La leçon de cette période complexe est difficile à tirer. Ce
que les faits nous disent c’est la très grande majorité de ces guerres étrangères
menées par des puissances occidentales depuis la deuxième guerre mondiale se
sont en général mal terminées pour elles… Celle du Vietnam fut une apothéose à
cet égard. Ainsi va la vie du monde.
Ah, dernière chose, la bande originale est coordonnée par
Trent Reznor (du groupe Nine Inch Nails)
et fait la part belle aux Jimi Hendrix, Bob Dylan, Rolling Stones, Byrds… qui
accompagnaient les troupes américaines tout au long des combats.
A l’occasion du 75ème anniversaire de la
libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, les personnels politiques
de différents pays concernés par le sujet, dont aucun n’était né durant la guerre,
présentent leurs petits arrangements avec l’Histoire de l’antisémitisme
européen qui connut son apogée dans ce camp.
La Russie se collète avec ses anciens amis d’Europe de l’est
que sont la Pologne, la Lituanie ou l’Ukraine, pour savoir qui a été le moins
antisémite sur le thème : « c’est pas moi, c’est l’autre ».
Voulant sans doute faire oublier le pacte germano-soviétique entre Ribbentrop
(ministre des affaires étrangères d’Hitler) et Molotov (chef du gouvernement de
l’URSS sous Staline), le président russe Poutine produit ces dernières semaines
des discours incendiaires contre la Pologne qui aurait joué un rôle dans le
déclenchement de la IIème guerre mondiale. Rappelons que le pacte précité
permettait à l’Allemagne et à la Russie de se partager la Pologne, ce qui fut
fait avec force massacres des forces occupantes qui voulaient l’une comme
l’autre rayer le pays de la carte en l’annexant aux leurs. C’est d’ailleurs l’invasion
nazie de la Pologne le 1er septembre 1939 qui a déclenché la
déclaration de guerre de la France et de la Grande-Bretagne contre l’Allemagne.
Deux semaines plus tard l’URSS prenait sa part du gâteau et envahissait la
Pologne par l’est. On comprend que depuis ces évènements la relation entre
Varsovie et Moscou soit méfiante.
La Pologne de son côté a présenté une loi interdisant de
mentionner tout antisémitisme d’Etat durant la période de la guerre, ce qui a
provoqué un peu d’émotion en Israël et ailleurs… Le président polonais a été
« interdit » de parole lors des commémorations en Israël et a
déclaré :
« Comment est-il possible que ceux qui parlent soient les présidents d’Allemagne, de Russie et de France, dont les gouvernements envoyaient alors des gens, des juifs, dans les camps de concentration »,
tout en ajoutant que l’Etat polonais n’avait jamais
collaboré avec les nazis, ce qui n’est pas faux mais ce bon exemple ne fut pas
suivi par un certain nombre de citoyens et d’organisations polonais.
C’est le grand jeu de jouer sur la subtilité entre l’action
des Etats et celle de leurs citoyens. La France y a joué durant longtemps en
ânonnant que « le gouvernement de Vichy n’était pas la France »
jusqu’au discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac en 1995 qui convint que l’Etat
français avait collaboré avec les nazis. Il fallut donc attendre 60 ans avant
qu’un politique admette officiellement ce que les historiens avaient documenté
depuis des années, ainsi que les collaborations et dénonciations individuelles.
Aujourd’hui on assiste un peu au mouvement inverse : la
politique s’évertue à défaire ce que les historiens ont démontré.
La Russie continue par ailleurs à atténuer l’ampleur des
répressions staliniennes en voulant échapper à la parité de la barbarie entre
nazisme et stalinisme. Moscou fait ami-ami avec Israël sur le socle d’intérêts
communs au Proche-Orient et de nombreux citoyens israéliens russophones et
laïques.
Bref, chacun se refile la responsabilité de l’antisémitisme
des années 30/40 qui aboutit à la Shoah. La réalité, hélas, est bien plus sombre
et beaucoup de nos pays européens et eurasiatiques furent profondément et
durablement antisémites, de Moscou à Paris, de Berlin à Varsovie, en passant
par l’Ukraine et les pays baltes. Les pogroms anti-juifs avaient d’ailleurs
largement commencé en Europe de l’Est et en Russie au début du XXème siècle
sans attendre Hitler et l’idéologie nazi. Il est troublant de voir du personnel
politique s’emparer aujourd’hui de l’Histoire tragique de notre XXème siècle.
Ce n’est jamais pour de bonnes raisons. Ils feraient mieux de laisser
l’Histoire aux historiens et de s’occuper de la gestion des Etats aux têtes
desquels ils ont été élus et où ils ont assez à faire.
Situé au bord d’un petit lac, l’Etang Neuf, dans le pays au sud de Guingamp, ce petit musée est consacré à la résistance de ce petit coin de Bretagne durant la IIème guerre mondiale. Y sont évoqués les différents réseaux qui ont animé la lutte contre l’occupant allemand au cours de ces années sombres, notamment le réseau Shelburn qui fait l’objet actuellement d’un film long métrage dans les salles « Le Réseau Shelburn » de Nicolas Guillou. Ce réseau gérait la dernière étape de l’exfiltration des aviateurs alliés abattus lors des raids contre la France. Après leur regroupement à Paris, la résistance parisienne les acheminait à Saint-Brieuc ou à Guingamp où ils étaient pris en charge par le réseau Shelburn qui les remettait ensuite à des vedettes britanniques venues les chercher sur la côte bretonne.
Il y eut aussi la bataille du maquis Coat-Mallouen créé en
juillet 1944 sous les ordres du lieutenant Robert, originaire du Morbihan,
parachuté après le débarquement de Normandie. Le 27 juillet les allemands
attaquèrent les maquisards dans le bois de Coat-Mallouen où ils étaient
installés, mais ne parvinrent pas à les réduire, malgré de nombreux morts des
deux côtés. Les maquisards participèrent à la libération de Guingamp le
7 août.
Une exposition de l’artiste Sophie Zénon montre photographies et vidéos composées par cette artiste et centrées sur ce maquis, au moyen notamment du retraitement des images d’un film de fiction tourné à la Libération en 1945 :
La collecte de documents et de récits est toujours ouverte
et, en ce dimanche après-midi, un septuagénaire déploie sur la table d’accueil
les insignes de FFI de sa mère née en 1925, résistante à 17 ans. Bien qu’atteinte
aujourd’hui de la maladie d’Alzheimer, elle se souvient de cette période de sa
vie que son fils vient consigner dans les archives du musée.
Le musée évoque très rapidement la collaboration des
certains bretons indépendantistes à qui les nazis avait fait miroiter leur
autonomie en cas de victoire, le peuple celte étant plutôt bien considéré dans
la sinistre hiérarchie des races qui structurait l’idéologie nazie.
Un petit musée régional au milieu de nulle part, au bord d’un
lac avec son association de pêcheurs et son bistrot où l’on peut se remonter le
moral en sortant !
Ça y est ! Enfin. Le Royaume-Uni est arrivé à se décider
et son parlement a voté le texte de séparation de l’Union européenne, plus de
trois ans après le référendum ayant voté le « leave ». Ce furent d’interminables
semaines d’atermoiements, de batailles politiques, d’indécision et, finalement,
d’exaspération de la population quel qu’ait été son vote de 2016. La décision
était prise, il fallait la mettre en œuvre. C’est ce qui a été fait.
Bien malin aujourd’hui qui est capable de prédire ce que
donnera le nouvel attelage Royaume-Uni souverain – Union européenne ! La redéfinition
des liens entre ces deux entités a débuté, rendez-vous dans dix ans pour
commencer à y voir plus clair.
Anne de Bretagne (1477-1514) a hanté et aménagé ce château
nantais, recyclé en musée de la ville de Nantes. Anne y tient sa place bien
entendu, elle qui fut à l’origine de l’union de la Bretagne à la France en 1532,
bien que son personnage soit aussi mis en avant pour illustrer la défense du
duché face aux appétits de la France. Querelle d’historiens et de politiques !
Après moulte fiançailles et mariages avec les cours d’Europe, elle devient deux
fois reine de France et, aux termes de contrats de mariage complexes avec Charles
VIII, puis Louis XII, la Bretagne devient française ce que très peu de gens
contestent aujourd’hui. Anne est enterrée à la cathédrale Saint-Denis avec
Louis XII, où elle fut la première reine de France à y être couronnée.
Les salles du château retracent la chronologie de la ville
de Nantes, d’Anne à l’époque contemporaine. Une place significative est réservée
à la période où la ville était le premier port négrier français lors du
commerce « triangulaire » des esclaves au XVIII et XIXème siècles.
Des rappels historiques qui méritent d’être faits. Compte tenu de ce passé
nauséabond, un mémorial de l’abolition de l’esclavage a été érigé en 2012.
Dans les espaces consacrés au développement industriel au XIXème, on se souvient que les biscuits « LU » furent une magnifique aventure industrielle nantaise avant de passer sous pavillon américain dans les années 2000. Il y a aussi la période révolutionnaire, les guerres du XXème siècle, le rapport à et l’aménagement de la Loire, de la construction navale, bref, une ville française à travers les siècles.
Sortie : 1951, Chez : Editions Gallimard / Le Livre de Poche 1332-1333
Roger Nimier (1925-1962) est un écrivain précoce post-deuxième guerre mondiale, critique littéraire, scénariste de cinéma (notamment pour Louis Malle), éditeur courageux, il défend les œuvres de Céline, Maurras, Brasillach, Morand à une époque où ils étaient condamnés par tous…
« Les enfants tristes » est son troisième roman publié en 1951 qui raconte les déambulations d’un jeune homme issu de la bourgeoisie, qui grandit avec son époque de l’entre-deux guerres aux années 50′. Olivier Malentraide traîne sa morgue à travers une société dont il voudrait s’extraire par ses qualités d’écrivain. La guerre de 39/45 lui offre l’occasion de bouleverser l’ordinaire de sa vie et l’ennui de son existence dont il reprendra le cours ordinaire à son retour à une vie civile, voire civilisée, partagée entre la séduction des femmes dans les salons et les émotions littéraires intérieures. Il y a sans doute beaucoup de l’auteur dans ce personnage.
Nimier développe le style des écrivains de cette époque : précis et un peu désabusé , inutile mais plutôt brillant.
« Les amitiés ne sont jamais que des rencontres de fantômes. Chacun n’est qu’un enfant solitaire qui tient, à dix ans de distance, les ficelles d’une marionnette brillante. Ces pantins peuvent se saluer, s’embrasser, croire que tout est arrivé. Inutile. Rien n’a beaucoup changé. On est seul. »
Il refuse manifestement l’utilisation des anglicismes et parle de : foutebôle, coquetelle, fleurt, poulover, piceupe… Son roman est ponctué d’accidents de voiture et d’avion. Il décède le 28 septembre 1962 au volant de son Aston-Martin. Une fin très… Nimier. Sa fille Marie a repris le flambeau littéraire et écrit des romans, des scénarii et des chansons.
A l’occasion d’une chamaillerie entre les services de sécurité israéliens et leurs alter-egos français qui encadraient une visite du président de la République française dans le vieux Jérusalem-est, on apprend que la France détient quatre territoires abritant des édifices religieux dans cette ville. Ce sont non seulement des bâtiments français mais des territoires de la France, gérés par le consul de France. Le plus souvent ces minuscules parcelles sur un territoire étranger ont été données à ou achetées par Paris au XIXème siècle, la France se sentant sans doute légitime à les détenir comme actrice des lointaines et sauvages croisades menées en ces lieux au nom de Dieu. Les différents traités et accords dans la région n’ont jamais remis en cause cette « souveraineté » française sur ces sites chrétiens, de l’empire ottoman à l’autorité palestinienne en passant par la création d’Israël.
Evidemment, le citoyen-contribuable français se demande s’il
est vraiment nécessaire au XXIème siècle que la République entretienne encore
des colonies, qui plus est religieuses, dans cette région du monde toujours à
feu et à sang ? La raison voudrait que Paris abandonne cette souveraineté
et la remette aux autorités locales, ce qui risque d’être complexe compte tenu
du statut toujours mouvant de cette ville, mais mérite véritablement d’être
mené à bien.
Waad Al-Kateab est une jeune étudiante syrienne installée à
Alep pour y suivre des études d’économie après avoir renoncé à une carrière de
journaliste, métier trop dangereux dans une dictature. De 2011 à 2016 elle
filme d’abord le soulèvement étudiant lors de « la révolution », puis
les combats et la reprise de la ville par le régime et ses alliés, russes
notamment. Durant la guerre elle publie ses chroniques sur Youtube qui sont
suivies dans le monde entier. Réinstallée au Royaume-Uni après la reddition de
la ville elle les monte avec le documentariste Edward Watts pour un faire un
film qui reçoit différents prix et un accueil enthousiaste de toute la
profession.
A travers son quotidien, de plus en plus difficile, elle retranscrit le drame du siège de la ville, vécu de l’intérieur, car après l’enthousiasme de la rébellion étudiante voulant mettre à bas la famille Assad qui tient le pays d’une main de fer depuis 1970, la dure réalité de la guerre civile urbaine lui succède. Waad tombe amoureuse et se marie avec Hamza un médecin qui anime un hôpital dans les quartiers assiégés. C’est surtout depuis cet hôpital que l’on suit les évènements. Ils ont une petite fille, Sama, qui apparaît dans ce chaos ; le film lui est dédié car Waad a voulu lui expliquer pourquoi et pour quels idéaux ses parents sont restés au cœur de la tourmente, au risque de leurs vies. Le scénario alterne entre les images paisibles de Sama souriant dans la chambre qu’elle occupe avec ses parents, le bruit du canon au loin, et les images terribles de blessés qui arrivent en masse à l’hôpital. Jeune maman, Waad insiste sur le sort des enfants civils montrant des moments poignants de gamins morts ou gravement blessés. Le spectateur a souvent le cœur au bord des lèvres et les yeux humides devant une telle boucherie.
Les forces du régime ont pris l’habitude de bombarder les
hôpitaux pour décourager la population et la pousser à fuir les quartiers
rebelles. Hamza devra réinstaller son hôpital dans un autre endroit après sa
destruction. Entre deux opérations chirurgicales il commente lui aussi les
évènements via WhatsApp sur les
chaînes d’information du monde entier assistant impuissant au siège d’Alep.
Progressivement tous les quartiers tombent et, lorsque les chars du régime sont
dans la rue du dernier hôpital du dernier quartier non soumis, les forces
russes transmettent un message aux derniers assiégés par l’intermédiaire de l’ONU
leur proposant la reddition et l’évacuation de la ville par les civils et les
milices vers la province d’Idleb[1].
La mort dans l’âme, Waad (qui est de nouveau enceinte), Sama et Hamza évacuent
leur quartier en janvier 2017 dans d’interminables convois, sans être
interceptés lors des contrôles alors que leurs visages sont déjà très connus
pour avoir tenu le monde informé au jour le jour de la bataille d’Alep. Les
images de la ville rappellent celles de Stalingrad !
Le film ne fait pas de politique même si sa réalisatrice est clairement dans le camp anti-régime. Il ne parle pas des improbables coalitions montées d’un côté comme de l’autre, des massacres initiés de toutes parts. Il y a tout le Moyen-Orient et la Russie actifs sur le front (la coalition occidentale anti-Etat islamique n’est pas à l’œuvre dans cette ville) : le régime Assad, l’Iran, le Liban, la Turquie, les Emirats arabes, les milices des groupes l’Etat islamique et Al-Qaïda et bien d’autres… Les alliances se font et se défont, tout le monde tire sur tout monde avec des armes plus ou moins sophistiquées, plus ou moins hétéroclites… et les civils trinquent. La ville est détruite à 40%. C’est le propre d’une guerre civile, hélas ! Tout n’est pas sans doute pas fini, il faudra reconstruire, les civils évacués ont juré de revenir un jour, la réconciliation est impossible ; la famille Assad et son armée vont probablement geler la situation à défaut de pouvoir la faire évoluer. La dictature ne peut que refermer le couvercle sur la marmite bouillonnante. La démocratie est un leurre pour le moment. On reparlera de la Syrie pour encore plusieurs générations.
Après « Eau Argentée » sorti en 2014 sur le siège d’Homs « Pour Sama » suit le même principe : témoigner de la barbarie humaine. Des documentaires qui dérangent.
[1]
Où se déroulent actuellement des combats pour la reprise de cette région par
les forces pro-régime.
Descente chez Darty pour remplacer le tuner de ma grand-mère qui me permet d’écouter la radio sur ma chaîne hi-fi : consternation du vendeur qui m’explique que très peu de fabricants continuent à produire ce type d’appareil et que, bien entendu, il n’y a rien en stock, il faut commander. En gros, les jeunes rivés à leurs aïe-phones, (i) n’écoutent plus la radio et (ii) quand ils le font, utilisent leurs smartphones et non pas cet outil antédiluvien qu’est le tuner.
Qu’importe, en hommage à ma grand-mère, je commande un nouveau
tuner qui me sera livré la semaine prochaine.
Sortie : 1979, Chez : Robert Laffont – Opera Mundi & J’AI LU 1202.
La suite du « Palanquin des Larmes« , Chow Ching Lie quitte Hong Kong, ses deux enfants et sa famille pour venir suivre les cours de piano de l’Académie Marguerite Long à Paris. Munie de peu de moyens, elle n’évite pas de se faire happer par des gens plus ou moins fréquentables de la communauté chinoise locale. Elle va même se remarier avec l’un d’eux par dépit (?) ce qui provoque le rejet de sa famille chinoise car très contraire aux traditions locales s’agissant d’une veuve.
Une fois primée (1er prix) par l’Académie Long, il faut bien vivre et chercher à devenir indépendante d’un mari dictateur alors elle se lance dans le commerce d’objets chinois importés pour, enfin, pouvoir accueillir ses deux enfants avec elle à Paris.
Quelques voyages en Chine en pleine révolution culturelle maoïste lui font comprendre qu’une partie de sa famille a eut à souffrir de son fait puisqu’elle était considérée par les gardes rouges comme une social-traître à la solde des capitalistes…
Et puis la musique la reprendra et elle se lance dans le projet de monter le Concerto du fleuve jaune au théâtre des Champs Elysées avec un orchestre, ce qu’elle fera le 01/12/1973 avec dans l’assistance, une délégation de l’ambassade de Chine populaire. Ce deuxième épisode de la vie de cette chinoise recyclée en Europe est un peu moins intéressant que le Palanquin des Larmes car finalement son combat pour la survie à Paris est moins exceptionnel que celui de sa jeunesse à l’époque de la Grande Marche, question d’environnement sans doute. Elle a d’ailleurs moins de choses à raconter et dérive régulièrement vers la narration de longues légendes chinoises. Qu’importe, son parcours reste incroyable et ses sentiments à l’égard de son pays natal mitigés. Profondément chinoise et boudhiste, elle porte un jugement indécis sur le maoïsme qui, au-delà de ses dérives autoritaires qu’elle n’a pas vécues en direct, a sorti son pays du moyen-âge. Le Concerto du fleuve jaune est d’ailleurs une œuvre écrite par Shi Shin Haï durant la révolution culturelle plus ou moins à la gloire de celle-ci. Elle se serait réinstallée à Shanghai a ville natale où vivent ses deux enfants qui ont fait leurs études entre Londres et Paris. Quel parcours !
Carlos Ghosn, 65 ans, ex-pédégé de constructeurs
automobiles, recherché par la justice japonaise pour délinquance financière,
réfugié au Liban dont il détient la nationalité en plus de celles de la France
et du Brésil, a fait organiser une conférence de presse à Beyrouth pour
expliquer pourquoi il a fui Tokyo où il était sous contrôle judiciaire. Il a
défendu sa position devant un parterre de journalistes triés sur le volet. Il
n’est pas sûr que la justice japonaise ait apprécié le show auto-justificateur…
Plus intéressant, il a saisi l’occasion pour taper sur tout
le monde et, notamment, accuser ses successeurs d’incompétence en insistant sur
oh combien les groupes Renault-Nissan-Mitsubishi se portaient bien lorsqu’il
les dirigeait et oh combien ils sont en perte de vitesse depuis qu’il n’est
plus aux commandes. Il a prédit que l’alliance Renault-Nissan serait en sursis.
Il serait sans doute plus judicieux qu’il se préoccupe maintenant
de son propre sort plutôt que de tirer des plans sur la comète sur l’avenir des
entreprises qu’il dirigeait et qui l’accusent de détournement de fonds. Il
serait plus responsable de ne pas clamer ces sornettes, devant des journalistes
avides de cancans, qui immanquablement agitent les cours de bourse et sont d’une
vulgarité à la hauteur du personnage, comme si l’avenir de ces entreprises ne
reposait que sur Super-Carlos, deus ex-machina de l’industrie automobile !
Les centaines de milliers d’employés de ces groupes, toujours au travail,
apprécieront…
La conférence de presse a été organisée par l’inénarrable
Anne Méaux, 65 ans, dont le site web affiche fièrement sur sa page de garde :
« Image 7 s’est lancé en 1988 sur des présupposés qui se sont révélés étonnamment modernes. Nous avons parié sur la liberté, l’indépendance, l’absence de hiérarchie, l’intelligence collective et nous disons non aux silos. […] Plus le monde se complexifie, plus on a besoin « d’honnêtes hommes », qui, par leur culture, leur compréhension de la société et de ses transformations, vont aider les chefs d’entreprise à remettre les choses dans leur contexte et à hiérarchiser les problèmes. »
Une autre grève se déroule en France depuis des semaines et
qui ne concerne pas le projet de réforme des retraites mais un simple plan de
restructuration incluant une réorganisation du groupe de radios publiques, une
baisse des dépenses de 60 millions d’euros (sur un budget total dans les
~600 millions) et une baisse de 300 personnes (sur un effectif total de ~4 500).
Des négociations sont en cours entre syndicats et direction mais chacun campe
sur ses positions. La grève se traduit par la non-diffusion de nombre d’émission
remplacées par des playlists.
Le groupe Radio-France est financé par une redevance payée
par les citoyens avec leurs impôts locaux. Il n’est pas prévu à ce stade de
rembourser une partie de cette taxe aux contribuables. Comme toutes les
entreprises, Radio-France doit se restructurer pour s’adapter. Comme toutes les
entreprises publiques, Radio-France doit faire des efforts de productivité pour
une utilisation optimisée de l’argent des contribuables.
Evidement, comme bien d’autres services publics, il y a certainement
matière à réduire la voilure. Radio-France maintient deux orchestres symphoniques,
est-ce la vocation d’une radio publique de produire de la musique classique ou
ne doit-elle pas se limiter à diffuser celle qui existe par ailleurs ? Si
la réponse est « oui » à la première question, a-t-on besoin de deux
orchestres pour ce faire ? Et il y a sûrement bien d’autres domaines d’activités
du groupe Radio-France où l’on peut se poser des questions similaires. Si la
réponse est que tout est nécessaire, à ce moment il fait financer et se retourner
vers les contribuables soit on est capable de réduire la voilure soit il faut
augmenter ses impôts ou aller prendre l’argent d’un autre poste pour le
transférer sur le budget de Radio-France. Les radios publiques sont déjà
envahies de publicités commerciales ou institutionnelles abrutissantes pour
compenser la baisse des ressources publiques.
Les syndicats rabâchent les mêmes illusions :
On défend un financement correct du service public de radio qui puisse nous permettre de continuer à faire des productions de qualité.
Evidement tout irait mieux si l’on pouvait traire indéfiniment
le contribuable, mais ce n’est pas le cas et celui-ci se révolte. Tout le monde
réclame des sous : les hôpitaux, les forces de sécurité, les étudiants,
les paysans… Mais le contribuable est aussi un citoyen qui bénéficie de la
redistribution de la République. La France reste embourbée dans cette
contradiction qui fait s’opposer le citoyen-bénéficiaire au citoyen-contribuable.
En attendant, la grève ne gêne que les auditeurs,
généralement âgés ou tendant à le devenir, elle risque de durer encore un
moment…
Carlos Ghosn, dirigeant d’entreprise, a fui la justice
japonaise qui l’avait placé sous contrôle judiciaire pour rejoindre
illégalement le Liban, l’un des trois pays dont il détient le passeport, en
plus de la France et du Brésil.
Carles Puigdemont, élu espagnol, a fui son pays pour se
réfugier à Bruxelles, sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour
sédition. Il a néanmoins été élu député européen lors des dernières élections
et bénéficie ainsi d’une immunité parlementaire.
Carlos et Carles fuient la justice et s’en sortent pas trop mal. C’est semble-t-il une nouvelle confirmation de ce que disait Snoopy (ou Francis Blanche, on ne sait plus trop) : « dans la vie il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade. »
Sur cette table Honoré de Balzac a écrit et corrigé toute la
Comédie Humaine de 1840 à 1847. Il
est installé dans une petite pièce modeste d’une maison de Passy (rue
Raynouard) qui a l’époque était un village éloigné de Paris. Durant cette
période, Balzac a loué un appartement de la maison de service d’un hôtel
particulier qui a été détruit depuis. Le musée occupe cette dépendance et
retrace l’atmosphère dans laquelle l’auteur a composé son œuvre majeure. Une
exposition temporaire de Grandville est présentée en ce moment. Ce
dessinateur-caricaturiste, proche de Balzac, a illustré certaines de ses créations.
Il a surtout croqué la société que Balzac décrivait dans sa littérature. Les
deux firent la paire pour nous laisser une fascinante plongée dans le mitan de
ce XIXème siècle.
Cette petite table de travail sur laquelle furent écrites
tant de grandes choses est émouvante. Ce musée parisien nous rappelle le
parcours du grand écrivain. Il vaut le déplacement !
Après s’être opposée en octobre 2019 à l’ouverture des négociations
d’entrée dans l’Union européenne de l’Albanie et de la Macédoine du Nord, seule
contre ses 27 partenaires, la France s’apprête à céder, comme c’était
prévisible compte tenu de son isolement sur ce dossier. Elle obtiendrait en
échange une réforme du processus d’adhésion, sorte de hochet distribué à Paris
pour prix de sa compromission.
L’adhésion de ces deux pays n’est pas encore actée et lesdites
négociations si elles sont ouvertes par le prochain conseil européen de mai 2020
vont prendre des années. Il n’en reste pas moins que faire adhérer l’Albanie et
la Macédoine est une hérésie technique et politique pour une Union européenne
déjà paralysée dans ses décisions face aux intérêts tellement divergents de ses
28 membres. Affecter les sous des contribuables européens au financement de la
mise à niveau économique et politique de ces pays est souhaitable. En revanche,
les intégrer immédiatement avant leur mise à niveau sera un évident facteur de
difficultés et, très probablement, de rejet par leurs populations.
Le Royaume-Uni qui aura quitté l’Union le 31 janvier
prochain doit se frotter les mains face à cette nouvelle étape dans l’affaiblissement
de l’Europe, d’autant plus que les prochains candidats sont la Serbie, le
Kosovo (un « pays » qui n’est pas reconnu par l’ONU), la Bosnie-Herzégovine
et le Monténégro… Essayez d’imaginer le conseil européen avec Serbie, Albanie
et Kosovo autour de la table ! Vous n’y arrivez pas ? C’est normal,
la dernière fois que l’on a essayé il a fallu envoyer les F16 sur Belgrade pour
calmer l’ardeur des combattants…
Des incendies de forêt gigantesques dévastent l’Australie
depuis plusieurs moins. Ils semblent hors de contrôle et le pays attend la fin
de la sécheresse estivale, ou d’éventuelles pluies, pour mettre fin au désastre
qui pour le moment a fait une trentaine de morts et ravagé des millions d’hectares.
Ce drame écologique et humain suscite actuellement quelques
remous politiques dans l’île-continent dirigée par un gouvernement libéral
minoritaire dont le premier ministre Scott Morrison est voué aux gémonies lorsqu’il
visite les régions sinistrées. Alors que les élections fédérales de
mai 2019 ont donné la majorité à une coalition emmenée par le parti
libéral, la nomination de M. Morrison n’est survenue que par suite de la
mise en minorité de son prédécesseur issu du même parti libéral et qui voulait…
respecter les engagements de son pays dans les accords internationaux écologiques
dits « de Paris ». Considéré comme un « gauchiste » du fait
de son soutien au mariage homosexuel et aux accords précités, M. Turnbull
a été évacué par les députés qui ont élu M. Morrison pour le remplacer
comme chef du parti libéral et donc premier ministre. Ce dernier n’est pas un
perdreau de l’année : chrétien évangélique, il est passé par différents
postes gouvernementaux, plutôt tendance « manif pour tous » que « mariage
pour tous », il est un défenseur de l’industrie minière australienne (une des
principales ressources du continent), etc. Ses convictions de droite et son
opinion climatosceptique sont affirmées et connues !
En Australie comme dans bien d’autres pays, les citoyens
votent pour des dirigeants sans lire leurs programmes électoraux ni trop s’intéresser
aux campagnes. Les voici donc engagés pour la durée du mandat qu’ils ont donné
à leurs élus, soit trois années à compter de mai 2019. S’ils ne sont pas
contents des gens qu’ils ont élus, eh bien il suffit de voter pour d’autres aux
prochaines élections qui devraient intervenir au plus tard en mai 2022. Il
doit bien exister une procédure pour provoquer des élections anticipées qui
peut sans doute être activée sous certaines conditions. Il est probable qu’une
fois les incendies éteints le débat sera chaud en Australie sur le sujet du changement
climatique, il sera alors temps de s’inspirer de ses conclusions pour faire
évoluer le vote si besoin.
L’ex-dirigeant des groupes automobiles Renault et Nissan, sous
contrôle judiciaire au Japon depuis un an pour de sombres histoires de détournement
de fonds au détriment de ses employeurs, non déclaration de certains revenus et
autres joyeusetés du même acabit, a quitté illégalement le Japon pour fuir au
Liban, l’un des trois pays dont il détient la nationalité avec le Brésil et la
France. Il va sans doute devoir y rester un moment car il est désormais l’objet
d’un mandat d’arrêt international émis par la justice japonaise. On saura un
jour si les accusations portées contre lui sont fondées ou non. Mais le plus
important dans cette affaire n’est pas tant son volet illégal que son aspect
légal : comment un mandataire social, fût-il un dirigeant efficace, a pu
accumuler de tels revenus octroyés légalement par ses actionnaires ?
Il est en effet confirmé qu’outre sa rémunération annuelle
de l’ordre de 17 millions d’euros il est bénéficiaire de retraites
complémentaires, à verser jusqu’à sa mort par les groupes qu’il dirigeait, s’élevant
à un total de plusieurs dizaines de millions d’euros. Ces montagnes d’argent
ont été octroyées « normalement » et semblent être légales ; et
c’est bien là une grande partie du problème. Avec de telles rémunérations on
attise la rapacité de dirigeants-employés qui deviennent des accumulateurs
compulsifs. Il n’y a rien qui puisse justifier des sommes aussi démesurées
versées à un seul individu par une entreprise.
C’est l’un des travers du monde capitaliste qui devra un jour l’examiner de près car il est contre-productif. L’ex-dirigeant en fuite en est l’un des avatars, il n’est sans doute pas pire qu’un autre, il est juste l’un de ces forbans qui trustent les places de capitaines des grandes multinationales et dont la plus grande réussite consiste d’abord à faire croire à des actionnaires qu’ils sont irremplaçables.
Cerise sur le gâteau : il semble que l’appartement qu’il occupe actuellement à Beyrouth soit l’un des logements fastueux achetés par Nissan dans différentes capitales afin que son dirigeant puisse y séjourner au cours de ses voyages. N’étant plus le patron de Nissan il ne devrait théoriquement pas pouvoir résider dans cet appartement. Encore un mystère de cette affaire de peu d’intérêt.
Artiste-novateur au génie reconnu et vénéré, Léonard de Vinci
est exposé au Louvre, cinq siècles après son décès, via une rétrospective de quelques tableaux (mais le peintre n’en a
produit qu’une quinzaine) et, surtout, de beaucoup de dessins ou d’esquisses détaillant
les étapes du processus créatif du peintre. On y voit le galbe d’un pied ou la
courbe d’une épaule reproduits à l’infini sur des dessins avant d’aboutir sur
le tableau final peint par Vinci ou par ses élèves sous son inspiration.
On découvre également des visions extraites par infrarouge des dessins sur lesquels la peinture définitive a été apposées. On passe devant des livres écrits ou annotés par le Maître. A défaut de nombreux tableaux de Vinci, la Joconde n’a pas été déplacée dans les salles de cette exposition, on ressort du Louvre avec une meilleure appréhension de la complexité du travail de Vinci, mêlant un investissement continu dans les sciences, la géométrie, la compréhension de l’espace, pour déboucher sur la création artistique. Le parcours d’un homme de valeur.