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  • Le chaos aprĂšs la bataille

    Le chaos aprĂšs la bataille

    La guerre d’Ukraine va bien se terminer un jour. On ignore quand. La seule certitude Ă  ce jour est que l’ensemble Ukraine-Russie sera exsangue aprĂšs la bataille et qu’il faudra des annĂ©es, voir des dĂ©cennies, pour redonner bonne figure Ă  ces deux pays. Le chaos sera total et durable, sans parler des dommages collatĂ©raux subis par le reste de la planĂšte qui a pris parti pour l’un ou l’autre des belligĂ©rants.

    Le dĂ©sastre va ĂȘtre humain : on parle dĂ©jĂ  de bilans Ă  ce jour de 20 Ă  30 000 morts de chaque cĂŽtĂ© et la statistique militaire a l’habitude de multiplier le chiffre des morts par deux ou par trois pour estimer le nombre de blessĂ©s. Il sera aussi financier, et dans les grandes largeurs, pour reconstruire l’Ukraine et financer son Etat et les contribuables europĂ©ens sont les meilleurs candidats pour assurer ce financement. Par ailleurs, il est plus que probable que les aides actuelles, budgĂ©taires et en matĂ©riels militaires, ne seront jamais remboursĂ©es. Le chaos sera probablement aussi militaire, des quantitĂ©s considĂ©rables d’armements, souvent sophistiquĂ©s, ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©s sur l’Ukraine et personne ne peut assurer que l’Etat ukrainien, ou ce qu’il en restera aprĂšs la guerre, sera capable de contrĂŽler ces Ă©quipements et d’éviter qu’ils ne soient un jour retournĂ©s contre leurs donateurs ou se retrouver dans les mains des mafieux de tous ordres qui pullulent Ă  l’Ouest comme Ă  l’Est.

    Le chaos sera aussi politique tant l’Union europĂ©enne va ĂȘtre bouleversĂ©e par les suites de cette guerre et, notamment, par l’adhĂ©sion annoncĂ©e de l’Ukraine et de la Moldavie et celles des pays balkaniques occidentaux Ă  venir dĂ©jĂ  inscrits sur la liste (l’Albanie, la MacĂ©doine du Nord et la Bosnie-HerzĂ©govine, en attendant la Serbie, le Kosovo et le MontĂ©nĂ©gro). En cas de victoire ukrainienne on peut facilement imaginer la capacitĂ© de Kiev quand elle siĂ©gera Ă  Bruxelles Ă  se draper derriĂšre le sang versĂ© pour s’ĂȘtre battu « pour prĂ©server l’Europe de la barbarie russe Â». Qui osera s’opposer aux demandes de l’Ukraine dans les instances europĂ©ennes ? Et mĂȘme si les pays occidentaux de l’Europe avaient l’audace de le faire ils seraient rapidement emportĂ©s par la vague de l’Europe centrale et orientale. Et si l’Ukraine perdait la guerre, on ne sait pas encore bien ce qui adviendrait Ă  l’Occident


    Pour la Russie le chaos semble aussi inĂ©vitable. Si elle perd la guerre il est probable que le prĂ©sident actuel et son clan seront dĂ©posĂ©s, voire Ă©liminĂ©s, et qui sait qui les remplacera, ni quelles seront les rĂ©actions du peuple, des peuples de la FĂ©dĂ©ration ? Si elle gagne elle devra occuper une Ukraine ou une partie d’Ukraine dont un pourcentage de la population lui sera hostile comme le reste de l’Occident qui maintiendrait alors ses sanctions Ă©conomiques.

    Le mieux aurait Ă©tĂ© de ne pas faire cette guerre surtout que la FĂ©dĂ©ration de Russie est dĂ©jĂ  le plus grand pays de la planĂšte, quel besoin avait-elle de vouloir encore augmenter son territoire sinon pour satisfaire des Ă©gos surdimensionnĂ©s de dirigeants de rencontre prĂ©occupĂ©s de laisser des traces dans une histoire qu’ils s’évertuent Ă  réécrire avec le soutien plus ou moins affichĂ© d’une partie de leurs citoyens ? Comme tout ceci est vain et inutile !

    Lire aussi : Une premiĂšre victoire de la Russie

  • Le fouteballe avant tout

    Le fouteballe avant tout

    Emoi en France : malgrĂ© les grĂšves des transports, le blocage des raffineries de pĂ©trole, l’inflation, les 300 000 emplois disponibles non dotĂ©s, la guerre d’Ukraine
 tout est oubliĂ© car un fouteballeur français a obtenu le ballon d’or, sorte de prix corporatiste dĂ©cernĂ© par un jury de journalistes, sans doute spĂ©cialistes des jeux de baballe. MĂȘme France Culture en a fait ses gros titres c’est dire le niveau de soumission de la nation française au monde du fouteballe plus connu pour ses affaires judiciaires, de mƓurs, pour la stupiditĂ© clinquante de ses vedettes et la corruption de ses Ă©lites, que pour ses valeurs sportives.

    Ce fouteux français affiche 17,9 millions de suiveurs de son compte Twitter. Bonne nouvelle il est loin derriĂšre Kim Kardashian qui en a 73,8 millions. Cyril Hanouna en a 6 millions et Nabilla 2,7 millions. Comment un pays qui compte tant de fans de Cyril Hanouna et de Nabilla peut-il encore espĂ©rer s’en sortir ? Ces scores en rĂ©seaux dits « sociaux » en disent long sur le niveau d’abrutissement du pays.

    On a beaucoup moins parlĂ© de la ballonne d’or, une citoyenne espagnole, qui est beaucoup moins barbue que son homologue masculin.

  • « Hallelujah, les mots de Leonard Cohen » de Dayna Goldfine et Dan Geller

    « Hallelujah, les mots de Leonard Cohen » de Dayna Goldfine et Dan Geller

    Un merveilleux documentaire sur Leonard Cohen (1934-2016), immense poĂšte-musicien canadien qui a illuminĂ© la vie et l’ñme de plusieurs gĂ©nĂ©rations. Le film est construit autour du parcours chaotique de son immense tube « Hallelujah », dont l’écriture lui prit sept annĂ©es. Outre l’histoire de cette Ɠuvre et de ses multiples reprises, c’est surtout l’occasion de revoir et réécouter cet artiste exceptionnel. Sa simple voix parlĂ©e, grave et rocailleuse, est Ă©mouvante, ses interrogations mystiques sont vertigineuses, son humour Ă  froid et souriant est dĂ©sarmant, sa modestie (parfois un peu forcĂ©e, mais toujours dans l’ironie) est touchante. Mais surtout, son parcours de la poĂ©sie au bouddhisme, de la musique Ă  ses rĂ©flexions sur le sens de notre passage sur terre, en passant par sa relation Ă  la Torah et, bien sĂ»r, les femmes de sa vie dont la frĂ©quentation l’a tant aidĂ© dans son Ă©criture et sa crĂ©ativitĂ©, le documentaire survole cet homme simple auteur d’une Ɠuvre de lĂ©gende consignĂ©e dans une multitude de carnets noircis de ses poĂšmes et de ses rĂ©flexions sur lesquels il revient toujours, fruit de l’intense travail d’une vie de 82 annĂ©es, si riche et prolifique.

    A « L’Escurial » dans le XIIIĂšme arrondissement qui prĂ©sente ce documentaire en avant-premiĂšre, Barbara Carlotti interprĂšte « Hallelujah » avec un guitariste en introduction du film. C’est respectueux et bien menĂ©.

    Lire aussi : Leonard Cohen est décédé

  • « Sans filtre (Triangle of Sadness) » de Ruben Östlund

    « Sans filtre (Triangle of Sadness) » de Ruben Östlund

    La palme d’or du festival de Cannes 2022 du rĂ©alisateur suĂ©dois Ruben Östlund : une fable en trois actes sur le cynisme du monde capitaliste, la futilitĂ© de ses acteurs et l’inĂ©galitĂ© rĂ©gnant sur la planĂšte entre le Nord et le Sud. Un couple (1 homme et 1 femme) de mannequins superficiels, elle est « influenceuses Â» c’est-Ă -dire vendeuse de vide et de sa bonne mine, se retrouvent passagers sur une croisiĂšre de luxe. Ils y rencontrent un vieux couple de britanniques enrichis par le business des mines anti-personnelles, un oligarque russe riche et clinquant recyclĂ© avec succĂšs dans le capitalisme, le capitaine du navire, alcoolique et marxiste
 bref, un concentrĂ© de l’Occident arrogant, servi par une armĂ©e de serviteurs philippins.

    Le bateau est pris dans une tempĂȘte (acte II), attaquĂ© par des pirates et quelques survivants Ă©chouent sur une Ăźle en principe « dĂ©serte Â» (acte III) oĂč la responsable philippine des toilettes du bateau va prendre le pouvoir car la seule sachant pĂȘcher et faire le feu. La conclusion du film n’est pas vraiment optimiste


    Le film est drĂŽle et grinçant, les images parfois crues, la critique de notre sociĂ©tĂ© et l’appel aux bons sentiments un peu faciles. Pas sĂ»r que cette deuxiĂšme palme d’or dĂ©livrĂ©e au rĂ©alisateur suĂ©dois soit vĂ©ritablement mĂ©ritĂ©e, mais le film est de qualitĂ©.

  • Le Royaume-Uni en difficultĂ©s

    Le Royaume-Uni en difficultés

    Une nouvelle premiĂšre ministre conservatrice, Liz Truss, dĂ©signĂ©e en catimini aprĂšs la dĂ©mission sans gloire de son prĂ©dĂ©cesseur, Boris Johnson, a lancĂ© un collectif budgĂ©taire bĂąclĂ© dĂ©livrant des baisses d’impĂŽt pour les plus riche et renonçant Ă  l’augmentation d’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s dĂ©cidĂ©e par le gouvernement prĂ©cĂ©dent pour financer l’accroissement des dĂ©penses du Royaume liĂ©e Ă  la crise sanitaire.

    Toutes ces annonces de baisses (ou de non-augmentations) d’impĂŽt ont un peu inquiĂ©tĂ© Monsieur le MarchĂ© qui est d’habitude plutĂŽt gourmand de ce genre de politique fiscale favorisant les investisseurs. Du coup la livre sterling a perdu beaucoup de sa valeur et les taux d’intĂ©rĂȘt de la dette britannique ont augmentĂ©. La banque centrale britannique a initiĂ© la hausse de ses taux d’intĂ©rĂȘt de base pour lutter contre les attaques contre la monnaie nationale. Le nouveau ministre des finances qui a dĂ©clinĂ© ce budget a expliquĂ© un peu nĂ©gligemment que les baisses d’impĂŽt seraient financĂ©es par un accroissement de la dette publique sans donner plus de dĂ©tails. A priori Monsieur le MarchĂ© n’est pas trĂšs enthousiaste Ă  l’idĂ©e de financer cette dette. Sans doute Londres croyait encore au mythe de l’argent magique Ă©ternel.

    Du coup, branle-bas de combat au Royaume-Uni, un mois aprĂšs sa dĂ©signation la premiĂšre ministre vacille, le ministre des finances est dĂ©mis de ses fonctions, la cote de popularitĂ© du parti conservateur est au plus bas et les baisses d’impĂŽt sont repoussĂ©es Ă  plus tard.

    Tout ceci fleure bon un amateurisme auquel le Royaume-Uni nous a un peu habituĂ© depuis les nĂ©gociations pour sa sortie de l’Union europĂ©enne (UE). On dirait que ce pays protestant se rapproche du laisser-aller latin dans la gestion de ses finances publiques. C’est inattendu. Les opposants Ă  la sortie de l’UE clament que c’est lĂ  le rĂ©sultat de cette dĂ©cision. C’est aller un peu vite en besogne tant le chaos d’aujourd’hui semble plutĂŽt ĂȘtre le simple rĂ©sultat de l’incompĂ©tence de dirigeants de rencontre plus concernĂ©s par leurs comptes Twitter que par la thĂ©orie Ă©conomique pourtant largement Ă©laborĂ©e en l’Angleterre au cours de l’histoire contemporaine.

    Lire aussi : Le Royaume-Uni montre le chemin

  • Berlusconi, le retour

    Berlusconi, le retour

    En Italie, une coalition hĂ©tĂ©roclite est en cours de discussion pour dĂ©signer un nouveau gouvernement qui sera dirigĂ© par l’égĂ©rie postfasciste Giorgia Meloni. Membre de la coalition, Forza Italia a fait réélire sĂ©nateur Sylvio Berlusconi (86 ans) et c’est une Ă©tonnante nouvelle. L’homme fut un affairiste Ă  succĂšs dans la finance et les mĂ©dias, notamment, qui s’est investi dans la politique avec fracas. Il a dirigĂ© le pays, fut Ă©lu, condamnĂ©, dĂ©chu, réélu et le voilĂ  qui revient. Il a laissĂ© derriĂšre lui un cortĂšge de scandales financiers et sexuels dont de fameuses parties fines impliquant des gamines. Il restera cĂ©lĂšbre pour sa futilitĂ© et la lourdeur de son casier judiciaire, une premiĂšre pour un dirigeant de ce niveau.

    RavagĂ© par la chirurgie esthĂ©tique, malade, il est rĂ©guliĂšrement hospitalisĂ©, il vient d’ĂȘtre Ă©lu une Ă©niĂšme fois au sĂ©nat italien Ă  86 ans. C’est un dĂ©sastre moral que l’Italie, symbole s’il en est de la vieille Europe, ne trouve personne pour remplacer un vieillard clownesque. C’est aussi la triste illustration de la dĂ©cadence europĂ©enne : on se plaint, on geint, on braille et on réélit la vieille gĂ©nĂ©ration, qui plus est, impliquĂ©e dans une dĂ©rive impardonnable de la vie dĂ©mocratique.

    L’Italie qui a traversĂ© les siĂšcles et forgĂ© la culture europĂ©enne s’en remettra, mais quelle descente aux enfers !

  • Les poĂštes du Kremlin

    Les poĂštes du Kremlin

    Tout en nuance et subtilitĂ©, le fan-club du prĂ©sident russe s’est dĂ©chaĂźnĂ© ce 10 octobre comme l’illustrent ces trois publications sur le rĂ©seau dit « social Â» Telegram M. Kadyrov est le prĂ©sident de la RĂ©publique tchĂ©chĂšne qui est partie de la FĂ©dĂ©ration de Russie. Il est connu pour son idĂ©ologie islamiste et la brutalitĂ© avec laquelle il gouverne sa RĂ©publique. M. Medvedev est ancien premier ministre et ancien prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration de Russie, il est actuellement vice-prĂ©sident du conseil de sĂ©curitĂ© russe.

    Ces personnages font partie de l’aile nationaliste radicale russe. Ils sont investis de pouvoir et peuvent, un jour peut-ĂȘtre, se retrouver les interlocuteurs d’une future nĂ©gociation entre la Russie et l’Ukraine… Ils sont sans doute reprĂ©sentatifs d’une frange de la population russe qu’on a du mal Ă  Ă©valuer mais qui exprime par leur intermĂ©diaire des dĂ©cennies de frustrations et d’échecs ainsi que la volontĂ© fĂ©roce de ce pays de revenir sur le devant de la scĂšne, quels que soient les moyens Ă  utiliser pour parvenir Ă  cet objectif.

    La France, elle-mĂȘme ex-empire en voie de dĂ©cadence, vit avec son dĂ©classement ou, tout au moins, essaye de le reconquĂ©rir (avec difficultĂ©) par le dĂ©veloppement Ă©conomique et intellectuel plutĂŽt que par « la politique du gourdin Â». C’est probablement ce qui diffĂ©rencie la dĂ©mocratie des dictatures. La bataille entre ces deux mĂ©thodes de gestion politique va probablement marquer le XXIĂšme siĂšcle. Le gagnant de ce combat de titans n’est pas dĂ©signĂ© d’avance.

    Ce populisme autoritaire qui fait flores en Russie est marquĂ© par la libĂ©ration de la parole de dignitaires dont on s’interroge sur le niveau intellectuel. Le prĂ©sident russe ou son ministre des affaires Ă©trangĂšres dĂ©veloppent des thĂ©ories, certes contestĂ©es, mais qui reposent nĂ©anmoins sur une rationalitĂ© propres et un raisonnement documentĂ©. Les saillies de MM. Kadyrov ou Medvedev relĂšvent de la cour d’école et seraient risibles si elles n’engageaient pas l’avenir de tout un continent. Le populisme des temps modernes s’accompagne aussi d’un affaissement intellectuel de ses meneurs. Cette triste situation se constate aussi dans certains pays d’Europe, au BrĂ©sil et connut une apogĂ©e avec la prĂ©sidence de Donald Trump aux Etats-Unis d’AmĂ©rique.

  • Bagarres dans les copropriĂ©tĂ©s françaises

    Bagarres dans les copropriétés françaises

    Un des effets collatĂ©raux de la guerre d’Ukraine est de provoquer des inquiĂ©tudes dans les copropriĂ©tĂ©s sur leur capacitĂ© Ă  chauffer leurs immeubles en hiver. La tempĂ©rature de 19° recommandĂ©e depuis des dĂ©cennies pour les logements comme pour les bureaux en hiver n’est que trĂšs rarement volontairement respectĂ©e en France. Lorsqu’elle est constatĂ©e elle rĂ©sulte le plus souvent, soit d’un incident technique, soit de l’incapacitĂ© financiĂšre des propriĂ©taires Ă  recharger leurs chaudiĂšres.

    Prenons au hasard les Ă©changes par courriels en cours dans une copropriĂ©tĂ© parisienne bourgeoise (mais pas bohĂšme) dont le chauffage est collectif, c’est-Ă -dire que la consommation d’énergie n’est pas facturĂ©e individuellement :

    12/09/2022 – 19h41

    Bonsoir,
    Le compte-rendu de la rĂ©union du Conseil Syndical du 7 septembre 2022 mentionne Ă  juste titre, Ă  propos du chauffage, les « consignes gouvernementales sur la rĂ©duction de la consommation d’électricité », il faut aussi ĂȘtre conscient que la vapeur de la CPCU, c’est aussi beaucoup de gaz ainsi que le montre la rĂ©partition des sources d’Ă©nergies utilisĂ©es. (Cf. chiffres 2021 ci-dessous, tirĂ©s du site de la sociĂ©tĂ©)


    06/10/2022 – 21h46

    Bonsoir
    Je veux simplement appuyer le point sur le chauffage.
    Dans notre appartement nord est bùtiment A radiateur ouvert ça monte à 25 degrés.
    Les chambres ont les radiateurs éteints et la température est à plus de 21.5.
    En journĂ©e nous ouvrons les fenĂȘtres avec les radiateurs coupes dans le sĂ©jour pour faire redescendre la tempĂ©rature.
    Il y a surement quelque chose Ă  faire il serait bon de refaire passer le chauffagiste

    07/10/2022 – 10h38

    Bonjour
    Je ne suis absolument pas d’accord avec le courriel ci-[dessus] en ce qui concerne le chauffage.
    Il n’appartient pas Ă  une copropriĂ©taire ne faisant pas partie du conseil syndical de dĂ©cider de la politique de chauffage pour l’ensemble de la rĂ©sidence.
    Si les conditions climatiques actuelles sont relativement clĂ©mentes, elles peuvent se dĂ©grader Ă  tout moment comme cela a Ă©tĂ© le cas dans la semaine du 26/9 durant laquelle l’absence de chauffage Ă©tait difficilement supportable.
    Quant aux « consignes gouvernementales » Ă©voquĂ©es, elles n’ont strictement aucune valeur juridique contraignante.
    Je demande donc que le chauffage soit maintenu selon les modalités actuelles.

    07/10/2022 – 15h53

    Bonjour,
    Je me joins Ă  la demande de rĂ©vision de la politique chauffage de Monsieur XXX. A la mi-Juin dernier, j’avais Ă©tĂ© surprise en constatant des radiateurs encore chauds aprĂšs des Ă©pisodes de grand beau temps (signalĂ© en A.G.).

    08/10/2022 – 11h49

    Ne serait-il pas temps de reconsidĂ©rer, positivement, l’installation de compteurs individuels tant pour le chauffage que pour l’eau ? Ca pourrait peut-ĂȘtre contribuer Ă  une meilleure conscience de l’utilisation de l’Ă©nergie et des ressources…
    Si ma mĂ©moire est bonne, la loi et les dĂ©crets sont passĂ©s, mais l’AG considĂšre qu’elle est souveraine par rapport Ă  leur application !

    08/10/2022 – 15h56

    Je suis tout Ă  fait d’accord avec cette proposition, sachant toutefois que le loi impose je crois un vote Ă  la majoritĂ© de l’AG (Ă  vĂ©rifier) pour la mise en place des compteurs individuels, qui sont la seule façon de responsabiliser chacun et de rĂ©partir Ă©quitablement les charges de chauffage. Ceci vaut Ă©galement pour l’eau.
    Par ailleurs, pour mieux inciter Ă  l’installation de double vitrages, en plus des aides gouvernementales, ne serait-il pas possible d’attribuer, dans le cadre d’une campagne d’installation, sur deux ans par exemple, le montant des Ă©conomies d’énergie rĂ©alisĂ©es par la collectivitĂ© Ă  ceux qui mettraient ces nouveaux vitrages en place? Cela ne couterait rien aux autres et pourrait prĂ©senter un caractĂšre incitatif.
    Il est assez honteux de devoir ouvrir ses baies vitrĂ©es pour rĂ©duire la surchauffe de nos appartements, dans la conjoncture Ă©conomique actuelle mais aussi pour des raisons environnementales et sanitaires. Que les consignes gouvernementales n’aient pas un caractĂšre coercitif ne change rien Ă  l’affaire! Merci de tout faire pour que cesse la surchauffe inutile de nos immeubles, et l’objectif des 19 degrĂ©s est sans doute le meilleur pour notre santĂ©, pour notre Ă©conomie et pour notre environnement.

    


    Chers voisins, je souhaite que la gestion de notre collectivitĂ© s’amĂ©liore!

    10/10/2022 – 11h45

    Bonjour,
    Au dernier mail (de Monsieur XXX), je me permets toutefois d’ajouter que, depuis des annĂ©es, les associations (UFC, ARC
), dĂ©conseillent l’installation de « rĂ©partiteurs de frais de chauffage » dans les logements collectifs. J’en veux pour preuve l’articulet encore tout rĂ©cemment publiĂ© (joint)
    Mais peut-ĂȘtre y a-t-il d’autres solutions pour amĂ©liorer notre consommation ?

    Bref, c’est l’habituelle confrontation entre les intĂ©rĂȘts individuels et l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. La bonne nouvelle est que certains admettent la surchauffe et donc un gisement possible d’amĂ©lioration sans nuire considĂ©rablement au confort de tous. D’autres ne veulent rien changer et surtout ne pas individualiser la facturation ce qui reviendrait Ă  leur faire payer leur surchauffe. Ils prĂ©fĂšrent largement la faire financer par les propriĂ©taires frugaux en chauffage.

    Cette querelle picrocholine de peu d’importance montre, si besoin en Ă©tait, l’importance du signal-prix. Tant que les consommateurs ne payent pas le vrai prix de leur consommation, ils ne sont pas incitĂ©s Ă  la maĂźtriser.

  • La Russie n’aime toujours pas l’Occident

    La Russie n’aime toujours pas l’Occident

    A l’occasion de la signature des textes lĂ©gaux russe entĂ©rinant l’annexion de quatre rĂ©gions de l’Est ukrainien Ă  la FĂ©dĂ©ration de Russie le 30/09/2022, le prĂ©sident russe a prononcĂ© un long discours dans une salle du Kremlin en prĂ©sence de tout un arĂ©opage de responsables russes ainsi que des quatre gouverneurs ukrainiens pro-russes des rĂ©gions ayant demandĂ© leur rattachement Ă  la FĂ©dĂ©ration.

    Ce discours montre une Ă©volution de l’idĂ©ologie du Kremlin : d’une conquĂȘte de l’Ukraine pour la ramener dans le giron russe, seul cadre oĂč « la vĂ©ritable souverainetĂ© de l’Ukraine est possible Â» (article signĂ© Poutine de juillet 2021) la justification de la guerre Ă©volue vers un conflit pour se dĂ©fendre de l’agression de l’Occident (discours de Poutine du 30/09/2022). Peut-ĂȘtre la premiĂšre justification n’a pas suffisamment convaincu et, devant le rejet de l’Ukraine (au moins de sa partie ouest) d’une tutelle russe, sans doute a-t-il fallu forger de nouveaux buts de guerre pour tenter de glorifier le combat menĂ© par le Kremlin comme la lutte Ă  mort pour la survie de la Grande Russie ?

    Dans ce discours du 30 septembre, aprĂšs avoir rappelĂ© que les quatre rĂ©gions annexĂ©es seront russes pour toujours, le prĂ©sident a rendu hommage aux hĂ©ros morts au champ d’honneur et appelĂ© aux valeurs immortelles de la Russie (culture, religion, traditions et langue). Puis il a consacrĂ© la majoritĂ© de son exposĂ© Ă  expliquer que l’Occident colonialiste attaque la Russie qui est donc fondĂ©e Ă  se dĂ©fendre les armes Ă  la main.

    The West is ready to cross every line to preserve the neo-colonial system which allows it to live off the world, to plunder it thanks to the domination of the dollar and technology, to collect an actual tribute from humanity, to extract its primary source of unearned prosperity, the rent paid to the hegemon.

    L’attaque de l’Ouest porterait aussi contre la pensĂ©e russe en cherchant Ă  l’annihiler.

    They see our thought and our philosophy as a direct threat. That is why they target our philosophers for assassination. Our culture and art present a danger to them, so they are trying to ban them. Our development and prosperity are also a threat to them because competition is growing. They do not want or need Russia, but we do.

    Le prĂ©sident russe rappelle que les Etats-Unis d’AmĂ©rique sont la seule nation Ă  avoir utilisĂ© l’arme nuclĂ©aire Ă  deux reprises contre le Japon en 1945, crĂ©ant ainsi un prĂ©cĂ©dent, que les alliĂ©s ont rasĂ© les villes allemandes de Dresde, Hambourg et Cologne, toujours en 1945, sans nĂ©cessitĂ© militaire autre que d’intimider l’Allemagne et le reste du monde, qu’ils continuent d’occuper l’Allemagne, le Japon, la CorĂ©e du sud, etc. La charge est lourde contre le monde anglo-saxon mais le reste du bloc occidental en prend aussi pour son grade, en Ă©tant qualifiĂ© au mieux de victime consentante, au pire de complice.

    The truth has been drowned in an ocean of myths, illusions and fakes, using extremely aggressive propaganda, lying like Goebbels. The more unbelievable the lie, the quicker people will believe it – that is how they operate, according to this principle.

    L’Occident n’est que dictature oĂč des Ă©lites asservissent le peuple en un « pur satanisme Â».

    Let me repeat that the dictatorship of the Western elites targets all societies, including the citizens of Western countries themselves. This is a challenge to all. This complete renunciation of what it means to be human, the overthrow of faith and traditional values, and the suppression of freedom are coming to resemble a “religion in reverse” – pure Satanism.

    Le prĂ©sident russe conclu son long discours par un cri du cƓur :

    Today, we are fighting so that it would never occur to anyone that Russia, our people, our language, or our culture can be erased from history. Today, we need a consolidated society, and this consolidation can only be based on sovereignty, freedom, creation, and justice. Our values are humanity, mercy and compassion.
    

    The truth is with us, and behind us is Russia!

    Certains faits historiques citĂ©s dans ce discours sont vĂ©ridiques et mis Ă  profit pour montrer combien la Russie est une blanche colombe Ă©prise « d’humanitĂ©, de misĂ©ricorde et de compassion Â». Tout ceci serait plus recevable si le Kremlin n’avait pas dĂ©clenchĂ© cette guerre prĂ©ventive qui ennuie beaucoup de monde.

    Mais depuis plusieurs siĂšcles la Russie s’est mis beaucoup de pays Ă  dos, et tout particuliĂšrement ses voisins, en agissant contre eux avec la dĂ©licatesse d’un ours dans un magasin de porcelaine. Il semble que certains de ces voisins aient quelques doutes sur la capacitĂ© altruiste de « misĂ©ricorde et de compassion » de la Russie… Cette nouvelle croisade contre l’Occident serait plus entendable si la plupart des rĂ©publiques indĂ©pendantes ex-soviĂ©tiques ne s’étaient pas jetĂ©es dans les bras de l’Occident dĂšs qu’elles en eurent la possibilitĂ© aprĂšs la dissolution de l’URSS provoquĂ©e notamment par la FĂ©dĂ©ration de Russie qui clama son indĂ©pendance contre l’URSS de Gorbatchev en 1991 en hissant le drapeau russe sur le Kremlin pour remplacer celui de couleur rouge siglĂ© de la faucille et du marteau. Tout ceci serait plus cohĂ©rent si toute une Ă©lite russe avait investi ses milliards en Russie plutĂŽt qu’à Londres et achetĂ© des villas de rĂȘve sur les rives de la mer Noire ou de la Baltique plutĂŽt qu’à Nice


    Certes l’Occident pousse Ă  l’occidentalisation du monde, mais il le fait gĂ©nĂ©ralement avec son soft power quand l’URSS ou la FĂ©dĂ©ration Russie mĂšnent leur internationalisation au bruit des bottes puisque leur modĂšle socio-Ă©conomique ne semble pas convaincre naturellement beaucoup de monde. C’est la diffĂ©rence de mĂ©thode qui fait aussi son acceptabilitĂ© par les pays concernĂ©s.

    Il n’est plus temps de deviser sur les incohĂ©rences des modĂšles de l’Orient et de l’Occident, mais de mettre fin Ă  cette guerre qui est en train de nuire considĂ©rablement Ă  la planĂšte, outre les milliers de morts qu’elle a dĂ©jĂ  provoquĂ©s, sans parler des destructions massives exercĂ©es sur le territoire ukrainien dont, trĂšs probablement, les contribuables occidentaux « colonialistes et dĂ©cadents Â» vont devoir financer la reconstruction. Pour le moment, personne n’a de bonnes idĂ©es pour la paix autre que la reddition complĂšte du belligĂ©rant d’en face. Ces positions jusqu’auboutistes ne sont pas favorables Ă  un rĂšglement rapide de cette guerre d’un autre Ăąge qui met le monde en pĂ©ril.

  • Attaque sur le pont reliant la CrimĂ©e Ă  la Russie

    Attaque sur le pont reliant la Crimée à la Russie

    Une forte explosion a endommagĂ© le pont de CrimĂ©e, reliant la CrimĂ©e Ă  la Russie et construit par Moscou aprĂšs son annexion de la pĂ©ninsule. Accessoirement il est actuellement utilisĂ© par les Russes se rendant en vacances en CrimĂ©e et par les convois d’armement russes allant approvisionner ses militaires combattant au Sud de l’Ukraine. L’attaque n’est pas formellement revendiquĂ©e Ă  ce stade mais on peut raisonnablement supposer qu’elle est le fait de l’Ukraine.

    Lire aussi : L’incroyable destruction du navire amiral russe en mer Noire

    C’est de nouveau une mauvaise nouvelle pour la Russie qui voit ainsi attaquer un ouvrage qui voulait marquer symboliquement la « russité » de la CrimĂ©e, quelques jours aprĂšs l’annexion de quatre nouvelles rĂ©gions ukrainiennes par la Russie. Ce succĂšs symbolique n’est pas sans rappeler la destruction du navire amiral russe en mer noire au dĂ©but de la guerre. Il confirme les dĂ©faillances d’une armĂ©e russe qui se croyait pourtant invincible. Il est vrai qu’une simple analyse des budgets militaires suffit Ă  dĂ©duire que la Russie est loin derriĂšre les budgets occidentaux ou chinois. Sachant qu’en plus une partie des budgets russes d’armement semblent s’évaporer dans la corruption qui touche le pays, il n’y avait donc pas de raison de croire Ă  la propagande de ce pays sur la force de son armĂ©e. Le problĂšme, « son » problĂšme est que mĂȘme ses dirigeants semblent avoir cru Ă  leur propre propagande et Ă  l’invincibilitĂ© de leurs militaires. Comme ils pensaient par ailleurs que les Ukrainiens les accueilleraient en libĂ©rateurs et que le rĂ©gime de Kiev tomberait comme un fruit mĂ»r, le Kremlin a ouvert les hostilitĂ©s il y a huit mois et cette guerre absurde se poursuit encore aujourd’hui


    Lire aussi : L’armĂ©e russe a ses limites

    Ce matin, pour se venger de l’attaque du pont de CrimĂ©e, Moscou a envoyĂ© un dĂ©luge de bombes et de missiles sur les villes ukrainiennes, y compris sur la capitale, ciblant des cibles civiles et d’infrastructures Ă©nergĂ©tiques. L’ours russe n’est pas encore complĂštement moribond et garde une forte capacitĂ© de nuisance. Le mieux aurait Ă©tĂ© de ne pas dĂ©clencher cette guerre mais maintenant qu’elle est en cours, on ne sait pas bien comment en sortir. La Russie se dit « attaquĂ©e par l’Occident Â» mais envoie ses missiles sur l’Ukraine qui, elle, ne veut rien cĂ©der de ses objectifs de reconquĂȘte de l’ensemble de son territoire dans ses frontiĂšres telles que reconnues par le droit international
 Il va bien pourtant falloir un jour mettre un terme Ă  cette folie guerriĂšre.

  • « L’origine du mal » de SĂ©bastien Marnier

    « L’origine du mal » de SĂ©bastien Marnier

    Un film noir dans lequel toutes les perversions humaines possibles fermentent dans un huis-clos familial pesant au cƓur d’une superbe demeure de l’üle mĂ©diterranĂ©enne Porquerolles, au large d’HyĂšres dans le Var. Un pĂšre handicapĂ© et manipulateur, sa femme futile et langue de vipĂšre, sa fille ambitieuse et voulant prendre sa place, sa petite fille seule Ă  rĂ©aliser qu’elle vit dans une famille de cinglĂ©es et une servante malsaine et mystĂ©rieuse. Dans ce nid de serpents Ă  sonnettes dĂ©barque une femme Ă  double vie qui vient encore ajouter au danger qui rĂŽde dans ce microcosme en putrĂ©faction.

    Le spectateur sort un peu abasourdi de sa sĂ©ance devant l’accumulation des dĂ©rĂšglements sur lequel est fondĂ© le scĂ©nario qui relĂšve parfois du traitĂ© de psychiatrie. Un film qu’on peut voir.

  • La fin de l’abondance

    La fin de l’abondance

    Bonne nouvelle, la moutarde revient dans les rayons.

    Mauvaise nouvelle, maintenant c’est le carburant qui est en pĂ©nurie dans les stations-service.

    Pendant ce temps, la guerre d’Ukraine continue.

    Lire aussi : L’Ukraine croĂ»le sous les bombes russes, la France manque de moutarde

  • A la retraite

  • Vive la sobriĂ©tĂ©

    En ces temps de prix Ă©levĂ©s de l’énergie, le pouvoir français se met en tĂȘte de sensibiliser les citoyens pour rĂ©duire leur consommation d’énergie. On se croit revenu en 1973 lorsque Pierre Messmer, premier ministre de Pompidou, lançait la campagne « antigaspi » Ă  la suite du choc pĂ©trolier : limitation de la vitesse sur les routes (90 km/h sur les routes et 120 km/h sur les autoroutes), suspension des courses automobiles et des rallyes, interdiction de la publicitĂ© lumineuse la nuit, rĂ©duction des heures de diffusion de la tĂ©lĂ©vision publique, etc. C’était il y a prĂšs de 50 ans ! AussitĂŽt les surcoĂ»ts du pĂ©trole absorbĂ©s par les utilisateurs, ils se sont empressĂ©s d’oublier ces mesures restrictives qu’il n’aurait pas Ă©tĂ© inutile de maintenir, que ce soit pour des considĂ©rations Ă©cologiques ou plus simplement pour favoriser le « pouvoir d’achat » des consommateurs. Quand on roule Ă  120 km/h on brĂ»le moins de carburant qu’à 130 et on dĂ©pense moins de sous.

    Nouvelle crise aujourd’hui Ă©largie Ă  l’ensemble des sources d’énergie et le gouvernement ressort des mesures similaires en ajoutant la nĂ©cessitĂ© de chauffer les bureaux et les logements en hiver Ă  19° au maximum. 5 dĂ©cennies plus tard les mĂȘmes causes produisent les mĂȘmes effets, gouvernement et citoyens redĂ©couvrent qu’en chauffant Ă  19° on dĂ©pense moins qu’à 21°, quitte Ă  se couvrir un peu plus lorsqu’arrivent les frimas de l’hiver.

    La morale de cette histoire est que seule la hausse des prix est susceptible de changer les comportements des consommateurs. Les plans « antigaspi Â», les slogans sur la sobriĂ©tĂ© et autres discours Ă©cologiques ne sont que billevesĂ©es, oubliĂ©es aussitĂŽt la crise passĂ©e La seule façon de faire baisser la consommation d’énergie est d’augmenter ses prix. Ce n’est qu’aux pieds du mur que les consommateurs ajustent leurs achats.

    Cela dit, la France Ă©tant un pays fortement redistributif, il n’est pas interdit ensuite de prendre dans la poche des uns pour aider ceux qui ne peuvent pas faire face aux prix actuels de l’énergie. C’est ce qui est fait aujourd’hui l’Etat avec les diffĂ©rents boucliers tarifaires mis en place, consistant Ă  faire payer par les contribuables ce que les consommateurs ne peuvent ou ne veulent pas payer. L’exercice a ses limites et il convient de la manipuler avec subtilitĂ© pour laisser le signal-prix jouer son rĂŽle : celui de la baisse de la consommation.

  • « Habibi, les rĂ©volutions de l’amour » Ă  l’Institut du monde arabe (IMA)

    « Habibi, les rĂ©volutions de l’amour » Ă  l’Institut du monde arabe (IMA)

    Une exposition dispensable organisĂ©e par l’IMA avec des Ɠuvres d’artistes du Maghreb et du Moyen-Orient sur l’homosexualitĂ©, dans ces rĂ©gions gĂ©nĂ©ralement peu favorables Ă  ce type de sexualitĂ© souvent criminalisĂ©e. Il s’agit de photos, de dessins, de peintures, de vidĂ©os, d’installations. Les auteurs rĂ©sident souvent en France et confirment par ces Ɠuvres que l’homosexualitĂ© existe aussi dans les pays arabes. Certains avaient des doutes mais la route est encore longue avant qu’elle ne soit acceptĂ©e comme en Occident !

  • « Edvard Munch. Un poĂšme de vie, d’amour et de mort » au musĂ©e d’Orsay

    « Edvard Munch. Un poĂšme de vie, d’amour et de mort » au musĂ©e d’Orsay

    Le peintre norvĂ©gien Edvard Munch (1863-1944) est exposĂ© au musĂ©e d’Orsay, en collaboration avec le musĂ©e d’Oslo. On dĂ©couvre toute l’ampleur d’un Ɠuvre marquĂ©e par les angoisses du peintre si visible sur ses toiles. Outre le cĂ©lĂšbre « Cri Â» dont on ne voit aujourd’hui que le dessin prĂ©alable, les tableaux relatent les interrogations et les souffrances de leur auteur. On apprend d’ailleurs que, sujet Ă  la dĂ©pression, il fit un long sĂ©jour en hĂŽpital psychiatrique. Des autoportraits aux portraits des siens, on voit des personnages torturĂ©s dont les visages sont soit dissous, juste marquĂ©s par leurs contours, soit hantĂ©s par des yeux exorbitĂ©s qui mangent des faces tristes, les faisant ressembler Ă  des tĂȘtes de mort coiffĂ©es de chapeaux haut-de-forme. La mort de sa mĂšre alors qu’il n’avait que 5 ans, puis de sa jeune sƓur, le traumatisent et l’inspirent. Les tableaux reprĂ©sentant le corps de sa sƓur sur son lit de mort devant lequel la famille se recueille, dĂ©clinĂ© en plusieurs versions, sont bouleversants.

    Les personnages sont empreints d’une pesante tristesse, figĂ©s dans une immobilitĂ© parfois troublĂ©e par une sorte de fusion avec les Ă©lĂ©ments du paysage, vĂ©gĂ©tation et nuages sont alors emportĂ©s dans un tourbillon vers un ailleurs incertain. Les paysages d’Europe du Nord, lorsqu’ils apparaissent, sont ceux de vastes Ă©tendues, souvent gelĂ©es, ajoutant Ă  la beautĂ© glaçante de ces tableaux.

    Une belle exposition pour un peintre important.

    L’entrĂ©e au musĂ©e est libre le premier dimanche de chaque mois, il est donc particuliĂšrement frĂ©quentĂ© par une foule de smartphones derriĂšre lesquels se massent les visiteurs. Il faut batailler pour se rapprocher des toiles. Pas toujours trĂšs agrĂ©able mais une bonne nouvelle quand mĂȘme de constater l’affluence dans ce trĂšs beau et actif musĂ©e parisien.

  • Au Burkina Faso : un capitaine putschiste remplace un lieutenant-colonel putschiste

    Nouveau coup d’Etat en moins d’un an au Burkina Faso : le capitaine putschiste TraorĂ© remplace le lieutenant-colonel putschiste Damiba investi en janvier dernier. Le putsch est accompagnĂ© de la mĂȘme logorrhĂ©e sur la suspension de la constitution, la dissolution du gouvernement, celle du parlement, et bla-bla-bla. Le coup d’Etat militaire en Afrique de l’Ouest devient maintenant la voie normale de changement de dirigeant en substitution d’un systĂšme Ă©lectoral dĂ©mocratique qui n’est pas prĂšs de fonctionner dans cette rĂ©gion du monde malgrĂ© des dĂ©cennies de tentatives sponsorisĂ©es par l’Occident, jamais concluantes.

    On note le rajeunissement du nouveau président et de son entourage, sa silhouette plus affinée ainsi que son moindre grade.

    Ce n’est pas si grave pour le moment tant ces coups sont relativement inoffensifs, faisant peu de victimes, sinon la dĂ©mocratie, dĂ©jĂ  moribonde en Afrique comme dans bien d’autres rĂ©gions du monde. Habituel Ă©galement en ces circonstances, la France, ancienne puissance coloniale, est vouĂ©e aux gĂ©monies. En l’occurrence, son ambassade et un camp militaire ont Ă©tĂ© attaquĂ©s aujourd’hui par une foule bruyante avant d’ĂȘtre plus ou moins calmĂ©e par une dĂ©claration tĂ©lĂ©visĂ©e du prĂ©sident putschiste.

    La nouveautĂ© rĂ©side dans l’appel d’une partie du peuple Ă  renforcer la coopĂ©ration avec la Russie par des manifestants agitant des drapeaux russes. Le Burkina Faso suivrait alors la voie du Mali et de la Centrafrique qui ont dĂ©jĂ  rejetĂ© les liens avec l’ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. Pas sĂ»r que ces pays aient misĂ© sur le bon cheval vu les dĂ©veloppements en cours de la guerre d’Ukraine.

    AprĂšs les Ă©checs de la France en Afrique ces derniĂšres dĂ©cennies, militaires comme civils, c’est le bon moment pour cesser la coopĂ©ration française avec le Burkina Faso comme cela vient d’ĂȘtre fait avec le Mali. L’opĂ©ration de repli des militaires français du Mali s’est achevĂ©e mi 2022 dans de bonnes conditions, il faut penser Ă  la poursuivre avec les forces françaises qui restent prĂ©sentes en Afrique et qui en seront immanquablement chassĂ©es un jour ou l’autre. L’armĂ©e française et les Ă©conomies budgĂ©taires ainsi rĂ©alisĂ©es pourront ĂȘtre utilement redĂ©ployĂ©es sur le territoire national plutĂŽt que sur des opĂ©rations extĂ©rieures de puissance utopiques.

    Que la Russie remplace la France comme puissance tutĂ©laire d’une Afrique postcoloniale mal gĂ©rĂ©e n’est pas un problĂšme en soi, juste la roue qui tourne. Il vaut sans doute mieux que Paris investisse au Kazakhstan et Moscou en Centrafrique que l’inverse. Les « intĂ©rĂȘts Ă©conomiques Â» français en Afrique se terminent souvent en dĂ©penses publiques financĂ©es par les contribuables. La sĂ©curitĂ© des nationaux rĂ©sidant en Afrique restera posĂ©e si le retrait militaire français est gĂ©nĂ©ralisĂ©. Il n’est pas sĂ»r que les groupes paramilitaires russes dĂ©jĂ  prĂ©sents en Afrique et les armĂ©es nationales prennent soin d’eux autant que l’infanterie de marine française en cas de danger


  • La Russie annexe des territoires ukrainiens

    La Russie annexe des territoires ukrainiens

    Le Kremlin a organisĂ© ces jours derniers des rĂ©fĂ©rendums dans les quatre rĂ©gions ukrainiennes frontaliĂšres, dĂ©jĂ  partiellement occupĂ©es par l’armĂ©e de Moscou, pour proposer le rattachement de celles-ci Ă  la FĂ©dĂ©ration de Russie. Ces rĂ©gions sont pour l’instant objet de combats plutĂŽt violents entre les belligĂ©rants russes et ukrainiens. Elles sont habitĂ©es par des Ukrainiens pro-russes et des Ukrainiens antirusses qui, dans leur grande majoritĂ© ont fui ces rĂ©gions et n’ont pas votĂ©. Le rĂ©sultat a donc Ă©tĂ© un oui franc et massif en faveur du rattachement Ă  la Russie. AussitĂŽt dit aussitĂŽt fait, et aujourd’hui les textes « lĂ©gaux Â» ont Ă©tĂ© signĂ©s en Russie pour Ă©tendre le territoire de la FĂ©dĂ©ration Ă  ces quatre rĂ©gions. Il reste Ă  les faire approuver par le parlement dans les jours Ă  venir, ce qui ne devrait pas poser de difficultĂ©s. Venus Ă  Moscou, les quatre gouverneurs Ukrainiens pro-russes qui ont demandĂ© cette annexion se rĂ©jouissent de la voir se rĂ©aliser.

    Bien entendu tout ce processus est parfaitement contraire au droit international malgrĂ© un vague vernis de juridisme avec rĂ©fĂ©rendums et textes de lois. Mais les pays autoritaires n’utilisent ce concept de « droit international Â» que lorsqu’il est Ă  leur avantage et se font un malin plaisir d’en trahir l’esprit tout en respectant la lettre. A cet Ă©gard l’annexion d’une partie d’un territoire Ă©tranger par la Russie finalisĂ©e aujourd’hui est un modĂšle du genre.

    L’une des difficultĂ©s de ce conflit, quoi que l’on en dise, rĂ©side dans le fait qu’une partie des citoyens ukrainiens rĂ©sidant dans ces rĂ©gions est prorusse, soutient le rattachement de leurs rĂ©gions Ă  la Russie et la transformation de leur nationalitĂ© ukrainienne en nationalitĂ© russe. Nous sommes en prĂ©sence d’une espĂšce de guerre civile avec interventions Ă©trangĂšres soutenant chacune leur camp. Les accords de Minsk (deux protocoles successifs signĂ©s en 2014 puis en 2015) n’ont jamais Ă©tĂ© appliquĂ©s par des signataires qui n’en n’avaient pas vraiment la volontĂ©. Outre un cessez-le-feu, ils prĂ©voyaient, notamment, un statut d’autonomie pour deux des rĂ©gions ukrainiennes sĂ©cessionistes, celles de Donetsk et de Louhansk avec une dĂ©centralisation des pouvoirs. Ces accords proposaient une solution moyenne qui prenait en compte la mixitĂ© des habitants de ces zones : russe et ukrainienne, mĂȘme si les territoires eux-mĂȘmes Ă©taient reconnus comme ukrainiens par le droit international. De tels accords ne pouvaient fonctionner que si les parties y adhĂ©raient. Ce ne fut pas le cas et la guerre a Ă©tĂ© lancĂ©e par la Russie. La oĂč il aurait fallu de l’intelligence et de la diplomatie, on a privilĂ©giĂ© l’obstination et la brutalitĂ©. Le rĂ©sultat se constate aujourd’hui dans les tranchĂ©es et un regain de nationalisme propice aux dĂ©rives de tous ordres.

    Fondamentalement cette annexion ne change pas grand-chose sur le terrain oĂč une armĂ©e ukrainienne motivĂ©e (et armĂ©e par l’Occident) s’affronte Ă  une armĂ©e russe Ă  l’efficacitĂ© plus modeste que prĂ©vue. En revanche cette dĂ©cision Ă©loigne un peu plus la possibilitĂ© d’une paix nĂ©gociĂ©e et accroit donc les risques d’une d’extension de la guerre en cours. L’Allemagne nazie avait annexĂ© la rĂ©gion tchĂ©coslovaque des SudĂštes en 1939 pour « libĂ©rer les Allemands des SudĂštes de l’oppression tchĂ©coslovaque Â» ; il a fallu une guerre mondiale et 60 millions de morts avant que la rĂ©gion annexĂ©e ne soit restituĂ©e Ă  la TchĂ©coslovaquie.

    La Russie continue Ă  nuire avec l’Occident, elle le fait avec efficacitĂ© et dĂ©lectation, mais les combats continuent et l’escalade s’aggrave.