Catégorie : Ailleurs

  • Il y aura un jour des comptes à rendre

    CH_20151014_Syrie

    La Syrie continue à être à feu et à sang, couverte de bombes par le régime au pouvoir, la Russie qui le soutient, la Turquie dont l’armée est entrée dans le pays, l’Iran et le hezbollah libanais qui ont des hommes sur le front, une coalition internationale (et plutôt occidentale) qui bombarde, des mouvements islamiques tellement nombreux et changeants que plus personne ne sait plus qui ils soutiennent ni qui ils attaquent… Entre deux bombes, les uns et les autres n’hésitent pas à utiliser des gaz de combat pour essayer d’emporter le morceau, sans véritable succès.

    Des villes sont assiégées telle Stalingrad en des temps plus anciens, des millions de civils qui fuient, qui sont manipulés, baladés d’un couloir humanitaire à des camps de réfugiés, sans parler de ceux qui essayent désespérément de rejoindre l’Europe et ceux qui en profitent pour exporter du terrorisme. Bref, c’est un chaos comme on n’en avait pas vu depuis des lustres. Un chaos qui a déjà fait des centaines de milliers de morts.

    Un jour il faudra rendre des comptes au sujet de cette déroute. Bien sûr le clan familial au pouvoir qui n’a pas su éviter cette guerre civile sera aux premières loges mais on peut penser que soit il arrive à se maintenir aux commandes, soit à la moindre faiblesse il sera éliminé physiquement avec sa communauté religieuse et ethnique. Il n’aura donc sans doute jamais ni le temps ni la nécessité d’avoir des comptes à rendre. Et ce n’est pas là la moindre aberration de ce conflit : d’une certaine façon la dictature actuelle protège certaines communautés, chrétienne et alaouite par exemple, en en massacrant d’autres. Lesdits chrétiens et alaouites passeront à leur tour un sale quart d’heure si un pouvoir religieux islamiste emportait la victoire, ils font donc partie des soutiens du régime.

    Ce que l’on peut affirmer sans trop se tromper c’est en tout cas que cette dictature familiale est incompétente ; elle aurait mis un tout petit peu « d’eau dans son vin », si l’on ose dire, elle pourrait continuer à diriger une Syrie à peu près apaisée. Il aurait juste fallu organiser un début (un simulacre) d’ouverture à des partis politiques et, sans doute, partager un peu plus les ressources économiques du pays qui sont trustées depuis des décennies par les très proches. Ce ne sont pas les options qui ont été prises et c’est maintenant un combat à mort pour la survie. C’est la caractéristique d’un pouvoir brutal et inefficace. Ce sont les dérives qu’en principe un système démocratique permet d’éviter.

    La Russie engagée militairement et durement, avec bombardiers et soldats, en faveur du clan familial aura certainement un jour des comptes à rendre à la Syrie comme à la communauté internationale, quel que soit l‘issue de ce chaos. Peut-être pas immédiatement alors que ce pays semble renaître sous l’effet de cette puissance guerrière éphémère, mais à terme le jour viendra de payer la facture, on peut en être certain.

    Les pays arabes avoisinants regardent passer les trains et accueillent la majorité des réfugiés.

    Les européens quant à eux paieront sans doute la plus grande part de la facture de la reconstruction le moment venu.

    Tout ceci n’est guère brillant, et pas encore fini, hélas.

     

  • Tentative d’attentat religieux contre Notre Dame

    Trois femmes ont été arrêtées le mois dernier dans la région parisienne pour être soupçonnées d’avoir déposé des bonbonnes de gaz dans une voiture garée à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour commettre un attentat religieux qui, a priori, a échoué après l’échec de la mise à feu du véhicule. Lors de leur arrestation elles ont blessé les policiers avec des couteaux. Elles projetaient d’autres attentats contre des lieux publics.

    Elles présentent le profil habituel : jeunes, musulmanes ou converties, ayant séjourné en Turquie ou en ayant été empêchées au dernier moment, embrigadées par des inspirateurs religieux lointains, elles viennent rejoindre la cohorte de ceux qui veulent tuer au nom d’un Dieu.

  • Règlements de comptes en bandes

    Une bande d’irresponsables narcissiques, de nains politiques, d’escrocs intellectuels, le plus souvent rémunérés par les contribuables, oubliant tout sens de l’intérêt général au profit de leur nombrilisme pervers, règlent leurs petits comptes d’individus méprisables devant la presse et les citoyens ébahis.

    On avait déjà eu quelques récits de gare mémorables comme celui de l’ancienne copine du président de la République, ou celui d’une ancienne ministre écologique ayant quitté le gouvernement, on a cette semaine le grand prix du voyeurisme avec un livre et des interviews d’un ancien conseiller du président Sarkozy entre 2007 et 2012, ex-dirigeant du journal d’extrême droite Minute et affairiste en communication et sondages divers. Le garçon avait déjà connu son heure de gloire lorsqu’il fut révélé qu’il avait enregistré nombre de ses conversations avec le président et son entourage, à l’insu bien entendu des intéressés. Cela avait jeté semble-t-il un léger froid dans les relations entre M. Sarkozy et son ancien conseiller qualifié de traître.

    Celui-ci est par ailleurs chef de la chaîne de télévision Histoire du groupe TF1/Bouygues et chevalier de la légion d’honneur. Il est mis en examen pour avoir vendu ses sondages avec une grande facilité à l’Elysée du temps où il y officiait. Il a sorti la semaine dernière un livre attaquant son ancien employeur. Dans le même genre on voit Jean-François Copé se répandre en attaques contre le même Sarkozy et en plaidoyer pro-domo sur son innocence dans l’affaire de la campagne présidentielle de 2012 (toujours du même) qui a couté 40 millions d’euros au lieu du plafond de 20, le dépassement ayant été financé par des fausses factures réglées par l’UMP dont Copé était le président.

    Qui touche cette littérature vengeresse au-delà du microcosme politico-mondain ? Personne bien sûr. Que ces belles intelligences, le plus souvent rémunérées par de l’argent public, travaillent un peu plus au devenir du pays plutôt qu’à la destruction de leurs congénères ! Que ces frustrés pathologiques fassent le job pour lequel ils sont payés plutôt que de parader sur les plateaux télévisés à décocher leurs flèches assassines. Qu’ils emploient leurs neurones à bosser positivement pour le bien général et non à rabaisser leur voisin de classe. Et s’ils ont besoin de faire pipi plus loin que leur copain, qu’ils visitent leur psychanalyste plutôt que BFM, ils feront du bien à eux-mêmes et à la collectivité !

  • L’actualité des banques

    Goldman-Sachs_Sucks

    Jérôme Kerviel, le tradeur-fraudeur de la Société Générale condamné à une peine de prison pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique (jugement confirmé par la cour de cassation), voit son amende 5 milliards d’euros ramenée à 1 million par la cour d’appel. Le plus risible dans cette affaire est que l’amende de 5 milliards n’avait aucune chance d’être jamais payée, et d’ailleurs la Société Générale avait annoncé n’avoir pas l’intention de la recouvrer, alors qu’une somme de 1 million d’euros devient par contre décemment exigible.

    Le trader-fraudeur s’est lancé dans un nouveau combat pour faire annuler le procès où il fut condamné pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique toujours avec la même tactique : se faire passer pour un agneau tout blanc face au loup Société Générale aux babines baveuses.

  • La République reconnaît sa culpabilité dans le massacre des harkis dans Algérie postindépendance

    La colonisation de l’Algérie s’est terminée par une guerre sordide de plusieurs années (la dernière où des appelés français ont été envoyés au front) qui aboutit à l’indépendance du pays, et des milliers de morts. La paix enfin signée, un million de colons français sont rapatriés en quelques mois de l’année 1962. Des supplétifs de l’armée française avaient été recrutés localement pendant ces années de guerre pour « défendre » les villages. Après les accords d’Evian mettant fin à la guerre, quelques dizaines de milliers d’entre eux furent rapatriés en France, les autres furent laissés sur place et massacrés ou emprisonnés. On parle aujourd’hui d‘environ 100 000 assassinats par vengeance, souvent après des tortures.

    La France vient de reconnaître par la voix de son président de la République « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ».

    Ces règlements de compte étaient, hélas, inévitables comme à la fin de tout conflit armé où il y un vainqueur et un vaincu. Après toute guerre ou invasion, ceux qui ont collaboré d’une façon ou d’une autre avec l’envahisseur ont des comptes à rendre avec les vainqueurs. Quoi qu’on ait pu leur inculquer à l’école sur leur appartenance française, les harkis ont été vus (et le sont toujours) comme ceux ayant pris les armes avec l’occupant, la grande majorité d’entre eux ont payé de leur vie pour ça. Cela s’est passé en 1944 en France où l’épuration aurait fait 10 000 morts, cela s’est passé au Vietnam où nombre des collaborateurs des américains sont morts dans des camps de rééducation après 1975 ou noyés en fuyant par la mer (les boat-people), cela est en train de se passer en Afghanistan et en Irak avec ceux qui ont travaillé avec les troupes occidentales et cela se passera sans doute en Nouvelle Calédonie et dans les Départements d’outre-mer lorsque ces territoires prendront leur inévitable indépendance.

    La colonisation fut une erreur historique qui n’a apporté qu’une puissance éphémère à des Etat colonisateurs égarés et surtout des siècles de problèmes récurrents à gérer ensuite. L’immigration en France par exemple, sujet si sensible aujourd’hui au cœur de la cité, est en grande partie le fruit de cette colonisation… Celle de l’Algérie fut un drame qui s’est terminé dans le sang et le déshonneur. Tous les ressorts de la barbarie humaine s’y sont exprimés des années durant, et tout ça pour quoi ? Pour une déroute. La morale aurait voulu que la République évacue, en plus des pieds noirs, ses supplétifs (et leurs familles) qui risquaient d’avoir des comptes à rendre avec les nouvelles autorités et les citoyens de l’Algérie indépendante. Cela aurait représenté quelques centaines de milliers de personnes de plus, en tout cas un flux très important qui aurait quasiment doublé le nombre de rapatriés. MonGénéral a, on imagine douloureusement, opté pour la raison d’Etat, pensant sans doute à l’impossibilité d’intégrer cette population à qui notre République colonisatrice attribuait un statut de seconde zone. La politique est violente et génère des positions terribles lorsqu’il s’agit de solder des errements sans espoir.

    Les citoyens français portent la colonisation et la décolonisation de l’Algérie comme une tâche dans l’Histoire de leur pays et un fardeau sur leurs épaules. Ils sont contraints d’en assumer la responsabilité collective pour ne pas oublier ces erreurs colossales commises par leurs parents au nom de la République. Il y eut des dizaines de milliers de morts durant la guerre, une dictature militaro-marxisante ensuite. Après l’indépendance, les pieds noirs ont souffert lors de leur débarquement en France, les harkis qui n’ont pas pu être évacués en France ont été tués sur place. C’est une partie seulement du terrible bilan de cette désastreuse aventure coloniale.

  • La Boutin toujours en pointe

    L’ancien président de la République Chirac, 83 ans, est hospitalisé et Christine Boutin, élue et ex-ministre aux tendances catholique-conservatrices fort marquées, annonce sa mort sur Tweeter :

    tweet_christine_boutin_20160921_mort-chirac

    Chirac étant toujours vivant, elle efface ce message peu après. Au-delà de la bêtise crasse de ce geste on voit là une nouvelle fois la manifestation de l’addiction du monde politique franchouillard à cette messagerie pour adolescents, vide de sens et porteuse de ragots. Est-ce que Christine Boutin, 72 ans, n’a vraiment rien d’autre à faire que de diffuser des idioties sur ce média, d’autant qu’elle est coutumière du fait ?

  • Un ministre à la dérive

    Macron_ParisMatch-201608

    Le ministre de l’Economie démissionne et déclenche une fébrilité de première catégorie dans les médias et le microcosme politico-mondain. L’effet sur la croissance économique et le rééquilibrage de la France est nul, l’apport au débat politique inexistant à ce stade, la pollution médiatique maximum !

    Le garçon est sympathique et bien habillé. Il a essayé de moderniser la gauche française. C’est une tâche ardue tant sont prégnantes les vieilles habitudes et les réflexes antédiluviens. Il y a un peu réussi mais semble trop frustré et impatient pour continuer l’expérience dans un gouvernement de gauche. Alors il part à la plage !

    On ne sait pas trop quel est son programme ni ses plans pour l’avenir. Il les précisera sans doute à son retour de vacances, on pourra alors mieux se prononcer sur l’utilité de ce garçon pour la République.

  • Sarkozy : le retour

    Sarkozy_ParisMath_201508-c

    Nicolas Sarkozy, chef de Les Républicains, ancien président de la République, s’est déclaré candidat à l’élection primaire conservatrice pour les élections présidentielles françaises de 2017. Il est le treizième à le faire et vient de publier un livre programme « Tout pour la France » qu’il va bien falloir lire car le garçon a ses chances de rempiler à l’Elysée.

    Quoi que l’on pense de cette candidature, il faut bien admettre qu’elle dénote l’énergie sans faille d’un homme certes ambitieux et offrant nombre d’aspects de sa personnalité fort peu reluisants, mais à qui on peut reconnaître le mérite de « ne rien lâcher »  et d’être prêt à tous les sacrifices pour revenir à un pouvoir qu’il croit absolu. Probablement ambitionne-t-il autant pour la France que pour lui-même, mais force est de constater une ténacité hors du commun qui va sûrement emporter bien des suffrages.

  • Le lait et le libéralisme

    Les producteurs de lait français sont de nouveau vent debout contre les coopératives qui achètent leurs produits « à un prix inférieur au coût de production » ! C’est une vieille histoire et on n’entend pas beaucoup sur le sujet les parangons de Monsieur le Marché sur ce cas d’école d’un passage d’économie administrée vers l’économie libérale.

    Jusqu’à ces dernières années la production de lait état administrée par des quotas quantitatifs qui permettaient de gouverner les prix.  Depuis la suppression des quotas, la production est libre et la sacro-sainte concurrence joue. Tout le monde produit et les prix de vente s’alignent progressivement sur les coûts de production les plus compétitifs. C’est ce que l’on appelle la loi de l’offre et la demande. Les producteurs français n’étant pas les plus compétitifs, ils n’arrivent pas à aligner leurs structures de coûts, vendent à perte et ne sont pas contents. Ils vont disparaître sauf si le contribuable ou le consommateur viennent à leur secours en sortant des sous de leur poche. Les lois du marché sont impitoyables, les plus mauvais tombent ou sont mangés par les meilleurs.

    Que prônent les Laurent Wauquiez et autres Guillaume Roquette ? On ne le sait pas bien tant les slogans répétitifs qu’ils assènent de façon pavlovienne : il y a trop d’Etat, il faut libérer la dynamique de l’entreprise et bla-bla-bla sont peu adaptés à un vrai dossier économique comme celui du marché du lait en Europe où tous les intérêts se percutent, ceux des producteurs de la matière première, ceux des industriels, ceux des importateurs, ceux des consommateurs et ceux de l’Etat à qui finalement on demande d’intervenir. Le Marché versus l’Etat, le consommateur versus le producteur, l’intérêt général versus les intérêts particuliers ; ce pourrait être un sujet du concours général d’économie, ce n’est qu’un des dossiers récurrents que la France n’a jamais su définitivement régler.

  • Deux forbans en Turquie

    Drapeau_TurquieL’agitation politique actuellement constatée en Turquie relève beaucoup d’un clash d’égos entre deux fortes personnalités confondant la religion avec le pouvoir politique, leurs intérêts particuliers avec l’avenir de leur pays. Exilé aux Etats-Unis d’Amérique Fethullah Gülen ferraille avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le pouvoir d’un intellectuel à réseaux contre celui d’un dirigeant politique armé de la puissance d’un Etat, le combat est inégal ! Autrefois alliés ils se sont séparés lorsque l’un a mis à jour la corruption gangrenant l’entourage du second.

    Le gouvernement turc accuse M. Gülen d’avoir fomenté le récent coup d’Etat militaire qui a échoué. C’est possible, le pays est régulièrement agité de coups d’Etat qui doivent bien être pensés par quelqu’un ! La spécificité du débat actuel réside dans le fait que les deux ex-partenaires se rangent chacun derrière la religion islamique comme guide de leur action. A défaut de choisir entre Dieu et le pouvoir politique, ils aboutissent à désorganiser leur pays en attisant les haines recuites, les comportements déraisonnables et le recul de leur pays qu’ils disent pourtant vouloir promouvoir.

    Dans un proche et moyen Orient en proie à la guerre, quasiment sans interruption depuis 1948, le monde aurait besoin d’une Turquie apaisée, leader raisonné et moderne d’une région dévastée, capable de montrer l’exemple et de parlementer avec toutes les parties, un pont entre Occident et Orient. Du fait de l’aveuglement de deux forbans, le pays, au contraire, opte pour les règlements de compte, la valse des alliances opportunes et la démagogie généralisée. Triste situation !

  • On a les dirigeants que l’on mérite

    CH_20160615_Trump

    Le parti républicain des Etats-Unis d’Amérique a élu comme candidat aux élections présidentielles de novembre 2017 un affairiste fort en gueule et plutôt faiblard en capacité d’analyse. Une espèce de fils bâtard de Laurent Wauquiez et Marine Le Pen. Il se rend populaire en déclamant des slogans provocateurs du style : les mexicains qui immigrent aux Etats-Unis sont des voleurs et des violeurs ou, en parlant de son concurrent McCain, soldat durant la guerre du Vietnam où il fut prisonnier et torturé : j’aime les gens qui n’ont pas été capturés, ou en parlant de la tuerie religieuse islamique du Bataclan : j’ai toujours une arme sur moi, j’aurai ouvert le feu, etc. etc. Trump s’était également rendu célèbre avant d’être candidat en mettant en cause la nationalité américaine d’Obama, poussant celui-ci à publier son acte de naissance issu par l’Etat d’Hawaï, bien américain.

    Le garçon émeut même certains cadors du parti républicain qui s’effraient à l’idée que ce candidat puisse entrer à la Maison Blanche et appellent à voter pour la candidate du parti démocrate. On se souvient du refus de Mitterrand opposé à Chirac son premier ministre qui lui proposait Léotard comme ministre de la défense : pas question, il pourrait déclencher une guerre nucléaire sans s’en apercevoir ! C’est un peu la même chose avec Trump sauf que comme président il aurait beaucoup plus de pouvoirs qu’un simple ministre de la défense français…

    Il est sans doute un peu tard côté républicain pour se rendre compte de la valeur de son candidat. Si celui-ci ne fait pas l’affaire il ne fallait pas l’élire. Depuis 8 années de présidence Obama, le parti républicain a brillé en déclarations simplistes et provocatrices, s’opposant systématiquement à toute mesure du président, prônant un libéralisme si ultra qu’il en ferait passer le programme de la droite française pour le petit livre rouge, etc. Tout ce populisme a germé dans les esprits de l’Amérique profonde qui a élu Trump aux primaires américaines de la droite. C’est ainsi, et il va bien falloir faire avec ! On peut gager que si l’impétrant se retrouvait effectivement président des Etats-Unis il mettrait un peu d’eau dans son vin et que les responsabilités du pouvoir le rendraient plus réfléchi. De plus, il ne serait pas seul, le président doit composer avec un Parlement qui peut, éventuellement,, freiner ses ardeurs. Et puis, si les citoyens ne sont pas contents du résultat de leur vote de novembre 2017, il leur suffira de voter différemment aux élections suivantes en 2021.

    Trump aux Etats-Unis, c’est un peu le triomphe de la bêtise sur la réflexion mais qu’on le veuille ou non, le monde occidental se droitise fortement et a tendance à élire des candidats dont le discours, véhiculé par des messages Twitter de 140 signes, est  centré très essentiellement sur l’immigration et l’étranger présentés comme mère de tous nos soucis. On retrouve des situations similaires en France, en Europe de l’Est et même au Royaume-Uni qui a décidé sa sortie de l’Union européenne. Il va falloir vivre ces expériences politiques d’un genre nouveau.

    Il n’est pas sûr que ces pouvoirs déjà élus (Pologne, Hongrie…) ou à venir (France…) mettent en péril la démocratie. Les électeurs de ces pays veulent tenter l’expérience des Trump, des Wauqiez et autres, ou vivent déjà les pouvoirs de Orban et consorts ; eh bien comme il n’y a guère de solutions démocratiques pour s’opposer à ces mouvements puissants, ils verront bien ce que cela donnera et pourront toujours changer d’avis aux prochaines élections.

  • Maillot de bain islamique

    Un nouveau sujet religieux vient à l’ordre du jour qui anime la chronique médiatico-politique, celui du maillot de bain islamique qui permet aux femmes voilées et pudiques d’aller à la plage sans montrer leur corps. En fait, elles se baignent habillées. Du coup, les communautés s’invectivent en tous sens et ce qui devrait être un non-sujet tourne au ridicule et à la violence, pour le moment verbale. Chacune appelle au respect de sa culture et à la laïcité, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

    Tout ceci est très très fatiguant, et surtout un peu démoralisant. Nous pensions dans notre Occident cartésien être débarrassés de la religion et de ses effets régressifs et déraisonnés, mais nous étions dans l’erreur. Nous croyions le fait religieux définitivement sorti de la Cité, il ne faisait que sommeiller dans l’âme des dévots.

    Les excès islamiques provoquent des réactions catholiques et tout ce petit monde bataille sur des concepts d’un autre âge pour une question de maillot de bain… Tout ceci serait même hilarant si par ailleurs des terroristes islamistes n’utilisaient à leur tour ces mêmes concepts pour massacrer leurs prochains dans les conditions que l’on sait !

  • Les encagoulés à l’assaut

    Des heurts violents sont rapportés en Corse entre des natifs appartenant au soi-disant Peuple corse et des populations issues de l’immigration. L’étincelle qui a déclenché ces nouvelles bagarres aurait été la photo prise par un touriste d’une femme voilée se baignant en maillot de bain islamique. On connaît la grande affection que portent les corses à tout étranger, ceux venant du continent et encore plus pour ceux venant d’Afrique du Nord. Ils mettent sans doute d’ailleurs les uns comme les autres dans le même sac des étrangers qui ne devraient pas fouler la terre corse.

    Il y a peu après l’attentat terroriste religieux islamique de Nice (85 morts et de nombreux blessés), les encagoulés du FLNC ont produit une vidéo où ils s’affichent comme à leur habitude avec armes et tenues kakis en expliquant aux terroristes islamistes qu’ils répondraient à toute attaque de leur territoire :

    Votre philosophie moyenâgeuse ne nous effraie pas… Sachez que toute attaque contre notre peuple connaîtrait de notre part une réponse déterminée sans aucun état d’âme.

    On sait qu’effectivement les états d’âme n’embarrassent pas trop le mouvement indépendantiste qui entend faire la police sur son territoire en attendant son indépendance. L’avenir dira s’il effraie ou pas les terroristes islamiques.

  • Que faire avec le droit de la nationalité ?

    Sarkozy_ParisMath_201508-c

    Nicolas Sarkozy, chef de Les Républicains, prépare sa campagne électorale pour les élections primaires conservatrices à l’élection présidentielle de 2017. Dans une interview au journal Le Monde il ressort le vieux sujet du droit du sol versus droit du sang. C’est une discussion récurrente lancée régulièrement quand, comme aujourd’hui, on veut laisser croire que tous ses malheurs viennent de l’étranger et des immigrés.  Le chef de Les Républicains déclare :

    « Je suis contre sa suppression [le droit du sol] mais pour sa modification assez substantielle. Je veux qu’on le garde, mais pas de manière automatique. »

    En réalité, il ne faut pas s’interdire de revoir le droit français de la nationalité si le besoin s’en fait sentir, ce qui vaut d’ailleurs pour l’ensemble du droit. Le parlement est fait pour çà et les élus sont payés (plutôt bien et avec un régime spécial de retraite plus favorable que celui de droit commun) pour y réfléchir. Des pays européens vivent avec le droit du sang, d’autres avec le droit du sol, la plupart avec un mixte des deux. Chaque statut a des avantages et des inconvénients, aucun n’est plus démocratique que l’autre et ni l’un ni l’autre n’ont réglé les problèmes liés à l’immigration.

    Ce n’est pas le droit de la nationalité qui expliquera comment des gamins français de 20 ans issus de la troisième ou quatrième génération d’immigration, formés à l’école de la République, rentrent dans une église pour y égorger un prêtre disant la messe. Ce n’est pas ce débat juridique qui permettra de lutter contre la religion régressive qui s’empare de cette jeunesse et la transforme en bêtes sauvages.

    Alors devisons sur le droit du sol, réformons-le au besoin, comme nous parlons des réformes économiques nécessaires mais ne faisons pas croire à Mme. Michu que cette question légale réglera la vague de terrorisme religieux actuelle qui relève plus de la mystique que de textes de loi.

  • Cynisme et excès

    Drapeau_TurquieAvec habileté et une bonne dose de cynisme politique, le président turc, par ailleurs leader du parti religieux au pouvoir, assimile dans une interview au journal Le Monde la récente tentative ratée de coup d’Etat militaire que son pays vient d’affronter à du « terrorisme » et les pays occidentaux qui l’ont soutenu du bout des lèvres d’avoir « pris le parti des putschistes et des terroristes. »

    Il semble établi que nombre de chancelleries occidentales n’auraient pas pleuré bien longtemps si le pouvoir religieux d’Ankara avait été déposé, même si élu de façon démocratique. Ce coup d’Etat raté par l’armée n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme islamique mondialisé qu’affrontent nombre de pays, y compris la Turquie d’ailleurs. Il ne s’agit que du nouvel épisode du conflit entre les galonnés et le pouvoir civil dans ce pays, vieux comme la moustache d’Ataturk. A la différence des précédents, ce coup d’Etat a échoué du fait de la division des militaires qui depuis en payent le prix, comme de nombreux civils.

    Cette assimilation entre coup d’Etat militaire et terrorisme, surtout par les temps qui courent, permet au président turc de passer pour le grand innocent malmené par l’Occident qui soutient le « terrorisme ». La Turquie tient par ailleurs entre ses mains un levier pour limiter les flux de migrants vers l’Europe et ne manque pas de s’en servir. Tout ceci relève de la politique, pas toujours très brillante, mais illustrant la vraie vie des relations entre les continents.

    Le président turc est élu par une nette majorité de ses électeurs, les galonnés de son armée sont une des forces vives de l’alliance atlantique (OTAN), ce pays asiatique joue un rôle clé (et parfois trouble) dans les multiples conflits qui agitent le proche et moyen Orient, il est candidat à l’adhésion à l’Union européenne même si son entrée est de plus en plus improbable, ses citoyens constituent une forte communauté immigrée en Europe, particulièrement en Allemagne, il accueille des millions de réfugiés moyen-orientaux et contrôle plus ou moins le robinet du flux de ceux-ci vers l’Europe…

    Grandeur et décadence de la realpolitik, il faut bien s’entendre avec la Turquie en dépit des différences. Gageons que l’intelligence vaincra et que cette agitation médiatique du microcosme s’apaisera au profit des intérêts nationaux bien compris.

  • Des jeux superflus et coûteux

    Les jeux olympiques de sports d’été se déroulent en ce moment à Rio-de-Janeiro au Brésil dans une ville en faillite financière. La France concoure à ces activités avec une équipe financée par ses citoyens mais également par un voyage de son président de la République accompagné de la maire de Paris venus promouvoir la candidature de la ville de Paris aux jeux olympiques de 2024.

    Il faut espérer que ce projet inutile capote et que le comité international olympique le rejette. Des millions d’euros tirés de la poche des contribuables et d’entreprises sponsors ont déjà été dépensés, il faut en rester là. Le minimum de rigueur de gestion qui manque tant à notre pays et ses habitants voudrait que l’on arrête immédiatement cette candidature dispendieuse. Qui donc saura stopper ce Trafalgar des dépenses publiques ? Qui oserait même l’inscrire à son programme électoral en disant simplement : « nous n’avons plus les moyens, mais nous relancerons une candidature lorsque les dépenses de l’Etat auront enfin été équilibrées avec ses dépenses » ?

    Ce serait pourtant une bonne leçon de gestion : quand on plus de sous, on consacre la pénurie à l’essentiel qu’il faut savoir choisir au lieu de se lancer dans du superflu que nos enfants et leurs descendants devront régler un jour à notre place.

  • Un vrai problème de civilisation (suite)

    Une nouvelle passion envahit la planète et la France depuis peu : le jeu Pokemon Go qui se joue sur son téléphone mobile et qui consiste à attraper des créatures fictives apparaissant sur son téléphone au fur et à mesure des pérégrinations de son détenteur. Hier il y avait 700 km de bouchons sur la route des vacances en France. Tout ceci est un peu navrant, ou en tout cas n’apparaît pas particulièrement excitant.

    La bonne nouvelle est tout de même qu’un pays capable de dépenser autant d’énergie et de sous dans des jeux abrutissants et ses vacances n’est pas vraiment une nation « en guerre » comme le clament à longueur d’interventions médiatiques, politiques et journalistes.

  • Un vrai problème de civilisation

    Des jeux olympiques doivent se tenir sous peu au Brésil à Rio de Janeiro, une ville en quasi faillite financière dans un pays en bien mauvaise situation politique avec une présidente en cours de destitution. Les épreuves nautiques de ces jeux de sports doivent avoir lieu dans une baie qui est considérablement polluée et il semble que les sportifs concernés risquent d’attraper une bactérie. Eh bien annulons l’épreuve et n’en parlons plus. Le Brésil, comme le reste de la planète, s’en remettra !

  • Des purges massives en Turquie

    Drapeau_TurquieSuite au coup d’Etat militaire qui a échoué en Turquie le parti religieux au pouvoir règle ses comptes et procède à des purges massives, non seulement au sein de l’armée mais aussi chez les fonctionnaires, les journalistes, dans des entreprises et diverses autres corporations. L’ampleur et l’immédiateté des arrestations, 18 000 en quelques jours selon les estimations les plus fiables, laisse imaginer que des listes étaient prêtes bien avant les évènements. Il est également procédé à des licenciements en masse (63 000 fonctionnaires), des confiscations de passeports (50 000) et des fermetures de médias. On ne sait pas bien comment la justice va pouvoir traiter ces dizaines de milliers de suspects arrêtés et emprisonnés (y-avait-il suffisamment de places disponibles dans les prisons pour de telles foules d’arrivants ?). Le pouvoir parle de rétablir la peine de mort que le peuple réclame à grands renforts de meeting pro-pouvoir monstres à Istanbul et Ankara.

    A l’émotion de certains pays occidentaux, le président a déclaré depuis son palais présidentiel :

    « Certains nous donnent des conseils. Ils se disent inquiets. Mêlez-vous de vos affaires ! »

    On aurait facilement tendance à suivre cet oukase si les intérêts occidentaux n’étaient si importants en Turquie. Il faudra, hélas, continuer à s’intéresser à l’avenir de ce pays et essayer de trouver un moyen pour qu’il ne soit pas trop durablement déstabilisé. Car il est à craindre que la tendance actuelle vers un régime religieux autoritaire n’amène à terme plus de problèmes qu’il n’en résoudra !

  • Attentat religieux islamiste en Normandie

    CH_20160720_Attentat-NiceDeux gamins français de moins de 20 ans sont entrés dans une église ce mardi 26 juillet matin en pleine messe. Armés de couteaux ils égorgent le prêtre officiant, âgé de 84 ans, et blessent gravement l’une des fidèles. Ils sont abattus par la police sur le perron de l’église à leur sortie. Le groupe Etat Islamique revendique aussitôt les meurtres.

    Cette idéologie religieuse extrémiste est en train de battre tous les records d’inhumanité et laisse sans voix. Elle illustre aussi notre vulnérabilité face à des comportements tellement aberrants et hors normes qu’il est difficile d’y faire face.

    Les dirigeants politiques eux ne restent pas sans voix et continuent à s’invectiver sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire sans qu’une solution bien évidente n’émerge de ces débats de bas étage. Les religions font semblant d’êtres unies face à ce drame et, de messes en prêches, prônent l’amour du prochain et l’union des hommes ; pas sûr que cela ne suffise… Ces actions criminelles sont tellement anormales au sens où elles dépassent tellement l’entendement et la raison qu’on ne sait pas les traiter pour le moment, mais seulement les subir !