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  • Le bal des traîtres et des serpents à sonnettes

    Ce qui est également révélateur dans l’affaire Fillon est la célérité avec laquelle le nid de serpents à sonnettes qui constitue le parti Les Républicains s’est mis à crier haro sur le baudet. Il ne s’en est fallu que de quelques jours après les révélations sur les largesses dont fit preuve le candidat à l’égard des siens avec les sous du contribuable pour que les traîtres sortent les couteaux pour expliquer que le candidat n’était plus crédible et qu’il fallait donc le remplacer.

    On aurait pu imaginer une situation dans laquelle les rangs du parti se seraient resserrés autour de M. Fillon pour affronter l’adversité ensemble, affirmer que le programme est bon, que leur candidat est irremplaçable même si pas infaillible et qu’il fallait donc passer outre cette misère familiale et poursuivre le combat.

    Cette option n’a pas été retenue et à sa place chacun y est allé de son coup bas, de sa proposition malsaine, de son règlement de compte clanique, de son allusion nauséabonde, bref, un troupeau d’hyènes se déchirant devant la charogne boursoufflée d’un buffle. Cela aussi est parlant sur l’état d’esprit du monde politique français.

  • L’actualité du stupide à la une

    L’affaire Fillon est en train de prendre des proportions inattendues. Le candidat de la droite aux élections présidentielles a rémunéré sa femme et ses enfants pendant des années sur de l’argent public pour des emplois sur la réalité desquels la justice est en train d’enquêter. Quelle que soit son appréciation ou un éventuel jugement, les électeurs potentiels de ce candidat s’étonnent qu’après avoir qualifié la France d’Etat en faillite il ait fait preuve d’une telle générosité à l’égard des siens avec les sous du contribuables.

    Conscient de la situation ambiguë dans laquelle il se trouve, Fillon développe une défense sur le thème du complot contre lui mené par la gauche voulant empêcher sa candidature. Il parle d’une « opération de calomnie très professionnelle, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République » en précisant que « Nous sommes en face d’un coup d’Etat institutionnel. Cette opération ne vient pas de chez nous, cette affaire vient du pouvoir. »

    Tout est bien sûr possible, y compris un coup bas du pouvoir en place ou de ses propres « amis » politiques, mais là n’est sans doute pas la question. Dans l’esprit des citoyens, ce qui choque est de voir ces petits arrangements familiaux avec de l’argent public pour un candidat qui a basé son programme sur la probité et contre la gabegie d’argent public…

    La contradiction n’est pas facile à gérer, qu’importe au fond qui a trahi. Alors il se présente comme la victime d’un complot politico-médiatique, on ne sait pas bien s’il comprend le problème. Et pendant ce temps, les serpents à sonnettes qui forment son entourage commencent déjà à cracher leur venin et demandent son remplacement, hypothèse qui paraît difficile à réaliser dans le peu de temps qui reste avant l’élection.

    L’affaire prend un tour plutôt insensé, susceptible de remettre en cause la présence d’un candidat conservateur à la présidentielle.

  • Les larmoiements du stupide

    Deuxième discours larmoyant de Fillon-le-stupide, cette fois-ci devant un parterre d’idolâtres chauffés à blanc. Et il a renouvelé dans un hourvari général son amour pour sa femme ainsi qu’une supplication à ce qu’on laisse tranquille Pénélope-chérie.

    Cela tombe bien car ce n’est justement pas à Pénélope que l’on demande des explications mais à son mari qui a su déployer hier soir une langue de bois en chêne massif dont sont coutumiers ceux de sa confrérie ! Le problème n’est pas vraiment qu’il aime ou pas sa Pénélope mais la justification de salaires qui ont été versés à celle-ci sur fonds publics (c’est-à-dire venant de nos poches de contribuables) puis privés (c’est-à-dire venant de la poche d’actionnaires).

    Lire aussi : Pathétique mais distrayant

  • Pathétique mais distrayant

    La femme du candidat de droite républicaine aux élections présidentielles françaises de mai 2017 est soupçonnée d’emploi fictif. Elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari François Fillon pendant plusieurs années puis comme employée (avec salaire très confortable) chez un affairiste soutien traditionnel de la droite. A ce stade on ne sait pas bien le type de services qu’elle aurait rendu contre cette rémunération. Des investigations judiciaires sont en cours.

    L’information est diffusée par Le Canard Enchaîné et les journalistes mondains de plateaux télévisés, glosent sur le sujet à n’en plus finir (ce qui leur évitent d’afficher leur ignorance sur les sujets de fond) diffusent largement l’idée que ce serait des « amis » politiques de droite qui auraient trahi. Le nid de serpents à sonnettes qui grouillent au sein du parti Les Républicains rend effectivement cette hypothèse possible.

    Le fin mot de l’histoire ne sera sans doute jamais véritablement établi même si la justice se prononcera. Mais le plus pathétique dans cette histoire est l’absence totale de sens des réalités de la classe politique. L’intelligence voudrait qu’à ce niveau de compétences et de responsabilités publiques on comprenne qu’il vaut mieux ne pas passer de contrats ou de transactions avec ses proches. Quand on est pédégé il vaut mieux ne pas employer sa maîtresse dans l’entreprise que l’on dirige, quand on est directeur du Fonds monétaire international il vaut mieux ne pas violer une femme de chambre dans un hôtel, quand on est parlementaire conservateur prônant la baisse des dépenses publiques il vaut mieux demander à sa femme, si elle preste des services dans le milieu politique, de le faire gratuitement plutôt qu’aux frais du contribuable. Même si tout ceci est légal, Mme. Fillon aurait pu faire un peu de bénévolat pour son mari, elle ne s’en serait pas plus mal portée et on peut raisonnablement penser que la famille ne se serait pas retrouvée immédiatement sur la paille.

    Hélas, hélas, hélas ! Nous avons les dirigeants que nous méritons, à notre image, ayant perdu le sens de l’intérêt général au profit de leurs intérêts particuliers. Cela ne les rend pas moins compétents, mais juste moins sympathiques. Dans le cas d’espèce, il est probable que les conséquences sur l’électorat de Fillon seront faibles : déjà persuadé du « laxisme de la justice aux ordres des socialo-communistes » il n’en sera que renforcé par les évènements actuels et ne devrait pas modifier son vote.

    Fillon ravalant sa stupidité, s’est cru obligé de venir larmoyer à la télévision pour expliquer devant Mme. Michu qu’il aimait sa femme et qu’elle relisait ses discours, tentant ainsi de convaincre qu’elle méritait les salaires reçus dont les niveaux laissent pantoise ladite Madame Michu. Bref, le clou d’un spectacle déplorable déclenché par des crétineries de cour d’école, rendu public par des traîtres politiques bavant la haine recuite et l’ambition psychopathe, mis en scène par des « communicants de crise » déclinant le bréviaire de leurs dogmes abrutissants et vendu sur une télé de caniveau détenue par un bétonneur du CAC40 !

    Alors si François Fillon devient président de la République française, nous saurons que ce président est capable d’être stupide. C’est triste, c’est affligeant, c’est idiot, ce n’est pas si grave en soi mais c’est porteur de la décadence qui mène à l’effondrement de l’esprit.

  • Les Etats-Unis démontent l’assurance maladie


    Le premier décret signé par le nouveau président américain demande à l’administration de freiner autant que possible l’application de cette loi en attendant son abrogation par le parlement. Cette loi votée sous la précédente présidence vise à aider avec des fonds publics les américains les moins favorisés à couvrir leur risque maladie. Honni par une bonne partie de la population et du parti conservateur pour qui toute intervention de l’Etat dans les affaires privées est à bannir.

    Dans le même temps, François Fillon qui avait inclus dans une première mouture de son programme présidentiel la privatisation d’une partie des risques maladie pris en charge aujourd’hui par la Sécurité sociale publique, retirait subrepticement cet item sous les pressions de ses congénères conservateurs le trouvant un peu trop provocateur pour un électorat même de droite.

    De Trump ou de Fillon on ne sait pas bien qui sera finalement le plus efficace pour gérer un système de risque maladie, mais on peut déjà déduire que le premier semble plus fort dans ses convictions que le second.

    Lire aussi : Le programme santé retiré de Fillon

  • L’Orient dans les mains des orientaux


    La presse et certains politiciens français de plateaux télévisés s’émeuvent sur le fait que les Etats-Unis et l’Europe sont exclus des négociations de paix en cours sur l’avenir de la Syrie. Le fait est avéré mais il n’est pas sûr que la conclusion qui en est tirée soit correcte.

    Le pouvoir syrien et quelques groupes rebelles (mais pas tous) doivent se retrouver la semaine prochaine au Kazakhstan pour des discussions menées sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. On remarque au passage que l’avenir à court terme de ce pays arabe est dans les mains de pouvoirs orientaux non-arabes puisqu’ils sont slaves, perses et turcs. En cela la durabilité d’un tel accord n’est pas assurée. Est-ce un problème que Washington ou l’Europe ne soient pas parties à un éventuel accord ? Sans doute pas.

    L’Occident est impliqué d’une façon ou d’une autre au proche et moyen Orient depuis au moins deux siècles de l’époque contemporaine, avec pour objectif majeur : l’accès aux ressources pétrolières. Si ce pétrole bon marché jusqu’en 1970 a irrigué le développement économique occidental, le résultat politique n’est pas une franche réussite, c’est le moins que l’on puisse dire : guerres, terrorisme, destructions, massacres, assassinats, copinage avec des dictatures abjectes, liens économiques malsains, accords politiques piétinés à peine signés, et maintenant flux considérables de réfugiés fuyant la guerre syrienne.

    Ce que l’Occident a essayé de faire dans un mélange de cynisme et de bonne volonté, de naïveté et de violence, n’a pas fonctionné. Problèmes de méthodes, de personnes, d’incompatibilités sociales, religieuses et politiques, bref, le moyen Orient est un champ de ruines et de drames humains. Il faut passer son tour et laisser les puissances actuelles essayer d’apaiser la situation avec leurs propres méthodes. En espérant qu’un jour le moyen Orient arrive par lui-même à se prendre en mains.

  • Egos, ambitions et inutilité

    Qu’est ce qui peut bien pousser des individus tels Michèle Alliot-Marie (70 ans), Henri Guaino (59 ans) Sylvia Pinel (39 ans), quasiment inconnus du grand public, à présenter leurs candidatures aux élections présidentielles, ou à des primaires partisanes auxdites élections ?

    On ne sait pas très bien. Sans doute un mélange d’ambition et de frustration. Il s’agit de personnages à égos surdimensionnés qui chacun pense que sa vision politique est originale et peut seule s’avérer capable de « redresser le pays ». Qui, chacun, est persuadé que sa valeur n’a jamais été reconnue à hauteur de ce qu’elle mérite, par son parti, par le peuple, par ses adversaires.

    Une très haute idée de sa valeur personnel, agrémentée d’un furieux besoin de reconnaissance donnent ce résultat un peu grotesque, plutôt pathétique, de gens ordinaires qui se lancent dans une course où ils ne récupèrent qu’opprobre et ridicule. Ces démarches sont inutiles et couteuses pour la République. Elles restent malgré tout symboliques de la vigueur de l’esprit démocratique qui fonde nos sociétés occidentales et elles alimentent les dessins humoristiques de la presse.

    Michèle Alliot-Marie et consorts doivent se sentir bien seuls le soir quand ils rentrent chez eux et allument leur télévision pour constater que l’on y parle pas d’eux.

  • De l’explosif et du terrorisme

    Les combats menés actuellement au Moyen-Orient contre les différents groupuscules terroristes mettent en valeur la sophistication avec laquelle ces derniers piègent tout ce qu’ils peuvent trouver pour nuire à leurs assaillants. Leur créativité est assez impressionnante et relativement efficace pour retarder l’avancée des troupes régulières.

    Outre la voiture piégée à l’explosif lancée contre la ligne de front, généralement conduite par un suicidaire et désormais un classique du genre, les mouvements terroristes religieux prennent un malin plaisir à piéger tout et n’importe quoi : les maisons détruites, des drones artisanaux, des chaussures abandonnées et même des Coran qui ont l’air de traîner par terre et qui explosent dès qu’un soldat imprudent s’en saisi. L’avancée des troupes loyalistes qui reconquièrent les villes est ainsi sérieusement ralentie puisqu’elles regardent à deux fois où elles mettent les pieds, et on peut les comprendre.

    Evidemment il est probablement plus simple de piéger un objet qu’un humain bien que les deux méthodes soient également pratiquées. Le recrutement est plus aisé dans le premier cas bien qu’on ne semble pas manquer de volontaires pour le second. Le piégeage relève de la guerre du pauvre : avec un peu de poudre on crée beaucoup de terreur et un peu de dégât.

  • La Russie à l’assaut des élections occidentales

    L’administration américaine confirme ses accusations contre la Russie qui serait intervenue lors des élections américaines via des manipulations de données informatiques, intrusion dans les systèmes du parti démocrate, vol et publication de documents secrets ou privés. Moscou aurait cherché à favoriser l’élection de Donald Trump plus ouvert aux positions russes que son opposante Hillary Clinton. La Russie et M. Trump contestent cette analyse officielle américaine.

    Le problème dans ce genre de situation est que l’on peut croire l’une et l’autre partie largement capable de ce dont elles s’accusent mutuellement : la Russie d’intervenir contre la démocratie et l’administration américaine de raconter des bobards. Ce qui est incontestable sont les attaques informatiques qui ont eu lieu contre les sites du parti démocrate ayant abouti à la publication de toute une série de documents négatifs pour la candidate Clinton. Il semble probable que l’origine de ces attaques vienne de Russie bien qu’il ne soit pas évident de remonter la chaîne des ordinateurs hackers procédant à ce genre d’attaque. Ce qui est encore plus difficile est de démontrer que le pouvoir russe serait le donneur d’ordre. Les services de renseignement américains ont franchi ce pas et l’ont documenté dans un rapport dont une partie vient d’être déclassifiée et publiée.

    La Russie, comme nombre d’autres pays de la planète, n’aime pas la démocratie comme système d’organisation de la société. Lorsque ces pays opposants sont des puissances, ils vont plus loin et cherchent à abattre les démocraties. Ce fut l’obsession de l’ex-URSS durant les 70 années de guerre froide et la Russie reprend aujourd’hui le flambeau. Les puissances occidentales ne sont pas non plus restées inactives pour accélérer la fin de l’empire communiste soviétique. Plus récemment elles n’ont pas été en reste pour généraliser de façon assez effrayante l’espionnage des communications de notre civilisation de l’information, y compris en piratant les téléphones portables de dirigeants amis.

    Alors que la démocratie occidentale apparaissait comme le système victorieux après la chute du mur de Berlin en 1989 et semblait avoir vocation à être instauré partout sur la planète où il ne l’était pas encore, la situation est significativement différente aujourd’hui trente ans plus tard. Une bonne partie de l’Asie conteste ce système en l’accusant de tous les maux et mène des actions hostiles diverses pour le faire choir. De la Russie à l’Iran en passant par les monarchies religieuses du Golfe persique nombre de pouvoirs de ces pays se retrouvent pour s’attaquer à la démocratie via des actions souvent illégales. Il y a sans doute dans ces attitudes belliqueuses un mélange de jalousie devant la réussite économique et technologique occidentale et de crainte que cette liberté (et sa première manifestation : les élections) s’installe dans leurs propres populations, mettant ainsi la continuité de leur pouvoir en péril.

    Il faut vivre avec cette menace, et s’y possible se préparer à y réagir. La démocratie occidentale est un système minoritaire dont le sens de la liberté sonne comme un symbole de décadence aux yeux de ses opposants. Il est illusoire de penser que chacun puisse vivre de son côté sans chercher à nuire à l’autre. L’esprit de compétition et de conquête est un moteur fort de tous temps pour l’Humanité. Rien ne change, il faut juste ne pas perdre la course !

  • Attentat religieux islamique en Turquie

    Le groupe Etat Islamique a revendiqué l’attentat qui s’est déroulé la nuit du réveillon dans une boîte de nuit d’Istanbul. Le mode d’action ressemble à celui mis en œuvre à Paris lors du concert du Bataclan : un fou de Dieu s’introduit dans un lieu festif et tire au hasard sur la foule. Il y a 39 morts et de nombreux blessés. La revendication fait expressément mention de la Turquie « protectrice de la croix » et des fêtes païennes qui se déroulent dans ce pays.

    La Turquie a retourné ses alliances. Alors qu’elle soutenait les opposants au régime syrien, la voici maintenant alliée avec la Russie (chrétienne) qui, elle, soutient à bouts de canons le clan au pouvoir à Damas. Pas facile à gérer pour un Etat en cours de réislamisation et toujours en guerre par ailleurs avec sa minorité kurde soutenue elle par l’Occident dans la guerre contre le groupe Etat Islamique. Plus personne ne comprend plus grand-chose dans cet Orient où s’affrontent des arables, des perses, des turcs, des slaves, des occidentaux, des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens orthodoxes, catholiques ou protestants, avec des alliances qui se font et se défont dans la même journée.

    Des négociations politiques sont en cours pour tenter de mettre fin à la guerre syrienne sous l’égide de la Russie et avec la Turquie. Espérons qu’elles aboutiront à quelque chose. En attendant, la guerre de religion absurde se poursuit, le sang continue à couler au nom de Dieu et les groupe terroristes religieux nagent comme des poissons dans cette eau trouble et nauséabonde. La Turquie n’en a sans doute pas fini avec les attentats, pas plus que les pays occidentaux d’ailleurs.

  • Le programme santé retiré de Fillon

    Le Canard Enchaîné prend un malin plaisir à publier sur Internet le programme santé que candidat conservateur Fillon aux élections présidentielles a finalement retiré de son programme devant les réactions négatives. C’est une première reculade de son programme économique radical.

    Lire aussi : Comptes et décomptes pour Fillon

    Partant du principe que le système de santé français bientôt ne sera plus financé, il voulait en réformer l’organisation, justement pour en assurer la pérennité. Après quelques grands slogans généralistes avec lesquels personne ne peut être vraiment en désaccord…

    Il faut au contraire restaurer la confiance entre les différents acteurs, qui sont tous attachés à la qualité et la pérennité de notre système de santé. Il faut préserver la liberté de choix des patients et la liberté d’exercice du personnel médical et non s’engager dans une étatisation rampante de la médecine qui ne répond ni aux souhaits des Français ni à ceux des professionnels de santé. Il faut responsabiliser l’ensemble des parties prenantes, patients comme professionnels de santé… Il faut recréer de la confiance entre tous les professionnels de santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Etc, etc.

    Suivent ensuite quelques propositions relativement classiques et de bons sens, puis, l’option qui fâche sur la réforme du système de financement :

    Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue.

    Créer une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée. L’assurance privée est une délégation de service public qui doit être contrôlée. Ainsi, le PLFSS définira le contrat standard d’assurance santé universelle de base obligatoire pour tous. L’agence de contrôle et de régulation définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix.

    Ce n’est pas révolutionnaire si c’est appliqué avec intelligence, ce n’est pas indécent puisqu’assorti de mesures de sauvegarde pour les moins favorisés, c’est déjà ce qui se pratique de façon plus ou moins opaque avec les déremboursements de nombre de médicaments par la sécurité sociale, mais c’est un changement suffisamment important pour effrayer les réformistes de salon de la droite qui, du coup, poussent leur candidat « radical » à retirer ce point de leur programme.

    Le document a été effacé du site web du candidat mais heureusement la mémoire électronique infaillible en a conservé un exemplaire remis à disposition des électeurs par le Canard Enchaîné. Il se termine par cette phrase prémonitoire :

    Nous formulons ces propositions afin de lancer le débat et de faire mûrir les points de vue. La qualité et la pérennité de notre système de santé ainsi que sa solidarité en dépendent.

    Le débat est clos, pour le moment !

    Le programme original : VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ FONDÉ SUR LA LIBERTÉ ET LA RESPONSABILITÉ

  • Guaino et Laval


    Henri Guaino le colérique fait toujours dans la nuance et la subtilité. Sa dernière tonitruante sortie l’a fait comparer le programme économique de François Fillon à celui de Pierre Laval, président du conseil sous Pétain durant la deuxième guerre mondiale. Tout le monde a bien entendu oublié ce que fut la politique économique de Laval, mais par contre beaucoup se souviennent que Laval fut le chantre de la collaboration avec les nazis et l’initiateur de la législation française anti-juive. Lui comparer Fillon n’est donc pas neutre et même particulièrement insultant.

    En guise d’excuse Guaino s’est fendu d’une tribune dégoulinante de bons sentiments dans Le Monde pour assurer Fillon de toute son amitié. Henri Guaino c’est un peu le sale gosse qui fait de grosses bêtises et demande ensuite pardon. On se souvient de sa sortie après l’attentat islamiste de Nice expliquant qu’il suffisait d’un soldat avec un lance-roquette pour arrêter le camion criminel de la promenade des anglais ! Ses propositions sont parfois techniquement justes mais toujours inapplicables. C’est la définition du populisme en politique.

    Henri Guaino est par ailleurs candidat à l’élection présidentielle française en 2017.

    Lire aussi : Guaino le colérique et son lance-roquette

  • Négligence, petites affaires et gros sous


    Christine Lagarde, chef du Fonds monétaire international et ancienne ministre des finances française vient d’être condamnée par la Cour de justice de la République pour « négligence » et dispensée de peine. C’est sous son règne qu’avait été conclu le fameux arbitrage privé ayant octroyé en 2007 400 millions d’euros à l’affairiste Bernard Tapie en dédommagement d’un litige avec le Crédit Lyonnais, dont 45 pour « préjudice moral ». Précisons que ces 400 millions ont été tirés de la poche du contribuable car la banque avait fait faillite depuis et que la somme a été payée à son heureux bénéficiaire.

    Cet arbitrage a ensuite été annulé par la justice mais de multiples procédures restent en cours rendant le remboursement de la somme aux contribuables très improbable, hélas. La justice a déclaré l’ex-ministre « négligente ». C’aurait pu être plus sévère vu l’affaire dont on parle. La seule question qui compte désormais : va-t-on faire revenir les sous dans les caisses de l’Etat dont ils n’auraient jamais dû sortir ?

  • Alep revient, Palmyre repart

    Reprise il y a quelques mois par le pouvoir syrien et ses alliés étrangers la ville de Palmyre en Syrie vient d’être reconquise par le groupe Etat islamique et ses quelques centaines de miliciens extrémistes. Lorsqu’ils occupaient cette ville, les islamistes avaient consciencieusement détruit nombre de monuments antiques qui contredisent leur projet fou de purification religieuse. Ils en avaient profité pour décapiter le vieux conservateur des antiquités de la ville qui avait 82 ans.

    Ces religieux qualifient tous ceux qui ne croient pas à leur sunnisme radical et régressif de mécréants lorsqu’ils sont chrétiens ou juifs, ou d’apostats lorsqu’ils sont musulmans non sunnites. Ils méritent donc selon les djihadistes au mieux la relégation, au pire la mort. Et le groupe Etat islamique continue à massacrer et détruire au nom de Dieu !

  • Attentat religieux en Allemagne

    Un terroriste islamique lance un camion dans un marché de Noël à Berlin faisant 18 morts et de nombreux blessés. Le groupe Etat islamique revendique l’attentat. Le mode opératoire est désormais relativement classique : infiltré en Europe dans le flot de réfugiés, en provenance de Tunisie dont il est citoyen, petit délinquant ayant plus fréquenté les prisons que les mosquées, il se laisse embrigader pour tuer au nom de Dieu, vole un camion, assassine son chauffeur et fonce dans la foule des mécréants.

  • Attentat religieux en Turquie

    L’ambassadeur de Russie en Turquie est assassiné par un de ses gardes du corps turc en direct devant les télévisions réunies pour l’inauguration d’une exposition artistique. Le meurtre a lieu alors que l’ambassadeur y prononçait un discours. Avant d’être abattu le tireur a le temps de crier :

    N’oubliez pas Alep. Tant que les habitants n’y seront pas en sécurité vous n’y serez pas non plus.

  • Les empires sont cruels

    Après un long siège de la partie rebelle de la ville syrienne d’Alep mené par les troupes gouvernementales locales puissamment appuyées par la Russie slave, l’Iran perse et les milices libanaises arabes du Hezbollah, les dernières résistances sont en train de céder. Il y aura eu plusieurs années de siège, des milliers de morts, une ville, pour autant que l’on puisse en juger sur les images diffusées, réduite en ruines. Ce sera peut-être une étape vers une solution politique qui serait celle du vainqueur militaire. Pas sûr toutefois que cette guerre civile ne s’achève rapidement après une telle fureur. Il ne va pas être facile de se réconcilier après tant de haine.

    La Russie s’est engagée dans un combat incertain et sans nuance. L’avenir dira si elle se débrouille mieux dans cet Orient compliqué que l’Occident qui n’a jamais vraiment su faire dans cette région en conflit permanent depuis des décennies. Moscou a déployé une force militaire aveugle au service d’un pouvoir syrien sinistre. Vu à l’aune de nos démocraties occidentales tout ceci est un désastre humain et les images de gamins étouffant sous les gaz de combat au milieu des ruines d’Alep font frémir. L’Orient favorise la force pour imposer la paix là où l’Occident a échoué avec la négociation et les interventions de l’Onu.

    Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie considère le système démocratique comme décadent et inefficace. Voilà juste un siècle que la révolution bolchévique était déclenchée en Russie en 1917. Au cours de ces cent dernières années, l’Union soviétique puis la Russie ont cherché avec constance, et pour le moment insuccès, à détruire la démocratie. L’Histoire continue donc et Moscou déploie une brutalité coutumière pour défendre ses alliés de circonstance au Moyen-Orient.

    Les empires sont cruels, souvent criminels. La France est bien placée pour le savoir. La Russie perpétue la tradition. Paris n’a pas fini de payer les conséquences de ses éphémères ambitions impériales. On peut craindre que Moscou ne suive la même voie.

  • Comptes et décomptes pour Fillon


    Le candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017 retire l’un des points de son programme qui consistait à sortir du champ de la sécurité sociale les « petits bobos » pour dédier celle-ci aux pathologies graves, les mutuelles privées pouvant se charger des moins graves. Il s’agissait donc de baisser les prestations versées par la sécurité sociale sans bien entendu réduire les cotisations encaissées, libre aux mutuelles privées d’augmenter leurs prix pour couvrir ces nouveaux risques qui devaient leur être transférés.

    Cette privatisation des petits risques a été contestée même dans les rangs de la droite car contrevenant au principe fondateur de la sécurité sociale : on cotise sur ce que l’on gagne et on perçoit fonction de ses maladies. L’équation historique de la Sécu est d’arriver à équilibrer les prestations versées avec les cotisations encaissées, ce qu’elle ne réussit jamais à faire de façon durable. Le programme économique de la droite visait à réduire les dépenses de santé publique en privatisant une partie de celles-ci. Evidemment ce n’est jamais très populaire avant une élection présidentielle. Ce point est retiré du programme du candidat désigné.

    Dans un passage à la télévision un peu piteux, le candidat explique même que les gens modestes seront mieux remboursés demain qu’aujourd’hui. Faut-il en déduire que les dépenses de santé publique vont augmenter ? Comme il a annoncé 100 à 150 milliards de baisse de dépenses publiques sur la durée du quinquennat, il va falloir qu’il fasse preuve d’un peu plus de conviction à l’avenir pour atteindre cet objectif si jamais il était élu en mai 2017.

  • Les commentaires de Valeurs Actuelles sur la lettre de la Conférence des évêques de France

    Les évêques français s’insinuent dans l’année électorale qui va bientôt s’ouvrir en 2017. Ils ont publié en octobre 2016 une lettre intitulée « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Le texte semble généreux et humain comme on peut l’attendre de ses auteurs, ce qui ne semble pas satisfaire la presse conservatrice dont Yves de Kerdrel, chefaillon à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, écrit les lignes suivantes :

    L’un des sept chapitres de cette lettre que Mgr Gaillot aurait pu signer est consacré aux migrants. Un sujet que l’on sait cher au souverain pontife et sur lequel il n’est pas suivi par l’ensemble de son troupeau. Le problème, c’est que là où l’Évangile nous dit de faire notre devoir de chrétien, les évêques de France font de la surenchère stupide. D’une part, ils demandent que ces réfugiés soient reçus en France dans des conditions économiques humaines. Comme si nous avions les moyens d’accueillir toute la misère du monde alors que nous ne savons même pas gérer notre quart-monde, nos déclassés et tous nos exclus. D’autre part, ils nous expliquent, sûrement en “experts”, que « la seule recherche de solutions économiques est vouée à l’échec si rien n’est entrepris pour la promotion culturelle, promotion d’une culture enracinée, qui donne ou redonne le sens d’une vie collective nationale ». Comment ne pas lire là la promotion d’un multiculturalisme qui a échoué partout, la négation de notre identité et l’abandon de nos traditions pour un melting-pot au goût de soupe culturelle. D’ailleurs, dans un autre paragraphe, nos chers évêques passent par pertes et profits les racines chrétiennes de la France « fille aînée de l’Église », préférant évoquer le « fait religieux » comme on dit dans les think tanks à la mode.

    Mais le “clou” de ce tract hors-sol est le passage sur la solidarité. Après avoir fait un constat digne de Piketty sur la montée des inégalités, les successeurs des apôtres font part de leur inquiétude face au retour d’un « libéralisme sans contrôle » et sur la sauvegarde de notre modèle social. Une manière d’attaquer — en creux — les programmes des différents candidats de droite. Une manière aussi de donner raison à tous ceux qui souhaitent le statu quo, oubliant que l’assurance chômage fait face à un déficit record et que la dette de la Sécurité sociale sera encore payée, dans vingt ans, par nos enfants ou petits-enfants. C’est une fâcheuse habitude de la part de nos évêques que de parler pour ne rien dire d’intelligent qui concerne le débat public. Déjà, en 1973, ils avaient cru bon de s’indigner de la dissuasion nucléaire mise en place pour assurer notre défense et notre sécurité. À l’époque, l’amiral de Joybert leur avait rétorqué un fameux : « Messieurs de la prêtrise, occupez-vous de vos oignons. » Tout change donc, mais tout reste, hélas, pareil.

    Evidemment, l’empathie naturelle des religieux pour leurs prochains se heurte à l’individualisme forcené de l’économie de marché que défend Valeurs Actuelles. Monsieur de Kerdrel, comme bien d’autres, doit gérer ses penchants pour les « racines chrétiennes » tout en vantant les bienfaits du marché dont, le moins que l’on puisse dire, est qu’il est plus sensible au profit qu’à l’âme humaine.