Après l’annulation des concerts des deux derniers dimanches pour cause de canicule, « Chopin au Jardin » présente aujourd’hui son dernier concert de l’édition 2026 avec Zuzanna Krystian-Browalska, jeune pianiste polonaise de 17 ans, dans une belle programmation de Chopin.
Aisance et agilité, impressionnante maîtrise de la pluie de notes chopiniennes, l’artiste éblouit les spectateurs. Pas plus gênée que ça par la chaleur étouffante qui écrase le Parc, habillée d’une robe crème que met en valeur le noir réfléchissant du piano à queue, elle est totalement concentrée sur son interprétation et absolument pas troublée par les cris des enfants et des corbeaux, pas plus que par un petit gamin que sa mère laisse gambader sur la scène en le rattrapant lorsqu’il se rapproche trop de l’instrument brillant. Seule concession climatique, elle s’est munie d’un petit chiffon avec lequel elle essuie ses mains et le clavier de temps à autres, et d’une bouteille d’eau à ses pieds à laquelle elle ne touchera pas du concert.

En prologue de chaque pièce, elle passe de longues secondes, immobile face à ses touches d’ivoire, perdue dans des pensées que l’on aimerait bien deviner. Se remémore-t-elle la partition ou entre-t-elle en communication avec l’esprit de Chopin pour lui demander sa bienveillance alors qu’elle va se lancer à l’assaut de partitions si riches et sans doute complexes à jouer ? On ne sait, elle est en tout cas inspirée et virtuose. Bien entendu tous ces artistes jouent du Chopin 1h15 durant sans partition. Au-delà même de leur virtuosité, fruit d’années de travail et d’un talent certain, on se demande simplement comment ils arrivent à mémoriser de telles partitions… Et lorsque retentit la dernière note du morceau, Zuzanna se détend soudain en affichant un grand sourire avant de saluer le public qui la cerne des quatre côtés du kiosque.

Des générations de pianistes géniaux nous ont enchantés en jouant les mélodies de Chopin (1810-1849), d’autres vont suivre. A seulement 17 ans, Zuzanna Krystian-Browalska amorce une nouvelle génération d’interprètes. Grâce à eux nous savons maintenant que le compositeur polonais (enterré au Père Lachaise à Paris) est éternel.
Programme
- Nocturne en do mineur, op. 48 n°1
- Grande valse brillante en mi bémol majeur, op. 18
- Valse en la bémol majeur, op. 34 n°1
- Scherzo n°2 en si bémol mineur, op. 31
- Scherzo n°3 en do dièse mineur, op. 39
- Quatre mazurkas, op. 30
- N°1 en do mineur
- N°2 en si mineur
- N°3 en ré bémol majeur
- N°4 en do dièse mineur
- Andate spianato et Grande polonaise brillante, op. 32
- 1 « bis »



