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  • Abrutissement et communautarisme sportifs

    A la suite de la victoire de leur Ă©quipe de fouteballe dans une compĂ©tition internationale de baballe des supporters se rĂ©pandent dans Paris, bloquent le pĂ©riphĂ©rique, dĂ©truisent et pillent des magasins de moto sur l’avenue de la Grande ArmĂ©e. Cela devient dĂ©sormais un rituel, pour exister il faut casser quelque chose chez le voisin, le piller au passage lorsque cela se prĂ©sente. L’intĂ©rĂȘt particulier des uns n’est considĂ©rĂ© comme comblĂ© que si celui de la majoritĂ© des autres est dĂ©vastĂ©. C’est devenu un mode de fonctionnement dans la RĂ©publique.

    ElĂ©ment de contexte, la compĂ©tition de foute en question est une coupe d’Afrique, l’équipe fĂȘtĂ©e est celle d’AlgĂ©rie et c’est lĂ  que les choses s’enveniment. PremiĂšre (bonne) nouvelle : un supporter de l’équipe d’AlgĂ©rie est une personne ni plus ni moins navrante que son alter-ego de l’équipe de France, un ĂȘtre dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© dont la joie ou la peine ne peuvent s’exprimer qu’au dĂ©triment de son prochain. DeuxiĂšme nouvelle (moins bonne) : le syndrome franco-algĂ©rien toujours prĂ©sent aggrave les effets de l’incivisme. Les supporters hooligans se drapent dans
 des drapeaux algĂ©riens ce qui a tendance Ă  provoquer un lĂ©ger agacement chez une partie de la population, sans parler des partis politiques conservateurs. Ces comportements communautaires sont Ă  tout le moins maladroits, chaque drapeau algĂ©rien agitĂ© provoque Ă  coup sĂ»r des votes supplĂ©mentaires en faveur de l’extrĂȘme droite et de ses messages simplistes.

    Du bon sens et de la modĂ©ration devraient amener ces supporters Ă  un peu plus de discrĂ©tion, peut-ĂȘtre en dĂ©ployant un peu moins de drapeaux algĂ©riens ? Ces qualitĂ©s sont, hĂ©las, assez peu partagĂ©es dans le monde de la baballe, la relation franco-algĂ©rienne Ă  fleur de peau fait le reste en jetant du sel sur des plaies jamais complĂštement cicatrisĂ©es de la guerre coloniale qui a opposĂ© ces deux pays. Les descendants de ces combattants qui ont vaincu leur puissance coloniale se croient beaucoup permis dans ladite puissance qui, le plus souvent, a octroyĂ© sa nationalitĂ© Ă  leurs parents. Et c’est lĂ  toute l’ambiguĂŻtĂ© de la relation entre ces deux nations : des millions de français d’origine algĂ©rienne vivent dans le pays qui a asservi leurs ancĂȘtres. Il y a pour certains la volontĂ© plus ou moins consciente d’une revanche Ă  prendre, d’une dette Ă  faire payer, mĂȘme aprĂšs tout ce temps passĂ©. La gĂ©nĂ©ration qui a fait et vĂ©cu cette guerre est en train de s’éteindre doucement des deux cĂŽtĂ©s ; gageons qu’une fois complĂštement disparue les tensions diminueront peu Ă  peu. Les gouvernements algĂ©rien et français ne rĂ©ussissent toujours pas Ă  partager une relation politique apaisĂ©e, les prises de bec sont frĂ©quentes, souvent sur des dĂ©tails de protocole, mĂȘme si la coopĂ©ration sur le fond est excellente. Comment imaginer alors qu’il puisse en ĂȘtre autrement pour les citoyens ?

    Une partie significative de la population française a des origines au Sud de la MĂ©diterranĂ©e alors chaque Ă©vĂšnement dans ces pays riverains d’Afrique du Nord, heureux ou malheureux, a des rĂ©percussions dans l’hexagone. L’enthousiasme mĂ©diterranĂ©en ajoute l’exubĂ©rance et l’excĂšs que l’on voit dans les rues ces jours-ci. Une gĂ©nĂ©ration plus tĂŽt, la rĂ©conciliation franco-allemande s’est faite sur un mode plus froid, propre aux pays du Nord. Elle ne s’est pas traduite non plus par l’émigration significative d’une population vers le pays de l’autre. AprĂšs la derniĂšre guerre chacun a repris son dĂ©veloppement de son cĂŽtĂ©, menĂ© par deux dirigeants visionnaires : le GĂ©nĂ©ral de Gaulle et le Chancelier Adenauer. Peut-ĂȘtre l’AlgĂ©rie et la France ont-elles manquĂ© de visionnaires ces derniĂšres dĂ©cennies ?

  • Les dĂ©serteurs du FMI !

    Cabu – Charlie Hebdo 2011

    Une nouvelle fois un chef du Fonds monĂ©taire international (FMI) dĂ©serte son poste avant son terme et avec la mĂȘme nonchalance que nombre de ses prĂ©dĂ©cesseurs.

    • 2019, Christine Lagarde dĂ©missionne pour prendre un poste Ă  la Banque centrale europĂ©enne
    • 2011, Dominique Strauss-Kahn dĂ©missionne pour aller en prison
    • 2007, Rodrigo Rato dĂ©missionne pour prendre un poste dans une banque d’affaires (il finira en prison pour une affaire de corruption liĂ©e Ă  la faillite de la banque Bankia dont il Ă©tait le chef)
    • 1987, Jacques de la RosiĂšre dĂ©missionne pour prendre un poste Ă  Banque de France

    et sans doute d’autres encore auparavant.

    La lĂ©gĂšretĂ© avec laquelle ces apprentis-responsables dĂ©laissent les fonctions importantes qui leur sont confiĂ©es par la communautĂ© internationale, le plus souvent pour des maroquins qu’ils estiment plus en rapport avec leurs petits prestiges personnels, est confondante. Il est regrettable qu’au moins 3 français se soient lĂąchement dĂ©binĂ©s au milieu de leurs mandats, le cas de M. Strauss-Kahn est un peu particulier puisque c’est la police qui a mis fin Ă  ses activitĂ©s, mais le rĂ©sultat est le mĂȘme. Il est d’ailleurs probable que s’il n’avait pas Ă©tĂ© impliquĂ© dans un crime il aurait quand mĂȘme dĂ©missionnĂ© pour se prĂ©senter Ă  l’élection prĂ©sidentielle française de 2012. La police new-yorkaise a permis Ă  la RĂ©publique française d’éviter un tel naufrage.

    Il faudrait interdire aux Etats qui ont couvert de telles désertions de pouvoir représenter un nouveau candidat national pour au moins les deux mandats suivants.

  • IndĂ©cent !

    AprĂšs des annĂ©es de battage mĂ©diatique et judiciaire sur un sujet qui nĂ©cessiterait plutĂŽt rĂ©flexion et discrĂ©tion, « l’affaire Vincent Lambert » arrive Ă  son terme. Cet homme maintenu en Ă©tat vĂ©gĂ©tatif Ă  l’hĂŽpital depuis plus de dix ans, Ă  la suite d’un accident de la circulation, va bientĂŽt mourir dans le cadre de la procĂ©dure collĂ©giale de fin de vie prĂ©vue par la Loi de la RĂ©publique. Ce drame a Ă©tĂ© outrageusement mĂ©diatisĂ© par une famille incapable de s’entendre en son sein sur une dĂ©marche commune, les uns (ses parents), pour des motifs religieux, voulant le maintenir en vie assistĂ©e, les autres (menĂ©s par sa femme), dĂ©sirant mettre fin Ă  l’assistance, le corps mĂ©dical concluant que l’on se trouvait au stade de « l’obstination dĂ©raisonnable » et qu’il fallait maintenant accompagner sa fin de vie.

    Le principal intĂ©ressĂ© n’ayant pas rĂ©digĂ© ses derniĂšres volontĂ©s, la famille s’est Ă©charpĂ©e devant la justice et dans les mĂ©dias, souvent de façon indĂ©cente. On a mĂȘme entendu une partie avancer des mĂ©taphores footballistiques de trĂšs mauvais goĂ»t (la « remontada Â») lors d’un des Ă©niĂšmes rebondissements judiciaires. Durant ces dix annĂ©es de combat, personne n’a voulu cĂ©der, les uns assis sur la certitude de leur dogme religieux, les autres sur ce qu’ils croyaient savoir de la volontĂ© non formellement exprimĂ©e de Vincent Lambert. Mais nous sommes dans un pays de droit et la justice a parlĂ© en fonction de la Loi et non des convictions religieuses de certains, quelles qu’elles soient. Les parents religieux viennent d’ailleurs d’annoncer qu’ils renonçaient Ă  mener de nouvelles actions judiciaires, la possibilitĂ© de celles-ci Ă©tant d’ailleurs Ă©puisĂ©e.

    On mesure aisĂ©ment la douleur d’une mĂšre devant un tel dilemme : approuver la fin de son fils, mais comment avoir acceptĂ©, voir provoquĂ©, ce grand dĂ©ballage public sur lequel les mĂ©dias se sont prĂ©cipitĂ©s avec voracitĂ©. Comment n’avoir pas su limiter ce dĂ©bat Ă  l’intimitĂ© du cercle familial ou amical ? Notre Ă©poque est au voyeurisme et au nombrilisme mais la vie d’un fils n’aurait-elle pas mĂ©ritĂ© un peu plus de dĂ©cence ?

  • Un compte Suisse pour Raymond Barre

    L’ancien premier ministre de la RĂ©publique de 1976 Ă  1981 Raymond Barre, qualifiĂ© Ă  l’époque de « meilleur Ă©conomiste de France Â», dĂ©cĂ©dĂ© en 2007 avait quelques millions d’euros (on parle de 7) cachĂ©s en Suisse. La rĂ©vĂ©lation en a Ă©tĂ© faite par Le Canard EnchaĂźnĂ© qui explique que ses hĂ©ritiers ont dĂ©cidĂ© de rĂ©gler les impĂŽts et pĂ©nalitĂ©s nĂ©cessaire Ă  l’administration française afin de rĂ©gulariser cette somme frauduleuse. On ne sait pas Ă  ce stade quelle Ă©tait la source de revenus qui a permis d’accumuler ce pactole, sans doute pas les rĂ©munĂ©rations versĂ©es par la RĂ©publique Ă  ses serviteurs.

    Il s’est rendu cĂ©lĂšbre d’abord car c’est sous son rĂšgne que le dernier budget français a Ă©tĂ© votĂ© en Ă©quilibre soit il y a plus de 40 ans, depuis, la France dĂ©pense plus qu’elle ne gagne. Il avait aussi Ă©tĂ© l’auteur de quelques sorties de lĂ©gende notamment : un « si les Corses veulent leur indĂ©pendance, qu’ils la prennent Â», frappĂ© au coin du bon sens, mais d’autres saillies moins glorieuses, Ă  la toute fin de sa vie sur les juifs, ce qui prouve en tout cas que les hommes politiques ne devraient plus s’exprimer une fois leur retraite prise d’abord car ce qu’ils peuvent raconter n’intĂ©resse plus personne et ensuite parce que l’avancĂ©e de la vieillesse peut entraĂźner parfois des dĂ©rĂšglements fĂącheux dans le fonctionnement des neurones.

    Raymond Barre fraudeur ! C’est une mauvaise surprise pour nombre de citoyens, tout au moins ceux qui se souviennent encore de lui tant le personnage incarnait la rigueur et l’orthodoxie Ă©conomique. Il fut universitaire bien plus longtemps qu’homme politique et nombre d’étudiants en Ă©conomie ont planchĂ© sur ses Ă©crits. A priori cela ne l’a pas empĂȘchĂ© de se laisser tenter par l’attrait de l’argent et prendre le risque de la fraude. C’est une nouvelle certitude qui s’effondre, une illusion qui s’envole. Pour un amateur de sciences Ă©conomiques, apprendre que Raymond Barre Ă©tait fraudeur c’est un peu comme si Christine Boutin dĂ©couvrait que la vierge Marie n’était pas si vierge que ça ! Ça laisse pantois et un brin dĂ©couragĂ©.

  • AUSTER Paul, ‘4321’.

    Sortie : 2017, Chez : ACTES SUD.

    Un roman monumental de Paul Auster (mille pages) ou l’histoire d’un adolescent amĂ©ricain dans les annĂ©es 60 Ă  New-York et alentours ; nous sommes au mitan des annĂ©es 60, entre « summer of love » et assassinats des Kennedy et de Martin Luther King, des manifestations contre la guerre au Vietnam Ă  celles pour l’Ă©mancipation des noirs, des Black Panthers aux RĂ©publicains tendance Nixon. Le hĂ©ros du livre, Archie Fergusson, navigue entre ces Ă©vĂšnements, intĂšgre les concepts d’une Ă©poque qui en fut fertile, hĂ©site entre les orientations, alterne entre les amours, bref, dĂ©couvre la vie prĂ©-adulte. Il y a sĂ»rement beaucoup de Paul Auster dans cet adolescent tellement portĂ© sur la littĂ©rature et le cinĂ©ma.

    Le cĂŽtĂ© fantastique dans ce roman est sa structure : Auster raconte quatre scĂ©narios possibles pour les annĂ©es que nous traversons dans la vie d’Archie, chacun diffĂšre par ce qui arrive au hĂ©ros, non point par des options fondamentalement diffĂ©rentes mais par de petites touches qui marquent son entourage et ses choix. Nous sommes toujours au cƓur d’une famille juive new-yorkaise, issue de l’immigration d’un ancĂȘtre russe arrivĂ© Ă  Ellis Island le 1erjanvier 1900 et dont Archie reprĂ©sente la troisiĂšme gĂ©nĂ©ration dĂ©sormais intĂ©grĂ©e dans l’AmĂ©rique moyenne, mais l’auteur imagine quatre histoires possibles pour Archie et les siens, et ces quatre scĂ©narios s’entremĂȘlent dans la narration, chaque chapitre passant d’une vie Ă  une autre. Celles-ci sont globalement proches mais toujours diffĂ©rentes, on se perd un peu dans toutes ces vies qui s’entrechoquent, selon les cas le mĂȘme personnage fĂ©minin passera du statut d’amour infini Ă  celui de belle-sƓur confidente, Archie sera un apprenti-poĂšte neurasthĂ©nique ou un brillant Ă©tudiant, son pĂšre mourra accidentellement dans l’incendie de sa compagnie ou d’un arrĂȘt cardiaque sur un cours de tennis, etc.

    Mais il y a des constantes dans cette mosaĂŻque : la littĂ©rature tout d’abord dont Archie fait la dĂ©couverte avant de se lancer dans l’Ă©criture ou la traduction, le cinĂ©ma de la nouvelle vague française, la ville de New York et cette Histoire amĂ©ricaine si prolixe et tragique Ă  l’Ă©poque, les Ă©mois amoureux de l’adolescence


    Le cheminement du hĂ©ros Ă  travers ces obstacles et dĂ©couvertes est merveilleusement couchĂ© sur la papier par cet Ă©crivain d’exception dont la capacitĂ© Ă  dĂ©crire les petites choses de la vie est merveilleuse. Qui ne se retrouvera pas dans la narration des tourments de l’adolescence, de la difficultĂ© des relations avec les parents, de la dĂ©couverte des idĂ©es politiques
 ? La densitĂ© de l’Ă©criture ne laisse pas un moment de rĂ©pit tout au long de ces mille pages qui se dĂ©vorent comme un roman policier. Evidement le lecteur apprend Ă  la fin lequel des quatre Archie est le vrai, c’est l’Ă©crivain bien sĂ»r et le roman qu’il termine s’appelle « 4321 ». Merci Paul Auster !

  • Thom Yorke – 2019/07/07 – Paris la Philharmonie

    Thom Yorke – 2019/07/07 – Paris la Philharmonie

    Thom Yorke se produit avec Niger Godrich et Tarik Barri, animateur lumiĂšre et vidĂ©o, sur la scĂšne de la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris. Ils viennent de jouer au Festival Jazz de Montreux, Thom a composĂ© la musique du film Suspiria de Luca Guadagnino, une variation d’un film de Dario Argento
 Bref, l’artiste dĂ©sormais cinquantenaire est en pleine Ă©bullition, toujours Ă  l’affut d’innovation musicale, sautant d’un genre Ă  l’autre, fĂ©ru de musique contemporaine (Stockhausen, Pierre Henri) il remixe ces inspirations en mode Ă©lectro sur les scĂšnes du monde : Tomorrow’s Modern Boxes en est le dernier avatar

    DĂ©laissant pour un temps ses compĂšres de Radiohead, l’un des groupes phares de notre temps, il a (ils ont) depuis longtemps abandonnĂ© le format guitares-batterie pour investir d’autres univers, celui de l’électro notamment, mais sur un mode sophistiquĂ©, et mĂȘme intellectualisĂ©. Ce soir sur la scĂšne ordinateurs et machines composent trois blocs blancs, pour chacun des musiciens-ingĂ©nieurs, rĂ©partis devant un grand Ă©cran. Thom est habillĂ© de noir avec un pantacourt baggy et des baskets blanches, des cheveux en chignon et une barbe blanchissante de trois jours qui le font ressembler Ă  un pĂȘcheur de perles japonais. Il y a une bass et une guitare posĂ©es dans un coin, ainsi qu’un petit piano Ă©lectrique, ils en joueront Ă  l’occasion mais l’essentiel vient ce soir des machines et du chant de Yorke.

    Les sons Ă©lectroniques sont alternativement Ă©thĂ©rĂ©s et rythmĂ©s, contrairement Ă  la norme Ă©lectro on n’est pas Ă©crasĂ©s par un beat sourd mais au contraire portĂ©s par l’inspiration d’une musique hors du temps, illustrĂ©e par des images intergalactiques oĂč les symphonies de couleurs le disputent Ă  l’ordonnancement de dessins gĂ©omĂ©triques ou au contraire Ă  la confusion des images ! Ordre-dĂ©sordre, voilĂ  qui pourrait caractĂ©riser cette musique Ă©trange faite pour le rĂȘve vers lequel nous porte la personnalitĂ© charismatique de Thom Yorke Ă  la voix si particuliĂšre, planant vers le haut, rĂ©verbĂ©rĂ©e/rĂ©pĂ©tĂ©e Ă  l’infini par la technologie autant que nous guidant vers les graves profonds. Le son s’enroule autour de nous comme des volutes de fumĂ©e. Thom est souvent sur le devant de la scĂšne dansant, vivant, transmettant cette musique avec passion. L’atmosphĂšre dans le public est plutĂŽt recueillie alors que la musique est supposĂ©e ĂȘtre dansante mais l’audience se concentre pour se laisser pĂ©nĂ©trer par la musique et la voix de ce petit lutin fantastique, apĂŽtre du chaos, crĂ©ateur envoutant, Ă  l’incroyable inspiration de notes et de mots. Jusqu’oĂč ira-t-il ? Deux rappels ne suffiront pas Ă  Ă©tancher notre soif de nouveautĂ© et le trio repart sous un tonnerre d’applaudissements. Il se dit qu’un nouveau CD des Radiohead est sous presse.

    Cette longue mĂ©lopĂ©e technoĂŻde audiovisuelle laisse les spectateurs dans les limbes Ă©toilĂ©es. Il leur faudra se diriger prudemment vers la sortie pour retrouver leurs esprits sur les marches de la Philharmonie de Paris ; l’impression d’avoir voguĂ© Ă  travers les astres dans un enchantement des sens. Les fans d’origine de Radiohead espĂšrent quand mĂȘme que Thom Yorke ne va pas tuer Radiohead car la synthĂšse rĂ©alisĂ©e par ces cinq musiciens et leur producteur Nigel Godrich reste irremplaçable et les voir sur scĂšne est l’un des grands moments dans la vie des habituĂ©s des salles de concert.

  • Joe Jackson – 2019/07/02 – Paris la Cigale

    Joe Jackson – 2019/07/02 – Paris la Cigale

    Eh oui, voilĂ  donc quatre dĂ©cennies que Joe Jackson et sa bande animent notre bande-son. Look Sharp est sorti en 1979, son dernier disque Fool en 2019 et la tournĂ©e actuelle s’appelle Four decade tour ! Depuis quarante ans Joe est sur le pont d’oĂč il a produit quelques disques miracles de la New Wave du XXĂšme siĂšcle, mais aussi des divagations jazz et classique reposant sur son talent hors pair au piano et claviers. Alors ce soir qu’il a reformĂ© le Joe Jackson Band de ses dĂ©buts, sorti Fool qui montre que tout ce petit monde blanchi sous le harnais des scĂšnes du monde entier se tient toujours Ă  la pointe de la musique : nous sommes Ă©videmment Ă  la Cigale avec eux !

    Joe passera le show sagement assis derriĂšre ses claviers, habillĂ©s d’un costume bleu Ă©lectrique Ă  pochette, ses cheveux sont maintenant blancs peroxydĂ©s ! Il dĂ©marre sur le trĂšs beau et mystĂ©rieux Alchemy qui clĂŽt le disque Fool de ses mĂ©lancoliques mĂ©lodies

    
Close up on the lips
    Shiny shiny red
    Whispering
    What was that she said?
    A lightning flash
    A sudden silhouette
    « Who’s there? » – « A friend »
    A glowing cigarette


    Et puis entre les nouveautĂ©s 2019, le groupe retourne vers le passĂ©, alors l’audience Ă©mue rembobine l’histoire de ce quatuor de lĂ©gende qui fut aussi la sienne : One More Time, I’m the Man et bien d’autres extraits de cette flamboyante aventure du Joe Jackson Band. Sa voix n’a pas changĂ©, enthousiaste et vertigineuse, qui monte et qui rompt, si caractĂ©ristique ! Evidemment il n’atteint plus certains aigus qui sont maintenant remplacĂ©s par des solos de guitare de son guitariste, bonhomme, embonpoint-costume-cravate-casquette et qui n’a rien perdu de son brio. Le bassiste Graham Mabe continue ce soir de marquer cette musique de son beat caractĂ©ristique. Tout ce petit monde est rayonnant.

    Nous aurons mĂȘme en rappel la sublime version originelle de Steppin’ Out rejouĂ©e avec la boĂźte Ă  rythme historique que l’on reconnaĂźt d’ailleurs sur la photo intĂ©rieure de l’album de l’époque. Joe nous la montre comme une relique avant de la confier Ă  son batteur qui la connecte et lance le morceau. Sur le disque Night and Day Joe explique qu’il avait jouĂ© tous les instruments de ce morceau alors ce soir il rĂ©partit quelques instrumentaux de figuration Ă  ses musiciens mais l’essentiel est assurĂ© par sa voix, ses claviers et
 la boĂźte Ă  rythmes :

    
You
    Can dress in pink and blue just like a child
    And in a yellow taxi turn to me and smile
    We’ll be there in just a while
    If you follow me
    Me babe, steppin’ out
    Into the night


    Magnifique et émouvant concert de Joe Jackson ce soir qui promÚne son élégance toute britannique, son art musical, sa virtuosité aux claviers et une énergie jamais démentie. Il affiche toujours ce brin de folie musicale (Fool désigne le bouffon du roi). Quel talent de compositeur, quel sens de la mélodie et quel homme délicieux.

  • “Amazing Grace – Aretha Franklin”

    Amazing Grace, un superbe film de Sydney Pollack sur un enregistrement d’Aretha Franklin en 1972 dans une Ă©glise de la banlieue de Los Angeles. Quasi oubliĂ©, jamais terminĂ©, emberlificotĂ© dans des problĂšmes techniques (image et son mal synchronisĂ©s) puis de droits, la Diva refusant la publication Ă  la fin de sa vie, ce n’est qu’aprĂšs son dĂ©cĂšs l’étĂ© dernier et grĂące aux techniques modernes que le film a pu enfin ĂȘtre terminĂ© et, enfin, diffusĂ©. Le rĂ©sultat est unique !

    Aretha et son Ă©quipe avaient dĂ©cidĂ© d’enregistrer en live un disque reprenant les classiques du gospel dans cette petite Ă©glise de Watts. ElevĂ©e par un pĂšre pasteur de l’Eglise baptiste dont les prĂȘches font Ă  l’époque le tour des Etats-Unis d’AmĂ©rique. DĂšs son plus jeune Ăąge elle chante avec ses sƓurs lors des offices de son pĂšre. Chez eux Ă  Detroit on croise Martin Luther King, Duke Ellington et autres gloires de la musique et de l’émancipation des noirs, souvent des deux Ă  la fois d’ailleurs. TrĂšs vite les talents d’Aretha explosent et elle deviendra la Lady Soul, composant peu, interprĂ©tant beaucoup, et de quelle maniĂšre, les classiques du gospel, de la soul et du rhythm and blues. Sa voix couvre cinq octaves et dĂ©veloppe une sensibilitĂ© Ă  laquelle il est difficile de rester indiffĂ©rent, elle joue Ă©galement (bien) du piano.

    Ces deux soirĂ©es de Los Angeles donnĂšrent lieu Ă  l’édition d’un disque Amazing Grace, du titre de l’un des cantiques qu’il contient et dont Aretha produit une bouleversante version de plus de dix minutes : Amazing grace, how sweet the sound,/ That saved a wretch like me!/ I once was lost but now I’m found,/ Was blind, but now, I see./ 
/ The Lord has promised good to me,/ His word my hope secures;/ He will my shield and portion be,/ As long as life endures.

    Dans l’église elle est accompagnĂ©e d’un magnifique chƓur dirigĂ© par un flamboyant leader, d’un charismatique pasteur au piano et d’un quatuor guitare-bass-orgue-percussions. Un public d’une centaine de personnes donne l’ambiance du direct, on y reconnait Mick Jagger et Charlie Watts. Tout ce petit monde est trĂšs majoritairement afro-amĂ©ricain, coiffĂ© de coupes afro encombrantes ou de choucroutes dĂ©frisĂ©es de l’époque, pattes d’éph. et nƓuds de cravate Ă©normes, costumes chamarrĂ©s. Le chƓur et l’audience sont fĂ©briles, se lĂšvent en hurlant dĂšs que la Diva pousse sa voix dans les extrĂȘmes, on est toujours entre transe et hystĂ©rie, le tout sous couvert d’une musique alternant mysticisme et performance. Sur le mur du fond de l’église, un grand tableau symbolise JĂ©sus, sans doute dans le Jourdain.

    Aretha chante divinement, au piano oĂč devant un pupitre de prĂȘcheur, les yeux fermĂ©s, en communication directe avec le Seigneur, mais si humaine pour inspirer les spectateurs avec cette voix au-delĂ  du sublime. Une grande dame et un film qui fera date.

  • Isabelle Balkany va mieux

    Coco – Charlie Hebdo (25/03/2015)

    Bonne nouvelle : aprĂšs avoir dĂ» renoncer Ă  assister Ă  son procĂšs, pour fraude fiscale et corruption, pour cause d’hospitalisation par suite d’une tentative de suicide, Isabelle Balkany va bien pieux semble-t-il et la voici de nouveau Ă  abreuver son compte Twitter de messages stupides depuis le 16 juin. Compte tenu des circonstances, il aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant qu’elle poursuive son silence mĂ©diatique encore quelques mois afin de parfaire un rĂ©tablissement complet.

    Que l’on se rassure, son absence n’a pas empĂȘchĂ© le procĂšs de se tenir et son mari y a tenu la barre. Le verdict sera prononcĂ© en septembre, de la prison a Ă©tĂ© requise contre les Balkany.

    Lire aussi : Les fraudeurs de Levallois

  • Passation de services sanglante au Soudan

    A Khartoum au Soudan, un dictateur au pouvoir depuis des dĂ©cennies, Omar Al-BĂ©chir, accusĂ© entre autres joyeusetĂ©s de gĂ©nocide et crimes contre l’humanitĂ© au Darfour (300 000 morts), est dĂ©posĂ© par un quarteron de galonnĂ©s de son entourage, par suite de manifestations populaires. Les traitres semblent un peu indĂ©cis sur ce qu’ils doivent faire de ce nouveau pouvoir sur un pays dĂ©vastĂ© par la guerre, le clanisme, la corruption, la misĂšre, les chefs de bande et la (trĂšs) mauvaise gouvernance. Alors ils font ce qu’ils ont toujours su excellement faire : ils lĂąchent leurs sicaires sur la foule amassĂ©e en attente d’improbables rĂ©formes. Il y aurait « quelques Â» centaines de morts.

    Le chef de l’ONU en appelle Ă  :

    « L’importance de dĂ©fendre les droits de l’homme de tous les citoyens et de continuer Ă  donner la prioritĂ© au dialogue en tant que moyen de rĂ©gler les diffĂ©rends en suspens. Il souligne aussi la nĂ©cessitĂ© d’Ă©viter toute forme de violence qui pourrait compromettre la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© des citoyens ainsi que la stabilitĂ© du pays ».

    Onu Info

    Evidemment, l’ONU ne peut guĂšre dire autre chose dans ces circonstances, mais de telles dĂ©clarations face Ă  la situation de ce pays prĂȘterait Ă  rire s’il ne s’agissait d’une histoire sans fin de massacres et de prĂ©varication ; probablement tout ce que l’HumanitĂ© compte de plus mauvais au XXIĂšme siĂšcle.

    Rappelons que le Soudan a Ă©tĂ© rĂ©cemment scindĂ© en deux Etats distincts en 2011 oĂč le Soudan du Sud (chrĂ©tien) est dĂ©sormais Ă  la frontiĂšre sud de la RĂ©publique du Soudan (musulman). Assez rapidement aprĂšs sa crĂ©ation, le Soudan du Sud, dernier Etat officiellement reconnu par l’ONU, a sombrĂ© dans une nouvelle guerre civile plus ou moins terminĂ©e en 2018.

    Khartoum, capitale de la RĂ©publique du Soudan vit sous le rĂ©gime de la charia islamique et a servi de camp de base du terrorisme islamique Ă  la fin du siĂšcle dernier. Aujourd’hui il continuerait d’attiser l’islamisation violente dans tout le Sahel y compris, au premier chef, en RĂ©publique Centrafricaine, pays dont il est frontalier et qui fait Ă©galement face depuis des dĂ©cennies Ă  une guerre civile et ethnique, Ă  laquelle s’est ajoutĂ© l’élĂ©ment religieux relativement rĂ©cemment.

    C’est Ă  Khartoum que le terroriste vĂ©nĂ©zuĂ©lien Carlos s’était rĂ©fugiĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© chassĂ© de Damas. Il y avait Ă©tĂ© enlevĂ© par les services secrets français avec plus ou moins l’assentiment des autoritĂ©s soudanaises. On n’ose mĂȘme pas imaginer le type d’arrangement qui a pu ĂȘtre pris par ces deux Etats. A ce jour, Carlos est toujours emprisonnĂ© en France oĂč il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  perpĂ©tuitĂ© Ă  deux reprises.

    Bref, la RĂ©publique du Soudan va avoir du mal Ă  s’extirper de ce passĂ© sanglant et, le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas encore vraiment engagĂ©e sur le long fleuve tranquille de la dĂ©mocratie !

  • Privatiser ou ne pas privatiser

    Encore un dĂ©bat franchouillard inutile : la RĂ©publique prĂ©voit des modifications dans la gestion de ses actifs comme le fait trĂšs normalement tout dĂ©tenteur d’un patrimoine. Un projet dĂ©clenche un hourvari gĂ©nĂ©ral de l’opposition, de l’extrĂȘme gauche Ă  son pendant d’extrĂȘme droite, en passant par les partis rĂ©publicains placĂ©s au milieu : la poursuite de la privatisation d’AĂ©roports de Paris (ADP), sociĂ©tĂ© dĂ©jĂ  dĂ©tenue Ă  49,4% par des acteurs privĂ©s qui possĂšdent donc 49,4% des infrastructures (pistes, terrains, etc.). Sur la forme il s’agit d’un mĂ©canisme compliquĂ© qui permettra Ă  l’Etat de rĂ©cupĂ©rer la pleine propriĂ©tĂ© des actifs au bout de 70 ans et de se repositionner alors sur la gestion de l’ensemble Ă  confier Ă  un nouvel opĂ©rateur ou Ă  rĂ©intĂ©grer dans le domaine public.

    Tous les arguments et leurs contraires sont dĂ©bitĂ©s par les opposants professionnels qui s’agitent dans les couloirs du parlement pour tenter de nuire au gouvernement en place. On voit mĂȘme la droite demander l’annulation de cette privatisation alors qu’elle a de tous temps promu les privatisations aprĂšs s’ĂȘtre opposĂ©e aux nationalisations « idĂ©ologiques Â» rĂ©alisĂ©es Ă  diffĂ©rentes reprises par la gauche. Laurent Wauquiez, l’ex-chef de Les RĂ©publicains, aprĂšs avoir soutenu rĂ©cemment les Ă©meutiers en gilet jaune, s’ĂȘtre opposĂ© Ă  la baisse des emplois aidĂ©s dĂ©cidĂ©e au dĂ©but du quinquennat actuel, conteste maintenant la privatisation d’ADP en dĂ©clarant « â€Šon brade les bijoux de famille pour boucher les trous budgĂ©taires Â». Oui, c’est tout Ă  fait et il faut effectivement boucher l’abysse du dĂ©ficit budgĂ©taire alors la RĂ©publique, comme tout mĂ©nage qui serait dans la mĂȘme situation, va, non pas « brader Â», mais monĂ©tariser quelques-uns de ses actifs pour essayer de se renflouer. C’est un comportement responsable. Le produit de cette opĂ©ration, Ă  laquelle s’ajouteront les privatisations de la Française des Jeux et d’Engie (ex-Gaz de France), doit venir doter un fonds pour l’innovation.

    Peut-ĂȘtre que le parti Les RĂ©publicains ne doit pas chercher beaucoup plus loin la raison de la baisse significative de ses scores Ă©lectoraux. Il arrive un moment oĂč les retournements de vestes et autres reniements opportunistes ont tendance Ă  perdre l’électeur, voir Ă  le faire fuir !

    L’élĂ©ment nouveau dans cette affaire est le regroupement improbable de parlementaires opposĂ©s (du parti communiste Ă  Les RĂ©publicains) pour dĂ©clencher un rĂ©fĂ©rendum d’initiative partagĂ©e (RIP) tel que prĂ©vu dans la Constitution et bloquer ainsi le processus en cours. C’est la premiĂšre fois qu’un tel rĂ©fĂ©rendum serait ainsi mis en Ɠuvre Ă  l’initiative du parlement et des citoyens, si toutefois 10% du corps Ă©lectoral en signe la demande, ce qui fait plus de 4 millions de citoyens. Si la dĂ©marche rĂ©ussit, cela dĂ©montrerait par l’absurde que finalement cette procĂ©dure de RIP peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e si « le peuple Â» en manifeste la volontĂ© et qu’elle n’a pas vraiment besoin d’ĂȘtre rĂ©formĂ©e comme le rĂ©clame Ă  cor et Ă  cri. Pour le moment il suffit de cliquer sur une plateforme ouverte par l’administration, ensuite il faudra tout de mĂȘme se dĂ©placer physiquement et voter pour ou contre.

    D’ici lĂ , le processus de privatisation de cette sociĂ©tĂ© est bloquĂ© en attendant (i) de savoir si 4 millions d’électeurs veulent l’organiser le rĂ©fĂ©rendum et (ii), en cas de rĂ©ponse est positive, ce que votera in fine le corps Ă©lectoral dans son ensemble. Ainsi va le cheminement tortueux de notre vieille dĂ©mocratie.

  • Le retour des enfants des terroristes religieux français

    Comme annoncĂ©, la France rapatrie au compte-goutte certains enfants mineurs de terroristes français partis participer Ă  aux guerres religieuses du Proche et Moyen-Orient. Ces gamins, parfois orphelins, de nationalitĂ© française (mĂȘme si pour ceux nĂ©s sur les champs de combat on peut imaginer qu’ils n’aient pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s au consulat de France
), sont exfiltrĂ©s de camps de prisonniers tenus par des forces kurdes en Syrie. Une dizaine sont arrivĂ©s ces jours-ci dans un avion de l’armĂ©e française et immĂ©diatement placĂ©s dans des structures chargĂ©es d’abord de les soigner puis de les encadrer pour tenter de les remettre dans la sociĂ©tĂ© civile que leurs parents avaient voulu fuir pour rejoindre celle de leur Dieu. Ce n’est pas la premiĂšre vague de retour et ce ne sera pas la derniĂšre. Dans certains cas, leurs parents toujours vivants ont donnĂ© leur accord pour ce rapatriement, eux devant maintenant rendre compte de leurs actes aux justices locales dont ils dĂ©pendent.

    Cette politique du cas-par-cas appliquĂ©e par la RĂ©publique est sans doute la moins mauvaise de toute la palette disponible. La discrĂ©tion dans laquelle elle est menĂ©e est indispensable. Est-elle risquĂ©e ? Oui, certainement, une partie de ces gamins a dĂ» ĂȘtre programmĂ©e par une Ă©ducation religieuse extrĂ©miste et on imagine sans peine le niveau de traumatisme vĂ©cu par ceux qui ont vu, voire participĂ©, aux actes de guerres ainsi qu’aux massacres barbares d’un autre Ăąge commis par leurs parents. Des vidĂ©os ont Ă©tĂ© diffusĂ©es montrant des assassinats d’otages commis par des enfants. Certains ne sortiront sans doute jamais de cet embrigadement intellectuel et feront sans doute encore parler d’eux dans le futur.

    Leur retour en France ou leur maintien en exil ne change finalement pas grand-chose au problĂšme, ne l’aggrave vĂ©ritablement ni ne le rĂ©sous. L’interrogation reste la mĂȘme : comment nos sociĂ©tĂ©s capitalistes occidentales ont pu gĂ©nĂ©rer une telle dĂ©rive de ses enfants prĂȘts Ă  retourner leurs Ăąmes et leurs armes contre leur patrie, souvent en faisant preuve d’une barbarie rarement Ă©galĂ©e depuis les camps nazis, le tout au nom d’un Dieu !

    La politicaillerie franchouillarde s’empare Ă©videmment du sujet avec son simplisme habituel, attisant les bas instincts de CafĂ© du commerce, toujours Ă  fleur de peau sur ces sujets traumatisants. Chacun y va de sa solution entre les dĂ©choir de leur nationalitĂ© française, les laisser oĂč ils sont et les rapatrier automatiquement. Ces gamins sont de toutes façons une mine de problĂšmes prĂ©sents et futurs, oĂč qu’ils soient ou seront. Il faut bien faire avec, les solutions extrĂȘmes proposĂ©es par certains n’étant pas une option. Il est des circonstances oĂč un Etat doit savoir aller contre l’avis de sa population, un pouvoir socialiste l’a fait en 1981 en abolissant la peine de mort contre l’avis de Mme. Michu, les dirigeants actuels le pratique en reprenant, au compte-goutte, ces mĂŽmes Ă©garĂ©s par la folie de leurs parents. C’est l’honneur de la RĂ©publique !

  • Bowie Ă  Paris

    La maison de disque de David Bowie publie les fonds de tiroir, en l’occurrence l’enregistrement du concert de l’ElysĂ©e-Montmartre du 14 octobre 1999. Pour ceux qui y furent c’est le magnifique rappel du plus beau moment de leur vie. On avait oubliĂ© combien l’artiste paraissait guilleret sur scĂšne malgrĂ© la gravitĂ© de l’album (Hours) qu’il y prĂ©sentait. L’enregistrement est excellent, la prestation sublime, le souvenir nostalgique.

    Kronic du show : ici.

  • Les fraudeurs de Levallois

    Le procĂšs du couple Balkany pour fraude fiscale et corruption se dĂ©roule sans Mme. Balkany qui se remet Ă  l’hĂŽpital d’une tentative de suicide aprĂšs avoir publiĂ© sur Facebook un long message se terminant par « #JesuisfatiguĂ©e et, comme c’est la FĂȘte du Travail, je vais en profiter pour faire une grosse sieste… Â»  Elle est a priori tirĂ©e d’affaires et ses jours ne seraient plus en danger.

    Son absence n’empĂȘche pas le procĂšs de battre son plein et de frĂŽler parfois la franche rigolade, notamment pour ce qui concerne la propriĂ©tĂ© du riad de Marrakech oĂč le couple se rend rĂ©guliĂšrement et dont le vĂ©ritable propriĂ©taire se cache derriĂšre un montage juridique anonyme et trĂšs branchĂ© paradis fiscaux. M. Balkany affirme que cette demeure est dĂ©tenue par un homme d’affaire originaire du golfe persique ayant Ă©tĂ© en affaires avec la ville de Levallois dont il est le maire, et qu’elle est gracieusement mise Ă  sa disposition. L’affairiste en question est prĂ©sent Ă  la barre et explique qu’il n’a pas besoin de sociĂ©tĂ©s prĂȘte-noms pour dĂ©tenir des propriĂ©tĂ©s Ă  travers le monde entier, il rĂ©fute donc ĂȘtre propriĂ©taire de ce riad. On ne sait pas Ă  qui appartient cette demeure ! On ne sait pas Ă  qui sont payĂ©s les loyers mais la seule chose qui est connue c’est que la famille Balkany l’occupe trĂšs rĂ©guliĂšrement, au moins une certitude qui n’est contestĂ©e par personne.

    Comme une situation similaire avec une villa Ă  Saint-Martin dans les Antilles avait finalement abouti Ă  l’aveu par Mme. Balkany que cette propriĂ©tĂ© Ă©tait bien la leur, la justice Ă  quelques doutes Ă©galement pour celle de Marrakech.

    Le procĂšs dĂ©balle tout un tas de piteux secrets d’une famille d’aigrefins qui a passĂ© sa vie Ă  frauder sur le fil Ă©troit de la lĂ©galitĂ©. Il est question d’argent liquide, de billets de 500 EUR dans les poches des peignoirs, de comptes offshore, de commissions occultes, d’affaires immobiliĂšres douteuses, de prĂȘte-noms, d’avions privĂ©s, etc. MĂȘme le fils est failli aprĂšs avoir investi dans des plateformes dĂ©diĂ©es au poker et payĂ© la caution de sa mĂšre pour lui Ă©viter la prison


    Tout ce petit monde fraude Ă  hauteur de revenus et d’actifs largement supĂ©rieurs Ă  la moyenne et dont l’origine n’est pas toujours claire. Nombre de citoyens fraudent Ă©galement le fisc, chacun en proportion de ce qu’il gagne. Le « bonus Â» des Balkany c’est qu’en plus de frauder ils sont Ă©lus. Le matin ils votent l’impĂŽt au parlement et dans leur conseil municipal et l’aprĂšs-midi ils dĂ©rogent aux rĂšgles qu’ils ont votĂ©es. Le fait d’ĂȘtre Ă©lus est avancĂ© par eux comme un blanc-seing pour contrevenir Ă  la loi et une absolution donnĂ©e par les Ă©lecteurs. Patrick Balkany rappelle ce fait devant le tribunal avec sa gouaille et sa vulgaritĂ© habituelles ; pas sĂ»r que les juges ne se laissent convaincre aussi facilement que les Ă©lecteurs. En tout cas, il y a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es que la droite conservatrice officielle (RPR, puis UMP et LR) a cessĂ© d’ĂȘtre convaincue et refuse de lui donner son habilitation pour les Ă©lections municipales auxquelles il se prĂ©sente « sans Ă©tiquette Â».

    La famille Balkany, c’est l’archĂ©type du mĂ©lange douteux entre intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et affaires particuliĂšres. Malheureusement cela ne choque plus grand monde dans une sociĂ©tĂ© qui privilĂ©gie l’individualisme au-dessus de tout. D’ailleurs, au CafĂ© du commerce le sujet Balkany est la plupart du temps Ă©voquĂ© avec un petit sourire, voire un soupir d’admiration et d’envie.

    Que la justice passe !

  • Le bal des traĂźtres bat son plein !

    A la suite des mauvais rĂ©sultats enregistrĂ©s aux derniĂšres Ă©lections europĂ©ennes par les partis de gouvernement français traditionnels, le bal des traĂźtres a dĂ©butĂ©. Les plus emblĂ©matiques dans la couardise politique et l’absence de convictions se trouvent sans conteste chez Les RĂ©publicains. AprĂšs la dĂ©mission de leur chef Laurent Wauquiez dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut point trop efficace Ă  l’occasion de cette Ă©lection, ValĂ©rie PĂ©cresse, toujours un pied dedans un pied dehors depuis des mois, a finalement franchi le pas et sautĂ© Ă  pieds joints en dehors du parti pour une destination assez floue pour le moment.

    VoilĂ  qu’aujourd’hui 72 Ă©lus Les RĂ©publicains publient une tribune pour annoncer leur soutien au parti majoritaire et au prĂ©sident de la RĂ©publique. A gauche ce n’est guĂšre plus brillant et La France Insoumise affronte Ă©galement une vague de dĂ©parts et de contestations rĂ©pandue sur la place publique et dans les rĂ©seaux dits sociaux.

    C’est la dĂ©bĂącle ! Comme la banquise qui se dĂ©sagrĂšge au printemps dans le golfe du Saint-Laurent, les Ă©lus dĂ©boussolĂ©s se noient, se percutent et se dĂ©chirent, cherchant vers quel rivage se diriger. On mesure mal ce qui relĂšve dans ce comportement de convictions mollassonnes ou, plus prosaĂŻquement, de la volontĂ© de se rapprocher d’une Ă©curie plus susceptible d’assurer leurs réélections aux prochaines Ă©chĂ©ances. AprĂšs tout c’est leur job qui est en jeu et quand il faut nourrir ses enfants Ă  la fin du mois on hĂ©site moins Ă  tourner sa veste.

    Ce que semble entĂ©riner ces fuites en rase campagne c’est la congĂ©lation du dĂ©bat dans ces partis et le renoncement des impĂ©trants Ă  pouvoir le changer de l’intĂ©rieur. Les dinosaures continuent Ă  phagocyter le pouvoir et les idĂ©es sans volontĂ© de partage. Les jeunes gĂ©nĂ©rations politiques n’arrivent pas Ă  les pousser dehors et on a vu avec consternation les Nadine Morano et autres Brice Hortefeux ĂȘtre Ă©lus dĂ©putĂ©s europĂ©ens la semaine derniĂšre. Les fuyards abandonnent le navire et on ne sait pas encore sur quel bateau ils vont dĂ©poser leurs paquetages. Ces partis contestĂ©s ont encore des fans et des militants. Ils vont se recentrer sur leurs valeurs basiques, renouveler leurs dirigeants les plus visibles et, s’ils font preuve d’un peu d’intelligence et d’humilitĂ©, survivre Ă  la tempĂȘte. Qui sait si dans dix ans la RĂ©publique n’aura pas un prĂ©sident Les RĂ©publicains ? En attendant, le radeau de la mĂ©duse dĂ©rive un peu pour trouver un abri !

  • Lenny Kravitz – 2019/06/05 – Paris Bercy

    Lenny Kravitz fait le spectacle Ă  Bercy : deux heures et demie de concert pour notre hippie funky sous sa chevelure choucroute-rasta et ses Ray Ban foncĂ©es, qui se dĂ©pense pour nous avec une bande de musicos bariolĂ©s au sein de laquelle Gail-Ann Dorsey joue de la basse, revĂȘtue d’un boubou africain. Tout ce petit monde joue une pop enlevĂ©e, avec un manifeste plaisir.

    Cela tourna parfois au dĂ©filĂ© de mode oĂč Lenny aime montrer ses biscottos (plutĂŽt bien entretenus) Ă  travers un dĂ©bardeur filet, une fois enlevĂ© le cuir fauve portĂ© Ă  son entrĂ©e sur scĂšne. Mais il ne mĂ©nage pas sa peine, y compris pour faire tressaillir les admiratrices. Celles-ci ont vieilli, comme lui, mais restent sensibles Ă  l’idole de leur jeunesse
La tournĂ©e s’appelle Raise Vibrations Tour comme son dernier disque. SĂ»r que nombre de donzelles ont vibrionnĂ© face aux grimaces de Lenny derriĂšre ses verres noirs.

    Beaucoup de look, un peu de musique dont on ne peut pas dire qu’elle soit d’une subtilitĂ© bouleversante. Le garçon s’y entend Ă  la guitare rythmique en laissant les solos Ă  son comparse chevelu. Et lorsque qu’il enfourche sa cĂ©lĂšbre flying guitar, celle qu’il tient sur l’affiche du show (qui a meublĂ© nombre de chambres d’adolescentes ; qui sait, il en reste peut-ĂȘtre encore quelques-unes, jaunies mais toujours en place) en faisant tournoyer ses locks, les hurlements tournent Ă  l’hystĂ©rie.

    La soirĂ©e fut bonne, clĂŽturĂ©e par les paroles lĂ©nifiantes de Lenny sur l’amour et la vie, Ă  mi-chemin entre JĂ©sus et le flower power.

    Setlist : We Can Get It All Together/ Fly Away/ Dig In/ Bring It On/ American Woman (The Guess Who cover) (with “Get up , Stand up » tag)/ Fields of Joy/ Freedom Train/ Who Really Are the Monsters?/ Stillness of Heart/ It Ain’t Over ‘Til It’s/ Can’t Get You Off My Mind/ Low/ I Belong to You/ 5 More Days ‘Til Summer/ Mr. Cab Driver/ Bank Robber Man/ Where Are We Runnin’?/ Are You Gonna Go My Way/ Love Revolution
    Encore : Here to Love/ Let Love Rule (Lenny walks arround the whole arena)/ Play

  • Michel Serres est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  88 ans

    Michel Serres (1930-2019) est mort samedi dernier. C’était son heure mais il n’est pas sĂ»r que l’on retrouve de sitĂŽt un philosophe vulgarisateur de son niveau. Avec sa faconde et son optimisme il a apportĂ©, d’abord dans son Ɠuvre, mais aussi beaucoup dans les mĂ©dias, de l’intelligence et de l’analyse dans une sociĂ©tĂ© de plus en plus abrutie par la publicitĂ© et le zapping. Il a constamment Ă©levĂ© l’esprit et privilĂ©giĂ© la raison, avec humour et sourire. C’est une bonne mĂ©thode, qui laissera des traces. Certains sauront peut-ĂȘtre s’en inspirer.

    Que la terre lui soit lĂ©gĂšre !

  • Retour modeste

    Alors que le Figaro Magazine annonçait il y a peu en couverture : « la droite est de retour Â» sur fond du ravi de la crĂšche et des ruines de Notre Dame de Paris, il apparaĂźt que ce retour est plutĂŽt modeste (8% et quelques des suffrages exprimĂ©s) et provoque un peu d’émotion dans les rangs conservateurs au point que leur chef a annoncĂ© sa dĂ©mission ce soir. Il a tout de mĂȘme assurĂ© l’élection de Nadine Morano et Brice Hortefeux qui Ă©taient respectivement numĂ©ros 4 et 5 de la liste europĂ©enne : hommage et respect aux anciens. Il a surtout beaucoup innovĂ© en enfilant un gilet jaune sur un rond-point lors des Ă©meutes fin 2018, en dĂ©fendant les emplois aidĂ©s lorsqu’ils ont Ă©tĂ© sĂ©rieusement limitĂ©s par le pouvoir actuel pour faire des Ă©conomies et par conviction Ă©conomique et il lutte actuellement contre la privatisation d’AĂ©roports de Paris dĂ©tenu en partie par le contribuable national contre tous les principes de l’économie libĂ©rale pourtant chers Ă  cette droite conservatrice.

    Cette ligne en zig-zag, le dĂ©veloppement d’une langue de bois en chĂȘne massif contre l’Europe, le concept de double-frontiĂšres contre l’immigration que personne n’a vraiment compris, plus quelques sorties sur les sujets sociĂ©taux ont emportĂ© 8% des Ă©lecteurs. C’est ainsi, le parti a comptĂ© le soutien Ă  ses idĂ©es et ce n’est finalement pas si mal payĂ© ; d’autres partis traditionnels ont fait bien pire. Il reste un socle de 8% et Les RĂ©publicains vont bien arriver Ă  se reconstruire (on dit d’ailleurs « se refonder Â» en jargon politique), il suffit de renouveler un peu le personnel de ce parti et de sĂ©lectionner les nouveaux dirigeants plutĂŽt sur l’intelligence et le bon sens que sur les copinages et les renvois d’ascenseur (cf. l’ineffable tandem Morano/Hortefeux). Bien sĂ»r, aujourd’hui ont dĂ©jĂ  dĂ©marrĂ© le bal des faux-jetons et la ronde des traĂźtres. Le parti va se purifier avec le dĂ©part naturel des plus faibles, ceux qui n’ont pas de rĂ©elles convictions et lorgnent dĂ©jĂ  le fumet de la bonne soupe du voisin. Il repartira bien d’une façon ou d’une autre.

    Effet collatĂ©ral direct de cette dĂ©mission, nombre de nos lecteurs s’inquiĂštent de la survie de notre rubrique « L’instant Laurent Wauquiez Â» ! Qu’ils se rassurent : d’abord l’impĂ©trant n’est pas mort et va certainement nous rĂ©galer encore longtemps de ses galĂ©jades mĂ©ritant publication et publicitĂ©, ensuite, la rĂ©daction vient de dĂ©cider d’élargir cette rubrique Ă  l’ensemble des Ă©lus français dĂ©ployant des comportements similaires Ă  celui de M. Wauquiez c’est Ă  dire : intelligence et mauvaise foi, conservatisme et retournements de veste, opposition permanente et absence de propositions
 On peut prĂ©voir un avenir radieux Ă  la rubrique !

  • « ELECTRO – De Kraftwerk Ă  Daft Punk » Ă  la Philharmonie

    La Philharmonie retrace l’histoire de l’arrivĂ©e de l’électronique, puis son explosion, dans la musique de notre temps, au point d’en devenir un genre Ă  part entiĂšre (parfois un peu envahissant) : l’électro ! Depuis les premiers laboratoires musicaux se lançant dans des expĂ©rimentations bizarres au mitan du XXĂšme siĂšcle jusqu’à la danse music oĂč des opĂ©rateurs mettent des foules en transe en bricolant des fils sur des ordinateurs, en passant par Kraftwerk le groupe allemand qui popularisera l’électronique dans le rock dans les annĂ©es 70’ et qui donnera trois shows en juillet Ă  la Philharmonie, l’exposition suit ce parcours Ă©tonnant de la technologie inspirant la musique.

    Il y a des instruments d’époque, notamment le studio reconstituĂ© de Jean-Michel Jarre Ă  l’époque oĂč les boucles Ă©taient rĂ©alisĂ©es avec des bandes magnĂ©tiques sur un Revox, puis l’arrivĂ©e des synthĂ©tiseurs Moog, AKS, puis leur remplacement progressif par des ordinateurs sophistiquĂ©s qui synthĂ©tisent puis crĂ©ent des sons et des rythmes extraordinaires.

    L’Electro participe aussi Ă  l’apparition de toute une culture et fut notamment Ă  l’origine de l’émancipation de la culture queer. De nombreuses photos et vidĂ©os illustrent cet Ă©cosystĂšme avec bien sĂ»r un passage par sa face obscure, celle de la drogue et, parfois, de son cĂŽtĂ© messe noire.

    Comme toutes celles qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©e, cette exposition musicale de la Philharmonie est un trĂ©sor de cuture et de savoir, montĂ©e par des spĂ©cialistes. Il ne faut pas compter son temps, si l’on veut tout voir et tout Ă©couter
 on ne sait plus oĂč donner de la tĂȘte !