Catégorie : Ailleurs

  • L’Asie nourrit les siens

    Paris-Chinatown, dans l’entresol des tours Olympiades rue de Tolbiac, le parking Avis est logé au bout de cet immense espace dédié au commerce asiatique. Le locataire d’une minuscule Clio se faufile au milieu des semi-remorques qui défilent pour livrer leurs marchandises devant une succession d’entrepôts où s’entassent du crabe de Thaïlande, de la crevette de la mer de Chine, du Nuoc-mâm du Vietnam, de la nouille chinoise et sans doute d’autres marchandises plus ou moins avouables. C’est une véritable ruche en plein Paris, une sorte d’impressionnant Rungis chinois…

    L’Asie nourrit les siens !

  • La puissance des nations désunies


    Le clan syrien des Assad qui tient la Syrie avec l’aide de ses alliés russe et iranien continue à reconquérir le territoire un temps perdu face à un patchwork, devenu assez incompréhensible, composé de rebelles, de terroristes, de religieux, de laïques, de kurdes, d’arabes, soutenus, ou pas, par un autre patchwork de nations étrangères arabes, slaves, européennes, américaines… Dans cette situation kafkaïenne, ceux qui tirent leur épingle du jeu sont les Etats qui sont sur le terrain avec des forces armées : la Syrie, qui est chez elle, la Russie et l’Iran qui y sont invités par la première. Ces Etats sont déterminés, ont des moyens et ne renoncent à rien pour atteindre leurs objectifs. Ils sont donc en train de gagner, au moins provisoirement.

    Le pays est en partie détruit, des millions de syriens quittent ou ont quitté la Syrie, des massacres en tous genres ont eu lieu et sont en cours, des civils et des hôpitaux sont sciemment visés. Il faudra plusieurs générations pour redresser ce pauvre pays si la situation un jour le permet. Les quinze pays membres du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) planchent régulièrement sur le sujet pour essayer de mettre fin à cette guerre d’un nouveau genre et peine à trouver un accord.

    Une nouvelle résolution sur un cessez-le-feu temporaire en en cours de discussion. Les associations humanitaires et la presse à sensation s’époumonent contre « l’impuissance des Nations-Unies ». Le refrain est connu, la naïveté des commentateurs ne change pas. Les « Nations-Unies » sont tout simplement Nous ! L’impuissance des Nations-Unies c’est la puissance des nations fortes à défendre leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. Les Nations-Unies ne sont pas une création ex-nihilo, ce sont tout simplement nos nations qui essayent de se mettre d’accord sur des sujets communs, avec difficultés et des résultats mitigés. L’irresponsabilité des « Nations-Unies » c’est notre responsabilité collective. Ceux qui siègent et qui votent au conseil de sécurité ce sont les représentants de nos dirigeants élus. L’impuissance des Nations-Unies, c’est tout simplement notre incompétence qui laisse la bride au cou aux nations puissantes dans un contexte donné comme c’est actuellement le cas de la Russie et de l’Iran sur le terrain des combats en Syrie. Le mieux est de l’assumer. Ceux qui ont l’illusion de la puissance sont ceux qui ont des combattants sur le terrain, mais cette puissance est éphémère, souvenons-nous de l’Indochine, du Vietnam, de la Somalie, de l’Irak… Ceux qui détiennent la clé sont les syriens qui peut-être un jour réussiront à s’entendre et reconstruire.

    Pour le moment, l’Occident n’arrive à rien avec la Syrie dont le régime s’est donné au Diable. Tout le monde le paiera, les syriens ont commencé, la Russie suivra et l’Occident avec.

  • Malik Sidibé « Mali Twist » à la Fondation Cartier

    Malik Sidibé « Mali Twist » à la Fondation Cartier

    Très belle exposition du photographe Malik Sidibé à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. De nationalité malienne Malik (1935-2016) a travaillé sa vie durant dans une petite boutique de photographe du quartier Bagadadji de Bamako. Il a photographié (presque peint) les siens qui défilaient dans son studio, pour des photos d’identité ou d’ambiance, où qu’il captait dans les soirées de la jeunesse postindépendance. Il acheta son matériel de laboratoire à un militaire français sur le départ après l’indépendance.

    Si la milice politique du régime marxiste de Modibo Keïta n’était pas très tolérante, celle de Moussa Traoré qui lui succéda par voie de coup d’Etat à la fin des années 60’ laissa se dérouler de chaudes soirées bamakoises où les jeunes paradaient en costumes soignés sur les rythmes du twist, du rock et d’autres venus d’Occident. Ces « surprise parties » semblaient déborder de gaîté et de créativité. Sidibé a accumulé des milliers de négatifs noir et blanc de ces instants d’insouciance colorée.

    Sidibé a été célébré dans le monde entier et ses photos exposés dans de prestigieuses institutions. Nombre de ses clichés sont présentés à la Fondation Cartier et on y chemine avec délice. Au sous-sol est projeté le film « Dolce Vita Africana » où l’on suit Malik Sidibé en fin de carrière, devisant avec ses amis ex-ambianceurs bamakois devant sa boutique, buvant le thé sur des fauteuils hors d’âge devant la circulation des véhicules hétéroclites dans les rues toujours défoncées de la capitale malienne. Ensemble, ils évoquent et racontent cette époque des années 60/70’ où tout semblait possible, lorsque l’enthousiasme de l’indépendance et des idéologies n’avaient pas été encore vraiment confrontés à la réalité. Ils réorganisent même une soirée « Las Vegas » où tous ces vieux ambianceurs se retrouvent devant l’objectif de Malik.

    Le film est aussi touchant que les clichés, on y découvre la modestie de Sidibé qui éclate et sa passion pour la photographie des gens qui nous laisse l’héritage inestimable de ces milliers de clichés.

    « En studio, j’aimais le travail de composition. Le rapport du photographe avec le sujet s’établit avec le toucher. Il fallait arranger la personne, trouver le bon profil, trouver la lumière qui embellit le corps. J’employais aussi du maquillage, je donnais de positions et des attitudes qui convenaient bien à la personne. J’avais mes tactiques. Ce travail que j’aimais trop m’a fait solitaire. Je ne pouvais plus le quitter ! » Malik Sidibé

  • La réalité dépasse la fiction en Afghanistan

    Un salve d’attentats religieux particulièrement violents ensanglante l’Afghanistan ces derniers jours, généralement revendiqués par les talibans, rebelles de profession, fous de Dieu et trafiquants de drogue particulièrement efficaces : 20 morts le 20 janvier dans un hôtel international, 5 morts dans une organisation non gouvernementale le 25 janvier, plus de 200 morts dans une rue bondée du centre de Kaboul le 27 janvier. D’habitude les talibans déclenchent leur « offensive de printemps », au printemps, cette année ils prennent de l’avance et ne reculent devant vraiment rien.

    Lire aussi : ‘Pukhtu : Primo (tome 1) & Secundo (tome 2)’ par DOA

  • L’administration américaine n’a plus de sous

    Donald Trump

    C’est la réponse du berger à la bergère : les parlementaires démocrates américains bloquent le vote d’une rallonge budgétaire et mettent l’administration en carafe. Les fonctionnaires ne sont plus payés pas plus que les dépenses courantes non stratégiques. Cela est provisoire en attendant que les conciliabules de marchands de tapis aboutissent dans les couloirs du pouvoir, mais cela fait mauvais effet. Cette politique du pire était le sport favori des parlementaires républicains sous la présidence démocrate d’Obama. Le locataire de la Maison-Blanche a changé, l’irresponsabilité des élus reste la même.

  • Les séditieux espagnols remettent le couvert

    Après avoir organisé un référendum en Catalogne que le pouvoir espagnol a jugé inconstitutionnel mais que les partis indépendantistes ont emporté, leurs principaux dirigeants se sont soit retrouvés en prison pour sédition, soit exilés à l’étranger pour fuir la justice. Pour essayer de sortir de cet imbroglio politico-juridique, de nouvelles élections parlementaires ont été officiellement tenues en Catalogne qui ont de nouveau donné la majorité aux partis indépendantistes. Les séditieux emprisonnés ou exilés ont généralement été également réélus et on ne sait pas très bien à ce stade comment ils pourront siéger au parlement !

    Si les électeurs unionistes de la Catalogne autonome continuent à être mis en minorité dans toutes les élections il va commencer à devenir difficile de continuer pour le pouvoir central à s’opposer au démantèlement du pays, sinon par la force ce qui ne serait bon pour personne.

    On ne sait pas bien comment ni quand tout ceci va se terminer, mais que de temps et d’argent perdus pour des illusions, des combats de coqs sur le fumier, des querelles d’égoïsmes régionaux… La tentation de nos démocraties repues à s’autodétruire est parfois inquiétante.

  • Concours de zizis : Trump vs. Kim

    Les présidents des Etats-Unis et de Corée de Nord continuent à jouer au jeu de celui qui fait pipi le plus loin dans la cour de maternelle 2ème année. L’américain écrit en substance :

    « Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que le “bouton nucléaire est sur son bureau en permanence”. Est-ce que quelqu’un de son régime appauvri et affamé pourrait-il l’informer que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne ! »

    Tout ceci est symptomatique du niveau de responsabilité de ces gouvernants et tout de même un peu effrayant.

  • Un dirigeant balourd

    Avez-vous remarqué la signature de Donal Trump, président des Etats-Unis d’Amérique ?

    Elle est aussi balourde que le personnage et que la décoration de son appartement new-yorkais :

    Il l’applique avec délectation sur des instructions qu’il prend bien soin de signer devant les caméras. Elle est énorme et prend d’ailleurs environ 9 secondes pour être apposée. Ce goût du lourdaud et du kitch caractérise le personnage : un éléphant dans un magasin de porcelaine.

  • Attentat religieux en Egypte

    Des terroristes islamiques égyptiens ont attaqué une mosquée dans le Sinaï égyptien ce vendredi 24 novembre. Il y aurait près de 250 morts. Il s’agit d’une mosquée pour des fidèles pratiquant le soufisme, une variante de l’islam que les radicaux sunnites considèrent comme hérétique pour des subtilités théologiques qui échappent à l’entendement du commun des mortels.

    250 morts pour une querelle théorique au sein de la même religion, cela rappelle les massacres entre catholiques et protestants, ou les staliniens tuant les trotskistes, bref, cela ramène à l’âge de pierre de l’humanité et pourtant cela se passe à côté de chez nous.

  • Mumbai

    Mumbai – 2017-11

    Mumbai, sur les traces de ses pas il y a presque quarante ans, le chroniqueur redécouvre Gateway of India, un monument colonial sans grand intérêt sinon sa situation au bord de la mer d’Arabie. Construit à la gloire du roi Georges V, il fut franchi une dernière fois par les militaires britanniques après que leurs dirigeants aient octroyé l’indépendance du pays.

    Cet immeuble servit de base à Gandhi de 1917 à 1934 et il y proclama le lancement de l’action pacifique pour l’indépendance de l’Inde. Il y fut aussi arrêté en 1932. Mais finalement le combat non-violent fut victorieux, l’indépendance fut proclamée en 1947 mais Gandhi ne sut éviter le drame de la partition du pays entre Inde et Pakistan, ni son cortège de massacres qui entraînèrent près d’un millions de morts.

    www.gandhi-manibhavan.org

  • Visa et religion

    Dans sa demande de visa faite auprès du consulat Indien de Paris, le citoyen français doit mentionner sa religion.

    Pour ceux qui en doutaient, la laïcité n’a guère traversé les frontières hexagonales. Cette laïcité paraissait un principe de gouvernement de la Cité normal et admis de tous mais le concept prend l’eau de toutes parts en France, quant à l‘étranger, il n’y a jamais été vraiment exporté.

  • Des dirigeants séditieux en fuite

    Démis de leurs fonctions par le gouvernement espagnol, poursuivis en justice pour rébellion et sédition, les principaux ex-dirigeants du gouvernement autonome catalan ont fui l’Espagne pour se réfugier en Belgique. Leur président est convoqué par la justice en fin de semaine à Madrid.

    Dans un autre genre, le président du Kurdistan irakien qui avait lui aussi organisé un référendum illégal a démissionné. Le vote en faveur de l’indépendance n’a abouti qu’à une reprise en main par le gouvernement légitime et le départ du président.

    Dans ces deux situations, des dirigeants de rencontre ont fait de l’agit-prop au lieu de gouverner avec raison, ils ont mené des clans au lieu d’agir dans le sens de l’intérêt général, ils ont fait preuve de maladresse insigne alors qu’on attendait d’eux du courage et de l’efficacité. Alors, une fois leur incompétence avérée et le chaos installé, ils ont fui !

  • Les loyalistes sont actifs en Espagne

    Des manifestations importantes ont eu lieu à Barcelone réunissant des citoyens espagnols s’opposant à l’indépendance de la Catalogne. S’ils veulent lutter contre ce mouvement de fond il va falloir aussi qu’ils se rendent aux urnes pour exprimer cette position et votent franchement pour défaire l’actuelle coalition indépendantiste qui a été démocratiquement élue.

  • Les séditieux catalans franchissent le Rubicon

    Tel César franchissant le Rubicon pour fondre sur Rome, le parlement catalan a voté l’indépendance de la Catalogne cette après-midi en dehors d’un processus constitutionnel légal, alea jacta est. A la différence des armées de César, on a l’impression ici d’une bande de garnements extrémistes qui ont engagé leur région et l’Espagne entière dans une impasse sans aucune réflexion sur les conséquences d’un tel processus. Ils sont sans doute partis pour des mois de chaos, cette indépendance n’étant reconnue à ce stade par aucun Etat. Le Venezuela, Etat membre de l’ONU, avait déjà marqué son soutien à la Catalogne par la voix de son président qui avait déclaré début octobre :

    Mariano Rajoy a choisi le sang, les bâtons, les coups et la répression contre un peuple noble. Nos mains sont avec le peuple de Catalogne. Résiste Catalogne ! L’Amérique latine t’admire.

    Croyant agir pour l’intérêt de leur minorité, les élus catalans ont voté pour se séparer de l’Espagne. Cela paraît surréaliste mais c’est ainsi. Si le processus ne respecte pas la constitution espagnole, les élus indépendantistes du parlement catalan, eux, ont bien été élus légalement. Il ne fallait pas voter pour eux si on ne voulait pas de leurs actes.

    Bien évidemment les élus corses, eux-aussi amateurs de sédition, ont marqué leur solidarité avec Barcelone. Sur papier en-tête de l’assemblée de Corse, son président, M. Talamoni (l’homme qui déclarait que « la France est un pays ami ! ») écrit en substance :

    En ce 27 octobre 2017, nous saluons la naissance de la République de Catalogne et exprimons notre solidarité à l’égard de son gouvernement et de son peuple. … La situation actuelle fait craindre une forte aggravation des tensions.

    Afin d’en conjurer le risque, il est indispensable que les responsables et institutions européens s’interposent entre Madrid et Barcelone, et que les forces démocratiques espagnoles se fassent entendre devant les dérives autoritaires rappelant la période franquiste. En attendant, tous les démocrates européens doivent soutenir un peuple qui ne demande qu’à exercer ses droits naturels et inaliénables.

    Visca Catalunya !

    Après la France, voilà un nouveau pays ami pour la Corse bien que la Catalogne pense entretenir le reste de son pays alors que le flux est plutôt inverse pour la Corse comme la matérialisait le même jour une motion présentée par le même Talamoni et exigeant :

    Maintien du différentiel de 20 points entre les taux de réduction d’impôts sur le revenu des fonds d’investissement de proximité (FIP) corses et les taux des FIP classiques [NDLR : c’est-à-dire continentaux].

    Plus sérieux, un mouvement anti-catalan commence à se développer en Espagne. Seul un référendum national aurait permis d’entériner la partition espagnole de façon légale. Selon l’évolution de la situation dans les prochains mois, il n’est d’ailleurs pas exclu que si un tel référendum était organisé, le reste de l’Espagne ne voterait pas pour acter la séparation d’avec les séditieux qui veulent vivre leur vie. C’est peut-être l’un des éléments de la stratégie des indépendantistes, se faire tellement rejeter des autres que l’indépendance sera finalement conçue comme un moindre mal.

    Cette affaire ne va pas manquer d’animer l’actualité européenne des prochains mois et d’agiter le Landernau communautaire, comme s’il n’y avait pas mieux à faire !

  • Le « pouvoir » d’un libidineux riche et clinquant

    Un homme public américain autrefois couvert de gloire est désormais voué aux gémonies par la planète entière. Le garçon est producteur de cinéma et il était fêté comme « le plus puissant producteur d’Hollywood », encore plus applaudi que les artistes dont il finançait les créations. Etre « puissant » pour un producteur de cinéma signifie sans doute avoir beaucoup d’argent et donc le pouvoir qui va avec.

    Il s’avère que cet homme a beaucoup fait usage de son pouvoir d’argent pour séduire des femmes, voire les harceler et même les violer. Comme il s’agissait souvent de starlettes venues quémander un rôle dans un film, le libidineux d’Hollywood en profitait pour leur imposer des relations sexuelles. Cela durait depuis des années semble-t-il et les premières plaintes arrivent maintenant. L’époque accepte de moins en moins ce genre d’écarts, en tout cas en Occident.

    Depuis la révélation de cette affaire, c’est un festival de faux-jetonneries comme si le monde entier découvrait, stupéfait, que l’univers du cinéma, peuplé de gens beaux et/ou riches (seulement riche dans le cas du libidineux qui nous occupe) n’était pas aussi habité par des histoires sordides ; « Mais comment ! Des coucheries à Hollywood, je n’en crois pas mes oreilles… » Il s’agit d’histoires de pouvoir, d’égo, d’argent, d’ambition et de fesses, bref, c’est la vie. Il faut sans aucun doute rabattre le caquet des libidineux et autres arrogants aux égos surdimensionnés, au besoin devant la justice, mais feindre l’étonnement devant la lâcheté des hommes relève au mieux de la niaiserie, au pire de l’escroquerie intellectuelle.

    Plus déprimant, la République française a décoré le libidineux de la Légion d’honneur il y a quelques années et l’on se demande bien à quel titre ? Il n’y a pas de réponse évidente à ce stade sauf ce penchant douteux pour l’autocongratulation qui ravage nombre de puissants. Toujours est-il que devant le scandale en cours, la République pourrait éventuellement retirer sa décoration.

  • Une région séditieuse

    L’Espagne est agitée par la sédition de sa région nord-est : la Catalogne. Disposant déjà d’une relative autonomie dispensée par la constitution espagnole cette région dirigée par un parti indépendantiste a organisé un référendum (déclaré inconstitutionnel par le gouvernement) qui a abouti à une majorité en faveur du divorce avec le reste du pays.

    Comme certaines autres régions européennes, la Catalogne s’estime plus riche et plus efficace que les autres régions espagnoles et refuse de continuer à les subventionner. On ne connait pas bien la réalité des transferts entre la Catalogne et les autres régions moins riches, mais on constate une nouvelle fois que lorsqu’il s’agit de ses intérêts communautaires, il est rare qu’une minorité opte en faveur de l’intérêt national. L’Ecosse, émirat pétrolier du Nord du Royaume-Uni voit monter sa fièvre indépendantiste en même temps que croissent les cours pétrole, et vice versa. La Flandre, région belge plutôt dynamique et efficace veut se séparer du Royaume de Belgique pour arrêter de subventionner la Wallonie plus pauvre. Guidée par leur égoïsme, ces régions font fi du sentiment national pour privilégier leur tiroir-caisse en se drapant derrière leur « dignité » effarouchée par l’Etat central, leur identité ethnique.

    Il est un peu surréaliste d’imaginer la Flandre prendre son indépendance, de même la Catalogne ou l’Ecosse ! Ce serait un peu comme si l’Ile de France prenait son autonomie vis-à-vis de la Corrèze. Contrecoup de la mondialisation ce nouvel égoïsme régional ne règle rien, il rabougrit les situations et attise les nationalismes aux petits pieds.

  • Curieuse géographie

    Le journal Le Monde classe ses articles sur la Russie et la Turquie dans sa rubrique « Europe » et non « Asie-Pacifique ». On se demande si les écoles de journalisme en France apprennent bien la géographie à leurs élèves ?

  • Une nouvelle salve d’attentats religieux islamistes

    L’idéologie islamiste continue de frapper les « mécréants et apostats » en Europe. Deux attentats ont eu lieu en Espagne (Catalogne) ce 17 août : quinze morts à ce jour et une centaine de blessés, écrasés par des voitures béliers conduites par des gamins marocains, très jeunes, immigrés dans un village tranquille où ils avaient organisé une cellule djihadiste. Le groupe Etat islamique a rapidement revendiqué ces deux attaques. Certains membres de la cellule ont été arrêtés après les attentats, marocains également sauf un de nationalité espagnole, issu de l’enclave de Melilla eu Maroc.

    L’Espagne enterre les victimes (qui relèvent d’une trentaine de nationalités différentes), les chaines d’information en continu mobilisent leurs habituels « experts » en terrorisme qui servent leur logorrhée ordinaire sur ce phénomène sanguinaire et incompréhensible pour le commun des mortels. Les journalistes ponctuent leurs commentaires vides de « il faut rester prudent » toutes les deux phrases illustrant si besoin en était qu’ils n’ont rien à dire de notable sinon les ragots autoentretenus dans les salles de rédaction sous couvert de « devoir d’informer », le tout dans des émissions live à n’en plus finir diffusées sous un logo ridicule créé à toute vitesse pour faire journalisme réactif près du terrain. Les discours des spécialistes sont ponctués d’interviews devenues maintenant tellement communes des victimes survivantes, touristes en goguette à Barcelone à qui le frôlement d’une camionnette conduite par un cinglé-barbu a fait redescendre en vitesse leur taux d’alcoolémie, ou des familles des terroristes supposés qui vantent les mérites de leurs petits si angéliques… On oublie pas les tweets de Nadine Morano et d’Eric Ciotti qui attisent la haine du populo et attaquent le pouvoir français. Bref, on s’installe dans la routine du terrorisme.

    Et personne n’a vraiment d’idée nouvelle pour mettre fin à ce processus mortifère, celui d’une idéologie religieuse basée sur le totalitarisme et le crime de masse. Comment faire pour extirper de la tête de jeunes gens entre 20 et 30 ans (le plus jeune du gang de Catalogne a 17 ans…), immigrés, d’origine immigrée ou nationaux convertis, l’idée qu’une religion peut être vécue pleinement sans forcément massacrer son prochain ou égorger son voisin ? A ce stade on ne sait pas bien faire pour lutter contre cette tendance jusque-là inédite, en tout cas relevant d’un autre âge. Il semble que le remplissage des prisons soit une solution de court terme qui n’endigue pas le flot des candidats aux attentats suicides, d’autant plus que les dernières attaques ont été commises par des citoyens qui n’avaient pas encore attiré l’attention des services de sécurité et encore moins enfreint aucune loi. Comment faire entendre raison à ces djihadistes pour qu’au moins durant leur passage sur terre ils coopèrent avec les Hommes au lieu de les tuer ? Personne n’a aujourd’hui la recette miracle. On pressent que l’éducation devrait permettre d’accélérer la résilience comme elle permit de passer de l’inquisition à un culte chrétien aujourd’hui plus ou moins apaisé. On n’est même pas sûr que ce qui a fonctionné pour l’un des religions monothéistes puisse marcher pour une autre, on essaye…

    Au même moment, des attentats religieux islamistes se déroulaient en Finlande (deux morts et huit blessés à Turku sous le couteau d’un jeune marocain demandeur d’asile, blessé et arrêté par la police) et en Russie (un terroriste tué par la police à Sourgout, peu d’informations communiquées par les autorités sur le nombre des victimes).

  • La Turquie… encore et toujours

    Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

    C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

    Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

    Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

  • Dictateur, c’est un métier !

    Les dictatures de Corée du Nord et du Venezuela occupent l’actualité ces derniers temps avec des exploits dont on se passerait bien.

    La Corée du Nord est maintenant élevée au statut de puissance nucléaire grâce à la constance de la famille Kim qui a engendré trois dictateurs staliniens d’opérette ayant successivement dirigé le pays. Le régime est totalitaire et a développé une propagande qui a éteint toute opposition et érigé un culte de la personnalité en faveur de son dirigeant suprême à l’égal de celui dont Staline avait disposé en son temps. Il n’y a pas d’élections libres. Le pays est isolé du reste du monde et l’un de ses principaux objectifs politiques est la confrontation avec l’extérieur.

    Le Venezuela est gouverné depuis plusieurs années par des dirigeants populistes élus dans des élections plus ou moins démocratiques mais en tout cas soutenus par une partie des citoyens. Le développement économique est basé sur des principes marxistes et le pays est ruiné malgré ses réserves pétrolières considérables.

    Dans un cas comme dans l’autre, ces dirigeants consacrent la majorité de leur temps et des moyens des Etats qu’ils squattent à se maintenir au pouvoir quel qu’en soit le prix à payer pour leurs pays : la ruine, voire la guerre. La confrontation avec l’extérieur leur permet par ailleurs de mobiliser leurs peuples, plus ou moins consciemment, derrière eux. Au Venezuela où existe tout de même un processus électoral, le pouvoir doit jouer avec les institutions pour museler son opposition. En Corée du Nord, il suffit d’exécuter les contestataires qui de ce fait semblent assez peu nombreux.

    Si ces dirigeants de rencontre consacraient la moitié de l’énergie qu’ils dépensent actuellement pour maintenir leurs dictatures au développement censé de leurs pays, nous n’en serions pas là et eux non plus.

    La démocratie dans sa conception occidentale a bien des inconvénients que nous vivons tous les jours, mais elle a l’immense mérite d’empêcher l’apparition de telles situations, au moins jusqu’ici. Conservons-là, protégeons-là et cessons de maugréer à tous instants contre ce qu’elle est !