Une politique extérieure américaine plutôt singulière

L’avènement du président américain Trump pour son deuxième mandat depuis janvier 2025 a amené un changement assez considérable dans les formes que prend aujourd’hui la politique étrangère des Etats-Unis d’Amérique. Elle est désormais composée d’un mélange de fébrilité, d’enfantillages et d’insultes.

Les relations avec les pays tiers, alliés ou pas de Washington, sont beaucoup menées sur les réseaux dits « sociaux » (dont « Truth Social », propriété du président) ou par le duo de négociateurs Steve Witckoff et Jared Kuschner, tous deux investisseurs immobiliers, ami du président pour le premier, son gendre pour le second. Ils sont envoyés sur tous les fronts où la diplomatie semble servir les intérêts de leur mandant mieux que le secrétariat d’Etat (dénomination américaine du ministère des affaires étrangères) dont les membres sont en principe payés pour mener cette politique étrangère qui a tendance à devenir étrange.

La guerre actuelle entre la coalition américano-israélienne et l’Iran donne lieu à une accélération de la communication présidentielle via son réseau dit « social » ou celui de la Maison Blanche. Il y a beaucoup d’images, plus faciles à comprendre…

Mais aussi des menaces :

« Une civilisation entière [celle de l’Iran] va mourir ce soir, sans jamais pourvoir réémerger. » C’était un message du 7 avril et, bonne nouvelle, à ce jour la civilisation perse existe toujours puisque Washington négocie avec ses représentants pour trouver une solution qui mette fin à la guerre.

Et des injures :

Le même jour le président américain exige de ces « fous furieux » de rouvrir ce « p… de détroit [d’Ormuz] » qui à ce jour est toujours bloqué, sa réouverture semblant être l’un des points principaux des négociations pour mettre fin à la guerre.

Et si jamais ces messages n’étaient pas suffisamment lus, ils sont parfois rediffusés par le compte « X » de la Maison Blanche, on n’est jamais si bien servi que par soi-même :

Evidemment, la génération des « boomers » est un peu effarée devant la forme de ces messages signés par un président des Etats-Unis d’Amérique. Plus habituée aux navettes diplomatiques d’un Kissinger, d’une Madeleine Albright, ou aux débats policés des Nations-Unies, cette population désormais âgée, et moins influente, a tendance à se dire « c’était mieux avant » mais doit se résigner à regarder les nouvelles générations prendre en mains la conduite du monde avec leurs propres méthodes.

Il est encore un peu tôt pour trancher sur l’efficacité diplomatique des uns ou des autres. L’Histoire sera seule juge. Rendez-vous dans 100 ans pour arbitrer sur l’efficacité entre les méthodes de gougnafier et les pratiques de dirigeants bien élevés.