Catégorie : Ailleurs

  • Gorges Frèche à Shanghai

    Je suis à Shanghai, Nanjing Road, une espèce de rue de la Paix en buildings peuplée de boutiques de luxe dédiées à toutes les marques bling-bling de la planète (surtout occidentales d’ailleurs). Devant les devantures Rolex, de vieux chinois vendent des fausses Piaget.

    Le Shanghai Daily célèbre le 60ème anniversaire de la guerre de Corée où l’indéfectible amitié entre les peuples chinois et coréen a permis la victoire contre l’envahisseur américain… Hum, hum, je ne sais pas bien si l’on peut vraiment parler de victoire mais un général chinois trône fièrement sur la photo entre Kim Jong-Il (le Cher Dirigeant) et son fiston Kim Jung-Un promis également à un grand avenir.

    On y découvre aussi une interview de Georges Frèche qui était en Chine encore quelques jours avant sa crise cardiaque fatale, où il visitait sa fille qui y fait ses études. Sinophile et sans doute, comme bien d’autres, ex-Mao reconverti au PS avec le fracas que l’on sait, Frèche y détaille son projet d’ajouter les statuts de Mao et Deng Xiaoping aux cinq statuts de bronze « des grands hommes du XXème siècle » où se côtoient déjà sur une place de Montpellier Jaurès, Lénine, de Gaulle, Churchill et Roosevelt. Il n’est pas bien sûr que ce projet survive à son bruyant initiateur…

  • Jeu de rôles et clowneries macabres à l’ONU

    Comme chaque à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies le président iranien y est allé de sa provocation verbale et comme chaque année les délégations des pays occidentaux ont majestueusement quitté la salle décorée par Chagall pendant son discours. Cette fois-ci l’impétrant a évoqué le complot américain des attentats du 11 septembre, d’autres années il s’en prenait à Israël. Ce petit jeu de rôles est maintenant traditionnel à New-York et semble réglé comme du papier à musique. Il ne fait pas beaucoup avancer les choses.

  • Aficionados

    Un taureau fatigué de se faire massacrer dans une arène sous les applaudissements de 10 000 beaufs réunis dans une arène en Espagne, s’énerve, franchit la barrière et saute dans la foule, et encorne à qui mieux-mieux. Bilan : 40 blessés dont 3 graves, et un taureau abattu.

    Eh oui, taureau énervé, aficionados en danger !

    Il va bien se trouver un ou deux spectateurs blessés qui vont attaquer la municipalité du coin pour mise en danger. En attendant, si on ne veut pas courir de risques, il suffit de ne pas aller voir les corridas.

  • Pas joli-joli

    Après l’attaque israélienne contre la flottille humanitaire en route pour Gaza, et le tollé international provoqué par cet action, l’incapacité du conseil de sécurité de l’ONU à pondre une résolution condamnant Israël, toute nouvelle résolution instaurant des sanctions contre l’Iran semblait impossible à faire voter par ledit conseil de sécurité.

    Eh bien une nouvelle résolution a été votée à l’unanimité des membres permanents et deux votes contre de la Turquie et du Brésil qui n’ont pas de droit de veto en tant que membres non permanents. Les nouvelles sanctions visent des responsables et des entreprises engagés dans le programme nucléaire iranien.

    Comme toujours la discussion a dû avoir lieu dans les couloirs où on ne sait quelles compromissions ont pu être montées entre les Etats-Unis d’une part, Russie et Chine d’autre part, pour emporter le morceau… Cela doit être du genre : « Je te laisse tranquille sur Tibet et Tchétchénie et tu me votes ma résolution ! » Tout ceci n’est guère brillant mais ainsi vont les affaires du monde. L’ONU n’est pas une place pour les idéalistes.

  • Le pétrole fuit toujours

    Le pétrole continue de couler dans le Golfe du Mexique. Tout le monde tombe à bras raccourcis sur la compagnie pétrolière BP qui essaye désespérément de boucher le trou avec des idées qui paraissent émaner d’un inventeur de la fête à Neuneu : on pose un couvercle, on essaye un entonnoir, on échoue à injecter des boues boucheuses, on creuse un puits de dérivation, etc. Et le pétrole coule toujours.

    La vérité c’est qu’on ne sait pas faire, BP ou une autre, et encore s’agit-il d’un accident à 1 500 mètres de profondeur quand le Brésil est en train de forer à 7 000 mètres !

    En parallèle, BP qui a perdu la moitié de sa valeur boursière depuis l’explosion de sa plate-forme, est en train de soumettre au vote de ses actionnaires le versement de son dividende 2009. Certaines voix politiques, dont celle d’Obama, se demandent s’il ne serait pas plus raisonnable de mettre ces sous de côté pour indemniser les pêcheurs de crevettes de la Louisiane. Le capitalisme est pris à ses propres contradictions : BP qui représente la plus grosse capitalisation boursière britannique est une valeur présente dans tous les portefeuilles du Royaume-Uni, y compris bien sûr ceux des fonds de pension qui financent les retraites privées. Du fait de la dévalorisation du titre BP les retraites futures seront obérées si la dégringolade se poursuit. Et comme on ne peut rien exclure, y compris une OPA contre BP, voire même sa liquidation si le désastre écologique se poursuit, le sujet commence à devenir sensible, au-delà des pêcheurs de crevette louisianais.

  • Un dirigeant instable

    Horst Köhler, président fédéral allemand démissionne à la suite de ses déclarations contestées dans la presse sur les liens entre l’intervention des militaires allemands en Afghanistan et les intérêts économiques de son pays. Cela n’a guère d’importance compte tenu du statut plutôt honorifique du président en Allemagne, mais après avoir déjà démissionné du poste de chef du Fonds monétaire international en 2004 il faudrait que ce garçon se stabilise un peu, on ne va tout de même pas continuer à le désigner à des postes dont il se carapate systématiquement avant la fin de son mandat ?

  • Israël à l’assaut d’un bateau humanitaire turc

    L’armée d’Israël prend à l’abordage des bateaux turques tentant de faire passer de l’aide humanitaire à la bande de Gaza sous embargo israélien et égyptien : bilan officiel 10 morts, quelques blessés, 600 arrestations et autant d’expulsions. La cargaison est arraisonnée, inspectée puis sera en principe acheminée par les militaires israéliens à Gaza après sans doute prélèvement de quelques produits interdits (dont le ciment utilisable pour les maisons à reconstruire certes, mais aussi pour les bunkers).

    L’assaut des navires tel que montré à la télévision est impressionnant, il démarre par descente en rappel de soldats depuis des hélicoptères, de nuit. On distingue clairement sur le pont du navire principal les passagers qui se rassemblent sur le pont pour accueillir les militaires à coup d’objets contondants qui n’ont pas l’air d’être des bouquets de roses. Le premier commando à descendre sur sa corde s’est donc jeté dans la gueule du loup. Le temps qu’il soit rejoint par ses petits camarades, les militants pacifistes du comité d’accueil ont tapé dans le tas, déclenché la panique chez les militaires qui ont tiré. La presse a dit qu’un des passagers se serait saisi d’un des fusils des militaires et aurait blessé un assaillant.

    Que la réaction des militaires israéliens soit légitime ou non, elle fut désastreuse, son bilan humain pour les militants humanitaires et politique pour Israël est là pour le montrer.

    Aussitôt connue, cette affaire a déclenché un tollé dans la « rue arabe », les organisations internationales et associations diverses, pacifistes ou non, qui en profitent pour organiser des défilés dans les rues occidentales avec keffiehs et de drapeaux palestiniens.

    Le Conseil de sécurité des Nations-Unies pond un communiqué mou :

    1 juin 2010 – Le Conseil de sécurité appelle à engager une enquête « transparente, crédible, impartiale et rapide » sur le raid contre la flottille humanitaire en route pour la bande de Gaza et exhorte Israël à « libérer immédiatement les navires et les civils détenus » et à « garantir la livraison de l’aide du convoi ».

    L’assaut, qui s’est soldé par la mort d’au moins 10 civils, a également été condamné lundi par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est dit « choqué » par le raid meurtrier. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a également convoqué une réunion spéciale sur l’incident, mardi à Genève, en Suisse.

    Le Conseil de sécurité a également souligné que la situation à Gaza n’était pas « durable ». Il a exprimé son « inquiétude » sur la situation humanitaire, tout en réaffirmant la nécessité de laisser transiter l’aide vers la Bande de Gaza.

    À plusieurs reprises, les Nations Unies ont dénoncé le blocus de ce territoire palestinien et fait part de leurs préoccupations quant à l’entrée insuffisante de matériel pour répondre aux besoins élémentaires de la population et poursuivre la reconstruction.

    Dans une précédente réunion sur ce dossier, Ban Ki-moon avait fait déjà estimer que le blocus « créait des souffrances inacceptables, affaiblissait les forces modérées et renforçait les extrémistes ».

    Le Conseil de sécurité a souligné que la seule « solution viable » au conflit israélo-palestinien était un accord entre les deux parties sur l’établissement de deux Etats indépendants vivants côte à côte en paix. Le Conseil a aussi exprimé son soutien aux pourparlers indirects de paix et son inquiétude sur les conséquences que l’incident pourrait avoir sur ces discussions.

    Enfin, le Conseil a appelé les parties à agir avec « retenue » et à éviter « toutes actions unilatérales et provocantes ».

    La Haute-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kyung-wha Kang s’est dit choquée « que l’aide humanitaire soit confrontée à une telle violence », lors d’une réunion spéciale sur l’incident organisée mardi au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU. « Nous condamnons explicitement ce qui semble être un usage disproportionné de la force », a-t-elle ajouté.

    Kyung-wha Kang a réitéré son appel aux autorités israéliennes à lever le blocus sur la Bande de Gaza qui constitue un « affront à la dignité humaine ».

    Elle a exprimé son souhait de voir « le gouvernement israélien de prendre les décisions nécessaires afin de démontrer à la communauté internationale un engagement clair pour respecter le droit international ».

    Les 47 membres du Conseil des droits de l’homme devraient adopter une résolution à la fin de cette session.

    Les membres du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à se mettent d’accord sur une véritable condamnation de cette action militaire. On aurait pu penser que devant les effets de cette opération tout le monde se soit accordé sur un blâme un peu plus appuyé. En retour, il ne faudra pas donc s’étonner que le même Conseil n’arrive point à se mettre d’accord sur des résolutions condamnant les développements nucléaires de l’Iran.

    En attendant les projecteurs sont de nouveau braqués sur ce blocus israélo-égyptien de Gaza que l’opinion internationale (à la mémoire éphémère) avait un peu oublié. Même les Etats-Unis demandent maintenant son assouplissement. Israël continue à se protéger du Hamas au pouvoir à Gaza, considéré comme un parti taliban, ce qui n’est sans doute pas très éloigné de la réalité. Un nouveau bateau est affrété pour Gaza et sans doute d’autres suivront. L’Egypte a rouvert un de ses points de passage vers Gaza, au moins pour le moment. La Turquie dont relève la majorité des morts est remontée contre Israël avec qui elle entretenait malgré tout des relations diplomatiques, et même de coopération militaire.

    Bref, la force a parlé mais le bilan politique de cette affaire est mauvais pour Israël qui se retrouve un peu comme à l’issue de l’opération militaire plomb durci contre Gaza en 2009 : il y a moins de roquettes tirées sur Israël, mais le Hamas est toujours là et se retrouve politiquement renforcé, voire soutenu par un certain nombre de pays arabes qui le redoutent.

    La force a encore eu le dessus, pour cette fois… mais cela ne durera peut-être pas indéfiniment. Il va falloir quand même arriver à mettre en œuvre une stratégie alternative car le temps joue contre Israël.

  • Angela s’attaque à Monsieur le Marché

    On aime bien ici Angela Merkel, elle décide de s’attaquer à un des fondements de la spéculation désordonnée : la vente à découvert à nu (y compris les Credit default swap – CDS), et n’écoutant que son courage elle décide de l’interdire pour une année en Allemagne sur les titres d’une dizaine d’institutions financières germaniques. Tout le monde en a rêvé, Angela l’a osé avec la certitude qui sied aux rigoureux. Depuis des années l’Allemagne explique que le surendettement des Etats n’est pas durablement viable, il aura fallu attendre la crise financière de 2008 pour que certains envisagent du bout des lèvres qu’elle pouvait peut-être avoir raison. Aujourd’hui elle se paye l’un des outils les plus pervers de la finance. Elle aurait sûrement préféré que les pays Européens, voire aussi les Etats-Unis, agissent de concert pour tuer cet instrument félon. Las, les autres en sont encore à discuter du sexe des anges qu’elle décide. Elle est critiquée, qu’à cela ne tienne elle prend cette mesure pour ses frontières nationales ! Les nouveaux barbares financiers hurlent à la castration, eh bien qu’ils aillent spéculer à Londres ou à Zurich.

    On aime décidément bien Angela Merkel !

  • Monnaie d’échange

    L’étudiante française Clotilde Reiss, passionnée de culture persane, condamnée en Iran à 10 ans de prison pour espionnage, a finalement été libérée après que sa peine ait été commuée en amende. L’une des hypothèses avancées par spécialistes est que sa libération aurait été obtenue en échange de celle de l’assassin de l’ex-premier ministre iranien Chapour Bakhtiar (dernier premier ministre du Shah) réfugié en France.

    L’échange de prisonniers est une pratique assez courante du régime iranien. Le mieux est sans doute de ne pas se rendre en Iran si l’on veut éviter de risquer de servir de monnaie d’échange.

    Clotilde Reiss fait aussi la une de la presse après qu’un ex-pied-nickelé des services secrets français en mal de sensationnalisme pour vendre un bouquin affirme qu’elle aurait fourni des renseignements à la DGSE. Tout est possible dans notre bas monde, y compris qu’une gamine persophile balance des informations (sans doute pas d’une grande importance stratégique) à son gouvernement, même si cela est peu probable.

    Ce qui est en tout cas peu admissible c’est qu’un ancien responsable des services de renseignements français raconte des histoires pareilles dans un livre avant que le temps n’ait fait son œuvre. Si ce qu’il dit est vrai il fait le jeu de l’Iran et n’aurait pas dû trahir une telle affaire. Si ce qu’il dit est faux, ce n’est pas bien de le dire. Dans un cas comme dans l’autre il devrait pouvoir être puni par notre droit.

  • Goldman Sachs avoue

    L’état-major de Goldman Sachs passe au confessionnal devant les sénateurs américains agacés par l’affairisme spéculateur du Dark Vador de la communauté des nouveaux barbares. Les gros poissons de Goldman ont amené avec eux un de leur fusible de service, un matheux français qui a conçu des produits financiers toxiques en se qualifiant lui-même de Frankenstein, pour expliquer leurs intentions si pures que jamais ils n’auraient joué à la baisse contre des produits qu’ils vendaient en même temps à leurs clients.

    En fait depuis la crise financière de 2008 et la succession des affaires Kerviel, Madoff et autres, sans parler des fonds spéculatifs pariant sur la hausse des produits alimentaires en 2007 au point de favoriser cette hausse et de provoquer des émeutes de la faim dans nombre de pays alors qu’il n’y avait pas de pénurie, on sait que ces forbans sont capables de tout et surtout du pire. Donc Goldman peut tout à fait être coupable de ce dont on l’accuse, cela ne surprendrait personne et a priori pas les sénateurs. Si même le Sénat des Etats-Unis d’Amérique se pose la question de la culpabilité des barbares de la finance c’est que l’on peut raisonnablement croire que celle-ci ne soit avérée.

    La plainte déposée contre Goldman Sachs par l’autorité des marchés financiers américains va suivre son cours qui ne va pas manquer d’être intéressant.

  • Désarmante faute de goût en Grèce

    Le premier ministre grec demande l’aide européenne sonnante et trébuchante au bord de la Méditerranée. C’est touchant mais signe d’un manque total de psychologie. Faire la manche sur fond de mer bleue et de village néo-classique c’est prendre les mouches allemandes avec du vinaigre méditerranéen. Les allemands sont déjà outragés de devoir payer pour les dépenses incongrues des cigales athéniennes, mais alors leur annoncer le presque défaut de paiement de son pays devant un paysage de rêve, c’est au mieux maladroit, au pire provocateur. Un vieux bureau de l’administration grecque aurait été mieux indiqué.

  • Les nouveaux barbares de la finance

    Quelques soucis pour le Dark Vador des nouveaux barbares : Goldman Sachs, banque d’affaires new-yorkaises, officine à traders bonusés et services sophistiqués. Les autorités financières américaines attaquent cette banque pour fraude. Un trader français est même expressément désigné dans l’acte d’accusation, rejetant ainsi les performances de Kerviel-le-fraudeur au niveau de l’école maternelle.

    En gros, Goldman Sachs a constitué pour le compte du fonds spéculatifs John Paulson (par ailleurs donateur à l’association humanitaire de Carla Bruni-Sarkozy) un portefeuille de titres plus ou moins immobiliers comme actifs de ce nouveau fonds. Goldman aurait ensuite fourgué ce produit financier à des investisseurs alors que dans le même temps Paulson, pariant sur à la baisse des titres immobiliers gangrénés par les subprimes, achetait des Credit default swap – CDS sorte de certificats d’assurance contre l’insolvabilité des émetteurs des titres qui prennent de la valeur à mesure que le risque augmente.

    Dans un monde financier basé sur la spéculation on trouve toujours des hurluberlus prêts à parier sur des positions opposées. Paulson qui avait pressenti à l’avance l’effondrement des titres subprimes avait trouvé des investisseurs prédisant le contraire. C’est Paulson qui a gagné, il a revendu ses CDS et les gogos investisseurs dans le fonds Goldman Sachs ont tout perdu.

    L’Etat américain s’émeut du rôle trouble de Dark Vador. On pourrait l’être à moins. A suivre.

  • Tragique retour de l’Histoire

    Quel tragique clin d’œil de l’Histoire ! L’état-major de l’armée polonaise décimé lors d’un accident d’avion dans la forêt de Katyn alors qu’il se rendait en compagnie du président de la République et autres notables, eux aussi décédés à cette occasion, à une cérémonie associant la Russie, successeur de l’Union Soviétique coupable du massacre de 20 000 officiers polonais dans cette forêt, et la Pologne en une espèce de réconciliation-vérité autour de cet épisode barbare de la deuxième guerre mondiale.

  • La Grèce à la recherche de financements

    La Grèce pourra finalement faire la manche auprès du FMI et de l’Union européenne si jamais elle ne pouvait plus trouver de sous auprès des marchés financiers internationaux. L’intervention conjointe du FMI et des contribuables européens est adaptée à la situation, permet de répartir la charge et surtout d’introduire une instance multilatérale mieux à même d’imposer des mesures de redressement économique aux pays défaillants.

    Les engagements pris par la Grèce en matière de redressement budgétaire sont parfaitement irréalistes et chacun le sait, mais un voile pudique a été jeté sur cet aspect des choses. Des efforts vont être menés et vont dans le bon sens, outre qu’ils indiquent également le chemin à suivre sous peu par d’autres.

    L’Allemagne dont les exigences ont retardé l’accord final, est accusée de toutes parts de manquer de solidarité, y compris bien sûr par la France jamais en retard pour faire la morale aux autres. Les allemands sont outragés ; on le serait à moins. Il est en train de se passer exactement ce qu’ils avaient prévu qu’il se passerait lors de la création de l’euro : les pays incapables de gérer leur budget dépensent sans compter en pensant « l’Allemagne paiera… » Le pacte de stabilité qui avait été imposé outre-Rhin pour forcer les cigales à un peu de rigueur, ou du moins à s’engager à le faire, a été balayé et ce bien avant la crise de 2008. La France et l’Italie ont largement dépassé la norme maximum de déficit public de 3% du PIB, une nouvelle fois avant le déclenchement de la crise de 2008 de la spéculation des nouveaux barbares, et n’ont éprouvé bien sûr aucun remord à ravaler leurs engagements.

    Pendant ce temps les allemands finissaient d’absorber leurs régions de l’Est, augmentaient la durée du travail, redressaient leurs exportations et leurs finances publiques, amélioraient leur compétitivité et se maintenait donc comme première puissance économique de l’Europe.

    Alors maintenant que la Grèce tend la main et que d’autres pays ne vont pas tarder à faire de même, ils vivent assez mal de devoir payer et en plus de se faire critiquer par le reste de l’Europe. La ministre française des finances est même allée jusqu’à leur reprocher leur compétitivité et leur faibles salaires… Il faut le faire et elle l’a dit. On peut craindre que lorsque Paris aura à son tour besoin des subsides de ses pairs ce genre de reproches déplacés ne soient resservis un jour.

    Mais les allemands ont aussi besoin d’une économie européenne qui fonctionne alors ils vont payer, mais il serait tout de même plus décent que les pays impécunieux fassent preuve d’un peu plus de décence dans leur demande d’aide. Il ne faut jamais taper sur la main qui signe le chèque.

  • L’Islande et la spéculation

    L’Islande, qui a été gérée comme un fonds spéculatif en confiant son système financier à une bande de vikings délinquants, vote aujourd’hui pour savoir si ses contribuables vont devoir payer environ 4 milliards d’euros aux gouvernements britanniques et néerlandais pour rembourser ces Royaumes qui eux-mêmes ont déjà couvert leurs nationaux ayant déposé leur épargne dans la banque en ligne Icesave. C’est une incroyable histoire dans laquelle cette banque islandaise est allé démarcher des déposants à l’extérieur de son marché national, est tombée ne pouvant ainsi rembourser ses déposants, et met son gouvernement dans une impossible situation. Ces déposants qui ont pris leurs risques et perdu ont réussi à se faire rembourser par leurs Trésors publics respectifs en agitant plus ou moins consciemment le chiffon rouge de la panique bancaire. Pour le moment le contribuable britannique a payé pour le déposant britannique, mais voudrait transférer la charge sur le contribuable islandais. Idem pour les Pays-Bas.

    Eva Joly a été mandatée par le gouvernement islandais pour essayer de comprendre comment 50 barbares locaux, financiers au sein d’un pays de 300 000 habitants, ont pu provoquer quelques unes des plus formidables faillites bancaires de l’humanité. On peut compter sur sa perspicacité pour gratter le fumier et on peut imaginer que l’Etat Islandais sera moins pervers que le français pour couvrir les turpitudes de ses élites financières.

    Le peuple islandais a voté « Non » et ne veut pas rembourser les contribuables britanniques et néerlandais. C’est un problème car des accords gouvernementaux auraient plus ou moins été convenus pour ce transfert de charges. Le gouvernement islandais va devoir trouver une solution plus présentable mais il semble bien qu’à la fin il va payer d’une façon ou d’une autre puisque les déposants qui ont pris leurs risques n’ont pas voulu assumer leurs responsabilités. Eternel renvoi de patate chaude entre le consommateur et le contribuable dans nos civilisations-providence !

  • La Grèce au ClubMed

    La crise grecque est très intéressante. La spéculation des nouveaux barbares est dirigée, pour le moment, contre un Etat clubmed (comme qualifié par les allemands) qui a géré son budget pas beaucoup plus mal que la France, soit dit en passant, mais moins habilement semble-t-il. Ladite France qui oublie d’ailleurs qu’en 1983, après 18 mois de nationalisations à marche forcée, elle avait fait la manche auprès de la Communauté européenne pour obtenir un prêt de trésorerie de plusieurs milliards de francs et éviter le déshonneur d’aller frapper à la porte du FMI. Mais tout ceci est du passé et nous pouvons maintenant faire la morale aux autres membres de l’Union en difficulté. L’une des caractéristiques majeures du politique communicant (comme d’ailleurs de l’électeur) est son absence de mémoire au-delà du jour de son élection.

    • Le premier impact de cette spéculation effrénée est la baisse du cours de l’euro contre le dollar. Qui s’en plaint en Europe ? Pas grand monde bien entendu, et surtout pas EADS ou Volkswagen…
    • La deuxième conséquence est la hausse du taux d’intérêt exigée de la Grèce par ses prêteurs. Est-ce un problème ? Non puisque c’est la seule solution pour forcer un Etat à équilibrer son budget pour moins s’endetter.
    • Existe-t-il un risque de défaut de la Grèce (et demain de l’Espagne ou de la France) comme hier l’Amérique latine ou la Russie ? S’il existe il est très théorique, le contribuable allemand paiera (le contribuable français quant à lui a déjà du mal à couvrir sa propre dette) car les conséquences d’un défaut d’un des Etats de la zone euro seraient trop négativement considérables pour tous les autres. Il s’en suivrait bien entendu des règlements de compte à Bruxelles post-sauvetage, mais l’honneur serait sauf.
    • La Grèce a-t-elle des difficultés pour se financer ? Non, ses émissions de bons du trésor sont couvertes sans difficulté. Le banquier gorgé de liquidités (générés par l’émission monétaire et les versements du contribuable) qui a prêté pendant des années à des ménages américains impécunieux tient avec le débiteur grec un bien meilleur risque.
    • Conclusion, jusqu’ici tout va bien même si les nouveaux barbares-traders arrivent à déclencher des frayeurs mondiales incontrôlées à coup de menaces en chocolat.
  • Les forbans à l’attaque

    On nous ressasse avec les marchés financiers attaquant l’euro et la Grèce, en attendant que Portugal, Espagne ou France passent également à la moulinette de ces marchés financiers. Il est toujours étrange de voir comment le monde extérieur évoque les marchés financiers comme une abstraction que l’on dirait émanant du Saint-Esprit.

    Comme nous l’avons déjà fait à de nombreuses reprises dans ces lignes, rappelons quelques évidences permettant de se remettre les idées en place et de démystifier ce qui n’a vraiment pas lieu de l’être.

    • Les marchés financiers sont une bande de forbans, quelques milliers à travers la planète, qui jouent derrière des écrans d’ordinateur à être les maîtres du Monde, grassement payés par des banques et établissements financiers.
    • Ces forbans jouent avec notre argent, celui de nos petites économies placées de ci de là, et non avec le leur ou celui de leurs employeurs, et nous n’avons pas les moyens d’empêcher leurs jeux diaboliques car nous nous sommes dépossédés de cet argent en le confiant à des banques.
    • Comment peut-on attaquer une monnaie. Il suffit de spéculer à la baisse en vendant à terme aujourd’hui un euro que l’on ne possède pas encore mais dont on parie qu’il va baisser. Exemple : aujourd’hui l’euro vaut 1,35 dollar et je parie que dans un mois il vaudra 1,20 dollar, donc je vends aujourd’hui mon euro, que je ne possède pas, au cours d’aujourd’hui de 1,35 dollar avec promesse de le livrer dans un mois ; dans 29 jours je l’achète sur le marché à 1,20 et le trentième jour je le livre au prix convenu de 1,35 ; j’ai gagné 1,35 – 1,20 = 0,15 dollar.
    • Et comment peut-on attaquer un pays qui n’a plus de monnaie nationale mais l’euro, monnaie multilatérale ? Il suffit de faire monter les taux d’intérêt auquel les forbans leur prêtent nos petites économies, puisque bien entendu ce ne sont pas les leurs qu’ils prêtent à la Grèce.
    • Comment les forbans ont-ils inventé le mouvement perpétuel ? En vendant à terme l’euro, je précipite la baisse de son cours contre dollar ; plus l’euro baisse et plus je vais gagner ; et plus je vais pousser la spéculation à la baisse. On les avait vus, à l’inverse, spéculer à la hausse des produits alimentaires en 2007, alors que les stocks ne justifiaient en rien un tel accroissement des cours. Il suffisait d’acheter aujourd’hui un kilo de blé à 100 pour réception dans un mois lorsqu’il vaudrait 130.
    • Et l’on voit les forbans faire la morale au monde politique en expliquant que la Grèce est mal gérée. Alors là on tire son chapeau devant ce culot qui dépasse l’entendement, lesdits forbans ayant mis le système financier international en faillite en 2008 du fait de leur incompétence, et n’ayant survécu pour la plupart que grâce aux subsides des contribuables mondiaux. En gros, les Etats se sont endettés pour sauver les banques qui maintenant spéculent joyeusement contre ces mêmes Etats.
    • Qu’attendent les forbans ? De fourguer leur risque sur quelqu’un d’autre. En fait ils paniquent à l’idée qu’ils puissent ne pas être remboursés des prêts faits à quelques pays exotiques comme la Grèce. Le contribuable européen a réaffirmé sa volonté de soutenir la Grèce, c’est-à-dire de payer si ce pays faisait défaut et de lui imposer un régime de rigueur. Comme à leur habitude les marchés financiers encaissent les profits et nationalisent les risques mais ils arrivent par la menace à forcer un pays à rentrer dans le rang là où la politique échoue.
    • Comment arrêter les forbans ? Il faut les taxer sur les profits générés par la spéculation. Est-ce facile ? Non, mais est-il satisfaisant de voir quelques centaines de forbans mettre à bas un ou des Etats ? Pas plus, alors il faut les attaquer.
    • Est-ce que tout ceci est condamnable ? C’est surtout cocasse et symptomatique des dérèglements de notre monde où la spéculation est érigée en régulateur et seule capable d’imposer la rigueur à un pays clubmed. En ce sens ce n’est pas sain.
  • Des pirates turcs

    Notre site a été piraté et à la place de la page d’accueil apparaissait une page à la gloire de Mustapha Kemal Atatürk. Ce fut certes un personnage historique mais que ses descendants lui ouvrent un blog que diable plutôt que de pirater ceux des autres !

    La miséricorde qui néglige le devoir est une trahison envers le pays

    Traduction Google translate
  • Désastre en Haïti

    Haïti dévasté par un tremblement de terre qui aurait 150 000 morts, voire plus. Une capitale détruite, un pays martyrisé par l’Homme depuis des siècles et peu épargné par la nature depuis toujours. De l’esclavage aux empereurs fous, des occupations étrangères aux dictateurs locaux ce pays aura cumulé les désastres.

    Les compromissions françaises sont légion dans l’histoire de ce pays. Des indemnités versées par l’ile au trésor français pour prix de son indépendance au dernier rejeton Duvalier, président à vie, a trouvé refuge chez nous après sa destitution honteuse en 1986. Il y est resté plusieurs années avant de finir ruiné, poursuivi par des huissiers et des avocats du gouvernement haïtien à la recherche du magot pillé au cours des années de pouvoir de sa famille. Et pourtant ce pays est resté désespérément francophone.

    La presse et les Etats rivalisent en questions idiotes là où il n’y a pas grand-chose à dire mais beaucoup de choses à faire, et en compétitions ridicules pour savoir qui fait le plus et quelle nation plantera son drapeau le plus en vue sur un tas de misère. Les Etats-Unis sont dans leur pré-carré et prennent les choses en mains, c’est aussi bien.

    Lors d’un voyage initiatique vers la Jamaïque et sa musique reggae dans les années 80 le chroniqueur a passé quelques jours en Haïti, de Port-au-Prince à Cap-Haïtien, et quelques heures au marché de fer de la capitale pour y acheter des peintures naïves. C’est la première fois de sa vie il a vu traîner des cadavres le matin dans les rues, morts de violence ou de pauvreté, attendant d’être ramassés avant que le soleil ne fasse son œuvre. Il y avait aussi le plus incroyable bidonville de la planète, survolé en rase motte par les avions avant de se poser sur l’aéroport de la capitale, il s’appelle cité-soleil et est aujourd’hui hanté par des gangs de trafiquants qui y font régner leur loi sur le même tas de désespérance.

    Et pourtant cette île caraïbe a bien des fois été fondatrice dans l’histoire des Antilles montrant le chemin de la lutte contre l’esclavage, du culte vaudou, développant une culture foisonnante. Haïti a juste échoué sur la politique et sa capacité à construire une nation.

  • Il vaut mieux éviter d’être soupçonné de trafic de drogue à l’étranger

    C’est a priori moins fun d’être emprisonné pour trafic de drogue en Chine qu’en République Dominicaine. Un ressortissant britannique doit être exécuté demain alors que les deux gamines de Saint-Domingue seront dans l’avion du retour vers Paris.