Sortie : 2026, Chez : Albin Michel.
Eric-Emmanuel Schmitt illustre le lien père-fils en revenant sur la vie et les exploits de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), fils de Léopold, lui aussi compositeur et musicien. Les relations parents-enfants peuvent déjà être naturellement troublées, elles sont d’autant plus complexes quand la création artistique interfère.
Le petit Mozart se révèle rapidement un incroyable génie dont la virtuosité au violon et au piano, puis la qualité de ses compositions, vont rapidement surpasser celles de son père. Celui-ci a un peu de mal à le laisser s’envoler vers la gloire. L’amour paternel sait mettre de côté la jalousie devant le talent du fils, mais pas complètement la frustration d’être un peu oublié par Wolfgang qui mène sa carrière, avec des hauts et des bas. Mozart aime toujours son père, bien sûr, mais les journées n’ont que 24 heures et, à l’époque, il n’est pas si facile d’écrire « La Flute enchantée » et de courir en même temps de Vienne à Salzburg pour prendre des nouvelles de sa famille… Mais l’amour filial est plus fort que tout, les Mozart restent unis malgré les épreuves, et réunis toujours par la musique.
Schmitt raconte avec vivacité cette histoire d’amour et de musique. On retrouve le personnage d’Amadeus découvert dans le film éponyme de Milos Forman (1984), espiègle et déluré, mais surtout un immense compositeur dont la vie entière fut inspirée par la musique, jusque dans ses derniers instants où il composait encore son Requiem quil laissa inachevé. On peut être un géant, l’amour (ou l’absence) de ses parents dicte forcément une partie de ce qu’on devient. Mozart a perdu sa mère lors de leur séjour à Paris alors qu’il avait 22 ans. Son père est resté son seul guide, souvent contesté mais toujours adoré.

