On découvre le monde étrange de ces deux zigotos, fait de gémellité et de symétrie, d’homosexualité, d’auto-contemplation et de dérision. D’immenses compositions murales faites de photographies, de dessins et d’humour ; l’atmosphère est aussi glacée que le papier photo utilisé. Tout paraît symétrique mais ce n’est qu’asymétries de couleurs, de personnages et d’horizons. Très intéressant et original.
On quitte la galerie en passant par une salle Rothko toute en teintes ocres et obscures.
Une terroriste du groupe allemand RFA (Fraction Armée Rouge), Brigitte Mohnhaupt, est relâchée après plus de vingt années d’emprisonnement. Elle ne regrette rien. Batisti bientôt réemprisonné en Italie, la vieille Europe a du mal à se sortie de son passé terroriste.
Notre bon pape Benoît XVI pond une exhortation apostolique où tout y passe : du refus du mariage des prêtres au retour à la messe en latin, de l’interdiction de sacrements aux divorcés-remariés au découragement de l’introduction dans le chant liturgique de genres musicaux qui ne sont pas respectueux de la liturgie. Bref, un bon petit programme catholique qui semble néanmoins poser des problèmes à certains spécialistes de la question, journalistes au Monde ou chercheurs au CNRS.
A quoi s’attendent-ils ces braves gens ? A ce que Benoît se transforme en démocrate participatif et copie Ségolène en organisant des émissions populaires sur TF1 ? Ils confondent tout simplement le dogme et la démagogie. A-t-on déjà vu un idéologue, qui plus est de droit divin, prendre le pouls de ses électeurs ? Certainement pas puisqu’il détient la science infuse en direct du Tout Puissant. Il n’a pas besoin de compter ses voix.
Une escouade rebelle centrafricaine attaque un détachement militaire français au nord-est du pays. La France riposte à coups de Mirage F1 que l’on fait venir du Tchad pour canarder depuis les airs ce qui sera sans doute l’ossature de l’armée centrafricaine après que les « rebelles » d’un jour seront devenus les forces « loyales » du lendemain. Qui sait, en voulant faire voir qui est le patron, nos galonnés franchouillards ont-ils blessé un 2ème classe, futur ministre de la défense ?
Mais que fait-on encore dans cette galère ? Nous avons pourtant vu de nos yeux vu le départ « définitif » de l’armée française de son condominium bantou lorsque nous traînions dans ces contrées sauvages il y a une dizaine d’années ! Et on ressert le couvert ; quelle abnégation ou quel aveuglement militaro-politique. Comme il y a dix ans, il n’y a que des coups à prendre et strictement aucun bénéfice à engranger, pas plus pour la France que pour l’Afrique. Faire tirailler des Mirage sur des hordes dépenaillées et avinées au milieu de la brousse centrafricaine…, qui peut donner des ordres pareils dans les palais vieillissants de la République ? Les bras nous en tombent !
Au moins la Cote d’Ivoire a-t-elle l’air de s’assagir pendant ce temps. Un énième accord vient d’être signé entre rebelles et gouvernement en place. Comme ni la France ni l’ONU n’ont dû tordre le bras des signataires pour finaliser ce parchemin, sa durée de vie devrait être un peu plus longue que les n-1 précédents, quelques semaines tout au plus. Le créneau va être court, il faut en profiter pour retirer « définitivement » les 3 500 soldats français de l’armée néocoloniale qui stationnent encore dans ce pays bourbeux avant que les hostilités ne reprennent. L’art de la retraite en douceur, et que les Etats-Unis en prennent de la graine !
Un intéressant article de Ngoupandé, ex-premier ministre centrafricain, dont j’avais connu le frère à Bangui. Il développe une analyse sur la traite arabe et ses scories actuelles dans le Darfour, une vaste et déserte région au carrefour du Soudan, du Tchad et de la Centrafrique. Pendant des siècles cette immensité a été un vaste marché aux esclaves où s’effectuaient des razzias vers le Proche et Moyen-Orient. La conscience collective des populations noires de cette région est restée marquée par cette traite arabe. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la suite logique d’un « esclavage arabe » qui ne veut pas dire son nom. Ngoupandé insiste sur le caractère « racial » de ce drame dont la seule évocation dérange car révélateur de traumatismes anciens et de désunion actuelle entre les populations africaines. Pour exorciser cette Histoire qui n’a jamais donné lieu à repentance, il appelle les pays arabo-africains à condamner clairement les exactions des hordes janjawids. La patience est une vertu africaine, heureusement…
Les parties soudanaises signent un vague papier au sommet franco-africain de Cannes, s’engageant à ce que la guerre civile ne déborde pas trop sur le Tchad et la Centrafrique. Cet engagement ne vaut évidemment rien et suivra le sort de ses prédécesseurs, la guerre ancestrale entre les nomades arabes et les sédentaires noirs, anciens esclaves, reprendra de plus belle d’autant qu’elle est largement encouragée par le gouvernement en place à Khartoum. Le président El Béchir a d’ailleurs réaffirmé à Cannes son refus de recevoir des troupes internationales sur son territoire pour mettre fin au massacre. Le temps où le Soudan livrait Carlos à la France est bien terminé. Soutenu par la Chine qui pompe son pétrole, délaissé par l’Occident qui n’envisage pas de se colleter ce nouveau conflit, négligé par le reste de l’Afrique qui a autre chose à faire, le Soudan continue tranquillement sa guerre d’un autre âge.
L’Irak cherche à battre le record du monde du terrorisme et devrait y arriver sans trop de difficultés ; aujourd’hui nous avons deux bombes qui explosent à ¼ d’heure d’intervalle juste au début et à la fin du ¼ d’heure de silence en ce jour anniversaire de l’attentat contre une mosquée chiite il y a deux ans. Résultat, 80 morts !
Arrivée à Dubaï dans un avion plein de touristes. La ville se développe toujours plus avec une « sky line » de buildings très élégants, dont la future « plus haute tour du monde ». Pour une fois qu’un pays arabe réussi son développement économique, c’est plutôt bien. Tout est basé sur les services, beaucoup de sociétés viennent établir leur base moyen-orientale à Dubaï pour profiter du régime libéral et de la parfaite qualité et modernité des infrastructures.
Dubaï est une destination très « tendance », les rues de la ville sont parcourues de voitures de grand luxe et d’occidentaux fringués mode. C’est New York au milieu des sables ! Mais toujours aussi peu d’âme dans cette cité riche et superficielle.
Le curé en chef de Varsovie est forcé à démissionner le jour de son intronisation pour cause de collaboration avec la police politique de feu le régime communiste polonais. Dieu est généreux et pardonne à ses brebis égarées, mais les électeurs un peu moins.
Une vidéo piratée sur un téléphone mobile montrant la pendaison de Saddam est diffusée sur Internet et déclenche des réactions diverses, plutôt négatives. C’est curieux de constater que c’est plus l’image qui scandalise que l’acte lui-même. Que l’on soit pour ou contre cette exécution, le fait qu’elle soit filmée et diffusée ne me semble pas changer grand-chose. Notre civilisation de l’image et du paraître a tellement corrompu les comportements que l’on en arrive à réagir sur du virtuel quand la vraie vie laisse indifférente !
L’Union Jack est en berne. La Reine Mère « consort » Elisabeth est morte ce matin dans sa 102e année.
Hommage, hommage à la Grand Mère du Royaume qui a traversé ce dernier siècle vêtue d’incroyables tailleurs pastels à faire frémir le commun des roturiers. Envers et contre tous elle a défendu l’image d’une monarchie noble et inutile, raide et froide, que le rose de ses chapeaux ne parvenait pas à adoucir. Un Windsor ne se plaint pas, n’extériorise pas ses émotions et ne fuit pas devant l’adversité. Il gouverne. Edouard VIII a flanché, renonçant à la Couronne pour les futilités de l’Amour. Depuis, les algarades de leurs rejetons ont fini d’affaisser cette royale rigidité dans laquelle se forgent les destins. Queen Mom était la dernière des Windsor à en être inspirée.
Honneur, honneur à la résistante, debout sur les ruines de Buckingham Palace bombardé par les Stukas de la barbarie, soutenant l’incroyable dureté du peuple londonien dans le blitz, acclamée lors de la victoire en compagnie de Churchill que le peuple méprisant va pousser vers la sortie.
Adieu, Votre Majesté, Adieu. Sans vous le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord poursuivra son naufrage dans la mondialisation. Les frasques de vos petits-enfants continuent de faire les choux gras de la presse populaire, les travaillistes sont au pouvoir, l’Angleterre se fait battre par le XV de France, Mugabe injurie la Couronne depuis l’ex Stanley ville et l’Euro va bientôt chasser la Livre. L’Empire était à genoux. Ce soir l’Union Jack a amené la fin de votre monde.
Retour vers les cendres. Et Dieu ne vous a pas sauvé !