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  • Chine et Russie : les nouveaux bons amis

    Chine et Russie : les nouveaux bons amis

    On se souvient que le président russe avait visité son homologue chinois à l’occasion des jeux olympiques organisés à Pékin en février dernier, deux semaines à peine avant le déclenchement de la guerre de la Russie contre l’Ukraine. La Russie ayant été exclue des compétitions internationales par suite du système de dopage institutionalisé ayant été mis à jour quelques temps auparavant, les athlètes russes présents se présentaient sous les couleurs olympiques, les drapeaux russes étant bannis des enceintes de ces jeux. Le président russe en a donc profité pour papoter de deux ou trois choses avec son hôte. Le résultat fut un communiqué commun, daté du 04/02/2022, de sept pages sur la nouvelle ère dans les relations internationales et du « développement durable mondial » qui a été alors diffusé et dont la relecture est particulièrement intéressante à l’aune de « l’opération militaire spéciale » engagée quelques jours plus tard par la Russie contre l’Ukraine.

    On y lit comment ces deux puissances contestent la prééminence occidentale « représentant la minorité à l’échelle internationale », et particulièrement celle des Etats-Unis d’Amérique, tout en confirmant leur adhésion à l’ordre multilatéral mis en place après la seconde guerre mondiale.

    Le chapitre I est consacré à la démocratie, « une valeur humaine universelle » mais les impétrants s’accordent sur le fait qu’il n’existe pas de modèle unique et que chaque pays doit suivre sa propre voie pour aboutir à la démocratie et au respect des droits de l’homme en fonction de « ses propres caractéristiques nationales, son histoire, sa culture… »

    Dans un deuxième chapitre les deux dirigeants abordent les sujets de la coopération économique, scientifique, climatique dans des conditions « ouvertes, égales, équitables et non discriminatoires » en mentionnant les institutions multilatérales préexistantes (ONU, OMC…) mais aussi les organisations plus récentes centrées sur l’Asie qui sont évidemment plus dominées par les pays de la région, au premier rang desquels la Chine, que par l’Occident.

    Le troisième chapitre est le plus intéressant car concernant la vision de la sécurité mondiale sur laquelle se rejoignent Chine et Russie :

    Les parties réaffirment leur ferme soutien mutuel à la protection de leurs intérêts fondamentaux, de la souveraineté de l’État et de l’intégrité territoriale, et s’opposent à l’ingérence de forces extérieures dans leurs affaires intérieures.

    Cette introduction ne manque pas d’ironie venant de Moscou qui se préparait à envahir l’Ukraine quelques jours plus tard mais marque une nouvelle fois la vision politique russe que l’Ukraine relève de ses propres « affaires intérieures ». Ce sentiment est donc également partagé par Pékin qui a grosso-mode le même sentiment vis-à-vis de Taïwan.

    L’Alliance de l’Atlantique nord est explicitement citée comme « recourant à des pratiques de concurrence déloyale, en intensifiant les rivalités géopolitiques, en alimentant l’antagonisme et la confrontation, et en sapant gravement l’ordre de sécurité international et la stabilité stratégique mondiale ». Puis les différents accords multilatéraux (désarmements, nucléaires, biologiques…) sont passés en revue pour vanter leur utilité si ce n’était le rôle néfaste des Etats-Unis sur leur efficacité.

    Le dernier et quatrième chapitre trace la voie de la fructueuse collaboration sino-russe à renforcer à l’avenir au profit de la planète entière, au besoin en réinterprétant l’Histoire :

    Les parties ont l’intention de défendre fermement les résultats de la Seconde Guerre mondiale et l’ordre mondial existant d’après-guerre, de défendre l’autorité des Nations Unies et la justice dans les relations internationales, de résister aux tentatives de nier, de déformer et de falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

    Afin d’éviter que la tragédie de la guerre mondiale ne se reproduise, les parties condamneront fermement les actions visant à nier la responsabilité des atrocités commises par les agresseurs nazis, les envahisseurs militaristes et leurs complices, saliront et terniront l’honneur des pays victorieux.

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    Ce long communiqué marque la conscience revenue à ces deux pays de leur puissance économique et militaire (pour la Chine) ou d’une forte capacité de nuisance (pour la Russie) afin de se pousser du col pour revenir au sommet du pouvoir sur le monde après près de 70 ans de domination occidentale. C’est de bonne guerre, si l’on ose dire, mais l’Occident n’a sans doute pas dit son dernier mot. En revanche, il confirme leur ferme intention de refuser le chemin vers la démocratie tel que proposé dans l’architecture de la planète post-1945.

    Malgré quelques rodomontades pro-démocratiques de circonstance en introduction du texte, Moscou et Pékin posent leur ferme volonté de maintenir les méthodes autoritaires de gouvernance de leurs peuples telles que pratiquées actuellement. Et les peuples seront probablement les juges de paix dans cette histoire. S’ils continuent à se satisfaire de cette gouvernance comme cela semble être le cas aujourd’hui, il n’y a guère de raison d’imaginer une évolution à court ou moyen terme et cette « nouvelle ère des relations internationales » restera conflictuelle du type de la « guerre froide », que les plus optimistes ont cru terminée après la fin de l’Union soviétique, mais en plus intense compte tenu du rééquilibrage des puissances en faveur des pays autoritaires. C’est l’hypothèse la plus probable pour les années à venir. Le gagnant n’est pas désigné d’avance, un dérapage militaire n’est pas exclu !

  • La Turquie fait plier la Finlande et la Suède

    La Turquie fait plier la Finlande et la Suède

    Jamais à l’abri d’une ambiguïté, la Turquie, membre de l’OTAN, s’est opposée à la candidature de la Suède et de la Finlande pour entrer dans cette alliance militaire occidentale. Ces deux pays nordiques, traditionnellement « neutres » depuis des décennies, ont pris peur devant les ambitions impériales de leur voisin russe qui s’expriment actuellement par l’invasion de l’Ukraine. En réalité, la neutralité de ces deux pays semblait plutôt formelle tant ils étaient clairement du côté du monde occidental, y compris militairement.

    La guerre d’invasion de l’Ukraine par l’armée russe déclenchée le 24 février va accélérer l’officialisation du rapprochement de la Suède et la Finlande avec l’OTAN susceptible de mieux les défendre en cas d’invasion de la Russie, comme ils ont déjà eu à en souffrir dans le passé. Seul obstacle, comme souvent : Ankara, au motif que ces pays accueillent des opposants kurdes. La Turquie a donc marqué sa mauvaise humeur afin d’obtenir un accord des deux pays candidats sur l’extradition de réfugiés turcs d’origine turcs qualifiés de « terroristes » par le pouvoir turc.

    La Finlande et la Suède ont donc signé cet accord avec Ankara tout en précisant que leurs lois respectives seront respectées. Soit, il est probable qu’à l’avenir les réfugiés turcs d’origine kurdes iront chercher refuge ailleurs qu’en Finlande ou en Suède. C’était le prix à payer pour leur adhésion à l’OTAN qui est maintenant acquise.

    Une nouvelle fois la Turquie marque sa différence et utilise sa forte capacité de nuisance pour forcer ses partenaires. On se demande comment ce pays asiatique a pu être intégré dans une alliance militaire de pays « atlantique », mais c’était au temps de la guerre froide et à une époque où la Turquie semblait plus attirée par l’Occident que par le monde soviétique, il fallait la confirmer dans ce choix. Les choses ont bien changé, la Turquie a envahi et occupe Chypre, un pays membre de l’Union européenne, islamise son fonctionnement interne, utilise ses nombreuses diasporas en Europe pour faire jouer un softpower contre les Etats, saisit toutes les occasions pour nuire à l’Occident, insulter ses dirigeants, menacer certains pays et systématiquement contester ses politiques. Les plus optimistes pensent qu’il vaut mieux avoir la Turquie dans l’OTAN où elle serait moins nuisible, qu’à l’extérieur où elle tomberait dans les bras de la Chine ou la Russie. L’histoire dira si l’optimisme à l’égard de la coopération avec la Turquie qui oblige l’Occident à avaler nombre de couleuvres aura été une attitude réaliste.

    Lire aussi : La Turquie s’oppose, comme souvent
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  • Le Kremlin toujours malin

    Le Kremlin toujours malin

    Avec pas mal de perversité et une plutôt bonne efficacité le Kremlin mène sa guerre contre l’Ukraine, non seulement sur le terrain mais en utilisant le soft power à sa main, en troublant le jeu occidental.

    Alors que l’Occident se demandait s’il fallait utiliser « l’arme du gaz » pour ralentir ou stopper ses achats d’hydrocarbures à Moscou, c’est en fait la Russie qui prend la décision de fermer progressivement le robinet vers l’Europe, l’augmentation considérable des prix compensant largement l’éventuelle baisse des volumes. Le Kremlin observe avec un sourire en coin l’affolement des gouvernements occidentaux devant l’inflation sur les produits énergétiques, désorganisant la stabilité sociale dans ces pays.

    La décision de la Russie d’exiger le paiement des ventes de pétrole et de gaz russes dans leur devise locale, le rouble, et non plus en euros ou en dollars, est techniquement très avisée et a permis le maintien de la valeur du rouble, de façon un peu superficielle certes mais qui offre à Moscou l’occasion de triompher. La gouverneure de la banque centrale russe semble avoir été de bons conseils et la politique monétaire de crise mise en place très rapidement après le début du conflit a permis d’éviter une crise financière pour ce pays par ailleurs peu endetté et à la balance des paiements largement excédentaire, guerre ou pas guerre.

    La Russie explique que les difficultés sur le marché des céréales sont liées aux sanctions occidentales ce que nombre de pays émergents sont tout à fait disposés à croire. Des popes orthodoxes russes bénissent les avions et les missiles avant qu’ils ne fassent feu sur l’Ukraine. Des images de militaires tchétchènes barbus expliquant en territoire occupé que si M. Poutine le leur demande ils iront jusqu’à Berlin, ponctuant leurs sorties tonitruantes de cris de gloire à Allah. Quant à la télévision officielle russe, ses analyses auraient fait pâlir d’envie la Pravda de l’époque soviétique. Cerise sur le gâteau, différents dirigeants russes font valoir d’autres revendications territoriales, notamment sur l’Alaska américain, des villes dans les pays baltes, etc.

    Dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, le Rouble est mis en place pour remplacer la devise ukrainienne, les réseaux de téléphonie mobile russes remplacent leurs homologues ukrainiens, la nationalité russe est octroyée sans vergogne aux citoyens restés sur place dont une partie semble plutôt russophile, la piste du référendum est envisagée pour russifier définitivement ces territoires. Une stratégie similaire avait été mise en place en 2014 lors de l’annexion de la Crimée. A défaut de victoire militaire majeure sur le terrain, la Russie utilise tous les moyens à sa disposition pour rendre définitive les conquêtes déjà réalisées

    Quelle que soit l’issue de la guerre, on voit mal aujourd’hui comment on pourrait revenir en arrière sur cet état de fait à moins que l’Occident ne rentre en guerre totale contre la Russie, hypothèse peu probable. Nous rentrons dans un nouveau genre de guerre froide dont ne connaît pas encore bien les conditions. Ce qui semble très probable est que la fâcherie avec la Russie va durer longtemps et que l’un des enjeux sera la lutte entre les régimes démocratiques et les régimes autoritaires. C’était déjà un peu le cas lors de la première guerre froide contre l’Union soviétique de la seconde moitié du XXème siècle, mais à l’époque la puissance économique se trouvait sans conteste du côté des démocraties ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui où elle est désormais partagée. Le vainqueur de ce nouveau combat n’est pas désigné d’avance.

    On assiste également à l’effondrement d’une des thèses défendues par l’Occident qui voulait que le développement économique, la mondialisation du commerce, poussent les pays de la planète à s’entendre et à s’unir. Cela n’a pas été le cas en ce début de XXIème siècle où la puissance économique acquise par des pays comme la Chine ou la Russie a été utilisée pour remettre en cause l’ordre établi au profit de l’Occident après la deuxième guerre mondiale. Le monde rentre dans l’inconnu et bouleverse ses fondamentaux, en commençant par le réarmement des démocraties pour rattraper le retard pris à l’égard du monde autoritaire. L’heure des révisions déchirantes a sonné, dans l’incertitude !

  • Union européenne : le recul annoncé

    Union européenne : le recul annoncé

    Comme c’était prévisible, le conseil européen réunissant les chefs d’Etats et de gouvernements des vingt-sept pays membres de l’Union européenne (UE) a entériné le principe d’un nouvel élargissement vers l’Est. Dans les conclusions du conseil figurent :

    Point 10 : Le Conseil européen reconnaît la perspective européenne de l’Ukraine, de la République de Moldavie et de la Géorgie. L’avenir de ces pays et de leurs citoyens réside au sein de l’Union européenne.

    Point 11 : Le Conseil européen a décidé d’accorder le statut de pays candidat à l’Ukraine et à la République de Moldavie.

    Point 15 : L’Union européenne exprime son attachement total et sans équivoque à la perspective de l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE et appelle à accélérer le processus d’adhésion.

    Ce communiqué marquera pour longtemps le pivotement de l’UE vers l’Est et la décision librement choisie par les 27 d’initier le délitement de l’aspect politique de l’Union. Accessoirement c’est également le lancement d’un programme de dépenses qui va se chiffrer en centaines de milliards d’euros sur des décennies afin de mettre les pays candidats au niveau moyen des membres et, conjoncturellement, de reconstruire l’Ukraine lors la guerre avec la Russie sera terminée.

    Depuis l’adhésion des pays ex-affiliés à l’Union soviétique au début des années 2000 on a vu progressivement le processus de décision se gripper, particulièrement sur les aspects politiques concernant les concepts de démocratie, de droits de l’homme, de migration, de justice, de liberté de la presse et bien d’autres. La guerre russe n’a fait que mettre temporairement sous le boisseau les litiges en cours entre Bruxelles d’une part, la Pologne et la Hongrie d’autre part qui ne partagent ni ne respectent plus les notions d’Etat de droit tels que les envisageaient les pères fondateurs de l’Europe politique. On image ce que sera demain la situation lorsque l’Albanie, l’Ukraine ou la Moldavie siègeront à la table du conseil européen…

    Conçue à l’origine comme un club de pays démocratiques occidentaux riches, l’UE devient progressivement un accord commercial réunissant des pays dont les modes de gouvernement s’étalent entre la démocratie et l’autoritarisme, dont nombre peuvent être économiquement considérés comme émergeants et vont donc être pris en charge pour longtemps par les plus riches. Ce changement est désormais irréversible tant l’agression militaire dont pâtit l’Ukraine rend intenable la position de ceux qui, comme les Pays-Bas, l’Allemagne ou la France, considéraient la situation socio-économique de ce pays comme incompatible avec une adhésion. Autant il a été possible de laisser sur le côté la Macédoine du Nord ou l’Albanie tout en les rassurant sur « leur perspective d’adhésion » et bla-bla-bla, autant ce n’est plus envisageable pour l’Ukraine après le désastre qu’elle affronte.

    L’honnêteté intellectuelle voudrait que les citoyens soient informés de cette transformation irréversible de l’UE à la suite de son élargissement vers l’Est. Les Français quant à eux devront être consultés pour toute nouvelle adhésion par référendum au terme de l’article 88-5 de la constitution sauf en cas de vote d’une motion à la majorité des deux-tiers par l’Assemblée nationale et le Sénat. Le jour où l’adhésion de l’Albanie viendra devant le Parlement, nous verrons si deux-tiers des parlementaires l’approuvent, ou s’ils préfèrent prudemment se décharger de la décision sur le peuple, à moins que la constitution n’ait été changée entre temps…

    Autre problème qui se poser à court terme est le temps que prendra la mise à niveau aux normes de l’UE des pays candidats avant leur adhésion. Compte tenu de la situation très éloignée du standard européen de ces pays, c’est en décennie qu’il faut compter. Bien évidemment ils ne manqueront pas de demander des passe-droits pour pouvoir adhérer plus vite. L’alternative est, soit d’attendre que les pays atteignent le standard avant de les faire adhérez, ainsi il n’y a pas dilution du niveau de l’Union, soit d’accepter leur adhésion avant en diluant ainsi l’exigence des pays membres, outre le fait que l’on crée ainsi un régime préférentiel pour les nouveaux adhérents qui se traduira certainement par des revendications (sans doute financières) des anciens qui exigeront d’être compensés pour les efforts qu’ils ont menés alors qu’on ne les demande pas, ou partiellement, aux nouveaux !

    Lire aussi : Une première victoire de la Russie
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  • Le Kremlin malin

    Le Kremlin malin

    Alors que la guerre russe contre l’Ukraine est appelée à durer plus que prévu lorsqu’elle a été déclenchée le 28/02/2022, les conséquences économiques du conflit sont planétaires et avaient elles-aussi été largement sous-estimées par les commentateurs. On s’aperçoit notamment que la Russie et l’Ukraine sont parmi les plus gros exportateurs de céréales. Les sanctions économiques occidentales prises contre la Russie excluent les produits agricoles mais, néanmoins, leurs effets collatéraux pénalisent les flux commerciaux de ces produits. L’Ukraine quant à elle exporte la grande majorité de ses céréales destinées aux pays tiers à partir de la mer Noire qui est sous blocus de la marine russe et en partie minée par les deux belligérants.

    L’armée russe détruit consciencieusement les infrastructures ukrainiennes pour pénaliser le transport des grains et même des dépôts où est stockée une partie de la récolte ukrainienne de l’an passé. On ignore ce que sera la récolte de cette année compte tenu des conditions actuelles. Et même si celle-ci pouvait être récoltée, on ne saurait pas où la stocker puisque les entrepôts sont soit pleins, soit détruits.

    De ce fait, les cours des céréales explosent. A court terme, les pays importateurs s’émeuvent et les pays exportateurs se réjouissent ; à plus long terme l’inquiétude est grande que cette situation ne déclenche des famines et des troubles politiques dans nombre de pays en développement. L’Afrique est l’un des continents qui dépend le plus de ces importations en provenance de Russie et d’Ukraine, le président de l’Union africaine s’est donc déplacé à Moscou pour y rencontrer le président Poutine qui lui a affirmé que la Russie ferait tout pour assurer les exportations fluides vers l’Afrique si… l’Occident levait une partie des sanctions prises contre ce pays, le message subliminal étant que c’est l’Occident qui est responsable des troubles actuels sur le marché des céréales, en aucun cas la Russie qui a déclenché cette « opération militaire spéciale pour préserver les intérêts populations russophiles de l’Ukraine victimes d’un génocide »… Ce retournement de responsabilités au profit du pays envahisseur ne manque pas de sel

    Les dirigeants russes mentent comme ils respirent, c’est de bonne guerre, si l’on ose dire, et ce n’est pas nouveau. Les contre-vérités sont assénées sans vergogne dans un pays où la presse est muselée, donc plus c’est gros plus cela passe d’autant plus que la moitié de la planète est toute prête à entendre ce discours antioccidental.

    L’Occident n’est pas en reste non plus en termes de propagande même si exercée avec un peu plus de subtilité. Les services secrets de plateaux télévisés annoncent sans relâche que le président russe est en phase finale d’un cancer ou que des coups d’Etat ont été fomentés contre lui. A ce jour, il est toujours au Kremlin, ne semble pas vraiment handicapé par la maladie et continue à diriger d’une main de fer une guerre dévastatrice en Ukraine où des villes entières sont détruites.

    Si les exportations et la production de céréales continuent à être freinées depuis les deux pays en conflit et que la famine rode dans les pays pauvres cela va être un jeu du « je te tiens par la barbichette » entre la Russie et l’Occident sur qui lâchera le premier. Compte tenu du peu de cas que fait Moscou des peuples tiers et du sentiment de culpabilité qui ronge l’Europe occidentale, si elle y est acculée il est probable que celle-ci n’opte pour un allègement des sanctions plutôt que de voir la famine se développer au Sud.

    Dans tous les cas, la meilleure façon d’avancer est de mettre un terme à cette guerre dévastatrice sur la base d’une négociation et d’un traité qui devra forcément entériner des concessions des deux parties. La seule alternative serait que l’Ukraine écrase la Russie jusqu’à obtenir une reddition sans condition, ou vice-versa. Cette hypothèse nécessiterait une guerre mondiale et, probablement, l’apocalypse nucléaire. Elle n’est donc pas souhaitable, même si l’Ukraine doit céder quelques régions à la Russie qui les aura conquises par la force.

  • Une guerre dévastatrice

    Une guerre dévastatrice

    Après plus de trois mois de la guerre initiée par la Russie contre l’Ukraine la réalité de ce conflit apparaît comme celle d’une guerre d’un autre siècle. Les reportages montrent des villes dévastées rappelant les images de Dresde ou de Berlin en 1945. La guerre éclair de frappes chirurgicales s’est transformée en une guerre d’artillerie et de tranchées où l’assaillant noie l’Ukraine sous un tapis de bombes pour casser les infrastructures et briser le moral des Ukrainiens. Rien ne leur est épargné, des écoles, des gares, des hôpitaux ont été bombardés ; des crimes ont été commis dans les villes occupées (viols, exécution de civils, mises en scène de prisonniers…). Les troupes ukrainiennes sont également accusées d’avoir commis certaines exactions, bien qu’en nombre plus réduit.

    Bref, le voile est tombé, sur le mythe d’une guerre éclair qui aurait provoqué l’effondrement rapide de l’Ukraine. Les prévisionnistes de tous bords qui ont déjà été surpris de voir la Russie franchir le Rubicon le 24 février en lançant ses troupes à l’assaut de l’Ukraine, sont encore plus ébahis de constater la résilience de la Russie face aux sanctions occidentales et sa capacité à détruire son « pays-frère » sans vergogne et sans remords, sûre de son bon droit impérial, avec pour objectif de le mettre au pas.

    Les conséquences économiques sont déjà sensibles dans le reste de la planète, les impacts politiques à terme risquent d’être significatifs pour des générations en opposant L’Est et l’Ouest. Le pire n’est pas exclu, conflit nucléaire ou crise économique mondiale mortifère. Pour l’instant c’est l’Ukraine qui en fait surtout les frais. La décision russe du Kremlin ce 24 février va rester dans l’histoire comme génératrice d’un cataclysme qui va faire pour encore longtemps un sujet d’études pour les politistes et les écoles de sciences politiques.

  • Reprise d’une coopération militaire franco-rwandaise ?

    Un article du Monde (27/05/2022) fait allusion au réchauffement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda qui avaient été sérieusement refroidies après les accusations de Kigali sur la « complicité » de Paris avec le pouvoir hutu ayant mené le génocide de 1994. Alors Paris nomme un ambassadeur, le poste était vacant depuis plusieurs années, rouvre son centre culturel, reçoit un message de félicitations du président rwandais à l’occasion de la réélection du président Macron, etc.

    Tout ceci est bel et bien beau, assez insignifiant d’ailleurs, s’il n’y avait la perspective d’une reprise de la coopération militaire entre les deux pays. Comme si l’application de l’accord militaire interétatique existant en 1994 n’avait pas provoqué suffisamment de dégâts, la perspective d’un nouvel accord de ce type laisse pantois. Ainsi Paris envisagerait de se fourvoyer à nouveau dans une coopération militaire avec un Etat africain, coopération qui se terminera forcément mal compte tenu de l’instabilité ethnique qui continue de régner en Afrique de l’Est.

    On ne peut s’empêcher de se demander ce qu’irait faire Paris dans une telle galère, comme si tous ces accords militaires d’un autre âge entre la France et des pays africains n’avaient pas généré assez de désastres, au Mali, en Centrafrique ou au Rwanda, pour ne parler que des principaux échecs. Une telle coopération aurait par ailleurs un coût que le contribuable français n’a plus les moyens de payer aujourd’hui.

    Vous avez aimé Kigali I, vous allez adorer Kigali II.

  • Irrésistible lapsus présidentiel aux Etats-Unis d’Amérique

    Alors qu’il devisait sur l’Ukraine devant les caméras ce 18 mai, l’ancien président Bush (fiston) a condamné :

    La décision d’un homme, totalement injustifiée, d’envahir brutalement l’Irak…

    Avant de se reprendre, « je veux dire l’Ukraine ». C’est évidemment hilarant s’agissant du président américain qui a effectivement ordonné en 2003 l’invasion de l’Irak à titre « préventif », sur la base de fausses justifications montées par ses services, décision dont l’Occident paye encore les conséquences, sans parler de dizaines de milliers de morts et blessés que cette guerre a provoqué. Ce lapsus présidentiel devrait être un cas d’école pour la psychologie et semble indiquer que M. Bush réalise au fond de lui combien cette guerre a été nuisible au monde.

    Rappelons que l’exemple de cette guerre « préventive » menée sans aucun mandat de l’ONU, est régulièrement citée par la Russie et les nombreux pays non-occidentaux qui la soutiennent pour expliquer que l’invasion de l’Ukraine menée depuis le 24 février par Moscou n’est qu’une variante de celle de 2003.

  • La Turquie s’oppose, comme souvent

    La Turquie s’oppose, comme souvent

    La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine génère quelques états d’âme pour la Turquie, membre de l’alliance militaire de l’Atlantique Ouest (OTAN) qui a pris fait et cause pour Kiev dans ce conflit. Inquiets des poussées impérialistes de Moscou, la Finlande et la Suède, pays européens traditionnellement neutres viennent de présenter officiellement leur candidature pour devenir membre de l’OTAN et bénéficier ainsi de la protection de cette alliance si la Russie venait à les menacer. L’unanimité des pays déjà membres est requise pour toute nouvelle adhésion et, bien entendu, la Turquie fait entendre sa voix discordante. Il reproche à ces deux pays d’accueillir des opposants turcs sur leurs territoires, notamment kurdes, ce qui est vrai

    La chartre de l’OTAN prévoit les conditions d’accession à l’alliance mais également les modalités de sortie d’un pays-membres, cela pourrait intéresser la Turquie :

    Article 13

    Après que le Traité aura été en vigueur pendant vingt ans, toute partie pourra mettre fin au Traité en ce qui la concerne un an après avoir avisé de sa dénonciation le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, qui informera les gouvernements des autres parties du dépôt de chaque instrument de dénonciation.

    https://www.nato.int/cps/fr/natolive/official_texts_17120.htm

    Cependant il n’est pas prévu de modalités d’expulsion d’un pays. Pour le moment Ankara bloque l’adhésion de la Suède et la Finlande à l’OTAN et risque de faire monter les enchères. Rappelons par ailleurs que la Turquie continue d’occuper illégalement une partie d’un Etat-membre de l’Union européenne : Chypre.

    Au-delà, il n’est pas sûr que l’entrée dans l’Alliance atlantique de ces deux pays, jusqu’ici neutres, dont l’un frontalier de la Russie, soit une bonne affaire, pour eux comme pour nous. Evidemment, ils ont peur alors ils se croient plus en sécurité en intégrant l’OTAN, ce qui est peut-être vrai. Souhaitons juste ne jamais à avoir à vérifier ce sentiment. L’extension de l’Alliance si elle se réalise ne va pas manquer de renforcer le sentiment d’encerclement de la Russie par l’Occident et donc ses éventuelles réactions guerrières. La Finlande et la Suède font partie du cercle de nos vrais amis, peut-être aurait-il été possible de leur octroyer les garanties de sécurité qu’ils demandent sans les faire adhérer à l’Alliance ?

  • Le risque de l’hubris

    Le risque de l’hubris

    Alors que l’armée russe rencontre une franche résistance de l’armée ukrainienne dans sa tentative de mettre au pas ce « pays frère », voire affronte quelques défaites majeures comme l’abandon de son objectif de conquérir Kiev ou la destruction de son navire amiral « Moskva », l’Ukraine et ses soutiens occidentaux commencent à afficher des comportements un peu trop optimistes quand on voit la réalité militaire sur le terrain et la situation politique prévalant dans ces deux pays.

    La guerre est sans doute loin d’être terminée et l’égo des dirigeants, voire le nationalisme exacerbé des deux populations, rendent pour le moment improbables toute négociation pour mettre fin à cette guerre et, dans le même temps, font que les deux parties refusent toute concession possible.

    La raison devrait pousser les belligérants à tout faire pour négocier et convenir d’un cessez-le-feu dans les meilleurs délais, mais elle est pour l’instant hors de portée des parties qui préfèrent laisser parler les armes. L’Ukraine et ses soutiens occidentaux seraient bien avisés de ne pas trop parader derrière une évolution du conflit qui semble en leur faveur. Discrétion et modestie devraient guider leur attitude. L’action sans triomphalisme devraient guider leur politique en laissant l’hubris au vestiaire.

  • Retour en fanfare de la faucille et du marteau à Moscou

    Retour en fanfare de la faucille et du marteau à Moscou

    A Moscou ce 9 mai, la Russie célèbre la victoire de l’Union soviétique dans la deuxième guerre mondiale. Pour ce faire, le fameux drapeau siglé de la faucille et du marteau est ressorti du placard et défile fièrement sur la Place rouge. Voici qui va rappeler des souvenirs à de nombreux citoyens de l’ancien empire déchu !

  • La Commission européenne a choisi

    La représentation de la Commission européenne à Paris est installée face à l’assemblée nationale dans ce très bel immeuble arrondi qui fait l’angle du boulevard Saint-Germain et du Quai Anatole France. Son balcon du premier étage est pavoisé de drapeaux bleu européen frappés des douze étoiles jaunes. Le drapeau central, beaucoup plus grand que les autres est à double-faces : au recto les couleurs européennes, au verso les couleurs ukrainiennes.

    On le sait, la Commission européenne est largement en faveur d’une adhésion de l’Ukraine le plus vite possible à l’Union européenne. D’une manière générale, la Commission a toujours promu les élargissements de l’Union. Comme un chef d’entreprise qui n’aime rien tant que voir grossir son business, la Commission qui exécute les décisions prises par les Etats mais avec une forte capacité d’influence, voire une totale indépendance pour les questions commerciales, accroit son pouvoir à chaque fois que de nouveaux pays entrent dans son périmètre. C’est humain.

    Outre l’Ukraine, aujourd’hui la Serbie, l’Albanie et la Macédoine du Nord sont sur la liste des candidats ; la Géorgie et la Moldavie viennent de s’y inscrire dans la suite de Kiev. On imagine aisément ce que serait un Conseil européen avec ces 6 pays en plus des 27 préexistants : un capharnaüm indescriptible et ingérable dans lequel serait sans doute impossible tout décision politique, une espèce d’ONU à 33 pays, sans équivalent du Conseil de sécurité permettant à un petit groupe de pays privilégiés d’imposer leurs décisions aux autres.

    Ce serait sans doute la fin de l’Europe politique telle que voulue par ses pères fondateurs, sans parler des pratiques mafieuses pratiquées dans ces pays candidats et sans doute pas en voie de disparition sur le court terme… L’invasion russe contre laquelle se bat courageusement aujourd’hui l’Ukraine lui vaudra sans doute son ticket d’entrée sans trop de discussions et, dans ces conditions, il sera difficile de le refuser aux 5 autres.

    Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la Commission européenne qui décide d’accepter les candidats mais les Etats-membres. En France, la constitution stipule dans son article 88-5 que :

    Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un État à l’Union européenne est soumis au référendum par le Président de la République.

    Toutefois, par le vote d’une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l’adoption du projet de loi selon la procédure prévue au troisième alinéa de l’article 89.

    https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur

    Ce qui signifie que l’adhésion de l’Albanie ou de l’Ukraine devront être approuvées par un référendum, sauf si elle était approuvée dans les mêmes termes par le sénat et l’assemblée nationale à une majorité des 3/5. Compte tenu des conséquences prévisibles sur l’avenir de l’Union, il est peu probable qu’une telle majorité puisse être atteinte. Le référendum devrait en principe être inévitable si le texte constitutionnel n’est pas modifié et est appliqué. Voilà qui promet des débats animés.

    Lire aussi : Une première victoire de la Russie
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  • Une guerre d’un autre âge

    Une guerre d’un autre âge

    La guerre russe contre l’Ukraine (qualifiée officiellement d’« opération militaire spéciale ») se poursuit. L’armée russe semble avoir abandonné, au moins provisoirement l’idée d’occuper tout le pays et d’en changer le gouvernement élu, pour se concentrer sur la région du Donbass, frontalière de la Russie, à l’est de l’Ukraine, et déjà partiellement occupé depuis 2014.

    A Moscou c’est toujours le même défilé de galonnés qui expliquent dans les médias que « l’opération spéciale » suit son cours selon les plans initiaux. Le président russe et son ministre des affaires étrangères continuent à évoquer la menace d’une guerre nucléaire contre l’Occident. La Russie ne semble pas gênée outre-mesure par les sanctions économiques prises par les pays occidentaux même s’il est probable que l’impact ne manquera pas d’être négatif à moyen terme. Pour autant que l’on sache, l’opinion russe n’est pas majoritairement opposée à cette guerre ni à la volonté de leur président à rendre à la Russie son statut de grande puissance.

    L’Ukraine fait profil bas sur ses opérations militaires contre la Russie qui semblent être plutôt bien menées à l’aide d’importantes fournitures d’armes occidentales. Les images diffusées par les médias sont terrifiantes quant au niveau de destruction des villes qui ont été attaquées par Moscou. Marioupol en est le symbole où tous les immeubles civils semblent avoir été visés par des bombardements qui ont tout détruit. On se demande même ce que fera Moscou de cette ville si elle arrive à la garder dans son escarcelle : ses habitants ukrainiens l’ont en grande partie désertée, il n’y a plus ni infrastructures ni habitat possible pour le moment. Est-ce que la Russie la coloniserait en y faisant venir des Russes « de souche » et la reconstruirait ? Il est peu probable que l’Occident paye pour réhabiliter une ville ukrainienne qui resterait occupée par la Russie. Le cas de Marioupol n’est pas unique et d’autres villes ukrainiennes ont connu le même sort même si de façon moins extrême semble-t-il.

    Cette guerre est un désastre humain, politique et financier. Elle relève d’un autre âge, du temps où l’Union soviétique envoyait l’Armée rouge reprendre le contrôle des « pays frères » communistes qui, déjà, cherchaient à prendre la tangente avec la doxa du Kremlin. Elle va laisser des traces pour des siècles. Les haines et les rancunes vont peser durablement, non seulement entre les deux belligérants, mais aussi entre la Russie et l’Occident. C’est le retour à l’atmosphère de la guerre froide avec des risques de confrontations directes probablement plus importants compte tenu des comportements plus irresponsables et populistes des dirigeants d’aujourd’hui.

    L’après-guerre risque d’être aussi une période de confrontations ardues, mais sur le tapis vert ce qui généralement provoque moins de morts que la guerre « chaude ». La Russie s’est déjà éloignée du monde occidental et va vivre son destin, probablement asiatique. L’illusion d’une compatibilité de ce pays avec l’Europe a fait long feu. Il restera Chostakovitch et Tolstoï, et pour la réconciliation, on en reparle dans trois cents ans !

  • Le Mali a toujours un coup d’avance sur Paris

    Le Mali a toujours un coup d’avance sur Paris

    Dans un communiqué lu hier soir à la télévision publique, le gouvernement malien a annoncé sa décision de dénoncer le « Traité de coopération en matière de défense » qui l’unissait à la France depuis le 16 juillet 2014 et remplaçait un accord plus ancien de 1985. Cette dénonciation est faite conformément aux dispositions de l’article 26, notamment concernant le préavis de six mois après la réception d’une notification écrite.

    Après avoir expulsé l’ambassadeur de France en début d’année, le gouvernement malien poursuit sa stratégie de rupture avec la France, et il le fait dans le respect des textes signés, sans excès de propagande et avec une relative discrétion gage d’efficacité pour l’atteinte de ses objectifs. Ces accords de défense n’avaient bien entendu plus de sens depuis plusieurs mois alors que le Mali avait décidé de mettre fin à l’intervention de l’armée française dans ce pays sahélien.

    Il aurait été plus satisfaisant pour l’égo français que ce soit Paris qui dénonce en premier ces accords, et même expulse l’ambassadeur du Mali, plutôt que l’inverse, mais la France doit préserver la sécurité de son armée en cours de retrait et de ses citoyens résidant au Mali. Paris avale donc ces pilules amères depuis un an mais au moins une fin nette est prononcée à cette coopération militaire et c’est une bonne chose. Il faudra saisir cette occasion pour passer en revue l’ensemble des « accords de défense » que Paris entretient avec ses anciennes colonies qui n’ont plus guère de sens aujourd’hui.

    Espérons que la France ne perdra pas la mémoire de sitôt et qu’elle ne cherchera pas à revenir au Mali par la fenêtre alors qu’elle en a été chassée par la porte ! Il faut laisser le Mali aller vers son destin qui sera désormais sans la France. C’est ce qu’on appelle la décolonisation.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/02/une-decision-porteuse-davenir-levacuation-du-mali-par-larmee-francaise/
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  • L’incroyable destruction du navire amiral russe en mer Noire

    L’incroyable destruction du navire amiral russe en mer Noire

    Touché le 13 avril, le navire amiral de la flotte russe « Moskva » a coulé le 14 avril. Officiellement la Russie a annoncé que par suite d’un incendie dans ce vieux croiseur, une explosion s’était produite qui avait provoqué la perte du bâtiment. L’Ukraine a discrètement affirmé qu’elle avait tiré deux missiles, de fabrication ex-soviétique, améliorés par l’industrie ukrainienne, sur la « Moskva », ce que les Etats-Unis ont ensuite confirmé.

    Il n’a bien sûr pas été possible d’éviter la publication de photos de l’évènement qui n’a pas été démenti par Moscou. La capitale Russe avait d’abord annoncé que tous les marins avaient été évacués avant d’admettre qu’il y eut un mort et une vingtaine de disparus.

    Les Ukrainiens remportent un certain nombre de succès militaires contre l’armée russe qui a revu ses buts de guerre en les limitant : renoncement au moins provisoire à conquérir et occuper tout le pays, et recentrage sur la partie Est de l’Ukraine, le Donbass, qui n’est toujours pas conquis à l’heure qu’il est. Personne ne donnait bien cher de la capacité de résistance de l’Ukraine face à Moscou et la surprise fut plutôt grande de voir le successeur de l’Armée rouge butter ainsi contre l’obstacle. Les avions et hélicoptères russes continuent à tomber et la maîtrise du ciel n’est pas acquise à Moscou. Le volume et la qualité des armements fournis par l’Occident montent en gamme de jour en jour. Il faut bien admettre que l’Ukraine résiste plutôt bien et fait preuve d’une discrétion plutôt avisée sur sa stratégie. C’est plutôt malin : aucun journaliste n’est admis par l’armée ukrainienne pour couvrir ses opérations, très peu de communication est faîte sur les succès militaires de Kiev, aucune information sur les armes reçues, pas plus sur la stratégie mise en œuvre. L’Ukraine déroule sa feuille de route et avance ses pions dans la discrétion et la modestie. L’Occident augmente sa participation indirecte au conflit et l’idée d’une défaite russe n’est plus complètement hors de propos, même si toujours improbable.

    La guerre est encore loin d’être terminée et les destructions à haute intensité en Ukraine se poursuivent. Il faut l’arrêter et cela ne va pas être facile. Il faudra bien pour y arriver que les deux belligérants envisagent des concessions. Le référendum organisé par la Russie après sa reconquête de la Crimée, certes illégal au regard du droit international mais dont le résultat fut néanmoins instructif, a clairement montré que cette presqu’île souhaite très majoritairement rester russe. Qui peut d’ailleurs raisonnablement imaginer que la Crimée puisse revenir sous la tutelle de Kiev, mis à part quelques extrémistes ukrainiens ? L’acceptation du fait accompli russe sur la Crimée ne pourrait-il pas être un gage de bonne volonté de Kiev pour trouver un accord de paix ? Il vaut probablement mieux envisager des concessions, sans doute inévitables, lorsque l’on est en position de force plutôt que de se les faire imposer quand on est défait.

    Une seule certitude : les contribuables européens vont devoir payer les centaines de milliards nécessaires pour reconstruire l’Ukraine et, probablement, l’Europe devra l’inclure dans son Union pour panser ses plaies provoquées par l’invasion russe. Inutile de préciser que les armes actuellement vendues à l’Ukraine ne seront très probablement jamais payées. Voici quelques raisons supplémentaires de mettre fin au plus vite au conflit.

  • Merci Monsieur le président

    Merci Monsieur le président

    Le président russe souhaite « bonne santé et du bonheur » à son homologue français Emmanuel Macron à l’occasion de sa réélection acquise hier soir.

    Bonne nouvelle : malgré la guerre les amabilités diplomatiques continuent !

  • La Pologne n’aime pas la Russie

    La Pologne n’aime pas la Russie

    La Pologne s’est récemment frottée avec le président de la République française, lui reprochant de vouloir continuer à négocier avec le Kremlin dont elle qualifie le chef de « criminel » posant la question de savoir si on « négocierait avec Hitler, Staline ou Pol-Pot ? »

    Evidemment, la Pologne a des raisons historiques de redouter la Russie. L’existence même de la Pologne a été niée depuis le XIXème siècle, et même avant, par les empires centraux et Moscou. Même Napoléon qui était attendu comme un sauveur a vassalisé ce pays, recruté nombre de soldats polonais dans la « Grande armée » en les embarquant dans le désastre de ses guerres européennes. Il y a même choisi une maîtresse, Marie Walewska, dont il eut un fils.

    Dans un temps plus contemporain, la Pologne a souffert très directement de l’Union soviétique. Après la guerre russo-polonaise de 1920 est arrivée la seconde guerre mondiale. L’URSS, comme l’Allemagne nazie, a toujours considéré la Pologne comme un « non-pays », une plaine de passage, un peu comme Moscou apprécie aujourd’hui l’Ukraine qu’elle voit comme son arrière-cour et non pas comme un Etat souverain. Les clauses secrètes du pacte germano-soviétique signé en 1939 stipulent que ce pays est à partager entre Berlin et Moscou. Aussitôt signé aussitôt appliqué et la Pologne est envahie par les deux puissances totalitaires, l’invasion nazie étant d’ailleurs l’élément déclencheur de l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni contre l’Allemagne.

    Dès 1939 les Allemands installent en Pologne un « gouvernorat général », une sorte de statut colonial, dirigé par le tristement célèbre Hans Frank condamné à mort par le tribunal de Nuremberg puis exécuté. Ils construisent en Pologne des camps d’extermination qui joueront un rôle majeur dans la Shoah, dont Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor…

    Les soviétiques de leur côté ne veulent pas être en reste et annexent la partie du pays qui leur échoit, y instaurent le communisme, déportent en masse au Goulag, incorporent de force dans l’Armée rouge, livrent aux nazis les Polonais occidentalisés, assassinent l’élite (massacre de Katyn, 15 000 officiers tués d’une balle dans la nuque par le NKVD – services secrets soviétiques), entre autres joyeusetés. Dans les années 1980, le régime communiste polonais réprime durement les mouvements populaires de révolte, avec l’assentiment de Moscou bien entendu même s’il n’a pas été nécessaire d’envoyer l’Armée rouge pour rétablir l’ordre comme ce fut fait à Berlin-Est en 1953, à Budapest en 1956 ou à Prague en 1968, le pouvoir communiste polonais se débrouillant fort bien tout seul avec l’aide de son armée.

    Tout ceci a laissé des souvenirs à Varsovie. L’Allemagne a été défaite en 1945, démocratisée, puis réunifiée et ne présente plus de grands dangers militaires à court terme pour la Pologne. Berlin continue d’essayer de se racheter mais une méfiance bien compréhensible régit les relations diplomatiques entre les deux pays. L’URSS, et son successeur la Fédération de Russie, n’a jamais fait amende honorable de ses exactions en Pologne durant le XXème siècle. Il a fallu attendre 2010 pour que le parlement russe reconnaisse que Staline avait ordonné l’exécution des officiers polonais, et non les Nazis comme le répétait Moscou depuis 60 ans.

    Varsovie n’oublie rien et sait de quoi la Russie a été capable. Dès la chute de l’URSS et la libération des pays d’Europe de l’Est, elle a regardé vers l’Ouest et intégré l’alliance militaire atlantique en 1999 et l’Union européenne en 2004 afin d’installer un vrai fossé politique en principe infranchissable entre elle et la Russie. Les invasions russes contre la Géorgie, la Crimée et l’Ukraine n’ont fait que la renforcer dans son rejet définitif de la Russie et considérer que le fossé n’était peut-être plus aussi infranchissable que souhaité à l’origine, d’où l’attaque contre le président français qui n’a pas rompu la discussion avec le Kremlin dans l’espoir de favoriser une négociation entre les belligérants pour finir cette guerre insensée contre l’Ukraine. A moins que l’un d’eux ne soit écrasé par l’autre comme le fut l’Allemagne en 1945 il faudra bien négocier un accord entre eux pour arrêter les combats et convenir des relations futures. Il faudra donc parler à celui d’en face.

    La Pologne reste tellement hérissée contre la Fédération de Russie qui lui a fait tant de mal dans l’histoire qu’elle se refuse à toute diplomatie avec Moscou. Ne reste comme seule alternative que la poursuite la guerre jusqu’à la reddition sans conditions de la Russie, hypothèse improbable à court terme, ou qui ne serait envisageable que dans le cadre d’une troisième guerre mondiale aboutissant à l’anéantissement d’un protagoniste voire même de la planète Terre. Ce n’est pas une solution raisonnable, le mieux est de continuer à garder le contact avec l’ennemi même en se pinçant le nez. En revanche il faudra aussi se souvenir des obsessions de la Russie et la laisser durablement en dehors de tout dialogue politique avec l’Occident même une fois les sanctions économiques levées, car elles vont bien être levées un jour. On fera du business avec la Russie mais pas plus, il faudra exclure ce pays du cercle des amis de l’Occident et le laisser retourner vers l’Asie à laquelle, après tout, appartient la très grande majorité de son immense territoire. Moscou se souvient par ailleurs que toutes les armées qui l’ont attaquée ont dû se retirer dans les affres d’une piteuse défaite, Napoléon et Hitler pour les plus récents.

    A l’avenir, une fois cette guerre terminée, veillons à ce que chacun reste de son côté sans empiéter sur le voisin et cessons les grands raouts à Versailles ou au G8 pour se donner l’illusion que la Russie est un pays ami, ce qu’elle ne souhaite pas être. C’est d’ailleurs un des travers de la démocratie que de croire que tous les pays tiers veulent être en bons termes avec nous. La France de Chirac a reçu le fiston syrien Assad (le président français ayant été le seul chef d’Etat occidental à se rendre aux obsèques de son père en 2000), celle de Sarkozy a reçu le libyen Kadhafi, celle de Hollande a reçu le pouvoir malien et la France de Macron a reçu le président russe avec maints égards. A chaque fois les visiteurs ont été édifiés avec le discours occidental sur la démocratie et les droits de l’homme, et après chaque visite ils ont montré combien ils étaient rétifs à traduire ces principes dans leur gouvernance. N’oublions pas les leçons de l’histoire et ne rêvons pas de transformer ces pays en démocraties apaisées ce qu’ils ne seront jamais.

    Varsovie devait se rendre à Moscou le 24 mars pour un match de qualification contre la Russie pour la coupe du monde de fouteballe, elle a refusé de le faire. Il va falloir faire un peu plus peur si l’on veut vraiment obtenir la reddition de Moscou dans sa guerre contre l’Ukraine…

  • Afghanistan : le groupe Etat islamique n’aime pas les Talibans

    Des attentats continuent à se produire régulièrement en Afghanistan désormais gouverné par les religieux musulmans Talibans de tendance sunnite et qui se heurtent au groupe Etat Islamique (EI), lui aussi de tendance sunnite mais en plus extrémiste. Des attentats sanglants plus ou moins revendiqués par l’EI ont lieu avec régularité, visant plus particulièrement les écoles de la communauté afghane hazara de tendance chiite. Encore hier des bombes ont été jetées contre des gamins sortant de l’école dans un quartier hazara de Kaboul. Massacrer des enfants chiites pour troubler le pouvoir sunnite semble être le but de terrorisme de l’EI en Afghanistan.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/10/terrorisme-intra-religieux-en-afghanistan/
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    Cerise sur le gâteau, le Pakistan frontalier qui avait jusqu’ici toujours soutenu les Talibans semble maintenant se retourner contre eux car l’Afghanistan abrite d’autres groupes terroristes religieux qui s’en prennent au Pakistan qui a construit une clôture de 2 000 km pour protéger son territoire.

    Pas sûr que l’Afghanistan n’évolue rapidement vers une démocratie apaisée et un développement économique vigoureux à court terme…

  • L’Eglise orthodoxe russe dans la guerre

    La religion est aussi un point de divergence entre la Russie et l’Ukraine, deux pays majoritairement orthodoxes. L’organisation de l’église orthodoxe est particulièrement complexe et il faut être un spécialiste pour s’y retrouver dans l’organigramme et comprendre la sémantique propre à cette religion : l’autocéphalie, le primat, le métropolite, le tomos, etc. On comprend malgré tout qu’il s’agit d’une religion chrétienne au sein de laquelle le port de la barbe est signe de pouvoir.

    En 2018, à l’issue d’un processus un peu mystérieux pour les néophytes l’Eglise orthodoxe d’Ukraine devient la 15ème église autocéphale orthodoxe, c’est-à-dire indépendante de l’église de Moscou, sans que l’on sache vraiment ce que cela change pour les croyants sinon leur procurer un sentiment d’indépendance vis-à-vis du patriarcat la Russie. C’est le patriarche de Constantinople, le grand chef de tous les orthodoxes, qui a accordé ce nouveau statut.

    Le chef de l’église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, est plutôt proche du Kremlin ce qui ne manque pas de sel quand on sait que le président russe est un ancien officier du KGB de l’ère soviétique, période où la religion était considérée comme une idéologie « opium du peuple » incompatible avec le dogme marxiste… Aujourd’hui Monsieur Kirill apporte sa caution religieuse la guerre de la Russie contre l’Ukraine, contre « les forces du mal ». Il voit dans cette offensive la possibilité de rétablir « l’unité spirituelle » des Russes et des Ukrainiens qui seraient « un seul peuple ».

    Lire aussi : Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/02/le-president-russe-et-lhistoire/
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    Une église engagée dans une guerre c’est un peu le retour au Moyen-Age, comme d’ailleurs cet affrontement entre la Russie et l’Ukraine. Nous en sommes là !

  • Des oligarques clinquants

    Les « oligarques » russes sont l’une des cibles des sanctions occidentales prises contre la Russie à la suite de sa guerre menée contre l’Ukraine. Ces sanctions consistent pour le moment à geler leurs actifs identifiés en Occident.

    Ces affairistes russes ont créé des fortunes considérables en rachetant à vil prix les entreprises d’Etat privatisées à la suite de la dissolution de l’URSS, principalement sous l’ère du président Eltsine. Reconnaissons-leur qu’ils semblent avoir réussi à gérer correctement les entreprises acquises même si le prix d’achat largement sous-évalué permettait d’absorber quelques erreurs de gestion, au moins dans les premières années. Notons qu’un processus assez similaire s’est déroulé en Ukraine dont l’économie est toujours largement dans les mains d’oligarques qui n’ont pas grand-chose à envier à leurs collègues russes en termes de corruption et de prévarication.

    Ce qui est assez comique c’est que nombre de ces affairistes, un peu m’as-tu-vu, sont allés acquérir et domicilier leurs actifs de prestige en… Occident. En gros, les usines polluantes sont en Russie et les yachts clinquants sont à Monaco. Il est vrai qu’ils y sont plus visibles que sur la mer Noire mais les « oligarques » sont ainsi punis par où ils ont péché.

    Un site web a été mis en place pour répertorier les biens qui ont pu être rattachés à ces affairistes sanctionnés. On peut leur faire confiance pour avoir caché leurs actifs autant qu’ils le pouvaient sous des montages leur assurant un anonymat, mais comme ils n’aiment rien mieux que parader sur leurs joujoux clinquants la piste de leurs biens n’est souvent pas très compliquée à remonter comme l’illustre le site web monté à cet effet : https://cdn.occrp.org/projects/russian-asset-tracker/en/

    L’un des plus flamboyants est Roman Abramovich, que l’on a vu d’ailleurs participer aux négociations menées au début du conflit entre l’Ukraine et la Russie comme conseiller du Kremlin semble-t-il. Le garçon qui aurait trois nationalités (russe, israélienne et portugaise) est à la tête d’un empire dans les hydrocarbures et la sidérurgie, en Russie, mais aussi d’une société de capital-investissement basée à Londres prenant des participations un peu partout, y compris aux Etats-Unis d’Amérique. Il a acheté, entre autres « danseuses » un club de fouteballe britannique performant dont il peut difficilement cacher qu’il en est le propriétaire puisqu’il parade dans les stades les jours de match. Sentant venir le vent du boulet lors du déclenchement de la guerre en Ukraine il a annoncé officiellement qu’il mettait en vente son club alors qu’il n’était pas encore sous sanction et espérant pouvoir conclure la transaction rapidement. Hélas pour lui, le Royaume-Uni a rapidement gelé ses actifs et le club fait partie du gel. Cependant, il aurait eu le temps d’amarrer deux de ses yachts en Turquie, pays qui n’applique pas les sanctions occidentales.

    La morale de l’histoire est qu’un investissement en dehors du pays dont on détient la nationalité présente toujours un risque politique supplémentaire par rapport à son propre pays. Les « oligarques » sont en train de confirmer ce principe élémentaire de l’économie. Pas sûr qu’ils en comprennent bien les tenants et aboutissants puisqu’il semble qu’ils soient en train de réorienter massivement leurs investissements de prestige vers les pays du Golfe persique, pour le moment plus conciliants avec la Russie et ses affairistes.

    La vraie question qui se pose est de savoir pourquoi ces oligarques préfèrent localiser leurs résidences secondaires princières, et autres actifs tape-à-l’œil, à Nice ou Londres, plutôt que dans l’Oural ou sur les bords de mer d’Azov. Cela relève probablement d’un manque de confiance dans la Russie pour préserver la valeur de ces biens (un peu comme ces français qui avaient des comptes bancaires en Suisse à la fin du siècle précédent) mais aussi par leur besoin de parader et de briller ce qu’il est plus valorisant de faire à Monaco qu’à Sotchi.

    Dur d’être russe et riche !