On avait quitté Amy McDonald il y a huit ans en 2017 au Trianon un peu en manque d’inspiration, pour une prestation pas inoubliable. On la retrouve sur Arte-Concert et son show donné en 2025 à la « Baloise session » plutôt en forme et très bavarde sur scène avec son accent écossais incompréhensible. L’interprète autrice-compositrices continue à sortir des disques et décorer ses bras de tatouages envahissants. Elle a muri, s’est amincie et joue toujours furieusement de sa guitare rythmique. On avait été tellement impressionné à ses débuts à la Maroquinerie en 2008 qu’on reste attachés à sa musique même si ses compostions n’ont plus jamais atteint les sommets de This is the Life.
Catégorie : Musique
-

Lucas Moinet Trio – 2025/10/30 – Paris Le New Morning
La célèbre salle de concert parisienne présente ce soir Lucas Moinet Trio. Son créateur est Lucas Moinet, musicien passionné, qui a créé le Studio 937 autour duquel gravitent ses amis musiciens dont les cinq qui sont présents ici. Eh oui, le trio est en fait composé de six membres. Lucas devait se préoccuper de ses arpèges de guitare pendant ses cours de mathématique à l’école et nous n’avons qu’à nous en féliciter. Un sextet certes, mais un groupe plein de talent, d’enthousiasme et de sincérité. Lucas, multi-instrumentiste, exerce aussi des activités de DJ, de producteur et de patron de studio. Et quand il ne fait pas musique, il semble qu’il ait en plus un métier dans le « civil ».
Le programme du New Morning et les annonces du concert sur les réseaux dits « sociaux » parlent de jazz-fusion, de funk retro-futuriste, de boogie, de house ou de groove romantique, appellations quelque peu abscondes pour les plus de 30 ans mais qu’importe les termes puisque seuls comptent la musique et ceux qui la font et l’interprètent.
Lucas entre en scène, vissé sous sa casquette (portée à l’endroit), pour s’installer devant ses claviers et accueillir les musiciens qui le rejoignent un par un. La bassiste Camille Frillex qui est sans doute la virtuose du groupe, ses cheveux engoncés dans une casquette de titi parisien (portée à l’envers), sa guitare-bass tenue à l’épaule par une bandoulière aux couleurs rasta. Grande bringue impassible son jeu marque le rythme sur lequel se règle la musique. Son solo de fin de concert est éblouissant. La batteuse, Lulu Jems, lunettes noires et cheveux bouclés, tatouages et gros bras, assume un look hard-rock mais délivre un touché jazzy tout en finesse. Elle fait le duo rythmique parfait avec Camille.
Le saxophoniste Lukasa, à la chevelure romantique, souffle de façon flamboyante, et se recoiffe le reste du temps. Il joue parfois en duo avec un trompettiste invité et s’installe aussi derrière le piano à queue sur certains morceaux. Le guitariste « Stupid flash » est tout en riffs secs et pizzicatos délicats.
L’ambiance du New Morning est du genre cabaret pour bandes de jeunes cultivés alors, même pendant le show, les spectateurs continuent à parler (fort) et à se déplacer vers les bars pour remplir leurs pintes. Mais tout le monde est heureux sauf quelques vieux grognons qui auraient pu vivre avec un peu plus de concentration et un peu moins de lumière.
La musique s’écoule avec bonheur et naturel sous la direction discrète de Lucas qui anime le groupe avec un naturel de vieux professionnel. De longs morceaux de 10 mn aux rythmes chaloupés et élégants. Une espèce de muzak méditative qui pousse à la sérénité et à l’apaisement. Lucas pose sa voix vocodée sur l’ensemble. C’est lui qui compose les notes et écrit les mots… que l’on ne comprend pas du fait du traitement de sa voix. Qu’importe, on se laisse porter par la vague chaude et ondulante de cette musique qui nous envahit comme la crème brûlée coule dans le gosier. Il nous dit quelques mots de présentation avant certains morceaux. Sur New Morning, il explique que ses parents l’emmenaient régulièrement assister à des concerts dans cette salle quand il était jeune, lieu qu’il fréquenta encore plus quand il fut en âge d’acheter lui-même ses billets, d’où sa grande émotion d’y jouer ce soir avec ses amis ; Close to You, une histoire d’attachement pour ceux qui tiennent l’un à l’autre, Something about Us, une reprise de Daft Punk qui clôt le concert avant le rappel sur Waste my Time.
Avant la porte de sortie une table propose le disque du groupe Time Travel… uniquement en version vinyle. Les jeunes cultivés d’aujourd’hui n’écoutent plus que des vinyles, format que les vieux grognons ont abandonné avec leur jeunesse il y a cinquante ans. Dehors, un vendredi soir dans le Xe arrondissement parisien, l’atmosphère est aussi très jeune, sans doute un peu moins érudite, plus tournée vers la bière que le jazz-fusion. Il faut de tout pour faire le monde, et surtout de la musique. Merci au Trio et à leurs amis de combler si magnifiquement ce besoin vital !
Voir aussi
-

« Orchestre philharmonique de Radio-France Alice Sara Ott et Jaap von Sweden » à l’auditorium de Radio France
L’Orchestre philharmonique de Radio France est dirigé ce soir par Jaap van Zweden qui, malgré un patronyme de coureur cycliste, est un chef réputé qui prendra la direction musicale de l’orchestre à partir du mois de septembre prochain.
La première œuvre, Arising Dances, est contemporaine, composée par Thierry Escaich, par ailleurs organiste du grand-orgue de Notre-Dame de Paris. Comme souvent, la programmation débute par des incursions dans le monde de la musique classique de notre temps. Ce peut être parfois un peu délicat pour l’oreille mais ce soir le dynamisme de l’orchestre pour cette modernité nous convainc. M. Escaich est présent dans la salle et partage le succès avec l’orchestre.
Le concerto en sol majeur de Maurice Ravel (1875-1937) est ensuite interprété avec la pianiste Alice Sara Ott. Allemande née 1988 d’une mère japonaise, elle apparaît ce soir vêtue d’une longue jupe jaune plissée de laquelle émergent ses pieds nus aux ongles rouges, comme ceux de ses mains qui courent sur le clavier. On connait cette œuvre de génie en trois mouvements, créée en 1932. L’histoire raconte que Maurice Ravel voulait la jouer lui-même pour cette création mais que l’exigence de virtuosité demandée par son compositeur… Ravel Maurice surpassait ses propres talents de pianiste. Il la fit donc interpréter par Marguerite Long à qui le concerto est d’ailleurs dédié.
Près de 90 ans plus tard, le concerto continue de se révéler une œuvre résolument moderne. Il a été, et est toujours, joué par les plus grands. L’interprétation ce soir d’Alice Sara Ott est sublime : enthousiaste sur l’Allegramente, redoutable de vivacité sur le Presto, et bouleversante sur l’Adagio assai, encadré par les deux premiers.
Cet Adagio, commencé par le piano seul se développe avec un duo avec la flûte, puis le hautbois, et la pianiste avant que l’orchestre ne reprenne en sourdine pour murmurer le fond sonore de cette longue phrase du piano qui monte et descend sur le clavier en même temps que les émotions dans nos âmes. La délicatesse de cette composition si mélancolique est fascinante et l’on se prend à rêver que, le moment venu, elle soit jouée pour accompagner notre dernier souffle. Alice l’interprète avec toute sa sensibilité et son talent, la salle est suspendue à son jeu. Cet Adagio est le chef d’œuvre dans le chef d’œuvre.
La pianiste revient pour un « bis » et interprète une Nocturne de John Field, compositeur irlandais contemporain de Beethoven à qui on attribue la paternité du genre « Nocturne » porté ensuite au plus haut par Chopin.
Avec le Concerto pour la main gauche écrit à la même période par Ravel pour un ami pianiste revenu manchot de la 1e guerre mondiale, le Concerto en sol fut la dernière œuvre écrite par le compositeur qui s’épuisa à la tâche, déjà guetté par la maladie cérébrale incurable qui le condamna au silence les quatre dernières années de sa vie et devait l’emporter en 1937.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la pianiste Alice Sara Ott a annoncé, il y a quelques temps, qu’elle était atteinte de sclérose en plaques, une maladie diagnostiquée en janvier 2019.
La seconde partie est consacrée à des extraits des suites du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev (1891-1953), une musique plus légère, rythmée, entraînante, parfois puissante. On en oublie complètement Shakespeare. Le programme nous apprend que la création de l’œuvre en 1936 rencontra un grand succès en URSS, y compris auprès du régime soviétique sui voyait dans les deux amoureux un symbole de liberté, en lutte contre les conventions bourgeoises.
Lire aussi
-

Concert « Duo Mouret Kiani » à Penvern
Le duo Mouret-Kiani qui s’est produit ce soir est composé de deux musiciens qui se sont rencontrés à Leipzig où ils ont fait leurs études de musique et résident tous les deux.
Jean-Baptiste est un baryton-basse, à la belle voix puissante. Il s’est d’abord initié au piano puis passé à l’accordéon dont il joue pour s’accompagner. Il a été chanteur soliste de l’opéra de Leipzig entre 2017 et 2022 avant de devenir musicien itinérant. Pouria Kiani est arrivé d’Iran en Allemagne en 2016. Violoniste et altiste il voulait se perfectionner dans la musique baroque qui n’était pas enseignée dans son pays. Il est aussi luthier et a fabriqué lui-même son alto dans son atelier en Allemagne, un alto à… cinq cordes.
Le fil conducteur du programme présenté ce soir est une œuvre du compositeur baroque François Francoeur (1698-1787) dont les différents mouvements en sol mineur vont ponctuer la soirée et seront interposés entre des œuvres lyriques de Mahler, de Schubert et de Britten dans la même tonalité. Jean-Baptiste introduit les lieders pour les présenter au public. Ce sont souvent des poèmes mis en musique par ces grands compositeurs et magnifiquement chantés ce soir.
Ceux de Mahler sont basés sur « Des Knaben Wunderhorn », un recueil de textes traditionnels allemands : des histoires de jeunes gens courant joyeusement à travers une forêt verdoyante ou chantant un adieu à leur bien-aimé.
On est particulièrement touché par un lied de Schubert sur un poème de Heinrich Heine (Der Doppelgänger), composé alors que le musicien voyait approcher sa fin. Malade, il décède à 31 ans, laissant une œuvre fulgurante et tellement de regrets au sujet des merveilles qu’il aurait pu composer s’il avait vécu plus longtemps. Le tragique de la situation est merveilleusement exprimé par la voix grave de Jean-Baptiste et la lancinance de l’accordéon. Quel bel hommage à Schubert !
Les pièces de Benjamin Britten sont inspirées de musiques traditionnelles de différentes régions d’Angleterre. Leur simplicité les fait tendre à une pureté qui résonne si bien dans la chapelle.
Pouria alterne le violon et l’alto avec talent, posant le son de ses cordes sur celui de l’accordéon. Un duo plein d’originalité tant on est peu habitué à entendre ces deux instruments cohabiter dans un programme classique. Ils ont dû pour ce faire adapter certaines partitions à leur formation instrumentale avec quelques improvisations autour des thèmes originaux.

Jean-Baptiste Mouret 
Pouria Kiani -

« Quatuor Modigliani : Turina, Beethoven et Ravel » au festival de musique de chambre de Perros-Guirec
C’est le quarantième anniversaire du sympathique festival de musique de chambre de Perros-Guirec et ce soir le quatuor Modigliani (deux violons, un alto et un violoncelle) interprète avec talents trois quatuors à cordes. Torina est un compositeur espagnol de Séville, plutôt peu connu des néophytes, qui a connu Ravel et Debussy, et composé ici une musique pour le torero, contemporaine, qui agace parfois un peu l’oreille, mais c’est une prière pour celui qui va combattre, alors l’harmonie n’est pas de mise.
Beethoven est classique parmi les classiques. Loin de l’impérium de ses concertos et de ses sonates pour piano, la formation quatuor à cordes et les compositions pour ce format sont, disons-le, parfois un peu ennuyeuses. Alors on regarde le coucher de soleil sur la sublime baie de Trestraou qui affiche ses splendeurs en arrière-plan des musiciens.

Et puis vient le Ravel après l’entracte, et on revient vers la modernité subtile et joyeuse du compositeur français merveilleusement interprétée par ces jeunes musiciens de ce quartet qui jouent des instruments des XVI et XVIIe siècle.
Et comme Ravel n’a écrit qu’un seul quatuor à cordes, ils reviennent pour un « bis » consacré à Beethoven.
Programme
- Joaquim Turina (1882-1949), Quatuor à cordes op. 43 « La prière du Torero »
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Quatuor à cordes n°2 en sol majeur op.18 n°2
- Maurice Ravel (1875-1937), Quatuor à cordes en fa majeur op. 35
- « Bis » mouvements de deux quatuors à cordes de Beethoven
-
« Quatuor Modigliani : Turina, Beethoven et Ravel » au festival de musique de chambre de Perros-Guirec
-
Le trio Wanderer au festival de musique de chambre de Perros-Guirec
-
« Duo à quatre mains : Anne Queffélec (piano) – Gaspard Dehaene (piano) » au festival de musique de chambre de Perros-Guirec
-
Festival de musique de chambre de Perros-Guirec
-

Concert « Correspon’danses » de Bogdan Nesterenko à Penvern
L’accordéoniste Bogdan Nesterenko a présenté ce soir un nouveau programme et, toujours, son immense talent.
C’est avec une oeuvre de Rameau que le musicien ouvre la soirée qui sera centrée sur la danse, celles de son pays, joyeuses et entraînantes, d’autres venant de Norvège ; mais aussi des pièces plus tragiques, de Dvorak et l’immense Chaconne de Bach, écrite pour le violon, transposée ici pour accordéon, à la construction mathématique en 64 variations répétées sur 256 mesures, interposant une tonalité mineure entre deux majeures, alternant la virtuosité avec la méditation. Elle a été écrite par le Maître Bach à l’occasion de la mort de sa première épouse.
Bogdan marque un temps de silence, les yeux fermés, avant de se lancer dans ce monument de 15 minutes qui exige de son interprète autant de technique musicale que d’engagement émotionnel. Le résultat est époustouflant et laisse le public admiratif.
Deux pièces spécialement écrites pour l’accordéon sont aussi présentées ce soir. L’une d’un compositeur ukrainien, l’autre, plus contemporaine s’intitule « Guernica, 26 avril 1937 ». Ecrite par un compositeur espagnol, elle fait bien entendu référence au bombardement de la ville espagnole de Guernica par l’aviation des forces nazies et mussoliniennes en 1937. La composition évoque dans ses mouvements rapides la brutalité des bombes déversées par les avions félons et dans ses moments plus intimistes, la dévastation qui en résultat.
Entendre ce soir un accordéoniste ukrainien dont le pays est envahi par son voisin, jouer une pièce dédiée à Guernica, symbolise tristement la permanence de la barbarie du monde. Comme souvent, la musique essaye de panser les plaies.
Bogdan est non seulement un musicien flamboyant mais il est aussi un bon pédagogue, prenant le temps de nous expliquer le fonctionnement de son accordéon « Bayan » (ou accordéon de concert), 17 kg de mécanismes métalliques sophistiqués, et de nous présenter les oeuvres jouées ce soir.
Après un « bis » de Rameau, Bodgan reste un bon moment pour partager avec le public. On l’entend même parler ukrainien avec des compatriotes venus ce soir.
-

GOLDSMITH Lynn, ‘Patti Smith Lynn Goldsmith – Avant Easter Après’.
Sortie : 2024, Chez : Rizzoli New York.
Lynn Goldsmith, née en 1948, est une photographe américaine qui a réalisé des photos inoubliables des plus grands artistes du monde du Rock ‘n’ Roll de la seconde moitié du XXe siècle. Elle a aussi composé nombre de pochettes de disques célèbres, dont celle de « Easter » de P. Smith, sorti en 1978, et dont la série est publiée dans l’ouvrage. Elle a noué une relation d’amitié avec Patti que ce livre dévoile par la sensibilité et la qualité de photos qu’il contient. Celles-ci couvrent majoritairement la deuxième moitié des année 1970 alors que Patti Smith est déjà une artiste reconnue et a produit des disques rock de légende avec le Patti Smith Group dont les musiciens lui resteront fidèles durant des décennies et qui figurent sur des clichés dans cet ouvrage.
Les photos de Lynn Goldsmith sont soigneusement posées et travaillées. Tout est pris en compte du décor aux vêtements, en passant par les attitudes. Mais le visage virginal de Patti est au centre de tout. Elle est belle, pure, charismatique, et on sait combien ses mots, ses musiques et ses concerts ont inspiré et guidé plusieurs générations. Seuls quelques textes illustrent ces photos. Ils sont signés Sam Shepard (son ami qui lui apprit la guitare), Fred Sonic Smith(son mari qui lui apprit la clarinette), Lynn Goldsmith et, bien sûr, quelques chansons-poèmes de l’auteure-compositrice-poète.




Lynn & Patti (qui photographie) Tous ces clichés retracent le monde de Patti Smith : ses musiciens, ses amis (souvent les mêmes), sa famille (son frère Todd qui fut son manager et décéda brutalement en 1994, l’année de la disparition de son mari Fred Sonic Smith [fondateur du groupe MC5]), ses inspirateurs (Rimbaud, William Blake, William Burroughs). Bref, l’atmosphère qui a entouré cette artiste exceptionnelle au visage aussi bouleversant que sa vie fut, et continue d’être, tendue vers ses combats poétiques.
Ask the angels who they’re calling
Go ask the angels if they’re calling to thee
Ask the angels while they’re falling
Who that person could possibly beAnd I know you got the feeling
Ask the Angels – Patti Smith 1976
You know, I feel it crawl across the floor
And I know it got you reeling
And honey honey the call is for war
And it’s wild wild wild wild…Des photos remarquables, un livre émouvant.
Voir aussi
-

« Cherubini & Haydn » par le Chœur et l’Orchestre Symphonique de Paris
Cette soirée musicale en l’Eglise Saint-François de Sales de Paris, consacrée à Joseph Haydn (1732-1809) et Luigi Cherubini (1760-1842), nous est offerte par le Chœur et Orchestre Symphonique de Paris sous la direction de Xavier Ricour.
Il fait une chaleur caniculaire aujourd’hui à Paris, le Requiem de Cherubini vient apaiser les esprits par son ampleur et sa majesté. L’œuvre a été composée pour commémorer l’exécution de Louis XVI. Elle présente la spécificité de ne pas comporter de solistes. Le chœur unifié, toujours entre murmure et clameur, se pose avec élégance et à-propos sur la partition de l’orchestre. Ce requiem est très bien interprété ce soir et plonge le public dans un abyme de sombre méditation dont il met un long moment à sortir alors que s’éteigne les dernières notes de l’Agnus Dei.
Programme
Luigi Cherubini
- Requiem en Ut mineur
Joseph Haydn
- Prélude de l’hiver (extrait des Saisons)
- Te Deum n°2 en Ut majeur
-

« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Weronika Chodakowska, piano)
C’est le dernier concert parisien du festival « Chopin au Jardin – 2025 » qui poursuit sa route cette fois-ci à Varsovie pour le mois de juillet avant de revenir en Franc, nous l’espérons tous, l’année prochaine. La programmation est aujourd’hui moins axée sur la virtuosité des précédents dimanches que sur la douceur et le romantisme. Tellement Chopin ! Weronika excelle dans cet exercice et ses trilles s’envolent dans les tilleuls du parc et le cœur des spectateurs.

« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Weronika Chodakowska, piano) Quelle merveilleuse initiative que ce festival, qui de mieux pour représenter la Pologne que Chopin, ce génie qui a vécu une bonne partie de sa vie à Paris où il est d’ailleurs enterré. Parfois la musique réunit les peuples, aussi !
Programme
- Polonaise n° 1 en ut dièse mineur, op. 26
- Nocturne n° 1 en mi mineur, op. 72 posth.
- Prélude n° 7 en la majeur, op. 28
- Prélude n° 15 en ré bémol majeur, op. 28
- Prélude n° 20 en do mineur, op. 28
- Valse en mi bémol majeur (Sostenuto), WN 53
- Ballade n° 2 en fa majeur, op. 38
- Mazurka n° 1 en si bémol majeur, op. 7
- Mazurka n° 4 en la mineur, op. 17 Mazurka n° 4 en fa mineur, op. 68
Voir aussi
-

Ayo – 2025/06/25 – Paris L’Olympia
Ayo c’est la coolitude totale, et encore plus depuis la crise sanitaire de la covid où elle s’est retrouvée confinée à Tahiti. Elle a aimé les charmes de la Polynésie alors elle y a posé son sac et y vit depuis 2020. Elle fait du surf et a adopté les tatouages tribaux, dont deux bandes noires sur ses omoplates qui apparaissent ce soir au-dessus du décolleté de la longue robe moulante beige qu’elle porte pour ce concert.
Comme elle le raconte elle a commencé sa carrière il y a vingt ans avec sa guitare dans le métro parisien, en sautant les portillons car elle n’avait pas de sous pour acheter des tickets. Aujourd’hui elle remplit régulièrement l’Olympia, a sorti sept albums studio et continue à séduire avec une musique soul-jazz-reggae aux intonations tropicales et une personnalité attachante.
Elle est cool Ayo lorsqu’elle entre en scène avec ses deux musiciens (contrebasse et claviers) et son grand et désarmant sourire. Elle démarre le show en frappant un djembé, histoire de rappeler ses origines nigérianes, pour Mami wata. Grande tige, elle ondule sur les rythmes doux et tropicaux et déjà sa voix stylée, un peu fluette dans les aigues, nous envoute de son vibrato délicieux.
Elle est trop cool Ayo quand elle dédie Beautiful à Nina, une jeune femme de Tahiti dont on comprend qu’elle affronte une maladie mentale et qu’elle nous explique dans son français joyeux que « nous sommes parfaits de nos imperfections, nous sommes beaux », qu’il ne faut pas se laisser pervertir par le show des apparences. Et de nous expliquer qu’elle-même, cédant à une mode africaine, a cherché à faire défriser ses cheveux à force de produits chimiques avant de revenir à une coupe naturelle afro, qu’elle porte en chignon ce soir…
Elle est coolisisme Ayo quand elle entame Ghandi, une nouvelle chanson sur la paix, et rend hommage au sage indien qui fut raciste à ses débuts lorsqu’il travailla en Afrique du Sud avant de devenir l’homme de paix que tout le monde connaît ! Elle chante cette chanson en s’aidant d’un papier pour se souvenir des mots en précisant qu’à « 44 ans on a plus sa mémoire d’antan… » Et à la fin de cette longue ode à Ghandi, Ayo descend au milieu des spectateurs, en continuant à chanter, pour échanger de long hugs avec certains d’entre eux.
Un peu trop bavarde, un peu trop naïve, Ayo enchante un public familial et bon enfant. Mais un peu d’innocence ne peut pas faire de mal dans un monde de brutes.


Warmup : Badie, un auteur-compositeur-interprète français au look rasta qui chante un folk-assuré, en jouant de la guitare et un peu d’électronique.
Lire aussi
-

« Bouquet final ! » par le Chœur et l’Orchestre philharmonique de Radio-France
C’est la dernière prestation du chef d’orchestre finlandais Mikko Franck à la tête de l’Orchestre philharmonique de Radio-France dont il assure la direction musicale depuis 2015. Alors il y a de l’émotion ce soir, du brio et une surprise. La présidente de la radio publique vient même prononcer un discours d’adieu avant le concert. Petite faute de goût elle lit celui-ci sur un papier. Pour un discours de trois minutes avec quatre dates à mémoriser on aurait ou s’attendre à un peu plus de naturel de sa part.
La première partie commence avec un choral de Gustav Holst (1874-1934), compositeur britannique peu connu, puissamment chanté par un chœur de 80 chanteurs. Cette œuvre « Choral Hymns from the Rig Veda » est inspiré par la tradition hindoue et son texte fondateur le Rig Veda. La musique est moderne, inhabituelle, un peu dérangeante, écrite pour mettre en valeur la très belle partie chantée.
Le concerto pour piano n°5 « L’Egyptien » de Saint-Saëns (1835-1921) est interprété ensuite par Jean-Yves Thibaudet qui entre en scène vêtue d’une veste noire scintillante dont on apprend dans le programme qu’elle a été créée par Viviane Westwood, styliste égérie du mouvement punk-rock dans les années 1970, décédée en 2022. C’est elle notamment qui a habillé les Sex Pistols avec ces fameux T-shirts déchirés, parfois bariolés de croix gammées… Bref, les costumes de cette créatrice sont assez inhabituels dans le milieu de la musique classique.
Cette tenue flamboyante inspire le soliste qui interprète le concerto avec virtuosité. Ce joyau de la musique française est un enchantement. Le public en redemande et le pianiste revient pour interpréter « Pavane pour une Infante défunte ». De Saint-Saëns à Ravel, la transition est sublime.
La seconde partie démarre par une pièce non mentionnée au programme. Mikko annonce et accueille une violoncelliste « amie » qui interprète avec l’orchestre « Elégie » de Gabriel Fauré. C’est un sommet d’émotion et de déchirement. La composition et son interprétation brisent le cœur de l’assistance.
C’est ensuite « Inlandsis » qui est interprété par l’orchestre. Ecrit par Camille Pépin (née en 1990), cette œuvre révèle la jeune compositrice française qui dédie son inspiration à la sauvegarde de la terre et de la nature. Ainsi, « Inlandsis » (terme qui désigne les immenses étendues de glace pouvant atteindre des milliers de mètres d’épaisseur) est inspiré par la fonte préoccupante des glaces. La pièce est à la hauteur de l’enjeu : tragique et glaçante. Avec cette sonorité moderne et ses accents liquides, « Inlandsis » est l’archétype de ce que la puissance du sentiment musical peut évoquer dans l’âme des auditeurs. Une remarquable composition. Camille Pépin est dans la salle, bien sûr, et est appelée sur la scène par Mikko pour partager le triomphe.
Voir aussi Camille Pépin
La dernière œuvre est le « Don Juan » de Richard Strauss (1864-1949). Cette composition, plus classique, retrace la vie du séducteur, de la frénésie de sa période conquérante à l’angoisse de sa fin qui approche. Elle est menée tambour battant par un orchestre joyeux qui se surpasse sous la baguette de son chef inspiré.
Cette belle programmation dans le très agréable auditorium de Radio-France à taille humaine rencontre un triomphe. Mikko Franck est acclamé pour cette soirée et ses dix ans de direction de l’orchestre. Alors qu’il revient sur scène pour la énième fois sous le tonnerre des applaudissements il fait signe aux musiciens de se lever pour partager ceux-ci, ils refusent, restent assis pour eux aussi applaudir le Maître et le laisser ainsi seul au firmament. Bel hommage.

Le chef finlandais, petite taille, cheveux blonds coupés courts et coiffés en brosse, grosses lunettes, toujours un t-shirt noir sous son smoking, un peu rondouillard, qui dirige le plus souvent assis, va donc aller poursuivre sa carrière sous d’autres cieux tout en revenant certainement à Paris comme chef invité de temps en temps. Il est réputé pour accorder une grande importance au fait de pouvoir se ressourcer dans la nature pour y forger sa créativité. Sans doute les prochains mois lui offriront cette opportunité.
L’auditorium de Radio-France, une espèce d’igloo de bord de Seine, à taille humaine, va continuer à nous ravir, cette fois-ci sous la baguette du chef néerlandais Jaap van Zweden pour l’Orchestre symphonique de Radio-France. Rappelons que Radio-France entretient un deuxième orchestre : l’Orchestre National de France. Pas sûr que les budgets publics de cette maison lui permettent encore longtemps de maintenir ce luxe…
-

SOLIGNY Jérôme, ‘David Bowie – Rainbow+’.
Sortie : 2024, Chez : GM Editions.
Jérôme Soligny, journaliste musical, fan français numéro 1 de David Bowie, recycle ici des articles et interviews majoritairement publiés dans Rock & Folk dont il fut l’une des plumes de talent. Rainbow+ est la suite de deux volumes « Rainbowman » parus en 2019 et 2020. Il a par ailleurs publié des poèmes et des romans. Il a aussi écrit de la musique et sorti quelques disques.
Ce livre est destiné exclusivement aux fans-spécialistes de Bowie qui n’apprennent pas grand-chose à sa lecture mais qui se font toujours plaisir en revenant sur la carrière, la personnalité et les pensées de l’artiste britannique décédé en 2016 qui a marqué son époque.
Le seul problème après avoir fermé la dernière page est qu’il faut maintenant se précipiter pour acquérir les deux premiers volumes « Rainbowman » qui couvrent les périodes 1967-1980 et 1983-2016.

-

« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Mateusz Dubiel, piano)
21 ans, filiforme, cheveux noirs bouclés, des chaussures noires vernies qui brillent sous le soleil du Parc Montsouris, Mateusz Dubiel a interprété Chopin ce soir avec toute la fougue de ses jeunes années. Il est déjà lauréat de moulte concours internationaux, dont deux fois le concours Frédéric Chopin à Varsovie. Le programme était plus enlevé que celui de dimanche dernier aux nuances plus romantiques.

« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Mateusz Dubiel, piano) Mais quel bonheur d’entendre ces kyrielles de notes qui s’échappent du piano à queue comme une pluie de diamants, quelle fascination de suivre les doigts du pianiste qui remontent et descendent le clavier avec une stupéfiante dextérité, fruit d’années de travail. Un compositeur de génie, lui-même pianiste virtuose, interprété par un jeune artiste né 200 ans après son maître. Bravo et longue carrière à Mateusz ! Merci Chopin !!
Programme
- Grande valse brillante en la bémol majeur, op. 34 n° 1
- Nocturne n° 2 en mi bémol majeur, op. 55
- Quatre mazurkas, op. 41
- n° 1 en do dièse mineur
- n° 2 en mi mineur
- n° 3 en si majeur
- n° 4 en la bémol majeur
- Scherzo n° 4 en mi majeur, op. 54
- Étude n° 11 en la mineur, op. 25
- Berceuse en ré bémol majeur, op.57
- Polonaise-Fantaisie en la bémol majeur op. 61

« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Mateusz Dubiel, piano) 
« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Mateusz Dubiel, piano) Lire aussi
-

Massive Attack – 2025/06/09 – Paris Le Zénith
On ne se lassera jamais des concerts de Massive Attack qui provoquent toujours un embrasement de tous nos sens, mais il va falloir commencer à faire évoluer le format et renouveler la musique. Le groupe trip-hop semble un peu négliger la nouveauté et se transforme progressivement en groupe politique, privilégiant ses engagements à la musique, ou transformant celle-là en véhicule de celle-ci. Leur dernier CD, Heligoland, date de 2010, quelques rares EP sont venus meubler le vide depuis, le site web est inaccessible, leurs pages Facebook et Instagram sont converties en organes de soutien à la cause propalestinienne et de lutte pour la transition écologique. Toutes ces convictions du groupe ne sont pas vraiment inédites mais seraient d’autant mieux défendues avec une inspiration musicale renouvelée.
Qu’importe, laissons à ces sombres créateurs la sélection de leurs choix artistiques et politiques. Leurs shows restent un brasier sur lequel s’enflamment nos sens depuis des années, même sur une musique et des mots que nous connaissons par cœur. Leurs messages politiques, eux, évoluent au gré des tristes évènements qui agitent notre monde. Cette année ils sont tournés contre les effets nauséabonds des outils numériques utilisés pour contrôler les individus et, bien sûr, vers l’insoluble et mortifère conflit au Proche-Orient.
C’est d’ailleurs un groupe palestinien qui assure la première partie : 47SOUL ; un trio composé d’un guitariste, un claviériste (sur un instrument petit modèle), un batteur jouant sur un kit électronique. Mi-rap mi-rock, le groupe chauffe la salle plus que correctement !
Le show des Massive Attack débute ensuite sur un mode classique après que les écrans ont fait défiler un déluge de fakenews qui dégoulinent sur l’immense écran en courtes lignes comme les annonces des avions dans un hall d’aéroport, dénonçant ainsi l’insondable océan de cochonneries dans lequel se noient les gogos avec délices. Elles sont sans doute en partie prélevées sur les réseaux dits « sociaux » mais aussi « créées » pour l’occasion pour illustrer l’absurdité de ce monde de la connaissance qui allie la réflexion la plus élaborée avec la bêtise la plus crasse.
Défilent également des slogans de circonstances : Am I real? Can I know? Do I matter? Can I feel? Is choice real? certains en français : Puis-je craindre l’inexistence ? Tous un peu simplistes.
Alors que les musiciens s’installent la vidéo d’intro montre et commente un singe à qui la société Neuralink (détenue et dirigée par Elon Musk) a greffé deux puces dans le cerveau, connectées à un ordinateur. En manipulant un joystick le singe accède à un smoothie à la banane. Son activité neuronale est alors enregistrée, décodée, puis l’ordinateur est débranché et le code est diffusé sans fil vers les puces Neuralink du singe qui continue à actionner le joystick comme si l’ordre venait toujours de l’ordinateur, laissant imaginer sans trop de difficultés ce que pourrait donner cette technologie si elle aboutissait dans des mains malveillantes…
Deux batteries, un claviériste épisodique, le bassiste d’anthologie, deux guitaristes qui remplacent feu Angelo Bruschini, 3D (Robert del Naja) et Daddy G (Grant Marshall), les deux chanteurs-compositeurs historiques du groupe, Horace Andy le rasta au grand cœur et, en appui, Elisabeth Fraser et Deborah Miller pour les morceaux à composantes féminies. 3D porte un t-shirt siglé PRESS sous sa veste noire avec son habituel brassard au bras gauche. Daddy G, longiligne, dégingandé sous son blouson de cuir noir, affiche une démarche chaloupée. Horace, 74 ans, intégralement vêtu de cuir noir, ses dreadlocks gris dégoulinant sur les épaules et une croix autour du cou, toujours chéri par le public, est acclamé sur Angel.
Le concert démarre (et se clot), sur In My Mind, une reprise du DJ italien Gigi D’Agostino dont il n’est joué ici que le premier couplet chanté par 3D avec une voix traitée qui la fait ressembler à celle d’un petit chanteur à la croix de bois…
And in my mind, in my head
In My Mind (Gigi D’Agostino)
This is where we all came from
The dreams we have, the love we share
This is what we’re waiting for
In my mind, in my headS’en suivent Risingson et un concert qui est grosso-modo le même que celui que nous avons eu l’été dernier au festival Rock en Seine 2024. A défaut de surprises, la musique urbaine des Massive Attack reste fascinante et ténébreuse. C’est le son de l’underground, le rythme halluciné de la ville et la noirceur des temps de ce XXIe siècle qui voit monter les angoisses, revenir les peurs et enfler les périls.
Les mots prêtent à toutes interprétations, les écrans flashent de lumières aveuglantes, des vidéos guerrières dénoncent les violences. Sur Black Milk les écrans montrent les rues de Gaza, les champs de bataille ukrainiens, des chaînes d’usines d’armement… La « célèbre » séquence où l’on voit Yahya Sinouar cheminer avec des enfants dans les tunnels de Gaza est acclamée, l’apparition de Netanyahou sur les écrans est sifflée, celle de Staline laisse froid… et la musique obsédante continue à marteler les esprits, sans répit ni espoir et à déverser son métal en fusion sur nos âmes.
Rockwrock, reprise d’Ultravox est un déchaînement de pur rock. Mais les Massive Attack savent aussi revenir vers une mélancolique douceur avec la simplicité instrumentale et la voix sublime d’Elisabeth Fraser (ex-Cocteau Twins) sur Teardrop et ses mots d’amour dont on ne sait pas s’ils sont rêve, désir ou cauchemar.
Love, love is a verb
Love is a doing word
Feathers on my breath
Gentle impulsion
Shakes me, makes me lighter
Feathers on my breathTeardrop on the fire
Feathers on my breathNight, night of matter
Black flowers blossom
Feathers on my breath
Black flowers blossom
Feathers on my breathTeardrop on the fire…
TeardropSur Karmacoma, 3D et Daddy G se passent la parole, leurs voix surnagent dans le beat de bass et de la double batterie, leurs silhouettes se dessinent en contre-jour sur un éclairage tournoyant d’un blanc des plus froids. L’audience est muette de plaisir ou inquiétée par le tempo lent et sauvage. Et c’est avec ce désormais classique du trip-hop qu’ils nous emmènent vers un In My Mind, susurré dans les vocodeurs qui termine le concert. Il n’y aura pas de rappel, les musiciens applaudissent le public et se retirent discrètement laissant les spectateurs abasourdis.
La fin d’un concert de Massive Attack c’est comme refermer la dernière page de La Route de McCarty, nous savons maintenant que nous ne nous en sortirons pas !
Setlist
In My Mind (Gigi D’Agostino cover)/ Risingson/ Girl I Love You (with Horace Andy)/ Black Milk (with Elizabeth Fraser)/ Take It There/ Future Proof/ Song to the Siren (Tim Buckley cover) (with Elizabeth Fraser)/ Inertia Creeps/ Rockwrok (Ultravox cover)/ Angel (with Horace Andy)/ Safe From Harm (with Deborah Miller)/ Unfinished Sympathy (with Deborah Miller)/ Karmacoma/ Teardrop (with Elizabeth Fraser)/ Levels (Avicii cover)/ Group Four (with Elizabeth Fraser)/ In My Mind (Gigi D’Agostino cover)
Warmup : 47Soul
Lire aussi
- Massive Attack au Festival Rock en Seine – 2024/08/24>25 – Paris Parc de Saint-Cloud
- Massive Attack – 2019/02/11et12 – Paris le Zénith
- Massive Attack – 2018/06/29 – Berlin la Zitadelle de Spandau
- Massive Attack – 2016/02/26et27 – Paris le Zénith
- Massive Attack – 2014 – Festival de Carcassonne & Paris la Fête de l’Humanité
- Massive Attack – 2009/11/10et11 – Paris le Zénith
- Massive Attack – 2008/07/23 – Arles les Arènes
- Massive Attack – 2006/08/30 – Paris le Bataclan
- Massive Attack – 1999/09/10 – Paris Bercy
- Le guitariste de Massive Attack est mort
-

« Chopin au Jardin – 2025 » au Parc Montsouris (Kamila Sacharzewska, piano)
La jeune pianiste polonaise Kamila Sacharzewska a ébloui le parc Montsouris pour le deuxième concert du festival « Chopin au Jardin » de cette année 2025. D’une radieuse jeunesse (elle est née en 2001) et d’un talent affirmé elle a interprété son programme à la perfection. Habillée d’une robe longue bleue nuit sur laquelle se déroulent ses longs cheveux châtain-clair, un fin bracelet d’or au poignet gauche, elle s’assoit devant son piano à 17h précises après une courte présentation du festival par la représentante de l’Institut polonais de Paris.

Elle marque une dizaine de secondes de méditation silencieuse avant chaque pièce, le visage fermé tourné vers le clavier blanc et noir. On se demande où la mènent ces instants solitaires, peut-être demande-t-elle la force à Chopin ? Ou alors se récite-t-elle en accéléré les partitions qu’elle n’a pas sur son piano, tout sa prestation est bien entendu servie par cœur ? Kamila joue et vit sa musique avec son âme. Ses yeux bleus fermés elle affiche l’amorce d’un sourire sur les moments romantiques (la Valse brillante), dure et crispée sur les pièces plus énergiques (les Mazurkas) elle joue merveilleusement les compositions éternelles de son compatriote Frédéric Chopin. L’inspiration sans limite du compositeur polonais interprétée avec la grâce et le brio de cette jeune artiste de 24 ans suffisent à remplir de bonheur les spectateurs du Parc Montsouris.


Programme
- Grande valse brillante en mi bémol majeur, op. 18
- Polonaise en fa dièse mineur, op.44
- Quatre mazurkas, op. 24
- n°1 en sol mineur
- n°2 en ut majeur
- n°3 en la bémol majeur
- n°4 en si bémol mineur
- Sonate pour piano n°2 en si bémol mineur, op. 35
- Polonaise en la bémol majeur, op. 53 (Héroïque)
Cette année le rose est la couleur choisie par le festival pour illustrer le programme et les affiches. Oui, définitivement oui, avec l’œuvre gigantesque de Chopin et des interprètes de cet acabit, on peut voir la vie en rose.
Les grilles du parc sont décorées d’un parcours photographique retraçant la vie d’une autre héroïne polonaise : Maria Sktodowska Curie. Deux promenades seront organisées dans Paris sur les traces de Chopin le 15 juin et de Marie Curie le 22. Elles se termineront toutes deux devant le kiosque du parc Montsouris juste pour le démarrage du concert du dimanche.


Lire aussi
Voir aussi
-

Youn Sun Nah au Carré Magique de Lannion
La chanteuse de jazz sud-coréenne Youn Sun Nah a donné ce soir un charmant concert au Carré Magique dans le cadre d’une tournée européenne. Fluette et délicate lorsqu’elle parle à son public, en (bon) français, elle a fait des études musicales et vit partiellement dans l’hexagone, sa voix devient puissante et lyrique lorsqu’elle interprète les standards inscrits à son répertoire. Sous son casque de cheveux teints en blond elle porte une longue chemise de soie bleue-turquoise et un pantalon noir. Elle est accompagnée par Bojan Z, un claviériste virtuose né à Belgrade.
Elle chante Björk, Tim Buckley, Grace Slick (du groupe californien Jefferson Airplane dont elle interprète le classique White Rabbit), Tom Waits Elle reprend My Funny Valentine et la bouleversante chanson Just Sometimes écrite par Norma Windstone en rappel.
I realize sometimes
Just how I miss youElle démarre le show en produisant une petite mélodie répétitive à partir de son téléphone mobile. Elle utilise également sur un morceau un mini-orgue de barbarie, réduit à la taille d’une machine à calculer, qu’elle tient dans une main pendant que l’autre tourne la manivelle qui déclenche la mélodie sur laquelle elle chante délicatement.
Originale dans certains morceaux elle modifie parfois sa voix pour monter dans les trilles vocaux, se bouche le nez pour évoquer la tonalité rocailleuse de Tom Waits, ou pour produire des exercices de bouche en accompagnant Bojan qui joue de la batterie sur le capot et les cordes du piano à queue.
Mais le plus souvent elle est juste une merveilleuse chanteuse, contrôlant parfaitement sa voix, pour interpréter des classiques éternels transcrits pour l’atmosphère jazzy dans laquelle elle excelle.
Voir aussi
-

« Pink Floyd : live at Pompéi – MCMLXXII » de Adrian Maben
C’est la réédition d’un légendaire concert du Pink Floyd… sans public, tourné dans les arènes de Pompéi en 1971. Déjà diffusé en plusieurs versions depuis cinquante ans, cette nouvelle sortie, disponible au cinéma et en DVD, a fait l’objet des restaurations, son et image, permises par la technologie modernes appliquées sur le négatif original en 35mm retrouvé récemment. C’est Steven Wilson qui a été chargé du mixage-son.
Michka Assayas nous a dévoilé les petits secrets du tournage dans son émission Very good trip sur France Inter. Aucun concert n’avait jamais été organisé dans ce site, mais un jour qu’Adrian Maben le visitait, il s’aperçut à la sortie qu’il y avait perdu ses papiers. Il obtint l’autorisation d’y retourner alors que l’amphithéâtre était vide de ses visiteurs et là lui vint l’idée d’un concert dans ce théâtre de plein air millénaire. Ce ne fut pas simple de convaincre le groupe, alors en pleine session d’enregistrement de Dark side of the moon, d’obtenir les autorisations nécessaires des autorités puis d’organiser la logistique nécessaire pour le film. On ne voit dans l’enceinte que les quatre musiciens britanniques et leur équipe de techniciens.
L’enregistrement fut interrompu à de nombreuses reprises par des coupures de courant ce qui laissa quelques loisirs aux musiciens pour se promener sur les pentes du Vésuve au milieu des nappes de lave glougloutantes, et au réalisateur de tourner les images du site et du volcan qui ponctuent le film. Compte tenu de ces difficultés techniques, une partie des morceaux furent joués et enregistrés au retour à… Paris. Cela se remarque clairement même si des images de Pompéi sont diffusées en fond d’écran de la prestation parisienne. Mais qu’importe tant les musiciens et leur musique sont exceptionnels !
Le film est superbe et, si vous n’avez que 10 mn à y consacrer, regarder/écoutez Echoes – part I, extrait du disque Meddle, qui sortit quelques semaines plus tard. On y voit les musiciens torse-nu sous le soleil italien, concentrés sur leur musique, indifférents aux aller-et-venues des techniciens tout autour d’eux. Ils paraissent complètement pénétrés de leur musique psychédélique qu’ils ont interprétée live en une prise unique. La prestation du guitariste David Gilmour, qui vient de remplacer Syd Barrett l’un des cofondateurs du groupe, est impressionnante. Cheveux longs au vent, tel une statue romaine, il extrait de sa guitare et assène le nouvel évangile de ces années 1970 au cours desquelles le Pink Floyd a révolutionné une partie du rock. La partie chantée en duo entre Gilmour et Wright est une vague de douceur après la stridence des solos de guitare. Du grand art !
Overhead the albatross hangs motionless upon the air
And deep beneath the rolling waves
In labyrinths of coral caves
The echo of a distant tide
Comes willowing across the sand
And everything is green and submarineToute une époque, dont la musique n’a rien perdu de son intérêt. D’ailleurs David Gilmour reviendra en solo donner un concert dans ce théâtre en 2016 où, bien sûr, il rejouera des morceaux de choix des Pink Floyd en plus de ses propres compositions.
Ce Live at Pompeii est un chef d’œuvre !
-

La fin des New York Dolls
La mort de David Johansen (1950-2025) ce 28 février marque la fin du groupe de rock New York Dolls dont il était le chanteur et l’un des fondateurs. Formé en 1971 le groupe fut le phare américain du punk avec Iggy Pop et ses Stooges ainsi que le Velvet Underground et les Ramones bien sûr. Outranciers et provocateurs, grimés façon glam rock ils ont effrayés la ménagère de moins de 50 ans et participé à la rénovation du rock à cette période. Le groupe s’est dissout, reformé et redissout mais c’est au cours de la période 1971-1977 qu’il laisse une trace indélébile dans le rock américain. Johansen a aussi mené une carrière solo et sorti également une demi-douzaine de disques en son nom propre.
-

« Ravel Boléro » à la Philharmonie de Paris
C’est le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, le 7 mars 1875 à Cibourne (Pyrénées-Atlantiques). Ce grand compositeur français est célébré un peu partout cette année dont à la Philharmonie de Paris qui organise une exposition centrée sur le Boléro, sa création la plus emblématique. Que les ravéliens se rassurent on y découvre aussi beaucoup d’éléments liés à la personnalité et au génie de Ravel, au-delà du « simple » Boléro.
L’exposition débute par un film de l’œuvre jouée en version orchestrale (sans danseur). Plus loin on découvre une section dédiée à des vidéos de différentes exécutions du Boléro dans le temps et aux films qui se sont inspirés du Boléro ou l’ont tout simplement utilisé comme musique. Il a été composé en 1928 comme une œuvre de ballet à la demande de l’amie de Ravel, Ida Rubinstein, danseuse et mécène du musicien, qui commande une pièce de « caractère espagnol ». Natif du sud-ouest, il connait bien la culture hispanique mais par suite d’un embrouillamini de droits sur des œuvres espagnoles qu’il comptait orchestrer il décide de se lancer dans une œuvre radicalement moderne et originale.
Bâti sur une très simple et obsédante rhythmique à deux mesures, le Boléro n’est fait que d’un seul mouvement composé de deux mélodies qui se succèdent et se répètent avec des instruments de plus en plus nombreux, progressivement surajoutés les uns aux les autres, amenant jusqu’au paroxysme final. La construction est mathématique et retranscrite sur un schéma électronique présenté sur un écran. L’inspiration est exceptionnelle d’inventivité et de puissance.
Dans un commentaire facétieux l’auteur dira :
Mon chef-d’œuvre ? Le Boléro, bien sûr ! Malheureusement, il est vide de musique.
Ravel – 1928Le Boléro est créé en novembre 1928 au Palais Garnier sur une chorégraphie d’Ida Rubinstein. Il rencontre un franc succès auprès de la critique et il reste aujourd’hui mondialement connu et révéré. En 1928 Ravel rencontre déjà un succès international et il peut se permettre des expérimentations. Celle-ci est de toute grandeur. Elle a été composée dans sa maison de Montfort-l’Amaury, C’est dans cette même demeure, l’année suivante, qu’il composera ses deux sublimes concertos pour piano avant que ses troubles neurologiques ne finissent par l’emporter le 28 décembre 1937 après quatre années de quasi-silence musicale dues à la maladie.
De nombreuses photos et quelques vidéos montrent le compositeur dans ses jours heureux, visitant ses régions de prédilection. Ses voyages musicaux, aux Etats-Unis notamment où il dirigea ses œuvres, rencontra George Gershwin et Bessie Smith. Ses inspirations et ses amitiés musicales. De nombreuses photos nous montrent cet homme de petite taille, toujours tiré à quatre épingles, plutôt souriant, souvent fumant une cigarette. Des bibelots exposés dans sa maison de Montfort-l’Amaury sont présentés à la Philharmonie revenant ainsi sur sa passion pour les petits mécanismes et l’extrême souci du détail avec le lequel il les collectionne et les expose. Même son nécessaire de rasage est soigneusement déposé sur un tissu noir-et-blanc rappelant le clavier d’un piano. Ce maniérisme prête à sourire lorsqu’il s’applique à la décoration de sa salle-de-bains mais il provoque l’admiration quand il concerne le strict ordonnancement des thèmes musicaux du Boléro.
Comme toujours, la Philharmonie est à la hauteur des artistes qu’elle expose : visites-guidées, atelier-exposition pour familles, bibliographie spécialisée, concerts. Tout est fait pour faciliter la découverte de ce grand compositeur.
Et même un podcast en cinq épisodes produit avec France Musique : Ravel, le Boléro de la vie.
-

L’Orchestre philharmonique de Strasbourg
Ce soir l’Orchestre philharmonique de Strasbourg (OPS) dirigé par Aziz Shokhakimov (né en 1988 en Ouzbékistan) depuis 2021 accueille le jeune pianiste Alexandre Kantorow (né en 1997 d’un père français d’origine russe, lui-même chef d’orchestre) pour interpréter le concerto pour piano n°4 de Beethoven. Une pièce de Nina Senk, compositrice contemporaine slovène précède Beethoven et la symphonie n°4 de Brahms conclut la soirée après l’entracte.
On est un peu écrasé par ces œuvres et fasciné par le brio des interprètes. Le spectateur néophyte se sent peu qualifié pour porter un jugement sur ce concert, sinon pour faire partager l’intense plaisir ressenti en laissant porter par ces mélodies pour cette soirée musicale agréablement pimentée par la pièce contemporaine de Senk jouée en ouverture.










