Auteur/autrice : Rehve

  • Les Russes en Centrafrique

    Un accord militaire aurait été signé en décembre 2017 entre la Russie et la Centrafrique incluant une livraison d’armes au gouvernement local (dûment autorisée par l’ONU par exception à l’embargo en cours) et la formation des forces militaires gouvernementales.

    La presse rapporte que l’on voit dans les rues de Bangui des militaires russes ressemblant plus à des mercenaires qu’à des soldats réguliers. Ils assurent la sécurité rapprochée du président centrafricain et cohabitent, pacifiquement pour le moment, avec la force internationale de l’ONU censée maintenir la paix entre les nombreuses milices qui se battent entre elles et avec les maigres forces gouvernementales. La Russie lorgne aussi sans doute sur les ressources minières dont ce pays est doté.

    Ce pays bantou est un mystère insondable : incapable de se développer harmonieusement, la mauvaise gestion, les luttes tribales, l’alcool et le sida y font des ravages depuis des décennies. Massacres, pillages, fraudes et incompétence ont depuis longtemps perdu cette République. La France, ancienne puissance coloniale, a tout à se reprocher dans cette triste affaire. Le pays a été transformé en vaste terrain d’entraînement militaire français après l’indépendance. L’armée française y régnait en maître jusqu’à son départ à la fin des années 90’, un proconsul de la DGSE (le commandant Mansion) manipulait le président, des repris de justice corses dirigeaient les casinos de la capitale, Giscard-dit-d’Estaing venait y chasser le gros gibier et tout ce petit monde trafiquait le diamant se compromettant jusqu’au « sacre de l’empereur Bokassa », sommet du ridicule et de la perversion de la bien triste « francafrique ».

    D’interventions militaires en débarquements de présidents, la France a plus ou moins passé la main à l’ONU au début du XXIème siècle, qui ne réussit pas plus à remettre ce pays sur les rails d’un développement paisible. Alors que les russes s’y essayent, pourquoi pas ? Les interventions étrangères de ces dernières années ont sans doute limité l’ampleur des massacres inter-ethniques mais l’avenir est sombre, sans doute sans espoir. Que les russes soient mercenaires ou réguliers, qu’importe, ils sont certainement soutenus et envoyés là par le gouvernement russe qui ne s’en cache pas. On se souvient avec quel aplomb le président russe affirmait que les citoyens russes tués sur le front ukrainien devaient y être « en vacances » mais certainement pas en mission commandée…

    Cette fois-ci la Russie assume sa présence et c’est très bien ainsi. Nous verrons où ils en seront dans quelques années. Puissent-ils réussir à apaiser ce pays désespérant !

  • Confirmation en Turquie


    Un président turc se fait réélire ce week-end au premier tour et son parti islamisé est confirmé au parlement. Après une modification de la constitution approuvée par référendum lui octroyant les pleins pouvoirs, M. Erdogan , un peu calife, un peu soupe-au-lait, très nationaliste, est reparti pour au moins cinq années à la tête de l’Etat après déjà quinze ans de pouvoir.

    Le garçon ne plaît pas beaucoup à l’Occident, il copine avec Russes ou arabes (sunnites) selon ses intérêts, éventuellement avec des groupes terroristes si cela l’arrange, son armée bataille en Iraq et en Syrie, il vocifère contre l’Europe, traite les dirigeants allemands de « nazis », mène une guerre civile sans fin contre les kurdes de Turquie ; mais il plait à ses électeurs qui le renouvellent très régulièrement et, même s’il y a sans doute un peu de fraude électorale (sans doute pas plus que lors d’une élection d’un président de l’UMP en France), il est largement et bien élu. Son peuple est content.

    Son action depuis quinze ans a sans doute définitivement réglé le sujet de la candidature de la Turquie à l’Union européenne dont des dirigeants de rencontre avaient imprudemment inclus le principe dans le traité de Rome. Ce pays ne peut ni ne veut adhérer, et c’est bien ainsi car les Etats membres actuels ne veulent pas plus de cette adhésion. Voilà un point sur lequel tout le monde est d’accord d’un côté et de l’autre du Bosphore. Alors bien sûr Ankara, comme une fiancée éconduite, va tout faire pour nuire à l’Union européenne mais ce n’est pas la seule capitale à chercher à perturber, nous pouvons même dire que ce sont les lois du genre.

    Mais la Turquie fait partie du traité de l’alliance atlantique (OTA N) et là les choses sérieuses commencent. Cette alliance majoritairement américano-européenne offre l’abri du parapluie nucléaire US à l’Europe frileuse et oblige l’alliance à défendre chacun de ses membres en cas d’attaque, et ce n’est pas rien. Ankara abrite des troupes et des armes nucléaires de l’OTAN sur son sol. On frémit à l’idée de ce que ce pays oriental pourrait en faire si la mauvaise humeur de son président se transformait en attitude belliqueuse ! Les chefs militaires comme les dirigeants politiques de l’après-guerre ont cru que la Turquie était occidentale. Ils se sont trompés. Nous reverrons la situation dans 30 ans.

    En attendant il faut bien composer avec ce pays clé malgré les sautes d’humeur de son chef. Une diplomatie basée sur les faits et la discrétion reste le mieux que l’on puisse faire pour le moment. Laissons le raïs s’égosiller dans ses meetings électoraux sans réagir, les réalités économiques permettront à l’Europe de maintenir ses intérêts bien mieux que des réactions verbales inutiles.

  • SHIFFTER Frédéric, ‘Journées perdues’.

    Sortie : 2017, Chez : Séguier.

    L’auteur est professeur de philosophie, né et vivant à Biarritz. Cet ouvrage est son journal de nonchalance de janvier 2015 à décembre 2016. Il ne travaille plus, a priori en congé de maladie longue durée il obtient au milieu du livre sa réforme définitive de l’enseignement et s’en réjouit. Soulagé de cette charge professionnelle qui avait l’air de le traumatiser sans vraiment l’occuper, il papillonne depuis entre dîners en ville, interventions philosophiques grand-public sur France Culture, signatures de livres, siestes coquines ou séances de surf doux. Et il devise sur cette inactivité qu’il promeut avec ferveur.

    Grand admirateur de Cioran, il peine à égaler son modèle qu’il cite abondamment. Un peu narcissique, un peu auto-satisfait, Shiffter a rédigé un livre inutile mais léger, ponctué de petites phrases de son cru plutôt bien tournées :

    « La nostalgie est aussi la conscience d’un futur sans avenir. »

    « Si Dieu existait il nous épargnerait le fanatisme, ce scepticisme mal vécu. »

    « On commence à se sentir vieux quand on a l’impression de tracter un corbillard chargé des années défuntes de son enfance et sa jeunesse. »

    Tout ceci est un peu facile, comme la vie de l’auteur au pays basque.

  • Psychodrame franchouillard


    L’Italie a élu un gouvernement composé de l’étrange alliage d’un parti d’extrême droite et d’un parti populiste. Ils se sont au moins mis d’accord sur un point qui consiste à vouloir réduire les flux de migrants pénétrant en Italie. L’Aquarius, un bateau affrété par une organisation non gouvernementale pour récupérer les migrants à la dérive sur des embarcations de fortune en mer Méditerranée, le plus souvent parties de Lybie, a l’habitude de débarquer ses naufragés sur les côtes européennes les plus proches, soit celles de l’Italie. Après plusieurs sauvetages, et alors que l’Aquarius est chargé de plus de 600 migrants, le nouveau gouvernement italien lui refuse l’accès à ses ports. Il s’en suit un psychodrame où les Etats riverains critiquent, se renvoient la balle et cherchent à tout faire pour éviter que ce bateau de la misère ne vienne accoster sur son territoire. Une bataille de chiffonniers au café du commerce.

    La France ne brille pas par ses initiatives et donne à l’Italie des cordes pour se faire battre. On ne peut pas dire que Paris soit très volontaire pour accueillir des réfugiés, qu’ils soient politiques ou économiques, par contre la France est toujours présente pour critiquer et le président de la République mentionne en conseil des ministres la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien ». Ni une ni deux le gouvernement italien ulcéré à bon droit propose à la France de s’appliquer à elle-même ses grands principes de générosité et d’accueillir les migrants de l’Aquarius. Le président français a perdu une bonne occasion de se taire et le temps à gérer cette polémique eut été mieux utilisé à se consacrer aux autres affaires de la France.

    Au-delà de ces gamineries de cours d’école, vraiment peu à la hauteur de la position de leurs auteurs, la question des réfugiés requiert pour avancer discrétion et efficacité alors que nos dirigeants déploient gesticulation et immobilisme. Ce n’est pas brillant. Le président Macron s’honorerait à déroger à ces mauvaises habitudes.

    De tous temps les habitants de pays pauvres ont frappé aux portes d’entrée des pays plus riches pour y tenter une vie meilleure. La mondialisation en œuvre depuis la fin du XXème siècle et le très significatif différentiel de taux de natalité entre riches et pauvres intensifient les flux d’immigration, dont la grande majorité se déroule entre pays pauvres et pays moins pauvres, provoquant d’ailleurs plus ou moins les mêmes réactions de rejet des populations des pays de destination.

    Dans les pays occidentaux la considérable beaufisation du monde politique a généré la dramatisation actuelle du phénomène de l’immigration rendu responsable de tous les maux de l’Europe ou des Etats-Unis. De tous temps les peuples ont préféré trouver des boucs émissaires « étrangers » plutôt que de se remettre en cause. La difficulté est que ces peuples votent dans les démocraties, adhèrent facilement aux thèses populistes et élisent les pouvoirs qui diffusent ces thèses. Alors les dirigeants populistes appliquent leurs programmes et les autres sont bien obligés de prendre plus ou moins en compte ce rejet diffus de l’immigration. Nous en sommes là !

    La capacité des Etats à décider légalement qui peut entrer sur leurs territoires et qui ne le peut pas n’est pas remise en cause mais il faut la mitiger avec les nécessités d’un minimum d’humanité et de sens de la mesure. C’est difficile et périlleux, et surtout c’est une œuvre de très longue haleine qui nécessite aussi l’élévation du niveau d’éducation de ces peuples, chemin auquel ne poussent pas les déclarations à l’emporte-pièce d’un Laurent Wauquiez en France ou d’un Salvini en Italie.

    La conscientisation des peuples locaux devrait aussi être au programme mais comment faire devant un tel écart de niveaux de vie pour tarir le flux des départs de pays en proie à la dictature et la pauvreté, voire à la guerre ? D’autant plus que nombre de ces régions ayant été colonisées par l’Europe, les descendants des colonisés (sans parler des descendants des esclaves qui remontent à encore plus loin) se sentent investis d’un droit de créance sur l’Occident qu’ils entendent aussi faire valoir.

    Le dossier ne progressera qu’avec de l’intelligence. Il n’est traité aujourd’hui qu’avec du clientélisme.

  • Anna Calvi – 2018/06/15 – Paris la Gaîté Lyrique

    Anna Calvi annonce un prochain disque pour le 31 août et commet quelques déclarations sur sa promotion de la bisexualité. Elle joue ce sort à la Gaîté Lyrique, sympathique salle parisienne à dimension humaine. Elle est précédée de Jane Added et de Rouge Mary. La première est une artiste intelligente que l’on croise régulièrement sur la scène parisienne avec sa basse et ses compositions. Elle mixe ce soir quelques morceaux qu’elle aime. Le second est habillé en femme et chante sur ses mixes. Dans la salle des couples lesbiens s’embrassent à pleine bouche, le chroniqueur se demande soudain s’il ne s’est pas trompé de salle…

    Puis arrive Anna Calvi, brillant de mille feux, sans doute libérée par cette atmosphère. L’intimité de la salle avec une avancée de la scène jusqu’au milieu de la fosse la rapproche de ses fans. Elle y joue à genoux front contre front de certains d’entre eux, avec un regard de panthère elle caresse les cheveux des uns, se couche sur le dos pour interpréter des solos dantesques. Mais au-delà de ce show, elle reste une artiste hors par, alliant une voix d’opéra, le jeux de guitare de Jimi Hendrix et un talent sans compter.

    Sur son site web (https://annacalvi.com/) elle déclare au sujet de la sortie de son disque « Hunting » :

    I’m hunting for something – I want experiences, I want agency, I want sexual freedom, I want intimacy, I want to feel strong, I want to feel protected and I want to find something beautiful in all the mess.

    I want to go beyond gensder. I don’t want to have to chose between the male and female in me.

    I’m fighting against feeling an outsider and trying to find a place that feels like home.

    I believe that gender is a spectrum. I believe that if we were allowed to be somewhere in the middle, not pushed to the extremes of performed masculinity and femininity, we would all be more free. I want to explore how to be something other than just what I’ve been assigned to be. I want to explore a more subversive sexuality, which goes further than what is expected of a woman in our patriarchal heteronormative society. I want to repeat the words “girl boy, woman man », over and over, to find the limits of these words, against vastness of human experience.

    I believe in the female protagonist, who isn’t simply responding to a man’s story. I go out into the world and see it as mine – I want something from it, rather than just being a passive product of it. I’m hungry for experiences. Sometimes things seem clear, and other times I feel lost. I feel strong and yet vulnerable; I wear my body and my art as an armour, but I also know that to be true to myself is to be open to being hurt.
    The intent of this record is to be primal and beautiful, vulnerable and strong, to be the hunter and the hunted.

    – Anna

  • Les prix du fouteballe en Russie

     


    Les prix officiels des tickets des matches de la coupe du monde de fouteballe en Russie s’échelonnent entre 105 et 1 100 USD selon le stade de la compétition auquel on s’intéresse. Il y a une catégorie pour « personnes obèses », sans supplément de prix. Il s’agit des prix officiels affichés sur le site de la fédération internationale mafieuse de foute, gageons que le marché noir doit multiplier par trois ou par quatre.

  • Le grand abrutissement

    10/02/2016

    Ca y est : la grande procession de l’abrutissement des masses par le fouteballe a démarré. Les fans se précipitent vers leur anéantissement en chantant comme les chrétiens se faisaient dévorer par les lions dans les amphithéâtres de Rome en priant leur Dieu. Le championnat du monde de fouteballe commence cette semaine en Russie. C’est un mois à venir de déchaînements populaires sur l’insignifiant, d’hystérie médiatiques sur l’inintéressant et même d’allusions politiques sur l’inexistant. Les performances des pousseurs de baballe vont occuper les esprits et les conversations durant quatre semaines, dans les écoles, dans les bureaux, dans les palais du pouvoir, les villes et les campagnes.

    Le business de la bière et de la pizza va exploser en même temps que les neurones vont brûler. C’est un désastre annoncé de l’intelligence, une nouvelle défaite de la pensée à venir. C’est la coupe du monde de fouteballe, tout simplement

  • Schubert par Radu Lupu


    Le patriarche Radu Lupu, barbe blanche et costume noir, s’avance d’un pas hésitant vers son piano au centre de la Philharmonie de Paris ce soir. Le pianiste roumain va jouer Schubert et nous accompagner avec douceur pour une plongée dans cette musique méditative et profonde. Il effleure les touches et délivre son immense talent mis au service d’une musique d’exception. Radu Lupu devant son piano noir ressemble à Victor-Hugo écrivant sur son écritoire dans son île de Guernesey : des artistes d’exception dédiés à leur art infini !

  • Zao Wou-Ki L’espace est silence au Musée d’art moderne


    Zao-Wou-Ki (1920-2013) est exposé au Musée d’art moderne de Paris. Peintre chinois il quitte son pays en 1948 pour venir s’installer à Paris où il obtiendra la nationalité française et poursuivra son œuvre. Inspiré, notamment, par la musique de Varese, la poésie de Michaud, ses tableaux sont abstraits, sur des toiles de grandes dimensions. Pas facile d’y trouver du sens ; Varèse, Michaud, Zao-Wou-Ki, on est vraiment dans le très abstrait…

  • Le comble du Plouc


    Le comble du plouc : il enturbanne son Aston-Martin garée devant l’entrée du Plazza-Athénée à Paris… !!!

  • Jeff Beck – 2018/06/09 – Paris l’Olympia


    Jeff Beck (73 ans), guitariste britannique de légende donne un concert à Paris. Il remplaça Eric Clapton au sein des Yardbrids en 1965 avant de mener une brillante carrière solo ponctuée de multiples collaborations, notamment avec Bowie sur la dernière tournée de Ziggy Stardust. On l’annonça chez les Rolling Stones et les Pink Floyd, mais il garda son indépendance et poursuivi sa route et son influence sur le rock du XXème siècle. Soliste inspiré il fut un bricoleur de génie à une époque où la technique sonique était loin d’être ce qu’elle devint avec l’apport de l’électronique. Il donne ce soir la pleine mesure de son talent que le temps n’a point effacé, entouré d’un groupe sympathique dont deux femmes à la basse et au violoncelle et un chanteur faisant des apparitions ponctuelle.

    L’homme est guitariste alors il s’agit d’un concert de guitariste qui n’a pas tout à fait le souffle d’une vraie création, mais l’homme a participé à une époque musicale tellement brillante et inspiré tant de ses créateurs que sa simple présence, et sa virtuosité, nous replonge dans un temps que nous avons tant aimé.

  • Un ciel en passant

    Paris – 06/06/2018

  • Propagande boursière et réclame gnangnan

    Dans une interview publiée sur le journal de l’actionnaire d’Orange, le chef d’Orange Bank, nouvellement créée pour diversifier l’activité de l’opérateur de télécommunications, déclare :

    Et parce que les clients d’Orange Bank sont les mieux placés pour mesurer ce qu’il leur est nécessaire et imaginer ce qu’ils aimeraient découvrir, leurs retours sont pris en compte pour faire évoluer et perfectionner notre service. C’est ça la culture de l’innovation ouverte !

    « La culture de l’innovation ouverte ! » : on peut difficilement faire bla-bla plus clinquant et vide de sens. C’est la propagande boursière qui se poursuit d’ailleurs sur le site de la banque (www.orangebank.fr) où des photos de nunuches pleines de dents blanches se mélangent avec une population de jeunes souriants et heureux, illustrant la diversité et l’autosatisfaction, vantent les mérites de « la banque mobile » en alliant tous les poncifs possible en matière de publicité gnangnan et peu imaginative.

    Orange Bank offre sans doute des innovations technologiques et commerciales à ses clients ; il est peu probable que son chef gagne un jour le prix Nobel de l’innovation de la réclame. Souhaitons quand même un avenir heureux à cette nouvelle banque en espérant qu’elle vienne un peu secouer le cocotier du secteur financier dont tomberont sans doute quelques branches mortes !

  • Bryan Ferry – 2018/06/02 – Paris Palais des Congrès


    Joli concert de Bryan Ferry à l’Olympia ce soir, centré sur du Roxy Music et les premiers albums solo de l’artiste, pas de trace par contre de Avonmore ou autre Olympia, qu’importe, on eut aussi s’en passer tant est doux et bon d’entendre de nouveau, encore et encore, Out of the blue, l’enchaînement Wasteland/Windswept ou Bryan siffloter sur le final de Jealous guy !

    Toujours élégant et un peu distant, Ferry nous régale de sa voix brumeuse sur les classiques de notre vie musicale. Quel bonheur ! Laissez agir, il n’en reste que de l’émerveillement.

    Setlist : The Main Thing (Roxy Music song)/ Don’t Stop the Dance/ Ladytron (Roxy Music song)/ Out of the Blue (Roxy Music song)/ Oh Yeah (Roxy Music song)/ A Wasteland/ Windswept/ Bête Noire/ Zamba/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Slave to Love/ Bitter Sweet/ Mamouna/ Re-Make/Re-Model (Roxy Music song)/ Do the Strand (Roxy Music song)/ In Every Dream Home a Heartache/ If There Is Something (Roxy Music song)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Virginia Plain (Roxy Music song)

    Encore : Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Jealous Guy (John Lennon cover)/ Editions of You

  • Israël se déchaîne

    Israël fait parler d’elle ces derniers temps et pas toujours de la meilleure façon. En effet, face à des manifestations palestiniennes faisant mine de traverser leur frontière nord pour envahir Israël l’armée tire sur ces manifestants. Il y a des dizaines de morts et ce, le jour où le pouvoir inaugure en grande pompe la nouvelle ambassade américaine transférée de Tel-Aviv à Jérusalem marquant ainsi le soutien des Etats-Unis au fait que cette ville est la capitale unique d’Israël bien que l’organisation des Nations Unies ait voté plusieurs résolutions prônant Jérusalem comme capitale partagée entre Israël et le futur Etat palestinien à créer.

    Et revient la petite musique religieuse rappelant que « Dieu a promis Israël au peuple juif » et que c’est ainsi, non discutable. C’est la vieille histoire des références historiques (et, pire, bibliques) pour justifier des conquêtes territoriales. Ces références peuvent être vraies, elles n’en sont pas moins subjectives par nature car jusqu’où remonte-t-on, à quel siècle s’arrête-t-on, la parole de quel vainqueur retient-on ? C’est sans fin et ce sont des fondements ne reposant ni sur le droit, ni sur la science, et encore moins sur la raison. Depuis Neandertal il y a toujours eu des peuples ou des tribus qui ont existé sur un territoire avant d’autres, cela ne leur donne pas pour autant de prééminence sur un territoire, sinon il faudrait rendre les Etats-Unis aux Apaches, les Antilles aux Arawaks, la Savoie à l’Italie et l’Algérie aux descendants d’Homo-Sapiens (qui étaient là bien avant les Kabyles).

    Les israéliens et leurs soutiens se réfèrent à l’ancien testament de la Bible pour justifier le « grand Israël », la colonisation des territoires occupés et l’annexion de Jérusalem-Est. Les israéliens et leurs soutiens se réfèrent à l’ancien testament de la Bible pour justifier le « grand Israël », la colonisation des territoires occupés et l’annexion de Jérusalem-Est. Là c’est encore plus contestable car on ne sait même pas qui a écrit ce livre, qui l’a traduit. Il nous dit « Dieu a promis Israël au peuple juif », mais on ne sait pas bien qui est Dieu ; Henri IV ou César, on voit à peu près, mais Dieu on ne l’a jamais vu, il n’a jamais signé de traité international, il ne s’est jamais présenté non plus au cadastre avec un acte de propriété du territoire qu’il « donne au peuple juif » ! Et si l’on commence à croire la Bible sur le « Grand Israël » pourquoi ne faudrait-il pas croire non plus toutes les « vérités » assénées dans le Coran et qui justifient nombre de pratiques d’un autre âge. Non, les livres religieux sont des fables littéraires qui doivent rester dans les bibliothèques à la disposition des théologiens, et n’en point sortir.

    Le gouvernement des Hommes doit reposer sur le droit et la Raison. Et il se trouve que le droit et la Raison après lui avoir octroyé un territoire en 1948 demandent à Israël de revenir dans ses frontières de 1967 en restituant les territoires conquis par la force et de partager Jérusalem comme capitale de deux Etats, dont celui de la Palestine à créer un jour. C’est sans doute la raison pour laquelle les conservateurs israéliens se réfèrent à la Bible plutôt qu’à l’ONU.

    Après les dirigeants visionnaires, Ben Gourion, Golda Meir, Begin, Rabin, Peres, Israël est maintenant dans les mains d’un clan d’affairistes qui balancent entre l’extrême-droite et l’extrême-judaïsme et ne font pas honneur à l’esprit des fondateurs. Ils colonisent à tour de bras en violation des décisions de la communauté internationale pour imposer le fait accompli. Mais il y a un combat qui est perdu d’avance, c’est celui de la natalité : celle des arabes israéliens (20% de la population, en majorité musulmans) comme celle des pays arabes alentour qui est bien supérieure à celle des israéliens non arabes. L’Histoire est tragique et à terme ceux-ci seront balayés à la fois de l’intérieur de leur pays et de l’extérieur, un peu comme les occidentaux qui perdent progressivement de leur puissance face au reste du monde, ce qui n’est d’ailleurs pas une mauvaise nouvelle. Déjà sous cette pression démographique, Israël en est au point de devoir faire faire du tir au pigeon sur la frontière sud sur les arabes de Gaza pour les bloquer. Cela ne pourra pas durer éternellement, il leur faudra bien composer.

    La détestation du monde arabe partagée en Occident, teintée d’une admiration des capacités militaires israéliennes font que ce pays bénéficie d’une indulgence excessive de nos pays. Gageons que l’intelligence et la raison vont prendre un jour le pas sur les sornettes religieuses, bibliques ou coraniques. C’est déjà plus ou moins le cas dans les démocraties occidentales et nombre de pays asiatiques, il n’y a pas de raison que cela ne diffuse pas un jour au Moyen-Orient. Cela prendra des générations mais c’est leur intérêt et celui du reste de la planète.

  • d’ORMESSON Jean, ‘Guide des égarés’.

    Sortie : 2016, Chez : NRF GALLIMARD.

    Au crépuscule de sa vie Jean d’Ormesson aligne quelques pensées dans ce court opuscule sur les grands thèmes de la vie : la disparition, la science, l’espace, l’air, l’eau… la vérité, l’amour, Dieu. C’est léger et inutile comme un livre de Jean d’Ormesson, élégant et éphémère comme son auteur disparu récemment.

    Face aux mystères de l’univers et à la complexité de l’Homme, d’Ormesson fait preuve d’humilité et d’optimisme. Il ne cache pas son émerveillement devant la nature et les sentiments humains, mais, comme nous tous il s’interroge sans fin sur le sens de tout ceci.

  • La force de l’habitude


    C’est maintenant devenu une habitude à chaque attentat islamiste sur le sol français, comme un réflexe pavlovien, Laurent Wauquiez annone la même petite musique sur son compte twitter et les plateaux télévisés, jugeant que le gouvernement, quel qu’il soit d’ailleurs, sous la présidence Macron comme celle de Hollande, ne fait rien et laisse massacrer les citoyens français du fait de son laxisme et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

    On ne peut pas complètement exclure que les dirigeants actuels et passés soient incompétents, que les différentes forces publiques actuelles et passées soient inactives, voir que l’idéologie qui anime les uns et les autres les poussent à laisser commettre des actes de terreur. On ne peut pas complètement l’exclure mais on peut aussi penser plus raisonnablement que beaucoup est fait pour limiter les dégâts : hausse significative des dépenses de sécurité, renforcement considérable des pouvoirs transférés de la justice vers l’administration, etc., et que des résultats tangibles sont atteints même si des meurtres continuent d’être commis au nom de Dieu.

    Rappelons que le parti présidé par M. Wauquiez a majoritairement voté contre la loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » adoptée en octobre 2017. Sur un groupe de 100 députés : 5 ont voté contre, 9 se sont abstenus et 84 ont voté contre.

    Le résultat du vote : https://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/138

    Cette loi a fait passer dans le droit commun toute une série d’exceptions prévues dans l’état d’urgence. Les Républicains voulaient au contraire renforcer l’état d’urgence et le conserver. Du coup, à défaut d’être efficace à l’assemblée nationale Laurent Wauquiez dégoise sur Twitter plutôt que de voter les lois.

  • Attaque terroriste religieuse à Liège

    Un extrémiste islamiste tue ce 29 mai trois personnes, dont deux policières, à Liège en Belgique. Il apparaît qu’il en assassiné une quatrième le matin même, un ancien codétenu retrouvé mort chez lui. L’assaillant est un citoyen belge, repris de justice pour trafic de drogue, et converti à l’islam. Le groupe Etat islamique a revendiqué ce nouvel attentat.

  • La Turquie impérieuse

    L’hebdomadaire Le Point fait sa une sur la Turquie en affichant en page de couverture une photo de son président sous le gros titre : « Le Dictateur – Jusqu’où ira Erdogan ? ». Des manifestants turcs résidents en France, dont on ne sait pas s’ils ont également la nationalité française, forcent des kiosquiers à retirer l’affiche de la une du Point de leurs kiosques. La rédaction du journal explique être victime d’une campagne de « harcèlement, insultes, injures antisémites ». Les affiches sont remises en place après intervention des autorités françaises.

    Cette situation n’est pas véritablement étonnante ni même vraiment inquiétante, mais elle est symptomatique de l’avènement de pratiques propres à ces nouvelles entités appelées parfois « démocratures », alliant démocratie et dictature. Qu’elles soient d’inspiration religieuse comme la Turquie, ou d’obédience plus humaine basée sur la simple volonté de puissance et d’impérialisme comme la Russie, ces nouveaux Etats cherchent à s’imposer au reste du monde non seulement militairement quand ils le peuvent, mais aussi par leurs idées et leurs façons de vivre.

    Ainsi nous voyons des soutiens d’un président turc intervenir violemment à l’étranger contre la liberté d’expression propre à ce pays, la Russie perturber des processus électoraux dans des pays occidentaux pour tenter d’y faire élire des candidats de leurs choix, généralement ceux susceptibles d’amener le chaos dans leurs pays une fois élus (Le Pen en France, Trump aux Etats-Unis) et favoriser l’émergence de la puissance de leurs parrains. A l’extrême, des mouvements terroristes actuels inspirés par des courants religieux moyen-orientaux cherchent aussi à modifier profondément les modes de vie en semant le chaos dans leurs pays cibles, occidentaux souvent mais pas toujours.

    Le concept « d’agit-prop » (agitation et propagande) n’est pas vraiment nouveau et les occidentaux n’ont pas été les derniers à le développer. La radio américaine Voice of America a pendant des années diffusé sa propagande vers les pays du bloc soviétique pour les convaincre d’abandonner Moscou, la France postcoloniale n’a pas lésiné sur les moyens durant des décennies pour faire prospérer la Françafrique après des indépendances données à ses anciennes colonies. Durant la période coloniale, l’Eglise catholique a aussi puissamment œuvré pour convertir, parfois de force, des populations de va-nu-pieds.

    Non, ce qui est nouveau c’est que cette « agit-prop » déroule ses effets perturbateurs désormais au cœur des démocraties occidentales et, qui plus est, menée par les va-nu-pieds d’antan. C’est la réponse du berger à la bergère. Elle caractérise la perte de puissance et d’influence des démocraties occidentales, accentuée en interne par la baisse de moral de leurs populations.

    Que l’on se rassure, tout n’est pas perdu pour l’Occident et son mode de vie et de liberté continue à attirer comme un aimant, la vague actuelle des migrants le démontre jusqu’à l’absurde. Même la Turquie met au premier plan de ses préoccupations politiques l’assouplissement dans la délivrance des visas européens à des citoyens turcs. Il y aurait a priori plus de demandes pour entrer en Europe depuis la Turquie que l’inverse. Il faut laisser passer ces caprices de gamins mal élevés, ces comportements passeront sans doute à la Turquie avant que la France ne s’en fatigue. Ce pays a probablement eu plus à souffrir des temps de sa puissance que de ceux de son ouverture à l’Occident. Il aura plus à regretter de sa « démocrature » que de la démocratie. Son peuple s’en rendra bien compte un jour et reviendra à de meilleurs sentiments.