Christine McVie est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă 79 ans ce 30 novembre. Elle fut chanteuse et claviĂ©riste du groupe Fleetwood Mac et Ă©pouse de John McVie le bassiste historique du groupe britannico-amĂ©ricain. Créé en 1967 le groupe a rencontrĂ© un franc succĂšs avec Rumours, sorti en 1977 et vendu Ă 40 millions dâexemplaire. Avec Stevie Nicks, amĂ©ricaine, elle formait le duo blond de charme Ă©paulant une solide Ă©quipe de guitaristes masculins dans cette musique blues-rock, Ă la fois percutante et parfois romantique.
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MIZUBAYASHI Akira, ‘Ame brisĂ©e’.
Sortie : 2019, Chez : Editions Gallimard.
Une trĂšs belle et trĂšs sensible histoire de destins croisĂ©s autour de la musique et d’un violon : un gamin japonais voit son pĂšre violoniste arrĂȘtĂ© en 1938 par les soldats de l’empereur menĂ©s par un officier amateur de musique qui va sauver l’enfant. Deux gĂ©nĂ©rations plus tard, en France, l’enfant japonais devenu un vieux luthier installĂ© Ă Paris, retrouve la petite-fille de l’officier japonais, devenue elle-mĂȘme une violoniste de talent. Ensemble ils retrouvent les petits cailloux de leurs histoires semĂ©s par leurs ancĂȘtres au cĆur d’une Ă©poque violente et tragique.
Mizubayashi, nĂ© en 1951, est un Ă©crivain francophone et francophile. Il a rĂ©digĂ© ce roman musical en français et exprime tout en douceur l’imbrication de la musique et des sentiments de ses personnages. Le roman tourne autour du quatuor Rosamunde de Schubert et du concerto pour violon d’Alban Berg « A la mĂ©moire d’un ange » que le lecteur se prĂ©cipite pour Ă©couter religieusement, dĂšs le livre refermĂ©.
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Exposition « Fernande Olivier et Pablo Picasso, dans lâintimitĂ© du Bateau-Lavoir » au MusĂ©e de Montmartre
Fernande Olivier (1881-1966) fut lâune des premiĂšres inspiratrices (et amantes) du jeune peintre Pablo Picasso (1881-1973). ViolĂ©e et Ă©pousĂ©e de force Ă 16 ans elle fuit son sort et se retrouve dans le petit monde artistique de Montmartre qui bouillonne de crĂ©ativitĂ© et de grands hommes en devenir. Elle sert de modĂšle aux peintres naissants du Bateau Lavoir puis sâinstalle chez Picasso avec qui elle vit durant huit ans. En pleine « pĂ©riode rose » le MaĂźtre rĂ©alisera moulte portraits de son inspiratrice. AprĂšs sa rupture avec Picasso elle sâessaie Ă la peinture, certaines Ćuvres sont exposĂ©es dans le musĂ©e, et Ă lâĂ©criture. Elle publie « Picasso et ses amis » en 1933 prĂ©facĂ© de LĂ©autaud, son journal intime posthume sort en 1988.
Le musĂ©e retrace la pĂ©riode vĂ©cue par Fernande Ă Montmartre et lâatmosphĂšre foisonnante dâune Ă©poque rĂ©volue. Des citations de ses Ă©crits sont affichĂ©es sur les murs. Elle a du talent mais ses ouvrages sont Ă©puisĂ©s. Dommage car ses Ă©crits intimes en disent long sur les acteurs cette pĂ©riode.
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« Humpty / Dumpty » de Cyprien Gaillard au Palais de Tokyo
Une visite au Palais de Tokyo est souvent un Ă©vĂšnement improbable offrant des sensations variĂ©es. Au milieu de salles dâexposition dont on se demande toujours si elles sont en travaux ou dans leur dĂ©coration dĂ©finitive, on regarde des « installations » mystĂ©rieuses, souvent incomprĂ©hensibles.
Des artistes exposĂ©s aujourdâhui, le plus abordable semble le français Cyprien Gaillard (nĂ© en 1980) dont les vidĂ©os projetĂ©es sur grand Ă©cran sont intĂ©ressantes mĂȘlant une inspiration urbaine sur le temps qui passe. Le film sur un vol de perruches vertes « à collier » sur fond de façades dâimmeubles en Allemagne est frappant, diffusĂ© sur un Ă©cran gigantesque de quatre mĂštres de haut sur une vingtaine de long, il illustre lâinvasion de ces oiseaux tropicaux, importĂ©s en Europe par accident, qui se sont si bien adaptĂ©s Ă nos villes au climat tempĂ©rĂ©. Ils sont dĂ©sormais familiers de leurs habitants et offrent le magnifique et bruyant spectacle de leurs vols en armadas tout en sâavĂ©rant probablement dĂ©vastateurs pour la biodiversitĂ©. Le beau dĂ©truit le bienâŠ

Plus obscures apparaissent les installations de Guillaume Leblon, Minia Biabiany, Miguel Gomes.
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SAVOYE Jean-Marc, ‘Et toujours elle m’Ă©crivait’.
Jean-Marc Savoye, Ă©diteur, a suivi quinze annĂ©es de psychanalyse, complĂ©tĂ©es par quelques mois d’EMDR (Eye Movement Desentitization and Reprocessing, qui signifie en français « DĂ©sensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires »). Il raconte ce parcours dans son livre, la souffrance et le questionnement face aux Ă©vĂšnements de sa vie qui l’ont amenĂ© Ă devoir consulter : un pĂšre mort alors qu’il avait 5 ans, une paternitĂ© remise en doute car sa mĂšre avait un autre amour, un frĂšre-modĂšle dĂ©cĂ©dĂ© prĂ©maturĂ©ment⊠Pour les affronter et les comprendre il eut besoin d’une aide extĂ©rieure que la psychanalyse semble lui avoir apportĂ©e, au moins partiellement puisqu’il a du la complĂ©ter avec l’EMDR.
Avec ses analystes il partage tout : ses doutes familiaux, ses troubles amoureux, ses angoisses professionnelles. Ces dialogues l’inspirent pour s’orienter dans la vie et, parfois, gagner en autonomie. L’analyse le rassure, l’apaise, lui permet de parler de sa vie Ă un tiers qui l’aide Ă en interprĂ©ter les Ă©lĂ©ments. Des interprĂ©tations qui restent des hypothĂšses, fruits d’Ă©changes qui ont durĂ© des annĂ©es.
PrĂ©sentĂ©e par Savoye, son analyse ressemble Ă une « bĂ©quille », une aide Ă la dĂ©cision pour faire face Ă des Ă©vĂšnements de sa vie qui le laissent dĂ©semparĂ© et impuissant. Il en a un vĂ©ritable besoin et la relation quasi filiale qu’il a partagĂ©e avec ses analystes lui a Ă©tĂ© utile. Le lecteur moins au fait de la psychanalyse reste un peu Ă©bahi de cette si longue et vitale nĂ©cessitĂ© d’analyser sa vie pour vivre un prĂ©sent qui ne semble toutefois pas excessivement tragique au regard de bien d’autres. Plus Ă©tonnant encore : devoir raconter ce long processus dans un livre publiĂ©. La premiĂšre et rapide conclusion Ă en tirer sera au moins que suivre une psychanalyse demande une irrĂ©pressible envie de parler de soi.
Nous sommes en psychanalyse alors on aime jouer avec les mots. Et puis on se refuse Ă admettre le hasard, n’y voyant que des actes manquĂ©s. Comme l’analysant (le patient) raconte son mal-ĂȘtre Ă son travail qu’il passe dans son bureau face Ă son « imper » suspendu Ă une « patĂšre », l’analyste lui prĂ©cise qu’il s’agit en fait de « un pĂšre » et un « pater [en latin] », donc de l’obsession de son pĂšre. Sur la fusion avec sa mĂšre, Savoye dĂ©duit que « tout ce qui vient de la mĂšre passe par la con », d’oĂč la confusion dans la relation avec sa mĂšre. On peut-ĂȘtre fĂ©ru de psychanalyse sans ĂȘtre forcĂ©ment poĂšte !
Le rĂ©cit a Ă©tĂ© publiĂ© en 2017, il se termine par cette constation qui rassure son auteur : « Le passĂ©, enfin, n’est plus mon horizon. » L’histoire ne dit pas s’il a du entamer une cinquiĂšme analyse depuis.
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« Monet â Michell » Ă la Fondation Louis Vuitton
Cette exposition donne Ă voir les Ćuvres de Joan Mitchell (1925â1992), peintre amĂ©ricaine francophile, inspirĂ©e par Claude Monet (1840â1926), Ă travers un parcours croisĂ© au cĆur de leurs peintures mĂ©langĂ©es. Dâordre abstrait, les toiles de Mitchell sont de grande taille, tachetĂ©es de couleurs vives qui rappellent de loin en loin les somptueuses couleurs de NymphĂ©as ou des sublimes fleurs peintes par Monnet devant son jardin de Giverny. Dâailleurs Joan Mitchell sâinstalla Ă Ă VĂ©theuil Ă la fin de sa vie. Depuis sa terrasse elle dominait les courbes de la Seine et la maison de son MaĂźtre.
Cette exposition est lâoccasion de se replonger dans les toiles de Monet et leur féérie de couleurs. La comparaison avec les tableaux de Joan Mitchell est redoutable, câest celle du classisme versus la modernitĂ© abstraite. Le choix entre ces deux tendances relĂšve sans doute dâune question de gĂ©nĂ©ration.
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BORTCHAGOVSKI Alexandre, ‘L’holocauste inachevĂ©, ou comment Staline tenta d’Ă©liminer les juifs d’URSS’.
Alors qu’il passait les 80 ans, le romancier et dramaturge « soviĂ©tique » Alexandre Bortchagovski (nĂ© en 1913, date de dĂ©cĂšs inconnue), Ă©plucha les archives du pouvoir soviĂ©tique sur le dossier du « ComitĂ© antifasciste juif [CAJ] » et les tentatives staliniennes d’annihiler les juifs d’URSS, en commençant par l’Ă©lite reprĂ©sentĂ©e au sein du CAJ. Le rĂ©cit raconte cette plongĂ©e dans l’absurde sanguinaire de la dictature stalinienne lancĂ©e contre les juifs. C’est trĂšs touffu, ponctuĂ© de rĂ©fĂ©rence Ă des personnages inconnus du grand public, du cĂŽtĂ© des victimes comme celui des bourreaux (ceux-ci ayant d’ailleurs vocation Ă devenir Ă leur tour des victimes un jour ou l’autreâŠ), WikipĂ©dia permet d’en savoir un peu plus sur ceux qui sont le plus citĂ©s.
L’antisĂ©mitisme de Staline et de son clan n’a pas pu vraiment s’exprimer durant la seconde guerre mondiale ni dans les quelques annĂ©es qui suivirent tant l’idĂ©e mĂȘme d’antisĂ©mitisme Ă©tait associĂ©e Ă la barbarie nazie. C’est Ă cette Ă©poque qu’avait Ă©tĂ© créé le CAJ, en 1942, avec l’approbation de Staline afin de recueillir le soutien de la communautĂ© juive internationale en faveur d’un soutien Ă l’Union soviĂ©tique dans son combat contre l’Allemagne nazie. Ce ComitĂ© joua son rĂŽle jusqu’Ă la reddition allemande en 1945 puis les choses commencĂšrent Ă se gĂąter Ă la fin des annĂ©es 1940 et l’antisĂ©mitisme du pouvoir russe put s’afficher de nouveau au grand jour.
On voit alors le rĂ©gime stalinien se dĂ©chaĂźner contre le CAJ qui reprĂ©sente l’Ă©lite de la population juive d’URSS et dont les membres sont accusĂ©s de « nationalisme » et de menĂ©es « antisoviĂ©tiques ». Ils sont arrĂȘtĂ©s, torturĂ©s parfois durant plusieurs annĂ©es par des « officiers-instructeurs » jusqu’Ă ce qu’ils signent des aveux circonstanciĂ©s, le plus souvent de vrais tissus de mensonges qu’en l’occurrence ils contesteront lors de leurs procĂšs, ce qui ne les empĂȘchera pas pour la plupart d’ĂȘtre exĂ©cutĂ©s d’une balle dans la nuque. GĂ©nĂ©ralement leurs bourreaux connaĂźtront le mĂȘme sort quelques mois plus tard Ă l’occasion des purges suivantes tant la machine totalitaire avait besoin de coupables Ă se mettre sous la dent pour perdurer.
Rien de bien nouveau pour qui a vu le film « L’aveu » ou est familier avec la littĂ©rature du goulag, mais toujours cette incroyable constance du rĂ©gime soviĂ©tique Ă extorquer des aveux aux contestataires du rĂ©gime, mĂȘme si tout le monde sait qu’ils sont montĂ©s de toutes piĂšces. Le mensonge et la dĂ©sinformation sont Ă©rigĂ©s en mode de fonctionnement et vont gĂ©nĂ©rer des millions de morts.
Au dĂ©tour des pages on apprend que la fille de Staline, Svetlana AllilouĂŻeva, a Ă©pousĂ© un russe d’origine juive en premiĂšres noces dont elle aura un fils et⊠des problĂšmes avec son pĂšre qui voyait cette union d’un trĂšs mauvais Ćil. On dĂ©couvre Ă©galement que Molotov, celui du pacte germano-soviĂ©tique (1939) encore appelĂ© « Ribbentrop-Molotov », du nom des deux ministres des affaires Ă©trangĂšres des Etats signataires, Ă©tait mariĂ© avec une femme juive, communiste pure et dure, soutien du CAJ. ArrĂȘtĂ©e en 1948 pour « trahison » elle est condamnĂ©e Ă l’exil intĂ©rieur au Kazakhstan et le couple est poussĂ© au divorce. Elle sera libĂ©rĂ©e aprĂšs la mort de Staline en 1953 et pourra alors se remarier avec Molotov !
L’Histoire passe, les temps changent, les dictateurs succĂšdent aux autocrates Ă Moscou, mais la politique en Russie reste relativement linĂ©aire. La guerre d’Ukraine dĂ©clenchĂ©e le 24/02/2022 repose sur la mĂȘme volontĂ© de puissance du clan au pouvoir, d’identiques mensonges auto-justificateurs et un similaire mĂ©pris de la vie humaine. Le rĂ©sultat de cette guerre ne devrait pas grandir la FĂ©dĂ©ration de Russie qui a succĂ©dĂ© Ă l’Union soviĂ©tique, hĂ©las !
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« Saint-Omer » dâAlice Diop
Le film relate un fait divers sordide qui a fascinĂ© la rĂ©alisatrice, celui dâune jeune femme dâorigine sĂ©nĂ©galaise, arrivĂ©e enfant de Dakar Ă Paris pour faire des Ă©tudes quâelle semble avoir suivies avec plus ou moins de convictions et dâassiduitĂ©, qui, ayant abandonnĂ© ses Ă©tudes et Ă cours de ressources, sâinstalle chez un ancien expatriĂ© en Afrique, bien plus ĂągĂ© quâelle, dĂ©jĂ mariĂ© et pĂšre dâune fille de lâĂąge de sa maĂźtresse. Cette derniĂšre tombe enceinte et donne naissance, toute seule Ă la maison, Ă une fille quâelle cachera consciencieusement Ă son entourage, avant de la dĂ©poser, Ă deux ans, sur la plage de Saint-Omer alors que la marĂ©e monte. Lâenfant est retrouvĂ©e morte le lendemain, la mĂšre identifiĂ©e et arrĂȘtĂ©e rapidement.
Le film rejoue le procĂšs en cours dâassise dans cette petite ville de province, une prĂ©sidente du tribunal bienveillante essaye de dĂ©mĂȘler lâhistoire entre la thĂšse de lâacte prĂ©mĂ©ditĂ© et du mensonge de lâaccusĂ©e dĂ©fendue par le procureur et celle dâune victime de la nĂ©gligence du pĂšre de lâenfant et du racisme ambiant avancĂ©e par lâavocate. Ce pĂšre tĂ©moigne Ă la barre et affiche sa coupable nĂ©gligence. Câest le syndrome du « vieux blanc », bien connu de ceux qui ont voguĂ© en Afrique, utilisant des gamines locales pour assouvir leur besoin de « chair fraĂźche », le tout dans la lĂąchetĂ© et lâirresponsabilitĂ©.
LâaccusĂ©e parle de ses visions, les psychiatres de « lâaltĂ©ration de son discernement », lâavocate de son errance culturelle dans un environnement tellement Ă©loignĂ© de celui de son pays natal. Cette femme est probablement psychiquement malade, elle sera nĂ©anmoins condamnĂ©e, ce que le film ne dit pas, Ă une peine de 20 annĂ©es, rĂ©duite Ă 15 en appel.
Lâengagement militant de la rĂ©alisatrice, elle-mĂȘme dâorigine sĂ©nĂ©galaise, en faveur de la « diversitĂ© » transparaĂźt dans le film, bien sĂ»r, ce qui ne lâempĂȘche pas de prĂ©senter ce procĂšs dans le cadre dâune justice apaisĂ©e. Lâactrice jouant le rĂŽle de lâaccusĂ©e (Fabienne Kabou, dans la vraie vie) semble mystĂ©rieuse, perdue dans un monde intĂ©rieur inaccessible, reconnaissant lâignominie de son acte tout en dĂ©roulant calmement les Ă©lĂ©ments dâune existence dĂ©calĂ©e en France, sans but ni joie. A lâissue de ce film oppressant, le spectateur quitte la salle en se demandant ce que deviendra cette mĂšre infanticide Ă sa sortie de prison ?
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La Russie bombarde
Avec constance les experts militaires de plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s, gĂ©nĂ©ralement des militaires en retraite ou des journalistes abonnĂ©s à « Air & Cosmos », prĂ©disent la fin des stocks de missiles russes. Avec la mĂȘme rĂ©gularitĂ© ils sont dĂ©mentis par les faits et des pluies de nouveaux missiles sâabattent sur lâUkraine, de façon particuliĂšrement intense aprĂšs chaque revers de lâarmĂ©e russe sur le terrain. La tactique russe est de dĂ©truire les infrastructures dâeau et dâĂ©lectricitĂ© afin de pourrir la vie des civils ukrainiens. Quelques bombes tombent aussi sur les civils, plus ou moins par hasard, faisant des morts et blessĂ©s civils tous les jours dans le pays.
La ville de Kherson est symbolique de cette tactique. Elle a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©e par lâarmĂ©e russe il y a deux semaines devant lâavancĂ©e de lâarmĂ©e ukrainienne mais les soldats russes se sont installĂ©s Ă quelques kilomĂštres, de lâautre cĂŽtĂ© du fleuve, Ă portĂ©e de canons, et ils bombardent consciencieusement depuis tout ce qui bouge Ă Kherson afin de rendre infernale la vie des habitants qui ont eu lâoutrecuidance dâaccueillir les soldats ukrainiens en hĂ©ros aprĂšs leur propre Ă©vacuation. Le cĂŽtĂ© inextricable de ce champ de bataille est que dans lâesprit des Russes la ville de Kherson est⊠russe puisque cette rĂ©gion a Ă©tĂ© annexĂ©e par la FĂ©dĂ©ration. La Russie bombarde la Russie !
Dans le mĂȘme temps, les civils ukrainiens qui le peuvent Ă©vacuent la ville de Kherson qui devient invivable, une petite victoire politique pour Moscou aprĂšs la dĂ©faite militaire.

Lire aussi : Les inextricables imbroglios juridiques de la guerre dâUkraine
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The Cure â 2022/11/28 â Paris Bercy
Assister Ă un concert des Cure en 2022 câest un peu se lancer dans un voyage introspectif sur son passĂ© musical tant ce groupe, formĂ© en 1978, a accompagnĂ© le parcours musical des fans, et tout particuliĂšrement français, The Cure ayant toujours rencontrĂ© un franc succĂšs dans lâhexagone. Alors lorsque les lumiĂšres sâĂ©teignent ce soir et que dĂ©marrent les notes amples de Alone, Bercy frissonne de plaisir. Les musiciens sont en place et joue une longue et lente intro quand Robert Smith fait son entrĂ©e, longeant lentement le bord de la scĂšne, en log et en large, saluant les spectateurs avec un petit sourire timide. Sans sa guitare il est « en civil », un peu pataud avec ses kilos en trop, ses cheveux grisonnants-filasse en bataille, son Ă©ternel rouge-Ă -lĂšvres et ses fringues noires informes. FidĂšle Ă lui-mĂȘme il dĂ©ploie avec son groupe la bande-son de notre vie.

Robert Smith AprĂšs cette affectueuse entrĂ©e en scĂšne il sâapproche du micro pour entamer Alone, une chanson du disque The Lost World dont la sortie est annoncĂ©e depuis plusieurs mois mais sans cesse repoussĂ©e. On est toujours dans le sombre, la marque de fabrique des Cure :
This is the end of every song that we sing
The fire burned out to ash and the stars grown dim with tears
Cold and afraid, the ghosts of all that weâve been
We toast, with bitter dregs, to our emptiness
Roger O’Donnell 
Robert et Simon Gallup 
Perry Bamonte On ne peut pas dire que ces paroles dĂ©bordent dâenthousiasme, pas plus dâailleurs que le rythme pesant et Ă©tirĂ© de sa musique, mais nous sommes Ă un concert des Cure pas Ă un show de chippendales âŠ, et câest comme ça que nous les aimons.
Le groupe est composĂ© du quatuor habituel : Robert Smith (chant et guitare), Simon Gallup (bass), Roger O’Donnell (clavier) et Jason Cooper (batterie), renforcĂ© par Reeves Gabrels (guitare), qui tourne avec le groupe depuis 2012, et le revenant Perry Bamonte (guitare et clavier) qui fit partie du groupe dans les annĂ©es 1990 ; il est un peu relĂ©guĂ© tout seul Ă gauche de la vaste scĂšne de Bercy.
Une fois passĂ©e cette ouverture pour faire patienter encore un peu la sortie du nouveau disque, le groupe rentre dans une setist de bonheur dĂ©clinant 40 annĂ©es de crĂ©ation. LâenchaĂźnement A Night Like This/ Lovesong est sublime ; Lovesong, cette chanson Ă©crite par Robert comme cadeau de mariage Ă sa femme Mary⊠quelle classe ! Charlotte Sometimes, Push, Play for Today sont des sommets qui dĂ©clenchent lâenthousiasme. Robert est serein derriĂšre son micro, en pleine forme vocale. Si son aspect physique a pris quelques rides, sa voix est toujours la mĂȘme, perchĂ©e dans les aigĂŒes, un peu forcĂ©e. Elle sâenvole sous les voutes de Bercy et strie nos Ăąmes, nous ramenant toutes ces chansons sur lesquelles les quinqua/sexa rattachent immanquablement nombre des Ă©tapes de leurs vies.
Une petite frustration quand mĂȘme est la sous-utilisation des talents de Gabrels. Quand on lâa vu sur scĂšne avec Bowie, notamment sur la tournĂ©e Outside, dĂ©velopper une incroyable virtuositĂ© appuyĂ©e par la maĂźtrise de la technique lui permettant de jouer des sons surrĂ©alistes avec seulement six cordes, on reste un peu sur notre faim de le voir entamer seulement deux petits solos sur A night like this et Endsong. Câest un peu maigre mais il nâest sans doute pas facile dâĂȘtre le guitariste dâun groupe menĂ© par un guitariste-chanteur ! Certes, la musique du groupe ne se prĂȘte pas complĂštement Ă la virtuositĂ© guitaristique mais il nous semble que Porl Thomson qui a prĂ©cĂ©dĂ© Gabrels pour les tournĂ©es avait un peu plus lâinitiative sur scĂšne. Et puis, les quelques rares solos jouĂ©s ce soir, et qui ne sont pas sur les disques, sont parfaitement placĂ©s et pourraient ĂȘtre mulitipliĂ©s.

Reeves Gabrels Le show se termine sur Endsong, tirĂ©e Ă©galement du futur CD Ă sortir. Le beat est lent, de lourdes nappes de claviers se rĂ©pandent sur lâassistance, les guitares marquent le rythme rĂ©pĂ©titifs et pesant dans les aigĂŒes et le chant de Robert achĂšve de faire tomber un voile de dĂ©prime au milieu des larsens dĂ©chirantsâŠ
And I’m outside in the dark
Staring at the blood red moon
Remembering the hopes and dreams I had
All I had to do
And wondering what became of that boy
And the world he called his own
And I’m outside in the dark
Wondering how I got so oldItâs all gone, itâs all gone
Nothing left of all I loved
It all feels wrong
Itâs all gone, itâs all gone, itâs all gone
No hopes, no dreams, no world
No, I donât belong
AI donât belong here anymoreMais pour relever le moral, le groupe revient pour deux rappels dâanthologie enchainant tous les tubes de leur si fructueuse carriĂšre et Bercy se dĂ©chaĂźne. Des gamines de 17 ans hurlent et dansent sur In Between Days sorti en 1985âŠ, les moins jeunes sont debouts devant leurs siĂšges, trois gĂ©nĂ©rations de fans rĂ©vĂšrent ce groupe de lĂ©gende qui nous laisse bouillonnants sur Boys Donât Cry⊠aprĂšs 2h45 de musique.

Voir aussi : Les photos de Roberto Setlist : Alone/ Pictures of You/ A Night Like This/ Lovesong/ And Nothing Is Forever/ The Last Day of Summer/ Want/ A Fragile Thing/ Burn/ At Night/ Charlotte Sometimes/ The Figurehead (Robert change « American » for « Parisian » girls)/ A Strange Day/ Push/ Play for Today/ Shake Dog Shake/ From the Edge of the Deep Green Sea/ Endsong
Encore : I Can Never Say Goodbye/ Faith/ A Forest
Encore 2 : Lullaby/ The Walk/ Friday I’m in Love/ Close to Me/ In Between Days/ Just Like Heaven/ Boys Don’t Cry
Warmup : The Twiligth Sad
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Les inextricables imbroglios juridiques de la guerre dâUkraine
A dĂ©faut de victoire nette sur le terrain militaire en Ukraine, la Russie sâefforce de tisser une toile juridique pour lier une partie de lâUkraine Ă son territoire de façon dĂ©sordonnĂ©e et quasiment inextricable. Quand on connaĂźt le peu de cas que fait Moscou du droit international en gĂ©nĂ©ral, cette tactique serait plutĂŽt risible mais est annonciatrice de vraies difficultĂ©s lorsquâil faudra dĂ©faire ce qui a Ă©tĂ© fait, si lâUkraine et la communautĂ© internationale y arrivent un jour et ce, quelque soit lâissue de la guerre en cours.
La constitution russe a Ă©tĂ© modifiĂ©e pour entĂ©riner lâannexion de quatre rĂ©gions ukrainiennes et lâaugmentation consĂ©quente du territoire de la FĂ©dĂ©ration de Russie alors que lâarmĂ©e russe nâavait pas encore conquis la totalitĂ© de ces rĂ©gions. Depuis cette annexion cĂ©lĂ©brĂ©e en grande pompe Ă Moscou par le prĂ©sident russe et les responsables ukrainiens prorusses de ces rĂ©gions, lâarmĂ©e russe a perdu du terrain et mĂȘme abandonnĂ© la ville de Kherson, capitale dâune des quatre rĂ©gions, quâelle ne pouvait plus tenir. Ă la suite de la mobilisation partielle de ses citoyens, la Russie mobilise maintenant aussi dans ces quatre rĂ©gions annexĂ©es mais non totalement conquises puisquâelles sont formellement devenues russes⊠envoyant sur le front contre lâUkraine des citoyens ukrainiens devenus russes comme effet de cette annexion. Tous ne sont sans doute pas prorusses mais se retrouvent potentiellement enrĂŽlĂ©s dans lâarmĂ©e russe du fait dâune simple signature sur un dĂ©cretâŠ
Plus pernicieux, la Russie a saisi lâoccasion de son occupation militaire sur une partie de ces rĂ©gions pour procĂ©der Ă des dĂ©placements de population importants (une ancienne habitude soviĂ©tique) de ces territoires vers la Russie, le plus souvent sous couvert de « raisons humanitaires », pour les « protĂ©ger » des attaques ukrainiennes. Des milliers de passeports russes ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©s Ă des citoyens « ex-ukrainiens » selon lâentendement de Moscou mais pas forcĂ©ment de celui des personnes concernĂ©es. Certains sont prorusses et ne verront pas cette dĂ©marche dâun mauvais Ćil mais ce nâest sĂ»rement pas le cas de tous. Il semble que nombre dâenfants isolĂ©s sans leurs parents (que ceux-ci soient au front sous les couleurs ukrainiennes ou soient morts), aient Ă©tĂ© aussi « dĂ©portĂ©s » en Russie pour y ĂȘtre russifiĂ©s. Le moment venu, il sera bien sĂ»r extrĂȘmement difficile Ă leurs familles de les retrouver et de les rĂ©cupĂ©rer.
Tout ceci est bien entendu en totale contradiction avec le droit international et le « droit de la guerre », mais cela est fait tout de mĂȘme par Moscou qui suit ainsi une feuille de route machiavĂ©lique. Lorsque cette guerre se terminera, et quâelle quâen soit lâissue, ces manĆuvres juridiques sont annonciatrices dâun chaos inĂ©dit probablement accompagnĂ©s de rĂšglements de comptes entre ukrainiens, les prorusses et les fidĂšles Ă Kiev. Ceux-ci ont dâailleurs dĂ©jĂ commencĂ© dans les territoires annexĂ©s repris par lâarmĂ©e ukrainienne.
La France a connu ce genre de circonstances dans son histoire contemporaine avec lâAlsace-Lorraine annexĂ©e par lâAllemagne en 1871 aprĂšs la dĂ©faite française contre la Prusse, rĂ©cupĂ©rĂ©e en 1918 aprĂšs la dĂ©faite allemande, rĂ©occupĂ©e et annexĂ©e de facto par le IIIĂšme Reich en 1940 puis de nouveau « francisĂ©e » en 1945. Cette situation provoqua des tragĂ©dies comme celle des « malgrĂ©-nous » qui furent incorporĂ©s de force sous le drapeau nazi et qui, pour certains, subirent les affres de lâĂ©puration aprĂšs la libĂ©ration en 1945. Ces annexions juridiques sont toujours synonymes de quasi-guerre civile pendant leur dĂ©roulement et aprĂšs, si elles sont « dĂ©montĂ©es ». Il est Ă craindre que cela ne sera guĂšre diffĂ©rent dans les rĂ©gions ukrainiennes reconnues par le droit international et annexĂ©es par la Russie.
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Du genou
Voici un genou de 65 ans qui commence Ă faiblir. Le diagnostic rĂ©sumĂ© est : « Pas de pincement des interlignes articulaires en faveur dâune arthrose. » Le bobo propriĂ©taire du genou est certes rassurĂ© de savoir quâil nâest pas (encore) arthritique mais il nâen reste pas moins que le genou prĂ©sente quelques faiblesses lorsquâil monte lâescalier⊠Il va donc falloir constater progressivement lâarrivĂ©e de tous ces petits maux de lâĂąge qui avance !
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LâassemblĂ©e de Corse devant la violence endĂ©mique qui prospĂšre sur lâile
Dans un discours plutĂŽt novateur, la prĂ©sidente de lâassemblĂ©e de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, a fait un discours ce 18 novembre reconnaissant que la violence gangrĂšne lâile et ses milieux Ă©conomiques et politiques
La session dâaujourdâhui est aussi nĂ©cessaire que difficile. Difficile parce que le sujet principal a trait Ă la violence criminelle, trop souvent Ă la mort et toujours Ă la peur.
Et quâil est difficile pour des Ă©lus et Ă fortiori des citoyens de parler de ce qui est douloureux ou de ce qui impressionne.Difficile aussi parce que cette criminalitĂ© sâexerce sous de multiples formes et que ses modalitĂ©s opĂ©ratoires comme son emprise sont parfois insondables et – quoi quâon en dise – y compris pour des Ă©lus.
Ce discours nâest pas vraiment opĂ©rationnel mais a le mĂ©rite de voir la vĂ©ritĂ© en face. Il Ă©tait temps. Il fait suite Ă un Ă©niĂšme assassinat, celui de Massimu Susini en 2019, un militant anti-mafia dont on nâa jamais retrouvĂ© les assassins comme dâailleurs la plupart des meurtres dans cette ile tant lâomerta traditionnelle est prĂ©gnante.
Un discours politique corse ne serait pas complet sans une attaque de lâEtat français. Celui-ci ne dĂ©roge pas Ă la rĂšgle mais au moins ne tergiverse-t-il pas avec une rĂ©alitĂ© quâil est difficile de contester :
Nous sommes donc aujourdâhui rĂ©unis pour dĂ©battre sans tabou des dĂ©rives mafieuses et pour initier un travail de fond vital Ă la rĂ©solution de la crise que traverse la Corse. Car il existe aujourdâhui en Corse une frange de la population qui fait passer ses intĂ©rĂȘts avant ceux de la Corse et des Corses, intĂ©rĂȘts quâelle dĂ©fend en utilisant une rĂ©serve de violence et qui empĂȘche les uns dâentreprendre, les autres de dĂ©velopper, parfois certains de respirer.
Câest peut-ĂȘtre le dĂ©but dâun processus mais extirper les comportements mafieux et claniques qui rĂ©gissent lâenvironnement de cette rĂ©gion va ĂȘtre long et difficile, dans la mesure oĂč la majoritĂ© de la population entĂ©rinerait la dĂ©marche de son assemblĂ©e, ce qui nâest pas encore gagnĂ© !
Lire le discours complet sur : https://www.isula.corsica/assemblea/Discorsu-di-a-Presidente-di-l-Assemblea-di-Corsica-di-u-18-di-nuvembre-di-u-2022_a935.html
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La transhumance
Comme tous les quatre ans la migration des fans de fouteballe a commencĂ© telle la transhumance des gnous Ă la recherche dâun point dâeau en saison sĂšche dans le cratĂšre du Ngorongoro ! Cette annĂ©e les festivitĂ©s de la baballe se dĂ©roule au Qatar, câest loin, câest cher, le code du travail nây est pas trĂšs protecteur et il fait chaud. Le ministre français de lâintĂ©rieur doit se dĂ©placer pour reprĂ©senter la France Ă la cĂ©rĂ©monie dâouverture de cette gabegie sous le soleil. On se demande vraiment sâil nâa pas mieux Ă faire Ă Paris ? Pourquoi ne pas envoyer la ministre des sports ? Ou simplement un chef de bureau de lâadministration ou personne ?
Nous sommes au Qatar, un pays pas vraiment rĂ©putĂ© pour son amour des droits de lâhomme ou de lâintersectionnalitĂ©, alors le monde humanitaire europĂ©en somme les fouteballeurs de prendre position et les amateurs de boycotter les matchs Ă la tĂ©lĂ©vision. On croit rĂȘver ! Il a dĂ©jĂ fallu quelques annĂ©es, aprĂšs lâattribution de la compĂ©tition, aux autoritĂ©s du fouteballe pour dĂ©couvrir quâau Qatar il fait vraiment trĂšs chaud et dĂ©placer la compĂ©tition en hiver, alors espĂ©rer que trois jours avant le dĂ©but des matchs elles sâĂ©meuvent du sort des LGBTQIA+ ou des travailleurs immigrĂ©s sous les palmiers du Golfe persique câest beaucoup leur demander.
Tout ceci relĂšve dâune faux-jetonnerie de premiĂšre catĂ©gorie. Cette compĂ©tition abrutissante a Ă©tĂ© octroyĂ©e au Qatar il y a dix ans, la France a votĂ© « pour » dans les instances appropriĂ©es, alors menons lĂ Ă son terme et passons Ă autre chose. Au moins ce sont les Qatariens qui dĂ©pensent leur argent public pour construire des stades inutiles. Câest leur tour, lâEurope a dĂ©jĂ suffisamment donnĂ© en la matiĂšre.
Bien sĂ»r, depuis que les hordes de supporters ont commencĂ© leur transhumance vers Doha, plus rien dâautre nâexiste : oubliĂ©e la guerre en Ukraine, les dĂ©ficits budgĂ©taires, les prix de lâĂ©nergie, les rĂ©fugiĂ©s⊠plus rien dâautre nâimporte que la baballe et lâĂ©tat de santĂ© des joueurs français qui tapent dedans. Câest ainsi, mais la bonne nouvelle est tout de mĂȘme quâun peuple qui nâa dâautre horizon que le score de son Ă©quipe de foute dans le monde dâaujourdâhui est un peuple qui ne va pas si mal que ça !
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La quatriĂšme gĂ©nĂ©ration Kim sâannonce en CorĂ©e du Nord
Le prĂ©sident corĂ©en Kim, petit-fils du fondateur de la RĂ©publique populaire dĂ©mocratique de CorĂ©e M. Kim, fils de M. Kim, successeur de celui-ci, est allĂ© assister hier au Ă©niĂšme tir dâun missile balistique (non chargĂ© dâexplosif) en direction des eaux territoriales japonaises. Le missile est bien arrivĂ© Ă destination, provoquant un peu dâĂ©motion en Occident et Ă Tokyo. Jusquâici rien que de trĂšs courant pour un dirigeant de ce pays.
Lâexceptionnel vient de ce quâil Ă©tait cette fois accompagnĂ© de sa jeune fille dont sâĂ©tait la premiĂšre apparition publique (on ignore son prĂ©nom et son Ăąge). Certains parents emmĂšne leurs enfants au manĂšge, dans la famille Kim on les emmĂšne Ă des tirs de missiles balistiques susceptibles dâemporter des charges nuclĂ©aires. Divertissant !
Peut-ĂȘtre la quatriĂšme gĂ©nĂ©ration Kim qui prendra un jour les commandes de la CorĂ©e sera incarnĂ©e par cette adolescente entraperçue devant le missile de papa ? On ne sait pas encore si elle fera appel aux services du coiffeur de famille qui sculpte les coiffures si caractĂ©ristiques de ces dictateurs.
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Patti Smith : âA Book of Daysâ – Guardian Live event
Aujourdâhui sort le dernier livre de Patti Smith : « A Book of Days ». Câest aussi lâanniversaire de son chat Cairo. Miranda Sawyer du journal The Guardian interview lâartiste (75 ans, nĂ©e en 1946) en direct sur le site web du grand quotidien britannique. Pour une somme modique les fans peuvent se connecter pour dĂ©couvrir Patti dans sa chambre raconter ce livre et dâautres petites choses.
A revoir sur :
Photographe depuis toujours, elle a profitĂ© du confinement pour se replonger dans ses nombreux cartons de tirages et en rassembler une sĂ©lection pour cet ouvrage. Dâabord prises au Polaroid Ă soufflet (Land 250) elle est passĂ©e au smartphone lorsquâil nây eut plus de production de pellicule par le fabricant, ce qui est aussi bien pour la planĂšte conclut-elle. Il y a beaucoup de photos des artistes qui lâont inspirĂ©e, de sa famille, de sa fille Jesse (pianiste-chanteuse [qui accompagne parfois sa mĂšre], activiste pro-environnement engagĂ©e, « People Have the Power »), de tous ceux quâelle aime et a aimĂ©s. Mais cela fait beaucoup de morts constate-t-elle, et comme il est important de se souvenir de toutes ces rencontres dĂ©cisives.
William Burroughs, Albertine Sarrazin dont il faut lire le roman « Astragal » Ă la réédition duquel Patti Smith a participĂ©, Fred « Sonic » Smith (le pĂšre de ses deux enfant, guitariste du MC5, dĂ©cĂ©dĂ© dans la fleur de lâĂąge et du talent), Jean Genet, Sam Shepard, Rimbaud, bien sĂ»r, dont elle a rachetĂ© Ă Charleville-MĂ©ziĂšres le terrain sur lequel Ă©tait construite la maison familiale dans laquelle il a Ă©crit « Une saison en enfer » et oĂč il mourut. Une autre maison a Ă©tĂ© reconstruite Ă lâemplacement de lâancienne, ce nâest donc pas lâoriginale mais elle est faĂźte du mĂȘme matĂ©riau. Elle essaye dâen faire une rĂ©sidence pour Ă©crivains lors de discussion en cours avec les pouvoirs publics français.
Elle raconte sa premiĂšre « rencontre » avec Rimbaud, câĂ©tait Ă Philadelphie, elle avait seize ans et est tombĂ© amoureuse devant la photo du poĂšte, dont elle nâavait jamais entendu parler, dans une vitrine. Elle a aussitĂŽt achetĂ© sa poĂ©sie, tout lu, pas tout compris mais perçu lâimportance de cette poĂ©sie qui allait devenir son phare tout au long de sa carriĂšre.
Elle a repris ses voyages aprĂšs la levĂ©e du confinement, ses pauses dans les cafĂ©s pour lire ou Ă©crire au milieu de lâagitation canalisĂ©e du monde : « CafĂ©-life is romantic ».
Elle divulgue avec beaucoup de bienveillance quelques conseils pour les jeunes artistes : « work hard and believe in you ». Bien sĂ»r le milieu artistique a changĂ© depuis ses 20 ans, mais les basiques et lâexigence de la vocation restent les mĂȘmes.

Et alors quâil lui est demandĂ© ce quâelle regrette de nâavoir pas pu faire, elle aurait voulu prendre des photos en AlgĂ©rie ou alors oublier son appareil et simplement regarder autour dâelle : « just be, take a little breath and just live »
Son chat dort sur le lit derriĂšre elle. Elle se lĂšve pour le prendre dans ses bras et chercher un poĂšme de Nerval afin de finir lâinterview. Elle revient avec le chat et la journaliste a trouvĂ© le poĂšme quâelle lit en anglais. En voici la version originale en français :
Le point noir (Gérard de Nerval, Odelettes)
Quiconque a regardé le soleil fixement
Croit voir devant ses yeux voler obstinément
Autour de lui, dans lâair, une tache livide.Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,
Sur la gloire un instant jâosai fixer les yeux :
Un point noir est restĂ© dans mon regard avide.Depuis, mĂȘlĂ©e Ă tout comme un signe de deuil,
Partout, sur quelque endroit que sâarrĂȘte mon Ćil,
Je la vois se poser aussi, la tache noire !Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le bonheur !
Oh ! câest que lâaigle seul â malheur Ă nous, malheur !
Contemple impunĂ©ment le Soleil et la Gloire.Patti interprĂšte ce point noir, cette « tache livide », comme une mĂ©taphore de la charge (burden share), la peine (?), portĂ©e par lâartiste et de conclure :
Be honest. Go forward!
Patti Smith porte ses yeux et son cĆur sur le monde qui change et quâelle essaye de façonner avec obstination sous un jour meilleur. Ses enfants, ses lecteurs, ses spectateurs, suspendus Ă ses mots, se demandent maintenant ce quâil adviendra aprĂšs elle. Peut-ĂȘtre vont-ils devoir prendre sa relĂšve ?
Patti Smith a 75 ans (Cairo en a 21), une grande dame !
Lire aussi sur Patti Smith :
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BERGEN VĂ©ronique, ‘Patti Smith – Horses’.
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MARTIN Xavier, ‘Television – Marquee Moon’.
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GOLDSMITH Lynn, ‘Patti Smith Lynn Goldsmith – Avant Easter AprĂšs’.
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Jack Art & The Time Keepers â 2025/01/23 â Paris PĂ©niche Antipode
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Cale & Bockris, ‘Une autobiographie – John Cale’.
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Bruce Springsteen & The E-Street Band â 2023/05/15 â Paris DĂ©fense Arena
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John Cale â 2023/02/14 â Paris Salle Pleyel
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Tom Verlaine est mort
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DA EMPOLI Giuliano, ‘Le mage du Kremlin.’
Sortie : 2022, Chez : Gallimard – NRF
Giuliano da Empoli est un journaliste et essayiste italien travaillant sur la gĂ©opolitique. « Le mage du Kremlin » est son premier roman qui lui fut inspirĂ© par Vladislav Sourkov, nĂ© en 1964, ex-conseiller du prĂ©sident Poutine au Kremlin durant 20 ans, et mĂȘme un moment ministre, avant de rendre rĂ©cemment son tablier. Il se dit qu’il fut l’un des inspirateur de la stratĂ©gie russe belliqueuse Ă l’encontre de l’Ukraine, notamment. A priori, ce n’Ă©tait pas Ă proprement parler un poĂšteâŠ
La fiction est construite sur un long monologue de Vadim Baranov, dont on ne sait pas bien s’il est totalement libre de ses mouvements, aprĂšs s’ĂȘtre retirĂ© des cercles du pouvoir dans sa datcha. Il dĂ©crit ceux-ci tels qu’on les imagine depuis l’Ouest, notamment les oligarques peints comme une bande de personnages douteux, incultes, attirĂ©s par le clinquant, l’argent et l’illusion de leur influence.
Baranov est une sorte de conseiller en communication qui intĂšgre le Kremlin aprĂšs avoir travaillĂ© dans les mĂ©dias d’un de ces oligarques (Boris Berezovsky) retrouvĂ© « suicidé » dans sa rĂ©sidence londonienne (dans la fiction comme dans la vraie vie). Au cĆur du pouvoir, son action est censĂ©e attirer les bonnes grĂąces du milieu artistique, de la jeunesse et d’autres franges russes en faveur du prĂ©sident Poutine. Il assiste (et participe) Ă la transformation du monarque, d’une marionnette dans les mains de Berezovsky, mis en place par l’oligarque pour servir ses intĂ©rĂȘts financiers, Ă un tsar implacable et sauvage, obsĂ©dĂ© par l’idĂ©e de rĂ©tablir la peur que doit inspirer la FĂ©dĂ©ration de Russie, tant Ă l’intĂ©rieur de ses frontiĂšres que sur la scĂšne internationale, Ă la hauteur de celle qu’inspirait l’URSS.
Baranov relate les pensĂ©es du prince avide de rĂ©tablir « la verticale » de son pouvoir, loin des « gadgets » occidentaux que sont la dĂ©mocratie et le dĂ©bat. L’objectif est la revanche : contre l’Occident qui tente de rĂ©duire la grande Russie Ă une usine du tiers-monde, contre les oligarques russes qui veulent transformer le pays en supermarchĂ© low-cost, contre le petit peuple qui n’a pas de convictionâŠ
Ce roman prĂ©sente le tsar du Kremlin et ses proches comme un nid de serpents Ă sonnettes, prĂȘts Ă tout pour se maintenir dans leurs fauteuils, animĂ©s d’une idĂ©ologie de CafĂ© du commerce et tournĂ©s vers le pouvoir, celui de l’argent tape-Ă -l’Ćil pour les oligarques, celui de la puissance vengeresse pour les politiques. Le prĂ©sident Poutine est prĂ©sentĂ© comme un animal Ă sang froid, parfois capable d’ironie, thĂ©orisant sa politique comme un combat titanesque pour rendre Ă la Russie son lustre d’antan, et Ă son prĂ©sident son rang d’ogre du monde inspirant l’effroi aprĂšs les prĂ©sidences rocambolesques de Eltsine (alcoolique) et Gorbatchev (dĂ©faitiste).
On ne sait pas bien ce qu’il en est dans la « vraie vie » tant le Kremlin cultive l’opacitĂ© sur ses modes de fonctionnement depuis des dĂ©cennies. Le prĂ©sident, ses ministres et conseillers doivent quand mĂȘme passer aussi un peu de temps dans leurs journĂ©es Ă gĂ©rer les affaires courantes de la FĂ©dĂ©ration de Russie, le plus vaste Etat de la planĂšte, faire des choses plus triviales et moins glamours que de rĂ©pandre une capacitĂ© de nuisance Ă travers la planĂšte ou faire la guerre Ă ses voisins ? Peut-ĂȘtre mĂȘme dĂźnent-ils de temps en temps avec leurs Ă©pouses et leurs enfants ? Le tsar est prĂ©sentĂ© exclusivement comme un deus ex-machina isolĂ© dans les tours du Kremlin oĂč il donne l’impression de se rĂ©veiller tous les matins avec comme seul question du jour : « comment vais-je pouvoir nuire Ă mon prochain aujourd’hui plus qu’hier ? » Peut-ĂȘtre est-ce ainsi, peut-ĂȘtre pas !
Le livre se termine sur l’image de Baranov caressant tendrement les cheveux blonds de fille de 10 ans en expliquant qu’elle est dĂ©sormais l’unique sens de sa vie et la raison pour laquelle il a abandonnĂ© son poste de conseiller du prince. Le lecteur Ă©crase une larme en refermant ce livre haletant, Ă©clairĂ© aussi par l’actualitĂ©âŠ
Souriez, ce n’est qu’un roman !
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La pollution des neurones par les médias « populaires »
Cyril Hanouna, animateur de lâĂ©mission « Touche pas Ă mon poste » (TPMP) sur la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision C8 fait de nouveau lâactualitĂ© ces derniers temps, largement aidĂ© par le monde politique qui adore venir se vautrer dans ses Ă©missions et comparaĂźtre face Ă ce trublion et sa bande de « chroniqueurs » dont la stupiditĂ© racoleuse ferait passer le CafĂ© du Commerce du coin de la rue pour une assemblĂ©e de prix Nobel.
On a vu rĂ©cemment son Ă©mission sâembraser sur un incident qui sâĂ©tait produit le jour mĂȘme Ă lâassemblĂ©e nationale lorsquâun dĂ©putĂ© dâextrĂȘme droite avait criĂ© « quâil(s) retourne(nt) en Afrique » alors quâun dĂ©putĂ© dâextrĂȘme gauche, « issu de la diversité », posait une question au gouvernement sur le sauvetage en cours de migrants dans la mer MĂ©diterranĂ©e, sans que lâon ne sache vraiment si cette invective dâun goĂ»t douteux sâadressait au dĂ©putĂ© ou aux migrants dont il parlait. Le soir mĂȘme, le dĂ©putĂ© victime de cet incident paradait chez Hanouna et un autre dĂ©putĂ© issu du parti de lâattaquant sâexpliquait sur la chaĂźne CNEWS dans lâĂ©mission « Lâheure des pros » animĂ©e par un journaliste spĂ©cialisĂ© dans le fouteballe, Pascal Praud, lui aussi entourĂ© dâune bande de commĂšres incapables de la moindre rĂ©flexion, prĂ©fĂ©rant dĂ©vider des slogans et des poncifs comme sâil en pleuvait. Les deux chaĂźnes appartiennent au groupe de lâhomme dâaffaires breton BollorĂ©, trĂšs investi dans les mĂ©dias.
Nouvel incident cette semaine, recevant un des anciens « animateurs » de TPMP, Ă©lu dĂ©putĂ© dâextrĂȘme gauche cette annĂ©e, la encore sur le sujet sensible de lâimmigration, M. Hanouna, lui-mĂȘme « issue de la diversité », sâoppose fortement audit dĂ©putĂ© qui avait citĂ© le nom de BollorĂ© comme membre de la caste des « trĂšs riches qui possĂšdent autant que des millions de pauvres », le ton monte entre les deux lascars aussi inconsistants lâun que lâautre, Hanouna dĂ©fendant la main qui le nourrit et accusant le dĂ©putĂ© de cracher dans la soupe, plus personne ne sâĂ©coute et M. Hanouna injurie son partenaire qui quitte la scĂšne. Spectacle terminĂ© pour la soirĂ©e !
Un animateur de tĂ©lĂ©vision apostrophant un dĂ©putĂ© de la RĂ©publique Ă coups de « Tâes une merde », « Ferme ta gueule » ou « Tâes un nase » crĂ©e un peu dâĂ©motion dans le microcosme politico-audiovisuel. Vu le calibre des deux belligĂ©rants, leur conflit est de peu dâimportance mais il est cependant inquiĂ©tant que la politique française se fasse de plus en plus sur des plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s dont le niveau de rĂ©flexion est tout simplement consternant et varie de façon inversement proportionnelle aux scores dâaudience.
Ces Ă©missions Ă©tant trĂšs regardĂ©es, les politiques rĂ©torquent quây participer est le seul moyen de toucher la catĂ©gorie des citoyens qui les regardent, ceux-ci ne lisant pas Le Monde ou Le Figaro, et ne suivant pas non plus le journal tĂ©lĂ©visĂ© dâArte⊠Ainsi on a vu plusieurs candidats Ă lâĂ©lection prĂ©sidentielle 2022 dĂ©filer Ă TPMP pour des dĂ©bats avec M. Hanouna, son public et divers autres intervenants. Ils choisissent de compromettre avec la bĂȘtise mais câest un choix cornĂ©lien.
Plus troublante est lâoption retenue par M. BollorĂ© et sa famille, qui ont la haute main sur la programmation de ces deux chaĂźnes et sur le recrutement de ses animateurs, qui choisissent de promouvoir sciemment lâabrutissement des masses en finançant ces Ă©missions et leurs animateurs qui tirent vers le bas le niveau intellectuel des tĂ©lĂ©spectateurs. On ne peut guĂšre soupçonner les BollorĂ© de stupiditĂ© et il est peu probable que leurs enfants regardent TPMP le soir aprĂšs leurs devoirs. On ne va pas non plus leur reprocher leur positionnement conservateur et catholique traditionnel mais on sâinterroge vĂ©ritablement sur cette stratĂ©gie de favoriser les mĂ©dias abrutissants. Le marchĂ© mĂ©diatique du racolage populaire est certainement plus rentable pour le privĂ© que celui de lâintelligence. Sans doute aussi les BollorĂ© espĂšrent-ils quâĂ force de favoriser les bas instincts des Ă©lecteurs ceux-ci aillent voter pour des partis de droite ? Câest dâailleurs ce qui sâest plus ou moins passĂ© en France lors des Ă©lection prĂ©sidentielle et lĂ©gislatives de 2022. Câest ce qui se passe dans dâautres pays proches depuis quelques annĂ©es.
Cette tactique de parier sur la bĂȘtise des Ă©lecteurs semble payante Ă court terme pour ses promoteurs. On a du mal Ă imaginer quâelle le soit Ă plus long terme pour le pays. Ceux qui la promeuvent font preuve dâun cynisme Ă toute Ă©preuve et pourraient sâen mordre les doigts un jour sâils Ă©taient capables dâautocritique.
En attendant, peut-on espĂ©rer quâun pays oĂč Cyril Hanouna affiche 6 millions dâabonnĂ©s sur son compte Twitter, le fouteballeur MâBappĂ© 9 millions, ou « lâinfluenceuse » Nabilla 2,7 millions, puisse sortir de la spirale de dĂ©cadence dans laquelle il est engagé ? Sans doute non, hĂ©las !
On pourra peut-ĂȘtre se rassurer un peu en constatant que Kim Kardashian a 74,1 millions dâabonnĂ©s Ă ce jourâŠ

Lire aussi : Le crĂ©puscule des bobos, lâenvol des ploucs !





